Hantavirus : Pour les professionnels de la santé
Sur cette page
- Renseignements clés
- Transmission
- Signes et symptômes
- Diagnostic
- Prise en charge et traitement
- Prévention
- Surveillance
Renseignements clés
Les hantavirus sont un groupe de virus à ARN zoonotiques présents chez des rongeurs réservoirs (notamment les souris, les rats et d'autres rongeurs) partout dans le monde, y compris au Canada.
Les hantavirus peuvent se manifester sous 2 principaux types de maladies graves :
- le syndrome pulmonaire à hantavirus
- la fièvre hémorragique avec syndrome rénal
Le type de maladie dépend de l'espèce de hantavirus responsable de l'infection.
L'infection par un hantavirus survient principalement par l'inhalation de particules virales aérosolisées provenant des excréments, de l'urine ou de la salive de rongeurs infectés.
La transmission personne à personne des hantavirus est peu fréquente. Une transmission limitée de personne à personne n'a été signalée qu'avec le virus Andes, généralement à la suite d'un contact étroit et prolongé. Le virus Andes est endémique en Amérique du Sud, principalement en Argentine et au Chili.
Les infections à hantavirus sont rares, et le risque d'infection à hantavirus au Canada ou ailleurs dans le monde est faible.
Il n'existe aucun traitement spécifique contre les infections à hantavirus. La prise en charge repose sur un traitement de soutien symptomatique, qui peut comprendre un soutien hémodynamique et respiratoire intensif.
Le syndrome pulmonaire à hantavirus est une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale au Canada.
Les professionnels de la santé au Canada doivent demeurer vigilants. Il est essentiel de reconnaître rapidement les symptômes d'une infection à hantavirus, de les déclarer et d'entreprendre sans délai les investigations appropriées.
Pour en savoir plus :
Transmission
Les hantavirus sont présents partout dans le monde et sont transmis par des rongeurs infectés, notamment les souris et les rats, le plus souvent par leurs excréments, leur urine ou leur salive.
La transmission du hantavirus peut survenir lorsqu'une personne :
- inhale des particules virales aérosolisées provenant des sécrétions de rongeurs, notamment des excréments, de l'urine ou de la salive, lors du nettoyage d'espaces fermés ou mal ventilés
- touche des objets ou consomme des aliments contaminés par les excréments, l'urine ou la salive de rongeurs infectés
- entre en contact direct avec les excréments ou les liquides biologiques de rongeurs infectés, notamment à la suite d'une morsure (rare)
Le virus Andes est la seule espèce de hantavirus pour laquelle des données probantes indiquent une transmission de personne à personne. La majorité des infections par le virus Andes signalées sont attribuables à une exposition zoonotique, bien que quelques éclosions comportant une chaîne limitée de transmission de personne à personne aient été documentées. Ces événements sont généralement associés à un contact étroit et prolongé avec des personnes symptomatiques. Toutefois, les données probantes actuelles n'excluent pas la possibilité d'une transmission à la suite de contacts occasionnels. Cela suggère que le virus pourrait être très transmissible durant la période précoce, relativement brève, de l'ensemble de la maladie.
Signes et symptômes
La période d'incubation varie de 1 à 6 semaines, la plupart des cas devenant symptomatiques de 2 à 4 semaines après l'exposition.
Les 2 principaux types de maladies causées par les hantavirus sont :
- le syndrome pulmonaire à hantavirus (Amérique du Nord et Amérique du Sud)
- la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (principalement en Europe et en Asie)
Syndrome pulmonaire à hantavirus
Le syndrome pulmonaire à hantavirus est une maladie grave dont le taux de létalité varie de 30 % à 50 %.
Plusieurs espèces de hantavirus ont été associées au syndrome pulmonaire à hantavirus. Le virus Sin Nombre est la seule espèce responsable du syndrome pulmonaire à hantavirus qui soit endémique au Canada. Le virus Andes est responsable de la majorité des cas en Amérique du Sud.
Le syndrome pulmonaire à hantavirus évolue en 3 phases cliniques.
1. Phase prodromique (ou phase fébrile)
La phase prodromique dure généralement de 2 à 8 jours et se caractérise par des symptômes non spécifiques, notamment :
- fièvre
- frissons
- myalgies
D'autres symptômes peuvent également être présents :
- nausées
- vomissements
- douleurs abdominales
- étourdissements
- maux de tête
2. Phase cardiopulmonaire
La deuxième phase débute par l'apparition rapide de symptômes cardiopulmonaires progressifs, caractérisés par :
- toux sèche et une dyspnée
- œdème pulmonaire non cardiogénique
- hypotension
- insuffisance respiratoire
- choc cardiogénique
- arythmies
- coagulopathie
Une oligurie peut également survenir au cours de cette phase.
Selon la gravité de l'infection, cette phase dure de 2 à plus de 7 jours. Toutefois, elle peut se résorber plus rapidement, avec une disparition rapide de l'œdème pulmonaire ainsi qu'une résolution de la fièvre et de l'état de choc.
Lorsque l'infection est mortelle, la majorité des décès surviennent dans les 24 heures suivant le début de la phase cardiopulmonaire.
3. Convalescence
La convalescence peut être prolongée, et le rétablissement complet peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois. Les symptômes les plus fréquemment signalés comprennent :
- fatigue
- myalgies
- essoufflement
- rétablissement lent des fonctions motrices
Fièvre hémorragique avec syndrome rénal
Plusieurs espèces de hantavirus peuvent causer une fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Il s'agit notamment du virus Seoul, du virus Hantaan et du virus Puumala. L'évolution clinique et la gravité de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal peuvent varier considérablement selon l'espèce de hantavirus responsable de l'infection. Le taux de létalité varie de moins de 1 % à 10 %.
La présentation clinique typique comprend :
- fièvre
- hémorragie
- hypotension
- atteinte rénale aiguë
Dans les formes graves de l'infection, les patients traversent généralement 5 phases cliniques.
1. Phase fébrile
La phase fébrile peut débuter brusquement par des symptômes tels que :
- forte fièvre
- maux de tête
- mal de dos
- nausées
- vomissements
- douleurs abdominales
D'autres symptômes peuvent survenir au cours de plusieurs phases, notamment :
- pétéchies
- rougeur du visage
- éruption érythémateuse
2. Phase hypotensive
La phase hypotensive est caractérisée par l'apparition soudaine d'une hypotension, qui peut évoluer vers un état de choc et des manifestations hémorragiques.
3. Phase oligurique
Au cours de la phase oligurique :
- le débit d'urine diminue rapidement
- la pression artérielle peut revenir à la normale ou devenir élevée
- des hémorragies graves peuvent survenir
Le risque d'une évolution fatale est le plus élevé durant la phase oligurique.
4. Phase diurétique
Les patients qui survivent aux phases aiguës de la maladie entrent dans une phase diurétique de 10 à 14 jours après l'apparition des symptômes, ce qui marque le début du rétablissement.
5. Phase de convalescence
Le rétablissement après l'infection aiguë est rapide, mais le rétablissement complet peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois.
Diagnostic
Analyses de laboratoire
Le syndrome pulmonaire à hantavirus et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal sont diagnostiqués au moyen d'analyses de laboratoire.
Au moins un des marqueurs diagnostiques suivants doit être positif :
- détection de l'ARN du hantavirus par RT-PCR (réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse)
- détection d'IgM (immunoglobulines M) spécifiques du hantavirus ou augmentation d'un facteur de quatre des titres d'IgG (immunoglobulines G)
- résultat positif à l'immunohistochimie pour l'antigène du hantavirus
Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) :
- effectue les analyses de référence aux fins de la déclaration au titre du Règlement sanitaire international
- effectue le séquençage génomique des échantillons de hantavirus provenant des provinces et des territoires du Canada
- a mis en place des analyses moléculaires pour le hantavirus dans certains laboratoires provinciaux
Pour en savoir plus :
Prise en charge et traitement
Le traitement des infections à hantavirus repose généralement sur des soins de soutien. Il est essentiel de reconnaître rapidement la maladie.
Des traitements antiviraux potentiels sont actuellement à l'étude. Toutefois, il n'existe actuellement aucun traitement de référence. Un traitement antiviral ne devrait être envisagé qu'après consultation d'un médecin spécialiste des maladies infectieuses.
Syndrome pulmonaire à hantavirus
L'infection peut évoluer rapidement de la phase prodromique à la phase cardiopulmonaire. Les patients pourraient donc nécessiter des soins dans un centre tertiaire offrant des services d'oxygénation extracorporelle par membrane (ECMO).
La reconnaissance précoce de l'infection améliore les chances de survie grâce à une surveillance en unité de soins intensifs ainsi qu'à un soutien respiratoire et hémodynamique.
Fièvre hémorragique avec syndrome rénal
Les patients nécessitant des soins de soutien pour une fièvre hémorragique avec syndrome rénal peuvent avoir besoin d'une dialyse et d'une admission dans une unité de soins intensifs.
Éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de réduire le risque d'aggraver une atteinte rénale aiguë.
Les études précliniques indiquent qu'un traitement par ribavirine administrée par voie intraveineuse pourrait améliorer les résultats cliniques s'il est instauré très tôt au cours de la maladie. Toutefois, compte tenu des effets indésirables graves associés à ce médicament, ce traitement ne devrait être instauré qu'après avoir soigneusement évalué les avantages et les inconvénients.
Prévention
Il n'existe au Canada aucun vaccin ni antiviral approuvé pour prévenir les infections à hantavirus. La prophylaxie antivirale post-exposition ne devrait être envisagée qu'après consultation d'un médecin spécialiste des maladies infectieuses. Dans les essais cliniques randomisés sur le syndrome pulmonaire à hantavirus, la ribavirine a démontré des bénéfices variables et est associée à une toxicité hématologique.
Le favipiravir est un autre antiviral qui a été utilisé comme prophylaxie post-exposition chez les contacts à risque élevé d'un cas d'infection par le virus Andes ou comme traitement durant la phase prodromique. Toutefois, il n'existe aucune donnée démontrant son efficacité clinique dans les cas établis de syndrome pulmonaire à hantavirus.
Les pratiques de base suffisent pour prévenir et contrôler les infections chez les patients chez qui une infection à hantavirus est soupçonnée ou confirmée. La seule exception concerne les infections causées par le virus Andes. Dans ces cas, il convient de mettre en œuvre des précautions additionnelles conformément aux Mis à jour des lignes directrices en prévention et control des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de soins de santé (juin 2026).
Pour en savoir plus :
- Hantavirus : Transmission, prévention et risques
- Maladies respiratoires infectieuses : Réduisez votre risque
- Virus des Andes : Fiche technique santé-sécurité: agents pathogènes
- Virus Sin Nombre : Fiche technique santé-sécurité: agents pathogènes
- Hantaan orthohantavirus : Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes
- Prise en charge des contacts des cas d'infection par le virus Andes liés au navire de croisière MV Hondius (Organisation mondiale de la Santé) (en anglais seulement)
- Recommandations provisoires : Gestion sanitaire des contacts des cas d'infection par le virus des Andes liés au navire de croisière MV Hondius (26 mai 2026)
Surveillance
Le syndrome pulmonaire à hantavirus est une maladie à déclaration obligatoire à l'échelle nationale. Les maladies à déclaration obligatoire à l'échelle nationale sont des maladies infectieuses reconnues comme des priorités en matière de surveillance et de lutte par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.
Le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO) reçoit des déclarations de cas de syndrome pulmonaire à hantavirus des autorités de santé publique provinciales et territoriales. Seuls les cas confirmés doivent être déclarés au SCSMDO.
Les provinces et les territoires ont leurs propres exigences législatives en matière de déclaration des maladies infectieuses prioritaires. Consultez les autorités de santé publique de votre province ou de votre territoire pour connaître les exigences de déclaration applicables dans votre administration.
Depuis le lancement des analyses au début des années 1990 et en date du 1er mai 2026, 168 cas d'infection à hantavirus ont été recensés au Canada.
Le 17 mai 2026, une infection par le virus Andes a été confirmée chez un passager canadien rapatrié qui avait auparavant voyagé à bord du navire de croisière MV Hondius, où une éclosion de hantavirus Andes est survenue.
Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus sont recensés chaque année dans le monde, principalement en Amérique du Nord et en Amérique du Sud.
Entre 150 000 et 200 000 cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal attribuables à une infection à hantavirus sont recensés chaque année dans le monde. La plupart de ces cas surviennent en Chine, où le taux moyen de létalité varie de 1 % à 10 %.
Pour en savoir plus :