Cadre fédéral relatif à la maladie de Lyme : Rapport au Parlement (mai 2022)

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Organisation : Agence de la santé publique du Canada

Date de publication : 2022-06-10

Cat. : HP40-180/4-2022F-PDF

ISBN : 978-0-660-44051-4

Pub. : 220216

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Rapport au Parlement

Chers collègues,

En vertu de la Loi sur le cadre fédéral relatif à la maladie de Lyme, j’ai le plaisir de vous présenter, au nom du gouvernement du Canada, un rapport quinquennal sur l’efficacité du Cadre fédéral relatif à la maladie de Lyme (le Cadre).

Je tiens d’abord à souligner que les réalisations des cinq dernières années n’auraient pas été possibles sans l’étroite collaboration et la participation des gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux, des professionnels de la santé, des professionnels de la santé publique internationale, des personnes ayant une expérience vécue, des organisations représentant les personnes ayant une expérience vécue, du milieu universitaire, de l’industrie, des chercheurs et des membres de la communauté. Je les remercie pour le temps, l’énergie et l’engagement qu’ils ont consacrés à l’avancement de nombreuses activités, et pour la contribution qu’ils apportent à l’amélioration de la détection, de la prévention et de la sensibilisation au Canada.

Le Cadre a été établi pour indiquer la voie à suivre dans les domaines où le gouvernement fédéral a un rôle à jouer, en fonction de trois piliers : Surveillance, Éducation et sensibilisation et Lignes directrices et pratiques exemplaires. Le Cadre met l’accent sur le suivi de l’incidence de la maladie de Lyme à l’échelle nationale, la sensibilisation des Canadiens et des professionnels de la santé de première ligne, la surveillance de la répartition et de la propagation dans les zones à risque au Canada, et le soutien des laboratoires provinciaux et de nombreuses initiatives en matière de science, d’innovation et de recherche.

La surveillance de la maladie de Lyme permet d’obtenir des données pour soutenir la prévention

La surveillance de la maladie de Lyme inclut le suivi de la répartition et de la propagation des tiques, ainsi que le suivi des cas de la maladie chez les humains partout au Canada. Les données de surveillance sont utilisées aux fins de l’analyse des tendances nationales et provinciales et elles permettent de soutenir l’élaboration de matériel éducatif et de programmes de prévention fondés sur des données probantes et d’accroître les messages de sensibilisation et d’éducation destinés aux Canadiens à l’échelle régionale. Les données sont essentielles pour comprendre les risques encourus par les Canadiens et constitue le fondement de l’approche de la santé publique.

Depuis l’établissement du Cadre, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a renforcé ses activités de surveillance, notamment en élaborant de nouvelles cartes de risque interactives, ce qui permet aux Canadiens de savoir s’ils vivent dans une zone à risque et de recevoir des conseils sur les mesures qu’ils peuvent prendre pour se protéger. Des projets de surveillance novateurs visant à améliorer la qualité et les sources de données, à produire des informations pour l'action, ainsi que de nouveaux rapports de surveillance de la maladie de Lyme, y compris des infographies complémentaires. Des travaux sont également en cours pour étendre le système canadien de surveillance des maladies transmises par les tiques de façon à inclure trois autres maladies émergentes transmises par les tiques (babésiose, anaplasmose et le virus de Powassan).

La sensibilisation est la clé de la prévention et de la détection précoce

Il est important que les Canadiens disposent de l’information dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées sur la meilleure façon de se protéger et de protéger leur famille contre les morsures de tiques et la maladie de Lyme. L’un des principaux rôles de l’ASPC a été d’aider les Canadiens à se protéger contre les morsures de tiques et la maladie de Lyme grâce à une campagne annuelle de publicité numérique et à des ressources éducatives et des outils visant à accroître la sensibilisation aux tiques et à la maladie de Lyme.

L’ASPC a fait la promotion d’information et de produits fondés sur des données probantes en ce qui concerne la maladie de Lyme sur le site Web du gouvernement du Canada. Une nouvelle série de ressources de sensibilisation a été créée en 2017-2018 et elle a été étoffée au cours des cinq dernières années. Au total, 310 000 exemplaires ont été distribués gratuitement aux Canadiens. Les ressources ont également été offertes dans trois langues autochtones (mi'kmaq, mohawk et ojibwe) et sept langues non officielles. La stratégie de marketing concernant la maladie de Lyme comprenait également une campagne annuelle de publicité numérique, une exposition itinérante sur les tiques, destinée aux enfants âgés de 5 à 14 ans, dans les écoles, les bibliothèques et les petits musées du Canada, ainsi que deux nouvelles vidéos didactiques (« La bonne façon de retirer une tique » et « Conseils pour éloigner les tiques de votre maison ») disponibles en ligne.

L’analyse des données permet de déterminer le niveau de risque pour les Canadiens

La compréhension des risques pour la santé publique associés à la maladie de Lyme a amélioré notre capacité d’élaborer des stratégies de prévention et de réduire les risques pour les Canadiens. Le Laboratoire national de microbiologie de l’ASPC a fourni des conseils et une analyse des données par le biais de l’évaluation des risques (cartographie et modélisation des risques), de la synthèse des connaissances (examens de la portée, examens systématiques et méta-analyses), des méthodes de laboratoire de référence et de surveillance, et de la recherche (contrôle du risque de maladies transmises par les tiques sur le terrain, diversité génétique de Borrelia burgdorferi par séquençage du génome entier, déterminants écologiques du risque).

Le fait d’investir dans la science permet de combler les lacunes en matière de connaissances

La recherche était nécessaire pour faire progresser notre compréhension de la maladie de Lyme et trouver des solutions aux défis auxquels sont confrontés les patients et les familles. Le Réseau canadien de recherche sur la maladie de Lyme (CLyDRN), cofinancé par les Instituts de recherche en santé du Canada et l’ASPC, a été créé pour améliorer le diagnostic, le traitement et les résultats pour la santé des personnes atteintes de la maladie de Lyme. Le CLyDRN a réuni des experts du milieu universitaire, des hôpitaux, des organismes de santé publique provinciaux et fédéraux, des collèges de médecine vétérinaire, des praticiens de la santé et des personnes ayant une expérience vécue afin de soutenir la collaboration nationale pour générer de nouvelles connaissances. Le CLyDRN continuera de combler les lacunes dans les connaissances et d’améliorer le diagnostic et les options de traitement, y compris l’avancement de la recherche et la validation de nouvelles méthodes de diagnostic de la maladie de Lyme.

Le Programme de maladies infectieuses et de changements climatiques de l’ASPC a également financé des activités de surveillance, d’évaluation des risques, de modélisation, des diagnostics de laboratoire et l’élaboration d’outils et de ressources pour les professionnels de la santé, les collectivités et les particuliers afin de s’assurer que les gens comprennent les risques et soient capables de prendre des mesures pour prévenir les impacts climatiques, y compris les maladies à transmission vectorielle. Dans le cadre de ce programme, le Fonds pour le programme de maladies infectieuses et de changements climatiques fournit 2 millions de dollars par année sur une période de 11 ans (2017-2028). Depuis son lancement en 2017, le Fonds a investi dans 34 projets totalisant 9,3 millions de dollars, dont 15 projets (totalisant plus de 4,9 millions de dollars) axés sur la maladie de Lyme. Avec l’aide du Fonds, le Centre for Effective Practice a publié l’outil Prise en charge en soins primaires de la maladie de Lyme au stade précoce pour faciliter le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme localisée à un stade précoce, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a publié des conseils sur la maladie de Lyme à l’intention des professionnels de la santé et eTick.ca, un projet de science citoyenne, a permis de mettre les citoyens canadiens en contact direct avec des experts scientifiques pour apprendre à reconnaître les tiques et à soutenir la surveillance des tiques au Canada.

Les partenariats, l’engagement et la sensibilisation sont essentiels

Le Cadre encourage la participation de tous les intervenants, y compris les personnes ayant une expérience vécue, afin de réduire le risque de maladie de Lyme au Canada. L’engagement et la collaboration avec tous les partenaires et intervenants, y compris les personnes ayant une expérience vécue, ont été essentiels à la réussite du Cadre.

Des partenaires, nouveaux et existants, ont aidé l’ASPC à étendre sa portée et à offrir de nouveaux produits, programmes et renseignements aux Canadiens. L’ASPC a atteint de nouveaux publics en s’associant à Mark’s/L’Équipeur pour distribuer des ressources de sensibilisation dans plus de 380 magasins de détail, et à Parcs Canada pour élaborer un guide d’interprétation, un contenu Web et distribuer plus de 150 000 ressources dans les parcs du Canada. La liste d'envoi par courriel sur la maladie de Lyme et autres maladies transmises par les tiques de l’ASPC a amélioré notre capacité de communiquer avec les intervenants et de fournir des mises à jour mensuelles sur les activités de l’ASPC et les possibilités d’engagement. Les activités de participation des intervenants ont permis de s’assurer que les parties intéressées ont eu diverses occasions d’obtenir de l’information et de partager leur expertise, leur contribution et leur expérience. Le dialogue et la collaboration entre les partenaires et les intervenants, y compris les personnes ayant une expérience vécue, les différents niveaux de gouvernement, les chercheurs, les professionnels de la santé et les associations, ont été encouragés lors de plusieurs réunions en personne. L’ASPC continue de créer des occasions d’entendre tous les intervenants afin de déterminer les domaines prioritaires sur lesquels le gouvernement fédéral devrait concentrer ses efforts à l’avenir.

Examen de l’efficacité du cadre fédéral

Le Bureau de l’audit et de l’évaluation (BAE) de l’ASPC a procédé à une évaluation des activités du Cadre de l’ASPC. En janvier 2021, le BAE a commencé son examen et son analyse par des entretiens avec des informateurs clés et un sondage en ligne. Le BAE a mené 47 entretiens avec une série d’informateurs clés, dont des représentants d’organisations de personnes ayant une expérience vécue, ainsi que des chercheurs, des représentants du gouvernement, des associations professionnelles et des experts en la matière. Le questionnaire de sondage en ligne a été rempli par 91 répondants, dont 53 % étaient des personnes ayant une expérience vécue ou des groupes représentant des personnes ayant une expérience vécue.

L’évaluation a révélé que des progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre du cadre, notamment en ce qui concerne le pilier « Éducation et sensibilisation ». De nombreuses activités relevant des piliers « Surveillance » et « Lignes directrices et pratiques exemplaires » ont également progressé. Ce travail a permis de créer des outils et des ressources nouveaux et novateurs, qui ont été jugés très utiles par la communauté scientifique et d’autres partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux. Les personnes ayant une expérience vécue ont identifié des besoins non satisfaits dans les domaines de la surveillance, du diagnostic et du traitement de la maladie de Lyme, en particulier pour les personnes qui ne correspondent pas à la définition de cas.

Au cours des prochains mois, l’ASPC complétera les éléments restants du cadre afin de parvenir à une mise en œuvre complète. À l’avenir, l’ASPC s’efforcera de mettre en œuvre des outils de surveillance plus opportuns et plus dynamiques, d’améliorer les efforts de promotion et de diffusion de matériel de sensibilisation et d’éducation et de conseils aux utilisateurs actuels et nouveaux des connaissances, y compris les professionnels de la santé, et d’envisager l’amélioration des processus d’engagement et des partenariats avec les groupes de défense des patients en ce qui concerne les activités liées aux maladies transmises par les tiques.

La voie à suivre

La publication récente du rapport intitulé La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat de changement : faire progresser nos connaissances pour agir démontre bien que les changements climatiques augmentent les risques associés aux maladies infectieuses à transmission vectorielle au Canada. Il existe de plus en plus de preuves que l’émergence de la maladie de Lyme au Canada est due à des changements de température et de précipitations, rendant le Canada plus propice aux tiques porteuses de la maladie. L’émergence d’autres maladies à transmission vectorielle, dont l’encéphalite équine de l’Est et le virus du Nil occidental, continuera également d’augmenter avec les changements climatiques.

L’ASPC continuera de travailler au renforcement des efforts déployés pour lutter contre la maladie de Lyme et autres maladies à transmission vectorielle en s’appuyant sur les réalisations du Cadre et en appliquant les leçons apprises. Cela comprend la mobilisation et la sensibilisation continues du public pour mobiliser un large éventail d’intervenants et leur donner la possibilité de partager leur expertise, leurs commentaires et leur expérience. L’ASPC s’est engagée à améliorer continuellement sa compréhension des maladies à transmission vectorielle au moyen de recherches continues et de projets novateurs qui s’attaquent aux répercussions des changements climatiques sur la santé humaine. L’ASPC examine les données probantes à mesure qu’elles sont produites et collabore avec ses partenaires et intervenants partout au Canada pour adapter notre réponse à l’évolution de la situation et fournir des conseils supplémentaires aux professionnels de la santé, au besoin. La promotion de l’élaboration, de l'adoption et de la distribution de matériel d'éducation et de sensibilisation pour des publics cibles, y compris les professionnels de la santé, afin de soutenir la prévention et le diagnostic précoce, restera également une priorité.

Le gouvernement du Canada reste déterminé à réagir aux risques pour la santé publique au Canada et continuera de s’attaquer à la maladie de Lyme et aux autres maladies à transmission vectorielle.

Cordialement,

L’honorable Jean-Yves Duclos, C.P., député

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