Prévalence de l'hystérectomie autodéclarée chez les Canadiennes, 2000-2001 à 2008 - MCBC : Vol 34, No 1, février 2014

Volume 34 · numéro 1 · février 2014

Prévalence de l'hystérectomie autodéclarée chez les Canadiennes, 2000-2001 à 2008

A. Stankiewicz, M.H.P (1); L. Pogany, M. Sc. (1); C. Popadiuk, M.D., FRCS (2)

Cet article a fait l'objet d'une évaluation par les pairs.

Rattachement des auteurs :

  1. Agence de la santé publique du Canada, Ottawa (Ontario), Canada
  2. Département de la santé des femmes, Université Memorial de Terre-Neuve, St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador), Canada

Correspondance : Agata Stankiewicz, Agence de la santé publique du Canada, 785, avenue Carling, Ottawa (Ontario) K2T 0A5; tél. : 613-954-8604; téléc. : 613-941-2633; courriel : agata.stankiewicz@phac-aspc.gc.ca

Résumé

Introduction : L'hystérectomie est l'une des interventions chirurgicales les plus souvent pratiquées chez les Canadiennes. Le dépistage du cancer du col de l'utérus n'est donc plus nécessaire dans cette population. Notre analyse visait à obtenir des estimations plus exactes de la participation au dépistage du cancer du col utérin dans la population admissible en déterminant la prévalence de l'hystérectomie selon l'âge chez les Canadiennes de 20 à 69 ans, par province ou territoire, entre 2000-2001 et 2008.

Méthodologie : Les données relatives à la prévalence de l'hystérectomie autodéclarée ont été tirées de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2000-2001, de 2003 et de 2008. Nous avons estimé la prévalence selon l'âge et les intervalles de confiance (IC) à 95 % pour le Canada et les provinces et territoires pour les trois périodes.

Résultats : Des variations interprovinciales de la prévalence de l'hystérectomie ont été observées chez les femmes dans chaque groupe d'âge et au cours de chaque période. Chez les femmes de 50 à 59 ans, la prévalence a semblé diminuer dans toutes les provinces entre 2000-2001 et 2008, le plus haut taux provincial atteint en 2008 étant 35,1 % (IC à 95 % : 25,8 à 44,3; p < 0,01).

Conclusion : Les variations selon les provinces et au cours du temps laissent penser qu'il pourrait être bon d'utiliser la prévalence de l'hystérectomie pour ajuster la population admissible au dépistage du cancer du col de l'utérus, de manière à obtenir des taux plus comparables de participation. Il est en outre possible d'ajuster à la fois les taux d'incidence du cancer du col utérin et de mortalité par cancer du col utérin de façon à ce que les estimations dans le temps et pour l'ensemble des provinces et territoires soient comparables.

Mots-clés : prévalence de l'hystérectomie, taux de participation au dépistage du cancer du col de l'utérus, épidémiologie de l'hystérectomie

Introduction

Avec près de 47 000 hystérectomies pratiquées en 2008 et 2009 au CanadaNote du fin du texte 1, cette intervention chirurgicale se place au 2e rang chez les femmes, après la césarienne. L'hystérectomie totale est l'ablation de l'utérus et du col utérin; l'hystérectomie subtotale, moins fréquente, consiste à enlever le corps de l'utérus. L'hystérectomie peut être facultative, dans les cas d'affections gynécologiques bénignes, ou très urgente, en présence d'une hémorragie incontrôlable. On peut y avoir recours pour traiter diverses affections malignes et prévenir le cancer dans les états précancéreux du col de l'utérus ainsi que chez les femmes porteuses des gènes du cancer colorectal non polyposique héréditaire, lesquelles sont prédisposées aux cancers de l'endomètre et de l'ovaire. Les indications de l'hystérectomie sont de plus en plus strictes, aussi bien en ce qui concerne la nécessité que la fréquence de l'intervention, ce qui contribue à modifier l'incidence annuelle de l'hystérectomie et, partant, le nombre de femmes qui n'ont plus d'utérusNote du fin du texte 2,Note du fin du texte 3,Note du fin du texte 4.

Le dépistage au moyen du test de Papanicolaou est recommandé chez toutes les femmes qui ont déjà été actives sexuellement, mais il n'est généralement pas nécessaire chez les femmes qui n'ont plus de col utérin. Seules font exception les femmes qui ont déjà été traitées pour un carcinome in situ (dysplasie sévère du col de l'utérus). Par conséquent, les femmes qui ont subi une hystérectomie mais n'ont jamais été traitées pour une dysplasie du col de l'utérus ne devraient pas être visées par le dépistage du cancer du col utérin, ni incluses dans les données statistiques sommaires relatives à la participation à ce dépistage. Une fois les estimations de la participation au dépistage corrigées pour tenir compte des antécédents d'hystérectomie, on observe une stabilisation de la participation dans tous les groupes d'âge. Cette approche n'a cependant pas été adoptée dans toutes les provincesNote du fin du texte 5. Cette question revêt une importance croissante au Canada, pays où la participation au dépistage du cancer du col de l'utérus sert de repère pour évaluer la performance des systèmes nationaux et territoriaux de lutte contre le cancer et de prestation des soins de santéNote du fin du texte 6. On ne saurait évaluer avec exactitude la population cible et la participation au dépistage que dans la mesure où les femmes ayant subi l'ablation du col de l'utérus ne sont plus incluses dans le dénominateur. La reconnaissance de la nécessité d'une correction pour tenir compte des antécédents d'hystérectomie concorde avec l'énoncé du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs, selon lequel les recommandations relatives au dépistage du cancer du col de l'utérus ne s'appliquent pas aux femmes qui n'ont pas d'utérus par suite d'une hystérectomieNote du fin du texte 7.

Au Canada, les professionnels de la santé ne s'entendent pas sur les indications de l'hystérectomie dans le traitement des affections bénignes de l'utérusNote du fin du texte 8. L'incidence de l'hystérectomie varie dans le temps ainsi que d'une région à l'autreNote du fin du texte 9,Note du fin du texte 10,Note du fin du texte 11,Note du fin du texte 12, ce qui donne à penser que la prévalence de l'absence de col de l'utérus varie également. Cette variance est attribuable à des différences régionales dans l'incidence de la pathologie utérine ainsi qu'à des facteurs liés au médecin et à la patienteNote du fin du texte 9,Note du fin du texte 13,Note du fin du texte 14. Les facteurs liés au médecin relèvent de la divergence d'opinions concernant les indications de l'hystérectomie, des différences sur le plan de la formation et des variations dans les pratiques régionalesNote du fin du texte 2,Note du fin du texte 9,Note du fin du texte 10,Note du fin du texte 13,Note du fin du texte 14; les facteurs liés à la patiente relèvent de ses préférences personnelles ou de son attitude à l'égard de l'hystérectomieNote du fin du texte 10,Note du fin du texte 13.

Notre analyse visait à estimer la prévalence de l'hystérectomie chez les Canadiennes de 20 à 69 ans, par province ou territoire, et d'en saisir également les variations temporelles.

Méthodologie

Sources des données

Nous avons utilisé les données des cycles 1. 1 (2000-2001) et 2. 1 (2003) de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) ainsi que celles de la composante annuelle de 2008 de l'ESCC pour estimer la prévalence de l'hystérectomie. Au cours de ces trois périodes, les données de l'ESCC ont été recueillies sur 12 mois. Les données n'étaient disponibles ni pour le cycle 3. 1 (2005) de l'ESCC, ni pour la composante annuelle de 2007 ni pour l'ESCC 2007-2008Note du fin du texte 15,Note du fin du texte 16,Note du fin du texte 17.

L'ESCC est une enquête transversale sur la santé de la population visant les Canadiens de 12 ans et plus vivant dans des logements privés dans l'ensemble des provinces et territoires. Sont exclus les membres à temps plein des Forces armées canadiennes, les personnes vivant en établissement, les habitants de certaines régions éloignées du pays, les personnes vivant dans les réserves indiennes et sur les terres de la CouronneNote du fin du texte 15,Note du fin du texte 16,Note du fin du texte 17. Jusqu'en 2005 (inclusivement), les données de l'ESCC étaient recueillies tous les deux ans; depuis 2007, elles sont recueillies annuellementNote du fin du texte 17.

La question suivante a été posée aux répondantes de 18 ans et plus : « Avez-vous subi une hystérectomie (c'est-à-dire, vous a-t-on retiré l'utérus)? » Cette question, à laquelle elles pouvaient répondre par oui ou par non, figurait dans les modules sur la mammographie des cycles 1. 1 (2000-2001) et 2. 1 (2003) de l'ESCC, ainsi que dans la composante annuelle de 2008Note du fin du texte 18,Note du fin du texte 19,Note du fin du texte 20.

Analyse des données

Des estimations de fréquence ont été calculées pour déterminer la prévalence de l'hystérectomie. Nous avons analysé la prévalence de l'hystérectomie chez les femmes de 20 à 69 ans par tranche d'âge de 10 ans, à l'échelle nationale et par province ou territoire, ainsi que les différences entre les estimations provinciales relatives à l'hystérectomie pour une période donnée en prenant l'Ontario comme catégorie de référenceNote du fin du texte 21. Les ajustements de poids, les coefficients de variation, les erreurs-types et les intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été analysés à l'aide de la méthode bootstrapNote du fin du texte 16. Les estimations de la prévalence qui étaient basées sur un nombre de répondantes inférieur à 30 ou qui comportaient un coefficient de variation (CV) supérieur à 33,3 % ont été supprimées; lorsque les estimations de la prévalence comportaient un coefficient de variation se situant entre 16,6 % et 33,3 %, on a précisé qu'elles devaient être interprétées avec prudenceNote du fin du texte 15,Note du fin du texte 16,Note du fin du texte 17. Le CV est souvent utilisé par Statistique Canada pour déterminer la qualité d'une estimation obtenue à partir d'un échantillon d'enquête lorsqu'on applique la méthode bootstrapNote du fin du texte 15,Note du fin du texte 16,Note du fin du texte 17. La signification statistique (p < 0,05 et p < 0,01) a été déterminée au moyen des estimations de la variance calculées par la méthode bootstrap dans le cadre de l'analyse de la différence de rapports (test t)Note du fin du texte 21.

Résultats

Nous avons observé des variations interprovinciales dans la prévalence de l'hystérectomie chez les femmes pour chaque groupe d'âge et pour chaque période. Dans la majorité des régions, la prévalence de l'hystérectomie chez les femmes de 20 à 29 ans et celles de 30 à 39 ans a été supprimée en raison de la petite taille de l'échantillon ou d'un CV élevé (> 33,3 %). Pour les mêmes raisons, la prévalence de l'hystérectomie a été supprimée pour le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut dans tous les groupes d'âge et pour les trois périodes.

En 2008, la prévalence de l'hystérectomie se situait entre 9,6 % et 21,2 % chez les femmes de 40 à 49 ans. Par rapport à l'Ontario (9,6 %, IC à 95 % : 7,1 à 12,1; p < 0,05), les différences n'étaient statistiquement significatives que pour la Nouvelle-Écosse (21,2 %, IC à 95 % : 13,1 à 29,3) et le Nouveau-Brunswick (19,5 %, IC à 95 % : 12,6 à 26,5) (figure 1). Entre 2000-2001 et 2008, la prévalence a semblé augmenter dans trois provinces, diminuer dans trois autres et demeurer stable dans une province; toutefois, toutes les estimations étaient caractérisées par des intervalles de confiance larges et se chevauchant (tableau 1). Chez les femmes de 50 à 59 ans, en 2008, la prévalence a atteint un maximum de 35,1 % (IC à 95 % : 25,8 à 44,3) (p < 0,01), pour Terre-Neuve-et-Labrador, et a semblé diminuer dans toutes les provinces entre 2000-2001 et 2008 (figure 1 et tableau 1); les estimations étaient cependant caractérisées par des intervalles de confiance larges et se chevauchant dans toutes les provinces sauf la Nouvelle-Écosse, le Québec et l'Ontario. Chez les femmes de 60 à 69 ans, la prévalence de l'hystérectomie variait en 2008 entre 30,7 % et 43,1 %. Par rapport à l'Ontario (30,7 %, IC à 95 % : 27,2 à 34,2), les différences n'étaient statistiquement significatives que pour la Nouvelle-Écosse (43,1 %, IC à 95 % : 35,2 à 51,1), le Nouveau-Brunswick (41,4 %, IC à 95 % : 33,8 à 49,0), le Québec (36,5 %, IC à 95 % : 32,2 à 40,8) et l'Alberta (39,4 %, IC à 95 % : 31,9 à 47,0) (figure 1). Dans ce groupe d'âge, la prévalence a semblé diminuer entre 2000-2001 et 2008 dans toutes les provinces sauf une, où elle est demeurée stable (tableau 1).

FIGURE 1
Taux de prévalence de l'hystérectomie autodéclarée au Canada chez les femmes de 40 à 49 ans, de 50 à 59 ans et de 60 à 69 ans en 2008

Taux de prévalence de l'hystérectomie autodéclarée au Canada chez les femmes de 40 à 49 ans, de 50 à 59 ans et de 60 à 69 ans en 2008
[FIGURE 1, texte équivalent]

Maladies chroniques et blessures au Canada - Volume 34, no. 1, décembre 2013

FIGURE 1
Taux de prévalence de l'hystérectomie autodéclarée au Canada chez les femmes de 40 à 49 ans, de 50 à 59 ans et de 60 à 69 ans en 2008

En 2008, la prévalence de l’hystérectomie se situait entre 9,6 % et 21,2 % chez les femmes de 40 à 49 ans. Par rapport à l’Ontario (9,6 %, IC à 95 % : 7,1 à 12,1; p < 0,05), les différences n’étaient statistiquement significatives que pour la Nouvelle-Écosse (21,2 %, IC à 95 % : 13,1 à 29,3) et le Nouveau-Brunswick (19,5 %, IC à 95 % : 12,6 à 26,5).

Chez les femmes de 50 à 59 ans, en 2008, la prévalence a atteint un maximum de 35,1% (IC à 95%: 25,8 à 44,3) (p < 0,01), pour Terre-Neuve-et-Labrador, et a semblé diminuer dans toutes les provinces entre 2000-2001 et 2008; les estimations étaient cependant caractérisées par des intervalles de confiance larges et se chevauchant dans toutes les provinces sauf la Nouvelle-É cosse, le Québec et l’Ontario.

Chez les femmes de 60 à 69 ans, la prévalence de l’hystérectomie variait en 2008 entre 30,7 % et 43,1 %. Par rapport à l’Ontario (30,7 %, IC à 95 % : 27,2 à 34,2), les différences n’étaient statistiquement significatives que pour la Nouvelle-É cosse (43,1 %, IC à 95%: 35,2 à 51,1), le Nouveau-Brunswick (41,4 %, IC à 95 % : 33,8 à 49,0), le Québec (36,5 %, IC à 95 % : 32,2 à 40,8) et l’Alberta (39,4 %, IC à 95 % : 31,9 à 47,0).


Abréviations : Alb., Alberta; C.-B., Colombie-Britannique; Can., Canada; CV, coefficients de variation; Î.-P.-É., Île-du-Prince-Édouard; Man., Manitoba; N.-B., Nouveau-Brunswick; N.-É., Nouvelle-Écosse; Ont., Ontario; Qc, Québec; Sask., Saskatchewan; T.-N.-L., Terre-Neuve-et-Labrador.

Remarque : Les données relatives aux femmes de 40 à 49 ans à T.-N.-L., à l'Î.-P.-É., à la Sask. et celles relatives aux femmes de 60 à 69 ans à l'Î.-P.-É. sont trop peu fiables pour être publiées.

Note du fin du texte E À utiliser avec prudence (CV : 16,6 à 33,3 %).

Note du fin du texte * p < 0,05

Note du fin du texte ** p < 0,01

TABLEAU 1
Prévalence des taux d'hystérectomie, en 2000-2001, en 2003 et en 2008, Canada et provinces, par groupe d'âge
Groupe d'âge (années) Province Année
2000-2001 2003 2008 Différence entre 2000-2001 et 2008
% (IC à 95 %) % (IC à 95 %) % (IC à 95 %)

Abréviations : Alb., Alberta; C.-B., Colombie-Britannique; CV, coefficients de variation; Î.-P.-É., Île-du-Prince-Édouard; Man., Manitoba; N.-B., Nouveau-Brunswick ; N.-É., Nouvelle-Écosse; Ont., Ontario; Qc, Québec; Sask., Saskatchewan; T.-N.-L., Terre-Neuve-et-Labrador.


EÀ utiliser avec prudence ( CV = 16,6 % à 33,3 %).
FTrop peu fiable pour être publié (n < 30 ou CV > 33,3 %).
40 à 49 T.-N.-L. 18,9 (15,0 à 22,9) 15,1Tableau 1 - Note E (9,7 à 20,5) Tableau 1 - Note F Tableau 1 - Note F
Î.-P.-É. 18,6 (13,1 à 24,0) 25,6Tableau 1 - Note E (16,0 à 35,1) Tableau 1 - Note F Tableau 1 - Note F
N.-É. 18,2 (14,4 à 22,1) 25,6 (18,2 à 33,1) 21,2Tableau 1 - Note E (13,1 à 29,3) 3,0
N.-B. 21,2 (17,1 à 25,3) 20,9 (15,6 à 26,2) 19,5Tableau 1 - Note E (12,6 à 26,5) -1,7
Qc 14,7 (12,6 à 16,7) 13,4 (11,3 à 15,6) 13,7 (10,0 à 17,3) -1,0
Ont. 12,4 (11,0 à 13,8) 10,6 (9,3 à 11,9) 9,6 (7,1 à 12,1) -2,7
Man. 9,2Tableau 1 - Note E (6,1 à 12,3) 11,6 (8,0 à 15,1) 14,2Tableau 1 - Note E (6,2 à 22,2) 5,0
Sask. 16,2 (12,5 à 19,8) 16,7Tableau 1 - Note E (11,1 à 22,3) Tableau 1 - Note F Tableau 1 - Note F
Alb. 14,3 (11,6 à 17,1) 13,7 (10,7 à 16,7) 15,3Tableau 1 - Note E (10,2 à 20,4) 1,0
C.-B. 13,6 (11,5 à 15,6) 13,8 (11,3 à 16,4) 13,7 (9,8 à 17,6) 0,1
50 à 59 T.-N.-L. 35,4 (29,4 à 41,3) 34,8 (28,7 à 40,9) 35,1 (25,8 à 44,3) -0,3
Î.-P.-É. 29,7 (22,8 à 36,7) 34,2 (24,3 à 44,2) 27,7Tableau 1 - Note E (17,6 à 37,8) -2,0
N.-É. 39,8 (34,5 à 45,1) 36,8 (30,9 à 42,6) 25,6 (18,1 à 33,0) -14,2
N.-B. 38,6 (33,0 à 44,3) 36,9 (31,3 à 42,4) 30,5 (23,8 à 37,2) -8,2
Qc 31,3 (28,2 à 34,4) 31,0 (28,0 à 34,1) 20,0 (16,9 à 23,1) -11,3
Ont. 26,9 (24,5 à 29,3) 24,8 (22,8 à 26,7) 20,4 (17,4 à 23,4) -6,5
Man. 24,4 (19,4 à 29,5) 17,3 (13,1 à 21,6) 19,6 (13,3 à 25,9) -4,8
Sask. 30,3 (25,0 à 35,6) 24,5 (20,0 à 29,1) 21,2 (15,1 à 27,4) -9,0
Alb. 33,4 (29,0 à 37,8) 24,5 (20,6 à 28,4) 24,0 (18,0 à 30,1) -9,4
C.-B. 25,8 (22,8 à 28,9) 25,8 (22,5 à 29,0) 19,3 (15,0 à 23,7) -6,5
60 à 69 T.-N.-L. 37,7 (30,0 à 45,4) 38,1 (31,2 à 45,0) 36,8 (28,1 à 45,6) -0,9
Î.-P.-É. 43,6 (36,6 à 50,6) 36,6 (26,2 à 46,9) Tableau 1 - Note F Tableau 1 - Note F
N.-É. 42,4 (35,2 à 49,5) 49,7 (42,4 à 57,0) 43,1 (35,2 à 51,1) 0,8
N.-B. 42,8 (36,2 à 49,4) 47,0 (39,9 à 54,1) 41,4 (33,8 à 49,0) -1,4
Qc 42,8 (38,8 à 46,9) 37,7 (34,6 à 40,8) 36,5 (32,2 à 40,8) -6,3
Ont. 34,2 (31,3 à 37,1) 32,7 (30,3 à 35,1) 30,7 (27,2 à 34,2) -3,5
Man. 40,8 (34,1 à 47,6) 38,5 (31,6 à 45,3) 32,5 (24,5 à 40,5) -8,3
Sask. 41,1 (35,3 à 46,8) 34,4 (28,5 à 40,3) 37,2 (29,4 à 44,9) -3,9
Alb. 40,3 (35,2 à 45,4) 40,5 (35,6 à 45,3) 39,4 (31,9 à 47,0) -0,8
C.-B. 35,3 (31,5 à 39,1) 36,2 (32,3 à 40,2) 31,4 (26,4 à 36,3) -3,9

Analyse

La prévalence de l'hystérectomie au Canada a diminué entre 2000-2001 et 2008 et était variable d'une province à l'autre; dans plus de la moitié des provinces, cette baisse a été progressive dans le temps dans les groupes d'âge de 50 à 59 ans et de 60 à 69 ans. Nous n'avons pas fait état des tendances pour les groupes plus jeunes (20 à 29 ans et 30 à 39 ans) en raison de la rareté relative de cette intervention. La variation provinciale de l'incidence de l'hystérectomie au cours de cette période avait déjà été établie et elle présente des tendances similaires à celles des données sur la prévalenceNote du fin du texte 11. Les variations observées d'une province à l'autre montrent à quel point il est important de communiquer avec précision les données relatives à la prévalence à l'échelle provinciale, puisque ces variations auront une influence sur les taux de participation au dépistage du cancer du col utérin ainsi que sur l'ajustement en ce qui concerne l'incidence du cancer du col de l'utérus et les taux de mortalité par cancer du col de l'utérusNote du fin du texte 22.

Il est difficile de comparer directement notre analyse de la prévalence de l'hystérectomie aux estimations internationales, principalement en raison des périodes d'analyse et des fourchettes d'âge différentes utiliséesNote du fin du texte 13,Note du fin du texte 23,Note du fin du texte 24,Note du fin du texte 25. Néanmoins, il semble qu'une diminution des nouveaux cas d'hystérectomie ait été observée dans la majorité des paysNote du fin du texte 26,Note du fin du texte 27. Au Canada, la faible prévalence observée dans certaines provinces pourrait refléter une variation sur le plan de la pratique à limiter l'hystérectomie et une évolution en faveur des traitements non mutilants dans les affections permettant l'exercice d'un jugement discrétionnaire. Chez les femmes de 60 à 69 ans, les diminutions plus faibles de la prévalence dans le temps sont probablement imputables au fait que cette cohorte a déjà subi une hystérectomie avant que les traitements plus conservateurs ne soient courants. Certains traitements, comme la mise en place d'un dispositif intra-utérin libérant un progestatif et l'ablation de l'endomètre, ne sont largement offerts que depuis une dizaine d'annéesNote du fin du texte 28. La prévalence de l'hystérectomie chez les Canadiennes continuera probablement à diminuer jusqu'à ce qu'un niveau minimal soit atteint, lorsque l'on n'aura recours à cette intervention que dans le traitement non facultatif d'urgences hémorragiques et de cancersNote du fin du texte 29.

Le fait d'inclure dans le dénominateur les femmes qui ont subi une hystérectomie se solde par une surestimation de la population cible et une sous-estimation de la participation au dépistage du cancer du col de l'utérus. Une proportion non négligeable des cas de cancer invasif du col utérin au Canada (40 % à 50 %) touche la population qui ne se soumet pas au test de dépistage ou du moins ne le fait pas assez régulièrement. Alors que certaines provinces obtiennent un taux de dépistage aux trois ans de près de 80 % dans la population à risque, la moitié des femmes souffrant d'un cancer invasif du col utérin n'avaient pas subi de test de dépistageNote du fin du texte 5. De plus, le fait de ne pas supprimer les femmes n'ayant plus de col utérin dans les calculs de dénominateur a pour effet de réduire l'exactitude des comparaisons des populations cibles et de la participation au dépistage dans l'ensemble des programmes et des groupes d'âge : selon un rapport canadien récent, la participation globale s'élèverait à 70,2 % sans correction pour tenir compte de l'hystérectomie et à 74,1 % après correctionNote du fin du texte 5. Plus important encore, la correction a un effet stabilisateur établi et se traduit par une participation plus uniforme dans tous les groupes d'âgeNote du fin du texte 5.

Limites

Nos estimations de la prévalence sont limitées par le fait que les réponses aux questions de l'ESCC sont autodéclarées, incluant celles concernant l'hystérectomie. De plus, le type d'hystérectomie n'est pas précisé, ce qui pourrait entraîner une surestimation du nombre total d'hystérectomies. Toutefois, l'hystérectomie subtotale est rare (moins de 10 %) au Canada, ce qui n'a sans doute pas une incidence importante sur les chiffresNote du fin du texte 30. L'excision du col de l'utérus seulement (trachélectomie) est aussi une intervention très peu fréquente, qui n'est utilisée que dans le traitement du cancer du col utérin de stade précoce. Cette intervention n'aura donc pas non plus une incidence marquée sur les chiffresNote du fin du texte 31,Note du fin du texte 32. Parmi les autres limites figure la non-disponibilité des données pour certaines années.

Conclusion

Notre analyse vient enrichir les connaissances actuelles de l'épidémiologie de l'hystérectomie au Canada. Compte tenu des variations selon la province et selon l'âge, une connaissance actualisée de la prévalence de l'hystérectomie permettra d'obtenir des dénominateurs de population plus précis pour le calcul a posteriori des taux de participation au dépistage du cancer du col utérin.

Références


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