Écarts régionaux dans le fardeau économique attribuable au surplus de poids, à la sédentarité et à l'usage du tabac en Colombie-Britannique - PSPMC: Volume 36-5, mai 2016

Volume 36 · numéro 4 · avril 2016

Écarts régionaux dans le fardeau économique attribuable au surplus de poids, à la sédentarité et à l'usage du tabac en Colombie-Britannique

H. Krueger, Ph. D.Note de bas de page 1 ,Note de bas de page 2 ; J. M. Koot, B. Sc.Note de bas de page 2 ; D. P. Rasali, Ph. D.Note de bas de page 3 ,Note de bas de page 4 ; S. E. Gustin, M.P.H.Note de bas de page 3 ; M. Pennock, M. Sc.Note de bas de page 5 

https://doi.org/10.24095/hpcdp.36.4.02f

Cet article a fait l'objet d'une évaluation par les pairs.

Rattachement des auteurs

Correspondance : Hans Krueger, H. Krueger and Associates Inc., 4554 48B Street, Delta (C.-B.) V4K 2R8; tél. : 604-946-5464; courriel : hans@krueger.ca

Résumé

Introduction : Les taux de prévalence du surplus de poids, de l'usage du tabac et de la sédentarité varient sensiblement d'une région à l'autre en Colombie-Britannique (C.-B.). La présente étude vise à déterminer la portée d'une éventuelle réduction du fardeau économique en C.-B. si toutes les régions de la province atteignaient des taux de prévalence équivalents à ceux de la région dont les taux sont les plus bas pour ces trois facteurs de risque.

Méthodes : Nous avons utilisé une approche élaborée précédemment fondée sur la fraction étiologique du risque pour estimer le fardeau économique associé aux divers facteurs de risque. Le risque relatif selon le sexe et les données de prévalence selon l'âge et le sexe ont été utilisés dans la modélisation.

Résultats : Le fardeau économique annuel attribuable à ces trois facteurs de risque en C.-B. s'élevait à environ 5,6 milliards de dollars en 2013, la proportion la plus élevée de ce total étant attribuable au surplus de poids (2,6 milliards), suivie de celle de l'usage du tabac (2 milliards). Même si la C.-B. possède des taux de prévalence de ces facteurs de risque plus bas que toute autre province canadienne, il existe d'importants écarts en son sein. Si chaque région de la province devait atteindre les taux de prévalence les plus bas pour les trois facteurs de risque, un fardeau économique de 1,4 milliard (24 % du total de 5,6 milliards) pourrait être supprimé annuellement.

Conclusion : Il existe des disparités notables dans la prévalence de chacun des facteurs de risque au sein des régions sanitaires de la C.-B., qui se reflètent dans le fardeau économique attribuable à chaque région. Un éventail de facteurs sociaux, environnementaux et économiques expliquent probablement une partie de ces écarts géographiques, et ces facteurs sous-jacents devraient être pris en compte lors de la mise en place de programmes de prévention.

Mots-clés : fardeau économique de la maladie, populations à risque, facteurs de risque, usage du tabac, activité physique, poids

Points saillants
  • En Colombie-Britannique en 2013, le fardeau économique attribuable au surplus de poids (2,6 milliards) était plus élevé que celui attribuable à l'usage du tabac (2 milliards) ou à la sédentarité (1 milliard).
  • Le fardeau économique du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac varie entre les 16 régions sanitaires de la Colombie-Britannique.
  • La réduction de la prévalence du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac dans l'ensemble des régions sanitaires au niveau de celle de la région possédant les taux les plus bas permettrait de réduire le fardeau économique annuel total d'un quart, en le faisant passer de 5,6 milliards à 4,2 milliards.
  • L'écart dans la prévalence du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac est plus élevé au sein de la C.-B. (24 %) qu'entre les provinces (10 %).
  • La reconnaissance de ces variations spatiales entre les régions sanitaires pourrait contribuer à décider quels efforts de prévention devraient être orientés vers quelles régions.

Introduction

Le fardeau économique annuel du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac s'élevait à environ 52,8 milliards en 2013 au CanadaRéférence 1. Une réduction relative annuelle modeste de 1 % de la prévalence de ces trois facteurs de risque peut avoir une incidence importante sur la santé et sur l'économie au fil du temps au niveau de la population, entraînant une réduction annuelle d'environ 8,5 milliards du fardeau économique du Canada d'ici 2031Référence 2.

Rappelons qu'avec son territoire de près de 10 millions de kilomètres carrés, le Canada est le deuxième pays au monde en termes de superficie. Le pays est divisé en 10 provinces et 3 territoires. La population totale s'élevait à environ 35,2 millions en 2013, celle des provinces variant de 146 000 à l'Île-du-Prince-Édouard à 13,6 millions en OntarioRéférence 3. La Colombie-Britannique (C.-B.), la province la plus à l'ouest, a une population de 4,7 millions.

Parmi toutes les provinces, la prévalence de l'usage du tabac, du surplus de poids et de la sédentarité était la moins élevée en C.-B. en 2012. Si les taux de prévalence selon l'âge et le sexe de la C.-B. étaient appliqués aux populations des autres provinces, le fardeau économique annuel attribuable à ces facteurs de risque serait réduit de 5,3 milliards, soit 10 % du fardeau économique total de 52,8 milliards de ces facteurs de risqueRéférence 1.

Même si la C.-B. possède des taux de prévalence pour ces facteurs de risque moins élevés que toute autre province, il existe d'importants écarts en son sein. La C.-B. est divisée en cinq autorités sanitaires : Fraser Health, Vancouver Coastal Health, Vancouver Island Health, Interior Health et Northern Health. La population des régions sanitaires varie de 0,3 million (Northern Health) à 1,7 million (Fraser Health). Chaque autorité sanitaire est subdivisée en trois ou quatre zones de prestation de services de santé (Health service delivery areas ou HSDA), d'une population variant de 73 000 personnes (HSDA de Northeast) à 748 000 personnes (HSDA de Fraser South).

Notre étude vise à déterminer la portée d'une éventuelle réduction du fardeau économique en C.-B. si toutes les HSDA de la province atteignaient des taux de prévalence du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac équivalents à ceux de la HSDA dont les taux sont les plus bas.

Méthodologie

Des détails de notre modèle de base, ainsi qu'une mise à jour, ont été décrits précédemmentRéférence 1,Référence 2,Référence 4. En bref, nous avons utilisé une approche fondée sur la fraction étiologique du risque pour estimer le fardeau économique associé à ces trois facteurs de risque. Il s'agit de suivre les sept étapes suivantes :

  1. estimer la prévalence des trois facteurs de risque dans les régions géographiques présentant de l'intérêt;
  2. estimer la relation de cause à effet entre le facteur de risque et la comorbidité en se fondant sur le risque relatif;
  3. calculer la fraction étiologique du risque en tenant compte du caractère permanent du surplus de poids (allant de l'absence d'excès de poids au surplus de poids à l'obésité) et de l'usage du tabac (allant de l'absence de tabagisme au tabagisme léger, au tabagisme modéré, au tabagisme lourd);
  4. estimer les coûts directs du traitement des comorbidités associées aux facteurs de risque dans les régions géographiques présentant de l'intérêt;
  5. ajuster les coûts directs associés au chevauchement des facteurs de risque pour une personne donnée;
  6. estimer les coûts indirects;
  7. subdiviser le fardeau économique total pour fournir une estimation du fardeau économique de chaque facteur de risque.

Les taux de prévalence pour l'usage du tabac, le surplus de poids et l'obésité ainsi que la sédentarité ont été tirés de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2011-2012. Les répondants étaient considérés en surpoids si leur indice de masse corporelle (IMC), calculé selon la taille et le poids autodéclarés, se situait entre 25 kg/m2 et 29,9 kg/m2 et ils étaient considérés comme obèses si leur IMC était égal ou supérieur à 30 kg/m2. Pour les jeunes de 12 à 17 ans, le système de classification de Cole pour l'IMC a été utilisé pour déterminer les taux de surplus de poids et d'obésitéRéférence 5.

Les fumeurs ont été regroupés comme fumeurs légers (moins de 10 cigarettes par jour), fumeurs modérés (10 à 19 cigarettes par jour) et gros fumeurs (20 cigarettes ou plus par jour) en fonction du nombre moyen de cigarettes fumées par jour disponible dans le fichier de microdonnées à grande diffusion (FMGD) de l'ESCC de 2011-2012Référence 6. Tous les fumeurs s'étant définis comme fumeurs occasionnels ont été inclus dans la catégorie des fumeurs légers.

Les taux de sédentarité sont fondés sur les répondants catégorisés comme « pas du tout actifs » dans l'ESCC. Les répondants ont été classés comme étant actifs, modérément actifs ou pas du tout actifs selon un indice d'activité physique quotidienne moyenne pendant les loisirs au cours des trois mois précédents. Pour chaque activité physique déclarée par le répondant, on a calculé une dépense quotidienne moyenne d'énergie en multipliant la fréquence par la durée moyenne de l'activité et par le nombre d'équivalents métaboliques (kilocalories brûlées par kilogramme de poids par heure) de l'activité. L'indice était la somme des dépenses quotidiennes moyennes d'énergie de toutes les activités. Les répondants ont été classés comme étant pas du tout actifs si leur dépense d'énergie pendant les loisirs était inférieure à 1,5 kcal/kg/jour. Nous avons fait un ajustement à ces données de base de l'ESCC, en estimant les taux de surplus de poids, d'obésité et de sédentarité des enfants âgés de moins de 12 ans en nous fondant sur les taux selon le sexe des 12 à 14 ans de l'ESCC. Nous avons supposé qu'aucun enfant âgé de moins de 12 ans ne fumait.

Les sources et les valeurs pour les risques relatifs associés à l'usage du tabacRéférence 7, au surplus de poidsRéférence 8 et à la sédentaritéRéférence 9 demeurent les mêmes que pour le modèle précédemment publiéRéférence 1,Référence 2,Référence 4.

Calcul et ajustement des coûts

Nous avons estimé le fardeau économique (coûts directs et indirects) associé aux facteurs de risque en C.-B. et dans chaque autorité sanitaire/HSDA de la province à l'aide de la méthode du coût de la maladie fondée sur la prévalence. Les estimations de coûts sont exprimées en dollars canadiens de 2013.

Dans notre modèle, les coûts directs incluent les soins hospitaliers, les services fournis par un médecin ou d'autres professionnels de la santé (à l'exclusion des services dentaires), les médicaments, les coûts liés à la recherche en santé, à la santé publique, à l'administration et aux « autres » dépenses liées à la santé. En C.-B., ces coûts correspondent à 22 milliards du total des 27,1 milliards en dépenses de soins de santé, d'après les données extraites de la Base de données sur les dépenses nationales de santéRéférence 10. Les coûts exclus du montant de 27,1 milliards se rapportaient à d'autres établissementsNote de bas de page * (1,7 milliard), aux services dentaires (2,1 milliards) et aux immobilisations (1,3 milliard).

Les dépenses dans les catégories « autres professionnels de la santé » (soins dentaires, soins de la vue, autres) et « autres dépenses liées à la santé » (recherche et autre) n'ont pas été détaillées pour la C.-B. Nous avons assumé une distribution de ces dépenses équivalente à la distribution au Canada. Pour distribuer ces 27,1 milliards de dollars aux autorités sanitaires et aux HSDA de la C.-B., nous avons d'abord dérivé le volume des cas de soins de courte durée et des jours par autorité sanitaire et HSDA en fonction du lieu de résidence du patientRéférence 11. Ainsi, nous avons attribué les jours passés par un patient dans un hôpital d'une autre région à la région d'où vient le patient. Nous avons ensuite utilisé la distribution des jours-patients en soins de courte durée par autorité sanitaire et HSDA pour distribuer les 8,2 milliards en dépenses pour les hôpitaux en C.-B. Nous avons distribué tous les autres coûts aux autorités sanitaires et aux HSDA en nous fondant sur la proportion des coûts hospitaliers attribués à cette région.

Les soins hospitaliers, les soins fournis par un médecin et les coûts des médicaments selon le sexe ont été attribués à chaque comorbidité d'après les données de 2008 tirées de l'outil en ligne Le fardeau économique de la maladie au Canada (FEMC)Référence 12. Les comorbidités associées au surplus de poids comprennent certains cancers (cancer de l'œsophage [CIM-10 code C15], cancer colorectal [C18-20], cancer du pancréas [C25], cancer du sein postménopausal [C50], cancer du corps utérin, y compris de l'endomètre [C54-55], des ovaires [C56] et du rein [C64]), le diabète de type 2 (E11-14), l'hypertension (I10-15), la cardiopathie ischémique (I20-25), l'embolie pulmonaire (I26), la maladie cérébrovasculaire (I60-69), l'asthme (J45), la maladie de la vésicule biliaire (K80-82), l'arthrose (M15-19) et la lombalgie chronique (M45-54). Les comorbidités associées à la sédentarité comprennent le cancer colorectal (C18-20), le cancer du sein (C50), le diabète de type 2 (E11-14), l'hypertension (I10-15), la cardiopathie ischémique (I20-25), la maladie cérébrovasculaire (I60-69) et l'ostéoporose (M80-82). Les comorbidités associées à l'usage du tabac comprennent les cancers des lèvres, de la cavité buccale, du pharynx, du larynx [C00-14, 30-32], de l'œsophage [C15], de l'estomac [C16], colorectal [C18-20], du foie [C22], du pancréas [C25], de la trachée, des bronches, des poumons [C33-34], du rein [C64] et de la vessie [C67]) ainsi que la cardiopathie ischémique (I20-25), l'embolie pulmonaire (I26), la thrombo-embolie veineuse (I80-82), la maladie cérébrovasculaire (I60-69), l'anévrisme aortique (I71), la pneumonie (J12-18), la maladie pulmonaire chronique (J40-44), l'ischémie intestinale (K05) et la cirrhose du foie (K70,74).

Les données sur les coûts du FEMC n'étaient pas suffisamment détaillées pour certaines de ces comorbidités, dont le diabète de type 2 (E11-14), l'embolie pulmonaire (I26), l'anévrisme aortique (I71), la thrombo-embolie veineuse (I80-82), l'ischémie intestinale (K55), la maladie de la vésicule biliaire (K80-82) et la lombalgie chronique (M45-54). Dans chacune de ces situations, nous avons estimé les coûts en nous fondant sur la proportion de journées de soins actifs en milieu hospitalier en 2011-2012 pour la maladie visée par la comorbidité pertinente avec les coûts de 2008 du FEMC. Par exemple, les journées d'hospitalisation pour la lombalgie chronique (M45-54) représentent 21,6 % et 19,6 % (pour les hommes et les femmes, respectivement) de l'ensemble des journées d'hospitalisation pour des maladies du système musculosquelettique et du tissu conjonctif (M00-99) au Canada en 2011-2012. Nous avons donc assumé que 21,6 % et 19,6 % des coûts de 2008 du FEMC attribués à des maladies du système musculosquelettique et du tissu conjonctif (M00-99) pour les soins hospitaliers, les soins fournis par un médecin et les médicaments seraient attribués à la lombalgie chronique (M45-54).

Ces coûts directement liés aux soins selon le sexe par comorbidité ont ensuite été multipliés par les fractions étiologiques du risque calculé selon le facteur, selon le sexe et selon la comorbidité pour calculer les coûts directs des soins attribuables à un facteur de risque donné. Nous avons ajusté ces coûts directs dans un système multifactoriel pour éviter le double comptage (décrit précédemmentRéférence 4).

Coûts indirects

Nous avons calculé les coûts indirects (la mortalité prématurée, l'invalidité à court et à long terme) en nous servant de la méthode utilisée dans le FEMC de 1998 (une méthode du capital humain modifiée)Référence 13. Les coûts indirects attribuables à la mortalité prématurée sont fondés sur la valeur actualisée de la production future perdue, incluant l'évaluation du travail rémunéré et non rémunéré. Les coûts indirects attribuables à l'invalidité à court et à long terme sont également fondés sur la production perdue, en tenant compte de la gravité et de la durée de l'invalidité. L'invalidité à court terme est définie comme une réduction des activités dont la durée prévue est de moins de six mois.

Plus particulièrement, les étapes se rapportant à l'estimation des coûts indirects sont les suivantes :

  1. Les catégories de diagnostics du FEMC de 1998 qui se rapportent aux comorbidités et aux maladies présentant un intérêt ont été déterminées, et les coûts directs et indirects pour ces catégories ont été extraits.
  2. Les coûts extraits ont été utilisés pour établir un ratio entre les coûts directs et indirects pour chacune des catégories de diagnostics, stratifié en fonction de la catégorie précise de coût indirect (p. ex. invalidité à court terme, invalidité à long terme et mortalité prématurée).
  3. Les ratios pertinents (par catégorie de diagnostics et catégorie de coût indirect précis) ont été appliqués aux coûts directs précédemment déterminés attribuables à chaque facteur de risque pour générer les données sur le coût indirect équivalent.
Analyse de la réduction du facteur de risque au niveau des autorités sanitaires et des HSDA

Après avoir calculé le fardeau économique ajusté attribuable aux trois facteurs de risque en C.-B. et dans chaque autorité sanitaire et HSDA, nous avons déterminé quelle région de la province possède la plus faible prévalence globale pour chaque facteur de risque. Les taux de prévalence selon le sexe et l'âge pour chacune des trois régions possédant la plus faible prévalence ont été appliqués à la population de chacune des autres régions. Cela nous a permis de calculer la différence du fardeau économique annuel pour chaque région à l'aide des taux de prévalence réels et des taux de prévalence hypothétiques de ceux des régions de comparaison.

Résultats

Nous avons estimé le fardeau économique attribuable au surplus de poids, à l'usage du tabac et à la sédentarité en C.-B. en 2013 à 5,6 milliards de dollars, soit un montant de 2,6 milliards de dollars (45,6 %) attribuable au surplus de poids, 2 milliards de dollars à l'usage du tabac (36,1 %) et 1 milliard de dollars (18,3 %) à la sédentarité (tableau 1).

Tableau 1 : Prévalence estimée des facteurs de risque, fardeau économique total pour système multifactoriel et coûts ventilés par facteur de risqueNote de bas de page a du tableau 1
  Population avec le FR,
%
Nombre de personnes avec le FR Coût direct par personne avec le FR,
en $
Coût indirect par personne avec le FR,
en $
Coût total par personne avec le FR,
en $
Coût direct total du FR,
en M$
Coût indirect total du FR,
en M$
Coût total du FR,
en M$

Note de bas de page a du tableau 1         Ajusté pour de multiples FR pour une personne.

Abréviation :

FR       facteur de risque
Hommes
Fumeurs Légers 6,27 142 741 905 1 655 2 560 129,2 236,2 365,4
Modérés 3,90 88 701 1 554 2 830 4 384 137,9 251,0 388,9
Gros 3,91 89 029 2 011 3 635 5 647 179,1 323,7 502,7
Sous-total – Hommes fumeurs 14,07 320 471 1 392 2 530 3 922 446,1 810,9 1 257,0
Surplus de poids En surpoids 34,97 796 125 190 519 709 151,0 413,5 564,5
Obèses 14,22 323 693 711 1 592 2 304 230,2 515,5 745,7
Sous-total – Hommes en surpoids 49,18 1 119 818 340 830 1 170 381,2 929,0 1 310,2
Sédentaires 35,47 807 684 223 392 615 179,8 316,8 496,6
Sous-total – Hommes           1 007,1 2 056,7 3 063,8
Femmes
Fumeuses Légères 6,48 149 275 636 1 115 1 750 94,9 166,4 261,3
Modérées 3,66 84 354 1 132 1 990 3 122 95,5 167,9 263,4
Grosses 2,11 48 607 1 794 3 146 4 940 87,2 152,9 240,1
Sous-total – Femmes Fumeuses 12,24 282 236 984 1 726 2 710 277,6 487,2 764,8
Surplus de poids En surpoids 23,05 531 239 280 685 965 148,8 363,7 512,5
Obèses 11,00 253 560 954 1 940 2 893 241,8 491,8 733,6
Sous-total – Femmes en surpoids 34,05 784 799 498 1 090 1 588 390,6 855,5 1 246,1
Sédentaires 40,36 930 262 183 383 566 169,8 356,7 526,5
Sous-total – Femmes           838,0 1 699,3 2 537,4
Les deux sexes
Fumeurs Légers 6,37 292 016 767 1 379 2 146 224,1 402,7 626,7
Modérés 3,78 173 055 1 349 2 420 3 769 233,4 418,9 652,2
Gros 3,00 137 637 1 935 3 462 5 397 266,3 476,6 742,8
Sous-total – Fumeurs 13,15 602 707 1 201 2 154 3 355 723,7 1 298,1 2 021,8
Surplus de poids En surpoids 28,97 1 327 364 226 586 811 299,8 777,2 1 077,0
Obèse 12,60 577 253 818 1 745 2 563 472,0 1 007,3 1 479,3
Sous-total – Surplus de poids 41,57 1 904 617 405 937 1 342 771,8 1 784,5 2 556,3
Sédentaires 37,93 1 737 946 201 388 589 349,6 673,5 1 023,1
Total           1 845,1 3 756,1 5 601,2
 

Le fardeau économique annuel par personne attribuable au facteur de risque est plus élevé pour tous les fumeurs (3 355 $), mais varie de 2 146 $ pour les fumeurs légers à 5 397 $ pour les gros fumeurs. Le fardeau économique annuel par personne en surpoids est de 1 342 $ (811 $ par personne en surpoids et 2 563 $ par personne obèse). Même si le fardeau économique annuel par personne en surpoids est beaucoup moins élevé que le fardeau par fumeur, la prévalence élevée du surplus de poids (41,6 %) comparativement à la prévalence de l'usage du tabac (13,2 %) en C.-B. signifie que le fardeau économique annuel total attribuable au surpoids dépasse maintenant celui attribuable à l'usage du tabac de 26 %.

À l'échelle des autorités sanitaires, la prévalence de l'usage du tabac était plus élevée que la moyenne provinciale dans Interior Health, Northern Health et Vancouver Island Health, et la prévalence du surplus de poids était plus élevée que la moyenne provinciale dans toutes les autorités sanitaires à l'exception de Vancouver Coastal Health. Inversement, la prévalence de la sédentarité était plus faible que la moyenne provinciale dans Interior Health et dans Vancouver Island Health. La prévalence des trois facteurs de risque était supérieure à la moyenne provinciale dans Northern Health (tableau 2). Le fardeau économique total attribuable à ces trois facteurs de risque dans les autorités sanitaires variait de 453 millions de dollars dans Northern Health à 1 997,1 millions de dollars dans Fraser Health.

Tableau 2. Prévalence estimée des facteurs de risque, fardeau économique total pour système multifactoriel et coûts ventilés par facteur de risque, autorités sanitaires de Colombie-Britannique, 2013, selon le sexe et ajusté pour de multiples facteurs de risque pour une personne
  Population avec le FR,
%
Nombre de personnes avec le FR Coût direct par personne avec le FR,
en $
Coût indirect par personne avec le FR,
en $
Coût total par personne avec le FR,
en $
Coût direct total du FR,
en M$
Coût indirect total du FR,
en M$
Coût total du FR,
en M$

Abréviation :

FR      facteur de risque
Interior Health
Fumeurs Légers 7,78 55 791 682 1 228 1 910 38,0 68,5 106,5
Modérés 6,57 47 159 1 114 2 001 3 115 52,5 94,4 146,9
Gros 4,02 28 809 1 693 3 028 4 721 48,8 87,2 136,0
Sous-total – Fumeurs 18,36 131 759 1 058 1 898 2 956 139,3 250,1 389,4
Surplus de poids En surpoids 31,42 225 430 227 586 813 51,1 132,2 183,3
Obèses 15,12 108 516 793 1 701 2 494 86,1 184,6 270,7
Sous-total – Surplus de poids 46,55 333 946 411 949 1 359 137,2 316,7 454,0
Sédentaires 33,02 236 878 211 406 616 49,9 96,1 146,0
Total           326,4 663,0 989,4
Fraser Health
Fumeurs Légers 5,72 96 722 807 1 448 2 255 78,1 140,1 218,1
Modérés 2,84 47 920 1 431 2 560 3 990 68,6 122,7 191,2
Gros 2,78 47 053 1 999 3 586 5 586 94,1 168,7 262,8
Sous-total – Fumeurs 11,34 191 696 1 256 2 251 3 506 240,7 431,5 672,1
Surplus de poids En surpoids 30,12 509 054 216 561 777 110,2 285,4 395,6
Obèses 12,83 216 835 782 1 670 2 452 169,5 362,1 531,6
Sous-total – Surplus de poids 42,96 725 889 385 892 1 277 279,7 647,5 927,2
Sédentaires 41,62 703 405 193 372 565 135,9 261,9 397,7
Total           656,3 1 340,8 1 997,1
Vancouver Coastal Health
Fumeurs Légers 6,10 69 486 782 1 402 2 184 54,3 97,4 151,8
Modérés 2,46 28 029 1 545 2 779 4 324 43,3 77,9 121,2
Gros 1,49 16 920 2 387 4 255 6 642 40,4 72,0 112,4
Sous-total – Fumeurs 10,05 114 436 1 206 2 161 3 368 138,0 247,3 385,4
Surplus de poids En surpoids 24,65 280 721 223 583 806 62,5 163,8 226,3
Obèses 7,13 81 208 900 1 892 2 792 73,1 153,6 226,7
Sous-total – Surplus de poids 31,79 361 929 375 877 1 252 135,7 317,4 453,1
Sédentaires 38,35 436 704 188 362 550 82,0 158,2 240,2
Total           355,7 723,0 1 078,7
Island Health
Fumeurs Légers 6,67 50 179 827 1 489 2 316 41,5 74,7 116,2
Modérés 4,57 34 377 1 363 2 444 3 807 46,9 84,0 130,9
Gros 3,35 25 196 1 981 3 536 5 517 49,9 89,1 139,0
Sous-total – Fumeurs 14,59 109 752 1 260 2 258 3 518 138,3 247,9 386,1
Surplus de poids Surpoids 28,86 217 084 251 649 901 54,5 141,0 195,5
Obèses 14,99 112 728 862 1 849 2 711 97,2 208,4 305,6
Sous-total – Surplus de poids 43,85 329 812 460 1 059 1 519 151,7 349,4 501,1
Sédentaires 32,64 245 496 227 437 664 55,8 107,3 163,0
Total           345,8 704,5 1 050,2
Northern Health
Fumeurs Légers 7,10 20 154 749 1 352 2 101 15,1 27,3 42,4
Modérés 5,95 16 902 1 172 2 101 3 273 19,8 35,5 55,3
Gros 7,17 20 357 1 406 2 518 3 924 28,6 51,3 79,9
Sous-total – Fumeurs 20,23 57 413 1 106 1 986 3 092 63,5 114,0 177,5
Surplus de poids Surpoids 31,61 89 713 234 602 836 21,0 54,0 75,0
Obèses 18,72 53 135 781 1 683 2 464 41,5 89,4 130,9
Sous-total – Surplus de poids 50,33 142 847 437 1 004 1 441 62,5 143,4 205,9
Sédentaires 38,66 109 736 217 416 634 23,8 45,7 69,5
Total           149,8 303,2 453,0
 

La prévalence du surplus de poids varie selon la HSDA, allant de 29,5 % dans la HSDA de Vancouver à 56,7 % dans la HSDA Northwest (moyenne en C.-B. de 41,6 %, voir la figure 1). La prévalence de la sédentarité varie de 27,1 % dans la HSDA de Kootenay Boundary à 43,8 % dans la HSDA de Fraser North (moyenne en C.-B. de 37,9 %, voir la figure 2). La prévalence de l'usage du tabac varie de 8,8 % dans la HSDA de Richmond à 21,3 % dans la HSDA Northwest (moyenne en C.-B. de 13,2 %, voir la figure 3).

Figure 1. Prévalence du surplus de poids en Colombie-Britannique par catégorie de surplus de poids et HSDA 2011-2012

Figure 1

Abréviations :

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

IMC        indice de masse corporelle

Équivalent textuel - Figure 1

La figure 1 montre que la prévalence du surplus de poids varie selon la HSDA, allant de 29,5 % dans la HSDA de Vancouver à 56,7 % dans la HSDA Northwest (moyenne en Colombie-Britannique de 41,6 %).

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Figure 2. Prévalence de la sédentarité en Colombie-Britannique par HSDA 2011-2012

Figure 2

Abréviation :

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Équivalent textuel - Figure 2

La figure 2 montre que la prévalence de la sédentarité varie de 27,1 % dans la HSDA de Kootenay Boundary à 43,8 % dans la HSDA de Fraser North (moyenne en Colombie-Britannique de 37,9 %).

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Figure 3. Prévalence de l'usage du tabac en Colombie-Britannique par intensité du tabagisme et HSDA 2011-2012

Figure 3

Abréviation :

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Équivalent textuel - Figure 3

La figure 3 montre que la prévalence de l'usage du tabac varie de 8,8 % dans la HSDA de Richmond à 21,3 % dans la HSDA Northwest (moyenne en Colombie-Britannique de 13,2 %)

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Les taux de prévalence variables des trois facteurs de risque dans chacune des HSDA se traduisent par un fardeau économique par personne variable dans chacune des régions (voir la figure 4). La HSDA de Richmond possède le fardeau économique par personne le moins élevé à 738 $, tandis que la HSDA Northwest a le plus élevé à 1 766 $, plus du double de celui de la HSDA de Richmond. La moyenne provinciale du fardeau économique par personne s'élève à 1 222 $.

Figure 4. Fardeau économique par habitant en Colombie-Britannique : tabagisme, surplus de poids et sédentarité par HSDA en 2013

Figure 4

Abréviation :

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Équivalent textuel - Figure 4

Comme le montre la figure 4, les taux de prévalence variables des trois facteurs de risque dans chacune des HSDA se traduisent par un fardeau économique par personne variable dans chacune des régions. La HSDA de Richmond possède le fardeau économique par personne le moins élevé à 738 $, tandis que la HSDA Northwest a le plus élevé à 1 766 $, plus du double de celui de la HSDA de Richmond. La moyenne provinciale du fardeau économique par personne s'élève à 1 222 $.

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L'application des taux de prévalence les plus bas selon le sexe et l'âge pour le surplus de poids de la HSDA de Vancouver, pour l'usage du tabac de la HSDA de Richmond et pour la sédentarité de la HSDA de Kootenay Boundary à la population des autres HSDA de la province réduirait le fardeau économique annuel par personne d'un montant entre 60 $ (pour la HSDA de Richmond) et 651 $ (pour la HSDA Northwest) (voir la figure 5).

Figure 5. Changements dans le fardeau économique annuel par habitant en Colombie-Britannique fondés sur les meilleurs taux des facteurs de risque, par HSDA et coûts directs/indirects (en M$), 2013

Figure 5

Remarque : L'analyse de la sensibilité suggère que ces coûts peuvent varier de +/− 17 %.

Abréviations :

C.-B.       Colombie-Britannique

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Équivalent textuel - Figure 5
La figure 5 démontre comment l'application des taux de prévalence les plus bas selon le sexe et l'âge pour le surplus de poids de la HSDA de Vancouver, pour l'usage du tabac de la HSDA de Richmond et pour la sédentarité de la HSDA de Kootenay Boundary à la population des autres HSDA de la province réduirait le fardeau économique annuel par personne d'un montant entre 60 $ (pour la HSDA de Richmond) et 651 $ (pour la HSDA Northwest).
Changements dans le fardeau économique annuel par habitant (M$) Zone de prestation de services de santé (HSDA)
C.-B. E. Kootenay Kootenay
Boundary
Okanagan Thompson Fraser E. Fraser N. Fraser S. Vancouver Richmond N. Shore S. Van.
Island
Central Van.
Island
N. Van.
Island
Northwest N. Interior Northeast

Remarque : L'analyse de la sensibilité suggère que ces coûts peuvent varier de +/− 17 %./p>

Abréviations :

C.-B.      Colombie-Britannique 

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Indirect −199 $ −357 $ −238 $ −251 $ −264 $ −309 $ −179 $ −178 $ −67 $ −40 $ −64 $ −168 $ −290 $ −274 $ −439 $ −423 $ −315 $
Direct −98 $ −177 $ −122 $ −126 $ −132 $ −154 $ −88 $ −84 $ −35 $ −20 $ −30 $ −80 $ −145 $ −141 $ −211 $ −214 $ −157 $

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La réduction annuelle totale du fardeau économique varierait entre 12,1 millions de dollars pour la HSDA de Richmond et 200,1 millions de dollars pour la HSDA Fraser South (voir la figure 6). Si toutes les HSDA devaient atteindre les meilleurs taux de prévalence pour les trois facteurs de risque, un fardeau économique de 1 362,2 millions de dollars pourrait être évité annuellement, soit 449,8 millions de dollars en coûts directs et 912,4 millions de dollars en coûts indirects.

Figure 6. Changements dans le fardeau économique annuel par habitant en Colombie-Britannique fondés sur les meilleurs taux des facteurs de risque, par HSDA et coûts directs/indirects (en M$), 2013

Figure 6

Remarque : L'analyse de la sensibilité suggère que ces coûts peuvent varier de +/− 17 %.

Abréviation :

HSDA     health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Équivalent textuel - Figure 6
On voit sur la figure 6 que la réduction annuelle totale du fardeau économique varierait entre 12,1 millions de dollars pour la HSDA de Richmond et 200,1 millions de dollars pour la HSDA Fraser South. Si toutes les HSDA devaient atteindre les meilleurs taux de prévalence pour les trois facteurs de risque, un fardeau économique de 1 362,2 millions de dollars pourrait être évité annuellement, soit 449,8 millions de dollars en coûts directs et 912,4 millions de dollars en coûts indirects.
Changements dans le fardeau économique annuel par habitant (M$) Zone de prestation de services de santé (HSDA)
E. Kootenay Kootenay
Boundary
Okanagan Thompson Fraser E. Fraser N. Fraser S. Vancouver Richmond N. Shore S. Van.
Island
Central Van.
Island
N. Van.
Island
Northwest N. Interior Northeast

Remarque : L'analyse de la sensibilité suggère que ces coûts peuvent varier de +/− 17 %.

Abréviation :

HSDA      health service delivery area (zone de prestation de services de santé)

Indirect −27.1 $ −18.3 $ −87.1 $ −57.4 $ −88.8 $ −114.1 $ −136.6 $ −44.3 $ −8.1 $ −17.8 $ −62.5 $ −76.0 $ −32.6 $ −31.9 $ −60.0 $ −21.9 $
Direct −13.5 $ −9.3 $ −43.5 $ −28.8 $ −44.2 $ −55.9 $ −64.6 $ −23.0 $ −4.0 $ −8.4 $ −29.6 $ −38.0 $ −16.8 $ −15.4 $ −30.3 $ −10.9 $

Analyse

Nous avons estimé le fardeau économique annuel attribuable au surplus de poids, à l'usage du tabac et à la sédentarité en C.-B. à 5,6 milliards de dollars en 2013, avec une proportion plus élevée de ce total attribuable au surplus de poids (2,6 milliards de dollars) qu'à l'usage du tabac (2 milliards de dollars). Même si la C.-B. a des taux de prévalence des facteurs de risque plus faibles que n'importe quelle autre province canadienneRéférence 1, ces taux varient beaucoup au sein de la province. Si chaque HSDA de la province atteignait les meilleurs taux de prévalence pour les trois facteurs de risque, un fardeau économique de 1,36 milliard de dollars pourrait être évité annuellement. Cela donne à penser qu'une réduction de 24 % du fardeau économique attribuable au surplus de poids, à l'usage du tabac et à la sédentarité en C.-B. est possible si toutes les régions atteignaient les taux pour ces facteurs de risque qui sont les meilleurs de la province. Cependant, il est important de noter qu'une réduction du fardeau économique n'équivaut pas à des économies de coûts. Même pour les coûts directs, la majorité des ressources dégagées au fil du temps seront vraisemblablement réaffectées (intentionnellement ou non) ailleurs dans le domaine des soins de santé.

Une analyse semblable utilisant les taux de prévalence selon l'âge et le sexe en C.-B. appliqués aux populations vivant dans les autres provinces canadiennes a révélé que le fardeau économique annuel au Canada attribuable à ces trois facteurs de risque serait réduit de 5,3 milliards de dollars, soit 10 % du fardeau économique total de 52,8 milliards de dollars des facteurs de risqueRéférence 1. La variation au sein des provinces de la prévalence des facteurs de risque semble donc beaucoup plus grande que la variation entre les provinces.

Cette étude a permis de cerner d'importantes disparités dans la prévalence de chacun des facteurs de risque entre les régions sanitaires, qui se sont reflétées dans le fardeau économique attribuable de chaque région. Les taux de surplus de poids étaient beaucoup moins élevés au sein de l'autorité sanitaire de Vancouver Coastal Health que dans toutes les autres autorités sanitaires. Les niveaux de sédentarité étaient généralement beaucoup plus élevés dans les régions ayant une densité de population plus élevée (en particulier dans les HSDA de Fraser North, de Fraser East, de Vancouver et de Richmond) par rapport aux populations des zones plus rurales. Inversement, les taux de tabagisme étaient beaucoup moins élevés dans les régions urbaines par rapport aux régions rurales. Les taux des facteurs de risque étaient presque toujours supérieurs à la moyenne provinciale dans le nord de la province (HSDA de Northwest, de Northern Interior et de Northeast).

Certains allèguent que l'épidémie d'obésité constitue le « nouveau tabac », en se fondant sur l'augmentation rapide de sa prévalence dans le monde et sur l'ensemble de ses conséquences sur la santé. Les taux de tabagisme ont beaucoup diminué au cours des dernières décennies, et ces progrès devraient nous encourager à espérer que de telles réussites sont aussi possibles pour les autres facteurs de risque modifiablesRéférence 14,Référence 15. Nous avons appris de notre expérience avec l'usage du tabac qu'une approche exhaustive sur plusieurs fronts est nécessaire pour parvenir à des réductions importantesRéférence 16. La réduction des taux de tabagisme n'est pas uniquement attribuable à une ou deux interventions : il s'agit plutôt de la combinaison d'interventions économiques et politiques, d'interventions communautaires et d'interventions cliniques qui ont agi en synergie afin d'abaisser les taux de tabagisme à leur niveau actuel. Nous avons également appris que pour observer une réduction considérable de la prévalence des facteurs de risque, une approche à long terme est nécessaire. Le problème du tabagisme n'a pas été résolu par une solution rapide, et il semble improbable que d'autres facteurs de risque modifiables le soient. Il faut plutôt favoriser les interventions adoptant des approches multigénérationnelles dont l'envergure dépasse le cycle politique immédiat.

Pour cette étude, nous avons mis l'accent sur les coûts associés aux facteurs de risque de niveau individuel, mais nous reconnaissons également que le surplus de poids, la sédentarité et l'usage du tabac sont fortement influencés par un éventail de facteurs sociaux, environnementaux et économiques. Ces déterminants expliquent probablement une partie des variations géographiques que nous avons observées, et ces facteurs sous-jacents devraient également être pris en compte dans un effort visant à promouvoir l'équité en matière de santé. Tous les citoyens n'ont pas une chance égale de faire des choix sains, et les interventions au niveau de la population devraient tenir compte des facteurs de risque des maladies chroniques tout en reconnaissant les déterminants sociaux de la santé.

L'inclusion des coûts indirects dans n'importe quelle analyse économique est controversée étant donné qu'il existe une grande diversité d'approches, lesquelles produisent des résultats très différentsRéférence 17,Référence 18,Référence 19,Référence 20. En 1998, le FEMC a utilisé une méthode du capital humain modifiéeNote de bas de page , passant à la méthode des coûts de frictionNote de bas de page en 2008. Les coûts indirects qui en découlent varient sensiblement (voir le tableau 3).

Tableau 3 : Fardeau économique de la maladie au Canada par catégorie de diagnostic, coûts indirects en tant que pourcentage des coûts directs
Catégorie de diagnostic FEMC 1998
(capital humain)
FEMC 2008
(friction)
Mortalité % Morbidité % Total % Mortalité % Morbidité % Total %

Abréviation :

FEMC      Fardeau économique de la maladie au Canada

Tumeurs malignes et autres néoplasmes 431 46 478 3,5 8,8 12,3
Maladies endocriniennes, métaboliques et de la nutrition 64 55 119 0,4 2,5 2,9
Maladies cardiovasculaires 121 50 171 0,8 2,3 3,1
Maladies respiratoires / Infections 48 99 146 0,3 46,8 47,1
Maladies digestives 32 33 65 0,4 2,7 3,2
Maladies musculo-squelettiques 5 514 519 0,0 24,1 24,2
 

Si la méthode des coûts de friction était appliquée au modèle actuel, le fardeau économique indirect attribuable aux trois facteurs de risque en C.-B. diminuerait, passant de 3 756 millions de dollars à 238 millions de dollars. La méthode des coûts de friction met l'accent sur la production perdue [traduction] « du point de vue des entreprises, des consommateurs et de la société, sans tenir compte de la perte de revenu potentielle sur une base individuelle »Référence 2, p.452, sans non plus accorder de valeur au temps potentiel perdu en raison de la morbidité ou de la mortalité. Donc, même si le tabagisme réduit en moyenne l'espérance de vie d'une personne de 11 à 12 ansRéférence 22, la méthode des coûts de friction n'accorde une valeur qu'à la période de temps nécessaire pour remplacer cette personne sur le marché du travail. Le fait d'accorder une valeur économique au temps perdu en raison de l'invalidité et de la mortalité précoce (comme dans la méthode du capital humain modifiée) nous permet de comparer l'incidence plus générale des facteurs de risque sur la société dans son ensemble, plutôt qu'en mettant l'accent sur les pertes de production.

Points forts et limites

Malgré tous les efforts en vue d'optimiser l'exactitude de l'analyse, certaines limites demeurent. La plupart des études, y compris la présente, catégorisent les personnes ayant un IMC entre 25 kg/m2 et 29,9 kg/m2 comme étant en surpoids. Cette plage, particulièrement la partie inférieure, a cependant évolué au fil du tempsRéférence 16. Les recherches récentes ont suggéré qu'une limite inférieure plus appropriée en ce qui concerne les effets négatifs sur la santé pourrait être fixée à 27 kg/m2,Référence 23, ou même sous la barre des 25 kg/m2 pour certaines personnes, en particulier celles d'origine asiatiqueRéférence 24. Ces considérations sont pertinentes pour l'étude actuelle puisqu'une proportion élevée de gens en C.-B. se définissent comme membres d'une minorité ethnique visible (24,8 %)Référence 25, certaines régions ayant une proportion beaucoup plus élevée que d'autres. Par exemple, dans la HSDA de Richmond, 44 % des gens se sont déclarés d'origine chinoise, 8 % d'Asie du Sud et 5,5 % des Philippines. L'utilisation d'une limite de l'IMC de 25 kg/m2 pour cette population est susceptible d'entraîner une sous-estimation du fardeau économique attribuable au surplus de poids.

La méthode consistant à passer des coûts directs aux coûts indirects dépend de l'hypothèse selon laquelle les ratios de coûts n'ont pas changé au fil du temps. De plus, la source pour les risques relatifs associés au tabagismeRéférence 7 et à la sédentaritéRéférence 9 s'ajuste aux facteurs aggravants connus engendrant des risques relatifs propres à une maladie. Les méta-analyses pour les risques relatifs associés au surpoids et à l'obésité n'incluent cependant pas la sédentarité en tant que facteur de risque potentiellement aggravantRéférence 8, ce qui peut mener à une surestimation du fardeau économique attribuable au surplus de poids. D'un autre côté, les risques relatifs calculés dans cette méta-analyse sont fondés sur une combinaison d'études incluant des mesures axées sur l'autodéclaration et des mesures objectives de l'IMC, tandis que notre modèle utilise la prévalence du surplus de poids fondée sur la taille et le poids autodéclarés, ce qui pourrait mener à une sous-estimation du fardeau économique attribuable au surplus de poids. Des analyses de sensibilité menées précédemment suggèrent également que le véritable fardeau économique pourrait varier de plus ou moins 17 % par rapport à notre meilleure estimationRéférence 2. Enfin, l'affectation des coûts liés aux soins non hospitaliers aux autorités sanitaires et aux HSDA en proportion de l'affectation des coûts liés aux soins hospitaliers pourrait entraîner une surestimation ou une sous-estimation de ces coûts dans certaines régions de la province.

Conclusion

Nos résultats suggèrent que le fardeau économique du surplus de poids, de la sédentarité et de l'usage du tabac est important et varie considérablement parmi les régions sanitaires de la C.-B. Cependant, en réduisant la prévalence de chacun des trois facteurs de risque à l'échelle de l'ensemble de la province à celle de la région possédant la prévalence la plus faible, les coûts directs et indirects associés pourraient être réduits environ d'un quart. Sachant cela, la priorisation des initiatives de prévention devrait être au premier plan des changements apportés au niveau du système et des communautés. La preuve économique que nous présentons suggère également que diverses régions de la C.-B. exigent une attention particulière. Plus particulièrement, les variations spatiales entre les autorités sanitaires et les HSDA pourraient servir de ligne directrice pour déterminer là où les efforts de prévention ciblant une région en particulier sont les plus utiles. Différents facteurs sociaux, environnementaux et économiques expliquent probablement une partie de ces variations spatiales, et ces facteurs sous-jacents devraient être pris en considération lors de l'élaboration de programmes de prévention visant à promouvoir l'équité en matière de santé.

Remerciements

Cette étude a été menée dans le cadre d'un plan de travail conjoint des programmes de surveillance de la santé de la population entre le ministère de la Santé et la Provincial Health Services Authority (PHSA). Les auteurs remercient Lydia Drasic (directrice exécutive, BCCDC Operations and Chronic Disease Prevention, PHSA) et Silas Brownsey (directeur exécutif, Population and Public Health, BC Ministry of Health) d'avoir parrainé ce projet d'étude.

Références

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