Actualités sur les maladies infectieuses : novembre 2016

RMTC

Volume 42-11, le 3 novembre 2016 : Résistance aux antimicrobiens

Actualités sur les maladies infectieuses

À l'Assemblée générale des Nations Unies, les dirigeants mondiaux s'engagent à lutter contre la résistance aux antimicrobiens

Source : Communiqué de presse conjoint du 21 septembre 2016. Bureau du président de l’Assemblée générale, Organisation mondiale de la Santé, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Organisation mondiale de la santé animale. À l’Assemblée générale des Nations Unies, les dirigeants mondiaux s’engagent à lutter contre la résistance aux antimicrobiens: Relever ce défi pour la santé, la sécurité alimentaire et le développement grâce à un effort collectif. (Résumé, consultée le 25 septembre 2016).

Aujourd'hui, les dirigeants du monde entier ont attiré plus que jamais l'attention sur la nécessité de freiner la propagation des infections résistantes aux médicaments antimicrobiens. Pour la première fois, les chefs d'État se sont engagés à adopter une approche générale et concertée afin de s'attaquer aux causes fondamentales de la résistance aux antimicrobiens (RAM) dans plusieurs domaines, en particulier la santé humaine, la santé animale et l'agriculture. Ce n'est que la quatrième fois qu'une question de santé est examinée par l'Assemblée générale des Nations Unies (les trois premières étaient le VIH, les maladies non transmissibles et la maladie à virus Ebola). La réunion de haut niveau a été organisée par S. E. Peter Thomson, président de la 71e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Les pays ont réaffirmé leur engagement à élaborer des plans d'action nationaux en se basant sur le « Plan d'action mondial pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens », que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a élaboré en 2015, en coordination avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), afin de lutter contre la résistance aux antimicrobiens. Ces plans sont nécessaires afin de prendre conscience de l'ampleur du problème et de mettre fin à la mauvaise utilisation des antimicrobiens dans le cadre de la santé humaine, animale et dans l'agriculture. Les dirigeants présents ont reconnu la nécessité de mettre en place des systèmes plus solides afin de surveiller les infections pharmaco-résistantes et la quantité d'antimicrobiens utilisée chez les êtres humains, les animaux et sur les cultures. Selon eux, il est également nécessaire de renforcer la coopération et d'augmenter les financements internationaux. Ils se sont par ailleurs engagés à renforcer la réglementation sur les antimicrobiens, à améliorer les connaissances et la sensibilisation sur le sujet, à promouvoir de meilleures pratiques et à encourager des approches novatrices, en ayant recours à des solutions de rechange aux antimicrobiens et à de nouvelles technologies de diagnostic et de vaccination.

Selon Dre Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé, « la résistance aux antimicrobiens représente une grave menace pour la santé humaine, le développement et la sécurité. Les engagements pris aujourd'hui doivent être concrétisés en actions rapides, efficaces et capables de sauver des vies dans les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. Le temps presse. »

Des infections banales et mortelles comme la pneumonie, la gonorrhée et les infections postopératoires, ainsi que le VIH, la tuberculose et le paludisme deviennent de moins en moins traitables à cause de la résistance aux antimicrobiens. Si non maîtrisée, cette résistance devrait vraisemblablement avoir des répercussions sociales, économiques et sur la sécurité sanitaire, ce qui aura pour effet de sérieusement compromettre le développement des pays.

Les pays ont également insisté sur le fait que le caractère abordable ainsi que l'accessibilité des nouveaux antibiotiques et de ceux déjà existants, des vaccins et des autres outils médicaux devraient être des priorités mondiales et tenir compte des besoins de tous les pays.

Enquête sur une souche d'Escherichia coli porteuse du gène de résistance mcr-1 - Connecticut, 2016

Source : Vasquez AM, Montero N, Laughlin M, Dancy E, Melmed R, Sosa L, et al. Investigation of Escherichia coli harboring the mcr-1 Resistance Gene - Connecticut, 2016. Morb Mortal Wkly Rep. 16 sept. 2016;65(36):979-80. (Résumé, consultée le 25 septembre 2016). (En anglais seulement).

En 2015, les scientifiques ont déclaré l'émergence du gène mcr-1 encodé par le plasmide qui procure une résistance bactérienne à l'antibiotique colistine, ce qui indique l'émergence potentielle d'une bactérie résistante à plusieurs médicaments. En mai 2016, une souche d'Escherichia coli porteuse du gène mcr-1 a été isolée pour la première fois dans un échantillon prélevé sur un patient aux États-Unis. En collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le ministère de la Santé de la Pennsylvanie a mené une enquête pour guider la recherche des contacts et le dépistage par écouvillonnage de bactéries porteuses du gène mcr-1 chez les membres du ménage du patient et dans deux établissements où le patient avait eu des interactions fréquentes, importantes et longues (≥ 7 jours) avec le personnel de soins de santé. Le risque de transmission a été stratifié dans des catégories de risque plus élevé et plus faible selon la nature et la durée du contact. L'ensemble des 20 personnes ayant eu un contact à risque plus élevé ont subi un dépistage; parmi les 98 personnes ayant eu un contact à risque plus faible, 78 ont accepté de subir un dépistage. Pour déterminer si une transmission a eu lieu entre les patients, le ministère de la Santé de l'État a offert de mener des études de prévalence ponctuelle aux deux établissements à risque élevé. Un établissement a refusé; l'autre a offert d'effectuer un dépistage chez les 18 patients qui résidaient dans l'unité où le patient de référence avait reçu des soins. Sept patients ont subi un dépistage.

Aucune bactérie porteuse du gène mcr-1 n'a été détectée parmi les 105 personnes soumises à un dépistage. En outre, aucun organisme résistant à la colistine n'a été détecté parmi les 51 isolats producteurs de BLSE recueillis de façon prospective au cours d'une période de 30 jours au sein des quatre établissements dans lesquels le patient de référence a été admis en 2016. Ces résultats semblent indiquer que le risque de transmission d'un patient colonisé aux personnes autrement en bonne santé, y compris les personnes ayant été exposées de façon importante au patient, pourrait être relativement faible.

On ignore de quelle façon le patient a été colonisé, particulièrement en l'absence d'un lien épidémiologique avec des personnes ou des endroits pour lesquels la présence de mcr-1 est connue. Néanmoins, au fur et à mesure que davantage de systèmes de surveillance dotés d'un plus vaste programme de dépistage sont mis en place, on s'attend à ce que le gène mcr-1 soit détecté de plus en plus fréquemment. L'émergence de ces nouveaux mécanismes de résistance met en évidence la nécessité urgente d'une approche plus globale à l'échelle mondiale à la gestion des antimicrobiens et à la prévention de la transmission de pathogènes résistants aux antibiotiques entre les personnes et les établissements.

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