La distribution des tiques à Ottawa, 2017

RMTC

Volume 44-10, le 4 octobre 2018 : Changements climatiques et maladie de Lyme

Surveillance

Distribution géographique de la tique Ixodes scapularis et taux d’infection en 2017 à Ottawa (Ontario)

M Kulkarni1, R Kryuchkov1, A Statculescu1, C Thickstun1, A Dibernardo2, L Lindsay2, B Talbot1

Affiliations

1 Université d’Ottawa, École d’épidémiologie et de santé publique, Ottawa (Ontario)

2 Laboratoire national de microbiologie, Agence de la santé publique du Canada, Winnipeg (Manitoba)

Correspondance

manisha.kulkarni@uottawa.ca

Citation proposée

Kulkarni M, Kryuchkov R, Statculescu A, Thickstun C, Dibernardo A, Lindsay L, Talbot B. Distribution géographique de la tique Ixodes scapularis et taux d’infection en 2017 à Ottawa (Ontario), 2017. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2018;44(10):269-75. https://doi.org/10.14745/ccdr.v44i10a02f

Mots-clés : Maladie de Lyme, surveillance, Ixodes scapularis, Borrelia burgdorferi, écologie

Résumé

Contexte : Au cours des dernières années, l’incidence de la maladie de Lyme a augmenté dans plusieurs régions au Canada, y compris à Ottawa (Ontario). Jusqu’à maintenant, la surveillance active des tiques était limitée dans la région.

Objectifs : Estimer la distribution géographique et la densité des tiques Ixodes scapularis dans la ville d’Ottawa ainsi que les taux d’infection des tiques à la bactérie Borrelia burgdorferi (qui cause la maladie de Lyme) et à d’autres pathogènes transmis par les tiques.

Méthodes : Entre les mois de juin et d’octobre 2017, on a procédé à la surveillance des tiques au moyen d’échantillonnage par filet traînant sur 23 sites situés dans les parcs municipaux, les sentiers récréatifs et les boisés de la ville d’Ottawa. Les tiques à pattes noires ont subi un test de dépistage des bactéries B. burgdorferi, Borrelia miyamotoi et Anaplasma phagocytophilum à l’aidede protocoles d’amplification en chaîne de la polymérase quantitative (quantitative Polymerase Chain Reaction [qPCR]).

Résultats : Des tiques I. scapularis ont été retrouvées sur 16 des 23 sites (70 %). Les sentiers récréatifs, les boisés et les zones de conservation de même que le parc provincial situé dans la ville d’Ottawa présentaient des densités de tiques significativement plus élevées que les parcs municipaux (p < 0,01). Des 194 spécimens adultes et des 26 nymphes de l’espèce I. scapularis examinés, la prévalence de l’infection à la bactérie B. burgdorferi était de 29,5 %, celle à la bactérie B. miyamotoi était de 0,45 % et celle à la bactérie A. phagocytophilum était de 0,91 %.

Conclusion : Presque 30 % des tiques de l’espèce I. scapularis provenant des zones périurbaines et rurales de la ville d’Ottawa qui ont été examinés étaient infectées par la bactérie B. burgdorferi, connue pour causer la maladie de Lyme. D’autres types d’infections, reconnues comme causant l’anaplasmose et la fièvre récurrente à tiques, ont aussi été détectées, bien que très rarement. Procéder à la surveillance active des tiques au niveau local peut contribuer à éclairer l’évaluation du risque et les mesures prises par la santé publique.

Introduction

La tique à patte noire (aussi connue comme la tique du chevreuil, Ixodes scapularis) est un vecteur de plusieurs pathogènes qui causent des maladies zoonotiques, dont la maladie de Lyme Note de bas de page 1Note de bas de page 2. La distribution géographique de cette espèce de tiques s’étend du Texas dans le sud des États-Unis (É.-U.) jusqu’à certaines parties du centre et de l’est du Canada Note de bas de page 3Note de bas de page 4Note de bas de page 5. La récente dissémination vers le nord de la bactérie I. scapularis a été observée en relation avec les changements climatiques et environnementaux actuels, entraînant un risque croissant en matière de santé publique Note de bas de page 6.

L’est de l’Ontario a été identifié comme une région d’expansion récente et continue de la tique et de la maladie de Lyme Note de bas de page 7Note de bas de page 8, où les facteurs environnementaux comme la température, le type de couvert forestier et les conditions de micro-habitats ont été associés à l’incidence de tiques Note de bas de page 4Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10. Avec les récents changements climatiques, le climat de la ville d’Ottawa est devenu adéquat à l’établissement de populations de I. scapularis Note de bas de page 6. Le nombre de cas déclarés de maladie de Lyme chez l’humain, associés à l’exposition tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la ville d’Ottawa a plus que doublé au cours de la dernière année, passant de 74 en 2016 à 186 en 2017 Note de bas de page 11.

Bien que les tiques soient surtout connues pour être porteuses de la bactérie causant la maladie de Lyme, elles peuvent aussi être porteuses d’autres pathogènes. Par exemple, les tiques peuvent être porteuses de la bactérie Anaplasma phagocytophilum qui cause l’anaplasmose. Le premier cas d’anaplasmose confirmé chez l’humain à être détecté dans un bureau de santé des environs d’Ottawa a été signalé récemment Note de bas de page 12. De plus, les tiques peuvent être porteuses de la bactérie Borrelia miyamotoi, entraînant une infection parfois appelée la fièvre récurrente à tiques Note de bas de page 13Note de bas de page 14. La détection est importante car ces maladies sont traitables et une guérison complète est possible si elles sont ciblées et traitées de façon précoce.

Étant donné la récente augmentation du nombre de cas de maladie de Lyme signalés à Ottawa et la dissémination de la population de tiques qui se poursuit dans l’est de l’Ontario, un besoin de surveillance des populations de tiques avait été ciblé dans le but d’évaluer le risque pour la santé publique et d’en éclairer les mesures. Deux types de surveillance des tiques ont été employés sur un endroit donné : passive et active. La surveillance passive nécessite que les fournisseurs de soins de santé ou la population en général rapportent les tiques qui se sont accrochées à des personnes Note de bas de page 15. La surveillance passive est utile au signalement de la présence d’un risque potentiel dans les zones où les tiques et les pathogènes transmis par les tiques sont en émergence. La surveillance active requiert le prélèvement de tiques de l’environnement en traînant un drap de flanelle au-dessus d’une zone potentiellement affectée ou en collectant et en examinant (et possiblement en procédant à un examen de dépistage) les tiques infestant les petits mammifères hôtes comme les souris Note de bas de page 15. Afin de déterminer si des populations des tiques se sont établies, les trois stades de vie de la tique doivent être détectés pendant deux années consécutives Note de bas de page 15.

L’objectif de la présente étude était d’estimer la distribution géographique, la densité et les taux d’infestation des tiques dans la ville d’Ottawa.

Méthodologie

Site de l’étude

La ville d’Ottawa est la capitale nationale et est située dans l’est de l’Ontario, sur la rive sud de la rivière des Outaouais. Elle occupe une grande zone géographique mesurant environ 3000 km2 et sa population atteint presque un million de personnes Note de bas de page 16. En plus du centre urbain et de plusieurs districts périurbains, la ville possède d’abondants espaces verts, y compris des zones de conservation, des parcs, des sentiers, des milieux humides, des boisés et des terres agricoles.

Nous avons étudié 23 sites comprenant neuf parcs municipaux, sept boisés et zones de conservation, six sentiers récréatifs et un parc provincial situés dans la ville d’Ottawa afin d’évaluer l’incidence et la densité des tiques I. scapularis et les taux d’infection des pathogènes transmis par les tiques (tableau 1). Les sites ont été sélectionnés en fonction du modèle de niche écologique de la tique I. scapularis Note de bas de page 10, en choisissant des endroits parmi les zones urbaines, périurbaines et rurales de la ville d’Ottawa.

Tableau 1: Sites d’échantillonnage de la surveillance active, Ottawa (Ontario) 2017
Numéro d’identification du site Nom du site Type de site
1 Zone de conservation Britannia Zone de conservation et boisé
2 Parc provincial de la rivière Rideau Parc provincial
3 Sentier est de la rivière Rideau Sentier récréatif
4 Parc Beryl-Gaffney Parc municipal
5 Arboretum du Dominion Parc municipal
6 Parc du patrimoine Parc municipal
7 Partie ouest du sentier récréatif de la Ceinture de verdure Sentier récréatif
8 La Pinède (sablière Conroy) Parc municipal
9 Forêt protégée des hautes terres de South March Zone de conservation et boisé
10 Zone de conservation de l’île Morris Zone de conservation et boisé
11 Le marécage Rocailleux Zone de conservation et boisé
12 Parc de l’île Petrie Zone de conservation et boisé
14 Parc Meadowbrook Parc municipal
15 Sentier récréatif de Prescott et Russell Sentier récréatif
16 Parc Pinhey’s Point Zone de conservation et boisé
17 Parc de l’étang Brown Parc municipal
18 Parc Fairmont Parc municipal
19 Sentier d’accès nord du campus Carling Sentier récréatif
20 Baie Shirleys Sentier récréatif
21 Côte Beacon Sentier récréatif
22 Parc Hog’s Back Parc municipal
23 Collines de Carp Zone de conservation et boisé
24 Parc Greely Parc municipal

Collecte des échantillons

Une équipe de trois chercheurs possédant une formation de travail a procédé à la surveillance active des tiques à l’aide de la méthode d’échantillonnage par filet traînant telle que décrite par la santé publique de l’Ontario Note de bas de page 17 sur 23 sites : 19 au printemps et à l’été 2017 (de juin à août) et l’ensemble des 23 sites à l’automne 2017 (septembre à octobre). Les tiques ont été collectées en traînant un drap de flanelle blanc d’une surface d’un mètre carré sur le tapis forestier et la végétation environnante pour un total d’au moins trois heures-personne par site, si la taille de la zone le permettait et pour moins de trois heures-personne sur les sites de plus petite taille. La présence de tiques sur le filet traînant était vérifiée tous les 50 mètres et les coordonnées géographiques étaient enregistrées à l’aide d’un appareil muni d’un système de positionnement mondial (GPS - Garmin eTrex 20x). Les spécimens adultes, les nymphes et les larves étaient maintenus en vie dans des flacons de plastique et transportés sous glace au laboratoire de l’Université d’Ottawa afin d’identifier l’espèce et de procéder au besoin à des tests de dépistage.

Épreuves de laboratoire

Tous les spécimens adultes, les nymphes et les larves ont été identifiées par un examen au microscope afin de confirmer l’espèce et le sexe à l’aide de clés taxonomiques normalisées Note de bas de page 18Note de bas de page 19Note de bas de page 20. Les spécimens adultes et les nymphes de tiques I. scapularis ont subi un test de dépistage des bactéries B. burgdorferi, A. phagocytophilum,et B. miyamotoi à l’aide d’essais d’amplification en chaîne de la polymérase quantitative (quantitative Polymerase Chain Reaction [qPCR]) permettant la quantification des molécules d’ADN amplifiées selon des protocoles publiés précédemment Note de bas de page 13Note de bas de page 21. Avant de procéder aux tests de dépistage, les essais de qPCR mis sur pied à l’Université d’Ottawa ont été validés à l’aide d’un ensemble d’échantillons de test fourni par le Laboratoire National de Microbiologie de Winnipeg (LMN). Les tiques ont été disséquées et l’ensemble de l’ADN génomique a été extrait à l’aide d’une mini-trousse d’extraction d’ADN QIAamp (QIAGEN Inc., Mississauga, Ontario). Un essai qPCR duplex ciblant l’acide nucléique ribosomique (ARNr) 23s et le gène msp2 a été employé afin de déceler les bactéries B. burgdorferi sensu lato et A. phagocytophilum, respectivement. La présence d’ADN provenant des bactéries Borrelia burgdorferi sensu stricto et B. miyamotoi a ensuite été confirmée dans les échantillons positifs en ciblant leurs gènes ospA et glpQ, respectivement. L’amplification a été réalisée à l’aide d’un système de détection par PCR en temps réel BioRad CFX96. Après l’amplification et la détection des données en temps réel, on a procédé à leur analyse à l’aide du logiciel CFX Maestro (BioRad. Hercules, Californie, É.-U.). Les essais suivants réalisés par PCR nichée et séquençage ont été effectués au LMN pour les échantillons donnant un résultat positif selon les amorces de dépistage, mais négatifs lors des essais de validation.

Analyses descriptives

La densité totale de tiques a été calculée en divisant le nombre total de tiques I. scapularis sous forme de spécimens adultes, de nymphes ou de larves par le nombre d’heures-personne d’échantillonnage, en combinant les données des collectes du printemps, de l’été et de l’automne. La densité de nymphes a été calculée de façon similaire en divisant le nombre total de nymphes d’I. scapularis sur un site donné par le nombre total d’heures-personne d’échantillonnage. Les taux d’infection ont été obtenus en divisant le nombre de tiques pour lesquelles on a détecté la présence de la bactérie B. burgdorferi, B. miyamotoi ou A. phagocytophilum par le nombre total de tiques dépistées. Les larves n’ont pas été dépistées, car il n’existe pas de transmission transovarienne de la bactérie B. burgdorferi Note de bas de page 13. Les différences dans la densité des tiques ont été explorées à l’aide d’une analyse de la variance à un facteur avec le logiciel Stata 15.0 (StataCorp, College Station, Texas, É.-U.).

Résultats

Échantillonnage sur le terrain

Au total, nous avons collecté 239 tiques I. scapularis, dont 194 spécimens adultes, 26 nymphes et 19 larves, en 135 heures-personne d’échantillonnage par filet traînant. Des tiques Ixodes scapularis ont été détectées sur 16 des 23 (70 %) sites (figure 1). D’autres espèces de tiques ont été trouvées sur trois sites : Haemaphysalis (n = 6) sur deux sites et Ixodes marxi (n = 1) sur un site.

Figure 1 : Carte d’Ottawa illustrant la densité des tiques à travers les sites où les tiques étaient activement surveillés, 2017

Figure 1 : Carte d’Ottawa illustrant la densité des tiques à travers les sites où les tiques étaient activement surveillés, 2017

Description textuelle : Figure 1

Figure 1 : Carte d’Ottawa illustrant la densité des tiques à travers les sites où les tiques étaient activement surveillés, 2017

Cette figure est une carte à petite échelle illustrant les caractéristiques de l’aménagement du terrain suivantes : zones bâties, eau, espaces dégagés et boisés. Cette carte identifie les sites de collecte des tiques à Ottawa et indique la densité de tiques Ixodes scapularis pour chacun d’entre eux.

Identification du site Nom du site Densité d’Ixodes scapularis par personne par heure
(n)
1 Zone de conservation Britannia 1,8
2 Parc provincial de la rivière Rideau 0,2
3 Sentier est de la rivière Rideau 0
4 Parc Beryl-Gaffney 0,1
5 Arboretum du Dominion 0
6 Parc du patrimoine 0,1
7 Partie ouest du sentier récréatif de la Ceinture de verdure 2,4
8 La Pinède (sablière Conroy) 0,6
9 Forêt protégée des hautes terres de South March 3,5
10 Zone de conservation de l’île Morris 3,4
11 Le marécage Rocailleux 2
12 Parc de l’île Petrie 2,3
14 Parc Meadowbrook 0
15 Sentier récréatif de Prescott et Russell 0
16 Parc Pinhey’s Point 3,4
17 Parc de l’étang Brown 0
18 Parc Fairmont 0
19 Sentier d’accès nord du campus Carling 1,5
20 Baie Shirleys 11,5
21 Côte Beacon 12,9
22 Parc Hog’s Back 0
23 Collines de Carp 12
24 Parc Greely 1,5

La moyenne globale de la densité d’I. scapularis était de 2,6 (écart-type de 4,0) par heure-personne sur les sites d’Ottawa. La densité moyenne de tiques variait selon le type de site, présentant une densité de tiques significativement plus importante sur les sites des sentiers récréatifs, des zones de conservation et des boisés ainsi que du parc provincial avec une moyenne (écart-type) de 4,1 Note de bas de page 4Note de bas de page 5 comparativement à la moyenne (écart-type) des parcs municipaux de 0,3 (0,5) (p < 0,01). Les zones à risque, basées sur un rayon de 5 km autour des sites où la présence de tiques a été détectée, étaient largement réparties autour d’Ottawa, avec une couverture plus importante dans les zones forestières de la partie ouest de la région et le long de la rivière des Outaouais (figure 2).

Figure 2 : Carte de l’estimation des zones à risque de la ville d’Ottawa fondée sur la surveillance active des tiques, 2017

Figure 2 : Carte de l’estimation des zones à risque de la ville d’Ottawa fondée sur la surveillance active des tiques, 2017

Description textuelle : Figure 2

Figure 2 : Carte de l’estimation des zones à risque de la ville d’Ottawa fondée sur la surveillance active des tiques, 2017

Cette carte présente les zones à risque, basées sur un rayon de 5 km autour des sites où la présence de tiques a été détectée. Celles-ci étaient largement réparties autour d’Ottawa, avec une couverture plus importante dans les zones boisées de la partie ouest de la région et le long de la rivière des Outaouais.


Analyses de laboratoire

Tous les 220 spécimens de tiques adultes et de nymphes d’I. scapularis ont été dépistés pour la présence de pathogènes. La bactérie Borrelia burgdorferi a été détectée chez les tiques collectées dans 11 des 16 sites où I. scapularis a été trouvée. Au total, 65 (29,5 %) de toutes les tiques examinées étaient porteuses de la bactérie B. burgdorferi et les taux d’infection variaient considérablement entre les sites, passant de 0 % à 50 % (tableau 2). Les bactéries Borrelia miyamotoi et A. phagocytophilumont été détectées sur deux sites à Ottawa, représentant 0,45 % (n = 1) et 0,91% (n = 2) des tiques à pattes noires dépistées (tableau 2).

Tableau 2 : Surveillance active des tiques Ixodes scapularis à Ottawa (Ontario) en 2017Tableau 2 note a
Numéro d’identificationdu site Heures-personne d’échantillonnage par filet traînant
(n)
Abondanced’Ixodes scapularis Densité par heure-personne d’Ixodes
scapularis
(n)
Taux d’infection (%)
Spécimen adulte Nymphe Larve Total Nymphe Total Bb Bm Ap
1 8,4 15 0 0 15 0 1,8 13,3Tableau 2 note c 0Tableau 2 note b 0
2 6,9 0 1 0 1 0,3 0,2 0,0 0,0 0,0
3 6,0 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
4 11,2 1 0 0 1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0
5 7,0 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
6 7,7 1 0 0 1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0
7 8,0 10 6 1 17 1,6 2,4 43,8Tableau 2 note d 0,0 0,0
8 8,3 0 2 3 5 0,5 0,6 0,0 0,0 0,0
9 7,2 23 2 0 25 0,6 3,5 32,0Tableau 2 note d 0,0 0,0
10 8,5 25 4 0 29 1,0 3,4 34,5Tableau 2 note d 0,0 3,5Tableau 2 note c
11 13,2 11 11 4 26 1,6 2,0 31,8Tableau 2 note d 0,0 0,0
12 5,3 12 0 0 12 0,0 2,3 8,33Tableau 2 note c 0,0 0,0
14 3,8 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
15 6,3 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
16 5,7 8 0 11 19 0,0 3,4 50,0Tableau 2 note d 0,0 0,0
17 4,3 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
18 4,4 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
19 4,0 6 0 0 6 0,0 1,5  50,0Tableau 2 note d 0,0 0,0
20 4,0 46 0 0 46 0,0 11,5 43,5Tableau 2 note d 2,2Tableau 2 note c 2,2Tableau 2 note c
21 1,2 15 0 0 15 0,0 12,9 13,3Tableau 2 note c 0,0 0,0
22 1,0 0 0 0 0 0,0 0,0 s/o s/o s/o
23 1,5  18 0 0 18 0,0 12,0 5,56Tableau 2 note c 0,0 0,0
24 2,0 3 0 0 3 0,0 1,50 0,0 0,0 0,0

Discussion

Cette étude présente un portrait actuel de la distribution des tiques I. scapularis et de leurs taux d’infection à la bactérie B. burgdorferi ainsi qu’à d’autres pathogènes significatifs pour la santé publique dans des zones urbaines, périurbaines et rurales de la ville d’Ottawa, où le nombre de cas de maladie de Lyme augmente rapidement. Nous montrons qu’il y avait présence de tiques I. scapularis sur 70 % des sites échantillonnés, la densité de tiques la plus importante étant observée dans les sentiers récréatifs, les zones de conservation et les boisés, indiquant le potentiel de contact entre les tiques et les humains sur ces sites. La prévalence de l’infection à la bactérie B. burgdorferi chez les tiques collectées variait considérablement, avec une moyenne de 29,5 % sur les 16 sites de la région d’Ottawa où les tiques I. scapularis ont été observées.

L’étude était limitée par le petit nombre de tiques collectées (n = inférieur à 30) dans la majorité des sites dans la ville d’Ottawa, ce qui réduit la robustesse des estimés de prévalence des pathogènes. De ce fait, les taux d’infection devraient être interprétés avec précaution pour ces sites. L’échantillonnage était limité aux mois de juin à octobre en raison des fortes pluies printanières qui peuvent avoir limité notre capacité de détecter des tiques sur certains sites. La détection peut aussi avoir été limitée par l’utilisation de l’échantillonnage par filet traînant qui n’offrirait que 50 % de sensibilité Note de bas de page 15 de sorte qu’on pourrait considérer à tort que certains sites ne présentent pas de tiques à pattes noires en raison de leur densité de populations établies très faible.

Étant donné la grande étendue de la distribution des tiques I. scapularis au travers la ville d’Ottawa et son expansion croissante possible, la présente étude fournit d’importantes données de base pour surveiller les tiques et les pathogènes transmis par les tiques jugés importants pour la santé publique de cette région. Bien que la bactérie causant la maladie de Lyme soit le type d’infection par les tiques le plus fréquent, des infections causant l’anaplasmose et la fièvre récurrente à tiques ont aussi été observées, ce qui suggère un risque potentiel pour l’émergence de ces nouveaux pathogènes à Ottawa.

Davantage de recherches sont nécessaires afin de mieux comprendre l’association entre le risque environnemental croissant dans la région et l’exposition à la maladie de Lyme chez l’humain. Il y a lieu de surveiller activement les tiques sur une période de plusieurs années consécutives. Afin de déterminer si des populations des tiques se sont établies, les trois stades de vie de la tique doivent être détectés pendant deux années consécutives. Les présents renseignements peuvent être utilisés afin d’orienter les initiatives en matière de santé publique comme continuer l’envoi de messages de santé publique aux fournisseurs de soins de santé et à la population pour les sensibiliser à la maladie de Lyme et aux autres infections émergentes transmises par les tiques, les risques qui y sont associés, les examens diagnostiques ainsi que les mesures curatives et de prévention.

Déclaration des auteurs

M. A. K. – Conception, analyse et interprétation des données, rédaction et édition du présent article.
R. K., A. S., C. T., B. T. – Travail sur le terrain et analyse en laboratoire, analyse et interprétation des données, révision critique du présent article.
A. D., L. R. L. – Analyse en laboratoire, interprétation des données, révision critique du présent article.

Conflit d’intérêts

Aucun.

Remerciements

Nous souhaitons remercier Santé publique Ottawa pour avoir fourni les données sur les cas de maladie de Lyme chez l’humain. Nous voulons aussi remercier Itai Malkin et Merlin Caron-Levesque pour leur contribution au travail sur le terrain.

Financement

La présente étude a été soutenue par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) remise à Manisha A Kulkarni pour le projet de recherche intitulé Public Health Risk Assessment Tools for Emerging Vector-borne Diseases auquel l’Agence de santé publique du Canada a également contribué financièrement.

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