Chapitre 2 : Rapport d'étape sur les populations distinctes : VIH/sida et autres infections transmissibles sexuellement et par le sang parmi les jeunes au Canada – Profil démographique

Chapitre 2 - Profil démographique

2.1 Introduction

Ce chapitre présente un profil démographique des jeunes au Canada et examine les données relatives à la santé physique et mentale de cette population afin de mettre en contexte les questions liées au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Il examine diverses questions de santé associées à la vulnérabilité des jeunes au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par le sang, notamment la consommation de drogue, la maladie mentale, la santé mentale, les comportements sexuels à risque, les mauvais traitements, la santé physique et les troubles physiques chroniques.

La santé et la maladie ne sont pas uniformément réparties parmi les jeunes au Canada. Comme c'est le cas pour les autres enjeux de santé, les contextes sociaux, culturels, économiques et physiques créent des conditions de vulnérabilité au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par le sang qui sont vécues de façon différente parmi la population des jeunes. Pour cette raison, lorsque les données le permettent, ce chapitre compare les données par sexe, par âge et par race ou groupe ethnique. Dans la mesure du possible, le chapitre se fie aux données nationales représentatives sur les jeunes âgés de 10 à 24 ans, bien que les sources de données fréquemment citées signalent des données correspondant à divers âges. S'il y a lieu, ces différences sont indiquées dans le texte.

2.2 Données socio-démographiques des jeunes au Canada

Au Canada, la proportion des jeunes âgés de 10 à 24 ans est restée relativement stable depuis le milieu des années 1990. Selon l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, sur les quelque 32,9 millions d'habitants au Canada, 19 % étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente une légère diminution par rapport à la proportion de 20,3 % de la décennie précédente. Entre 1996 et 2011, le nombre total de jeunes canadiens âgés de 10 à 24 ans a augmenté de 5,8 % et est passé d'environ 5,9 millions à 6,24 millions. Durant la même période, l'ensemble de la population canadienne a augmenté de 13,9 %Note de bas de page 1. La répartition relative des jeunes moins âgés (de 10 à 14 ans) et des jeunes plus âgés (de 15 à 24 ans) est restée relativement stable entre 1996 et 2001. Les jeunes âgés de 10 à 14 ans représentaient 30,7 % de la population totale des jeunes en 2011, par rapport à 34 % au cours de la décennie précédente (figure 1).

Figure 1 : Répartition des jeunes par groupe d'âge par année au Canada en 1996, en 2001 et en 2011

Figure 1

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données issues de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 et du recensement de 2006 de Statistique CanadaNote de bas de page 2

Équivalent textuel - Figure 1

Figure 1 : Répartition des jeunes par groupe d'âge par année au Canada en 1996, en 2001 et en 2011

La figure 1 présente le nombre relatif de jeunes appartenant à deux groupes d'âge, soit de 10 à 14 ans et de 15 à 24 ans, au Canada, par année. Le graphique compte trois barres qui représentent les années 1996, 2001 et 2011. Il montre qu'en 1996, 1 993 440 jeunes faisaient partie du groupe d'âge des 10 à 14 ans, comparativement à 2 053 120 en 2001 et à 1 915 685 en 2011. En 1996, le nombre de jeunes faisant partie du groupe d'âge des 15 à 24 ans s'élevait à 3 857 170, comparativement à 4 009 140 en 2001 et à 4 324 065 en 2011.

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2.2.1 Répartition géographique

La répartition de la population des jeunes varie considérablement dans l'ensemble du Canada (figure 2). En 2011, le Nord était la région du pays où la population était la plus jeune (Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut); environ un quart de la population était âgée de moins de 15 ans, et seulement 5,8 % de la population étaient âgés de 65 ans ou plus. Cela s'explique en partie par le taux de fécondité élevé dans le Nord, en particulier chez les Inuits, ainsi que par une espérance de vie moins élevée que dans les provinces du SudNote de bas de page 4 . En 2011, le Nunavut affichait la proportion de jeunes âgés de 10 à 24 ans la plus élevée au Canada, représentant 28,6 % de la population de ce territoire. Par comparaison, la région du pays où la population était la plus vieille se trouvait à l'Est, où les jeunes représentaient entre 17 % de la population de Terre-Neuve-et-Labrador et 19,3 % de la population de l'Île-du-Prince-Édouard.

Figure 2 : Répartition géographique des chiffres de population et des jeunes âgés de 10 à 24 ans au Canada en 2011

Figure 2

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 de Statistique CanadaNote de bas de page 3

Équivalent textuel - Figure 2

Figure 2 : Répartition géographique des chiffres de population et des jeunes âgés de 10 à 24 ans au Canada en 2011

La figure 2 présente une carte du Canada avec le chiffre total de la population et la population des jeunes âgés de 10 à 24 ans pour chaque province et territoire en 2011. Au Yukon, le chiffre total de la population de ce territoire était de 33 320, dont 6 385 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 19,2 % de la population totale du territoire. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le chiffre total de la population était de 40 795, dont 9 420 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 23,1 % de la population totale du territoire. Au Nunavut, le chiffre total de la population était de 31 700, dont 9 080 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 28,6 % de la population totale du territoire. En Colombie-Britannique, le chiffre total de la population était de 4 324 455, dont 788 860 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 18,2 % de la population totale de la province. En Alberta, le chiffre total de la population était de 3 567 975, dont 708 710 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 19,9 % de la population totale de la province. En Saskatchewan, le chiffre total de la population était de 1 008 760, dont 207 010 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 20,5 % de la population totale de la province. Au Manitoba, le chiffre total de la population était de 1 174 345, dont 243 525 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 20,7 % de la population totale de la province. En Ontario, le chiffre total de la population était de 12 651 790, dont 2 466 680 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 19,5 % de la population totale de la province. Au Québec, le chiffre total de la population était de 7 732 520, dont 1 392 060 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 18 % de la population totale de la province. Au Nouveau-Brunswick, le chiffre total de la population était de 735 835, dont 129 470 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 17,6 % de la population totale de la province. En Nouvelle-Écosse, le chiffre total de la population était de 906 170, dont 165 690 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 18,3 % de la population totale de la province. À l'Île-du-Prince-Édouard, le chiffre total de la population était de 137 375, dont 26 555 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui correspond à 19,3 % de la population totale de la province. À Terre-Neuve-et-Labrador, le chiffre total de la population était de 507 270, dont 86 330 étaient des jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce qui représente 17 % de la population totale de la province.

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En 2006, la majorité (80,1 %) des jeunes âgés de 10 à 24 ans vivaient en zone urbaine.Note de bas de page i Parmi ce groupe d'âge, la proportion de jeunes vivant en zone urbaine augmentait avec l'âge (tableau 1). Un peu plus des trois quarts des jeunes âgés de 10 à 14 ans (77,8 %) et de 15 à 19 ans (78,3 %) vivaient en zone urbaine en 2006, par rapport à plus de 84 % des jeunes âgés de 20 à 24 ans. Cette tendance n'est pas surprenante, puisque les jeunes quittent souvent leur lieu de résidence rural à la fin de l'adolescence ou au début de la vingtaine pour poursuivre des études postsecondaires ou obtenir un emploi en milieu urbainNote de bas de page 5.

La répartition des résidences rurales et urbaines varie entre les sous-groupes de jeunes. Par exemple, selon le recensement de 2006, un nombre bien moins élevé de jeunes Autochtones âgés de 10 à 24 ans vivaient en zone urbaine (52,6 %) par rapport à la population totale des jeunes. L'urbanisation des jeunes Autochtones augmente avec l'âge, tout comme celle de la population totale des jeunes. En 2006, environ la moitié des jeunes Autochtones âgés de 10 à 14 ans (49,9 %) et de 15 à 19 ans (51,3 %) vivait en zone urbaine, par rapport à 58 % des jeunes Autochtones âgés de 20 à 24 ans (tableau 1). Malgré l'urbanisation, la proportion de jeunes Autochtones qui vivent dans les réserves reste relativement stable au cours de la transition des jeunes vers l'âge adulte. En 2006, un peu plus d'un quart des jeunes Autochtones âgés de 10 à 14 ans (28,8 %), de 15 à 19 ans (27,6 %) et de 20 à 24 ans (26 %) ont déclaré vivre dans les réserves.

Tableau 1.  Répartition de la population des jeunes par catégorie d’âge et par lieu de résidence rural ou urbain
Milieu rural
n (%)
Milieu urbain
n (%)
Total< Footnote 1.2
n
Population totale des jeunes
10-14 ans 423 320 (20,4) 1 617 325 (77,8) 2 078 130
15-19 ans 429 805 (20,1) 1 672 020 (78,3) 2 135 920
20-24 ans 299 150 (14,4) 1 746 850 (84,3) 2 071 895
Total 1 152 275 (18,3) 5 036 195 (80,1) 6 285 945
Jeunes Autochtones Footnote 1.1
10-14 ans 26 560 (21,2) 62 500 (49,9) 125 230
15-19 ans 24 820 (21,0) 60 640 (51,3) 118 105
20-24 ans 15 350 (16,4) 54 150 (57,7) 93 900
Total 66 730 177 290 337 235

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données de Statistique CanadaNote de bas de page 6

2.2.2 Sexe et genre

En 2006, la population canadienne comptait légèrement plus de jeunes hommes que de jeunes femmes. Les proportions de jeunes hommes âgés de 10 à 14 ans (51,2 %) et de 15 à 24 ans (50,8 %) étaient légèrement plus élevées que celles des jeunes femmes de ces groupes d'âge (respectivement 48,8 % et 49,2 %)Footnote 7. Dans l'ensemble de la population canadienne, cette tendance est inversée; en 2006, on comptait légèrement plus de femmes (51,1 %) que d'hommes (49 %)Footnote 8. Bien que davantage de garçons que de filles naissent au Canada, le taux de mortalité est généralement plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Par conséquent, les hommes surpassent les femmes en nombre parmi les jeunes au Canada, alors que les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les populations plus âgéesFootnote 9.

Bien que le recensement canadien ne reconnaisse que deux sexes (homme et femme), il est de plus en plus admis que certaines personnes connaissent une identité sexuelle qui ne correspond pas à leur sexe biologique, et que d'autres connaissent une identité qui n'est ni « masculine », ni « féminine ». Le terme « transgenre » fait référence aux personnes dont l'identité sexuelle ne correspond pas au sexe biologique à la naissance. Le terme « à genre variable » sert à décrire les personnes dont l'expression et l'identité sexuelles ne correspondent ni à la catégorie traditionnelle des hommes, ni à celle des femmes, que ce soit en raison de leur tenue, de leur comportement (rôles sexuels), de leur biologie (organes reproducteurs ou génitaux ni entièrement mâles, ni entièrement femelles) ou de leurs sentiments et de leur expérience de la masculinité et de la féminité. Il n'existe aucune source de données nationales représentatives indiquant la taille de la population canadienne transgenre ou à genre variable, mais des études pancanadiennes ou régionales ont tenté de combler ce manque de données. Par exemple, une étude portant sur plus de 3 700 étudiants du secondaire dans l'ensemble du Canada a permis d'établir qu'environ 3 % de l'échantillon s'identifiait comme étant transgenre. Une petite enquête sur les jeunes vivant à Toronto, en Ontario, a découvert que 1 % des jeunes sondés s'identifiaient comme étant transgenres. Bien que ces études ne soient pas représentatives de la population entière des jeunes Canadiens, elles nous donnent une idée de la proportion de jeunes qui ne s'identifient ni comme étant de jeunes hommes, ni comme étant de jeunes femmes.

2.2.3 État civil

Selon le recensement de 2006, la majorité des jeunes âgés de 15 à 19 ans (99,3 %) et de 20 à 24 ans (93,6 %) étaient célibataires et n'avaient jamais été légalement mariés. Dans ce groupe, environ 13 % des jeunes âgés de 20 à 24 ans ont déclaré vivre en union de fait.

2.2.4 Orientation sexuelle

Les données nationales décrivant l'orientation sexuelle des jeunes au Canada sont limitées. Le recueil de telles données est difficile, pour diverses raisons. Le fait que les enquêtes nationales dépendent de données autodéclarées est l'une des grandes difficultés. Les personnes interrogées ne se sentent peut-être pas suffisamment à l'aise pour divulguer leur orientation sexuelle dans une enquête auto-administrée par peur de la stigmatisation et de la discrimination, ou par crainte d'être « dénoncées » à leur famille ou aux autorités localesNote de bas de page 10. Les jeunes en particulier peuvent hésiter à divulguer leur orientation ou leur identité sexuelle par peur de se faire intimider par leurs camarades à l'écoleNote de bas de page 11.

Des analyses des données provenant d'un échantillon national représentatif de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes ont permis d'établir qu'une grande majorité (96,2 %) des jeunes âgés de 18 à 24 ans s'identifient comme étant hétérosexuels, le reste s'identifiant comme étant homosexuels (1,2 %) ou bisexuels (2,6 %). Ces proportions ne changent pas beaucoup de celles que l'on constate chez les adultes âgés de 25 à 59 ansNote de bas de page 12.

Des données provenant d'études de plus petite envergure ou d'études régionales décrivent des profils similaires. En Colombie-Britannique, une étude menée en 2008 signale que, dans un échantillon de 29 000 jeunes de la septième à la douzième année, 86 % s'identifient comme étant hétérosexuels, 7 % comme étant principalement hétérosexuels, 2 % comme étant bisexuels et moins de 1 % comme étant principalement homosexuels ou homosexuels (gais ou lesbiennes)Note de bas de page 13. Dans une étude distincte portant sur plus de 3 700 étudiants du secondaire au Canada, 14 % des étudiants se sont identifiés comme étant non hétérosexuelsNote de bas de page 14.

2.2.5 Diversité ethnique, immigration et diversité linguistique

Le Canada est l'un des pays les plus diversifiés au monde sur le plan ethnique. Sa composition ethnoculturelle a été formée au fil du temps par l'immigration ainsi que par les Autochtones. Le terme « Autochtones » fait référence aux premiers habitants d'Amérique du Nord et à leurs descendants. En 2011, plus de 1,4 million de personnes se sont identifiées comme étant Autochtones, composant 4,3 % de l'ensemble de la population canadienneFootnote 15. Les proportions des jeunes âgés de 10 à 14 ans et de 15 à 24 ans qui se sont identifiés comme étant Autochtones étaient plus élevées que celle de la population générale (respectivement 6,8 % et 5,9 %). Parmi les jeunes Autochtones âgés de 10 à 24 ans, la majorité (62,7 %) se sont identifiés comme étant Premières nations; un peu moins d'un tiers (30,4 %) se sont identifiés comme étant Métis et 4,7 % comme étant Inuk (Inuit)Footnote 16. La proportion de la population qui s'identifie comme étant Autochtone est en rapide croissance, en particulier parmi les jeunes. Entre 2001 et 2011, la proportion des jeunes âgés de 10 à 24 ans qui s'identifiaient comme étant Autochtones a augmenté de 34,8 %, par rapport à 30,7 % dans la population généraleFootnote 17.

Bien que les Autochtones soient les premiers habitants du Canada, l'immigration a considérablement augmenté la diversité ethnique du Canada; chaque nouvelle vague d'immigration contribue à la diversité ethnique de la population. En fait, plus de 200 origines ethniques ont été déclarées parmi la population au Canada dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011. En revanche, le recensement de 1901 énumérait 25 origines ethniques, dont la majorité était constituée par les origines autochtone, britannique ou françaiseFootnote 18.

Les origines européennes (p. ex. anglaise, française, écossaise, irlandaise, italienne, allemande) étaient encore parmi les origines ethniques les plus fréquemment citées dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011; plus de 20,2 millions d'habitants ont déclaré des origines européennes. Les autres origines reflétaient de nouvelles tendances parmi les immigrants des pays non européensFootnote 19. Selon l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, 19,1 % de la population générale du Canada était composée de minorités visibles, par rapport à 16,2 % dans le recensement de 2006. En 2011, la population des minorités visibles au Canada était plus jeune que l'ensemble de la population. Selon l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, l'âge médian des populations des minorités visibles était de 33,4 ans, par rapport à 40,1 ans parmi la population dans son ensembleFootnote 20. Parmi les jeunes des minorités visibles âgés de 15 à 24 ans, les groupes ethniques d'Asie du Sud (23,2 %), de la Chine (21,5 %) et de la race noire (16,4 %) étaient cités les plus fréquemmentFootnote 21.

En 2011, 20,6 % de la population était née à l'extérieur du Canada, la proportion la plus élevée parmi les pays du G8.Note de bas de page 22 La majorité des personnes nées en dehors du Canada étaient des immigrants au Canada.Note de bas de page ii Les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentaient 8,4 % de la population totale des immigrants.Note de bas de page 23 Parmi les jeunes immigrants au Canada, environ 30 % étaient des jeunes « nouveaux arrivants » ou des jeunes ayant immigré au cours des cinq années précédentes. Les jeunes nouveaux arrivants représentaient 14,5 % de la population totale de 1,16 million de nouveaux arrivants qui sont venus s'établir au Canada entre 2006 et 2011Note de bas de page 24. La plus grande proportion des jeunes immigrants vivant au Canada en 2011 étaient née en Asie et au Moyen-Orient (58,0 %), puis en Europe (16,3 %), en Afrique (9,5 %) et en Amérique du Sud (4,8 %) (figure 3)Note de bas de page 25.

Figure 3 : Répartition du lieu de naissance des jeunes immigrants (âgés de 15 à 24 ans) au Canada en 2011

Figure 3

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 de Statistique CanadaNote de bas de page 26

Équivalent textuel - Figure 3

Figure 3 : Répartition du lieu de naissance des jeunes immigrants (âgés de 15 à 24 ans) au Canada en 2011

La figure 3 est un cercle divisé en sections de tailles et de couleurs différentes qui correspondent aux proportions relatives des jeunes immigrants vivant au Canada en 2011 âgés de 15 à 24 ans selon leur région de naissance. Chacune des huit sections du cercle représente une région du monde. La figure montre que 58 % des jeunes immigrants vivant au Canada étaient originaires de l'Asie et du Moyen-Orient, par rapport à 16,3 % de l'Europe, à 9,5 % de l'Afrique, à 4,8 % de l'Amérique du Sud, à 4,3 % des Caraïbes et des Bermudes, à 3,6 % de l'Amérique du Nord, à 3 % de l'Amérique centrale et à 0,5 % de l'Océanie.

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La diversité linguistique du Canada égale sa diversité ethnique. Plus de 200 langues ont été déclarées soit comme langue parlée à la maison, soit comme langue maternelleNote de bas de page iii dans le recensement de la population de 2011. En 2011, plus des trois quarts (78,3 %) de la population ont déclaré l'une des deux langues officielles comme langue maternelle unique (57 % pour l'anglais, 21,3 % pour le français). La proportion des jeunes qui ont déclaré une langue maternelle autre que l'anglais seulement était considérablement plus élevée que la même proportion dans l'ensemble de la population. Environ deux tiers des jeunes âgés de 10 à 14 ans (64,3 %) et de 15 à 24 ans (62,2 %) ont déclaré que leur langue maternelle était l'anglais. La proportion des jeunes qui ont déclaré que leur langue maternelle était le français seulement était moins élevée que la même proportion dans l'ensemble de la population. En 2011, moins d'un jeune sur cinq âgé de 10 à 14 ans (18,8 %) et de 15 à 24 ans (19,6 %) a déclaré que sa langue maternelle était le français.

Parmi la population générale du Canada, seuls 6,2 % ont déclaré que leur langue maternelle unique était autre que l'anglais ou le français. Cependant, parmi les jeunes âgés de 10 à 24 ans, ce pourcentage est plus que le double de celui de la population générale. En 2011, 14,3 % des jeunes âgés de 10 à 14 ans et 16 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déclaré que leur langue maternelle était autre que l'anglais ou le français.

Le recensement de 2011 énumère plus de 60 langues autochtones, regroupées en 12 familles linguistiques. Au total, moins de 1 % de la population canadienne a déclaré que sa langue maternelle était autochtone. La proportion des jeunes âgés de 10 à 24 ans qui ont déclaré que leur langue maternelle était autochtone était similaire à celle de la population générale, à moins de 1 %, malgré le fait qu'environ 5 % de la population des jeunes s'est identifiée comme étant Autochtone. Parmi les langues maternelles autochtones déclarées en 2011, les langues algonquines formaient la famille linguistique la plus fréquemment déclarée parmi les langues autochtones.

2.2.6 Résidence

Dans le cadre de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2011, dans un échantillon national représentatif, près des trois quarts (71,5 %) des jeunes âgés de 12 à 19 ans vivaient chez leurs parents. Parmi ces jeunes, plus des trois quarts (78,8 %) vivaient avec deux parents, alors que 21,4 % vivaient dans un foyer monoparental. Les autres jeunes vivaient soit seuls (12,5 %), soit avec un conjoint ou un partenaire (5,5 %), soit comme parent seul (0,7 %)Note de bas de page 27. Selon l'étude Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire de 2009-2010, la majorité des jeunes au Canada ont déclaré avoir une vie heureuse à la maison, bien que cela soit vrai pour une plus grande proportion de garçons que de filles. Le nombre de garçons et de filles déclarant avoir une vie heureuse à la maison diminuait avec l'âge. Néanmoins, même chez les jeunes les plus âgés (dixième année), 75 % des garçons et 66 % des filles ont déclaré avoir une vie heureuse à la maisonNote de bas de page 28.

Figure 4 : Conditions de logement des jeunes Canadiens (âgés de 12 à 19 ans) en 2011

Figure 4

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 de Statistique Canada

Équivalent textuel - Figure 4

Figure 4 : Conditions de logement des jeunes Canadiens (âgés de 12 à 19 ans) en 2011

La figure 4 est un cercle divisé en sections de tailles et de couleurs différentes qui correspondent aux proportions relatives des jeunes en 2011 âgés de 12 à 19 ans selon leurs conditions de logement. Le cercle compte quatre sections au total. La figure montre qu'en 2011, 71,5 % des jeunes vivaient avec au moins un parent, comparativement à 12,5 % qui vivaient seuls, à 5,5 % qui vivaient avec un conjoint ou partenaire et à 0,7 % qui vivaient comme parent seul.

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Bien que le nombre de jeunes vivant dans la rue au Canada soit difficile à estimer, en raison de la nature transitoire de la vie dans la rue, certaines estimations laissent entendre que le nombre des jeunes sans abri ou vivant dans la rue s'élève environ à 150 000 au Canada, ce qui représente un tiers de la population des sans-abri du pays.Note de bas de page 29 Les jeunes quittent leur domicile pour vivre dans la rue pour de nombreuses raisons, mais la plupart d'entre eux partent de la maison ou se font mettre à la porte en raison de conflits familiaux, notamment la maltraitance, l'homophobie et la transphobie.Note de bas de page 30

Ces expériences peuvent expliquer la surreprésentation des jeunes à orientations sexuelles diverses et à genre variable parmi les jeunes de la rue.Note de bas de page 31 Un rapport de 2003 sur les jeunes de la rue à Winnipeg a estimé qu'un tiers de ces jeunes s'identifiaient comme ayant des orientations sexuelles diverses ou étant à genre variable.Note de bas de page 32 Dans une étude portant sur 500 jeunes de la rue à Vancouver, 13 % des participants se considéraient comme ayant des orientations sexuelles diverses.Note de bas de page 33 Les jeunes Autochtones sont également surreprésentés dans les populations des sans-abris et les populations de la rue.Note de bas de page 34 Les données provenant du Système de surveillance accrue des jeunes de la rue laissent entendre qu'entre 24,0 % et 35 % des jeunes de la rue s'identifient comme étant AutochtonesNote de bas de page 35.

2.3 Éducation, emploi et revenu

2.3.1 Éducation

Divers indicateurs du niveau d'éducation et des expériences scolaires jouent un rôle important pour mettre en contexte la vulnérabilité des jeunes Canadiens au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par le sang. Ils comptent notamment le niveau d'éducation des parents ou des tuteurs à domicile, le rendement et le statut scolaires des jeunes eux-mêmes, l'attachement à l'école et les expériences scolaires, les taux d'abandon des études et la participation aux études postsecondaires.

En 2006, plus de 86 % des jeunes Canadiens âgés de 20 à 24 ans avaient obtenu un diplôme d'études secondaires. Une plus grande proportion de filles (88,5 %) que de garçons (83,9 %) a déclaré avoir obtenu au moins un diplôme d'études secondaires. Les taux d'abandon des études secondaires dans ce groupe d'âge ont également chuté au cours des deux dernières décenniesNote de bas de page 36. Au cours de l'année scolaire 1990-1991, 16,6 % des jeunes Canadiens âgés de 20 à 24 ans n'avaient pas terminé leurs études secondaires et n'étaient pas inscrits à l'école. Par l'année scolaire 2009-2010, ce pourcentage était tombé à 8,5 %Note de bas de page 37. Les taux d'abandon des études secondaires ont toujours été plus élevés pour les garçons que pour les filles (figure 5). Au cours de l'année scolaire 2009-2010, 10,3 % des garçons ont abandonné l'école secondaire, par rapport à 6,6 % de fillesNote de bas de page 38.

Figure 5 : Taux d'abandon des études secondaires parmi les jeunes maintenant âgés de 20 à 24 ans, par sexe, au Canada

Figure 5

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisantles données provenant de l'Enquête sur la population active de Statistique CanadaNote de bas de page 39

Équivalent textuel - Figure 5

Figure 5 : Taux d'abandon des études secondaires parmi les jeunes âgés de 20 à 24 ans, par sexe, au Canada

La figure 5 est un graphique linéaire qui illustre la proportion des jeunes âgés de 20 à 24 ans, selon le sexe, qui déclarent avoir abandonné l'école secondaire. Le graphique compte deux lignes, une pour les hommes et une pour les femmes. Le graphique montre la tendance selon laquelle les taux d'abandon des études secondaires chez ce groupe d'âge ont diminué au cours des deux dernières décennies. Le graphique montre aussi que durant l'année scolaire 1990-1991, 19,2 % des hommes avaient abandonné l'école secondaire, comparativement à 10,3 % durant l'année 2009-2010. Chez les femmes, 14 % d'entre elles avaient abandonné l'école secondaire durant l'année scolaire 1990-1991 par rapport à 6,6 % durant l'année 2009-2010.

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Les taux d'abandon des études secondaires varient également entre les populations autochtones et non autochtones, ainsi qu'entre les populations d'immigrants et de non-immigrants. Au cours des années scolaires 2007-2008 et 2009-2010, environ 23 % des populations des Premières nations, des Métis et des Inuits âgés de 20 à 24 ans vivant hors réserve ont abandonné l'école secondaire, plus du double du taux observé chez la population non autochtone sur la même période (figure 6)Note de bas de page 40. Les taux d'abandon des études secondaires les plus faibles sont parmi les populations d'immigrants au Canada. Au cours de l'année scolaire 2009-2010, le taux d'abandon des études secondaires s'élevait à 6,2 % parmi les jeunes immigrants et nouveaux arrivants âgés de 20 à 24 ans, par rapport à un taux de 9,1 % chez la population des non-immigrants (figure 7)Note de bas de page 41.

Figure 6 : Proportions des jeunes autochtones et non autochtones au Canada âgés de 20 à 24 ans qui ont abandonné les études secondaires, entre 2007 et 2010

Figure 6

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada Note de bas de page 42

Équivalent textuel - Figure 6

Figure 6 : Proportions des jeunes autochtones et non autochtones au Canada âgés de 20 à 24 ans qui ont abandonné les études secondaires, entre 2007 et 2010

La figure 6 est un graphique à barres illustrant les proportions de jeunes autochtones et non autochtones âgés de 20 à 24 ans ayant abandonné l'école secondaire entre 2007 et 2010. Le graphique montre qu'au cours de cette période, 22,6 % des jeunes des populations des Premières nations, inuites et métisses vivant hors réserve ont abandonné l'école secondaire, par rapport à 8,5 % des jeunes non autochtones au cours de la même période.

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Figure 7 : Proportions des jeunes immigrants et des jeunes nés au Canada âgés de 20 à 24 ans qui ont abandonné les études secondaires, de 2009 à 2010

Figure 7

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada Note de bas de page 43

Équivalent textuel - Figure 7

Figure 7 : Proportions des jeunes immigrants et des jeunes nés au Canada âgés de 20 à 24 ans qui ont abandonné les études secondaires, en 2009-2010

La figure 7 est un graphique à barres illustrant les proportions de jeunes immigrants et de jeunes nés au Canada âgés de 20 à 24 ans ayant abandonné l'école secondaire entre 2009 et 2010. Le graphique montre qu'au cours de cette période, 6,2 % des jeunes immigrants âgés de 20 à 24 ans avaient abandonné l'école secondaire, comparativement à 9,1 % au sein de la population des jeunes non immigrants.

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Les études postsecondaires deviennent de plus en plus importantes, pour les possibilités d'épanouissement personnel comme pour la compétitivité de l'économie canadienne. Depuis 1997, on a constaté une augmentation significative des inscriptions aux études postsecondaires au Canada, notamment dans les apprentissages enregistrés, les collèges et les universités. Au cours des années scolaires 2005-2006 et 2007-2008, près de 360 000 apprentis enregistrés, plus de 530 000 étudiants de niveau collégial à temps complet et à temps partiel et près de 980 000 étudiants universitaires se sont inscrits à des programmes de premier et de deuxième cycle.

En 2006, 7,4 % des jeunes âgés de 20 à 24 ans avaient terminé leur apprentissage ou obtenu un certificat ou un diplôme d'une école de métiers, 19,3 % avaient terminé les études collégiales ou le CEGEP, 11,1 % avaient obtenu un baccalauréat et 1,7 % avaient obtenu un diplôme d'études supérieures ou un diplôme professionnel. Bien que le nombre de jeunes hommes ayant terminé un apprentissage ou un programme de métiers (8,9 %) ait été plus important que celui des jeunes femmes (5,7 %), ces dernières étaient plus nombreuses que les jeunes hommes dans toutes les autres catégories d'éducation (figure 8).

Figure 8 : Proportions des hommes et des femmes âgés de 20 à 24 ans par niveau d'éducation le plus élevé obtenu, en 2006

Figure 8

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant du recensement de 2006 de Statistique Canada Note de bas de page 44

Équivalent textuel - Figure 8

Figure 8 : Proportions des hommes et des femmes âgés de 20 à 24 ans par niveau d'éducation le plus élevé obtenu, en 2006

La figure 8 est un graphique à barres groupées illustrant la proportion des jeunes âgés de 20 à 24 ans ayant accompli différents niveaux d'éducation en 2006. Le graphique comprend une barre qui correspond aux hommes et une qui correspond aux femmes pour quatre niveaux d'éducation. Le graphique montre qu'en 2006, chez les hommes, 8,9 % ont déclaré que leur niveau d'éducation le plus élevé obtenu est un apprentissage ou un certificat ou diplôme d'une école de métiers, comparativement à 5,7 % des femmes. Chez les hommes, 16,9 % ont déclaré que leur niveau d'éducation le plus élevé obtenu est le collège ou le cégep, comparativement à 21,7 % des femmes. Chez les hommes, 8,3 % ont déclaré que leur niveau d'éducation le plus élevé obtenu est un baccalauréat, comparativement à 14 % des femmes. Chez les hommes, 1,3 % ont déclaré que leur niveau d'éducation le plus élevé obtenu est un diplôme d'études supérieures ou un diplôme professionnel, comparativement à 2,2 % des femmes. À l'exception des programmes d'apprentissage ou d'une école de métiers, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes dans les autres catégories d'éducation.

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L'Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) a suivi une cohorte de plus de 22 000 jeunes âgés de 18 à 20 ans de 2000 à 2008Note de bas de page 45. Les données de l'enquête ont indiqué que l'achèvement des études postsecondaires varie d'une province et d'un territoire à l'autre, ainsi que selon le lieu de résidence urbain ou rural, le groupe ethnique et le statut d'immigrant. Les provinces de l'Atlantique et l'Ontario affichaient la proportion la plus élevée de jeunes ayant obtenu un diplôme universitaire. Pendant la période de l'étude de huit ans, un nombre plus important de jeunes provenant de zones urbaines (66 %) que de jeunes provenant de zones rurales (57 %) ont terminé des études postsecondaires sous une forme ou une autre. En 2008, moins de 10 % des jeunes Autochtones vivant hors réserve ont obtenu un diplôme universitaire, par rapport à plus de 30 % des jeunes non-Autochtones de l'échantillon. En 2008, une proportion plus élevée de jeunes de minorités visibles nés à l'extérieur du Canada ont obtenu un diplôme universitaire que de jeunes nés au Canada et n'appartenant pas à des minorités visibles.

Outre le statut scolaire, la qualité des expériences scolaires a des répercussions considérables sur le bien-être physique, émotionnel et mental des jeunes. Les écoles offrent aux jeunes les connaissances nécessaires pour réussir dans la vie, obtenir un emploi et prendre de bonnes décisions au sujet de leur santé, mais elles leur donnent également la possibilité d'acquérir de l'estime de soi et des aptitudes à entretenir des relations saines. C'est pour cette raison que le milieu scolaire, notamment le sentiment d'appartenance à l'école et la qualité des relations avec les enseignants et les camarades, a fait l'objet de nombreuses études sur la santé et le bien-être des jeunes au cours de la dernière décennie.

Selon les données tirées de l'étude Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire, la majorité des jeunes de la sixième à la dixième année ressentaient un sentiment d'appartenance et de liens avec leur école. Néanmoins, lorsque les jeunes passent de l'école élémentaire à l'école secondaire, leur sentiment d'attachement à l'école diminue. Une proportion plus importante de garçons et de filles en sixième année (respectivement 71 % et 74 %) a déclaré un sentiment d'appartenance et d'attachement à l'école que les garçons et les filles en dixième année (respectivement 57 % et 55 %).

Les relations avec les enseignants et les camarades peuvent également avoir des répercussions considérables sur les comportements de santé, les connaissances et les attitudes des jeunes du point de vue de la vulnérabilité au VIH et aux infections transmissibles sexuellement et par le sang. Au cours de l'année scolaire 2009-2010, plus les étudiants étaient âgés, moins ils croyaient que leurs enseignants s'intéressaient à eux en tant qu'êtres humains. En dixième année, un peu plus de la moitié des garçons (52 %) et des filles (55 %) croyaient que leurs enseignants s'intéressaient personnellement à eux, par rapport à environ trois quarts des étudiants en sixième année (respectivement 71 % et 78 %). On a observé des tendances à la baisse similaires d'une année scolaire à l'autre concernant la perception de l'encouragement du travail des étudiants par les enseignants.

En revanche, la perception par les jeunes de leurs relations avec leurs camarades était bien plus stable. Plus de deux tiers des jeunes, toutes années scolaires confondues, pensaient que les autres étudiants les acceptaient tels qu'ils étaient. Bien que ces constatations soient positives, il n'en reste pas moins qu'environ un tiers des étudiants (environ 33 %), toutes années scolaires confondues, ne se sentaient pas acceptés.

L'étude First National Climate Survey de 2007 à 2009 s'attachait à découvrir si certains groupes de jeunes couraient plus de risque de se retrouver dans un climat scolaire négatif que d'autres. Plus particulièrement, l'étude examinait les milieux scolaires du point de vue des jeunes à orientations sexuelles diverses et à genre variable par rapport aux jeunes hétérosexuelsNote de bas de page 46. Soixante-quatorze pour cent (74 %) des étudiants transgenres, 55 % des étudiants à orientations sexuelles diverses et 26 % des étudiants hétérosexuels ont fait l'objet d'un harcèlement verbal au sujet de l'expression de l'identité sexuelleNote de bas de page 47. L'étude a également découvert que le harcèlement physique dû à l'orientation sexuelle, à l'orientation sexuelle perçue et à l'expression de l'identité sexuelle est prévalent dans les écoles canadiennes. Près d'un quart (21 %) des jeunes à orientations sexuelles diverses ont déclaré avoir été physiquement harcelés ou agressés en raison de leur orientation sexuelle ou de leur orientation sexuelle perçue, par rapport à 10 % des jeunes hétérosexuelsNote de bas de page 48. Plus d'un tiers (37 %) des étudiants transgenres ont subi un harcèlement ou une agression physique en raison de l'expression de leur identité sexuelle. En outre, les étudiants transgenres couraient beaucoup plus de risques que les étudiants à orientations sexuelles diverses ou les étudiants hétérosexuels d'avoir été victimes de harcèlement ou d'agression physiqueNote de bas de page 49.

Le chapitre 4 étudie l'incidence des expériences scolaires négatives, telles que le sentiment d'isolement ou l'intimidation, sur la vulnérabilité des jeunes à de moins bons résultats de santé, tels que le VIH et les autres infections transmissibles sexuellement et par le sang.

2.3.2 Emploi

Selon le recensement de 2006, près de la moitié (43,5 %) des jeunes âgés de 15 à 19 ans et près des trois quarts (71,2 %) des jeunes âgés de 20 à 24 ans avaient un emploi cette année-là. Parmi le groupe des jeunes âgés de 15 à 19 ans, un nombre légèrement plus important de jeunes filles (44,9 %) que de jeunes hommes (42,3 %) avaient un emploi, mais cette tendance était inversée chez les jeunes plus âgés. Parmi les jeunes âgés de 20 à 24 ans, un nombre plus élevé de jeunes hommes que de jeunes femmes avaient un emploi en 2006 (respectivement 72,3 % et 70,2 %). Les emplois dans le secteur de la vente et des services étaient les plus courants, représentant environ 72 % des emplois détenus par les jeunes âgés de 15 à 19 ans et environ 41 % des emplois détenus par les jeunes âgés de 20 à 24 ans. Bien qu'il n'existe aucune donnée relative au type d'emploi pour l'année 2006, les chiffres provenant de l'Enquête sur la population active de 2011 laissent entendre que les jeunes âgés de 15 à 24 ans qui possédaient un emploi cette année-là composaient plus d'un tiers de la population active à temps partiel (35,4 %) et environ 9 % de la population active à temps plein.

En 2006, les taux de chômageNote de bas de page iv chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans étaient respectivement de 7,5 % et de 9,2 %. Cette année-là, les taux de chômage les plus élevés touchaient les jeunes hommes âgés de 20 à 24 ans (9,9 %), suivis par les femmes du même groupe d'âge (8,6 %). Les jeunes des minorités visibles affichaient des taux de chômage plus élevés que les jeunes n'appartenant pas aux minorités visibles. Parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage chez les minorités visibles était de 15,7 %, par rapport à un taux de 12,3 % dans les populations non minoritaires.

2.3.3 Revenu

Le revenu familial peut exercer une influence sur divers résultats liés au développement, à la santé et aux périodes de transition parmi les jeunes qui vivent avec leurs parents. En 2007, 11 % des jeunes âgés de 5 à 24 ans vivaient dans des situations de faible revenu, par rapport à 15 % en 2003Note de bas de page v. Les enfants qui vivaient avec un seul parent couraient trois fois plus de risques que les enfants qui vivaient avec leurs deux parents de vivre dans des situations de faible revenu.

En 2007, les jeunes qui ne vivaient pas avec leurs parents couraient un risque plus élevé de vivre en situation de faible revenu que ceux qui vivaient avec au moins un de leurs parents. En fait, un tiers (33 %) des jeunes qui ne vivaient pas avec leurs parents se trouvaient cette année-là en situation de faible revenu. Même si d'autres données sont nécessaires pour expliquer ce fait, il est raisonnable de supposer que les jeunes qui ont quitté la maison et essaient d'entrer dans la population active sont plus susceptibles d'avoir de faibles revenus.

En 2006, plus d'un tiers des jeunes âgés de 15 à 19 ans n'avaient pas de revenu personnel, par rapport à 2,5 % seulement des jeunes âgés de 20 à 24 ans. Le revenu personnel moyen des jeunes âgés de 20 à 24 ans était environ trois fois plus élevé que le revenu personnel des jeunes âgés de 15 à 19 ans (respectivement 15 665 $ et 5 960 $).

2.4 Les jeunes et le système de justice pénale

Bien que les données déclarées par les services de police canadiens laissent entendre que la délinquance juvénile a augmenté de 3 % entre 2005 et 2006, le taux de délinquance juvénile global a affiché une tendance à la baisse depuis le début des années 1990.Note de bas de page 50 En 2006, le taux de délinquance juvénile était 25 % plus faible qu'en 1991.Note de bas de page 51 On peut attribuer cette tendance générale à la baisse à une diminution des taux de délinquance juvénile dans quatre provinces pendant cette période, à savoir la Colombie-Britannique (-49 %), l'Alberta (-41 %), l'Ontario (-34 %) et le Québec (-25 %).Note de bas de page 52 Une augmentation de ce taux a été signalée dans l'Île-du-Prince-Édouard (+38 %), à Terre-Neuve-et-Labrador (+22 %), en Nouvelle-Écosse (+17 %) et au Manitoba (+14 %).Note de bas de page 53

Depuis la mise en application de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, le nombre moyen de jeunes âgés de 12 à 17 ans condamnés à la détention ou en probation à l'échelle fédérale, provinciale ou territoriale a chutéNote de bas de page 54. En 2008-2009, on comptait en moyenne 1 898 jeunes sous une forme ou une autre de détention quotidienne, dont environ la moitié (47 %) était en détention après condamnationNote de bas de page 55. Néanmoins, le taux de détention chez les jeunes était bien moins élevé que chez la population adulte. Il était de 7 pour 10 000 chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans, par rapport à 141 pour 100 000 chez la population adulteNote de bas de page 56. Les hommes représentent une plus grande proportion de jeunes en détention que les femmes. Parmi les jeunes hommes, le taux d'incarcération était sept fois plus élevé que parmi les jeunes femmes (respectivement 15 pour 10 000 et 2 pour 10 000)Note de bas de page 57.

Comme la population adulte, les jeunes Autochtones sont représentés de façon disproportionnelle dans les établissements correctionnels au Canada. Bien que les Autochtones représentent 5 % de tous les jeunes au Canada, ils constituent 27 % des jeunes admis en détention provisoire, 36 % des jeunes admis en détention après condamnation et 24 % des jeunes admis en probationNote de bas de page 58.

2.5 Santé physique

2.5.1 Mortalité

Les décès parmi les jeunes au Canada sont rares. En 2009, les décès parmi les jeunes âgés de 10 à 24 ans représentaient environ 1 % de tous les décès enregistrés pendant l'année. Les jeunes garçons affichent une proportion de décès plus importante par rapport à l'ensemble des hommes canadiens que les jeunes filles. En 2009, les décès parmi les jeunes hommes âgés de 10 à 24 ans représentaient environ 1,4 % de tous les décès chez les hommes au Canada. La proportion correspondante chez les jeunes femmes était de 0,6 %. Au cours de la même année, les accidents (blessures involontaires) et les suicides (actes autodestructeurs intentionnels) étaient les deux premières causes de décès chez les jeunes âgés de 10 à 24 ans, représentant environ deux tiers des décès chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans (63 %) et âgés de 20 à 24 ans (61,1 %).

2.5.2 Obésité et maladie physique

L'obésité chez les enfants et les jeunes adultes a des conséquences considérables à court et à long terme sur le bien-être physique, émotionnel et mental des jeunes au Canada. Avoir de l'embonpoint ou être obèse peut avoir une incidence négative sur l'estime de soi, les relations avec les autres et la confiance en soi, et peut augmenter le risque de mécanismes d'adaptation négatifs et de comportements qui compromettent la santé. La prévalence de l'obésité chez les jeunes au Canada a considérablement augmenté au cours des derniers 25 ans. Selon les données présentées dans l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), un peu plus de 30 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans avaient de l'embonpoint ou étaient obèses entre 2009 et 2011. Dans ce groupe d'âge, on comptait un nombre légèrement supérieur de jeunes hommes que de jeunes femmes obèses (respectivement 10,7 % et 9,6 %), alors qu'une proportion légèrement plus élevée de jeunes femmes que de jeunes hommes appartenait à la catégorie des personnes ayant de l'embonpoint (respectivement 20,9 % et 18,9 %). Les données de l'l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2009 laissent entendre qu'un nombre moins élevé de jeunes immigrants et un nombre plus élevé de jeunes Autochtones vivant hors réserve ont de l'embonpoint ou sont obèses par rapport à la population totale des jeunes.

Plusieurs autres troubles médicaux ont des effets à court et à long terme sur la santé et le bien-être des jeunes. Certaines affections chroniques peuvent se déclarer à la suite d'une infection transmissible sexuellement, alors que d'autres peuvent influer sur l'évolution des infections transmissibles sexuellement et par le sang, y compris le VIH, chez les jeunes déjà touchés par une infection.

Le cancer du col de l'utérus arrive au deuxième rang des cancers les plus fréquents chez les femmes dans le monde entier. Presque tous les cancers du col de l'utérus sont causés par le virus du papillome humain (VPH), qui est une infection sexuellement transmissible. L'incidence du cancer du col de l'utérus et la mortalité liée à ce type de cancer sont en déclin au Canada. L'incidence du cancer du col de l'utérus connaît une baisse constante de 1,4 % par année depuis 1998, et la mortalité liée au cancer du col de l'utérus a chuté de près de 3 % par année depuis cette époque. Cela est probablement attribuable à l'introduction de vaccins contre le virus du papillome humain dans les programmes de vaccination financés par les deniers publics provinciaux et territoriaux pour les enfants en âge de scolarité ainsi que par un dépistage généralisé à l'aide du test de Papanicolaou (Pap).

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par une bactérie qui se transmet d'une personne à l'autre par voie aérienne. Dans le monde, la tuberculose est la cause de décès la plus fréquente chez les personnes infectées au VIH. Au Canada, les co-infections sont susceptibles de prendre de l'importance, en particulier chez les immigrants et les réfugiés provenant de pays où la tuberculose et le VIH sont endémiques et chez les Autochtones. Au Canada, le taux de tuberculose est généralement très faible. En 2011, 1 607 cas de tuberculose active et cas de retraitement ont été signalés, correspondant à un taux d'incidence déclaré de 4,7 cas pour 100 000 habitants. Ensemble, la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec représentaient 70 % du nombre total de cas déclarés; toutefois, le Nunavut a signalé le taux d'incidence le plus élevé (222,1 cas pour 100 000 habitants).

Bien que le taux global au Canada soit l'un des plus faibles au monde, le fardeau de la tuberculose n'est pas uniformément réparti. Environ 13 % des cas en 2011 ont été déclarés parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, un taux de 4,6 cas pour 100 000 habitants. Les infections de tuberculose sont démesurément élevées parmi les immigrants au Canada et les Autochtones. En 2011, 64,8 % des cas de tuberculose parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans au Canada ont été déclarés parmi les immigrants et 27,7 % parmi les Autochtones. Ensemble, ces deux sous-groupes représentaient plus de 90 % de tous les cas de tuberculose déclarés en 2011 parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans.

2.5.3 Violence envers les enfants, mauvais traitements et négligence

La violence sexuelle, physique et émotionnelle envers les enfants, les mauvais traitements et la négligence ont des conséquences directes et indirectes sur la vulnérabilité au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par le sang. En 2009, le rapport La violence familiale au Canada cite plus de 54 000 cas déclarés à la police d'infractions à caractère sexuel et d'agression physique contre les enfants et les adolescentsNote de bas de page 59. Dans le cas des infractions à caractère sexuel, la majorité des victimes étaient des jeunes femmes (81,9 %). Cette tendance s'inverse dans le cas de l'agression physique, de laquelle les jeunes hommes sont victimes dans plus de la moitié de l'ensemble des cas déclarés (58,5 %) (figure 9)Note de bas de page 60.

Figure 9 : Proportion des infractions déclarées à la police par type et par sexe parmi les enfants et les jeunes victimes (âgés de 0 à 17 ans) au Canada, en 2009

Figure 9

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant du Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada Note de bas de page 61

Équivalent textuel - Figure 9

Figure 9 : Proportion des infractions déclarées à la police par type et par sexe parmi les enfants et les jeunes victimes (âgés de 0 à 17 ans) au Canada, en 2009

La figure 9 est un graphe à barres empilées illustrant la proportion des infractions déclarées à la police au Canada par type et par sexe parmi les enfants et les jeunes victimes âgés de 0 à 17 ans en 2009. Le graphe compte trois barres dont l'une représente le total des agressions déclarées, une autre représente le total des infractions à caractère sexuel déclarées et une dernière représente le total des agressions physiques déclarées. Chaque barre affiche la proportion relative des jeunes femmes et des jeunes garçons victimes de ce type d'agression en 2009. Le graphe montre qu'en 2009, du total des agressions déclarées à la police, 51,7 % concernaient des jeunes femmes victimes, comparativement à 48,3 % qui concernaient des jeunes hommes. Du total des infractions à caractère sexuel déclarées à la police, 81,9 % concernaient des jeunes femmes victimes, par rapport à 18,1 % qui concernaient des jeunes hommes. Parmi les agressions physiques, 58,5 % concernaient des jeunes hommes victimes, comparativement à 41,5 % qui concernaient des jeunes femmes.

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Les jeunes courent plus de risques d'être victimes d'une agression de la part d'une personne qu'ils connaissent. Environ 74 % des jeunes étaient victimes d'un membre de la famille (p. ex. parents, frères et sœurs et autres membres apparentés par le sang, le mariage ou l'adoption), d'un ami ou d'une connaissance. Parmi ces cas, près des deux tiers (60 %) avaient pour auteurs les parents ou les tuteurs (figure 10)Note de bas de page 62. Les jeunes femmes étaient victimes d'infractions à caractère sexuel commises par un membre de la famille dans une plus grande proportion que les jeunes hommes.Note de bas de page 63

Figure 10 : Répartition de la relation entre l'accusé et la victime au Canada en 2009

Figure 10

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant du Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada Note de bas de page 64

Équivalent textuel - Figure 10

Figure 10 : Répartition de la relation entre l'accusé et la victime au Canada en 2009

La figure 10 est un cercle divisé en sections de tailles et de couleurs différentes correspondant à la proportion relative des infractions déclarées à la police selon la relation entre l'accusé et la victime. Au total, le cercle compte quatre sections qui représentent des cas où l'accusé était un membre de la famille, un ami ou une connaissance ou un étranger, ou encore des cas où la relation entre l'accusé et la victime était inconnue. La figure montre qu'en 2009, 47 % des jeunes ont subi de la violence aux mains d'un ami ou d'une connaissance, par rapport à 27 % aux mains d'un membre de la famille, à 13 % aux mains d'un étranger et à 13 % dont la relation entre l'accusé et la victime était inconnue.

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Les jeunes sont victimes d'autres formes de maltraitance (p. ex. la négligence) qui ne sont pas aussi facilement reconnaissables que l'agression physique ou sexuelle.Note de bas de page 65 L'Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (EIC) a signalé près de 16 000 enquêtes sur la maltraitance des enfants en 2008Note de bas de page 66. Cependant, le nombre de cas déclarés ne représente qu'une fraction de tous les cas de maltraitance des jeunes au Canada. Selon les cas ayant fait l'objet d'une enquête, le nombre total estimé de cas de maltraitance des enfants en 2008 s'élevait à 235 842, une légère augmentation par rapport à 2003 (235 315 cas) et une augmentation significative par rapport à 135 261 cas en 1998 (figure 11)Note de bas de page 67.

Figure 11 : Nombres estimés des dossiers d'enquête sur la violence envers les enfants au Canada en 1998, en 2003 et en 2008

Figure 11

Source : Agence de la santé publique du Canada, 2010Note de bas de page 68

Équivalent textuel - Figure 11

Figure 11 : Nombres estimés des dossiers d'enquête sur la violence envers les enfants au Canada en 1998, en 2003 et en 2008

La figure 11 est un graphique à barres illustrant les nombres estimés des dossiers d'enquête sur la violence envers les enfants au Canada dans les années 1998, 2003 et 2008. Le graphique montre qu'en 1998, un nombre estimé de 135 261 enquêtes ont été menées au Canada, comparativement à 235 315 en 2003 et à 235 842 en 2008.

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Les enquêtes sur la maltraitance parmi les jeunes Autochtones étaient cinq fois plus susceptibles de s'avérer relevé de la négligence que les enquêtes chez les jeunes non autochtones.Note de bas de page 69 Les jeunes Autochtones courent également plus de risques d'être retirés de la maison et confiés à la garde des organismes de protection de la jeunesse que les jeunes non autochtones.Note de bas de page 70 Parmi les jeunes Autochtones, la négligence est la raison principale de l'ouverture d'une enquête sur la maltraitance, notamment le fait de ne pas pourvoir aux besoins fondamentaux, de ne pas fournir des ressources éducatives pertinentes ou un accès adéquat aux services médicaux. La capacité à pourvoir aux besoins fondamentaux d'un enfant est souvent déterminée par des facteurs structurels, tels que la pauvreté, qui échappent au contrôle des parentsNote de bas de page 71. L'interaction complexe des facteurs structurels peut expliquer en partie la surreprésentation des enfants autochtones dans les dossiers d'enquêteNote de bas de page 72.

2.6 Comportements de santé

2.6.1 Consommation de drogues

L'adolescence est une période de la vie au cours de laquelle de nombreuses habitudes ayant des conséquences sur la santé se forment. Pour certains, c'est également une période pendant laquelle ils font l'expérience de comportements qui compromettent la santé, comme le tabagisme et la consommation d'alcool et de drogues. Dans l'étude nationale Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire de 2009-2010 portant sur des jeunes de la sixième à la dixième année, environ trois quarts des étudiants en neuvième et dixième année ont déclaré n'avoir jamais fumé une cigarette. Parmi les étudiants qui ont déclaré avoir fumé, très peu ont indiqué fumer chaque jour. Cependant, les proportions des fumeurs quotidiens augmentaient avec l'année scolaire, de 1 % en sixième année à 6 à 7 % en dixième année.

Les études nationales portant sur les jeunes au Canada laissent entendre que l'alcool est la substance dont l'usage est le plus répandu. En 2009-2010, environ deux tiers (66 %) des étudiants ayant participé à l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire ont déclaré avoir consommé de l'alcool au moins une fois. En 2007-2008, plus de la moitié (52,6 %) des étudiants ayant participé à l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes (ETJ) âgés de 12 à 18 ans ont déclaré avoir consommé de l'alcool au moins une fois au cours de l'année précédente. Les déclarations étaient similaires chez les jeunes hommes (54,1 %) et les jeunes femmes (51,1 %)Note de bas de page 73. Bien que l'alcool soit la substance dont l'usage est le plus répandu chez les jeunes au Canada, les taux de consommation hebdomadaires d'alcool sont très faibles et ont chuté au cours des deux dernières décennies. Selon les données longitudinales de l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire, le nombre de jeunes qui boivent de la bière et du vin au moins une fois par semaine a chuté depuis 1990 à moins de 5 % dans chaque année scolaire.

Figure 12 : Proportion des étudiants au Canada qui ont déclaré avoir consommé de l'alcool au cours de l'année précédente, par année scolaire, de 2007 à 2008

Figure 12

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de Young, et al. Note de bas de page 74

Équivalent textuel - Figure 12

Figure 12 : Proportion des élèves au Canada qui ont déclaré avoir consommé de l'alcool au cours de l'année précédente, par année scolaire, en 2007-2008

La figure 12 est un graphique à barres illustrant la proportion des élèves qui déclarent avoir consommé de l'alcool au cours de la dernière année, par année scolaire, en 2007-2008. Le graphique compte quatre barres qui représentent les 7e, 9e, 10e et 12e années. Il montre que 13,4 % des élèves de la 7e année ont déclaré avoir consommé de l'alcool au cours de la dernière année, comparativement à 49,9 % des élèves de la 9e année, à 61,2 % des élèves de la 10e année et à 82,1 % des élèves de la 12e année.

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Les épisodes de « consommation excessive d'alcool » sont particulièrement préoccupants pour la santé et le bien-être des jeunes. On définit généralement la consommation excessive d'alcool comme la consommation de cinq verres ou plus au cours d'une même occasion pour les hommes et de quatre verres ou plus au cours d'une même occasion pour les femmesNote de bas de page 75 . Les rapports de consommation excessive d'alcool augmentaient avec l'âge dans l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire; 56 % des garçons et 54 % des filles en dixième année ont déclaré s'être livrés à une consommation excessive d'alcool au cours de l'année précédente, par rapport à 41 % et à 38 % respectivement en neuvième année.

Les définitions standard de la consommation excessive d'alcool ont leurs limites et ne reflètent pas nécessairement les cas d'abus d'alcool ou les situations où une personne était « ivre ». En 2009-2010, les proportions des étudiants ayant participé à l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire qui ont déclaré avoir été « vraiment ivre » à au moins deux occasions dans la vie augmentaient avec l'âge et étaient similaires chez les filles et les garçons pour chaque année scolaire. Les proportions de jeunes ayant déclaré avoir été « vraiment ivre » au moins deux fois dans leur vie allaient de 2 % pour les garçons et de 1 % pour les filles en sixième année à 41 % pour les garçons et à 39 % pour les filles en dixième année. Ces tendances sont similaires à celles qui ont été constatées au cours de l'étude l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes en 2007-2008Note de bas de page 76.

Figure 13 : Proportion des étudiants qui ont déclaré avoir été « vraiment ivre » au moins deux fois, par année scolaire et par sexe (%)Note de bas de page 77

Figure 13

Source : Currie, C., et al., rédacteurs. (2012). Déterminants sociaux de la santé et du bien-être chez les jeunes. Enquête sur le comportement des jeunes d'âge scolaire en matière de santé (HBSC) : rapport international sur l'étude de 2009-2010. Copenhagen, Bureau régional de l'Europe de l'Organisation mondiale de la santé (Politique de santé pour les enfants et adolescents, n° 6)

Équivalent textuel - Figure 13

Figure 13 : Proportion des élèves qui ont déclaré avoir été « vraiment ivre » au moins deux fois, par année scolaire et par sexe (%)

La figure 13 est un graphique à barres groupées illustrant la proportion des élèves qui ont déclaré avoir été « vraiment ivres » au moins deux fois, par année scolaire et par sexe. Le graphique comporte deux barres verticales représentant les garçons et les filles pour les années scolaires 6, 7, 8, 9 et 10. Le graphique montre que 2 % des garçons de la 6e année déclarent avoir été vraiment ivres au moins deux fois, comparativement à 5 % en 7e année, à 13 % en 8e année, à 25 % en 9e année et à 41 % en 10e année. Il montre aussi que 1 % des filles de la 6e année déclarent avoir été vraiment ivres au moins deux fois, comparativement à 5 % en 7e année, à 14 % en 8e année, à 25 % en 9e année et à 39 % en 10e année.

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Les données longitudinales provenant de l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire laissent entendre que, bien que le tabagisme et la consommation d'alcool aient chuté parmi les jeunes entre 1990 et 2010, la consommation de cannabis a augmenté au cours de cette période. En 2009-2010, 40 % des garçons et 37 % des filles en dixième année ont déclaré avoir essayé le cannabis; un quart des garçons et des filles ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des douze mois précédents. On a constaté des tendances similaires concernant la consommation de cannabis au cours de l'année précédente dans le cadre de l'étude Enquête sur le tabagisme chez les jeunes de 2007-2008, ainsi que des différences régionales de consommation du cannabis. Les proportions de garçons et de filles ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l'année précédente étaient les plus faibles en Alberta (16,7 %) et les plus élevées en Nouvelle-Écosse (32,4 %)Note de bas de page 78 .

Figure 14 : Proportion des étudiants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l'année précédente, par année scolaire, de 2007 à 2008

Figure 14

Source : L’Agence de la santé publique du Canada utilisant les données provenant de Young, et al.Note de bas de page 79

Équivalent textuel - Figure 14

Figure 14 : Proportion des élèves qui ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l'année précédente, par année scolaire, en 2007-2008

La figure 14 est un graphique à barres illustrant le pourcentage des élèves au cours de l'année scolaire 2007-2008 ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours de la dernière année, par année scolaire. Le graphique compte quatre barres verticales représentant les années 7, 9, 10 et 12. Il montre que 4,6 % des élèves de la 7e année ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de la dernière année, comparativement à 25 % en 9e année, à 32,1 % en 10e année et à 44,4 % en 12e année.

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Les données sur la consommation de drogues autres que le cannabis sont limitées. Les conclusions de l'étude Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d'âge scolaire de 2009-2010 laissent entendre que le pourcentage de jeunes en neuvième et en dixième année qui déclarent avoir utilisé des drogues illégales ou des médicaments sur ordonnance pour se défoncer était plus faible que celui des jeunes ayant déclaré avoir consommé du cannabis. Les substances les plus fréquemment mentionnées par les étudiants de neuvième et de dixième année étaient les analgésiques, l'ecstasy, le LSD et les autres hallucinogènes, ainsi que la salvia. Les substances les moins fréquemment signalées étaient les amphétamines, les méthamphétamines, les opiacés, l'inhalation de vapeurs de colle ou de solvant et les sédatifs.

La consommation de drogues illégales pourrait être plus fréquente chez certains groupes. Par exemple, dans un échantillon de commodité transversal de jeunes de la rue âgés de 15 à 24 ans du système Surveillance accrue des jeunes de la rue (E-SYS), 19,2 % des jeunes femmes ont déclaré s'être injecté des drogues plus d'une fois dans leur vie, par rapport à 17,5 % des jeunes hommes. De plus, 4,2 % des jeunes femmes et 4,5 % des jeunes hommes ont déclaré s'être injecté des drogues une seule fois dans leur vieNote de bas de page 80.

I-Track est le système de surveillance amélioré (des facteurs comportementaux et biologiques) qui recueille des renseignements sur les comportements à risque liés au VIH et à l'hépatite C (VHC) parmi les utilisateurs de drogues injectables dans les sites sentinelles du Canada. Parmi les jeunes participant à I-Track, 41,4 % ont déclaré avoir commencé à s'injecter des drogues à l'âge de 16 ans ou moins et avoir passé des drogues « douces » aux drogues « dures »Note de bas de page 81. Une étude menée en 2006 et portant sur plus de 1 000 jeunes de la rue à Montréal a indiqué que la consommation d'au moins quatre types de drogues différents permettait de prédire avec une grande certitude le début de la consommation de drogues injectablesNote de bas de page 82.

Le partage de seringues ou d'autres dispositifs servant à l'injection de drogues peut également faire courir aux jeunes un risque élevé de contracter le VIH et le VHC, ce qui est plus susceptible de se produire lorsque l'on s'injecte des drogues en compagnie d'autres jeunes.Note de bas de page 83 Parmi les jeunes participants à I-Track, plus de 25 % ont déclaré avoir emprunté des aiguilles ou des seringues usagées au cours des six mois précédents, alors que près de 50 % ont déclaré avoir emprunté du matériel d'injection usagé, tel que des réchauds, de l'eau, des filtres, des garrots, des cotons-tiges et des acidifiants, au cours de la même période.Note de bas de page 84 Les jeunes qui ont utilisé des aiguilles ou des seringues usagées ont indiqué les avoir empruntées le plus fréquemment à des amis proches (47,8 %) et à des partenaires sexuels réguliers (44,6 %), alors qu'un nombre moins élevé de jeunes ont déclaré les avoir empruntées à des personnes qu'ils ne connaissaient pas bien (14,1 %).Note de bas de page 85 Les jeunes hommes étaient plus susceptibles d'emprunter du matériel à des amis proches (69,4 %) et à des personnes qu'ils ne connaissaient pas bien (25,0 %) que les jeunes femmes (respectivement 33,9 % et 7,1 %). Les résultats du projet Cedar et de l'étude Surveillance accrue des jeunes de la rue indiquaient que les jeunes femmes affichaient des taux de partage de matériel d'injection de drogues plus élevés que leurs homologues masculins, car elles étaient souvent « les deuxièmes à utiliser une seringue » (les deuxièmes à s'injecter des drogues à l'aide de la même seringue), se fiant à leur partenaire masculin pour l'acquisition, la préparation et l'injection des droguesNote de bas de page 86. Les jeunes femmes empruntaient du matériel plus fréquemment à un partenaire sexuel régulier (60,7 %) et à un membre de la famille (19,4 %) que les jeunes hommes (respectivement 7,1 % et 0 %)Note de bas de page 87. Par conséquent, les jeunes femmes ont signalé des taux d'infection au VIH et au VHC plus élevésNote de bas de page 88.

2.6.2 Comportement sexuel

L'adolescence est une période durant laquelle la majorité des gens commencent à explorer leur sexualité et à avoir des relations sexuelles. Les comportements et les pratiques sexuelles établies au cours de cette période ont des répercussions considérables sur les résultats liés aux relations sexuelles et à la santé tout au long de la vie. Des données nationales représentatives au Canada laissent entendre que l'âge moyen des premiers rapports sexuels se situe entre 16 et 18 ans depuis la dernière décennieNote de bas de page 89. En outre, la proportion de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui déclarent n'avoir jamais eu de rapports sexuels est restée stable depuis 2003, à environ 66 % (date la plus ancienne pour laquelle des données nationales comparables existent)Note de bas de page 90.

Certains comportements sexuels, notamment les partenaires multiples et l'utilisation irrégulière du condom, exposent les jeunes à un risque accru de contracter le VIH et d'autres infections transmissibles sexuellement et par le sang. Selon des données nationales représentatives, le pourcentage de jeunes qui indiquent avoir eu plusieurs partenaires au cours des douze mois précédents est resté stable entre 2003 et 2009-2010Note de bas de page 91. En 2009-2010, environ un tiers (30,9 %) des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire au cours des douze mois précédents, la proportion de jeunes hommes déclarant ce comportement étant plus importante (39 %) que celle des jeunes femmes (25 %). Parmi les jeunes qui ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des douze mois précédents, ceux qui ont indiqué avoir utilisé un condom au cours de leurs derniers rapports a augmenté de 6 % entre 2003 et 2009-2010, passant de 62 % à 68 %. En 2009-2010, le nombre de jeunes hommes (73 %) ayant déclaré avoir utilisé un condom lors de leurs derniers rapports sexuels était plus élevé que celui des jeunes femmes (63 %). Les proportions étaient semblables entre les jeunes qui ont déclaré n'avoir eu qu'un partenaire (67 %) ou ceux qui ont déclaré avoir eu plus d'un partenaire au cours des douze mois précédents (69 %)Note de bas de page 92. Bien que les données ne puissent être comparées d'une étude à l'autre, les données provenant d'enquêtes auprès de groupes de jeunes précis laissent entendre l'existence d'habitudes de comportement qui diffèrent de celles de la population générale des jeunes. Les données du système de surveillance accrue E-SYS, recueillies auprès de jeunes âgés de 15 à 24 ans dans six centres urbains (Vancouver, Edmonton, Saskatoon, Toronto, Ottawa et Halifax), ont indiqué que la grande majorité (96,8 %) a déclaré avoir eu des rapports sexuels avec un ou une partenaire. Environ un tiers (29,7 %) des participants ont signalé avoir eu plus de 10 partenaires sexuelles, alors que 18,2 % ont indiqué avoir eu plus de 10 partenaires sexuels au cours de leur vie. Plus de la moitié (58,8 %) des jeunes hommes et environ un quart (22,6 %) des jeunes femmes ont indiqué avoir utilisé un type de protection, tel qu'un condom, au cours de leurs derniers rapports sexuels avec une partenaire. Une proportion similaire de jeunes hommes (54,5 %) et plus du double de la proportion des jeunes femmes (46,6 %) ont indiqué avoir utilisé une protection au cours de leurs derniers rapports sexuels avec un partenaireNote de bas de page 93.

M-Track est un système de surveillance améliorée qui assure le suivi du VIH, des infections transmissibles sexuellement et par le sang et des comportements à risque associés parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH) au Canada en associant la surveillance biologique à la surveillance comportementale. Dans un échantillon transversal de l'enquête M-Track, la majorité (64 %) des jeunes âgés de 15 à 24 ans a déclaré avoir eu deux partenaires sexuels ou plus (rapports sexuels oraux ou anaux) au cours des six mois précédant l'enquête. Parmi les jeunes qui ont eu des rapports sexuels oraux ou anaux au cours des six mois précédents, plus de la moitié (55 %) a déclaré avoir eu plus d'un partenaire sexuel. Plus des trois quarts (77 %) de l'échantillon qui avait eu des rapports sexuels avec un partenaire ont déclaré avoir eu des rapports avec un partenaire occasionnelNote de bas de page vi, alors qu'environ la moitié des jeunes qui avaient eu des rapports sexuels anaux avec un partenaire occasionnel a déclaré utiliser systématiquement (toujours) un condom pendant les rapports sexuels anaux, que ce soit dans le rôle actif ou passifNote de bas de page 94.

Dans l'étude I-Track, plus de la moitié (57,4 %) des jeunes ont déclaré avoir eu plus d'un partenaire sexuel au cours des six mois précédant l'enquête. Un nombre plus élevé d'hommes que de femmes ont indiqué avoir eu plus d'un partenaire sexuel (respectivement 62,2 % et 52,9 %). Environ un tiers de l'échantillon total (35,3 %) a signalé avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels; le nombre d'hommes le déclarant était supérieur au nombre de femmes (respectivement 50,4 % et 23,1 %)Note de bas de page 95 .

2.7 Santé mentale et maladie mentale

2.7.1 Santé mentale

Les mesures permettant de décrire la santé mentale des jeunes au Canada comprennent des mesures « positives » telles que la perception par l'individu de son état de santé mentale global, le sentiment de satisfaction dans la vie, la fréquence des sentiments de bonheur, la fréquence des sentiments d'intérêt pour la vie et la confiance en soi. Les mesures « négatives » comprenaient la perception, par l'individu, du stress de la vie en général.

Selon l'Enquêtesur la santé dans les collectivités canadiennes de 2011, environ trois quarts (76,5 %) des jeunes âgés de 12 à 24 ans ont indiqué que leur santé mentale générale était soit très bonne, soit excellente. Les perceptions ne variaient pas de façon significative entre les garçons et les filles. Par rapport à la population totale des jeunes, un nombre plus important de jeunes immigrants (82,1 %) et un nombre moins important de jeunes Autochtones (66,5 %) ont indiqué que leur santé mentale globale était très bonne ou excellenteNote de bas de page 96. Les conclusions étaient semblables à celles de l'Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières Nations (ERS), dans laquelle environ 65 % des jeunes Autochtones habitant dans les réserves (âgés de 12 à 17 ans) décrivaient leur santé mentale comme étant très bonne ou excellenteNote de bas de page 97.

Dans l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2011, la plupart des jeunes (95,9 %) âgés de 12 à 24 ans ont déclaré qu'ils étaient soit satisfaits, soit très satisfaits de leur vie en général, par rapport à 92,8 % des jeunes immigrants. Alors que la majorité a déclaré qu'ils s'étaient sentis heureux (85,8 %) et s'étaient intéressés à la vie presque chaque jour ou chaque jour au cours du mois précédent (88,7 %), les proportions variaient selon l'âge, l'identité autochtone et le statut d'immigrant. Par exemple, un nombre plus élevé de Canadiens âgés de 12 à 15 ans (90,4 %) et un nombre moins élevé de Canadiens âgés de 20 à 24 ans (82,9 %) et de jeunes Autochtones (83,5 %) ont déclaré éprouver de tels sentiments. Parmi les jeunes immigrants, 79,7 % ont indiqué être heureux, alors que 84,8 % ont dit qu'ils s'intéressaient à la vie chaque jour ou presque chaque jour au cours du mois précédent.

Par rapport à 18,4 % de la population totale âgée de 12 à 24 ans, un nombre plus important de filles (22,5 %) et de jeunes immigrants (21,1 %) ont indiqué que la plupart des jours étaient « assez » ou « extrêmement » stressants. Les niveaux de stress augmentaient également avec l'âge. Un nombre plus élevé de jeunes âgés de 16 à 19 ans (20,4 %) et de 20 à 24 ans (21,9 %) ont décrit la plupart des jours comme étant « assez » ou « extrêmement » stressants en 2011. Sur tous les jeunes, les plus petites proportions ayant déclaré de tels niveaux de stress se trouvaient chez les jeunes hommes (14,4 %) et les jeunes âgés de 12 à 15 ans (11 %).

Dans l'étude Les comportements de santé des jeunes d'âge scolaire de 2009-2010, moins de 50 % des garçons et des filles de la sixième à la dixième année ont indiqué avoir confiance en eux. Alors que la confiance en soi diminuait avec les années scolaires, un nombre plus important de garçons que de filles dans chaque année scolaire a indiqué avoir de la confiance en soi. Environ la moitié des garçons de sixième année ont déclaré avoir confiance en eux, par rapport à 26 % en dixième année. Chez les filles, 40 % en sixième année ont déclaré avoir confiance en elles, par rapport à 18 % en dixième année.

2.7.2 Maladie mentale

Les maladies mentales peuvent se manifester à l'adolescence et au début de l'âge adulte et continuer d'affecter le développement, la santé et le bien-être tout au long de la vie. La dépression chez les jeunes peut provoquer de l'hypertension artérielle, augmenter le fardeau des affections chroniques, nuire à la productivité et à la réussite scolaire, rendre difficile l'obtention ou le maintien d'un emploi et endommager les relations sociales. La dépression est également étroitement liée au suicide, la deuxième cause de décès en importance chez les jeunes au Canada.

Bien que la plupart des gens passent occasionnellement des périodes pendant lesquelles ils se sentent tristes ou déprimés, ces sentiments sont généralement de courte durée. On définit la dépression comme un sentiment persistant de tristesse ou de détresse qui perturbe la vie quotidienne normale. Les personnes atteintes de dépression peuvent ressentir de l'anxiété, du pessimisme, de la culpabilité, du désespoir, de l'irritabilité, ainsi qu'un sentiment de vide ou de dévalorisation. Elles peuvent également manquer d'énergie, avoir des troubles de sommeil, voir leur appétit changer et nourrir des pensées suicidaires.

Selon l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2011, 7,1 % des personnes âgées de 12 ans ou plus ont indiqué avoir reçu un diagnostic de trouble de l'humeur, tel que la dépression ou le trouble bipolaire, un pourcentage qui augmentait avec l'âge. Les jeunes âgés de 12 à 15 ans présentaient la proportion la plus faible (1,8 %) de troubles de l'humeur diagnostiqués, mais ce pourcentage passait à 4,4 % chez les jeunes âgés de 16 à 19 ans. Plus de 6 % (6,1 %) des jeunes âgés de 20 à 24 ans ont indiqué avoir jamais reçu de diagnostic de trouble de l'humeur, tel que la dépression.

Étant donné la stigmatisation persistante qui entoure la maladie mentale et la répugnance à obtenir des soins qui peut en découler, il faut noter que les déclarations de diagnostics ne reflètent pas le fardeau réel de la maladie mentale au Canada. Dans une étude canadienne menée en 2011 sur des étudiants de la cinquième à la dixième année, une proportion significative de jeunes a déclaré avoir eu des problèmes émotionnels au cours des six mois précédents, notamment des sentiments de déprime, de tristesse, de désespoir, de solitude, d'exclusion ou le désir d'être quelqu'un d'autre. Le nombre de garçons ayant déclaré de tels problèmes était relativement stable d'une année scolaire à l'autre, allant de 25 % en huitième année à 29 % en neuvième année. Une proportion considérablement plus importante de filles a déclaré avoir des problèmes émotionnels, qui empiraient avec les niveaux scolaires. Environ 35 % des filles en cinquième année ont déclaré avoir des problèmes émotionnels, par rapport à 27 % des garçons. En dixième année, la proportion des filles qui ont déclaré avoir des problèmes émotionnels grimpait à 44 %.

Notes en fin de chapitre

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