Le trafic sexuel
Le trafic sexuel est une forme de traite des personnes où un trafiquant recrute, déplace ou détient une victime pour des raisons sexuelles. Les trafiquants sexuels peuvent forcer leurs victimes à offrir des services sexuels avec des menaces, notamment du mauvais traitement et des manipulations mentales et émotionnelles. D’abord, ça peut ne pas sembler menaçant. Ça commence souvent par une relation en personne ou en ligne, avant que l’exploitation ne commence.
Avez-vous besoin d'aide?
Si vous ou quelqu’un que vous connaissez êtes une personne victime ou survivante de la traite des personnes, contactez la Ligne d’aide canadienne contre la traite des personnes en toute confidentialité pour de l’assistance accessible en tout temps.
Qui est à risque
N’importe qui peut être victime de trafic sexuel. Bien que l’histoire de chaque personne survivante soit unique, les trafiquants ciblent souvent des personnes qui sont en conflit avec leur famille ou en sont séparées, qui ont besoin d'emploi, qui ont besoin d'argent ou qui ont été victimes d'abus. Ce crime peut aussi toucher les hommes et les garçons vulnérables, mais d’après les données et les ressources gouvernementales accessibles, la traite des personnes au Canada touche plus souvent :
Les femmes et les filles
Les incidents de traite des personnes signalés par la police montrent que 93 % des victimes sont des femmes et des filles.Note de bas de page 1
Les adolescentes et les jeunes adultes
Les incidents de traite des personnes signalés par la police montrent que 22 % des victimes sont des filles de moins de 18 ans et que 41 % sont des femmes âgées de 18 à 24 ans.Note de bas de page 1
Les Autochtones
Le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées établit un lien entre le trafic sexuel et la violence, soulignant que les femmes et filles autochtones sont davantage exposées à ces risques en raison des répercussions sociales et économiques du colonialisme.Note de bas de page 2
Écoutez des témoignages de personnes Survivantes sur les signes à surveiller
Chaque cas de traite des personnes est unique, mais certains signes sont communs chez les victimes de trafic sexuel. Dans la vidéo suivante, de vraies personnes Survivantes de trafic sexuel témoignent de leur expérience.
Si vous rencontrez des difficultés pour diffuser les vidéos, veuillez nous en informer par l'outil de commentaires situé au bas de cette page.
Une version vidéo avec description est aussi disponible.
Transcription
La video qui suit traite de sujets pouvant causer de la détresse chez certaines personnes, comme l'exploitation sexuelle, la consommation de drogues et la violence.
Nous préférons vous en avertir.
La video qui suit contient des témoignages de victimes de trafic sexuel et de membres de leur famille.
Ces personnes ont partagé leurs expériences pour aider les Canadiennes et Canadiens à comprendre le problème du trafic sexuel au pays.
Quels ont été les signes précurseurs pour les victimes ou les personnes Survivantes de trafic sexuel?
On doit apprendre à reconnaître les signes, et on doit utiliser notre instinct et offrir notre soutien.
Brenda
Je pense que très souvent, on voit des choses, mais on se dit que ça ne nous regarde pas, puis on ne fait rien. J'ai seulement le sentiment que c'est notre responsabilité de prendre soin les uns des autres, de veiller les uns sur les autres. Et si on savait les signes, on en saurait plus.
Des formes subtiles de contrôle
Il attendait dans une autre chambre d'hôtel que je payais.
Mallory
Il était avec des amis, de l'alcool, de la drogue. Ils passaient du temps ensemble à s'amuser pendant que je travaillais. S'il fallait que je parte, je devais l'aviser et rentrer tout de suite après, évidemment et il envoyait habituellement la blonde d'un de ses amis pour qu'elle vienne avec moi et que je n'aille nulle part toute seule. Et au bout d'un moment, j'ai réalisé que c'était devenu habituel, que je n'allais jamais vraiment nulle part toute seule. Un jour, même, mes cartes d'identité et mes affaires avaient disparu.
La consummation de substances
On ne m'a pas expliqué les choses de la vie, sur le sexe, les pratiques sures, le consentement.
Raine
On n'en parlait pas dans les années 90 et 2000. Je vivais mal avec les conséquences du viol que j'avais subi et je prenais de la drogue et de l'alcool pour y faire face. En ce moment, j'élève un garçon de 13 ans, et s'il commençait à consommer systématiquement de grandes quantités de drogues et d'alcool, je dirais : « Qu'est-ce qui se passe? » Vous voyez ce que je veux dire? Je ne pense pas qu'un jeune enfant se dise : « Quand je serai grand, je veux boire énormément d'alcool et me mettre plein de drogue dans le corps. » Personne ne veut faire ça.
Des comportements autodestructeurs
Je ne peux pas parler pour d'autres, mais pour moi, mon trouble alimentaire a commencé quand je devais avoir autour de l'âge de huit ans; et c'est l'âge où j'ai commencé à être victime de traite.
J'ai commencé à contrôler ce que je mangeais. Je cachais de la nourriture. Je ne comprenais pas ce que je faisais, mais je le faisais. Et ça m'aidait à me sentir mieux. Et ça a juste continué à progresser à partir de là. J'ai longtemps lutté contre l'automutilation. Les gens appellent ça une dépendance. Et c'est une chose que j'ai surmontée. Mais je faisais ça pour échapper au traumatisme. On peut vraiment être affecté par un traumatisme. Et avec ce qui se passait, je ne savais pas quoi faire d'autre. J'avais l'impression de n'avoir personne vers qui me tourner. Je sais que ça a l'air étrange de se faire du mal physiquement, mais j'imagine que de causer de la douleur physique enlève la douleur émotionnelle.
Des changements dans l'apparence physique
Je me suis fait tatouer pendant que j'étais avec mon trafiquant et c'était le nom qu'il m'avait donné. Ça a été mon identité très longtemps. C'est dur d'avoir une partie de ton corps que tu ne veux pas voir, sur laquelle tu ne veux pas que les autres te posent de questions, ou que tu essaies d'éviter. Mais comment est-ce qu'on peut éviter son propre corps?
Les signes d'alerte dont font état les experiences partagées ne représentent que quelques-uns des signes possibles. Chaque situation de traite de personnes est unique, et les signes d'alerte sont très variés.
Si vous pensez que vous ou quelqu'un que vous connaissez pourriez être victime ou un survivant ou une survivante de trafic sexuel, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite de personnes : 1-833-900-1010
Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, 2025.
PS18-96/1-2025F-MP4
ISBN 978-0-660-75684-4
Sécurité publique Canada
Canada
Indices du trafic sexuel
Les mêmes signaux d’alarme ne sont pas sous présents pour chaque victime, et plusieurs de ces indices ne semblent pas évidents sur le moment — on peut simplement avoir l’impression que quelque chose cloche. Voici quelques éléments à surveiller.
Connaissez-vous une personne qui :
- a une nouvelle relation avec quelqu’un de contrôlant, peut-être en ligne?
- se sent intimidée ou contrôlée, par exemple, quelqu’un contrôle l’accès à son téléphone, ses pièces d’identité ou ses déplacements.
- reçoit beaucoup de cadeaux ou d’argent d’un ou une partenaire, sans aucune raison?
- semble sortir avec quelqu’un et la relation se dégrade soudainement?
- semble rempliée sur elle-même, isolée ou absente des environnements ou activités qui occupaient auparavant une place importante dans sa vie?
- subit des pressions pour partager des images intimes ou cacher des secrets à son cercle amical ou familial?
Si vous avez répondu oui à une ou plusieurs de ces questions, vous ou une personne que vous connaissez êtes à risque d'être victime de la traite des personnes.
Ce que vous pouvez faire
La lutte contre le trafic sexuel débute bien avant le début l'exploitation; elle commence par des discussions franches et sans jugement avec son entourage et ses proches.
Relations saines, limites et consentement
Le trafic sexuel peut s'installer dans le cadre d'une relation amoureuse, amicale ou familiale, ou avec un ou une collègue. C'est pourquoi il est si important de savoir à quoi ressemblent des relations saines.
Dans une relation saine, les personnes concernées devraient :
- se sentir bien dans la relation et ne pas se rabaisser mutuellement.
- avoir leurs propres goûts et préférences, en plus de leurs points en commun.
- pouvoir parler de leurs besoins sans se blesser mutuellement.
- ne pas s'empêcher mutuellement d'entretenir des amitiés avec d'autres personnes.
- se sentir à l'aise et en sécurité avec l'autre personne.
- avoir donné leur consentement libre et éclairé à tout ce qui se passe.
Les limites – soit les limites personnelles fixées par chaque individu en matière d'espace physique, de contact physique, de temps, de partage émotionnel et d'attention – constituent un élément essentiel des relations saines. Ces limites être communiquées de différentes manières : elles peuvent parfois être exprimées ouvertement, mais aussi par de l'hésitation, un retrait, un changement de sujet ou le silence. Connaître les limites aide à repérer les comportements malsains et à demander de l'aide si quelque chose ne va pas.
Le droit de chaque personne d'établir ses propres limites personnelles vient avec la responsabilité tout aussi importante de respecter ces limites. C'est là tout le sens du consentement. Ça signifie que personne n'est contraint de faire quoi que ce soit et que chacun donne son accord de manière active, volontaire et continue. Le consentement ne peut être présumé ni deviné, et il peut changer à tout moment. Dans une relation, ça peut porter à confusion, car une personne peut dire oui sans être consentante – par exemple, si elle ressent de la pression, a peur de dire non, ou s'inquiète des conséquences. Dans les situations de trafic sexuel, les déséquilibres de pouvoir dans les relations sont courants; c'est pourquoi l'absence de consentement constitue un indice majeur à surveiller.
Comment aider quelqu'un
Si une personne se confie à vous au sujet d'une relation qui lui semble malsaine ou dangereuse, c'est important de l'écouter sans la juger. De nombreux trafiquants utilisent la peur et la honte pour empêcher les victimes de parler de ce qui leur arrive; il est donc essentiel de créer un espace sûr, bienveillant et sans jugement. Ne remettez pas cette personne en question et ne lui dites pas quoi faire. Proposez-lui plutôt des options et des moyens de l'aider (en prenant de ses nouvelles en privé, par exemple, et en lui indiquant où trouver de l'aide).
Si vous soupçonnez une personne de votre entourage d'être victime de trafic sexuel, agissez de manière prudente pour l'aider. Vous pouvez entre autres, noter tout ce que vous avez observé; attendre le bon moment pour en discuter avec la personne lorsqu'elle sera en sécurité, pour s'assurer qu'elle va bien et pour lui proposer votre aide; ou déléguer la tâche en contactant la police locale ou la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes.
Où trouver de l'aide
Si vous ou quelqu'un que vous connaissez êtes victime de trafic sexuel, vous pouvez ressentir beaucoup d'incertitude. Même si vous hésitez à le faire, il est important de demander de l'aide.
Si vous êtes en danger immédiat, composez le 911.
Si vous pouvez utiliser un téléphone ou vous connecter à Internet en toute sécurité, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes au 1-833-900-1010. C'est un service confidentiel, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par année, offert dans plus de 200 langues, et accessible aux personnes sourdes, malentendantes et non verbales.
Contrôler les victimes
Découvrez la motivation des trafiquants, la façon dont ils recrutent et contrôlent les victimes, et comment identifier les signes du crime.
Les personnes touchées
N'importe qui peut être victime, mais découvrez pourquoi certaines personnes courent un risque plus élevé.
