L’envers du badge : Chanveer Rai

Sous un ciel rempli de musique, de couleurs et de l’odeur de la nourriture du festival, Chanveer Rai participe fièrement chaque année au défilé de Vaisakhi de Surrey en portant son uniforme de cérémonie de la garde d’honneur. 

La célébration annuelle de la foi sikhe et de la saison des récoltes attire chaque printemps plus de cinq cent mille personnes dans la deuxième plus grande ville de la Colombie‑Britannique. Pour de nombreuses familles sud‑asiatiques qui bordent les rues et qui n’ont jamais vu d’agent correctionnel auparavant, la présence de M. Rai est une première — et un puissant rappel que la fonction publique peut aussi leur ressembler.

Un gestionnaire en uniforme du Service correctionnel Canada, Chanveer Rai, porte le drapeau canadien. Il porte l’uniforme de cérémonie de la garde d’honneur bleu foncé avec des accents dorés, un chapeau, des gants blancs et une épée de cérémonie.
Depuis 16 ans, Chanveer Rai représente le Service correctionnel du Canada avec une force tranquille, un professionnalisme indéfectible et un dévouement envers le service communautaire.

Ayant grandi à Abbotsford, M. Rai, qui en est maintenant à sa seizième année de service, s’est bâti une carrière caractérisée par le service communautaire, le leadership et une force tranquille. Après avoir obtenu un diplôme en criminologie à l’Université Fraser Valley, il s’est d’abord imaginé intégrer les forces de l’ordre. « Je regardais du côté des bureaux de shérif, de la police, peut‑être des douanes, se souvient‑il. Les services correctionnels fédéraux ne m’étaient jamais venus à l’esprit jusqu’à ce qu’un ami m’encourage à postuler. »

Il s’est joint au Service correctionnel du Canada (SCC) en 2010, faisant ses débuts à l’Établissement de Kent. La courbe d’apprentissage était raide, mais M. Rai a rapidement gravi les échelons pour atteindre son poste actuel de gestionnaire correctionnel à l’Établissement du Pacifique. En cours de route, il a géré des opérations complexes, dirigé des équipes d’intervention d’urgence et a supervisé de nombreux employés dans les établissements.

Un moment décisif est survenu pendant la pandémie de COVID‑19, lorsqu’il a aidé à mettre sur pied une unité médicale mobile à l’hôpital régional d’Abbotsford pour loger et surveiller en toute sécurité les détenus durant une éclosion. « Il n’y avait pas de plan, dit‑il. Nous avons dû construire un établissement de toutes pièces au sein de la collectivité, créer de nouveaux protocoles et assurer la sécurité de tout le monde. C’était chaotique, mais nous y sommes parvenus. »

Dans le cadre d’une carrière exigeante, M. Rai a trouvé sa seconde vocation dans les services de cérémonie. Sa première exposition à la garde d’honneur remonte à 2011, après avoir assisté aux funérailles d’un agent correctionnel tué dans l’exercice de ses fonctions dans l’État de Washington. « Le fait de voir des agents de toute l’Amérique du Nord se rassembler pour honorer quelqu’un qui a donné sa vie au service a eu une incidence durable sur moi, dit‑il. »

Après avoir fait ses débuts en tant que membre de la garde de cérémonie, il a gravi les échelons pour devenir commandant de la garde régionale de la région du Pacifique en 2023. Aujourd’hui, il dirige une équipe composée d’environ 36 membres bénévoles qui assistent à des cérémonies, à des funérailles et à des défilés dans l’ensemble de la Colombie‑Britannique et au‑delà.

Il est particulièrement fier d’avoir favorisé la participation du SCC au défilé de Vaisakhi de Surrey, l’une des plus grandes célébrations sikhes en dehors de l’Inde. « C’est un message puissant pour les enfants de la communauté de voir quelqu’un qui leur ressemble en uniforme, dit M. Rai. Nous ne sommes pas souvent perçus de manière positive, donc le fait d’être là, d’interagir avec les familles et de répondre aux questions aide à changer les perceptions. »

Close-up photo of Chanveer Rai in uniform.
Chanveer Rai, gestionnaire correctionnel, garde d’honneur, Service correctionnel Canada

M. Rai considère la garde d’honneur non pas comme un apparat, mais comme un symbole de respect et d’unité. « Travailler dans le système correctionnel peut être difficile, dit‑il. La garde d’honneur est l’un des aspects les plus positifs de ce que nous faisons. Cela nous rappelle la raison pour laquelle nous servons : pour apporter dignité, compassion et honneur à chaque aspect du travail et pour faire preuve de respect aux familles dont les proches ont choisi la fonction publique comme carrière. »

Alors que son mandat de trois ans en tant que commandant de la garde régionale touche à sa fin, M. Rai se concentre sur le mentorat, l’héritage et la planification de la relève. Il passe des heures à former de nouveaux membres, en mettant l’accent à la fois sur la précision et l’objectif, ainsi que sur le transfert de connaissances à la prochaine cohorte.

« Je leur dis que ce n’est pas seulement la façon dont nous défilons ou saluons — c’est ce que ces gestes représentent, dit‑il. Chaque fois que nous portons l’uniforme, nous portons le flambeau de ceux et celles qui nous ont précédés. »

Le parcours de M. Rai représente le visage en évolution du Service correctionnel du Canada — diversifié, dévoué et profondément humain. « Si même un jeune me voit à un défilé et pense : "Je pourrais faire ça aussi", dit‑il, alors j’ai fait mon travail. »

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2025-11-28