Porter le flambeau : Michael Cadorin, sergent-major régional

Pour Michael Cadorin, travailler au Service correctionnel du Canada fait partie intégrante de son héritage familial.

Ayant grandi à Langley, en Colombie-Britannique, il n’a jamais été bien loin du lieu où il travaille présentement à titre de gestionnaire correctionnel – l’Établissement de Matsqui, situé à Abbotsford – et encore moins des histoires qui ont suscité son intérêt pour ce domaine.

« Mon grand-père a commencé à travailler au SCC dans les années 1970, à l’époque du Pénitencier de la Colombie‑Britannique, et a plus tard été transféré à l’Établissement de Matsqui, lorsque le pénitencier a fermé ses portes, se remémore Michael. Il était agent correctionnel. C’était un homme exubérant et divertissant qui adorait raconter des histoires sur son travail. »

Ces histoires – un mélange de récits relatant des situations de danger, une discipline et une raison d’être – l’ont marqué. « J’étais assez jeune, mais je me souviens d’avoir été fasciné et particulièrement attiré par cet uniforme vert olive, dit-il. Ce travail paraissait important, même s’il était difficile. »

Après avoir obtenu un diplôme en administration des affaires en 2001, Michael a envisagé diverses possibilités dans le domaine de l’application de la loi. Le SCC ayant été le premier à lui répondre, il a décidé de se lancer. En 2006, il suivait une formation pour devenir agent correctionnel au même établissement où il travaille encore aujourd’hui.

Assumer ce rôle, c’était aussi prendre part à un héritage.

« À mes débuts, j’ai travaillé avec de nombreux agents qui étaient sur le point de prendre leur retraite et qui avaient travaillé avec mon grand‑père, dit Michael. Une de ces personnes était l'ancienne directrice de mon établissement, qui a récemment pris sa retraite et qui, au début de sa carrière, alors qu'elle était CX1, travaillait avec mon grand-père. »

Profil latéral d’un homme en uniforme de cérémonie aux côtés d’autres personnes.

Michael Cadorin au Service commémoratif des policiers et des agents de la paix de 2025, à Ottawa.

Pour Michael, c’était un rappel concret qu’il poursuivait une mission qui allait bien au-delà de sa personne. Comptant maintenant près de 20 ans de service, Michael gère l’unité 2 de l’Établissement de Matsqui, qui accueille 104 détenus, et supervise 13 agents. 

« C’est un défi, mais un beau défi, dit-il. On ne sait jamais ce que la journée nous réservera. Les priorités changent constamment, et ça nous garde alertes. »

Il comprend les réalités du milieu. « On peut vivre des situations négatives et difficiles, et on rencontre souvent des personnes dans leurs moments les plus sombres, dit Michael. Mais chaque journée offre des occasions de croître et de changer. Les gens ont-ils la capacité de changer? Absolument, et quand cela se produit, cela nous rappelle pourquoi on fait ce travail. »

Ce réalisme trouve son équilibre dans la compassion. Au fil des ans, il a vu plusieurs jeunes délinquants – certains âgés de seulement 18 ans – arriver dans son unité déjà marqués par les traumatismes, la dépendance et la violence. « Quand je vois une personne aussi jeune être admise pour quelque chose d’aussi grave qu’un homicide involontaire, je ne peux m’empêcher de me dire : comment sa vie a-t-elle pu autant déraper? »

Un homme portant un uniforme brun se tenant devant la barrière d’une prison.

Photo du grand-père de Michael se tenant à l’extérieur de l’ancien Pénitencier de la Colombie-Britannique. (vers les années 1970)

Pour Michael, comprendre ces causes profondes fait partie de la mission du SCC. « On est là pour s’attaquer aux facteurs de risque qui ont amené ces personnes ici – des éléments qui peuvent être enracinés depuis l’enfance. Il y a toute une équipe de gestion de cas derrière ce travail. Mon rôle est dans l’unité résidentielle, directement dans le pavillon où chaque jour, on interagit avec les détenus, on fait des suivis et on mène des entrevues. On finit par connaître leurs histoires. »

Bien qu’il entende rarement parler de ce qui se passe après la mise en liberté, il sait que l’absence de nouvelles peut vouloir dire que tout va bien. « S’ils ne reviennent pas, c’est que les choses ont bien tourné. »

En dehors des murs de l’Établissement de Matsqui, l’engagement de Michael à l’égard du service prend une forme cérémonielle et symbolique. Depuis 2024, il est sergent-major régional, région du Pacifique, au sein de la garde d’honneur du SCC – un rôle officiel qui s’inscrit dans la continuité de son engagement de longue date auprès de la garde d’honneur, à laquelle il s’est joint en 2008. La garde d’honneur participe chaque année à environ 20 à 25 cérémonies, dont des défilés de la fête du Canada, des événements de la Légion royale canadienne, des services commémoratifs et des cérémonies de passation des pouvoirs.

Chaque année, en septembre, il participe avec ses collègues au Service commémoratif des policiers et des agents de la paix, à Ottawa, aux côtés d’agents d’application de la loi venus de partout au pays. « C’est un puissant rappel que notre travail comporte des risques – et que nous veillons les uns sur les autres », dit-il.

Michael Cadorin en uniforme de cérémonie devant d’autres personnes.

Michael Cadorin en l’uniforme de cérémonie de la garde d’honneur.

Son grand‑père, qui est décédé en 2006, lui a donné quelques conseils simples qui le guident encore aujourd’hui : « Sois juste, ferme et constant, et sois prudent. »

Pour Michael, ces paroles – et l’uniforme qu’il porte – ont toujours la même signification : service, honneur et résilience, tant à l’intérieur des murs qu’à l’extérieur.

« La garde d’honneur trouve tout son sens dans l’honneur et l’intégrité, affirme Michael. Ses valeurs reflètent un profond respect pour ceux qui nous ont précédés, tout en présentant notre profession au public de manière positive et digne. »

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2026-01-23