Visages du SCC : Jessica Seip

Le parcours de Jessica Seip vers le poste d’agente de libération conditionnelle n’était pas exactement linéaire – c’était plutôt un cheminement sinueux caractérisé par quelques coups de chance, beaucoup de cœur et une curiosité profonde au sujet du comportement humain.
Jessica a grandi à Langley, en Colombie-Britannique, et a obtenu un diplôme en justice criminelle et communautaire, car elle était attirée par l’idée de la justice réparatrice et d’aider les délinquants à réussir leur réinsertion sociale.
« Je ne savais même pas que le poste d’agente de libération conditionnelle existait à l’époque, dit-elle en riant. Je savais juste que je voulais travailler en milieu communautaire. »
Sa première expérience pratique s’est déroulée dans des maisons de transition de Surrey, où elle a travaillé pendant un an et demi, en offrant du soutien aux personnes alors qu’elles faisaient la transition de l’incarcération à la collectivité. Ces installations offrent un environnement structuré de soutien avec une surveillance et des ressources pour aider les résidents à réussir leur réinsertion sociale tout en assurant la sécurité publique.
« Mon cœur est resté dans ces maisons de transition, » affirme-t-elle affectueusement.
Ensuite, elle s’est jointe au Service correctionnel du Canada (SCC) à titre d’adjointe à la gestion des cas au Bureau de libération conditionnelle de New Westminster. Après quelques années, elle a décidé de postuler un poste d’agente de libération conditionnelle en établissement.
Bien qu’elle hésitait au départ à travailler dans un établissement, Jessica a accepté un poste à l’Établissement de Mission en 2009.
« Je croyais que je retournerais travailler en milieu communautaire dès que l’occasion se présenterait, admet-elle. Mais j’ai fini par adorer le travail en établissement. J’ai eu l’occasion de travailler individuellement avec les délinquants et de les aider à se préparer à leur libération – c’est extrêmement gratifiant. »
Au fil des années, Jessica s’est spécialisée dans le travail auprès des délinquants autochtones, sa charge de travail étant composée des cas de délinquants autochtones depuis les 14 dernières années. Cela comprend de travailler avec l’initiative des Sentiers autochtones du SCC, un cheminement de guérison ancré dans la culture où les Autochtones sont appuyés grâce à des enseignements traditionnels, des cérémonies et des activités de bien-être dirigées par des intervenants communautaires.
Cette expérience l’a amenée à l’Établissement William Head en 2013, un poste très recherché dans un endroit pittoresque et un environnement à sécurité minimale offrant des programmes solides destinés aux Autochtones. « Je ressentais que c’était mon destin, » dit-elle en se remémorant ses liens avec l’Aîné responsable des Sentiers autochtones et la façon dont son expérience faisait d’elle la candidate idéale pour le poste.
Alors, que font en réalité les agents de libération conditionnelle?
« Nous sommes des analystes du risque, explique Jessica. Nous ne prenons pas de décisions – nous formulons des recommandations en fonction d’évaluations. »
Selon le contexte, le rôle de l’agent de libération conditionnelle peut avoir différents aspects. Les agents de libération conditionnelle en établissement, comme Jessica, travaillent dans les établissements correctionnels, en aidant les délinquants à se préparer pour leur mise en liberté par le biais d’évaluations du risque, d’un soutien motivationnel et d’une planification.
Les agents de libération conditionnelle dans la collectivité prennent la relève une fois que la personne est libérée, en veillant au respect des conditions et en mettant en correspondance les ressources et les personnes de manière à favoriser la réinsertion sociale de ces dernières. Alors que l’un travaille entre les murs et l’autre, dans la collectivité, les deux visent l’atteinte du même objectif qui consiste à favoriser la réhabilitation et la sécurité publique.
Ce travail vient avec son lot de défis, par contre.
« Ce peut être un travail ingrat, admet-elle candidement. On lit beaucoup de dossiers difficiles, on compose avec des traumatismes et, parfois, on assiste à des audiences en présence de victimes – c’est très difficile. »
Pour composer avec ces défis, Jessica affirme qu’elle s’appuie sur le soutien de ses collègues et des responsables des agents de libération conditionnelle, et qu’elle garde le cap en se concentrant sur l’objectif de son travail.
« Lorsqu’on voit quelqu’un se transformer réellement et être libéré, c’est là qu’on ressent que le travail en vaut la peine. »
Seize ans plus tard, la motivation de Jessica reste plus forte que jamais.
« Je suis toujours fascinée par le comportement humain, dit-elle. Je ne m’en lasse pas encore. »
Jessica affirme que les personnes qui aspirent à devenir agent de libération conditionnelle doivent savoir qu’il s’agit d’un travail lourd sur le plan émotif et mental. Elle insiste sur l’importance de disposer d’une bonne capacité d’adaptation, d’un solide réseau de soutien et d’une excellente conciliation travail-vie personnelle.
« On parle de la résilience pour les délinquants – mais le personnel en a besoin aussi. »