Un parcours inattendu vers les services correctionnels : Joyce Seidel reçoit le Prix des CCC James A. Murphy

Pour la plupart des commissaires aux mariages, les cérémonies se déroulent dans des églises, des jardins, sur des bateaux ou le long de berges pittoresques.

Pour Joyce Seidel, elles avaient souvent lieu derrière les murs d’une prison.

Ayant été pendant plus de dix ans commissaire aux mariages en Colombie-Britannique, Joyce a célébré environ 50 mariages dans des établissements fédéraux, notamment aux établissements Mountain, de Mission et de Kent. Elle a vu des mariées arriver en robe de mariage, se soumettre aux protocoles de sécurité complexes et vivre l’un des moments les plus importants de leur vie dans un milieu où peu de choses peuvent être tenues pour acquises.

« C’était un petit moment de normalité qui leur permettait de vivre quelque chose que nous tenons souvent pour acquis, se rappelle Joyce. Je traitais les personnes avec respect, et elles me le rendaient toujours. »

Ces années ont donné à Joyce une perspective unique sur le système correctionnel ainsi que sur les personnes qui sont prises en charge par le système et celles qui y travaillent. Ce qui avait commencé comme un rôle professionnel s’est transformé en un profond engagement à l’égard du service communautaire et du milieu correctionnel, qui a valu à Joyce le Prix des comités consultatifs de citoyens (CCC) James A. Murphy de 2025.

Le prix reconnaît les contributions exceptionnelles des membres des CCC à l’échelle du Canada, et peu de personnes incarnent aussi clairement cet engagement que Joyce.

La lauréate du prix Joyce Seidel détient son certificat aux côtés du commissaire régional adjoint Brooks Kassen.

Joyce Seidel aux côtés de Brooke Kassen, commissaire régionale adjointe par intérim de la région du Pacifique.

Originaire de Montréal, où elle est née et a grandi, Joyce a obtenu un baccalauréat en commerce, avec spécialisation en marketing, de l’Université Sir George Williams, à une époque où les femmes étaient encore très peu représentées dans les programmes d’administration des affaires.

« Je faisais partie d’un petit nombre de femmes inscrites au programme à temps plein », dit‑elle.

Sa carrière l’a amenée à travailler dans les domaines du marketing, de la publicité, de la comptabilité et de la gestion de bureau. Après avoir passé près de 20 ans en Ontario, elle s’est installée en Colombie-Britannique avec son mari après la retraite de ce dernier. À la suite de son décès soudain peu de temps après, Joyce a cherché de nouvelles façons de demeurer active et engagée au sein de sa collectivité.

Le fait de devenir commissaire aux mariages en 2005 s’est avéré un tournant dans sa vie. Dix ans plus tard, une connaissance l’a encouragée à assister à une réunion du CCC de l’Établissement Mountain, situé près de chez elle.

Quelques mois plus tard, elle assumait la présidence du CCC de l’Établissement Mountain, un rôle qu’elle occupe depuis 2017.

Au cours des huit dernières années, Joyce est devenue l’une des membres de CCC les plus respectés et les mieux renseignés de la région du Pacifique. Elle se rend régulièrement à l’Établissement Mountain, y rencontre le personnel et les délinquants, assiste aux remises de certificats de programmes et aux cérémonies autochtones, participe aux audiences de la Commission des libérations conditionnelles et appuie activement le Comité de mieux-être des détenus.

« La connaissance que Joyce possède des activités quotidiennes de son établissement dépasse celle de la plupart des membres de CCC que j’ai connus », affirme Eddy Elmer, président régional des CCC de la région du Pacifique.

Son dévouement l’a également menée au-delà de l’Établissement Mountain. Joyce agit actuellement à titre de vice-présidente régionale intérimaire pour la région du Pacifique et a réalisé près de 20 évaluations au sein de comités externes d’examen des griefs aux établissements Mountain, de Kent et de Matsqui – un processus souvent complexe et long qui permet de donner suite aux préoccupations des délinquants et d’améliorer la communication entre les établissements et les personnes qui y sont prises en charge.

« Joyce accepte souvent des tâches que d’autres évitent », souligne Morgan Andreassen, directeur de l’Établissement de Matsqui.

« C’est une source d’inspiration pour les autres bénévoles et membres de CCC, et je ne peux imaginer remettre ce prix à une autre personne qu’elle. »

Qu’il s’agisse d’examiner des griefs de délinquants, de participer aux travaux du groupe de travail sur le cimetière du Pénitencier de la Colombie-Britannique ou d’assurer temporairement la présidence du sous-comité sur les unités d’intervention structurée, Joyce a toujours répondu présente lorsqu’on avait besoin d’elle.

Sa passion pour l’apprentissage est devenue l’une de ses caractéristiques les plus marquantes.

« J’aime apprendre, dit-elle tout simplement. Toutes les occasions d’apprentissage que le CCC nous offre, je les saisis. »

Cette curiosité l’a aidée à établir de solides relations avec le personnel, les délinquants et les autres bénévoles. Elle a aussi renforcé sa conviction que le changement positif est possible.

Une initiative marquante concernait des délinquants de l’Établissement Mountain qui ont fabriqué, puis offert à un organisme communautaire local, un coffre à couvertures fait à la main. L’objet a ensuite été vendu 900 $ et les fonds ont été remis à la banque alimentaire locale.

« Les détenus ont fait don des matériaux requis, de leur temps et de leur savoir-faire, raconte Joyce. J’ai trouvé cela formidable. De nombreux délinquants souhaitent avoir l’occasion de contribuer positivement et de se préparer à leur éventuel retour dans la société. »

Lorsqu’elle a appris qu’elle avait été choisie pour recevoir le Prix des CCC James A. Murphy, Joyce est restée bouche bée.

« Personne ne m’en avait parlé, dit-elle en riant. Je suis restée là à me demander : “Qui a fait ça?” »

Fidèle à elle-même, elle s’empresse de partager le mérite.

« Je fais partie d’un CCC formidable, affirme-t-elle. Les membres sont très engagés, et toujours prêts à apprendre et à participer. Nous bénéficions d’un excellent soutien de la direction et entretenons une solide relation de collaboration. »

Le SCC est reconnaissant envers Joyce pour ses années de service bénévole dévoué et son engagement indéfectible à créer des liens entre les établissements et les collectivités. Elle continue d’incarner l’esprit du prix et le rôle essentiel que jouent les membres des CCC dans le système correctionnel canadien.

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2026-06-22