Caractéristiques des délinquantes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes
Faits saillants de la recherche : Le nombre total de personnes purgeant des peines d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements pour femmes a augmenté parallèlement à la croissance de la population carcérale fédérale de délinquantes, les Autochtones représentant 42 % de ce groupe.
Numéro : RIB-25-35
Date : 2026
Format alternatif :
Pourquoi nous avons effectué cette étude
Bien que les femmes ne représentent qu’une proportion relativement faible de la population carcérale fédérale, des recherches antérieures ont noté une croissance de la population carcérale fédérale de délinquantes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou une d’une durée indéterminéeFootnote 1 entre les exercices 2015 à 2016 et 2019 à 2020 (Motiuk et Hayden, 2021). La présente analyse indique les tendances actualisées concernant la taille et les caractéristiques de la population de délinquantes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes.
Ce que nous avons fait
Les informations relatives aux personnes sous responsabilité fédérale le 26 octobre 2025 ont été tirées du Système intégré de rapports – Modernisé (SIRM) du SCC. Des informations ont également été extraites, à des fins de comparaison, des instantanés de fin d’exercice financier des quatre années précédentes. Une analyse a été entreprise pour se pencher sur la population de délinquantes purgeant une peine à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes, y compris les tendances au fil du temps ainsi que les caractéristiques du profil. Pour une description des mesures d’évaluation, consultez la Directive du commissaire 705-6.
Ce que nous avons constaté
Au 26 octobre 2025, les personnes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée représentaient 17 % de la population de délinquantes dans les établissements fédéraux pour femmes. Au cours des cinq derniers exercices financiers, ce pourcentage a diminué, passant de 21 % à 17 %, bien que, en chiffres bruts, ce type de délinquantes ait légèrement augmenté (passant de 125 à 142). Au cours de la même période, l’ensemble de la population carcérale de délinquantes, qui avait connu une baisse auparavant, a augmenté (passant de 584 à 825) (Motiuk et Keown, 2022).
Tableau 1. Personnes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes, EF 2021-2022 à 2025-2026 (cumul annuel*).
| Exercice financier | % (N) de personnes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou de durée indéterminée |
| EF 2021-2022 | 21 % (125) |
| EF 2022-2023 | 20 % (128) |
| EF 2023-2024 | 19 % (142) |
| EF 2024-2025 | 18 % (143) |
| EF 2025- 2026 depuis le début de l’exercice* | 17 % (142) |
*Au 26 octobre 2025.
La taille relative de la population de délinquantes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements pour femmes variait selon les régions :
13 % de la population de la région de l’Atlantique (N = 15, soit 11 % du total national)
19 % de la population de la région du Québec (N = 27, soit 19 % du total national)
22 % de la population de la région de l’Ontario (N = 47, soit 33 % du total national)
7 % de la population de la région des Prairies (N = 18, soit 13 % du total national)
35 % de la population de la région du Pacifique (N = 35, soit 25 % du total national)
Caractéristiques du profil
Parmi les personnes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements pour femmes en octobre 2025, 39 % étaient blanches, 42 % autochtones, 8 % noires et le reste avait une autre identité raciale. Plus de la moitié (54 %) avaient une cote de sécurité moyenne, 13 % une cote de sécurité maximale et 29 % une cote de sécurité minimale (les autres avaient un niveau de sécurité indéterminé). Par rapport à leurs homologues non autochtones, les Autochtones purgeant une peine à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements pour femmes avaient tendance à être plus jeunes et étaient plus susceptibles d’avoir purgé moins de cinq années de leur peine (c.-à-d. 40 % contre 29 %). Elles étaient plus susceptibles d’être classées comme ayant des besoins liés aux facteurs dynamiques élevés (64 % contre 49 %) et un potentiel de réinsertion sociale faible (54 % contre 35 %), tandis qu’elles étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir un indicateur Meurtre I (meurtre au premier degré) (17 % contre 42 %) et un peu moins susceptibles d’avoir une cote de sécurité maximale (10 % contre 15 %).
Tableau 2. Profil d’âge et d’infractions de la population purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou de durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes (26 octobre 2025), selon l’identité raciale
| Caractéristique ou mesure | Non-autochtone (n = 82) | Autochtone (n = 60) | Global (n = 142) |
| Âge moyen (médian) | 47 (46) | 42 (40) | 45 (43) |
| Nombre moyen (médian) d’années en détention | 9 (9) | 10 (7) | 9 (8) |
| Meurtre au premier degré (Meurtre I) | 42 % | 17 % | 31 % |
| Affiliations à un groupe menaçant la sécurité (GMS) | 4 % | 10 % | 6 % |
Remarque : La somme des pourcentages pourrait ne pas être égale à 100 en raison de l’arrondissement des chiffres.
Tableau 3. Classification de sécurité et caractéristiques de la gestion de cas de la population purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou de durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes (26 octobre 2025), selon l’identité raciale
| Caractéristique ou mesure | Non-autochtone (n = 82) | Autochtone (n = 60) | Global (n = 142) |
| Cote de sécurité du délinquant (CSD) : Sécurité maximale | 15 % | 10 % | 13 % |
| Cote de sécurité du délinquant (CSD): Sécurité moyenne | 48 % | 63 % | 54 % |
| Cote de sécurité du délinquant (CSD): Sécurité minimale | 33 % | 23 % | 29 % |
| Cote de sécurité du délinquant (CSD): Indéterminée | 5 % | 3 % | 4 % |
| Besoins liés aux facteurs dynamiques élevés | 49 % | 64 % | 56 % |
| Risque lié aux facteurs statiques élevé | 71 % | 76 % | 73 % |
| Faible potentiel de réinsertion sociale | 35 % | 54 % | 44 % |
| Faible motivation | 10 % | 2 % | 7 % |
Remarque : La somme des pourcentages pourrait ne pas être égale à 100 en raison de l’arrondissement des chiffres.
Ce que cela signifie
Le nombre de délinquantes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée dans les établissements fédéraux pour femmes a augmenté parallèlement à la croissance de la population carcérale fédérale. Par rapport aux délinquantes non autochtones, les délinquantes autochtones constituent le sous-groupe le plus important de cette population (42 %) et sont un peu plus jeunes, et plus souvent aux premières étapes de leur peine à perpétuité. Bien que les personnes purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité ou d’une durée indéterminée représentent moins de 20 % de la population dans les établissements pour femmes, ces cas sont associés à des besoins uniques en matière de gestion des peines correspondant aux diverses étapes des peines de longue durée (voir la Directive du commissaire 705-6).
Références
Motiuk, L. et L. A. Keown (2021). (2022), Incidence de la pandémie sur le profil de la population carcérale sous responsabilité fédérale : délinquantes, RIB-22-09 Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.
Pour de plus amples renseignements
Vous pouvez joindre la Direction de la recherche à l’adresse suivante : recherche@csc-scc.gc.ca. Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.
Préparé par : Molly Stewart et Laura McKendy
