Un cap important franchi pour la flotte de la Garde côtière canadienne
Tous les jours, les équipages de la Garde côtière canadienne (GCC) bravent les marées pour assurer la sécurité des navigateurs, protéger l'environnement marin et répondre aux appels à l'aide.
Depuis 2015, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) soutient la Garde côtière canadienne dans une mission d'un autre genre, soit la construction de 20 bateaux de recherche et sauvetage à grand rayon d'action destinés à servir la population sur les eaux du pays. Comme les bateaux portent chacun le nom d'une baie canadienne, ils constituent une classe de navires appelée la classe Baie.
En novembre 2025, le Canada a obtenu la livraison du dernier navire de la classe, soit le navire de la Garde côtière canadienne Mira Bay. Maintenant en service un peu partout au pays, les 20 nouveaux bateaux ont permis de renforcer la capacité de la GCC à intervenir rapidement et efficacement en cas d'urgence.
Les experts en approvisionnement maritime de SPAC ont participé au projet dès le départ jusqu'à la livraison de chaque bateau à sa destination. Leur soutien a permis d'orienter le cours de cette initiative de renouvellement des bateaux de sauvetage.
S'embarquer dans la conception
La GCC a entamé la conception en prenant pour point de départ un modèle d'embarcation de sauvetage britannique, qui a été adapté à ses opérations et aux conditions du Canada. SPAC a ensuite attribué un contrat à un cabinet d'architecture navale canadien pour peaufiner le concept révisé. Les principales exigences consistaient à remplacer la fibre de verre du corps du bateau par de l'aluminium et à moderniser l'équipement et les machines pour en permettre l'utilisation de ce côté-ci de l'océan.
En se basant sur la conception obtenue, SPAC a invité les chantiers navals à soumissionner la construction de 10 de ces bateaux. Au terme du processus, il a attribué un contrat de construction à Chantier Naval Forillon, de Gaspé (Québec), et un autre à Hike Metal Products, de Wheatley (Ontario).
Les deux chantiers navals ont été chargés d'examiner la conception, la construction et l'armement des bateaux, de signaler les problèmes, les omissions et les incohérences et de lui recommander des solutions, s'il y a lieu. Par exemple, certains éléments ont été optimisés pour permettre une production plus efficace dans le respect de la conception initiale et des exigences de la GCC, explique Amine Ali Haider, membre de l'équipe de SPAC. « Les chantiers navals sont des experts de la production. Nous avons donc tiré parti de leur savoir-faire. »
Gérer le flot de la production
Chaque bateau comptait différentes composantes qui ont dû être assemblées en un tout fonctionnel. « Les composantes principales sont la coque et la quille qui constituent la partie inférieure, ainsi que la superstructure qui repose dessus », indique Luc Girard, également membre de l'équipe de SPAC.
Les composantes comprennent non seulement les moteurs et les commandes, mais aussi les câbles, les pompes, les systèmes de régulation de la climatisation, le matériel médical pour les opérations de sauvetage et plus encore. « Il importait de rassembler tous les éléments à l'avance pour nous assurer que le tout était compatible et que les pièces de la structure du bateau pouvaient être taillées correctement du premier coup », fait remarquer M. Haider.
À première vue, les bateaux peuvent paraître identiques, mais ils présentent quelques différences. Les équipages régionaux de la GCC ont eu leur mot à dire dans le choix de l'équipement selon les besoins opérationnels qui leur sont propres. Par ailleurs, les changements d'équipement ont été dictés par l'évolution de l'industrie. Comme les bateaux ont été construits sur une période de 10 ans, certaines pièces ont cessé d'être produites ou ont été améliorées en cours de route, ce qui est venu compliquer la construction de l'ensemble des bateaux. Pour des bateaux inchavirables comme ceux-ci, qui reviennent à la verticale en cas de chavirement, tout changement pouvait entraîner de nouveaux calculs et un examen technique. « Le poids du bateau doit être contrôlé de près », explique M. Girard.
Dès que les premiers bateaux ont été prêts, le système de redressement automatique a été soumis à des tests rigoureux. « Les chantiers navals ont renversé les bateaux à l'aide de grues pour vérifier s'ils se redressaient », raconte M. Girard. « Bien que l'expérience ait été angoissante pour tout le monde, elle a donné des résultats concluants, à la suite de quoi nous avons poursuivi la construction à plein régime. »
Pour SPAC, le processus de construction a consisté à surveiller le respect des échéances et la qualité du travail, à discuter des changements à apporter à la conception et des modifications contractuelles nécessaires, ainsi qu'à rencontrer les représentants des chantiers navals pour faire le point sur l'avancement et les aspects techniques du projet. L'équipe de SPAC était sur place au moment de la livraison de chaque bateau. « Le bateau est soumis à des tests finaux, et son fonctionnement est vérifié », indique M. Haider. « Nous signons ensuite les documents qui officialisent son transfert. »
Fierté, leadership et longévité
Les bateaux ayant tous été livrés, l'équipe du projet peut maintenant célébrer l'aboutissement de nombreuses années de planification, de coordination et de travail acharné. « Nous pouvons être fiers de ce projet pour de nombreuses raisons, à commencer par les partenariats extraordinaires avec la GCC et tous les intervenants concernés », souligne M. Haider. Selon lui, cette collaboration a permis à l'équipe de mener à bien un programme de travaux complexe sans trop de difficultés et de faire des bateaux une réalité.
La GCC est très heureuse de l'arrivée de ces bateaux au sein de sa flotte. « Elle est très satisfaite de leur performance », indique M. Girard. « Et elle peut s'attendre à de nombreuses années de service pour des bateaux modernes comme ceux-ci grâce à des modèles 3D et des manuels d'entretien détaillés. Mieux encore, nous avons porté une attention particulière à la sécurité non seulement pour les marins que les bateaux aident, mais aussi pour les équipages qui y risquent leur vie. »
Outre la modernisation de la flotte de la GCC, le projet a contribué à la revitalisation de l'industrie maritime canadienne, car les travaux ont été réalisés au pays, ce qui a donné lieu à des retombées économiques importantes. Le projet a par ailleurs permis d'orienter la conduite d'autres initiatives liées à la Stratégie nationale de construction navale et de faire preuve de leadership et d'innovation dans le secteur maritime.
Apprenez-en plus sur les bateaux de recherche et sauvetage et le projet mené pour les construire. Chantier Naval Forillon et Hike Metal Products proposent en outre des vidéos montrant la mise à l'essai des systèmes de redressement automatique des bateaux. Enfin, découvrez d'autres articles intéressants sur SPAC dans Nos histoires.