Plus d’opératrices aux commandes des ponts fédéraux
Le personnel aux commandes de 2 ponts levants fédéraux en Ontario compte de nouvelles opératrices : Janet Bailey et Kathryn Tasse.
Elles sont des employées de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC). Leur emploi est unique, complexe et important, et exige une formation approfondie. Ces ponts sont d’énormes ouvrages d’infrastructure qui non seulement sont levés régulièrement pour laisser passer les bateaux de plaisance et les navires commerciaux, mais servent aussi les automobilistes, les cyclistes et les piétons.
Janet Bailey met à profit son expérience au service des ponts
Originaire de la côte est, Janet Bailey est issue d'une famille qui connaît bien le milieu maritime. Le fait qu’elle soit la première femme à manœuvrer le pont levant du canal de Burlington n’a donc rien d’étonnant. « Mon grand-père travaillait dans les chantiers navals. Enfant, je passais mes étés à Dartmouth, et je lui rendais visite au travail. J'ai aussi fréquenté une école de voile, et je m'adonne encore à des activités nautiques dans mes loisirs. »
Bien que sa connaissance de la navigation ait été un atout, c’est surtout son parcours professionnel qui l’a préparée à exercer son nouvel emploi au pont levant. « Ayant travaillé pour des entreprises locales dans le domaine de l'approvisionnement, j'ai été appelée souvent à interagir avec l'autorité portuaire, le directeur du port et les transporteurs. Je connais donc très bien le milieu du transport maritime, la terminologie maritime et les pratiques de navigation générales. »
Forte de ce parcours, Mme Bailey en est à sa deuxième année de formation à titre d’opératrice adjointe de pont. Elle apprend actuellement le métier aux côtés d'opérateurs de pont expérimentés en vue de devenir elle-même opératrice :
« Les gens croient qu'il suffit d'appuyer sur les boutons « Monter » et « Descendre ». Or, il y a toute une série de commandes, dont une pour chacune des barrières le long de la structure. Il y a différents engrenages dans le mécanisme de levage, ainsi que des sirènes et des klaxons. Tout doit être fait dans l'ordre. Et il faut aussi communiquer avec les navires par radio. »
En coulisse, il y a d'autres tâches à maîtriser, comme le suivi des navires et l'élaboration de rapports. « Tout ce qui se passe ici est enregistré », indique Mme Bailey. Lorsqu'elle n'est pas dans la salle de contrôle, elle reçoit de la formation sur la sécurité, participe aux activités d'entretien du pont et étudie les procédures d'urgence à suivre en cas d'incident. La manœuvre d'un pont qui permet le passage d'environ 6 500 navires par an est une lourde responsabilité, responsabilité que Mme Bailey estime pouvoir assumer en toute confiance grâce à sa formation, à ses collègues et aux protocoles de manœuvre stricts. « Je sais que, si on suit toutes les étapes, le risque d'erreur est minimal. »
Mme Bailey adore sa nouvelle carrière, particulièrement la diversité de ses activités et le panorama offert par le pont, où elle a pu d'ailleurs observer de près une famille de faucons. Elle espère que d'autres femmes suivront ses traces : « J'aimerais vraiment que nous soyons plus nombreuses à nous lancer dans les métiers industriels. »
Kathryn Tasse est heureuse de manœuvrer le pont de son enfance
« Lorsque j'ai entendu parler de l'offre d'emploi, je me suis dit que ce serait génial de travailler au pont que je traverse depuis que je suis toute petite », explique Mme Tasse, première opératrice du pont-jetée LaSalle. Heureusement, elle possédait déjà une précieuse expérience. « J'ai suivi une formation sur le secourisme et le travail en hauteur, j'ai travaillé dans les domaines de la mécanique et de la construction, et j'ai occupé des postes de direction. Aussi, comme je détiens un permis d'agent de sécurité, j'avais déjà une idée de la bonne façon de tenir un journal de bord et de mener des inspections, ce que nous faisons ici. »
Même si Mme Tasse possédait déjà toutes ses compétences, elle a suivi de nombreuses formations. « J'ai fait beaucoup d'observation, de mises en situation et de simulations pratiques. Les gens ne se rendent pas compte à quel point tout cela est intense. J'ai suivi 2 mois de formation pour effectuer la moitié d’un levage sous la supervision d’une autre personne. »
Maintenant autorisée à manœuvrer le pont toute seule, Mme Tasse s’en remet à ce qu'elle a appris et se concentre sur sa responsabilité envers les navires tout en assurant la sécurité des piétons et des automobilistes pendant le levage du pont, ce qui est primordial, car 23 000 voitures le traversent chaque jour.
Mme Tasse estime que son passé l'a finalement préparée à exercer l'emploi de ses rêves :
« J'ai l'impression d'être enfin dans mon élément. Les emplois que j'ai occupés et les cours que j'ai suivis dans le passé m’ont menée ici, et le rôle me convient. Je suis le genre de fille qui, à l'école, s’est inscrite à des cours d'économie domestique alors qu'elle souhaitait vraiment suivre des cours en atelier. J'aime vraiment ce que je fais. Je suis émerveillée chaque fois que je vois le pont se lever. »
Quant au fait qu'elle travaille dans un domaine majoritairement masculin, Mme Tasse affirme qu'elle bénéficie de beaucoup de soutien et espère voir plus de femmes travailler dans ce domaine. « Personne ne m'a jamais demandé si je voulais devenir opératrice de pont. C'est pourtant possible! Les gens ne doivent pas être effrayés. »
Vous trouverez d'autres articles sur SPAC sur Nos histoires. Apprenez-en plus sur le pont levant du canal de Burlington dans cette vidéo mettant en vedette l'un de nos opérateurs.