Ressources pédagogiques sur la pollution pour 13 à 17 ans
La pollution : un problème qu’on peut résoudre
Que sais-tu sur la pollution? Identifie la bonne réponse.
- Lequel de ces gestes ne constitue pas de la pollution?
- A. jeter un cœur de pomme dans la forêt.
- B. laver des vêtements synthétiques.
- C. rouler en voiture électrique.
- D. allumer un feu dans un poêle à bois.
- E. verser des médicaments dans la toilette pour qu’ils n’aillent pas au dépotoir.
- Pourquoi se préoccupe-t-on de la pollution?
- A. parce que ça sent bon.
- B. parce qu’elle nuit à la nature et aux êtres vivants.
- C. parce qu’elle augmente la désertification.
- La pollution par le plastique est préoccupante parce que
- A. elle met quelques mois à se dégrader.
- B. elle ne peut pas être recyclé.
- C. elle peut nuire à la faune et à la nature
- La pollution sonore, c’est
- A. un ami qui parle pendant que tu écoutes un film.
- B. de la musique d’ascenseur.
- C. entendre un bruit fort et désagréable qu’on ne contrôle pas.
- Laquelle de ces pollutions a diminué depuis quelques décennies?
- A. l’émission de particules fines dans l’air.
- B. la pollution par le plastique, maintenant récupéré.
- C. la dissémination de pesticides dans la nature.
Réponses :
1. A – Jeter le cœur de pomme n’est pas une bonne idée si tout le monde le fait au même endroit, mais au moins il se décompose vite. Laver des vêtements synthétiques génère des microplastiques dans l’eau, les pneus des voitures et les feux de bois libèrent des particules fines dans l’air, verser des médicaments dans la toilette fait que des substances chimiques migrent dans les cours d’eau.
2. B 3. C 4. C 5. A
Après cette petite mise en train, explore notre site pour devenir expert de la pollution et voir comment la diminuer!
Corps étrangers
La pollution, c’est la présence dans un milieu d’agents nocifs qui y ont été introduits. Comme des particules fines ou des fumées industrielles dans l’air, du mercure ou des médicaments dans l’eau, des pesticides dans les sols, du bruit non désiré.
La pollution ne date pas d’hier. Dès la Préhistoire, les feux à l’intérieur des cavernes y polluaient l’air, des excréments contaminaient les plans d’eau.
La pollution peut être d’origine naturelle, comme la fumée émise par un feu de forêt. Mais le plus souvent, ce sont les êtres humains qui en sont responsables.
Inévitable, la pollution
Toutes les activités humaines engendrent de la pollution, à divers degrés. Cuire les aliments exige de l’énergie, ce qui mène à des émissions de gaz nocifs – ou à la construction de lignes électriques! Produire des objets nécessite des ressources, comme du coton, du bois ou des métaux, dont l’extraction génère aussi de la pollution. Même se déplacer a des impacts, puisque que ça implique la production d’une paire de chaussures, d’un vélo, d’une voiture ou d’un avion!
C’est la dose qui fait le poison
Un mot résume le problème de la pollution : TROP. Trop de production, trop de consommation, trop de déchets, par trop de monde, trop longtemps. Tant que les polluants étaient en faible quantité, il n’y avait pas à s’inquiéter. Mais la pollution devient problématique depuis quelques siècles. L’industrialisation et l’augmentation de population génèrent davantage de contaminants, avec des impacts sur la nature et la santé humaine.
À voir : une vidéo sur l’accumulation de polluants
Omniprésente
Les polluants sont portés par le vent, transportés par l’eau, et voyagent sur des milliers de kilomètres. Ils peuvent être absorbés par des plantes et animaux et se répandre dans la chaîne alimentaire. La pollution n’a pas de frontières : du fond des océans aux sommets montagneux, même dans notre propre corps, on retrouve des contaminants d’origine humaine!
Figure 1 : Différents types de pollution
Description longue
L'image est intitulée « Différents types de pollution » et représente visuellement quatre types de pollution : l'air, l'eau, le sol, la lumière et le bruit. La pollution « de l’air » est illustrée par une usine émettant de la fumée par ses cheminées. La pollution « de l’eau » est représentée par une vache et une grange près de tuyaux déversant des eaux usées dans un cours d'eau. La pollution « du sol » est illustrée par un camion poubelle déversant des déchets. La pollution « lumineuse et sonore » est représentée par un avion, une voiture et un pylône de transmission. Chaque type est accompagné d'une légende et d'une icône correspondante.
Le retour du boomerang
La pollution générée par les humains nuit à leur santé et peut même entrainer la mort. La santé des écosystèmes et des organismes vivants en souffre aussi.
Inévitable mais à réduire
Bien que la pollution soit difficile à éviter, il est possible de limiter ou diminuer son ampleur. Objectif : conserver un environnement sain et un milieu de vie agréable pour tous les êtres vivants. En se retroussant les manches, c’est possible!
Des montagnes de déchets
Chaque être vivant émet des déchets. Tant que ces déchets se dégradent naturellement, ne s’accumulent pas et ne contaminent pas les milieux naturels, ça va. Mais aujourd’hui, il y a trop de déchets. Surtout, ceux-ci ont changé de nature. Les substances synthétiques, les déchets industriels, miniers et électroniques se multiplient. Ces matières peuvent prendre des siècles à se dégrader.
La quantité de déchets dépend du mode de vie. Plus on consomme, plus on en produit. Au Canada, les déchets domestiques atteignent près de 300 kilogrammes par personne et par année; 400 autres kilogrammes proviennent des industries, commerces et institutions, mais nous en sommes tous responsables.
Figure 2 : Déchets produits par personne
Description longue
Illustration représentant une poubelle remplie de déchets en haut et une grosse boule de bowling avec des quilles en bas. Le texte indique : « 300 kg de déchets par personne et par année équivaut à 100 boules de bowling », comparant visuellement la production annuelle de déchets au poids des boules de bowling.
Un air suspicieux
As-tu déjà entendu parler du Grand smog de Londres? Il s’agit d’un épisode de forte pollution qui s’est produit en 1952. Les émissions de polluants générées par la combustion de charbon et d’essence, couplées à une absence de vent, ont provoqué plusieurs milliers de morts.
Dans le monde, la pollution de l’air est responsable de plus de six millions de décès par année. Les responsables sont des gaz, comme ceux formant le smog, et les particules fines.
Ces particules sont émises par la combustion (industrie, chauffage, transport). Les véhicules routiers rejettent aussi dans l’air de très petites poussières à cause de l’usure des freins, des pneus et de la chaussée. Les particules fines peuvent s’infiltrer dans les poumons et dans la circulation sanguine, générant des problèmes respiratoires, cardiaques et vasculaires et provoquant des décès prématurés.
Les gaz polluants ont des effets sur la santé humaine, mais aussi sur celles des animaux et des plantes. Ils contribuent aussi aux changements climatiques.
Figure 3 : Sources de pollution d'air extérieure
Description longue
Infographie intitulée « Sources de pollution d'air extérieure » présentant six catégories illustrées : un feu de forêt pour la catégorie « Naturelles », un tracteur et une vache pour la catégorie « Agriculture », un camion poubelle pour la catégorie « Gestion des déchets », une maison avec des articles ménagers pour la catégorie « Résidentielle », une usine émettant de la fumée pour la catégorie « Industrie et production d'énergie », et un avion et un camion pour la catégorie « Transport ».
Nager en eau trouble
L’eau accumule divers polluants venant de l’industrie, de l’agriculture et du rejet des eaux usées. Les contaminants sont généralement présents en faibles quantités: traces de médicaments, de produits pétroliers, d'engrais, de pesticides, de métaux lourds, de microplastiques et de divers produits chimiques. Mais en certains endroits, les concentrations sont plus grandes. Ainsi, les résidus d'engrais peuvent nuire aux écosystèmes aquatiques.
Le mercure présent dans l’eau peut rendre des poissons impropres à la consommation. Pour plusieurs communautés autochtones, c'est un gros problème, car le poisson est la base de leur alimentation. Devoir s’en passer impose un changement de mode de vie, et nécessite de trouver les bienfaits alimentaires du poisson dans d’autres sources pour une diète équilibrée.
Figure 4 : Pollution de l'eau
Description longue
Infographie intitulée « Pollution de l'eau » et comportant trois images photographiques circulaires. L'une montre des débris et des déchets flottant dans l'eau, une autre représente de l'eau sale s'écoulant d'un tuyau et la troisième montre une marée noire dans l'eau. Des icônes illustrées représentant des tuyaux et des bouteilles apparaissent en arrière-plan.
Délit de fuites
Plusieurs activités humaines, industrie, extraction minière, agriculture, etc., rejettent des polluants dans les sols et l’environnement. Les opérations minières libèrent du mercure, du cyanure, des métaux lourds et des substances radioactives. L’exploitation pétrolière et gazière peut mener à des fuites d’hydrocarbures ou des marées noires. L’industrie chimique est responsable de rejets de divers produits qui persistent longtemps dans la nature. Toutes ces substances peuvent nuire à la reproduction et au système immunitaire des animaux.
Des spectacles son et lumière non désirés
Une tondeuse, une route, un aéroport, une usine font du bruit: c’est aussi une forme de pollution! Chez les humains, l’exposition à la pollution sonore peut se traduire par de l’anxiété, de l’insomnie, de l’irritabilité, des problèmes cardiovasculaires et autres. Dans les océans, le bruit des bateaux et des forages pétroliers nuit à de nombreux animaux marins.
Même l’éclairage artificiel présente des effets nocifs pour la nature. As-tu déjà vu un papillon de nuit tourner inlassablement autour d’une ampoule allumée? Chez les animaux, la lumière artificielle peut perturber le sommeil, la présence des proies ou les rythmes biologiques, nuisant à la reproduction. Même les plantes peuvent être affectées par la pollution lumineuse.
Les pollutions à surveiller
La production de plastique augmente d’année en année. Moins de 10 % du plastique est recyclé, une forte proportion aboutit dans la nature. Si on continue sur notre lancée, le poids du plastique présent dans les océans pourrait dépasser celui des poissons d’ici 2050.
Le plastique met ensuite des dizaines ou des centaines d’années à se dégrader. Les animaux peuvent avaler du plastique et en mourir. Le problème des minuscules microplastiques et nanoplastiques est également préoccupant. Les plastiques se désintègrent en très fines particules quand on les utilise, quand on porte ou lave des vêtements en fibres synthétiques, etc. Ces particules, souvent associées à d’autres produits chimiques, se retrouvent dans l’air, dans l’eau, dans les sols, dans nos aliments, dans le sang, dans divers organes du corps humain, même dans le cerveau! Leurs effets ne sont pas encore bien connus.
Comme l’industrie chimique n’arrête pas de mettre au point de nouveaux composés, les préoccupations se multiplient. Les PFAS, des substances utilisées comme antiadhésifs, imperméabilisants ou antitaches, s’accumulent dans l’environnement et se retrouvent dans l’eau et dans les êtres vivants, avec des impacts sur la santé. L’épandage de pesticides réduit les populations d’insectes, même non nocifs, et d’abeilles pollinisatrices. Les déchets radioactifs, résidus du fonctionnement de centrales nucléaires, restent dangereux durant des milliers d’années. Il faut les stocker dans des sites sécuritaires mais on n’a pas encore trouvé de solution parfaite.
Systèmes antipollution
Éliminer toute pollution est illusoire, mais la réduire est tout à fait possible. On a déjà réussi à neutraliser plusieurs causes de pollution. C’est encourageant, mais il faut continuer le travail!
Une réussite : l’essence sans plomb
Au cours du 20e siècle, les compagnies pétrolières ajoutaient un composé de plomb dans l’essence. Ceci permettait de réduire, dans un moteur à combustion, les détonations non contrôlées. Mais le plomb, toxique pour les êtres vivants, aboutissait dans l’environnement. Chez les humains, le plomb attaque le système nerveux et plusieurs organes.
Devant les preuves de cette nocivité, le plomb dans l’essence a été peu à peu interdit. Ce fut le cas en 1990 au Canada, en 2000 en Europe, et en 2021 en Algérie, le dernier pays à éliminer le plomb dans l’essence. Il y a encore des rejets de plomb dans l’environnement, mais une source importante a été supprimée. Bravo!
Une autre action qui a porté fruits
Autre gain important : le bannissement des CFC. Les quoi? Les chlorofluorocarbones sont des produits chimiques fabriqués par les humains. Ils contiennent du chlore, du fluor et du carbone. Au 20e siècle, ils étaient utilisés en réfrigération, dans les cannes d'aérosol, dans les mousses synthétiques, etc. Mais ils présentaient un gros défaut : une fois relâchés dans l’air, ils attaquaient l’ozone, une forme d’oxygène.
L’ozone est essentiel : dans la haute atmosphère, il bloque la majeure partie des rayons ultraviolets, nocifs, venant du Soleil. Dans les années 1970, on a découvert que la quantité d’ozone diminuait. En 1987, un accord international appelé Protocole de Montréal a mené à la fin progressive de la production des CFC. Avec succès : aujourd’hui, la « couche d’ozone » dans la haute atmosphère a commencé à se reconstituer. Yeah!
L’action collective
On ne s’en sort pas : une grande partie de l’action contre la pollution repose sur les gouvernements. Ils doivent :
- déterminer les sources de contaminants,
- mesurer les émissions,
- favoriser la recherche en environnement,
- fixer des normes et les faire respecter par les entreprises et les citoyens
- promouvoir l’adoption d’accords internationaux pour limiter la pollution et la fabrication de substances nocives.
Les entreprises peuvent réduire leurs rejets polluants et limiter leur utilisation de matières premières.
Les citoyens peuvent faire pression sur les acteurs sociaux pour leur rappeler l’importance de réduire la pollution.
De notre côté
Individuellement, nous pouvons modifier nos comportements pour réduire la pollution :
- diminuer l’usage des voitures, qui émet des polluants atmosphériques et des particules fines et génère du bruit.
- moins chauffer au bois, pour réduire le smog et l’exposition aux particules fines.
- apporter à l’écocentre les objets contenant des produits toxiques ou des métaux lourds (piles, peintures, ampoules fluorescentes).
- participer au recyclage du plastique, du verre, des appareils électroniques.
- apporter les médicaments périmés à la pharmacie pour qu’ils soient détruits de façon sécuritaire.
- acheter des appareils et vêtements usagés et le moins possible d’objets en plastique.
- acheter des produits peu ou pas emballés.
- moins consommer (« en a-t-on vraiment besoin? »), participer à l’économie de partage : autopartage, vélos en libre-service, partage d’outils, de livres, etcetera.
- participer à des initiatives locales, comme le nettoyage des berges d’une rivière.
Figure 5 : Réduis ta pollution!
Description longue
Graphique circulaire avec les mots « Réduis ta pollution! » au centre. Autour du texte se trouvent des icônes représentant des actions respectueuses de l'environnement : participer à des initiatives locales de nettoyage, faire du vélo ou marcher, utiliser des contenants réutilisables, acheter des produits d'occasion et partager avec ses amis et sa famille.
Tu peux aussi consulter le site Les neuf R.