Document d’information sur les alliances pour la main-d’œuvre

Document d'information

Le marché du travail canadien est soumis à des pressions persistantes attribuables aux droits de douane, aux pénuries de travailleurs qualifiés, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à l’adoption rapide de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes. Afin de renforcer la productivité du pays et de maintenir sa compétitivité à long terme, il est nécessaire de mener une action nationale concertée pour combler les lacunes en matière de compétences, mieux adapter la formation aux besoins du marché du travail et accroître la collaboration entre les secteurs.

Le 5 septembre 2025, le gouvernement du Canada a annoncé des mesures ambitieuses pour protéger, renforcer et transformer les industries canadiennes les plus touchées par les droits de douane et les perturbations du commerce mondial. Dans le cadre de cette démarche, six alliances pour la maind’œuvre sont mises en place afin de rassembler les leaders de l’industrie, les travailleurs et les établissements de formation autour d’une vision nationale commune : bâtir une main-d’œuvre qualifiée, dotée d’une solide capacité d’adaptation et bien outillée pour répondre aux besoins économiques du Canada. 

Dans le budget de 2025, le gouvernement a réaffirmé son engagement consistant à lancer les nouvelles alliances pour la main-d’œuvre. Ces alliances réuniront les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les groupes industriels, les établissements d’enseignement postsecondaire et les partenaires autochtones afin de cerner les pressions exercées sur la main-d’œuvre, de mieux comprendre les lacunes en matière de compétences et de coordonner l’élaboration de plans d’action sectoriels sur la main-d’œuvre afin de créer des réserves de talents. Leur travail orientera la planification fédérale en matière de main-d’œuvre et améliorera la coordination des investissements publics et privés dans le développement des compétences afin que les ressources disponibles en main-d’œuvre répondent réellement aux besoins des employeurs canadiens et puissent soutenir les priorités et initiatives économiques, y compris bâtir le Canada et les grands projets. 

Chaque alliance pour la main-d’œuvre comprendra des leaders représentant le secteur, des établissements de formation et des syndicats qui seront appuyés par un organisme de prestation. Ces équipes seront épaulées par un ensemble de membres et un vaste réseau de partenaires pour veiller à ce que les petites, moyennes et grandes entreprises, les communautés en quête d’équité, les jeunes et d’autres intervenants puissent directement mettre à contribution leur savoir-faire, aider à élaborer des solutions et orienter les activités de l’alliance. Elles travailleront également en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux lors des réunions du Forum des ministres du marché du travail.

Les alliances pour la main-d’œuvre concentreront leurs efforts sur six secteurs prioritaires essentiels à la résilience économique du Canada, à sa souveraineté et à sa compétitivité à long terme :  


Logement et construction 

  • Cette alliance veillera à répondre aux besoins en matière de main-d’œuvre pour des projets d’intérêt national et sera axée sur la construction résidentielle et le logement abordable. Elle réunira des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones des secteurs résidentiel, commercial et des infrastructures publiques, ainsi que des partenaires des chaînes d’approvisionnement en matériaux de construction et des métiers spécialisés. 
  • Ce secteur est au cœur des efforts visant à remédier à la pénurie de logements au Canada et à moderniser nos infrastructures, tout en intégrant des pratiques de construction écologique pour renforcer la durabilité et des technologies de construction de pointe pour améliorer la productivité. 

  • Faits importants :
    • Le secteur de la construction est l’un des principaux moteurs économiques du Canada. Il rapporte environ 162 milliards de dollars (soit 7,5 % du PIB annuel du pays) et compte plus de 1,6 million de travailleurs.
    • Le secteur de la construction contribue directement au logement, aux infrastructures et aux chaînes d’approvisionnement. Il regroupe 34 métiers et professions, couvrant la construction et l’entretien pour les secteurs résidentiel, industriel, commercial et institutionnel.
    • Le Canada aura besoin de plus de 1,4 million de nouveaux travailleurs qualifiés d'ici 2033, en raison des départs à la retraite et de la croissance de l'industrie, à un moment où de nouvelles pressions comme les droits de douane, la réduction de l'immigration et les grands projets devraient resserrer encore davantage le marché du travail.


Transports et chaînes d’approvisionnement  

  • Cette alliance se concentrera sur la main-d’œuvre nécessaire pour assurer des chaînes d’approvisionnement solides, sur l’élimination des obstacles au commerce intérieur et sur l’amélioration de l’acheminement des marchandises au Canada et vers les marchés internationaux. Elle regroupera des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones ayant des liens avec le transport routier, ferroviaire, aérien et maritime de marchandises, de même qu’avec les secteurs de l’entreposage et des centres de logistique.
  • Ce secteur est essentiel au commerce, à la résilience économique et à la connectivité régionale. Pour qu’il reste performant, il nous faut moderniser ses infrastructures, accélérer l’intégration numérique et mettre en œuvre des mesures liées à la main-d’œuvre afin de remédier aux pénuries et de renforcer les chaînes d’approvisionnement multimodales. 

  • Faits importants : 
    • Le secteur du transport et de l’entreposage génère directement et indirectement près d’un million d’emplois et relie les communautés rurales et urbaines à l’échelle de toutes les provinces et de tous les territoires et même au-delà des frontières.
    • En 2024, ce secteur a apporté une contribution directe de 96,5 milliards de dollars à l’économie canadienne, soit 4,3 % du PIB, ce qui représente une hausse de 2,6 % par rapport à l’année précédente.
    • Chaque année, le système de transport du Canada fait circuler des billions de dollars en échanges commerciaux dans les principaux corridors du pays, ce qui démontre son rôle central dans la prospérité nationale et la compétitivité du Canada sur la scène mondiale.


Fabrication de pointe  

  • Cette alliance se concentrera sur la main-d’œuvre qui fera progresser l’adoption de la technologie et l’innovation (notamment l’intelligence artificielle et la robotique) et favorisera la croissance de secteurs essentiels. Elle regroupera des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones œuvrant dans la fabrication à forte valeur ajoutée et dans des sous-secteurs comme ceux de l’automobile, de l’aérospatiale et des technologies propres, où l’automatisation, la robotique et les systèmes propulsés par l’intelligence artificielle jouent un rôle déterminant.  
  • Ce secteur est indispensable à la compétitivité commerciale et à la résilience des chaînes d’approvisionnement. Il requiert des stratégies pour la main-d’œuvre afin de combler les lacunes en matière de compétences, d’appuyer la transformation numérique et de renforcer la production nationale dans un contexte de pressions tarifaires mondiales. Il constituera également un élément central de la nouvelle stratégie industrielle de défense.

  • Faits importants : 
    • Le secteur manufacturier est un pilier de l’économie canadienne. En 2024, il a apporté une contribution de 208 milliards de dollars au PIB et employait 1,85 million de personnes.
    • Il est largement composé de petites et moyennes entreprises : 99,1 % des entreprises manufacturières sont des microentreprises ou de petites ou moyennes entreprises.
    • Le secteur manufacturier canadien est en bonne position pour croître dans de nombreux secteurs à fort potentiel, stimulé par l’innovation technologique, l’évolution des chaînes d’approvisionnement mondiales et les priorités politiques nationales. La fabrication de pointe, qui englobe la robotique, l’automatisation et les technologies de l’industrie 4.0, attire de plus en plus d’investissements : 89 % des entreprises sondées affirment tirer des avantages de l’adoption de technologies intelligentes comme l’analytique prédictive et l’Internet industriel des objets.


Énergie et électricité 

  • Cette alliance sera axée sur la disponibilité d’une main-d’œuvre capable de répondre aux besoins en énergie propre et en approvisionnement électrique. Elle regroupera des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones liés aux domaines de la production d’énergie conventionnelle, de la production d’électricité propre, du transport d’énergie et de la modernisation des réseaux. 
  • Ce secteur joue un rôle essentiel dans la satisfaction des besoins énergétiques du Canada et dans la sécurité économique du pays. Il nécessite des stratégies en matière de main-d’œuvre pour soutenir le recyclage professionnel des travailleurs, favoriser la mobilité régionale et encourager l’adoption de technologies émergentes comme l’intelligence artificielle et les systèmes d’énergie renouvelable.  

  • Faits importants :
    • En 2024, le secteur de l’énergie au Canada, qui comprend le pétrole, le gaz et l’électricité, a apporté une contribution de 232 milliards de dollars au PIB et employait 316 200 personnes.
    • D’après Clean Energy Canada, 2,2 millions d’emplois supplémentaires pourraient être créés dans ce secteur d’ici 2050, avec une croissance annuelle d’environ 7 %. Pour répondre à la demande croissante liée à l’électrification, des investissements majeurs seront nécessaires dans la production et le transport d’énergie et la modernisation des réseaux.
    • Même si la majorité des professions du secteur affichent un bon équilibre, il y a encore une pénurie de mécaniciens de machinerie lourde et de techniciens industriels. Le secteur présente aussi de solides perspectives de croissance dans les activités liées au gaz naturel liquéfié et aux énergies propres (hydroélectricité et énergie éolienne, solaire et nucléaire).


Mines et minéraux 

  • Cette alliance favorisera la sécurité nationale et la croissance économique du Canada en renforçant la main-d’œuvre et assurera le succès global de la Stratégie sur les minéraux critiques et des grands projets. Elle rassemblera des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones participant à la prospection, à l’extraction et au traitement de minéraux essentiels à l’énergie propre, à la fabrication de pointe et à la sécurité nationale. 
  • Ce secteur est indispensable pour préserver la souveraineté des ressources et maintenir la compétitivité du Canada sur la scène mondiale. Il nécessite des stratégies pour faire face au vieillissement de la main-d’œuvre ainsi qu’aux pénuries de main-d’œuvre et pour favoriser l’adoption de l’automatisation ainsi que de pratiques minières durables. 

  • Faits importants :  
    • En 2024, le secteur minier a apporté une contribution directe de 112 milliards de dollars au PIB du Canada et employait environ 438 000 personnes.
    • La même année, la production minérale a atteint 64 milliards de dollars. Le Canada produit 60 minéraux et métaux grâce à 200 mines ainsi qu’à des milliers de gravières, sablières et carrières de pierre.
    • Le Canada est bien positionné pour tirer parti de la demande mondiale croissante en minéraux critiques nécessaires aux économies à faibles émissions de carbone et axées sur le numérique. Le pays figure parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre, de nickel et de cobalt et accueille des projets miniers avancés portant sur les éléments de terres rares que sont le lithium et le graphite. Le Canada cherche également à mettre à profit son expertise reconnue en matière de pratiques minières durables pour développer des chaînes d’approvisionnement compétitives et des produits à valeur ajoutée dans divers secteurs.


Économie des soins 

  • Cette alliance visera à soutenir les travailleurs qui offrent des soins et à promouvoir le bien‑être, la résilience économique et l’équité entre les sexes dans tous les secteurs. Elle regroupera des employeurs, des syndicats, des groupes industriels, des établissements d’enseignement postsecondaire et des partenaires autochtones qui fournissent des services de soins directs, notamment aux enfants nécessitant un encadrement en raison de leur jeune âge, ainsi qu’aux adultes (y compris les aînés) ayant des problèmes de santé de longue durée ou des incapacités. 
  • Ce secteur soutient des systèmes de soins essentiels et pourrait alléger la charge qui repose sur les aidants non rémunérés. Il offre un réel potentiel pour favoriser une participation accrue au marché du travail, renforcer la résilience économique et faire progresser l’équité entre les sexes. Comme les provinces et les territoires sont principalement responsables des services de santé et d’éducation, cette alliance financée par le gouvernement fédéral mettra l’accent sur une collaboration entre les administrations, en ciblant les travailleurs et les employeurs qui œuvrent en dehors des systèmes formels, notamment les éducatrices et éducateurs de la petite enfance et les préposées et préposés aux services de soutien à la personne.  

  • Faits importants :
    • Le Centre canadien d’excellence pour les aidants (CCEA) souligne que la valeur économique du travail de soins est immense. Selon le CCEA, les aidants au Canada consacrent 5,7 milliards d’heures par année à soutenir d’autres personnes et leur contribution équivaut à 4,2 % du PIB, soit environ 97,1 milliards de dollars par an.
    • L’économie des soins s’impose comme un enjeu mondial émergent. Selon l’Organisation internationale du Travail, d’ici 2030, 2,3 milliards d’adultes et 100 millions d’enfants auront besoin de soins.
    • En 2022, une personne sur deux âgée de 15 ans ou plus au Canada a déclaré avoir fourni, au cours des 12 derniers mois, des soins rémunérés ou non rémunérés à des adultes ou à des enfants ayant besoin d’aide. Compte tenu du vieillissement de la population, les pressions exercées sur les services de santé, les soins à domicile et les aidants non rémunérés devraient s’accentuer. Dans ce contexte, l’économie des soins est de plus en plus considérée comme un possible « nouveau moteur de croissance ».


Le gouvernement du Canada travaillera en étroite collaboration avec les membres de l’alliance pour faire progresser les priorités communes et transformer l’expertise sectorielle en mesures concrètes. Cette approche coordonnée permettra de maintenir une stratégie en matière de main‑d’œuvre à la fois réactive, tournée vers l’avenir et véritablement représentative des besoins des travailleurs et des secteurs d’un bout à l’autre du pays. 

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2026-02-17