Rapport annuel de 2015 à 2016 sur la Loi sur les ressources en eau du Canada : chapitre 3

1.1. Surveillance de la quantité de l'eau

Le Programme hydrométrique national a pour responsabilité la fourniture des données, des connaissances et des renseignements hydrométriques essentiels dont les Canadiennes et Canadiens et leurs institutions ont besoin pour prendre des décisions éclairées en matière de gestion de l’eau, offrant une protection et une intendance précise de l'eau douce, comme une ressource précieuse commune. Ces données sont accessibles sur le site Web d’ECCC sur l’eau

Technicien en hydrométrie près de Thunder Bay, Ontario, vers 1990 Photo : © Environnement et Changement climatique Canada

Technicien en hydrométrie près de Thunder Bay, Ontario, vers 1990

Photo : © Environnement et Changement climatique Canada (ECCC)

Des ententes hydrométriques bilatérales officielles entre la majorité des gouvernements provinciaux ou territoriaux et le gouvernement fédéral prévoient la collecte, l’analyse, l’interprétation et la diffusion de données sur la quantité des eaux. Ces ententes sont administrées en coopération entre les gouvernements depuis 1975.

Selon le processus de renouvellement des partenariats, les partenaires gouvernementaux examinent, mettent à jour et révisent les accords bilatéraux de 1975. Toutes les ententes, sauf celles avec Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan, ont été renouvelées depuis 2008. En 2015-2016, des négociations pour des ententes entre le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan se sont poursuivies et des pourparlers initiaux ont débuté avec l'Île-du-Prince-Édouard. Les nouvelles ententes permettent la collecte, le traitement, la publication et la distribution continus des données et des renseignements sur la quantité des eaux, selon une approche nationale commune et des principes de partage des coûts.

Gouvernance

Le Programme hydrométrique national est cogéré par la Table nationale des administrateurs et le Comité des coordonnateurs du Programme national de relevés hydrométriques, tous deux formés de membres responsables de l'administration des ententes sur les relevés hydrométriques dans chaque province ou territoire et d’un administrateur national désigné par le Canada. Les deux groupes se sont réunis régulièrement au cours de l’exercice 2015-2016 pour discuter de questions relatives au programme. La Table nationale des administrateurs continue de soutenir la mise en œuvre du dépôt de données d'ECCC par les provinces et les territoires. Le système permet aux organismes de télécharger des données hydrométriques directement dans leurs systèmes logiciels. Des commentaires fournis régulièrement par les deux groupes, et une enquête annuelle de la Table nationale des administrateurs, offrent une contribution précieuse sur les opérations du programme, la documentation et les pratiques de diffusion, ainsi que sur les ressources disponibles en matière de formation.

Le réseau

Au cours de l’exercice 2015-2016, le réseau de surveillance national du Programme hydrométrique du Canada était constitué de 2 788 stations de surveillance hydrométriques (voir la figure 2 et le tableau 1). Au cours du même exercice, Relevés hydrologiques du Canada d’ECCC, partenaire fédéral dans le cadre du Programme hydrométrique national, a exploité 2 140 de ces stations hydrométriques. Parmi les stations hydrométriques exploitées par ECCC, 1 146 étaient partiellement ou entièrement financées par le gouvernement fédéral, tandis que les autres stations étaient exploitées par ECCC au nom de partenaires provinciaux et territoriaux ou d’un tiers, et les coûts étaient partagés selon les exigences et les besoins relatifs à chaque station (voir le tableau 1). Au Québec, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a exploité 228 stations, dont certaines étaient financées entièrement ou en partie par le gouvernement du Canada. ECCC diffuse les données recueillies par le Québec, de même que les données recueillies par 420 autres stations exploitées par des tiers autres qu'ECCC d’un bout à l’autre du pays. Il est à noter que l'augmentation des stations financées depuis 2014-2015 est en partie due à l'intégration de 84 stations gérées par Manitoba Hydro qui n'étaient pas prises en compte l'année dernière mais qui ne constituent pas un nouvel ajout au réseau.

Figure 2 : Réseau national de surveillance hydrométrique

Figure 2 : Réseau national de surveillance hydrométrique (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 2

La figure 2 est une carte du Canada qui indique l'emplacement du Réseau national des 2788 stations de surveillance hydrométrique. Voir le tableau 1 ci-dessous pour le nombre exact de stations par province.

Au cours de l’exercice 2015-2016, aucun changement notable n’a été apporté à la taille du réseau hydrométrique national. Certaines modifications ont toutefois été apportées au réseau :

Yukon :
  • En plus de cinq stations hydrométriques qui ont été rétablies en 2014-2015 sur d'anciens emplacements d'ECCC auparavant désaffectés dans les années 1990, un sixième emplacement a été rétabli en 2015-2016.
  • De nombreuses stations situées en Colombie-Britannique et au Nunavut continuent d'être exploitées par le bureau d'ECCC au Yukon et certaines sont financées par la Société d'énergie du Yukon.
  • Huit nouvelles stations hydrométriques territoriales ont commencé à fonctionner en 2015-2016, dans le cadre d'une expansion pluriannuelle et continue du réseau.
    1. Rivière Takhini en amont du lac Kusawa
    2. Rivière MacMillan Sud au km 407 de Canol Road
    3. Rivière Hess en amont du ruisseau Emerald
    4. Rivière Little South Klondike en aval du ruisseau Ross
    5. Rivière Whitestone près de l'embouchure
    6. Rivière Hyland au km 108.5 de Nahanni Range
    7. Rivière Babbage en aval du ruisseau Caribou
    8. Rivière Caribou près du point de confluence avec la rivière Babbage
Nunavut :
  • Une station au Nunavut (lac Contwoyto à Lupin Mine, préalablement financée suivant un accord de partage des coûts entre le gouvernement fédéral et le gouvernement territorial) est désormais financée par le gouvernement territorial.
  • Toutes les stations au Nunavut sont exploitées par ECCC et financées par ECCC, Parcs Canada, Affaires autochtones et du Nord Canada et la ville d'Iqaluit.
Territoires du Nord-Ouest :
  • Deux nouvelles stations commerciales ont été installées dans les Territoires du Nord-Ouest en 2015-2016 : le fleuve Mackenzie près de Fort Providence et la rivière Yellowknife en amont du lac Quyta.
  • La rivière Moutain en aval du ruisseau Cambrian et la rivière Buffalo au niveau de la route n°5 et quatre autres stations financées par le gouvernement territorial sont actuellement préparées en vue de leur réinstallation l'année prochaine.
  • Quelques stations commerciales ont été reprises par les gouvernements fédéral et territorial : la rivière La Martre en aval de la sortie du lac La Martre est maintenant financée par le gouvernement fédéral et la rivière Hoarfrost près de l'embouchure, la rivière Tazin près de l'embouchure et la rivière Kakisa à la sortie du lac Kakisa sont désormais financées par le territoire. Les coûts liés à la station territoriale du ruisseau Baker à la sortie du lac Martin d'aval sont désormais partagés entre AINC et le territoire.
  • On a commencé la reconnaissance de sept nouvelles stations financées par le gouvernement territorial en 2015.
Colombie-Britannique :
  • Deux stations financées par la province ont été ajoutées au ruisseau Carbon près de l'embouchure et à la rivière Lillooet à Tenas Narrows, et cinq stations provinciales et commerciales (rivière Tsolum en aval du ruisseau Murex, ruisseau Trépanier près de Peachland, ruisseau Compass près de Kispiox, ruisseau Five Mile en amont de la prise de la ville et ruisseau Camp près de l'embouchure) ont été retirées du réseau, engendrant une perte nette de trois stations.
  • Trente-quatre stations hydrométriques ont été mises à niveau afin qu'elles fournissent des données en temps réel. Au total, 372 stations (84 %) du réseau hydrométrique produisent des rapports en temps réel.
Alberta :
  • Des indicateurs temporaires installés en 2015 sont toujours utilisés pour surveiller le débit à des endroits où les stations ont été détruites par l’inondation de juin 2013. Une de ces stations n’est cependant pas encore fonctionnelle. Les téléphériques endommagés pendant l’inondation de 2013 n’ont pas encore été réparés.
  • Quatre-vingt-neuf des 91 téléphériques transportant des employés en Alberta sont toujours interrompus jusqu’à ce qu’un examen opérationnel et une inspection technique soient effectués.
  • L'exploitation annuelle de 12 stations exploitées par ECCC se poursuivait dans le cadre d'un réseau d'environ 50 stations dans la région des sables bitumeux. En outre, ECCC a produit un rapport évaluant l'état du réseau hydrométrique exploité par les entrepreneurs dans la région, et a fourni des estimations quant aux coûts nécessaires pour harmoniser l'intégralité du réseau hydrométrique de la région des sables bitumeux avec l'exploitation d'ECCC. 
  • Quatre capteurs d'analyse de la qualité de l'eau étaient connectés aux enregistreurs d'ECCC afin d'obtenir des renseignements en temps réel pour le ministère de l'Environnement de l'Alberta au niveau des emplacements du Programme de surveillance conjointe visant les sables bitumeux.
Manitoba et Saskatchewan :
  • La surveillance permet d’avancer vers de nouvelles solutions plus sécuritaires, une infrastructure réduite et des gains d’efficacité sur le plan opérationnel. En effet, les téléphériques et les bateaux contrôlés de la rive, et les stations à mât inclinable continuent de faire l’objet d’investissements.
  • L'exploitation de deux stations financées conjointement (gouvernements fédéral et provincial) a cessé, puisque des stations de remplacement dans de nouveaux endroits ont été créées et mises en service au cours de la même année. 
  • L'exploitation de deux stations fédérales a été interrompue en août 2015, après qu'elles ont été jugées inutiles lors de la réunion de la Commission mixte internationale sur les affluents de la rive est des rivières St. Mary et Milk. L'exploitation d'une station financée par Parcs Canada a également été interrompue en août. 
  • L'exploitation de deux stations a été prolongée, passant d'une période d'exploitation saisonnière à une exploitation continue, et une station qui fournit actuellement des données continues sur les niveaux d'eau fait actuellement l'objet d'une enquête en vue de sa conversion en station de mesure du débit, grâce à l'ajout d'un appareil acoustique de mesure de la vitesse.
  • Des travaux sont toujours en cours avec le comité directeur du protocole d’entente Canada-Manitoba portant sur le lac Winnipeg, en fournissant des mises à jour régulières sur les activités concernant la santé du bassin versant du lac Winnipeg.
  • Veuillez noter que l'augmentation des stations « financées » depuis 2014-2015 est en partie due à l'intégration de 84 stations gérées par Manitoba Hydro, qui n'étaient pas prises en compte l'année dernière mais ne constituent pas un nouvel ajout au réseau.
Ontario :
  • Pour appuyer l'étude de petits bassins et des contaminants (étude dans de multiples bassins versants du Sud de l'Ontario) entreprise par le ministère de l'Environnement de l'Ontario, six autres stations ont été installées et équipées en 2015-2016 dans le Sud de l'Ontario, portant le total à dix stations.
  • Un nouvel indicateur de débit a été installé à la demande de la ville de Hamilton, afin de s'acquitter de son mandat quant à l'accord concernant la préservation de l'eau de source.
  • Un indicateur situé à une sortie mineure du lac des Bois (connu sous le nom de ruisseau Mink) a été interrompu, puisque les calculs du débit ont été repris par la Commission de contrôle du lac des Bois.
  • Un indicateur situé dans la zone Hamilton-Grand Toronto a été interrompu en raison d'une décennie d'accumulation excessive de sédiments en aval de l'escarpement du Niagara.
  • Un emplacement permanent pour l'indicateur conjointement financé au ruisseau Turkey a été défini et équipé.  Le précédent emplacement a été désaffecté avec succès, et les analyses du sol effectuées par le Groupe des sites contaminés ont mis en évidence un assainissement total par rapport aux précédents travaux réalisés au moyen d'un manomètre à mercure.
  • Les installations d'indicateurs temporaires ont été utilisées à 3 emplacements durant diverses périodes tout au long de l'année.
  • Cinq stations ont fait l'objet d'améliorations, avec la mise en place d'une infrastructure neuve ou rétablie visant la stabilisation des berges, de boîtiers d'observation plus durables, et de vis de terre destinées à la stabilisation d'installations de puits de très faible profondeur.
  • Deux structures de contrôle dans la zone Hamilton-Grand Toronto ont été améliorées/réparées afin d'accroître la prévisibilité du rapport phase-débit quand les niveaux d'eau sont faibles ou moyens, et de réparer l'érosion découlant des niveaux d'eau très élevés.
  • Deux stations ont été relocalisées afin d'améliorer la sécurité et la fiabilité de l'accès tout au long de l'année, et de renforcer la qualité des données.
  • Deux téléphériques contrôlés de la rive ont été inspectés et les structures de soutien ont fait l'objet d'essais de charge. L'utilisation de dispositifs relatifs à la rupture de charge est recommandée et sera mise en œuvre avant toute autre utilisation.
  • Quatre sites reculés dans le Nord ont été optimisés grâce à la mise en place de caméras de transmission par satellite à la demande du Ministère des Richesses naturelles et des Forêts.
  • Un effort provincial, appuyé par le ministre des Richesses naturelles et des Forêts, continue d’augmenter le nombre de stations ayant recours à la technologie de télémétrie satellite pour transmettre des données en temps réel et d’augmenter le nombre de stations utilisant de l’énergie solaire. 
Québec :
  • Au Québec, 228 stations (3 de moins qu'en 2014-2015) sont gérées par la province et les données sont apportées à la base de données du Programme hydrométrique national. Dix-sept autres stations (une de plus qu'en 2014-2015) sont gérées par ECCC au Québec afin de répondre aux besoins de données du gouvernement fédéral.
  • Quatre stations auparavant financées par la province sont désormais financées par le gouvernement fédéral (mais elles sont toujours exploitées par le Québec) et trois stations sont financées sur la base d'un partage des coûts entre les gouvernements fédéral et provincial. Inversement, trois stations auparavant financées par le gouvernement fédéral sont désormais financées par la Province.
Région de l’Atlantique :
  • Aucune modification majeure n'a été apportée au réseau du Nouveau-Brunswick en 2015-2016. Deux stations sont inscrites en tant que stations « commerciales » mais sont financées par le ministère des Transports du Nouveau-Brunswick (et non par un partenaire du Programme hydrométrique national).
  • Dans la Province de Terre-Neuve-et-Labrador, une nouvelle station provinciale a été créée (Steady Brook en amont du point de confluence avec la rivière Humber).
  • À partir du 1er avril 2015, une station de la Nouvelle-Écosse, à la rivière Tusket au pont Wilson, demandée auparavant par Nova Scotia Power (station commerciale) pour la gestion des barrages, est maintenant financée par la province à la demande du ministère de l'Environnement de la Nouvelle-Écosse.
  • À l'Î.-P.-É., une station supplémentaire financée de façon commerciale était exploitée par ECCC en 2015-2016 par rapport à l'année précédente.

Tableau 1. Stations du Réseau national de surveillance hydrométrique

Province ou territoireNote de tableaua Stations exploitées par ECCC (par arrangement financier)
Fédéral
Stations exploitées par ECCC (par arrangement financier)
PartenariatNote de tableaub
Stations exploitées par ECCC (par arrangement financier)
Province ou territoire
Stations exploitées par ECCC (par arrangement financier)
Tierce partie
Stations non exploitées par ECCC (divers arrangements financiers) Total par province ou territoire
Alberta
78
158
161
1
55
453
Colombie-Britannique
50
180
203
0
7
440
Manitoba
25
83
107
0
179
394
Nouveau-Brunswick
14
21
20
2
0
57
Terre-Neuve et Labrador
16
32
61
0
0
109
Nouvelle-Écosse
10
6
9
2
0
27
Territoires du Nord-Ouest
41
24
13
14
0
92
Nunavut
13
4
5
3
0
25
Ontario
124
67
330
9
44
574
Île-du-Prince-Édouard
0
5
0
5
0
10
Québec
17
0
0
0
228
245
Saskatchewan
95
51
14
0
135
295
Yukon
9
23
34
1
0
67
Total
492
654
957
37
648
2788

Note de tableau a Les stations de surveillance hydrométrique à l’intérieur des limites de chaque province, quel que soit le bureau qui les exploite.

Note de tableau b Les stations à frais partagés sont des stations partiellement financées par les gouvernements fédéral et provinciaux ou territoriaux. Le ratio de partage des coûts varie en fonction de la station.

Remarque : Le réseau comprend également un petit nombre de stations hydrométriques internationales situées aux États-Unis qui ne sont pas incluses dans le présent rapport, car elles appuient des activités de la Commission mixte internationale qui ne sont pas assujetties à la Loi sur les ressources en eau du Canada.

Sensibilisation

En plus de sa contribution au programme des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (voir la section 1.3), le Programme hydrométrique national a intégré un outil pour calculer les indicateurs de la quantité d’eau dans son application d’interface HYDAT, l’explorateur de données d’ECCC, le rendant ainsi accessible à tous dans les deux langues officielles. La nouvelle version de cet explorateur a été livrée à l'interne vers la fin de l’exercice 2015-2016 et sa publication est prévue au début de l’exercice 2016-2017.

Technologie

Le Programme hydrométrique national a continué d'investir dans les nouvelles technologies sur le terrain, notamment dans l'équipement hydroacoustique et dans des plateformes avancées de déploiement telles que les téléphériques et bateaux contrôlés de la rive, en partie pour régler les difficultés liées à la désaffectation de centaines de téléphériques transportant des employés dans le pays. Des travaux se poursuivent en vue d'améliorer les méthodes et les procédures opératoires normalisées qui permettent de s'assurer que ces techniques de mesures avancées fournissent des données précises et fiables, tout en maintenant et en améliorant les pratiques de travail sécuritaires.

Un projet novateur a débuté en 2015, impliquant la conception interne et l'élaboration de Notes électroniques sur les relevés hydrométriques. Le but est de moderniser la façon dont ECCC documente les activités hydrométriques menées sur le terrain, en passant d'un système sur support papier à un système numérique plus normalisé.

Dans le cadre d'efforts continus visant à améliorer la fiabilité des données en temps réel recueillies au niveau des indicateurs hydrométriques, les Services hydrologiques nationaux ont entamé l'installation de caméras de surveillance à distance dans des emplacements spécifiques du réseau hydrométrique en 2015-2016. Les caméras fournissent des renseignements en temps quasi-réel sur les conditions actuelles (p. ex., glace, crue) qui permettent d'interpréter les conditions hydrauliques ayant une incidence sur l'enregistrement des indicateurs observés. Les images prises par les caméras se révèlent également utiles pour évaluer les conditions locales des emplacements, susceptibles d'avoir un impact sur l'accès à l'emplacement en raison de conditions météorologiques ou d'une crue.

Diffusion des données

Le projet de renouvellement, d'intégration et de gestion des données hydrométriques (HyDMIR) est bien en cours afin d'intégrer des données hydrométriques en temps réel au système de gestion de données du Service météorologique du Canada d'ECCC. Ce projet vise la création d'un système de diffusion plus efficace et solide et la mise hors service de logiciels et d'infrastructures existants. Les phases 1 et 2 du projet sont en cours et devraient être achevées en 2016-2017.

Le site Web sur l'eau est en voie d'être converti en un nouveau format Web. Son élaboration est presque achevée; un dernier essai doit être mené au début de l'exercice 2016-2017. La publication du nouveau site coïncidera avec l'achèvement du projet HyDMIR, puisque ce dernier fournit les sources des données nécessaires à la nouvelle plateforme de développement.

Le téléchargement de masse de données hydrométriques archivées est désormais disponible dans un format de meilleure qualité (.sqlite3), lequel est mis à jour chaque trimestre avec le fichier de la base de données HYDAT.

La page Web du programme nord-américain de surveillance de l'eau (North American Water Watch - NAWW, disponible en anglais seulement) a été améliorée grâce à de nouvelles fonctionnalités : un format téléchargeable de Google Earth (KML) a été ajouté; les bassins canadiens sont disponibles dans la liste déroulante; plusieurs régions peuvent être affichées simultanément sur la carte; lorsqu'une région est sélectionnée, il est possible de passer directement de la version anglaise à la version française; et des messages contextuels ont été ajoutés sur la page d'accueil.

Vérifications et certification (Organisation internationale de normalisation)

Le Programme hydrométrique national a maintenu sa certification de l’ISO au cours de l’exercice 2015-2016. Six vérifications internes du bureau du Programme d'évaluation de la qualité et sur le terrain ont été réalisées dans différents bureaux de Relevés hydrologiques du Canada d'ECCC un peu partout au pays, tel que requis par le processus ISO. Les résultats des vérifications étaient positifs et ont donné lieu à très peu de demandes de mesures correctives ou d’améliorations du programme.

La norme ISO-9000-2008 continue d'être la norme de gestion de la qualité selon laquelle ECCC opère, bien que l'on commence à adopter la nouvelle norme ISO-9000-2015. Cette dernière sera mise en œuvre au cours des trois prochaines années (échéance de 2018 pour la conformité aux normes à l'échelle de l'organisation).

La mise à jour des procédures opératoires normalisées (PON) de Relevés hydrologiques du Canada d'ECCC s’est poursuivie en 2015-2016, au même rythme que les modifications technologiques apportées dans le cadre du programme opérationnel, et les modifications de l'environnement informatique, avec l'adoption de la station de travail hydrométrique depuis plusieurs années. Une nouvelle PON pour l'élaboration d'une courbe de tarage, l'une des étapes clés du processus d'approbation et d'acquisition de données, a été adoptée par le programme en mars 2015.

Recherche

ECCC, en collaboration avec l'Université du Manitoba, l'Université de Victoria, et Alberta Innovates Technology Futures (AITF), continue de soutenir le pilote national d'un réseau opérationnel d'analyse isotopique, conjointement avec son réseau hydrométrique, semblable au réseau hydro-isotopique existant aux États-Unis. L'objectif du projet est de démontrer la valeur de la collecte systématique du débit de la rivière en tandem avec l'analyse de l'oxygène-18 et du deutérium partout au Canada.

Une contribution pluriannuelle d'ECCC à AITF a permis la collecte d'isotopes stables de l'eau dans les stations hydrométriques d'ECCC partout au pays au cours de la période 2015-2017. L'objectif est d'obtenir une meilleure compréhension des sources d'écoulement fluvial (pluie, neige, eau souterraine, terres humides, glaciers, etc.) et de leur variabilité spatio-temporelle, d'identifier les pertes en évaporation des surfaces d'eau libre et d'isoler l'évapotranspiration, de contribuer au paramétrage de modèles hydrologiques à l'aide de données isotopiques tels que WATFLOOD, et de contribuer à la qualité de l'eau, à des recherches écologiques et à une estimation de la productivité primaire nette.

1.2. Surveillance de la qualité de l'eau

1.2.1. Surveillance de la qualité de l'eau douce

La surveillance de la qualité de l’eau douce a été une fonction centrale du programme d’ECCC depuis la création du Ministère au début des années 1970. Les activités de surveillance du Ministère sont essentielles pour évaluer et rendre compte de l’état et des tendances de la qualité de l’eau et afin que le gouvernement fédéral puisse s’acquitter de multiples engagements nationaux et internationaux et obligations prévues par la loi . Une bonne partie des activités de surveillance du Ministère sont menées conformément à des ententes fédérales-provinciales et fédérales-territoriales, ce qui assure une prestation à coûts avantageux et sans redondance.

Scientifiques d'ECCC sur le terrain à la rivière Richardson, Alberta Photo : © Environnement et Changement climatique Canada

Scientifiques d'ECCC sur le terrain à la rivière Richardson, Alberta Photo : © Environnement et Changement climatique Canada

Photo : © Environnement et Changement climatique Canada (ECCC)

Les objectifs de ces ententes fédérales-provinciales et fédérales-territoriales sur la surveillance de la qualité de l’eau sont les suivants : s’engager à long terme à recueillir des données sur la qualité de l’eau; obtenir des données sur la qualité de l’eau comparables et rigoureusement scientifiques qui sont fiables afin d'éclairer la gestion des ressources en eau; diffuser, en temps opportun, des renseignements sur la qualité de l’eau à l’intention du public, des organismes gouvernementaux, de l’industrie et de la communauté scientifique. Les données sont également utilisées pour appuyer l’indicateur canadien de durabilité de l’environnement qui a trait à la qualité de l’eau douce (voir la section 1.3). Cinq ententes fédérales-provinciales sur la surveillance de la qualité de l’eau sont en vigueur.

Pour de plus amples renseignements, prière de consulter le site Web d'ECCC « Monitoring et surveillance de la qualité des eaux douces ».

Le réseau de surveillance à long terme de la qualité de l’eau douce se compose de sites d’échantillonnage fédéraux, fédéraux-provinciaux et fédéraux-territoriaux et s’étend d’un bout à l’autre du Canada (voir la figure 3). Des échantillons d’eau sont régulièrement prélevés à ces sites pour en analyser les paramètres physicochimiques, notamment la température, le pH, l’alcalinité, la turbidité, les ions majeurs, les éléments nutritifs et les métaux. Les pesticides et autres paramètres préoccupants sont aussi surveillés en cas de problèmes de qualité de l’eau propres à un site.

Figure 3 : Sites de surveillance de la qualité de l’eau à long terme

Figure 3 : Sites de surveillance de la qualité de l’eau à long terme (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 3

La figure 3 est une carte du Canada qui indique l'emplacement des sites permanents de surveillance de la qualité de l'eau. Le réseau comprend des sites d’échantillonnage fédéraux, fédéraux-provinciaux et fédéraux-territoriaux, dans l’ensemble du pays. Ces sites sont distribués dans cinq aires de drainage : l’océan Arctique, l’océan Atlantique, le Golfe du Mexique, la Baie d’Hudson et l’Océan Pacifique.

Le Programme de surveillance de la qualité des eaux douces (FWQM) est adapté aux principaux bassins versants du Canada (bassins versants des océans Pacifique et Arctique/Athabasca, de la baie d’Hudson et de l'océan Atlantique). Ce programme favorise une gestion rigoureuse des ressources en eau partout au pays.

Le Programme de surveillance de la qualité des eaux douces a élaboré une évaluation des bassins axée sur le risque, une approche géospatiale visant à déterminer les risques relatifs et les priorités dans les bassins (sous-aires de drainage) dans l’ensemble du Canada. Les principaux agents stressants ont été déterminés, les intensités de stress ont été calculées et la compilation des couches géospatiales pertinentes a continué. L’évaluation des bassins axée sur le risque est un outil d'analyse évolutif destiné à une utilisation conjointe avec des outils d’analyse de l’efficacité statistique afin d’optimiser les réseaux de surveillance nationaux, de sorte que les lieux et les fréquences d’échantillonnage s’harmonisent avec les risques de détérioration de la qualité de l’eau dans les bassins versants canadiens.

De plus, des travaux sont en cours pour catégoriser les lieux d’échantillonnage en fonction du type de plan d’eau afin de faciliter la production de rapports sur l’environnement partout au pays.

Bassin versant de l’océan Pacifique

Dans le bassin versant de l’océan Pacifique (qui comprend une partie de la Colombie-Britannique et du Yukon), la surveillance est effectuée en application de l’Accord entre le Canada et la Colombie-Britannique sur le contrôle de la qualité de l’eau et selon les calendriers opérationnels convenus avec le gouvernement du Yukon. En Colombie-Britannique, dans le cadre de l’Accord avec la Colombie-Britannique, signé à l’origine en 1985, ECCC et le ministère provincial de l’Environnement effectuent conjointement la surveillance de la qualité de l’eau à 39 sites (dont un site automatisé). Au Yukon, onze sites (dont un site automatisé) ont été surveillés sur les rivières du Yukon en collaboration avec le ministère de l’Environnement du Yukon.

 Dans l’estuaire du fleuve Fraser, l’un des sites de surveillance Canada-Colombie-Britannique est une plateforme sur bouée. Ce site automatisé fournit des données en temps réel sur la qualité de l’eau, sur les conditions météorologiques, et des données d'échantillons instantanés, qui sont accessibles au public par l’entremise du site Web « Monitoring et surveillance de la qualité des eaux douces » d’ECCC. Des procédures de contrôle de la qualité de l'équipement d'échantillonnage automatisé ont été élaborées en 2015. ECCC, en collaboration avec Pêches et Océans Canada et avec le ministère de l’Environnement de Colombie-Britannique, a également déployé deux bouées de surveillance de la qualité de l’eau en temps réel dans le lac Osoyoos, en 2015. Les données générées par des sites automatisés seront utilisées pour déterminer les grandes tendances et les problèmes de qualité de l’eau émergents qui découlent des activités urbaines, agricoles et industrielles dans les bassins du bas Fraser et Okanagan. 

En 2015-2016, ECCC a exploité cinq sites de surveillance de la qualité de l’eau à long terme dans quatre parcs nationaux, en partenariat avec l’Agence Parcs Canada (les parcs nationaux de Glacier, Yoho et Kootenay en Colombie-Britannique et le parc national de Kluane au Yukon). Ces sites sont considérés comme relativement intacts et fournissent des données de référence importantes aux fins de comparaison avec les sites touchés par les activités humaines. Bon nombre de ces sites sont également situés dans des endroits pertinents pour évaluer les changements climatiques.

Bassin versant de l’océan Arctique/Athabasca

ECCC effectue des travaux de surveillance à 48 sites dans le bassin versant de l’océan Arctique et dans le Nord : 24 sites dans les Territoires du Nord-Ouest, 10 au Nunavut, 2 au Yukon et 12 dans le Nord de l’Alberta. La plupart de ces sites sont exploités en collaboration avec Parcs Canada, et comprennent huit parcs nationaux (les parcs nationaux Auyittuq, Quttinirpaaq, Ukkusiksalik, Aulavik, Ivvavik, Tuktut Nogait, Nahanni et Wood Buffalo).  Bon nombre de ces sites sont situés au même endroit que des stations hydrométriques de Relevés hydrologiques du Canada. En 2015-2016, un total de 147 campagnes d’échantillonnage ont été effectuées.

Bon nombre des sites de l’extrême-arctique sont considérés comme étant relativement intacts et, au fil du temps, ils fournissent des données de référence importantes aux fins de comparaison, en ce qui concerne le transport sur de longues distances de polluants atmosphériques vers des zones de haute latitude, ainsi que pour les influences futures potentielles des activités humaines dans le Nord. ECCC exploite aussi des sites de surveillance de la qualité de l’eau sur les grands cours d’eau du Nord, dont certains font partie de bassins transfrontaliers (p. ex. le fleuve Mackenzie, la rivière des Esclaves et la rivière Liard) ou de bassins importants dans le Nord (p. ex. les rivières Coppermine et Thelon, le Grand lac de l’Ours et la rivière Great Bear). D’autres rivières nordiques sont surveillées au Yukon (voir plus haut la section sur le bassin versant de l’océan Pacifique).

Bassin versant de la baie d’Hudson

Dans le bassin versant de la baie d’Hudson, ECCC effectue une surveillance de la qualité de l’eau aux principaux sites transfrontaliers, interprovinciaux et internationaux, ainsi que dans certains parcs nationaux. ECCC contribue également aux activités d'échantillonnage pour la qualité de l'eau du Ministère de l'Environnement et du Changement climatique (Ontario) dans le Grand Nord en recueillant des échantillons en vue de leur analyse. Cinq sites sont ciblés, et ces activités ont lieu 3 fois par an dans la zone de la ceinture de feu.

Surveillance dans la Région des Prairies

En appui à l’Accord-cadre sur la répartition des eaux de la Commission des eaux des provinces des Prairies, ECCC effectue une surveillance sur 12 sites le long des principaux cours d’eau traversant les frontières entre l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Ces travaux permettent également la production de rapports annuels sur les objectifs en matière de qualité de l’eau quant aux éléments nutritifs, aux métaux, aux ions majeurs et aux pesticides, établis par le Canada, l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Les données et les renseignements sur la qualité de l’eau ainsi recueillis servent aussi à l’Initiative du bassin du lac Winnipeg. Les données sur la qualité de l'eau sont régulièrement transmises aux partenaires qui font partie du Lake Winnipeg Research Consortium, notamment la province du Manitoba, divers ministères fédéraux, des universités et des instituts qui s’intéressent au lac.

ECCC a continué à travailler avec Conservation et Gestion des ressources hydriques Manitoba conformément au protocole d'entente entre le Canada et le Manitoba et l'entente auxiliaire pour les sciences concernant le lac Winnipeg et son bassin. Le protocole d’entente, renouvelé en 2015, appuie l’élaboration de données scientifiques, d’indicateurs et de cibles d’éléments nutritifs.

D’autres sites transfrontaliers importants de surveillance se trouvent dans les rivières Rouge, Pembina, Winnipeg et Souris et dans le réseau des rivières Milk et St. Mary. Les rivières Rouge et Souris, en particulier, ont subi beaucoup de problèmes de qualité de l’eau au fil du temps (éléments nutritifs, métaux, pesticides, salinité). Les problèmes de qualité et de quantité d’eau dans ces rivières sont officiellement traités par le Conseil international de la rivière Rouge et le Conseil international de la rivière Souris, sous la gouverne de la Commission mixte internationale (CMI). Des mises à jour régulières sur la surveillance ont été fournies à ces conseils et à certains partenaires institutionnels en 2015-2016.

Tous les cours d’eau transfrontaliers dans le bassin versant sont surveillés régulièrement (8 à 12 fois par année). Au cours de la saison d’eau libre 2015-2016, la rivière Rouge a été surveillée plus intensément (toutes les deux semaines ou toutes les semaines), devant l’augmentation préoccupante et continue des eaux déversées par le lac Devils (Dakota du Nord) qui traversent la frontière canadienne et afin d’améliorer les estimations d’apport d’éléments nutritifs dans le lac Winnipeg. ECCC exploite également une station automatisée sur la rivière Rouge à Emerson, au Manitoba, qui sert de système d’alerte en temps réel en cas d’inondation transfrontalière et assure la surveillance de la qualité de l’eau. En juillet 2015, ECCC a contribué à un effort coopératif inter-organisme et international en vue de recueillir des données biologiques sur la rivière Rouge, qui seront utilisées pour éclairer l'élaboration de lignes directrices sur les éléments nutritifs pour la rivière Rouge à la frontière internationale.

En 2015-2016, les rivières Red Deer et Battle, près de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, et la rivière Assiniboine, près de la frontière entre la Saskatchewan et le Manitoba dans les Prairies, ont été surveillées relativement à des néonicotinoïdes, une catégorie de pesticides qui est de plus en plus utilisée et qui a suscité l'intérêt général. La contamination transfrontalière dans la rivière Rouge, une voie navigable transfrontalière internationale essentielle, a également été surveillée relativement à des pesticides d’usage courant, notamment les néonicotinoïdes, les carbamates (fongicides) et les sulfonylurées (herbicides).

Le lac des Bois, étendue d'eau qui chevauche une frontière internationale et des frontières provinciales, est relativement unique par le nombre d’administrations et d’organismes internationaux, comme la Commission mixte internationale, qui ont un rôle à jouer pour en assurer la bonne gestion environnementale. Les préoccupations locales et nationales à propos des efflorescences de cyanobactéries (algues bleu-vert) nuisibles et potentiellement toxiques dans le lac et du déclin de la qualité de son eau ont incité ECCC à lancer l’Initiative scientifique sur le lac des Bois dans le cadre d’un programme plus large visant à évaluer la détérioration de la qualité de l’eau du lac Winnipeg et à y remédier. En 2015-2016, dans le cadre d’un effort international, ECCC a effectué une sortie de surveillance annuelle sur le lac. Cet effort est unique, car il offre une vue d’ensemble du lac deux fois par année, ce qui permet aux scientifiques d’évaluer les relations spatiales entre les lacs en ce qui concerne la qualité de l’eau, un aspect important du suivi des changements dans le réseau hydrologique. De plus, la rivière à la Pluie, une rivière transfrontalière internationale et le principal affluent du lac, a été régulièrement surveillée afin de vérifier les nutriments et les métaux traces à de nombreux points principaux le long de la rivière.  

Bassin versant de l’océan Atlantique

Dans le bassin versant de l’océan Atlantique, la surveillance fédérale-provinciale de la qualité de l’eau est assurée grâce à l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (AQEGL) entre le Canada et les États-Unis, aux accords de surveillance entre le Canada et le Québec, entre le Canada et le Nouveau-Brunswick et entre le Canada et Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi qu’au Protocole d’entente sur l’eau entre le Canada et l’Île-du-Prince-Édouard.

En 2015-2016, diverses activités de surveillance ont été effectuées dans les Grands Lacs et ciblaient l’eau, les sédiments et les poissons. Les répercussions des contrôles du phosphore réalisés dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs entre le Canada et les États-Unis de 1978 ainsi que de l’introduction et de l'importante prolifération de moules non indigènes sont évidentes dans les données de surveillance à long terme des Grands Lacs. Les résultats de surveillance ont démontré quelles eaux ont des concentrations de phosphore inférieures aux cibles et quelles régions auraient besoin de mesures ou de contrôles de nutriments supplémentaires. D’autres travaux ont été effectués dans les Grands Lacs, dont la surveillance d’un certain nombre de polluants chimiques et la première surveillance d’agents ignifuges à l’échelle de tout le bassin.

ECCC a également effectué une surveillance de l’eau et des sédiments dans le port de Hamilton afin d’établir des conditions de référence qui seront utilisées pour évaluer l’efficacité des activités d’assainissement prévues relatif aux sédiments dans le récif Randle.

L’accord de surveillance de la qualité de l’eau entre le Canada et le Québec conclu à la fin de l’exercice 2012-2013 englobe 39 sites dans le fleuve Saint-Laurent transfrontalier et ses affluents. En plus des sites compris dans cet accord, ECCC a exploité dix autres sites fédéraux (dont six automatisés) dans le bassin du fleuve Saint-Laurent. En 2015-2016, des échantillons ont été prélevés tous les mois aux sites pour analyser les paramètres physiques, les nutriments, les métaux, les pesticides et les polybromodiphényléthers (PBDE).

L’accord de surveillance sur la qualité de l’eau entre le Canada et le Nouveau-Brunswick a été conclu en 1988 et mis à jour en 1995. Au cours de l'exercice 2015-2016, dix sites fédéraux-provinciaux ont été surveillés en application de l’accord. Ces sites sont situés sur des rivières ou des affluents transfrontaliers provinciaux ou internationaux dans les bassins de la rivière Saint-Jean et de la rivière Restigouche. Deux sites de surveillance en temps réel (automatisés) ont également été maintenus par ECCC aux abords du ruisseau transfrontalier Big Presque Isle et de la rivière Meduxnekeag.

Le Conseil international de la rivière Ste-Croix, de la Commission mixte internationale (CMI), joue un rôle important dans la gestion des niveaux, de la qualité de l'eau et des pêches entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Le Conseil travaille en collaboration avec les intervenants situés au bassin versant, à la prévention et à la résolution des différends. ECCC a surveillé les niveaux d’eau à sept stations dans le bassin et la qualité de l’eau en temps réel à deux stations (automatisées), et a contribué au rapport annuel 2015 que le Conseil a présenté à la CMI.

Le Protocole d’entente sur l’eau entre le Canada et l’Île-du-Prince-Édouard a été conclu en 1989 et renouvelé en 2001. Selon l’entente, 11 sites ont été surveillés en 2015-2016. Un site de surveillance en temps réel (automatisé) a été exploité sur la rivière Wilmot. Les sites sont répartis dans l’ensemble de la province, et les données sont disponibles sur le site Web du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard (disponible en anglais seulement).

En 2015-2016, ECCC a géré 13 sites fédéraux (dont 2 sites automatisés) en Nouvelle-Écosse à l'appui des indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement. Le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse a offert son soutien pour la collecte des données. Les sites sont répartis dans l’ensemble de la province et couvrent les principaux bassins versants de l’aire de drainage principale des Maritimes, notamment ceux dont les eaux se déversent dans la baie de Fundy. 

À Terre-Neuve-et-Labrador, 79 sites répartis dans les principales aires de drainage ont été échantillonnés de quatre à huit fois par an en 2015-2016. Les données et les renseignements sur les stations sont affichés sur le site Web du Ministère (disponible en anglais seulement) et dans le portail des ressources en eau de Terre-Neuve-et-Labrador (disponible en anglais seulement).

Pour de plus amples renseignements, prière de consulter le site Web d'ECCC « Monitoring et surveillance de la qualité des eaux douces ».

1.2.2. Surveillance biologique

En plus d’assurer la surveillance physicochimique de la qualité de l’eau, comme il a été expliqué plus haut, ECCC surveille également les composantes biologiques à l’aide de macroinvertébrés benthiques afin d’évaluer la santé des écosystèmes aquatiques. 

Le Réseau canadien de biosurveillance aquatique (RCBA) est un volet du Programme de surveillance de la qualité des eaux douces servant à l’évaluation de la condition biologique des écosystèmes d’eau douce au Canada au moyen de méthodes normalisées de collecte et d’analyse des données. Ce programme de surveillance, basé sur des décennies de recherche et de développement dans de nombreux pays, a été adopté par de multiples agences et organisations au Canada. On doit le succès du RCBA à la collaboration et au partage des données entre les agences. Il est dirigé par l’équipe nationale du RCBA d’ECCC, qui fournit la gestion des données en ligne, les outils et modèles d’évaluation, les protocoles d’analyse sur le terrain et en laboratoire, la certification et la formation, ainsi que la recherche et le développement en écologie. Les partenaires du Réseau mettent en commun leurs observations à l’intérieur de la base de données nationale. Les partenaires du réseau comprennent des ministères du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux, l’industrie, le milieu universitaire, les collectivités autochtones et des organisations non gouvernementales, comme des groupes communautaires de bassins versants. Une équipe scientifique du RCBA, formée de scientifiques d’ECCC et de l’extérieur possédant une expertise en surveillance écologique à grande échelle, fournit des avis scientifiques et des recommandations au volet RCBA du Programme de surveillance de la qualité des eaux douces.

On dispose actuellement de treize modèles de référence pour évaluer la santé biologique des plans d’eau douce au Yukon, en Colombie-Britannique, dans le parc national Nahanni, dans les parcs nationaux des Rocheuses, dans les provinces de l’Atlantique et dans les Grands Lacs. Deux nouveaux modèles ont été finalisés et mis à la disposition des utilisateurs en 2015 : pour la côte nord et centrale de la Colombie-Britannique et pour le bassin Attawapiskat dans le Nord de l'Ontario. Deux modèles supplémentaires sont actuellement à l'étape de finalisation : un modèle préliminaire pour le Nord-est de la Colombie-Britannique et un modèle pour le Nord proche de l'Ontario. Des évaluations du contrôle de la qualité pour le traitement en laboratoire et la taxonomie ont été publiées en 2015. Des évaluations de l'assurance de la qualité pour des processus du programme national et des données du programme ont été achevées au début de l'année 2016.

Depuis le début de l’élaboration de la stratégie de surveillance du RCBA dans les années 1980, des données ont été recueillies à plus de 8 070 endroits un peu partout au pays. En 2015-2016, ECCC et ses partenaires en ont recueilli à 1 108 sites dans plusieurs sous-bassins partout au pays (figure 4). La création d’un programme national de formation en 2008, en partenariat avec l’Institut canadien des rivières de l’Université du Nouveau-Brunswick, a fourni un moyen d’encourager l’utilisation de protocoles nationaux, d’augmenter la collecte des données et d’accroître la connaissance des conditions biologiques dans l’ensemble du pays. En 2015-2016, 164 participants se sont inscrits aux modules en ligne. En outre, le nombre de formateurs du programme a augmenté, avec cinq nouveaux formateurs certifiés par le biais du programme de formation des formateurs du RCBA et trois formateurs prêts à recevoir leur certification en 2016. À mesure que le nombre de participants formés dans le cadre du RCBA augmente, la capacité de produire de nouvelles données partout au pays et d’évaluer la qualité de l’eau s’améliore pour ECCC et tous les partenaires du Réseau. 

Figure 4 : Sites de surveillance du RCBA

Figure 4 : Sites de surveillance du RCBA
Longue description pour la figure 4

La figure 4 est une carte du Canada qui montre l'emplacement des sites de surveillance du Réseau canadien de biosurveillance aquatique (RCBA) dans l'ensemble du pays. En 2015-2016, Environnement et changement climatique Canada et ses partenaires en ont recueilli à 1 108 sites dans plusieurs sous-bassins partout au pays.

Bassin versant de l’océan Pacifique

En Colombie-Britannique, la surveillance du RCBA est menée conjointement selon l’accord de surveillance de la qualité de l’eau entre le Canada et la Colombie-Britannique. En vertu de cet accord, ECCC et le ministre de l’Environnement de la province collaborent à la collecte des données pour le maintien et la mise au point d’un modèle de référence et pour l’évaluation de site. Tous les utilisateurs du RCBA ont accès à onze modèles de référence pour la réalisation d’évaluations biologiques dans les bassins versants de la Colombie-Britannique et du Yukon; ces modèles ont été élaborés en collaboration par les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux (c.-à-d. Pêches et Océans Canada et la Garde côtière canadienne, Parcs Canada, le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique et le gouvernement du Yukon). Il existe des modèles pour le bassin du fleuve Yukon, le bassin du fleuve Fraser/bassin de Géorgie, le bassin de la rivière Skagit, le bassin de la Columbia/de l’Okanagan, la région côtière de la Colombie-Britannique, la région de Skeena et les parcs nationaux des Rocheuses. En 2015-2016, ECCC a recueilli des données du RCBA provenant de 25 rivières et cours d’eau, dans 11 sites servant au maintien et à l’élaboration de modèles de référence et dans 14 sites servant à l’évaluation de l'état biologique, situés au même endroit que les sites de surveillance physicochimique à long terme. Les modèles d’évaluation biologique fondés sur l’approche des conditions de référence pour le bassin du fleuve Fraser/bassin de Géorgie et le territoire du Yukon ont été révisés et publiés sur le site Web du RCBA.

Bassin versant de l’océan Arctique et de la rivière Athabasca

Les activités du RCBA dans le bassin versant de l’océan Arctique sont concentrées dans le bassin de l’Athabasca. En vertu du Plan de mise en œuvre conjoint Canada-Alberta pour la surveillance visant les sables bitumineux, les protocoles du RCBA ont été appliqués dans les affluents de la rivière Athabasca conformément aux recommandations formulées dans la phase 2 du plan de surveillance intégrée; en tout, à la suite de cette mesure, 53 sites ont été visités en 2015-2016. Le programme comprend aussi un échantillonnage réalisé à des fins de biosurveillance sur le cours principal de la rivière Athabasca, avec 11 tronçons sous surveillance et de multiples stations dans chaque tronçon, ce qui représente 110 sites d’échantillonnage. Les sites d’échantillonnage sont variés, certains se trouvant dans la région de mise en valeur des sables bitumineux, d’autres à l’extérieur de la zone d’exploitation et même au-delà de tout secteur d’exposition naturelle aux formations géologiques contenant du bitume dans la région. En plus de comprendre les répercussions potentielles de l'extraction minière de bitume, le Plan de mise en œuvre conjoint du Canada et de l’Alberta pour la surveillance visant les sables bitumineux et la qualité de l’eau douce a pour but de comprendre la façon dont l'exposition naturelle au bitume façonne les communautés biologiques. Un modèle des conditions de référence est en cours d'élaboration pour la région des sables bitumineux de l'Athabasca.   

D’autres détails sont fournis à la section 1.2.2 ainsi que dans le portail d’information Canada-Alberta sur la surveillance environnementale des sables bitumineux.

Bassin versant de la baie d’Hudson

L’échantillonnage effectué par le RCBA s’est concentré sur le lac des Bois, dans le contexte de l’Initiative scientifique du lac des Bois. Un modèle de référence préliminaire a été mis au point pour le lac, et il fera l’objet de révisions dans deux ans en fonction des données recueillies. Chevauchant l’Ontario, le Manitoba et le Minnesota, le lac des Bois est le plus grand lac du bassin de drainage en amont du lac Winnipeg, et il contribue à environ 6 % de l’apport de phosphore total au lac Winnipeg par le biais de la rivière Winnipeg.

Bassin versant de l’océan Atlantique

Dans le bassin versant de l'Atlantique, 210 sites de cours d'eau et de rivières ont été surveillés par ECCC et ses partenaires provinciaux en 2015-2016 (193 dans les provinces de l'Atlantique et 17 au Québec), en utilisant des protocoles d'échantillonnage du RCBA.  Ces efforts appuyaient les accords fédéraux-provinciaux de surveillance de la qualité de l’eau conclus avec le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, et l’Île-du-Prince-Édouard. Les données de surveillance recueillies ont permis de préciser les indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement. La surveillance a aussi permis aux partenaires de réaliser des évaluations dans les bassins versants transfrontaliers (rivière Saint-Jean, fleuve Saint-Laurent) et les terres fédérales (parcs nationaux, collectivités autochtones et les BFC Meaford et BFC Gagetown). Le RCBA a aussi effectué l’échantillonnage dans les Grands Lacs selon les protocoles visant les lacs.

1.2.3. Surveillance de la qualité des eaux marines

En 2015-2016, ECCC a effectué une surveillance des coliformes fécaux dans 1369 zones de récolte de mollusques bivalves sur les côtes Atlantique et Pacifique afin d’évaluer la contamination sanitaire naturelle et anthropique de ces zones. Ces travaux s’inscrivaient dans les responsabilités d’ECCC, dans le cadre du Programme canadien de contrôle de la salubrité des mollusques (PCCSM), un programme fédéral de salubrité des aliments géré conjointement par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), le ministère des Pêches et des Océans (MPO) et ECCC. L'objectif du programme est de protéger les Canadiens contre les risques pour la santé associés à la consommation de mollusques bivalves contaminés (comme les moules, les huîtres et les palourdes), en utilisant des mesures de contrôle pour s'assurer que seuls les mollusques qui satisfont aux normes en matière de salubrité et de qualité des aliments se retrouvent sur les marchés canadiens et étrangers.

1.2.4. Surveillance de l’eau dans les sables bitumineux

En février 2012, les ministres de l’Environnement fédéral et provincial ont dévoilé le Plan de mise en œuvre conjoint du Canada et de l’Alberta pour la surveillance visant les sables bitumineux (le « Plan de mise en œuvre »), engageant les deux gouvernements à mettre en œuvre un programme scientifiquement rigoureux, exhaustif, intégré et transparent en matière de surveillance environnementale de la région. Le Plan de mise en œuvre décrivait une mise en œuvre progressive des activités de surveillance améliorées sur trois ans (2012-2015), ainsi que la simplification et l’intégration des activités actuelles de surveillance en vue de créer un programme unique dirigé conjointement par les deux gouvernements.

Le Plan de mise en œuvre de trois ans a pour but d’effectuer une surveillance plus approfondie des changements attribuables à l’exploitation des sables bitumineux dans l’environnement ambiant, grâce à l’échantillonnage d’un plus grand nombre de composés, à une fréquence accrue et dans un nombre de sites plus important, en respectant les normes et protocoles scientifiques établis. Les résultats permettront de mieux comprendre l’état de l’environnement dans la région des sables bitumineux, et à évaluer les effets environnementaux cumulatifs des activités d’exploitation de sables bitumineux.

Le Plan de mise en œuvre exigeait que le système de surveillance soit examiné par un groupe de pairs experts externes après la troisième année, pour s’assurer que l’intégrité scientifique est maintenue.  Conformément, un comité d'examen externe indépendant de six experts scientifiques reconnus internationalement a été créé en 2015. En février 2016, le comité d'examen externe conclut dans son rapport que  : « [l]a surveillance conjointe visant les sables bitumineux a permis une amélioration importante quant à l’approche de surveillance comparée à celle qui était en place avant 2012 en établissant une surveillance plus solide et complète et en améliorant la rigueur, la transparence et le respect des normes et protocoles reconnus à l’échelle internationale en matière de surveillance ».  Selon le rapport, des progrès ont été réalisés depuis le début de la mise en œuvre, et le président du comité d'examen a attribué à la surveillance menée conjointement la « catégorie B ».

L’ECCC travaille avec le gouvernement de l'Alberta sur un accord à long terme pour continuer la surveillance des sables bitumineux. L’ECCC continue de surveiller les sables bitumineux et s’engage à faire rapport en se basant sur une surveillance environnementale de l’exploitation des sables bitumineux scientifiquement rigoureuse, exhaustive et intégrée . Les rapports sur les résultats scientifiques appuient le mandat d’ECCC de rendre les données scientifiques « entièrement transparentes et accessibles au public » ainsi que l'engagement du gouvernement en matière de transparence scientifique.

1.3. Modélisation et prévisions hydrométéorologiques

Depuis plusieurs années, des chercheurs et des scientifiques d’ECCC et de nombreux organismes partenaires se servent des données atmosphériques et météorologiques pour alimenter les modèles de prévisions opérationnelles quotidiennes ainsi que des données hydrologiques, recueillies en vertu d’accords hydrométriques, pour alimenter les modèles hydrologiques. Ces modèles montrent la façon dont la modélisation hydrométéorologique régionale peut aider à améliorer la gestion des ressources en eau.

ECCC a continué de jouer un rôle à l’échelle internationale grâce à son leadership en tant que conseiller canadien en matière d’hydrologie au sein du comité sur l’hydrologie de l’Organisation météorologique mondiale. Cela signifie que le Ministère a donné une rétroaction et des conseils à ce comité sur toutes les questions liées à la surveillance hydrométrique et à l’hydrométéorologie. Plus spécifiquement, le Ministère a fourni une expertise lors de l’élaboration de techniques d’analyse de l’incertitude lors de mesures hydrométriques et dans les systèmes de base. De plus, il continue à diriger l’initiative du système d’observation du cycle hydrologique de l’Arctique, qui s’attarde surtout à l’évaluation du flux d’eau douce vers l’océan Arctique. En 2015-2016, ECCC a organisé et présidé la troisième réunion du comité directeur (mai 2016) avec les représentants des services hydrologiques des huit pays du Conseil de l’Arctique. Les résultats attendues pour la première année ont été discutés et le plan de travail provisoire de la prochaine année a été rédigé avec l’objectif de veiller à ce que les données sur les flux d’eau douce vers l’océan Arctique soient disponibles en temps opportun.

ECCC continue de jouer un rôle actif en travaillant avec les universités sur des projets de recherche liés à la qualité de l’eau par l’entremise de l’initiative de recherche du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, y compris le réseau des régions froides du Canada dirigé par l’Université de la Saskatchewan et le réseau stratégique FloodNet dirigé par l’Université McMaster.

Grands Lacs

Une image satellite montre une vue des Grands Lacs de l’espace. Image : © NASA et GeoEye.

Une image satellite montre une vue des Grands Lacs de l’espace.

Image : © NASA et GeoEye.

En 2015-2016, ECCC a continué d’améliorer les méthodes de modélisation et de prévisions hydrométéorologiques associées dans un cadre de prévisions environnementales élargi. Le modèle permet d’améliorer la compréhension des interactions entre l’atmosphère et la surface de la Terre, et appuie une gestion améliorée de l’eau. ECCC a établi un partenariat avec l’Army Corps of Engineers, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et le Geological Survey des États-Unis afin d’opérationnaliser les divers systèmes de modélisation pour l’analyse historique sur l’équilibre hydrique dans les Grands Lacs d’aval. Dans le cadre du Comité de coordination des données hydrologiques et hydrauliques de base des Grands Lacs, la modélisation numérique hydraulique des canaux interreliés est mise à jour avec la bathymétrie et un étalonnage affiné. Les produits élaborés dans ce système de modélisation sont analysés et utilisés pour faciliter la compréhension des changements récents et les faibles niveaux d’eau dans les Grands Lacs.

Des experts en hydrologie et en modélisation du Service météorologique du Canada et de la  Direction générale des sciences et de la technologie d’ECCC travaillent sur des modèles afin d’estimer des scénarios possibles de débit fluvial jusqu’à 10 jours à l’avance, par le biais d’un système de prévision d'ensemble du débit. Un modèle de prévision sur 48 heures a été mis au point en 2015-2016. Cette capacité a un usage particulier pour les agences provinciales de prédiction d'inondation. La première mise à l’essai du modèle se poursuit dans les Grands Lacs, et les chercheurs tentent d’obtenir une prévision sur 10 jours.

Fleuve Saint-Laurent

Les activités entreprises par le groupe de travail sur les prévisions numériques environnementales en application du Plan d’action du Saint-Laurent ont continué en 2015-2016. Les principales activités du groupe sont :

  • la modélisation et l’assimilation de données sur les surfaces couvrant les bassins versants des affluents du fleuve Saint-Laurent;
  • la modélisation hydrologique et l’acheminement des eaux entrant par les bassins versants des affluents du Saint-Laurent;
  • la modélisation hydrodynamique en deux dimensions du fleuve Saint-Laurent, du lac des Deux-Montagnes, du lac Saint-Louis, du bassin de Laprairie, de la rivière des Mille-Îles, de la rivière des Prairies et des chenaux de Sainte-Anne et de Vaudreuil;
  • la modélisation de la dynamique des principaux écosystèmes du Saint-Laurent;
  • la modélisation océan-glace dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Ces activités en collaboration avec des partenaires fédéraux et provinciaux sont prévues dans le Plan d’action du Saint-Laurent, et elles appuient les priorités principales du plan (biodiversité et qualité et utilisations de l’eau).

Depuis plus d’un an, le modèle hydrodynamique du fleuve Saint-Laurent entre le port de Montréal et Trois-Rivières est utilisé en « mode expérimental » au Centre météorologique canadien. À l’heure actuelle, une simulation par jour (prévision immédiate) est produite automatiquement. Les produits sont disponibles en ligne, et ils seront éventuellement publiés sur le site Web « Eau » d’ECCC. Le rendement du système a été évalué, et la mise au point du modèle en aval de Trois-Rivières jusqu’à Baie-Saint-Paul et en amont de Montréal se poursuit par des étalonnages, des activités et une optimisation visant à rendre le système opérationnel.

Lac des Bois

En 2015-2016, le modèle prévisionnel hydrologique du bassin de la rivière Winnipeg a été développé afin d’inclure de meilleurs paramètres d'étalonnage et catégories d’utilisation des sols, ce qui en augmente la valeur pour les faibles débits.

Région des Prairies

Des études en cours ont visé à une meilleure compréhension de la disponibilité de l’eau au Canada grâce à la mise au point de méthodes de modélisation du cycle hydrologique à différentes échelles, des petits bassins aux grands cours d’eau. La collaboration dans les recherches sur l’élaboration de modèles pour la simulation à grande échelle des bassins de la rivière Saskatchewan et du fleuve Mackenzie s’est poursuivie avec le Global Institute for Water Security de l’Université de la Saskatchewan. Les progrès récents incluent notamment l’interconnexion des modèles hydrologiques à des modèles de gestion de l'eau et à des modèles hydrauliques 1-D, l’utilisation de la technologie satellitaire pour améliorer la capacité prédictive, l'évaluation de divers outils d'estimation des précipitations pour la région, l'amélioration de la représentation des processus physiques dans les modèles, et l’exploration de nouvelles méthodes de mélange débits modélisés et observés afin d’améliorer les capacités de prévision. L’utilisation de la composante de la surface du sol du modèle météo d’ECCC a également permis de réaliser des  progrès en ce qui concerne la prédiction des débits.

Autres activités

ECCC a également apporté son soutien à plusieurs conseils de gestion de l’eau, comités et études spéciales de la Commission mixte internationale en 2015-2016. Le soutien assuré comprend l’établissement de plans pour les études spéciales et l’élaboration, la mise à l’essai et la mise en œuvre de modèles écosystémiques et hydrologiques, ainsi que l'instauration et la mise en œuvre d'un cadre de gestion adaptative pour l'examen en cours des plans de régularisation des lacs. Le travail de la Commission mixte internationale n’est pas régi par la Loi sur les ressources en eau du Canada; les progrès réalisés par ECCC en ce qui concerne les plans de travail sont inclus dans des rapports à l’interne en vertu du protocole d’entente entre ECCC et la Commission mixte internationale.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :