Les centres de prévision des crues au Canada

Centre de prévision des régimes fluviaux d'Alberta Environment

Le Centre de prévision des régimes fluviaux d'Alberta Environment a des vocations multiples dont les suivantes :

  • émettre des alertes lorsque les rivières montent en crue à la suite de la fonte des neiges ou de pluies intenses;
  • produire entre février et août des prévisions mensuelles des approvisionnements en eau, et ces prévisions sont journalières en périodes de faibles niveaux d'eau;
  • répondre aux demandes de renseignements de la part du public, qui sont de plus en plus nombreuses à mesure que s'accroît l'intérêt pour les activités récréatives en rivière; et
  • élaborer des méthodes d'exploitation des réservoirs, pour la gestion des crues et l'approvisionnement en eau.

Ces services sont assurés par neuf employés à plein temps du Centre de prévision des régimes fluviaux.

Service d'information

Le travail du Centre consiste surtout à fournir de l'information pour la gestion en temps réel des ressources hydriques. Le débit des rivières et les canaux de dérivation font l'objet d'une surveillance continue, en vue d'assurer une gestion optimale de la ressource rare qu'est l'eau dans le sud de l'Alberta. On estime aussi les débits à la frontière avec la Saskatchewan, afin de veiller au respect des accords interprovinciaux de partage.

Le Centre distribue par la poste et télécopieur plusieurs rapports hebdomadaires sur le débit des rivières et le niveau des lacs à ses clients.

Ces rapports contiennent divers renseignements, des données présentes et passées sur les lacs et les rivières, ainsi qu'un synopsis des débits fluviaux et une prévision des tendances. Le Centre offre également un service téléphonique avec messages enregistrés sur le débit des rivières en Alberta, surtout à l'intention des canoéistes.

Acquisition des données

Le Centre est très automatisé, notamment pour la collecte de données en temps réel. Grâce à des systèmes de télémétrie, il a accès aux données sur le niveau des rivières et les conditions météorologiques obtenues par des postes éloignés, et transmises par des liaisons satellite et téléphoniques. Le système DACQ d'acquisition de données en temps réel traite environ 20 000 éléments d'information chaque jour.

Le Centre utilise également le satellite GOES (satellite géosynchrone opérationnel pour l'étude du milieu) afin d'obtenir des données provenant de plus de 100 endroits. Les plates formes de collecte automatique de données envoient toutes les trois heures des signaux au satellite qui, à son tour, les transmet à une station de réception près de Washington (DC). Le système DACQ du Centre de prévision des régimes fluviaux communique ensuite avec l'ordinateur GOES par ligne téléphonique pour le téléchargement de ces données.

La télémétrie par voie téléphonique est employée pour plus d'une centaine d'endroits en Alberta. L'ordinateur DACQ téléphone automatiquement à chaque endroit, en extrait les données et les enregistre. Ces données sont utilisées non seulement par le Centre de prévision, mais aussi par d'autres organismes de gestion des ressources hydriques.

Dans le cadre d'un projet pilote, le Centre reçoit chaque semaine des cartes de couverture nivale établies à partir des images captées par les satellites de la NOAA (U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration). On utilise ces cartes pour estimer la superficie et l'équivalent en eau de la couverture de neige dans les prairies, afin de prévoir le volume de ruissellement printanier.

Diffusion des prévisions

Les prévisions des crues sont produites au besoin et envoyées directement aux organismes gouvernementaux et aux agences de presse. L'Alberta Public Safety Services reçoit les avertissements de crue émis par le Centre, et il utilise ces renseignements pour travailler avec les municipalités afin d'empêcher que les inondations ne causent des dommages. Le Centre communique directement avec les municipalités touchées pour leur transmettre les données techniques au sujet de l'inondation.

L'information sur les crues est diffusée progressivement. Les prévisions établies d'après les pluies annoncées sont transmises aux clients spéciaux, comme Environnement Canada, afin de les aviser de la situation possible. Si les pluies sont intenses mais si on prévoit peu ou pas d'inondation, le Centre peut émettre un « avis de niveau d'eau élevé ». Si on s'attend à une crue importante, le Centre émet alors un « avertissement de crue » et toutes les parties intéressées sont avisées.

Pendant les inondations, le Centre de prévision fonctionne 24 heures sur 24 si la situation l'exige afin de pouvoir fournir des informations à jour aux divers organismes qui tentent de prévenir les dommages causés par les inondations.

Prévision des crues en Colombie-Britannique

Voir le site Web du centre de prévision du régime fluvial du ministère de la Gestion durable des ressources de la Colombie-Britannique. 

Prévision du niveau des Grands Lacs

En 1986, alors que le niveau des lacs avait été le plus élevé au cours du siècle, Environnement Canada a établi deux centres en Ontario dans le but de prévoir le niveau des Grands Lacs et de diffuser ces données. Le premier est le Centre de prévision du niveau des Grands Lacs, qui relève du Service de l'environnement atmosphérique, au Centre météorologique de l'Ontario, à Toronto. Le second est le Centre de communication des données sur le niveau des Grands Lacs, au Centre canadien des eaux intérieures, à Burlington.

Le Centre de prévision du niveau des Grands Lacs avise le Centre de communication lorsque les veilles et les avertissements de niveau élevé sont en vigueur. Le Centre de communication fournit, à son tour, les données les plus récentes au public et aux médias.

Le Centre de communication conserve un registre des niveaux élevés, déterminés par diverses sources : jauges, stations météorologiques, bouées à la dérive sur les vagues, offices de protection de la nature, forces policières et autres sources d'observation. On dresse par la suite des graphiques qui illustrent la montée des eaux, la hauteur des vagues et la direction des vents.

Comme le niveau des lacs commença à diminuer en 1987, la situation de crise associée aux niveaux élevés des eaux fut évitée. En même temps que le Centre de communication et le Centre de prévision du niveau des Grands Lacs conservent la capacité de répondre à des situations de crise, ils ont réorienté leurs activités. Le Bureau d'information sur le niveau des Grands Lacs concentre actuellement ses efforts à informer le public au sujet du réseau hydrographique des Grands Lacs, des causes de la fluctuation du niveau de l'eau, et des mesures que peuvent prendre les gens pour faire face aux changements des niveaux d'eau. Il constitue aussi une source centrale de données sur les dommages causés par les inondations et l'érosion, sur le niveau de l'eau et sur les mécanismes riverains en général. Le centre régional de Thunder Bay assume les responsabilités du Centre météorologique de l'Ontario et continue d'émettre des avis de surveillance et des avertissements de niveau élevé lorsque les conditions le justifient comme ce fut le cas à plusieurs reprises en 1997 et 1998.

Centre de prévision des régimes fluviaux du Manitoba

La prévision des régimes fluviaux dans les régions agricoles et urbaines du sud du Manitoba est assurée par le Centre de prévision des régimes fluviaux du Manitoba, situé à l'administration centrale de la Direction des ressources hydriques, du ministère des Ressources naturelles du Manitoba, à Winnipeg. Le Centre prépare les prévisions générales des débits pour l'ensemble de la province, mais c'est toutefois Manitoba Hydro qui fait les prévisions des régimes fluviaux dans le Bouclier canadien, dans le nord du Manitoba, car cette société d'État régularise le cours des rivières pour la production d'hydroélectricité.

Dans le sud de la province, la prévision des régimes fluviaux vise surtout à déterminer les risques d'inondation, car le climat, la topographie et les sols de cette région la rendent très vulnérable aux crues printanières. Au cours des années 1980, les temps plus secs ont quelque peu modifié l'orientation du Centre, qui s'est intéressé à l'alimentation en eau des gros réservoirs, et au régime minimal des rivières.

La prévision des régimes fluviaux a officiellement débuté en 1954 au Manitoba, après une enquête et une étude d'envergure réalisées à la suite de l'inondation désastreuse de 1950 sur la rivière Rouge. Les techniques de prévision demeurèrent relativement peu développées jusque dans les années 1970; elles connurent alors un grand essor et une forte amélioration, et le Centre de prévision des régimes fluviaux fut établi comme tel. Au cours des années 1980, on réalisa une étude de simulation d'une durée de sept ans, entreprise dans le cadre de l'Accord Canada-Manitoba sur la réduction des dommages causés par les inondations et sur la prévision des crues. Au cours de cette étude, on testa plusieurs modèles de complexité variée afin d'en déterminer les données requises, les besoins en étalonnage, la précision et la rentabilité. Les résultats de l'étude furent publiés dans des rapports qui furent distribués.

La modélisation est une partie seulement du mandat sans cesse croissant du Centre, mandat qui est d'améliorer et d'utiliser les techniques de prévision des régimes fluviaux. Le volet application comprend la préparation de deux types de prévisions du ruissellement à chaque printemps : préliminaires et opérationnelles. Les prévisions préliminaires sont préparées bien avant le ruissellement printanier, et donnent une idée des débits de pointe et des niveaux d'eau auxquels on pourra s'attendre, compte tenu des diverses probabilités associées aux conditions climatiques ultérieures. Les prévisions dites opérationnelles sont établies lorsque le ruissellement a débuté, et comprennent des prévisions journalières du débit maximal des rivières.


Rivière Boyne, Carman (Manitoba).

Photo - Rivière Boyne, Carman (Manitoba).

Les prévisions opérationnelles nécessitent la mise à jour des prévisions précédentes, d'après les données sur la fonte, les précipitations printanières et le ruissellement. À cette fin, les analystes ont besoin de données journalières et synoptiques et, à l'occasion, de données horaires sur la température ambiante, le point de rosée, le vent, l'ensoleillement et les précipitations. Ces données sont fournies par le Service météorologique du Canada (SMC) d'Environnement Canada. Le Centre est pourvu d'une liaison météo avec le SMC, ce qui lui permet de mieux évaluer l'intensité et la répartition spatiale des pluies.

Mais surtout, les prévisions opérationnelles nécessitent des données en temps réel sur le niveau et le débit des rivières. Les niveaux horaires sont obtenus au moyen de plates-formes de collecte de données (PCD) et d'autres appareils de télémesure exploités par Environnement Canada. Le Manitoba emploie des lecteurs de jauge dont le travail consiste à relever chaque jour le niveau de l'eau en de nombreux autres endroits pendant le ruissellement printanier. Les mesures de débit sont obtenues surtout d'Environnement Canada, mais le Manitoba emploie jusqu'à cinq équipes supplémentaires pour recueillir des renseignements additionnels lors des crues.

La mise à jour des prévisions opérationnelles pour les petits bassins versants se fait en modifiant les volumes prévus de ruissellement d'après les observations faites sur le terrain. Les secteurs témoins sont utiles pour cette opération. Il s'agit de petits bassins versants (de 75 à 200 kilomètres carrés) dans lesquels la couverture nivale et le ruissellement font l'objet d'une surveillance intense. On obtient ainsi une indication rapide du coefficient de ruissellement, qu'on ajuste ensuite pour prévoir le ruissellement vers les gros affluents voisins. Des hydrogrammes étalonnés pour différentes vitesses de fonte convertissent les ruissellements prévus en débit journalier. On établit les prévisions pour les gros bassins en calculant la propagation des crues à partir de ces débits. On emploie habituellement la méthode Muskingum pour la rivière Rouge.

Diffusion généralisée des prévisions de crues

Le Centre prépare les prévisions préliminaires vers la troisième semaine de février et en mars. À la fin de mars, on prépare des prévisions numériques détaillées pour les conditions climatiques correspondant au décile inférieur, à la médiane et au décile supérieur (c.-à-d. climat sec, intermédiaire et humide). De nouvelles prévisions sont calculées en avril si le ruissellement est tardif et si le risque de crue augmente beaucoup. Le Centre présente ses prévisions au Comité consultatif de prévision des crues, aux fins d'approbation. Les prévisions sont publiées par le Service d'information du gouvernement. Elles sont distribuées :

  • à l'Organisation des mesures d'urgence du Manitoba;
  • à Protection civile Canada;
  • aux villes, municipalités, villages;
  • aux municipalités rurales et aux districts locaux;
  • aux bandes indiennes;
  • aux organismes appropriés des gouvernements fédéral et provincial; et
  • aux autres parties concernées.

Lorsqu'une crue printanière survient, le Centre émet chaque jour, avant midi, des rapports d'état et des prévisions. Ces rapports sont distribués aux organismes de lutte contre les inondations et aux autres organismes provinciaux concernés. Les changements importants et les mises à jour périodiques sont annoncés par des communiqués de presse.

Bien que ces méthodes de prévision des crues continuent de bien servir la population manitobaine, l'inondation de 1997 a démontré qu'il fallait aborder la gestion de la rivière Rouge au moyen de mesures physiques et plus dynamiques. Un organe de la Commission mixte internationale, le Groupe de travail international du bassin de la rivière Rouge, se penche actuellement sur cette question.

Prévision des crues dans le Nord

Le développement des réseaux de prévision des crues dans le Nord a été freiné par l'absence de données de base sur les crues dans cette région, ainsi que par le coût et la complexité des prévisions. Un autre facteur en ce sens a été le faible coût des dommages encourus au fil des ans par les quelques collectivités vulnérables aux inondations.

Au Yukon, Affaires indiennes et du Nord Canada poursuit les activités suivantes en matière de prévision :

  • établissement et diffusion des prévisions journalières de crue pour Ross River et Mayo pendant la crue nivale, au moyen d'un modèle informatique utilisant l'indice de température;
  • estimation du moment de la débâcle et des niveaux d'eau connexes sur le fleuve Yukon à la hauteur de Dawson; et
  • estimations mensuelles du débit de pointe et du volume de ruissellement pour avril à septembre, pendant les mois de printemps à partir du 1er mars.

De plus, ce ministère établit des prévisions de crues pour tous les principaux bassins hydrographiques du Yukon et d'autres endroits choisis.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, le personnel régional d'Environnement Canada conseille et aide depuis de nombreuses années les comités locaux de surveillance des inondations à Hay River, Fort Simpson et Aklavik. On a mis sur pied un système de prévision des crues, auquel participent plusieurs organismes, à Hay River. Pour estimer les crues, ce système utilise comme intrants l'accumulation de neige pendant l'hiver, la détérioration des glaces due au temps doux et au rayonnement solaire, les débits observés et prévus, ainsi que les prévisions météorologiques. Les participants à ce projet (Environnement Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le village de Hay River) devront continuer à unir leurs efforts afin de mettre au point un système de prévision, compte tenu des conditions complexes qui président aux crues dans cette région.

Réseau de prévision et d'annonce des crues de l'Ontario

Après que l'ouragan Hazel eut dévasté la province en 1954, celle-ci s'est dotée d'un réseau de prévision et d'annonce des crues qui est principalement exploité par la Direction de l'aviation et de la lutte contre les inondations et les incendies du ministère des Richesses naturelles (MRN) et les offices de protection de la nature de la province.

Depuis la mise sur pied du réseau de prévision en 1956 en Ontario, on est passé de la règle à calcul aux ordinateurs, des observateurs bénévoles qui transmettaient leurs données par téléphone aux liaisons satellite et téléphoniques directes entre les postes de surveillance et le centre de prévision. Les cartes servant à l'interprétation des données sont maintenant produites par ordinateur. De plus, on a décentralisé le réseau, qui comporte maintenant des systèmes locaux de prévision et d'annonce des crues. En 1992, la province a fusionné son Centre de prévision des débits et la Direction de l'aviation et de la lutte contre les incendies du MRN pour former la Direction de l'aviation et de la lutte contre les inondations et les incendies dans le but de regrouper les activités d'intervention du Ministère en cas d'inondations, d'incendies et d'urgences liées à l'aviation ainsi que des activités connexes.

Les responsabilités en matière de prévision des crues incombent au MRN et aux offices de protection de la nature. La Direction de l'aviation et de la lutte contre les inondations et les incendies est chargée d'établir les politiques provinciales d'intervention d'urgence en cas d'inondations, d'entretenir le réseau de prévision et d'annonce des crues, d'assurer le fonctionnement du Centre des incendies et des inondations et d'accroître, au besoin, les mesures d'intervention de la province lors d'une inondation. La Direction est aussi chargée de représenter l'Ontario dans le cadre des activités relatives à l'entente fédérale-provinciale sur les stations hydrométriques. Le Centre s'occupe d'analyser quotidiennement le potentiel d'inondation. Pour ce faire, il exploite un système d'information et de communication (appelé Système d'information sur les ressources en eau) qui permet la collecte et l'échange rapides d'informations avec les organismes membres du réseau. De plus, il émet des pré-alertes lorsque les conditions atmosphériques sont menaçantes ainsi que des prévisions du ruissellement et des ondes de tempêtes lacustres à l'intention des offices de protection de la nature, des bureaux de district du MRN, des organisations de mesures d'urgence et des organismes qui exploitent des ouvrages de régularisation.

Il incombe aux offices de prévoir les débits et les niveaux d'eau dans leurs bassins hydrographiques respectifs, d'exploiter les ouvrages de protection contre les crues et de diffuser des avertissements de crue aux municipalités et organismes locaux. À l'extérieur du territoire couvert par les offices, le Centre collabore à l'établissement des prévisions de débit avec les bureaux de district, tandis que ces derniers se chargent de diffuser les avertissements de crue à l'échelle locale. Il fournit aussi des renseignements aux organismes chargés de l'exploitation des ouvrages de régularisation.

La mise au point du réseau de prévision et d'annonce des crues est coordonnée avec l'aide du comité provincial formé à cette fin. Le comité est présidé par un représentant de la Direction de l'aviation et de la lutte contre les inondations et les incendies, et ses membres proviennent des offices de protection de la nature, de l'administration centrale et des bureaux de district de la Direction ainsi que d'Environnement Canada. Il se réunit deux fois l'an pour examiner diverses questions (normes, modèles, équipement, information, besoins en formation, etc.) et formuler des recommandations à cet égard.

Les districts et les offices de protection de la nature du MRN offrent des services de consultation aux municipalités pour la préparation des plans d'urgence en cas d'inondations et pendant les situations d'urgence. Il incombe aux municipalités, ou aux districts là où il n'y a pas de municipalités, de préparer de tels plans et de les mettre en oeuvre. Dans la mesure du possible, les citoyens qui habitent dans les plaines inondables doivent prendre des mesures pour assurer leur propre protection.

Quant au gouvernement provincial, il lui incombe d'évaluer les situations de crue et de déclarer les états d'urgence dans la province lorsque les autorités locales ne sont plus en mesure de faire face à une catastrophe. Lorsque l'état d'urgence est déclaré, le plan provincial d'urgence en cas d'incendies et d'inondations est mis en oeuvre. Le niveau d'intervention face à une telle urgence est accru lorsqu'on fait appel au Centre des incendies et des inondations de la Direction de l'aviation et de la lutte contre les inondations et les incendies.

Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais

Entre sa source à l'est du réservoir Dozois et son point de confluence avec le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Outaouais parcourt plus de 1 130 kilomètres. Sur la majeure partie de sa longueur, elle forme la frontière entre l'Ontario et le Québec. Son bassin couvre une superficie totale de 146 300 kilomètres carrés, dont 65 % au Québec et 35 % en Ontario.

Dans le bassin, on a construit de nombreux barrages réservoirs entre 1900 et 1958, surtout à des fins hydroélectriques. Dans l'intervalle, à la suite de plusieurs études, on a réservé une capacité de stockage pour la régularisation des crues.

Le stockage de l'eau dans les réservoirs construits surtout pour l'hydroélectricité permet également de régulariser les débits; inversement, en libérant cette eau pendant les périodes de sécheresse, on augmente les débits. La Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, composée de trois représentants du gouvernement fédéral, et de deux représentants de chaque gouvernement provincial (Québec et Ontario), gère les principaux réservoirs du bassin.

Entre mars et juin, la Commission et les organismes de régularisation utilisent trois modèles informatiques pour les aider à prendre des décisions. Hydro-Québec est responsable du modèle de prévision des apports, qui calcule le ruissellement pour chaque endroit pris en considération. L'organe directeur de la Commission, son Secrétariat, est responsable des modèles suivants : le SSARR (synthèse des débits et réglementation des réservoirs) et le MORRO (modèle d'optimisation et de régularisation de la rivière des Outaouais). Le SSARR est un modèle de simulation qui utilise les conditions initiales connues du bassin, et calcule le cheminement de l'eau dans le bassin en fonction du ruissellement prévu et des mesures proposées par les organismes de régularisation. Le modèle MORRO est un logiciel d'optimisation à objectifs multiples; les critères utilisés par ce modèle sont la production maximale d'hydroélectricité et la réduction maximale des dommages causés par les inondations. Le modèle établit un compromis entre ces deux critères, compte tenu de leurs valeurs monétaires respectives. Les modèles MORRO et SSARR produisent à l'intention des exploitants des résultats qui leur permettent de déterminer où, quand et quel volume d'eau peut être relâché des réservoirs.

À l'occasion, on analyse la sensibilité du réseau à une variation des débits naturels d'entrée.

On peut s'attendre à ce que les 30 réservoirs - d'une capacité de plus de 14 milliards de mètres cubes - du bassin de la rivière des Outaouais suffisent à contenir toutes les eaux de crues produites chaque année dans le réseau de la rivière des Outaouais. La plupart du temps, c'est ce qui se passe, notamment durant les années dites sèches. Cependant, il se produit parfois des inondations destructrices au printemps, en raison d'une couverture nivale épaisse, d'un dégel tardif, de pluies anormalement abondantes, ou d'une combinaison de ces causes. Le débit de pointe provenant de la partie sud du bassin est très peu régularisé et a lieu habituellement à la mi-avril. Ce premier débit de pointe est suivi, environ trois semaines plus tard, d'un second, plus important, provenant des parties centrale et nord du bassin, qui sont partiellement régularisées. Les bassins secondaires des affluents non régularisés contribuent jusqu'à 70 à 80 % du volume total de l'eau qui circule dans les régions vulnérables aux inondations sur la rivière des Outaouais.

L'éducation et l'information du public sont des aspects très importants de la gestion d'un bassin comme celui de la rivière des Outaouais. À cette fin, la Commission a publié une brochure intitulée « Gestion des eaux de la rivière des Outaouais », qui a été largement diffusée. Les riverains ont accès à de l'information à jour sur les débits et les niveaux d'eau grâce à un service téléphonique automatisé, disponible sans frais (voir les numéros ci-dessous), et au site Web de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais

  • Français
    • Téléphone : 819-994-7078
    • Sans frais : 1-800-778-1243
  • Anglais
    • Téléphone : 819-994-7079
    • Sans frais : 1-800-778-1246

Centre de prévision de la rivière Saint-Jean

La rivière Saint-Jean coule sur 720 kilomètres et draine une superficie de quelque 54 000 kilomètres carrés. Environ 51 % du bassin hydrographique se trouve au Nouveau-Brunswick, 36 % au Maine et 13 % au Québec. Avant 1972, la prévision des crues sur la rivière Saint-Jean était assurée par le ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick, en coopération avec la Commission de l'énergie électrique de cette province. En 1973, ces deux organismes, avec l'aide du gouvernement fédéral, unirent leurs efforts afin de mettre sur pied un système plus perfectionné de prévision des crues sur la rivière. En 1977, les gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick signaient un accord sur la prévision des crues. L'accord prévoyait une aide fédérale et la mise sur pied du Centre de prévision de la rivière Saint-Jean au ministère de l'Environnement du Nouveau-Brunswick.


Waterloo Row, Fredericton (Nouveau-Brunswick), 1er mai 1973

Photo - Waterloo Row, Fredericton (Nouveau-Brunswick), 1er mai 1973

Le Centre de prévision analyse régulièrement les facteurs qui influent sur les crues : les conditions nivales, la température, les précipitations, les niveaux d'eau et les régimes fluviaux. Il emploie, à cette fin, divers systèmes de télécommunications allant du téléphone au satellite. Ces données sont fournies par plusieurs organismes canadiens et américains, et par un certain nombre de particuliers.

Ces données, ainsi que les informations météo à jour, sont ensuite introduites dans plusieurs modèles informatiques complexes, qui prévoient les niveaux d'eau le long de la rivière Saint-Jean.

Les prévisions des débits sont établies à longueur d'année, mais on accorde une attention spéciale aux prévisions pendant la période des crues printanières. Les prévisions de crues sont transmises au public par les médias, et à plusieurs organismes canadiens et américains, comme l'Organisation des mesures d'urgence du Nouveau-Brunswick.

Système d'alerte en cas de crue de la rivière Kennebecasis

On a installé, à l'intention des localités sises le long de la rivière Kennebecasis, dans la partie sud-est du bassin de la rivière Saint-Jean, un système d'alerte en cas de crues, car il y a eu des inondations importantes le long de cette rivière depuis le milieu du XIXe siècle. La plupart des inondations ont été causées par des pluies abondantes ou la fonte des neiges, ou encore les deux. Une inondation peut survenir moins de six heures après des pluies torrentielles. Cela ne donne pas suffisamment de temps au Centre de prévision de la rivière Saint-Jean pour réagir et émettre des avertissements afin qu'on prenne les mesures prévues. C'est pourquoi on a mis sur pied dans cette région un programme d'auto-alerte.

Des observateurs bénévoles et les employés municipaux recueillent les données enregistrées par un réseau de postes de jaugeage de l'eau, de stations météo et de terrains enneigés. Ces mesures et ces observations sont essentielles au succès du programme d'alerte en cas de crues.

Ces activités sont sous la direction d'un coordonnateur local, à qui il incombe de recueillir et d'analyser les données météo et fluviales, et d'émettre des avertissements de crue à la population, par l'entremise des médias locaux.

Il demeure en contact constant avec le Centre de prévision de la rivière Saint-Jean et l'Organisation des mesures d'urgence du Nouveau-Brunswick, qui, au besoin, diffusent les avertissements généraux par l'intermédiaire de Communications Nouveau-Brunswick et l'ensemble des médias.

Le programme reçoit une aide directe d'Environnement Canada, en plus de l'aide fournie par le Centre de prévision de la rivière Saint-Jean.

Centre de prévision des régimes fluviaux de la Saskatchewan

La Saskatchewan s'étend sur les plaines, au sud, et le Bouclier canadien, au nord. Le climat varie : semi-aride dans le sud-ouest, subhumide dans la région des forêts-parcs au centre et dans le nord. La moitié sud de la province, où vit la majorité de la population, reçoit des précipitations annuelles moyennes de 300 à 400 millimètres, dont environ 30 % sous forme de neige. Dans cette région, l'évaporation est habituellement supérieure aux précipitations; la gestion efficace de l'eau, notamment celle qui s'accumule sous forme de neige et qui est relâchée à la fonte, est donc très importante. Lors du ruissellement printanier, l'eau doit être stockée dans des réservoirs si possible, et les localités menacées par les crues doivent en être averties.

La gestion des ressources hydriques de la province est vitale, tant pour l'approvisionnement en eau que pour la protection contre les crues. Une saine gestion des eaux est faisable si on exploite avec intelligence les réservoirs et les réseaux fluviaux, et si on dispose d'un service efficace de prévision des régimes fluviaux.


Regina (Saskatchewan).

Photo - Regina (Saskatchewan)

Les rivières Saskatchewan Nord et Sud, qui prennent leurs sources dans les Rocheuses, sont les plus importantes du sud de la province. Leurs vocations sont multiples :

  • production hydroélectrique;
  • irrigation et stockage de l'eau;
  • approvisionnement en eau des municipalités pour usages domestiques et industriels;
  • loisirs et faune;
  • transport; et
  • pêche commerciale.

La construction de gros barrages, créant le réservoir Codette, le lac Tobin et le lac Diefenbaker, a grandement accru les possibilités offertes par les rivières.

La Saskatchewan Water Security Agency est responsable des prévisions des débits et des approvisionnements en eau dans la province. Là où les avertissements de crue et la gestion des approvisionnements en eau le justifient, la société prévoit le ruissellement printanier pour les rivières, ainsi que les réservoirs et les lacs à usages multiples. Des prévisions préliminaires, publiées chaque année le 1er février, décrivent les précipitations antérieures avant le gel, les précipitations enregistrées pendant l'hiver jusqu'à cette date, ainsi que le ruissellement possible dans diverses régions. Les prévisions détaillées sont publiées deux fois par mois à partir du 1er mars, jusqu'au début du ruissellement. Ces données comprennent le débit de pointe journalier moyen, le volume du ruissellement ainsi que le niveau de pointe enregistré à 24 postes fluviaux, et le niveau de pointe pour 17 réservoirs et lacs à usages multiples.

Les approvisionnements en eau et les prévisions à court terme sont établis sur une base continue dans les bassins des rivières Saskatchewan, Qu'Appelle et Churchill. De plus, on planifie, dans le cadre de ce programme, l'exploitation des réservoirs et des lacs récréatifs. Il incombe à Sask Water, conjointement avec Environnement Canada, de surveiller et gérer le débit des cours d'eau interprovinciaux et internationaux afin d'assurer le respect des accords conclus avec d'autres gouvernements.

Le Centre de prévision, situé à Moose Jaw, est le haut lieu des activités de prévision. Depuis 1986, on poursuit l'automatisation des activités du Centre. À cette fin, on a installé une base de données pilotée par micro-ordinateur, pour la collecte, le traitement des données, la production d'états et les prévisions.

Les prévisions du ruissellement printanier sont publiées sous forme de communiqués de presse. Elles sont envoyées aux autres ministères et organismes provinciaux, aux municipalités rurales et urbaines, ainsi qu'au service provincial de protection civile.

Quant aux approvisionnements en eau, les prévisions sont postées chaque mois aux organismes et particuliers concernés. Avant les modifications importantes du débit du lac Diefenbaker, les utilisateurs en aval du lac, au confluent des rivières Saskatchewan Nord et Sud, sont avisés par téléphone. Cette mesure permet d'accorder aux propriétaires fonciers qui irriguent leurs terrains le temps nécessaire pour déplacer leurs pompes portatives vers des points surélevés.

Lors des crues, le Centre émet des rapports chaque jour. Il maintient des liens étroits avec les centres albertain et manitobain de prévision des régimes fluviaux. Il communique aussi avec les médias afin que ceux-ci informent le public de tout risque d'inondation.

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