Aperçu du plan de mise en œuvre de la conservation pour le lieu prioritaire des Basses-terres du Saint-Laurent
Format substitut
Information sur le document
No de cat. : CW66-1585/1-2025F-PDF
ISBN : 978-0-660-75035-4
EC24037
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Photos de la page couverture : Paysage des Basses-terres du Saint-Laurent © Christine Lepage ; Ferme avec bottes de foin © Benoît Jobin; Rainette faux-grillon de l’Ouest © Raymond Belhumeur ; tortue mouchetée © Ryan M. Bolton
© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025
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Reconnaissance des terres
Les Basses-terres du Saint-Laurent (BTSL) ont une importance culturelle et traditionnelle majeure pour plusieurs Premières Nations de la région. La présence historique et contemporaine sur ce territoire des Nations mohawk, algonquine, abénaquise, atikamekw et wendat en est le vivant témoignage encore aujourd’hui. Cette reconnaissance se veut un témoignage de notre respect envers les personnes qui protègent ces terres et ces eaux depuis des temps immémoriaux et envers celles qui continuent à les préserver. Nous réaffirmons ainsi notre engagement à apprendre et à travailler ensemble dans un esprit de réconciliation.
Remerciements
Nous tenons à remercier tous les partenaires et collaborateurs de la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent ainsi que les bailleurs de fonds qui contribuent à cette initiative. Grâce à vos efforts, beaucoup de travail a été accompli, ce qui donne lieu à des mesures de conservation qui profitent aux espèces en péril, mais également à d’autres espèces sauvages, comme les oiseaux migrateurs et les espèces importantes pour les peuples autochtones. Nous tenons à remercier particulièrement les partenaires ayant collaboré à la production de l’Atlas des territoires d’intérêt pour la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent, ainsi que ceux qui sont porteurs des initiatives de mise en œuvre des actions de conservation.
Introduction
L'approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces en péril au Canada
La biodiversité du Canada est une pierre angulaire de notre mode de vie. L’intensification des répercussions de l’activité humaine sur la planète entraîne la perte d’une quantité croissante d’habitats et met en péril la survie de plus en plus d’espèces. Nous devons prendre des mesures novatrices pour veiller à la protection et au rétablissement des animaux, des plantes et des lieux qui nous sont chers. L’Approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces en péril au Canada (l’Approche pancanadienne) passe d’approches de conservation axées sur une seule espèce à des approches axées sur de multiples espèces et sur des écosystèmes. En centrant nos efforts dans des endroits particuliers présentant une grande biodiversité et de grandes concentrations d’espèces en péril, nous pouvons conserver des habitats qui profitent simultanément à de nombreuses espèces. Cela nous permet également de réunir des partenaires ayant des objectifs communs en vue de l’amélioration de la collaboration et de la coordination. Grâce à ce partenariat, nous travaillerons à assurer la protection et le rétablissement à long terme des espèces en péril.
Des principes importants guident le travail mené en collaboration dans le cadre de l’Approche pancanadienne :
- priorités communes et leadership partagé
- participation des Autochtones
- renforcement des décisions fondées sur des données probantes
- investissements harmonisés
Nous établissons les priorités à l’aide de critères définis, suivi de :
- la planification de l’intervention concertée
- l’investissement et la mise en œuvre des mesures
- le suivi et la publication des résultats
Voici les résultats et les avantages des mesures prises dans le cadre de l’Approche pancanadienne :
- amélioration des résultats en matière de conservation pour un plus grand nombre d’espèces en péril
- amélioration du rendement des investissements
- retombées positives accrues pour la biodiversité et les écosystèmes
Lieux prioritaires pour les espèces en péril
Dans le cadre de cette approche, 12 lieux prioritaires ont été sélectionnés au Canada. Ces lieux présentent une biodiversité importante et des concentrations élevées d’espèces en péril et offrent des possibilités de faire progresser les mesures de conservation. Dans chaque lieu prioritaire, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent avec les peuples autochtones, les organisations et les partenaires pour élaborer des plans de mise en œuvre intégrée de la conservationNote de bas de page 1.
Dans l’ensemble, les lieux prioritaires ont un pourcentage plus élevé de terres privées que le reste du Canada et des activités socioéconomiques sont présentes dans ces régions. ECCC reconnait l’importance de l’intendance par les propriétaires privés pour la conservation des espèces en péril dans ces endroits et la nécessité de travailler de façon plus générale pour cerner les possibilités de conservation sur ces terres; nous accueillons favorablement les nouvelles possibilités de collaboration avec les parties intéressées.
Les lieux prioritaires ne sont pas tous aux mêmes étapes de la planification coopérative et de la mise en œuvre des mesures de conservation dans le cadre de l’Approche pancanadienne. Dans bon nombre de ces régions, d’importants travaux de conservation sont en cours depuis longtemps et, dans certaines d’entre elles, des approches collaboratives et une planification de la conservation étaient déjà en cours avant qu’elles ne soient choisies comme lieux prioritaires. D’autres lieux prioritaires constituent de nouvelles initiatives, et la mobilisation et la planification de la conservation y sont donc encore aux premiers stades. Tous ces lieux prioritaires s'appuient sur le travail existant en mettant en œuvre des actions de conservation coordonnées et multipartenaires dans ces lieux, mais il n'existe pas d'approche universelle de la planification collaborative dans ces lieux diversifiés. Pour en apprendre davantage au sujet de l’Initiative sur les lieux prioritaires et du travail entrepris par nos partenaires pour rétablir les espèces en péril dans ces lieux prioritaires, veuillez consulter notre site Web interactif.
Planification de la mise en œuvre de la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent
Le développement de la stratégie de mise en œuvre pour ce lieu prioritaire s’est appuyé sur deux ententes, soit le Plan d’action Saint-Laurent (2011-2026) et l’Entente Canada-Québec pour la protection des espèces en péril au Québec (2012-2022). C’est notamment dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent que l’Atlas des territoires d’intérêts pour la conservation dans les Basses-terres du Saint-LaurentNote de bas de page 2 a été développé. Comme son nom l’indique, l’Atlas identifie des noyaux d’intérêt pour la conservation. Il a été produit suivant la méthode des standards ouverts pour la pratique de la conservation et il constitue un élément central de l’approche de mise en œuvre. En effet, ce document sert d’outil de référence depuis 2019 afin de planifier et mettre en œuvre les actions visant la conservation des espèces en péril terrestres et des milieux naturels dans les BTSL, tant pour des organisations gouvernementales et municipales que pour des organisations non gouvernementales et académiques.
Le cadre de mobilisation des partenaires mis à contribution pour planifier et mettre en œuvre les actions de conservation dans les BTSL varie. Il privilégie les partenaires ayant des initiatives de planification existantes qui intègrent les territoires d’intérêt de l’Atlas où on retrouve une concentration importante d’espèces en péril terrestres. Dans certains cas, il fait appel à des intervenants impliqués dans des grands secteurs d’activité pour lesquels des enjeux de conservation sont communs et s’étendent à tout le territoire des BTSL.
Un document plus complet sur la stratégie préconisée pour la mise en œuvre de l’Approche pancanadienne pour la transformation de la conservation des espèces en péril au Canada dans les Basses-terres du Saint-Laurent est disponible sur demande auprès d’ECCC (enviroinfo@ec.gc.ca).
Lieu prioritaire des Basses-terres du Saint-Laurent
Superficie :
3,15 millions d'hectares
Description :
Correspond à la province naturelle des basses-terres du Saint-Laurent (région de conservation des oiseaux 13) à laquelle ont été ajoutés les secteurs d’intérêt de Covey Hill (Montérégie) et l'archipel de l'Isle-aux-Grues (Chaudière-Appalaches)
Composition de l’écosystème :
- 40 % terres agricoles
- 24 % forêts
- 10 % zones humides
- 12 % urbain
- 11 % eaux libres
Ce lieu prioritaire offre un paysage de plaines qui s’étendent sur les rives nord et sud du fleuve Saint-Laurent (Figure 1). Il forme une entité géographique vaste et complexe dans laquelle on retrouve des contextes écologiques variés.
Les BTSL, avec leur couloir fluvial, sont d’une importance capitale pour les oiseaux migrateurs. On y retrouve 13 refuges d'oiseaux migrateurs, quatre réserves nationales de faune, et 25 zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO). Dans ce lieu prioritaire, on y trouve également 68 espèces d’oiseaux prioritaires ciblées dans la stratégie de conservation des oiseaux pour la région 13 au Québec (RCO-13).
En date de la publication du présent document, cette région compte 68 espèces en péril terrestres avec un statut proposé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), incluant 21 oiseaux, 13 plantes, 10 reptiles, 10 arthropodes, 9 mammifères, 4 amphibiens et 1 lichen. Parmi celles-ci, 59 espèces sont inscrites à la Loi sur les espèces en péril (LEP) (Figure 2) et on retrouve des habitats essentiels désignés pour 17 d’entre elles dans le lieu prioritaire. Le détail de ces espèces se retrouve à l’Annexe 1.
Description longue
La figure 1 montre une carte du territoire couvert par le lieu prioritaire des Basses-terres du Saint-Laurent.
Description longue
La figure 2 montre l'information sur les espèces en péril terrestres dans le lieu prioritaire des Basses-terres du Saint-Laurent: une diagramme circulaire (gauche) indiquant la présence de 59 espèces inscrites à l’annexe 1 de la LEP et de 5 espèces évaluées comme étant en péril par le COSEPAC, mais ne figurant pas à l’annexe 1 de la LEP, et une diagramme circulaire (droite) indiquant le statut des espèces inscrites à l’annexe 1 de la LEP: 19 espèces en voie de disparition, 19 espèces menacés, et 21 espèces préoccupantes.
Plus de 89% du territoire des BTSL est de tenure privée et une très faible proportion du territoire des BTSL jouit d’un statut permettant la protection de l’habitat des espèces en péril terrestres.
Énoncé de la vision
L’énoncé de vision pour la conservation des espèces en péril dans ce lieu prioritaire reprend celui général tiré de l’Atlas des territoires d’intérêt pour la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent :
« Les Basses-terres du Saint-Laurent sont reconnues pour leur remarquable biodiversité composée d’écosystèmes fonctionnels et représentatifs dont plusieurs soutiennent des populations viables d’espèces en situation précaire. D’ici 2050, des habitats nécessaires à la survie de la faune et de la flore terrestres (marais, marécages, tourbières, friches, forêts, cultures pérennes et autres) sont conservés au sein d’un réseau écologique résilient aux changements anticipés. La préservation de ce patrimoine naturel est possible grâce à l’action concertée des différents ordres de gouvernement (fédéral, provincial et municipal), des groupes de conservation, des comités régionaux de concertation, des entreprises et des citoyens qui gèrent les ressources naturelles de façon durable. »
Cibles de conservation
Les cibles de conservation représentent différentes composantes du territoire qui, si elles sont protégées ou gérées adéquatement, contribueront à maintenir l’ensemble de la biodiversité des Basses-terres du Saint-Laurent. La sélection des milieux d’intérêt pour la conservation des espèces en péril ainsi que les stratégies et les actions de conservation s’articulent autour de 5 cibles de conservation de l'écosystème à l’échelle des BTSL, provenant de de l’Atlas des territoires d’intérêt pour la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent (Tableaux 1 et 2).
Cibles de conservation du filtre grossier retenues pour la mise en œuvre des actions de conservation dans les BTSL. [Crédits photos : Environnement et Changement climatique Canada - milieux forestiers, milieux humides ; Rick Harris, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons – milieux ouverts – friches ; Benoît Jobin – milieux aquatiques, milieux ouverts – prairies agricoles.]
Description longue
Une série de 5 images représentant chacune des cibles de conservation des écosystèmes pour le lieu prioritaire des Basses-terres du Saint Laurent : Milieux aquatiques, Milieux ouverts – friches, Milieux forestiers, Milieux ouverts - prairies agricoles, et Milieux humides.
Cible du filtre grossier |
Type d’habitat, écosystème ou association végétale |
Exemples d’espèces en péril associées à la cible de conservation |
|---|---|---|
Milieux forestiers |
Milieu terrestre – forêt tempérée incluant les milieux riverains non formés de milieux humides |
Grive des bois; Paruline azurée; Pioui de l’Est; Tortue des bois; Ginseng à cinq folioles; Salamandre sombre des montagnes |
Milieux humides |
Marais, marécages, tourbières, prairies humides, eau peu profonde |
Petit Blongios; Râle jaune; Hibou des marais; Tortue mouchetée; Gentiane de Victorin; Carex faux-lupulina |
Milieux ouverts – friches |
Friches herbacées et arbustives |
Rainette faux-grillon de l’Ouest; Paruline à ailes dorées; Monarque |
Milieux ouverts – prairies agricoles |
Cultures pérennes, pâturages, prairies naturelles |
Goglu des prés; Sturnelle des prés; Hirondelle rustique; Bruant sauterelle de la sous-espèce de l’Est |
Milieux aquatiques |
Cours d’eau en dehors du couloir du Saint-Laurent |
Tortue-molle à épines; Tortue des bois; Tortue géographique; Hirondelle de rivage |
Cible |
But |
|---|---|
Milieux forestiers |
D’ici 2050, la superficie du couvert forestier et la taille des fragments forestiers ne sont pas réduites, la proportion de peuplements matures s’est accrue, la couverture de milieux naturels dans le paysage environnant demeure passable, l’occupation du territoire par la Grive des bois s’améliore et le nombre d’occurrences viables* du ginseng à cinq folioles est maintenu. |
Milieux humides |
D’ici 2050, la superficie des milieux humides n’est pas réduite, la couverture des milieux naturels dans le paysage environnant demeure bonne, et l’occupation du territoire par des espèces en péril demeure stable (Petit Blongios, Paruline à couronne rousse) ou s’améliore (salamandre à quatre orteils, arisème dragon). |
Milieux ouverts -Friches |
D’ici 2050, la superficie totale (et moyenne) des friches (superficie minimale de 5 ha) n’est pas réduite et la couverture des milieux naturels dans le paysage environnant demeure très bonne. |
Milieux ouverts - Prairies agricoles |
D’ici 2050, la superficie totale et l’importance relative des cultures pérennes sont accrues et l’occupation du territoire par la Sturnelle des prés s’améliore. |
Milieux aquatiques |
D’ici 2050, la naturalité des bassins versants n’est pas réduite, la naturalité des bandes riveraines s’améliore, et le nombre d’occurrences viables de la tortue des bois est maintenu. |
* Par occurrence viable, on entend une occurrence dont la cote de qualité est A, B, ou C ou comprend un nombre d'individus ≥ à un seuil de viabilité déterminé.
Pressions
Avec plus de la moitié de la population du Québec qui réside dans les BTSL, l’intégrité écologique des milieux naturels qui subsistent est sous pression constante. Les menaces suivantes ont été évaluées comme étant élevées et moyennes pour l’ensemble des Basses-terres du Saint-Laurent (Tableaux 3 et 4). La méthode d’évaluation des menaces utilise trois niveaux d’évaluation : la portée, la gravité et l’irréversibilité des dommages sur la cibleNote de bas de page 3. Il faut rappeler que les menaces évaluées sont toujours celles à venir et non celles du passé. Celles-ci contribuent à des pertes nettes d’habitats pour la faune et la flore et à une réduction de leur intégrité écologique qui, combinées à d’autres facteurs, expliquent en grande partie pourquoi la majorité des espèces en péril se concentrent dans les BTSL.
Menaces/ pressions |
Icône |
Cote |
|---|---|---|
7.3 Autres modifications à l'écosystème |
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Élevé |
1.2 Zones commerciales et industrielles |
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Moyen |
2.3 Élevage de bétail et de volailles |
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Moyen |
4.1 Routes et voies ferrées |
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Moyen |
11.4 Changements dans le régime de précipitations et de l’hydrologie |
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Moyen |
1.1 Zones résidentielles et urbaines |
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Moyen |
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits non ligneux |
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Moyen |
3.2 Mines et carrières |
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Moyen |
8.1 Plantes et animaux exotiques envahissants |
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Moyen |
11.5 Tempêtes et vents violents |
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Moyen |
Cible de conservation |
Niveau de menace globale |
|---|---|
Milieux forestiers |
Élevé |
Milieux humides |
Élevé |
Friches |
Élevé |
Milieux aquatiques |
Élevé |
Prairies agricoles |
Moyen |
Analyse de la situation
L’élaboration d’un modèle conceptuel qui présente les différents facteurs qui contribuent indirectement aux menaces les plus importantes ou qui influencent favorablement les cibles de conservation, est une avenue recommandée. Ce modèle aide à déterminer les points clés d’intervention autour desquels des stratégies de conservation devraient être élaborées pour espérer avoir le plus d’impact et atteindre les résultats souhaités.
L’élaboration d’un tel modèle conceptuel à l’échelle des BTSL peut s’avérer très complexe compte tenu de la diversité des contextes écologiques et des parties prenantes retrouvées dans ce vaste territoire et n’a pas été réalisée dans le cadre de l’Atlas des BTSL. Cependant, puisque de nombreux exercices de planification de la conservation ont été effectués à différentes échelles spatiales dans les BTSL et à la lumière des connaissances actuelles des enjeux de conservation, il a été possible d’identifier les principaux facteurs contribuant aux menaces les plus importantes qui peuvent affecter les habitats des espèces en péril terrestres dans les BTSL (Tableau 5). Ces facteurs (points clés d’intervention) peuvent être ajustés au fil du temps avec l’arrivée de nouvelles connaissances et d’enjeux de conservation émergents.
Menace ciblée |
Facteur contribuant (point clé d’intervention) |
|---|---|
1.1 Zones résidentielles et urbaines |
|
1.2 Zones commerciales et industrielles |
|
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits non ligneux |
|
2.3 Élevage de bétail et de volailles |
|
3.2 Mines et carrières |
|
4.1 Routes et voies ferrées |
|
7.3 Autres modifications à l'écosystème |
|
8.1 Plantes et animaux exotiques envahissants |
|
11.4 Changements dans le régime de précipitations et de l’hydrologie |
|
11.5 Tempêtes et vents violents |
|
Stratégies clés
Les stratégies clés à mettre en place pour agir sur les facteurs qui affectent les espèces en péril terrestres dans les BTSL varient en fonction du contexte géographique et des acteurs en place. Ainsi, puisqu’il existe des différences importantes au sein de ce vaste territoire, l’utilisation de stratégies à l’échelle de régions prioritaires a été préconisée.
Régions prioritaires
Le choix des régions prioritaires s’est fait principalement en fonction de :
- la localisation des espèces en péril et de leurs habitats (Figure 3)
- la présence d’organismes de conservation reconnus et déjà actifs sur le territoire et
- l’existence de plans de conservation régionaux comprenant des stratégies de conservation pour les espèces en péril
Ces critères ont permis d’identifier quatre régions prioritaires pour la conservation des espèces en péril terrestres soit : la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), l’aire naturelle de la vallée de l’Outaouais, l’aire naturelle de l’estuaire d’eau douce ainsi que la région administrative du Centre-du-Québec (Figure 4).
Chacune de ces régions possède un plan de conservation qui a été développé suivant la méthode des Standards ouverts pour la conservation. Les cibles de conservation diffèrent d’un plan à l’autre, mais elles correspondent à celles de l’Atlas. Les principales menaces dans les plans sont également similaires aux 10 menaces ciblées dans l’Atlas des BTSL. Chaque plan possède ses stratégies clés et la mise en œuvre d’actions de conservation à l’échelle régionale qui en découle entraînera des répercussions bénéfiques sur les cibles de l’Atlas à l’échelle des BTSL. Le tableau 6 présente un résumé des plans régionaux, alors que l’Annexe 2 fournit plus de détails pour ceux-ci.
Description longue
La figure 3 montre une carte de la richesse d’espèces en péril (occurrence ou observation retenue) au sein de carrés de 1 km x 1 km dans les Basses-terres du Saint-Laurent (Source : SCF-Qc 2019; données non publiées).
Description longue
La figure 4 montre une carte du sud du Québec montrant l’emplacement des quatre plans d’actions régionaux pour le lieu prioritaire des Basses terres du Saint Laurent : vallée de l’Outaouais, Montréal, Centre-du-Québec et estuaire fluvial.
Région prioritaire |
Organisation responsable |
Cibles de conservation |
Principales espèces en péril visées |
Principales menaces visées |
Stratégies clés |
|---|---|---|---|---|---|
Communauté métropolitaine de Montréal |
Service canadien de la faune |
Les habitats essentiels d’espèces en péril terrestres |
Rainette faux-grillon de l'Ouest; Tortue molle à épines; Petit Blongios; Carmantine d'Amérique; Ginseng à cinq folioles. |
Urbanisation; Espèces exotiques envahissantes; Agriculture intensive; Réseau routier |
|
Aire naturelle de la vallée de l’Outaouais |
Société canadienne pour la conservation de la nature (SCCN) |
|
Petit Blongios; Bruant sauterelle; Sturnelle des prés; Goglu des prés; Tortue mouchetée; Tortue musquée; Paruline à ailes dorées; Ginseng à cinq folioles; Rainette faux-grillon de l’Ouest; Chiroptères |
Espèces exotiques envahissantes; Développement résidentiel et commercial; Gestion de barrages; Exploitation forestière; Réseau routier |
|
Aire naturelle de l’estuaire d’eau douce |
Société canadienne pour la conservation de la nature |
|
Goglu des prés; Sturnelle des prés; Râle jaune; Petit Blongios; Gentiane de Victorin; Cicutaire de Victorin |
Urbanisation; Espèces exotiques envahissantes; Infrastructures portuaires et ponts |
Note : Certaines actions de conservation ont été réalisées à l’extérieur des limites de l’Aire naturelle de l’estuaire d’eau douce |
Noyaux de l’Atlas des BTSL dans la région du Centre-du-Québec |
Conseil régional de l'environnement du Centre-du-Québec |
Noyaux de l’Atlas des territoires d’intérêt pour la conservation des BTSL qui superposent les habitats d’espèces en péril terrestres |
Ginseng à cinq folioles; Noyer cendré; Carmantine d’Amérique; Tortue des bois; Petit Blongios |
Agriculture intensive; Développement urbain; Exploitation forestière; Espèces exotiques envahissantes; Corridors de transport; Développement commercial et industriel; Pollution |
|
* Une description détaillée des différents plans régionaux se retrouve à l’Annexe 2
Secteurs prioritaires
En plus des régions prioritaires, trois secteurs d’activité ont été considérés :
- foresterie en terres privées
- planification territoriale et aménagement
- agriculture
Ces trois secteurs possèdent des enjeux communs aux différentes régions prioritaires des BTSL et peuvent être abordés de manière intégrée. Le développement et la mise en place de stratégies de conservation pour ces secteurs peut donc bénéficier à l’ensemble du lieu prioritaire des BTSL en plus de la mise en œuvre des plans régionaux.
Participation des communautés autochtones
Certaines communautés autochtones sont directement impliquées ou contribuent à la planification et/ou la mise en œuvre des plans régionaux de conservation :
- le Bureau Environnement et terre d’Odanak et le Bureau Environnement et terre de Wôlinak participent à la mise en œuvre du Plan de de conservation des noyaux d’intérêt pour la biodiversité dans le Centre-du-Québec
- la communauté de Kebaowek contribue à certains objectifs du Plan de conservation de l’Outaouais dans le cadre d’un projet
- la communauté de Kahnawà:ke développe un plan de conservation pour son territoire qui se retrouve enclavé dans celui de la CMM, mais dont les actions pourront contribuer indirectement aux objectifs de cette région prioritaire
Les Nations autochtones présentes dans les BTSL (Algonquins, Abénakis, Mohawks, Wendats, Atikamekws) réalisent aussi d’autres projets de conservation dans ce lieu prioritaire, notamment dans le cadre du Fonds autochtone pour les espèces en péril et de l’Initiative de partenariats autochtones. Ces actions contribuent à la conservation des habitats et des espèces dans les BTSL et donc, également aux objectifs de l’Atlas.
Les Premières Nations ont un rôle primordial à jouer dans la conservation et la protection de la biodiversité et du territoire. Une plus grande implication est essentielle pour mieux conserver les espèces en péril et leurs habitats. À ce sujet, une stratégie plus large d’engagement des communautés autochtones, par le biais d’un partenariat avec l’Institut des premières nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL), a été développé dans le cadre de l’Initiative de partenariats autochtones. En effet, l’IDDPNQL a travaillé avec les Premières Nations du Québec afin de documenter leurs priorités de conservation (espèces, habitats) et ce, dans le but de développer une collaboration plus étroite pour la conservation des espèces en péril avec le Service canadien de la faune.
Évaluation des progrès vers l’atteinte des résultats
Les cibles de conservation sont propres à chaque plan régional et ainsi, leurs suivis devraient être réalisés dans le cadre de ces différents plans. Des changements dans l’état de ces différentes cibles de conservation devraient se répercuter dans l’état des cibles de conservation de l’Atlas, puisqu’ils en font partie. Des suivis et des analyses à l’échelle des BTSL seront nécessaires à plus long terme pour rendre compte des progrès dans l’atteinte des objectifs de conservation lié à l’Atlas d’ici 2050.
Annexe 1. Espèces en péril dans les Basses-terres du Saint-Laurent
Les espèces figurant dans la liste ci-dessous comprennent toutes les espèces en péril présentes dans le lieu prioritaire en date de la publication du document. Toutes les espèces répertoriées ne bénéficieront pas directement des actions entreprises dans le cadre de la mise en œuvre des stratégies de ce plan, qui est assujetti aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences responsables et des organisations participantes.
Nom commun |
Nom scientifique |
Taxon |
Statut du comité sur la situation des espèces en péril au Canada |
Statut de la loi sur les espèces en péril |
Statut de la loi sur les espèces menacées ou vulnérables |
|---|---|---|---|---|---|
Arisème dragon |
Arisaema dracontium |
Plantes vasculaires |
Préoccupant |
Aucun |
Menacé |
Aristide à rameaux basilaires |
Aristida basiramea |
Plantes vasculaires |
EVD |
Menacé |
|
Aster à rameaux étalés |
Eurybia divaricata |
Plantes vasculaires |
Préoccupant |
Menacé |
Menacé |
Bourdon à tache rousse |
Bombus affinis |
Arthropodes |
EVD |
EVD |
Menacé |
Bourdon américain |
Bombus pensylvanicus |
Arthropodes |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Bourdon terricole |
Bombus terricola |
Arthropodes |
Préoccupant |
Préoccupant |
|
Bruant sauterelle de la sous-espèce de l’Est |
Ammodramus savannarum pratensis |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
Menacé |
Campagnol sylvestre |
Microtus pinetorum |
Mammifères |
Préoccupant |
Préoccupant |
SDMV |
Carex faux-lupulina |
Carex lupuliformis |
Plantes vasculaires |
EVD |
EVD |
Menacé |
Carmantine d'Amérique |
Justicia americana |
Plantes vasculaires |
Menacé |
Menacé |
Menacé |
Chauve-souris argentée |
Lasionycteris noctivagans |
Mammifères |
EVD |
Aucun |
SDMV |
Chauve-souris cendrée |
Lasiurus cinereus |
Mammifères |
EVD |
Aucun |
SDMV |
Chauve-souris nordique |
Myotis septentrionalis |
Mammifères |
EVD |
EVD |
Menacé |
Chauve-souris rousse de l’Est |
Lasiurus borealis |
Mammifères |
EVD |
Aucun |
Vulnérable |
Cicindèle verte des pinèdes |
Cicindela patruela |
Arthropodes |
EVD |
EVD |
SDMV |
Cicutaire de Victorin |
Cicuta maculata var. victorinii |
Plantes vasculaires |
Préoccupant |
Préoccupant |
Menacé |
Coccinelle à bandes transverses |
Coccinella transversoguttata |
Arthropodes |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Coccinelle à neuf points |
Coccinella novemnotata |
Arthropodes |
EVD |
EVD |
Menacé |
Couleuvre mince, Population des Grands Lacs |
Thamnophis sauritus |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
SDMV |
Couleuvre tachetée |
Lampropeltis triangulum |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
Vulnérable |
Engoulevent bois-pourri |
Antrostomus vociferus |
Oiseaux |
Préoccupant |
Menacé |
Vulnérable |
Engoulevent d’Amérique |
Chordeiles minor |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
SDMV |
Frêne noir |
Fraxinus nigra |
Plantes vasculaires |
Menacé |
Aucun |
s.o. |
Gentiane de Victorin |
Gentianopsis virgata subsp. victorinii |
Plantes vasculaires |
Préoccupant |
Menacé |
Menacé |
Ginseng à cinq folioles |
Panax quinquefolius |
Plantes vasculaires |
EVD |
EVD |
Menacé |
Goglu des prés |
Dolichonyx oryzivorus |
Oiseaux |
Préoccupant |
Menacé |
Vulnérable |
Gomphe riverain |
Stylurus amnicola |
Arthropodes |
Préoccupant |
Aucun |
s.o. |
Gomphe ventru |
Gomphus ventricosus |
Arthropodes |
Préoccupant |
EVD |
SDMV |
Grive des bois |
Hylocichla mustelina |
Oiseaux |
Menacé |
Menacé |
s.o. |
Gros bec errant |
Coccothraustes vespertinus |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Hibou des marais |
Asio flammeus |
Oiseaux |
Menacé |
Préoccupant |
SDMV |
Hirondelle de rivage |
Riparia riparia |
Oiseaux |
Menacé |
Menacé |
s.o. |
Hirondelle rustique |
Hirundo rustica |
Oiseaux |
Préoccupant |
Menacé |
s.o. |
Leptoge des terrains inondés |
Leptogium rivulare |
Lichens |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Liparis à feuilles de lis |
Liparis liliifolia |
Plantes vasculaires |
Menacé |
Menacé |
SDMV |
Loup de l'Est |
Canis lupus lycaon |
Mammifères |
Menacé |
Menacé |
s.o. |
Martinet ramoneur |
Chaetura pelagica |
Oiseaux |
Menacé |
Menacé |
Menacé |
Monarque |
Danaus plexippus |
Arthropodes |
EVD |
EVD |
s.o. |
Moucherolle à côtés olive |
Contopus cooperi |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
Vulnérable |
Necture tacheté (Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) |
Necturus maculosus |
Amphibiens |
Préoccupant |
Aucun |
s.o. |
Noyer cendré |
Juglans cinerea L. |
Plantes vasculaires |
EVD |
EVD |
Menacé |
Paruline à ailes dorées |
Vermivora chrysoptera |
Oiseaux |
Menacé |
Menacé |
Menacé |
Paruline azurée |
Septophaga cerulea |
Oiseaux |
EVD |
EVD |
Menacé |
Paruline du Canada |
Cardellina canadensis |
Oiseaux |
Préoccupant |
Menacé |
SDMV |
Petit Blongios |
Ixobrychus exilis |
Oiseaux |
Préoccupant |
Menacé |
Vulnérable |
Petite chauve-souris brune |
Myotis lucifugus |
Mammifères |
EVD |
EVD |
Menacé |
Phégoptère à hexagones |
Phegopteris hexagonoptera |
Plantes vasculaires |
Préoccupant |
Aucun |
Menacé |
Pic à tête rouge |
Melanerpes erythrocephalus |
Oiseaux |
EVD |
EVD |
Menacé |
Pie-grièche migratrice de la sous-espèce de l’Est |
Lanius ludovicianus |
Oiseaux |
EVD |
EVD |
Menacé |
Pioui de l’Est |
Contopus virens |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Pipistrelle de l’Est |
Perimyotis subflavus |
Mammifères |
EVD |
EVD |
Menacé |
Psithyre bohémien |
Bombus bohemicus |
Arthropodes |
EVD |
EVD |
s.o. |
Quiscale rouilleux |
Euphagus carolinus |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
SDMV |
Rainette faux-grillon de l'ouest, population des Grands Lacs et Saint-Laurent et du Bouclier canadien |
Pseudacris triseriata |
Amphibiens |
Menacé |
Menacé |
Menacé |
Râle jaune |
Coturnicops noveboracensis |
Oiseaux |
Préoccupant |
Préoccupant |
Menacé |
Renard gris |
Urocyon cinereoargenteus |
Mammifères |
Menacé |
Menacé |
s.o. |
Salamandre pourpre, Population des Adirondacks et des Appalaches |
Gyrinophilus porphyriticus |
Amphibiens |
Menacé |
Menacé |
Vulnérable |
Salamandre sombre des montagnes, population des Appalaches |
Desmognathus ochrophaeus |
Amphibiens |
EVD |
EVD |
Menacé |
Sturnelle des prés |
Sturnella magna |
Oiseaux |
Menacé |
Menacé |
s.o. |
Tortue des bois |
Glyptemys insculpta |
Reptiles |
Menacé |
Menacé |
Vulnérable |
Tortue géographique |
Graptemys geographica |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
Vulnérable |
Tortue molle à épines |
Apalone spinifera |
Reptiles |
EVD |
EVD |
Menacé |
Tortue mouchetée, Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent |
Emydoidea blandingii |
Reptiles |
EVD |
EVD |
Menacé |
Tortue musquée |
Sternotherus odoratus |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
Menacé |
Tortue peinte de l'Est |
Chrysemys picta picta |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Tortue peinte du centre |
Chrysemys picta marginata |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Tortue serpentine |
Chelydra serpentina |
Reptiles |
Préoccupant |
Préoccupant |
s.o. |
Trichostème fourchu |
Trichostema dichotomum |
Plantes vasculaires |
Menacé |
Aucun |
SDMV |
Annexe 2. Détails des plans de conservation régionaux
Communauté métropolitaine de Montréal (CMM)
Organisation responsable
Service canadien de la Faune, région du Québec (SCF-QC)
Principaux partenaires dans la planification et la mise en œuvre
Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC), CMM, ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Nature-Action Québec, Éco-Nature, Conseil régional de l’environnement de la Montérégie, Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes, les fédérations régionales de l’UPA de la Montérégie, Outaouais-Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Agence forestière de la Montérégie, Agence des forêts privées de Lanaudière, autres partenaires locaux et experts.
Il importe également de mentionner qu’il existe un territoire autochtone enclavé au sein de la CMM, celui de Kahnawá:ke. Une collaboration est en cours avec la communauté Mohawk afin d’élaborer un plan de conservation des milieux naturels dans ce territoire suivant la démarche des Standards pour la conservation. Leurs actions pourront contribuer indirectement aux objectifs de cette région prioritaire.
Portée du projet
Limites administratives de la communauté métropolitaine de Montréal qui regroupe 12 municipalités régionales de comté (MRC), 2 agglomérations et 82 municipalités où habitent environ 4 millions de personnes sur un territoire de plus de 4 370 km2.
Description longue
Carte du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal montrant les limites des 12 MRC et des 82 municipalités qui la comprennent et l'étendue du territoire inclut dans le plan de conservation régional.
Occupation du sol
Les milieux urbains et agricoles couvrent respectivement 32% et 31% du territoire, suivis des milieux boisés (14%), des zones en eau libre (11%), des friches (6%) et des milieux humides (5%). Les milieux agricoles sont couverts en majorité (81%) de cultures annuelles (maïs, soya, céréales) alors que les cultures pérennes (fourrages, pâturages) ne couvrent que 16% du territoire cultivé.
Principales cibles de conservation
Les habitats essentiels de sept espèces terrestres en péril présentes sur le territoire de la CMM : 1) Carex faux-lupulina (Carex lupuliformis); 2) Carmantine d'Amérique (Justicia americana); 3) Ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius); 4) Liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia); 5) Petit Blongios (Ixobrychus exilis); 6) Rainette faux-grillon de l'Ouest (Pseudacris triseriata) et; 7) Tortue-molle à épines (Apalone spinifera).
Principales menaces
Les espèces exotiques envahissantes constitue la principale menace à l’intégrité des cibles de conservation. Suivent ensuite la destruction des milieux naturels due à l’urbanisation et à la conversion des terres en milieux agricoles, ainsi que le développement du réseau routier qui augmente la mortalité locale et restreint les déplacements des individus.
Stratégies de conservation
Huit stratégies de conservation ont été élaborées :
- planification, aménagement du territoire et réglementation
- protection et conservation des habitats essentiels
- aménagement et gestion de l'environnement en milieu agricole
- connectivité entre les milieux hydriques et humides
- contrôle des espèces exotiques envahissantes
- gestion des niveaux d'eau des grands tributaires
- gestion, restauration et suivi des occurrences et des habitats essentiels
- plan d’entretien des conduites de produits pétroliers et plan d'urgence en cas de déversements et bris
Remarque
Le plan d’action et les stratégies de conservation qui ont été élaborées en vue de conserver les habitats essentiels des espèces en péril présentes sur le territoire de la CMM sont basés sur le rapport sur l’état de situation de huit espèces en situation précaire sur le territoire du Grand MontréalNote de bas de page 6. Une version anglaise de ce rapport est disponible sur demande auprès d’ECCC (enviroinfo@ec.gc.ca). Bien que le plan vise des cibles en particulier, les actions identifiées pourraient bénéficier à d’autres espèces qui n’ont pas d’habitat essentiel désigné ou qui ont obtenu un statut d’espèce en péril depuis la parution de ce rapport. Le plan d’action n’a pas encore été publié, mais il est disponible sur demande auprès d’ECCC.
Aire naturelle de la Vallée de l’Outaouais
Organisation responsable
Société canadienne pour la conservation de la nature (SCCN)
Principaux partenaires dans la planification et la mise en œuvre
Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais, Société des établissements de plein air du Québec, Commission de la capitale nationale, la fédération régionale de l’UPA de l’Outaouais-Laurentides, Club des ornithologues de l’Outaouais, consultants, experts et autres partenaires.
Portée du projet
L’aire naturelle occupe 5 704 km2 incluse dans la région administrative de l’Outaouais, et dans les municipalités régionales de comté (MRC) de Pontiac, des Collines-de l'Outaouais et de Papineau. L’occupation du territoire varie entre des zones urbaines au développement résidentiel périurbain en passant par les terres agricoles, les zones industrielles, les parcs, les aires de conservation et les sites récréatifs et touristiques. Les terres privées représentent 74,4% du territoire alors que les terres provinciales et fédérales occupent respectivement 19,2% et 6,4%.
Occupation du sol
Type de couverture terrestre |
Superficie (ha) |
Proportion de l'aire naturelle |
|---|---|---|
Eau profonde |
53 462 |
9,4% |
Friche / arbustif |
14 285 |
2,5% |
Milieu agricole |
83 221 |
14,6% |
Milieu anthropique |
29 300 |
5,1% |
Milieu boisé |
330 666 |
58,0% |
Milieu humide |
57 849 |
10,1% |
Sol nu |
1 619 |
0,3% |
Superficie totale de l'aire naturelle (ha) |
570 403 |
100,0% |
Description longue
Carte de localisation de l'Aire naturelle de la vallée de l'Outaouais qui s'étand dans les MRC de Pontiac, des Collines-de-l'Outaouais et de Papineau. La carte illustre aussi les limites des 18 secteurs prioritaires, de l'écorégion, et de la zone de gestion intégrée de l'eau par bassin versant. Les aires de milieux forestier, agricole, anthropique, aquatique et humide sont aussi illustrées à l'aide de différentes couleurs.
Cibles de conservation
Les cibles de conservation s’articulent autour des sept composantes suivantes : 1) les tortues et couleuvres, 2) les écosystèmes calcicoles, 3) les habitats champêtres, 4) les milieux humides, 5) les habitat aquatiques et riverains, 6) les dunes et landes sablonneuses et 7) la mosaïque forestière.
Principales menaces
Le développement résidentiel et commercial, les espèces exotiques envahissantes, la gestion des barrages sur la rivière des Outaouais et ses tributaires, le développement et l’utilisation des routes, ainsi que l’exploitation forestière constituent les principales menaces. D’autres menaces de moindre envergure, dont les activités agricoles (pratiques et intensification) ont également été identifiées. L’indice global de menaces sur l’aire naturelle est considéré « Élevé ».
Stratégies de conservation
Ce plan d’action vise différentes stratégies de conservation dont plusieurs touchent directement les espèces en péril :
- protection des terres
- gestion des habitats
- adaptation des pratiques agricoles
- support et développement des partenariats afin, entre autres, de mettre en œuvre les différentes actions de conservation identifiées dans ce plan
- acquisition de connaissances
- collaboration avec la SCCN de la région de l’Ontario
- financement d’activités de conservation
- planification de la conservation et l’engagement des communautés locales
Remarque
SCCN collabore également avec différentes communautés autochtones (Kitigan Zibi, Kebaowek), afin de protéger et conserver des territoires dans l’aire visé par ce plan. Le plan de conservation de l’aire naturelle de la vallée de l’Outaouais et les stratégies de conservation n’ont pas été publiés. Pour plus d’informations, le lecteur est invité à communiquer avec la Société canadienne pour la conservation de la nature (quebec@conservationdelanature.ca).
Aire naturelle de l’estuaire d’eau douce
Organisation responsable
Société canadienne pour la conservation de la nature (SCCN)
Principaux partenaires dans la planification et la mise en œuvre
Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Zone d’intervention prioritaire (ZIP) Les Deux Rives/Table de concertation régional (TCR) de l’estuaire fluvial, Capitale-Nature, Corporation du Bassin de la Jacques-Cartier, Bureau d’écologie appliquée, Fondation de la Faune du Québec, ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, autres experts.
Portée du projet
L’aire naturelle de l’estuaire d’eau douce couvre une superficie de 5 797 km2 incluant la zone intertidale, les terres continentales riveraines et insulaires mais excluant l’eau du fleuve Saint-Laurent. Située de part et d’autre de ce majestueux cours d’eau, elle s’étend d’environ une vingtaine de kilomètres à l’est de l’embouchure du lac Saint-Pierre jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli et Saint-Joachim. Elle comprend 43 municipalités, six territoires non-organisés le tout regroupé dans 12 MRC. Toutefois ce plan de conservation n’inclut pas les agglomérations urbaines de Québec et de Lévis. 86 % de la superficie de cette aire naturelle est de tenure privée. Elle compte une population de 126 479 personnes.
Ce projet vise à solliciter l’engagement de propriétaires dans la mise en œuvre de mesures de conservation sur leurs propriétés et/ou à introduire des pratiques de gestion optimales sur celles-ci en lien avec les besoins en habitats des espèces en péril.
Figure 7. Aire naturelle de l’estuaire d’eau douce
* Certaines actions de conservation ont été réalisées à l’extérieur des limites de l’Aire naturelle de l’estuaire d’eau douce.
Description longue
Carte de localisation de l'Aire naturelle de l'Estuaire d'eau douce qui s'étand le long du Fleuve Saint-Laurent à partir du Centre-du-Québec jusqu'à Charlevoix. La carte divise l'estuaire en deux secteurs: le secteur est et le secteur ouest. La carte illustre aussi les limites de l'aire naturelle, des secteurs prioritaires PCAN II et de l'écorégion et identifie les regions administratives et les MRC.
Occupation du sol
Les milieux forestiers dominent avec 32,5 % de la superficie de cette aire naturelle. Les milieux humides et agricoles suivent de près avec 26 % et 25 % du territoire. Le reste du territoire est partagé entre le milieu urbain (11 %), les milieux ouverts (friches / arbustes) (4 %), les sols à nu (1 %) et le milieu aquatique d’intérieur (0,5 %).
Cibles de conservation
Les cibles de conservation s’articulent autour de quatre composantes : 1) le fleuve Saint-Laurent; 2) les milieux forestiers; 3) les milieux humides d’intérieur; 4) les milieux humides intertidaux; 5) les milieux ouverts et; 6) les tributaires et eau peu profonde.
Principales menaces
L’urbanisation des terres constitue la principale menace à l’intégrité des cibles de conservation. Suivent ensuite les espèces exotiques envahissantes, le développement d’infrastructures portuaires et de ponts, et les rejets d’eaux usées. Dix autres menaces aux conséquences moindres ont également été cernées. L’indice global de menaces sur l’aire naturelle est considéré Moyen.
Stratégies de conservation
Sept stratégies de conservation ont été élaborées :
- protection légale des écosystèmes rares et des communautés représentatives
- planification de la conservation de l’aire naturelle
- gestion des espèces problématiques
- intendance des habitats dans les milieux ouverts
- restauration des rives et des milieux côtiers
- acquisition de connaissances visant l’amélioration des mesures de protection
- stratégie de mobilisation communautaire
Remarque
Le plan d’action, et les stratégies de conservation qui ont été élaborées en vue de conserver les cibles de conservation identifiées dans l’estuaire d’eau douce, n’a pas été publié. Pour plus d’informations, le lecteur est invité à communiquer avec la Société canadienne pour la conservation de la nature (quebec@conservationdelanature.ca).
Région administrative du Centre-du-Québec
Organisation responsable
Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ)
Principaux partenaires dans la planification et la mise en œuvre
Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC); Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR); Habitat; Groupe d’aide pour la recherche et l’aménagement de la faune (GARAF); Société ornithologique du Centre-du-Québec; ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ); Fondation de la faune du Québec; Waste Managment; Les organismes de bassins versants du Centre-du-Québec participants; ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec (MELCCFP); Le Bureau Environnement et terre d’Odanak ; Le Bureau Environnement et terre de Wôlinak; Bureau d'écologie appliqué; les MRC et municipalités participantes; Nature-Avenir; Hydro-Québec; Agence forestière des bois-francs; Fédération de l'UPA du Centre-du-Québec; Moulin Michel; Fonds mondial pour la nature; Comité ZIP les Deux Rives; Réseau de milieux naturels protégés; Fédération des chambres de commerce du Québec; propriétaires participants.
Portée du projet
Le projet a pour territoire la région administrative du Centre-du-Québec. Cette région se divise en cinq MRC : Arthabaska, Bécancour, Drummond, L’Érable et Nicolet-Yamaska. Elle regroupe 79 municipalités en plus de deux réserves autochtones Abénakis : Odanak, dans la MRC de Nicolet-Yamaska et Wôlinak dans celle de Bécancour. La région couvre une superficie totale de 7 262 km2 pour une population de plus de 251 000 personnes. Environ 34,3% de la population est rurale.
La portée de ce projet est la conservation des territoires d’intérêt dans les Basses-terres du Saint-Laurent. Plus spécifiquement, la portée du projet est 21 noyaux répartis à travers le Centre-du-Québec, dont 16 situés dans la région des Basses-Terres du Saint-Laurent. Ces noyaux ont été sélectionnés par le CRECQ selon les résultats de l’analyse de mosaïques d’écosystèmes de l’Atlas des territoires d’intérêt pour la conservation dans les Basses-terres du Saint-Laurent jumelé à la présence d’une ou plusieurs espèces en péril. Les 21 noyaux couvrent environ 83 000 ha de superficie au Centre-du-Québec.
Description longue
Carte du territore du Centre-du-Québec montrant les 21 noyaux d'intérêt pour la conservation. La carte illustre aussi le réseau de connectivité ecologique qui comprend les corridors aquatiques, les corridors terrestres, les limites des MRC et les limites municipales qui sont illustrées à l'aide de différentes couleurs.
Occupation du sol
Le Centre-du-Québec se caractérise par une dynamique agricole et forestière. Le territoire est couvert à 46 % de forêts, 12 % de milieux humides, 39 % de terres agricoles et 10 158 km de cours d’eau. La proportion du territoire en zone verte, soit le territoire protégé où les usages autorisés doivent être reliés à l’agriculture, représente 93 %. Aussi 93 % des terres sont de tenure privée.
Cibles de conservation
Les cibles de conservation sont les milieux naturels au sein du noyau d’intérêt. Ces milieux comprennent les complexes de milieux humides, les fragments forestiers, les milieux ouverts ainsi que les unités écologiques aquatiques.
Principales menaces
Pour l’ensemble des noyaux et pour les différents types de milieux naturels, les menaces sont variées et nombreuses : les activités agricoles (y compris l’exploitation de cannebergières), l’exploitation forestière non durable, les espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques, les corridors de transports et de services, le développement résidentiel et commercial (y compris les zones fortement industrialisées), et la pollution provenant des effluents agricoles, forestiers et des milieux anthropisés.
| Menaces | Information |
|---|---|
Menaces les plus intenses pour les fragments forestiers |
Exploitations forestières non durable, changements climatiques, développement urbain, agriculture |
Menaces les plus intenses pour les milieux humides |
Agriculture/cannebergières, pollution, espèces exotiques envahissantes, corridors de transports et de services |
Menaces les plus intenses pour les milieux ouverts |
Agriculture, corridors de transports et de services, zones commerciales et industrielles |
Stratégies de conservation
Cinq stratégies de conservation ont été développées afin d’atteindre les buts du plan d’action :
- gouvernance et responsabilisation des organismes
- protection
- utilisation durable
- gestion et restauration
- acquisition de connaissances sur les espèces en péril
Remarque
Chacune des stratégies précise des objectifs clairs pour l’ensemble d’actions spécifiques et complémentaires qui devront être entreprises, tant au niveau du renforcement de l’aménagement du territoire en faveur de la conservation, de la protection, l’utilisation durable et la restauration d’habitats que de l’éducation et la sensibilisation. Une version complète du plan de conservation est disponible sur Internet en français. Pour plus d’informations, le lecteur est invité à communiquer avec le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec.










