Rapport sur la situation des aires protégées du Canada de 2012 à 2015 : chapitre 3


Chapitre 3 : Gestion des aires protégées et production de rapports

Tandis que les efforts se poursuivent pour augmenter le nombre d’aires protégées, il est important de bien s’assurer que la gestion de ces aires permette l’atteinte des buts de conservation établis. Le présent chapitre traite des difficultés et des progrès accomplis en ce qui concerne la gestion des aires protégées au Canada depuis le dernier rapport de 2011.

Efficacité de la gestion

Dans l’ensemble, les autorités responsables des aires protégées reconnaissent de plus en plus la mesure de l’efficacité de la gestion comme une pratique nécessaire pour déterminer si les buts et objectifs de conservation établis pour les aires protégées sont atteints. L’évaluation et l’amélioration de l’efficacité de la gestion des aires protégées constituent également l’un des buts du Programme de travail sur les aires protégées de la Convention sur la diversité biologique (but 4.2, en anglais seulement), à l’égard duquel le Canada s’est engagé. Cependant, pour la majorité des organisations responsables de la gestion des aires protégées terrestres et marines, aucune évaluation de l’efficacité de la gestion de leurs réseaux ou de leurs systèmes d’aires protégées n’a été menée à ce jour.

Aires protégées terrestres :

  • Cinq organisations sur 15 rapportant sur les aires protégées terrestres (33 %) indiquent avoir mené des évaluations de l’efficacité de la gestion de leurs réseaux d’aires protégées (Colombie-Britannique, Ontario, Saskatchewan, Environnement et Changement climatique Canada et Parcs Canada).
  • Pour ces cinq organisations, les méthodes et indicateurs utilisés pour mesurer l’efficacité de leur gestion variaient grandement :
    • La Saskatchewan n’a pas fait de suivi de l’efficacité de la gestion à grande échelle pour l’ensemble de son réseau d’aires protégées; seuls certains aspects des visites enregistrées par le service des parcs ont été évalués (p. ex. dépenses inscrites au budget, recettes et satisfaction des visiteurs).
    • L’Ontario a continué d’utiliser le maintien de l’intégrité écologique en tant qu’indicateur; il s’agit du premier principe directeur associé à la planification et à la gestion des aires protégées selon le cadre ontarien.
    • La Colombie-Britannique considère que le maintien de l’intégrité écologique est un indicateur important, mais ce facteur n’est pas considéré lorsqu’il en vient à mesurer l’efficacité de la gestion étant donné qu’il est difficile de faire un rapprochement entre des changements observés dans les écosystèmes et des interventions précises. Ainsi, l’efficacité de la gestion est mesurée au moyen d’indicateurs de rendement associés à la mise en œuvre de divers outils de conservation (p. ex. plans de gestion, évaluations des risques et des impacts en matière de conservation, délivrance de permis, etc.). Ces indicateurs sont autant utilisés pour les aires protégées terrestres que les aires marines et sont inclus dans le rapport annuel de BC Parks (en anglais seulement).
    • Environnement et Changement climatique Canada a évalué pour la première fois son réseau d’aires protégées à l’aide d’un outil de suivi de l’efficacité de la gestion (Management Effectiveness Tracking Tool), une des méthodes disponibles pour mesurer l’efficacité de la gestion à partir des diverses composantes de la gestion, y compris le niveau de ressources et les résultats.

Aires marines protégées :

  • Deux organisations ayant rapporté sur les aires marines protégées sur neuf (22 %) ont évalué l’efficacité de la gestion de leurs réseaux ou de leurs systèmes d’aires protégées (Colombie-Britannique et Parcs Canada). Cependant, et tel que décrit ailleurs dans le document, certaines organisations évaluent l’efficacité de la gestion pour certains de leurs sites seulement.

Élaboration et mise en œuvre des plans de gestion

La plupart des organisations ont accompli des progrès en ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestion pour les aires protégées qu’elles administrentnote1. Un plan de gestion établi des buts et des objectifs ainsi que des plans d’action spécifiant comment ceux-ci seront atteints. Le plan de gestion sert à guider les décisions au quotidien et à long terme selon la vision établie pour le site. À la fin de 2015, toutes les organisations ayant rapporté sur les aires protégées terrestres ainsi que six organisations sur neuf rapportant sur les aires marines protégées ont indiqué que des plans de gestion étaient implantés pour au moins certaines de leurs aires protégées et qu’environ 60 % des organisations avaient augmenté le nombre de plan de gestion mis en place. Cependant, le nombre total d’aires protégées au Canada comportant un plan de gestion à jour demeurait faible. Seulement 16 % des aires protégées terrestres et 28 % des aires marines protégées (parmi celles qui ont rapporté sur les aires marines protégées) étaient dotées d’un plan de gestion à jour. Il est toutefois à noter que cette dernière proportion variait considérablement d’une administration à l’autre (tableau 10). En ce qui concerne les aires protégées terrestres, cela peut s’expliquer en partie par la difficulté à suivre l’augmentation du nombre d’aires protégées. En effet, depuis 2005, le nombre d’aires protégées au Canada est passé de 3 642 à 4 660 en 2011, puis à 7 106 en 2015.

Aires protégées terrestres :

  • Seules six organisations sur 15 (40 %) disposaient de plans de gestion en place pour plus de la moitié de leurs aires protégées. Certains progrès ont été réalisés quant à l’actualisation des plans de gestion : sept organisations sur 15 (47 %) ont augmenté la proportion de leurs aires protégées accompagnés de plans de gestion à jour depuis 2011 (Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Yukon, Environnement et Changement climatique Canada).
  • Deux organisations ont déclaré disposer de plans de gestion, mis à jour au cours des dix dernières années, pour plus de la moitié de leurs aires protégées (Yukon et Parcs Canada).
  • La plupart des organisations ayant établi un certain nombre de nouvelles aires protégées depuis 2011 ont déclaré un ratio réduit d’aires protégées assorties de plans de gestion (p. ex. Ontario, Québec et Parcs Canada). Au Nouveau-Brunswick, six plans de gestion sont en place pour des fiducies foncières privées et la province a réalisé des progrès significatifs quant à l’élaboration d’un cadre de gestion pour ses aires protégées publiques.note2
  • Des organisations ayant rapporté sur les aires protégées terrestres, 10 sur 15 d’entre elles (67 %) ont indiqué avoir assuré un suivi de la mise en œuvre des plans de gestion, alors que ce pourcentage n’était que de 31 % en 2011. De plus, six organisations (Manitoba, Nunavut, Ontario, Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Parcs Canada) ont déclaré avoir assuré un tel suivi dans plus de 75 % des aires protégées assorties de plans de gestion.
  • Quatorze organisations sur 15 (93 %) rapportant sur les aires protégées terrestres ont mis en œuvre les mesures de gestion élaborées dans leurs plans de gestion. Quatre organisations sur 15 (27 %) ont indiqué avoir substantiellement mis en œuvre les mesures prévues dans leurs plans (Manitoba, Nunavut, Québec, Parcs Canada); même s’il demeure faible, c’est deux fois le nombre par rapport à 2011.
  • Huit organisations sur 15 (53 %) ont indiqué avoir partiellement mis en œuvre les mesures prévues dans leurs plans de gestion, alors que le pourcentage n’était que de 13 % en 2011. De plus, pour l’Alberta, la mise en œuvre des actions comprises dans les plans de gestion variait grandement entre les sites et les régions allant de « inconnu » à « significativement implanté ».

Aires marines protégéesnote3:

  • Six organisations sur neuf (67 %) disposaient de plans de gestion pour une portion de leurs aires marines protégées.
  • Ces six organisations ont également indiqué que les plans de gestion en place comprenaient des plans de moins de 10 ans. Toutefois, la proportion d’aires marines protégées comprenant des plans de gestion à jour variait grandement : 1 % pour le Québec, 14 % pour Terre-Neuve-et-Labrador et la Colombie-Britannique, un peu plus d’un quart pour le Nouveau-Brunswick, 50 % pour Parcs Canada et 88 % pour Pêches et Océans Canada.
  • Seulement trois organisations avaient une partie des plans de gestion en place datant de plus de 10 ans. Cependant, les plans de gestion plus vieux peuvent tout de même demeurer valables lorsqu’ils sont évalués de manière continue. Ceci est le cas de la Colombie-Britannique, laquelle a une politique exigeant l’évaluation interne des plans de gestion à chaque cinq ans au minimum, et ce afin de déterminer si ces plans sont toujours valides et peuvent continuer d’agir en tant que plans de gestion approuvés.
  • Quatre organisations sur neuf (44 %) qui ont rapporté sur les aires marines protégées ont assuré un suivi de la mise en œuvre de leurs plans de gestion. Seulement une d’entre elles a déclaré avoir effectué un suivi dans plus de 75 % de ses aires marines protégées (Parcs Canada).
  • Des six organisations (67 %) ayant rapporté sur la mise en œuvre des mesures liées aux plans de gestion; en 2015, quatre d’entre elles (Québec, Pêches et Océans Canada, Environnement et Changement climatique Canada et Parcs Canada) avaient substantiellement mis en œuvre ces mesures de gestion, tandis que les deux autres indiquaient une mise en place partielle (Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador).
Tableau 10 : Ampleur des aires protégées ayant un plan de gestion en place sous l’administration d’organisations gouvernementales responsables d’aires protégées note4
Biome Organisation Nombre d’aires protégées ayant un plan de gestion en place
(Nombre/total)
Nombre d’aires protégées ayant un plan de gestion en place
(Pourcentage)
Nombre d’aires protégées ayant un plan de gestion en place datant de moins de 10 ans
(Nombre/total)
Nombre d’aires protégées ayant un plan de gestion en place datant de moins de 10 ans
(Pourcentage)
Ampleur de la mise en œuvre des mesures de gestion qui sont incluses dans les plans
Terrestre Alberta 62/252 25 % 12/252 5 % Inconnue à substantiellek
Terrestre Colombie-Britanniquel 728/1028 71 % 133/1028 13 % Partielle
Terrestre Île-du-Prince-Édouardm 228/245 93 % 80/245 33 % Partielle
Terrestre Manitoban 22/127 17 % 17/127 13 % Substantielle
Terrestre Nouveau-Brunswick 0/212 0 % 0/212 0 % Inconnue
Terrestre Nouvelle-Écosse 13/146 9 % 1/146 1 % Partielle
Terrestre Nunavut 8/8 100 % 0 0 % Substantielle
Terrestre Ontario 619/649 95 % 94/649 15 % Partielle
Terrestre Québec 297/3823 8 % 190/3823 5 % Substantielle
Terrestre Saskatchewan 118/322 37 % Non disponible - Partielle
Terrestre Terre-Neuve-et-Labrador 17/57 30 % 3/57 5 % Partielle
Terrestre Territoires du Nord-Ouest 1/4 25 % 0 0 % Partielle
Terrestre Yukon 10/17 59 % 10/17 59 % Partielle
Terrestre Environnement et Changement climatique Canada 11/129 9 % 11/129 9 % Partielle
Terrestre Parcs Canada 41/50 82 % 37/50 74 % Substantielle
Marin Colombie-Britannique 124/184 67 % 26/184 14 % Partielle
Marin Île-du-Prince-Édouard 0/0 - 0/0 - Inconnue
Marin Manitoba 0/1 0 % 0/1 0 % Non disponible
Marin Nouveau-Brunswick 3/11 27 % 3/11 27 % Inconnue
Marin Québec 9/507 2 % 5/507 1 % Substantielle
Marin Terre-Neuve-et-Labrador 4/7 57 % 1/7 14 % Partielle
Marin Environnement et Changement climatique Canada Inconnu - Inconnu - Substantielle
Marin Parcs Canada 1/2 50 % 1/2 50 % Substantielle
Marin Pêches et Océans Canada 7/8 88 % 7/8 88 % Substantielle

k L’Alberta affirme avoir implanté des actions de gestion à des ampleurs variées dans leurs aires protégées, depuis partiellement à substantiellement, et que l’ampleur d’implantation était inconnu pour certaines.

l BC Parks administre au total 1 028 aires protégées terrestres et une aire marine protégée. On retrouve aussi 29 zones provinciales de gestion de la faune non incluses dans les totaux présentés ci-haut puisque ces sites ne sont pas gérés par BC Parks. De ces 29 zones, 28 possèdent une composante terrestre. Même s’il n’existe aucun programme officiel pour les plans de gestion ou aucun suivi fait sur des plans de gestion pour ces sites, divers documents guidant leur gestion ont été développés par les agences responsables.

m L’Île-du-Prince-Édouard considère son réseau d’aires protégées selon deux échelles. Les aires naturelles constituent des propriétés individuelles ou des petites parcelles alors que les aires de gestion de la faune comprennent une superficie de terre plus considérable. On compte 228 parcelles d’aires naturelles et 17 aires de gestion de la faune (pour lesquelles six d’entre elles sont sous gouvernance partagée), répartis sur 90 sites. Les aires de gestion de la faune sous gouvernance partagée ne possèdent pas de plan de gestion spécifique mais possèdent tout de même des principes de gestion communs.

n Le Manitoba compte aussi 184 aires de conservation privées qui ne sont pas comptabilisées dans le tableau ci-dessus, mais qui sont considérées dans le réseau d’aires protégées de la province. Selon les protocoles d’entente signés avec des organismes de conservation de la province, ce sont ces organismes qui sont responsables de la surveillance et de la gestion de ces aires, y compris la conservation de l’intégrité des écosystèmes dynamiques qui s’y trouvent.

Défis relatifs à la gestion des aires protégées

La majorité des organisations a indiqué être confrontée à des défis ou à des obstacles en ce qui concerne la gestion des aires protégées terrestres et marines au Canada (tableau 11).

Aires protégées terrestres :

  • Les 15 organisations responsable d’aires protégées terrestres (100 %) ont indiqué faire face à des défis en matière de gestion.
  • Douze de ces 15 organisations ont indiqué que le fait de ne pas avoir suffisamment de personnel pour gérer les aires protégées et les ressources nécessaires pour permettre des activités de suivi constituaient des défis importants.
  • Le troisième défi le plus courant souligné par les organisations (sept sur 15) était l’absence de plans de gestion ou d’objectifs pour orienter les décisions.
  • Parmi les autres défis soulignés, il y a eu mention des difficultés à satisfaire les intérêts mutuels avec les gouvernements autochtones ainsi que l’absence de priorité et de mobilisation de la part des autorités gouvernementales à l’égard de la gestion des aires protégées, ce qui comprend l’absence de financement à long terme.

Aires marines protégées :

  • Six des 9 organisations responsables d’aires marines protégées (67 %) ont indiqué être confrontées à des défis en matière de gestion des aires marines protégées.
  • Les obstacles les plus courants pour quatre des six organisations mentionnées ci-dessus étaient le manque de ressources pour la gestion et les activités de suivi des sites.
  • Les autres défis en matière de gestion relevés comprenaient la collaboration avec d’autres gouvernements et organismes (y compris les gouvernements autochtones), le manque d’outils appropriés pour gérer les aires protégées administrées par plus d’une agence gouvernementale, ainsi que les limites financières et techniques, particulièrement pour les activités de suivi menées au large et en eaux profondes.
Tableau 11 : Défis ou obstacles principaux en matière de gestion des aires protégées au Canada identifiés par les organisations gouvernementales.
Principaux défis ou obstacles en matière de gestion Pourcentage des juridictions confrontées à des défis, par type d’obstacle (%)
(Terrestre/eau douce)
Pourcentage des juridictions confrontées à des défis, par type d’obstacle (%)
(Marin)
Manque de ressources en personnel pour la gestion des sites 80 67
Manque de ressources pour les activités de suivi des sites 80 67
Absence de plans de gestion ou d’objectifs pour orienter les décisions 47 17
Manque d’outils légaux/stratégiques appropriés pour assurer une gestion des activités menées dans les zones adjacentes aux aires protégées qui soit compatible avec les objectifs de conservation de ces sites 36 50
Manque de lignes directrices ou de protocoles pour appliquer efficacement les décisions de gestion 14 33

Protocoles de surveillance pour les aires protégées

Aires protégées terrestres (voir tableau 12) :

  • Onze organisations rapportant sur les aires protégées terrestres sur 15 (73 %) ont déclaré disposer de protocoles de surveillance pour leurs aires protégées terrestres et avec la majorité de ces protocoles datant de 10 ans ou moins.
  • Parmi les 11 organisations qui disposaient de protocoles de surveillance, six étaient en train de rédiger de nouveaux protocoles pour des sites supplémentaires. Ces nouveaux protocoles reportaient notamment à trois parcs provinciaux en Saskatchewan (Cypress Hills, Duck Mountain, Saskatchewan Landing) et à un refuge faunique Thelon, dans les Territoires du Nord-Ouest, ceci par l’entremise de la création d’un comité de gestion. De plus, Environnement et Changement climatique Canada travaillait, dans le cadre des plans de gestion, à l’élaboration de protocoles de surveillance pour 25 des sites dont il est responsable au Canada.
  • La proportion d’aires protégées visées par des protocoles de surveillance varie grandement d’une organisation à l’autre, depuis un peu moins de 1 % pour le Manitoba à 97 % pour l’Île-du-Prince-Édouard.
  • En Saskatchewan, les activités de surveillance étaient implantées à des niveaux variables mais seulement pour les parcs provinciaux. Au Nouveau-Brunswick, les activités de surveillance font parties des plans de gestion des zones naturelles protégées sur les terres en fiducie foncière, tandis qu’à l’Île-du-Prince-Édouard, de telles activités avaient lieu généralement lorsqu’elles avaient été identifiées en tant qu’objectif de gestion pour l’aire protégée. À Terre-Neuve-et-Labrador, des activités de surveillance sont entreprises selon différentes ampleurs dans les parcs et les réserves sauvages et écologiques. En Colombie-Britannique, BC Parks a élaboré un cadre pour son programme de surveillance afin d’effectuer des suivis de la productivité et des déplacements des espèces pour certaines zones spécifiques de leurs aires protégées. Bien que de telles zones spécifiques de surveillance n’aient pas été établies dans chaque aire protégée, ce cadre s'applique à l'ensemble du système des aires protégées (terrestres et marines).

Aires marines protégées (voir tableau 12) :

  • Cinq organisations sur neuf ayant produit des rapports sur les aires marines protégées (56 %) disposaient de protocoles de surveillance pour leurs aires marines protégée, et 100 % de ces protocoles dataient de 10 ans ou moins.
  • La proportion d’aires marines protégées visées par de tels protocoles variait d’environ 2 % pour le Québec à 75 % pour Pêches et Océans Canada.
  • Deux organisations ont indiqué que des protocoles supplémentaires seront élaborés pour des sites marins dans un avenir proche : la Colombie-Britannique, pour deux zones marines, et Pêches et Océans Canada, pour les zones de protection marine du Mont sous-marin Bowie et du champ hydrothermal Endeavour. De plus, il a été souligné par Parcs Canada que les plans de surveillance pour tous leurs sites étaient en train d’être réexaminés et révisés.
  • Pêches et Océans Canada produit des rapports de surveillance pour certaines de leurs aires marines protégées. Certains résultats sont disponibles en ligne (p. ex. rapport de suivi sur la zone de protection marine d’Eastport (en anglais seulement)).
Tableau 12 : Protocoles de surveillance existant dans les aires protégées
Biomes Organisation % des aires protégées avec des protocoles de surveillance en place % des aires protégées avec des protocoles en développement
Terrestre Alberta 10 % Aucun indiqué
Terrestre Colombie-Britannique 6 % 4 %
Terrestre Île-du-Prince-Édouard 97 % Aucun indiqué
Terrestre Manitoba <1 % 0 %
Terrestre Nouveau-Brunswick 3 % 0 %
Terrestre Nouvelle-Écosse 0 % 0 %
Terrestre Nunavut 0 % 0 %
Terrestre Ontario Inconnu Inconnu
Terrestre Québec 10 % Aucun indiqué
Terrestre Saskatchewan 11 % 1 %
Terrestre Terre-Neuve-et-Labrador 53 % 0 %
Terrestre Territoires du Nord-Ouest 0 % 25 %
Terrestre Yukon 18 % 0 %
Terrestre Environnement et Changement climatique Canada 1 % 17 %
Terrestre Parcs Canada 96 % 4 %
Marin Colombie-Britannique 4 % 1 %
Marin Île-du-Prince-Édouard Aucun indiqué Aucun indiqué
Marin Manitoba 0 % 0 %
Marin Nouveau-Brunswick 27 % 0 %
Marin Québec 2 % Aucun indiqué
Marin Terre-Neuve-et-Labrador 0 % 0 %
Marin Environnement et Changement climatique Canada 0 % 0 %
Marin Parcs Canada 50 % 50 %
Marin Pêches et Océans Canada 75 % 25 %

Activités de suivi et gestion de l’intégrité écologique

L'intégrité écologique se réfère à « un état jugé caractéristique d’une région naturelle et susceptible de persister, qui comprend les composantes abiotiques et la composition de même que l'abondance des espèces indigènes et des communautés biologiques, les rythmes de changement et les processus qui les soutiennent. »note5. De plus en plus, le maintien de l'intégrité écologique des aires protégées est considéré comme un élément clé de la gestion des aires protégées pour les juridictions canadiennes, ceci dans le but de préserver les processus écologiques ainsi que la composition de la région et de l'abondance des espèces indigènes (voir tableaux 13 et 14).

Aires protégées terrestres :

  • Douze organisations sur 15 (80 %) ont indiqué avoir des mesures en place pour gérer le maintien de l’intégrité écologique. Il s’agit d’une augmentation comparativement à la proportion rapportée en 2011 qui était de 56 %.
  • Parmi ces 12 organisations qui pratiquaient une gestion pour le maintien de l’intégrité écologique, cinq d’entre elles (42 %) disposaient de mesures couvrant la majeure partie de leur réseau ou système d’aires protégées, alors que les sept autres (58 %) avaient procédé à une mise en œuvre partielle ou avaient des mesures couvrant seulement une portion de leurs sites.
  • L’ampleur des activités de suivi pour le maintien de l’intégrité écologique par les organisations variait considérablement, allant d’un programme de suivi complet pour Parcs Canada à trois provinces (Colombie-Britannique, Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador) ne menant qu’un suivi sporadique sur le maintien de l’intégrité écologique.
  • Quatre provinces et territoires (Ontario, Québec, Saskatchewan et Yukon) assuraient un suivi continu du maintien de l’intégrité écologique pour quelques sites ou pour une partie de leurs aires protégées. Au Québec, seuls les parcs nationaux relevant de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) faisaient l’objet d’un suivi de l’intégrité écologique.
  • Parcs Canada demeure un chef de file avec son programme complet de surveillance de l’intégrité écologique, lequel est mis en œuvre dans tous les parcs nationaux relevant de sa responsabilité. En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, la préservation et le rétablissement de l’intégrité écologique sont des priorités pour l’organisation en matière de gestion des aires protégées. Il en a découlé que l’expertise et les lignes directrices de Parcs Canada en matière d’intégrité écologique sont reconnues et ont même servi à orienter les principes et les bonnes pratiques élaborés par l’Union internationale pour la conservation de la nature sur le sujet.
  • Deux organisations ont publié les résultats de leurs activités de suivi sur le Web : la Colombie-Britannique, dans le rapport annuel de BC Parks (en anglais seulement), et Parcs Canada, par l’entremise de l’indicateur « intégrité écologique des parcs nationaux » présenté dans la page Web des indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement.

Aires marines protégées :

  • Six organisations sur neuf (67 %) ont déclaré avoir mis en place des mesures pour gérer le maintien de l’intégrité écologique pour certaines ou toutes les aires protégées de leur réseau ou système. Il s’agit d’une augmentation comparativement à la proportion rapportée en 2011 qui était de 33 %.
  • À l’instar des organisations ayant rapporté sur les aires protégées terrestres, un petit nombre, soit deux organisations sur six (33 %) pratiquant une gestion pour le maintien de l’intégrité écologique avaient prises des mesures couvrant la plupart de leurs aires marines protégées, alors que les quatre autres (67 %) avaient procédé à une mise en œuvre de telles mesures de façon partielle ou seulement pour une portion de leurs sites.
  • Seules deux organisations (22 %) ont réalisé des activités de suivi sur le maintien de l’intégrité écologique dans leurs aires marines protégées (Colombie-Britannique et Pêches et Océans Canada).
  • Les résultats des activités de suivi menées dans les aires marines protégées de la Colombie-Britannique sont présentés dans le rapport annuel de BC Parks.
Tableau 13 : Ampleur des activités de suivi pour le maintien de l’intégrité écologique
Biome Suivi complet pour toutes les aires protégées Suivi dans la plupart des aires protégées Suivi continu pour certaines aires protégées Suivi sporadique Peu ou pas de suivi
Terrestre Parcs Canada - Ontario, Québec, Saskatchewan, Yukon Colombie-Britannique, Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador Alberta,  Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick,  Nouvelle-Écosse, Nunavut,  Territoires du Nord-Ouest, Environnement et Changement climatique Canada
Marin - Parcs Canada - Colombie-Britannique, Pêches et Océans Canada Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Nouveau-Brunswick,  Québec, Terre-Neuve-et-Labrador, Environnement et Changement climatique Canada
Tableau 14 : Mesures en place pour gérer le maintien de l’intégrité écologique
Biome Pleinement (toutes les aires protégées) Principalement (la plupart des aires protégées) Partiellement (une partie des aires protégées) Aucunement
Terrestre - Colombie-Britannique, Ontario, Québec, Territoires du Nord-Ouest, Parcs Canada Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Saskatchewan, Yukon, Environnement et Changement climatique Canada Île-du-Prince-Édouard, Nunavut, Terre-Neuve-et-Labrador
Marin - Colombie-Britannique, Parcs Canada Manitoba, Nouveau-Brunswick, Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada Île-du-Prince-Édouard, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador

Information à l’appui de la gestion des aires protégées

Les gestionnaires d’aires protégées s’appuient sur diverses sources d’information pour prendre des décisions. En plus des données biophysiques, ils peuvent utiliser de l’information sur les activités anthropogéniques pour comprendre les effets et les impacts que celles ci peuvent avoir sur une zone donnée; ils peuvent aussi utiliser le savoir écologique traditionnel, lequel leur permet de profiter des connaissances développées au fil du temps de ces territoires et des milieux marins par les peuples autochtones et les populations locales.

Aires protégées terrestres :

  • Tel que rapporté en 2011, la majorité des organisations administrant des aires protégées terrestres continuent à avoir une quantité d’information limitée dans les différentes catégories d’information couvertes (voir le tableau 15), y compris en ce qui concerne les processus écologiques et le savoir traditionnel.
  • Cent pourcent (100%) des organisations répondantes ont rapporté qu’il existait de l’information sur les inventaires des ressources naturelles ainsi que sur les activités humaines à proximité des aires protégées. L’ampleur de l’information disponible pour ces deux catégories était par contre limitée pour huit organisations (53 %). Seules deux organisations ont rapporté avoir un niveau d’information relativement détaillé en ce qui a trait aux inventaires des ressources naturelles.
  • Pour 87 % des organisations, des données étaient disponibles concernant la structure et les fonctions des communautés écologiques, le savoir traditionnel, les visiteurs et leurs impacts. Par contre l’ampleur de cette information demeure limitée pour la majorité des organisations. Six organisations ont rapporté avoir un niveau modéré d’information sur l’utilisation faite des sites par les visiteurs alors que quelques organisations seulement (une à trois) ont rapporté avoir un tel niveau d’information pour les trois autres catégories de données mentionnées.
  • Entre 64 % et 82 % des organisations ont rapporté posséder peu d’information sur la présence d’espèces envahissantes, les processus écologiques et l’isolement et la connectivité écologiques.
  • En Alberta, l’existence et l’ampleur de l’information disponible sur tous les types d’information présentés variaient géographiquement à l’échelle de la province et de site en site. L’Île-du-Prince-Édouard a indiqué qu’elle possédait de l’information provenant de dix années de travail d’inventaire des ressources et de photographie aérienne, ainsi que provenant de visites périodiques des sites.

Aires marines protégées :

  • Toutes les organisations rapportant sur les aires protégées marines, soit 100%, ont indiqué qu’il y avait de l’information disponible sur les activités adjacentes aux aires marines protégées. L’ampleur de l’information disponible était modérée pour un peu moins que la moitié des organisations.
  • Pour 89 % des organisations, de l’information existait sur les inventaires des ressources naturelles, même si cette dernière demeurait limitée pour la majorité d’entre elles.
  • Soixante-dix-huit pourcent (78 %) des organisations rapportaient posséder de l’information sur l’utilisation des sites par les visiteurs même si le niveau de cette information était limité pour la plupart.
  • Soixante-sept pourcent (67 %) des organisations indiquaient détenir des données sur les fonctions des communautés écologiques, le savoir traditionnel et la présence d’espèces envahissantes. Pour la majorité d’entre elles, l’ampleur de l’information disponible demeurait limité, excepté pour Pêches et Océans Canada, qui a indiqué posséder un niveau modéré d’information pour ces trois catégories.
  • De façon plus générale, environ la moitié des organisations rapportant sur les aires marines protégées disposaient d’un niveau d’information allant de limité à modéré concernant les processus écologiques, l’isolement ou la connectivité écologique, et l’impact des visiteurs sur les sites.
  • BC Parks (en anglais seulement) a aussi indiqué que l’élaboration d’une gamme d’outils de conservation et de planification a donné aux gestionnaires une certaine assurance quant à la gestion appropriée des éléments biologiques et culturels des réseaux d’aires protégées terrestres et marines.
Tableau 15a : Ampleur de l’information disponible, par catégorie, pour la gestion des aires protégées terrestres et marines.
Biome Ampleur de l’information Inventaires des ressources naturelles Structure et fonction des communautés Processus écologiques Isolement et connectivité écologiques Savoir écologique traditionnel
Terrestre Détaillée Île-du-Prince-Édouard, Parcs Canada Manitoba Manitoba Parcs Canada -
Terrestre Modérée Manitoba, Nouveau-Brunswick, Ontario, Saskatchewan, Environnement et Changement climatique Canada Nouveau-Brunswick Parcs Canada Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick Île-du-Prince-Édouard, Parcs Canada
Terrestre Limitée Alberta, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador Territoires du Nord-Ouest, Yukon Alberta, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Ontario, Québec, Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada Alberta, Colombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Nunavut, Ontario, Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Yukon Alberta, Manitoba, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec, Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nunavut, Ontario, Québec, Saskatchewan, Territoires du Nord-Ouest, Yukon, Environnement et Changement climatique Canada
Marin Détaillée - - - - -
Marin Modérée Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada Pêches et Océans Canada Pêches et Océans Canada Manitoba Parcs Canada, Pêches et Océans Canada
Marin Limitée Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Québec, Parcs Canada Colombie-Britannique, Manitoba, Québec Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada Colombie-Britannique, Manitoba, Parcs Canada Colombie-Britannique, Québec, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada Colombie-Britannique, Manitoba, Québec, Environnement et Changement climatique Canada
Tableau 15b : Ampleur de l’information disponible, par catégorie, pour la gestion des aires protégées terrestres et marines.
Biome Ampleur de l’information Utilisation par les visiteurs Impacts des visiteurs Présence d’espèces envahissantes Activités dans les zones adjacentes
Terrestre Détaillée - - - -
Terrestre Modérée Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Québec, Saskatchewan, Parcs Canada Manitoba, Saskatchewan, Parcs Canada Colombie-Britannique, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nunavut, Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest
Terrestre Limitée Alberta, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Terre-Neuve-et-Labrador, Yukon, Environnement et Changement climatique Canada Alberta, Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Ontario, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador, Yukon Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec, Saskatchewan, Territoires du Nord-Ouest, Yukon  Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Québec, Saskatchewan, Yukon, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada
Marin Détaillée - - - -
Marin Modérée Manitoba, Québec Manitoba, Environnement et Changement climatique Canada Pêches et Océans Canada Manitoba, Québec, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada
Marin Limitée Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador, Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada Colombie-Britannique, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Québec Environnement et Changement climatique Canada, Parcs Canada Colombie-Britannique, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick,  Terre-Neuve-et-Labrador

Menaces pesant sur les aires protégées du Canada

Les menaces font partie des éléments clés qui contribuent à orienter les décisions en matière de gestion des aires protégées. Selon la Convention sur la diversité biologique, les menaces pesant sur les aires protégées (en anglais seulement) sont définies comme étant « toutes activités humaines ou tous processus connexes qui ont un impact négatif sur les caractéristiques clés de la biodiversité, les processus écologiques ou les atouts culturels présents dans les aires protégées ». Parmi les menaces les plus courantes pour les aires protégées du Canada, on retrouve : les utilisations incompatibles des terres/des océans à l’extérieur des aires protégées, les espèces envahissantes, le changement climatique, les impacts cumulatifs et le déclin des populations. Ceux-ci ne représentent que certains des défis et des menaces auxquels les gestionnaires des aires protégées sont de plus en plus confrontés, et ce, non seulement ici au Canada, mais dans le monde entier.

Aires protégées terrestres :

  • Treize organisations sur 15 (87 %) ont procédé à des évaluations afin d’identifier les menaces qui pèsent sur leurs aires protégées. Parmi celles-ci, sept sur 13 avaient identifié de telles menaces pour la plupart de leurs aires protégées, tandis que les autres l’avaient partiellement fait en décembre 2015.
  • Les principales menaces identifiées par les juridictions rapportant sur les aires terrestres protégées sont comparables à celles relevées dans les rapports antérieurs sur la situation des aires protégées, comme l’indique le tableau 16 (le tableau compare les principales menaces entre 2005, 2011 et 2015) et comprennent les suivantes :
    • Utilisations incompatibles des terres à l’extérieur des aires protégées, notamment les activités de nombreux secteurs économiques tels que les secteurs de l’extraction (p. ex. l’exploitation minière, pétrolière et gazière), l’agriculture, les transports ainsi que l’expansion urbaine, qui menacent l’intégrité écologique des aires protégées.
    • Espèces envahissantes, telles que l’euphorbe ésule, la salicaire commune, la quenouille hybride, le genêt à balais et le crabe vert. Quatre organisations ont indiqué que les espèces envahissantes représentaient une menace sérieuse, tandis que sept autres ont indiqué qu’il s’agissait d’un problème important.
    • Changements climatiques, lesquels devraient entraîner des modifications importantes qui auront un impact sur les aires protégées, notamment sur l’élévation du niveau des océans et la perte de zones côtières, ainsi que des modifications au niveau des risques d’incendie, des infestations d’insectes et sur les aires de répartition des espèces.
    • Impacts cumulatifs, lesquels ne sont toujours pas bien compris; en outre, il est difficile de les estimer, qu’ils se produisent à l’intérieur ou à l’extérieur des aires protégées. Trois organisations considèrent que les impacts cumulatifs représentent une menace grave, tandis que cinq autres considèrent qu’il s’agit de menaces importantes.
    • Déclin des populations, ce qui concerne notamment toutes les espèces en péril inscrites au Canada, notamment le plectrophane à ventre noir, le tétras des armoises, le hibou des marais, la pipistrelle de l’Est et le caribou de Peary. Le nombre d’espèces inscrites à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril a augmenté de 493 à 521 entre 2011 et 2014, cette dernière indiquant l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles. Le déclin des populations est souvent le résultat de menaces telles celles mentionnées ci-haut. Cependant, le déclin des populations demeure un défi important auquel les gestionnaires d’aires protégées sont confrontés, ce qui en fait une menace envers la santé écologique des aires protégées.
  • L’Alberta a en outre noté que les principales menaces pour les diverses aires protégées pouvaient varier considérablement dans la province; depuis une fréquentation accrue des visiteurs ou une utilisation excessive à des fins de loisir dans le sud à l’exploitation pétrolière et gazière dans le nord.
  • La Nouvelle-Écosse a relevé trois facteurs - l’isolement, l’absence de connectivité et la petite taille de certains sites - en tant que principales menaces pesant sur la santé des aires protégées de façon individuelle.
  • La Saskatchewan a souligné que de nombreuses aires protégées ne présentent plus un état naturel en raison de la suppression du régime de feu naturel, de la fragmentation de l’habitat par des aménagements linéaires et de l’introduction d’espèces envahissantes, en plus de certaines activités récréatives qui peuvent avoir un impact négatif sur les écosystèmes des aires protégées si elles ne sont pas gérées correctement.
Tableau 16 : Menaces principales pesant sur les aires terrestres protégées du Canada
Rang 2000-2005 2006-2011 2012-2015
1 Utilisations incompatibles des terres situées à proximité des aires protégées Changements climatiques Utilisations incompatibles des terres à l’extérieur des aires protégées
2 Fragmentation de l’habitat Impacts cumulatifs Espèces envahissantes
3 Espèces envahissantes Utilisations incompatibles des terres situées à proximité des aires protégées Changements climatiques
4 Fréquentation accrue des visiteurs Déclin des populations Impacts cumulatifs
5 - Espèces envahissantes Déclin des populations

Aires marines protégées :

  • Six organisations sur neuf (67 %) ont effectué des évaluations sur les menaces où quatre d’entre elles l’ont réalisé pour la plupart de leurs aires marines protégées, et où les deux autres n’ont évalué les menaces que pour une partie de leur réseau ou système.
  • Même si des menaces semblables à celles pesant sur les aires terrestres protégées ont été relevées, leur classement diffère quelque peu. Les trois principales menaces relevées pour les aires marines protégées étaient : les changements climatiques, les utilisations incompatibles de l’océan à l’extérieur des aires protégées et le déclin des populations. Les événements catastrophiques ont été identifiés en tant que menace sérieuse par une organisation (Colombie-Britannique).
  • D’autres menaces importantes ont été relevées, à savoir : les espèces envahissantes, la perte d’habitat, l’altération de la qualité de l’eau, la surexploitation des ressources naturelles à l’intérieur des aires protégées l’interruption des cycles naturels, l’aménagement d’infrastructures adjacentes aux aires protégées, l’acidification des océans ainsi que la présence de débris et de microplastiques marins.

Production de rapports sur les aires protégées

Aires protégées terrestres :

  • Huit organisations sur 15 (53 %) ont indiqué qu’elles évaluaient et rapportaient sur la situation de leurs aires protégées terrestres en vertu de processus prévus par la loi ou par des politiques.
  • Sur ces huit organisations, six (Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Saskatchewan, Parcs Canada) le font de façon systématique.
  • Le Manitoba produit également des rapports sur ses aires protégées en utilisant d’autres mécanismes, y compris les rapports annuels du ministère du Développement durable. En vertu de la Loi sur le développement durable, le Manitoba produit aussi des rapports sur la mise en œuvre et le respect des principes et des lignes directrices du développement durable, notamment des rapports sur l’augmentation totale des superficies en terres désignées et protégées dans la province.
  • L’Alberta produit des rapports de façon sporadique, tandis que le Nunavut et Environnement et Changement climatique Canada ont précisé qu’ils ne procédaient pas à une évaluation régulière de leurs aires protégées ni à la production de rapports à cet égard.
  • Les Territoires du Nord-Ouest ont indiqué que, bien que l’évaluation de la situation des aires protégées et la production de rapports à cet égard ne soient pas prévues par la loi, ils s’efforcent de produire leur premier rapport sur la situation des aires protégées en 2016.
  • Pour le Québec, l’évaluation de la situation des aires protégées, créées en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (pour les sites marins et terrestres) est réalisée grâce à l’examen des plans de gestion qui a lieu initialement au bout de sept ans, puis tous les dix ans. Les parcs sous l’Administration régionale Kativik sont régis selon un plan de gestion unique qui prévoit la tenue d’évaluations régulières.

Aires marines protégées :

  • Trois organisations sur neuf (33 %) ayant produit un rapport sur des aires marines protégées avaient pris des mesures pour évaluer et rapporter sur la situation des aires marines protégées par l’entremise de processus prévus par des lois ou des politiques (Colombie-Britannique, Environnement et Changement climatique Canada et Parcs Canada).
  • Parmi celles-ci, seules la Colombie-Britannique et Parcs Canada ont mis en œuvre de telles mesures de façon systématique, alors qu’Environnement et Changement climatique Canada ne l’a pas fait de façon régulière.
  • Deux autres organisations ont indiqué avoir aussi mis en place des mesures pour évaluer et rapporter sur la situation des aires marines protégées de manière systématique, le Manitoba et le Québec.

Rétrogradation, réduction ou déclassement des aires protégées

Au fil du temps, les organisations peuvent apporter des modifications qui ont une incidence sur le niveau de protection accordé à une aire protégée donnée ou sur la taille de celle-ci. Les raisons de tels changements varient considérablement et peuvent inclure la modification des limites géographiques à la suite d’améliorations de la cartographique ou des changements au niveau de l’approche de gestion ou pour des raisons opérationnelles comme pour faciliter les activités autorisées, pour modifier le statut de l’aire protégée lorsqu’elle ne remplit plus son objectif premier ou puisque le site ne correspond plus à la définition d’une aire protégée. Bien que les organisations puissent améliorer ou surclasser le niveau de protection ou encore augmenter la taille du couvert protégée, cette section porte principalement sur trois types de mesures prises durant la période de déclaration, ceci à moins d’avis contraire (voir tableau 17) :

  1. rétrogradation (diminution du niveau de protection ou des restrictions);
  2. réduction (un rétrécissement de la superficie du site par la modification de ses limites);
  3. déclassement/radiation ou déréglementation (retrait du statut d’aire protégée).
Tableau 17 : Rétrogradation, réduction et déclassement des aires protégées : changements depuis 2011
Juridiction Nombre d’aires protégées rétrogradées Nombre d’aires protégées réduites Nombre d’aires protégées déclassées, radiées ou déréglementées Totale de la superficie affectée par juridiction (km2)
Alberta - - 2 20
Colombie-Britannique 4 15 1 295
Île-du-Prince-Édouard - - 1 <1
Ontario - 1 1 3
Québec - 1 421 2 422
Territoires du Nord-Ouest - - 3 6 028
Parcs Canada - 1 - <1
  • Une seule juridiction provinciale a diminué le niveau de protection affectant quatre sites terrestres pour un total de 1,44 km2 :
    • En Colombie-Britannique, de petites portions pour quatre sites ont été rétrogradées au statut provincial en tant « qu’aires protégées » (en anglais seulement), une catégorie qui permet une ou plusieurs activités généralement interdites dans les parcs. Les sites touchés comprennent la zone de conservation Dzawadi/Upper Klinaklini River, le parc Stawamus Chief, le parc Elk Falls et Anhluut'ukwsim Laxmihl Angwinga'asanskwhl Nisǥa'a (alias le parc commémoratif du champ de lave des Nisǥa'a) (total de 1,44 km2).
  • En mars 2015, le Québec a surclassé la majorité des réserves aquatiques et de biodiversité projetées de la catégorie II de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
  • Quatre organisations ont réduit la dimension de certaines de leurs aires protégées, pour un total de 485 km2.
    • En Colombie-Britannique, les limites géographiques de 15 parcs terrestres ont été modifiées (par exemple pour faire la correction d’erreurs administratives, améliorer la précision de la cartographie, réviser les limites, etc.), pour une réduction totale combinée d’une superficie de 0,90 km2.
    • La superficie du parc provincial Silent Lake en Ontario a été réduite de 0,09 km2 en raison de l’amélioration de la précision de la cartographie.
    • La superficie de la réserve de parc national Nahanni de Parcs Canada a été réduite de 0,1 km2 afin de corriger une zone de chevauchement de protection apparue lorsque le parc a été agrandi en 2009.
    • Au Québec et selon les termes des territoires conventionnés, une partie de la réserve de parc national du Cap-Wolstenholme fut transférée à une communauté Inuit du Nunavik. Cette dernière comprenait une portion terrestre de 465 km2 et une marine de 19 km2.
  • Sept organisations ont déclassé ou radié des aires protégées, pour une superficie totale d’environ 8 281 km2
    • Alberta : deux aires naturelles (pour un total de 20 km2) ont été converties au statut d’aires récréatives provinciales et ne seront plus considérées comme des aires protégées (Redwater et North Bruderheim, en anglais seulement).
    • Colombie-Britannique : une portion de l’aire récréative Atlin a vu son statut passé à celui de parc (92 km2) et une superficie d’environ 292 km2 a été retirée du réseau des aires protégées.
    • Territoires du Nord-Ouest : une réévaluation a révélé que trois sites (total de 6 028 km2) ne respectaient pas les critères requis et ne pouvaient plus être considérés en tant qu’aires protégées (parc territorial du lac Hidden, parc territorial Gwich’in, et zones de conservation du plan d’aménagement du territoire des Gwich’in).
    • Ontario : la réserve naturelle provinciale Le Pate, d’une superficie de 2,5 km2, a été déréglementée.
    • Île-du-Prince-Édouard : une superficie de 0,0125 km2 a été nécessaire pour améliorer l’alignement d’une route et la sécurité.
    • Saskatchewan : des terres de faible valeur écologique sont en processus d’être déclassées et vendues aux locataires en vertu de la Wildlife habitat Protection Act. Des terres de valeur modérée sont également en processus d’être déclassées et vendues, mais celles-ci restent protégées par des titres privés sous des servitudes de conservation de la Couronne. Cependant et en même temps, des terres vacantes de la Couronne et qui sont de grande valeur écologique sont en processus d’être ajoutées aux listes réglementaires.
    • Québec : huit des sites issus du répertoire des milieux de conservation volontaire de 1999 ont été radiés puisqu’ils ne rencontraient plus les critères de la classification des aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (17 km2 au total). De plus, en 2013, le Québec a procédé à une analyse de son réseau d’aires protégées et des droits miniers ou gazier existants. Les aires protégées possédant jusqu’à 25 % de leur superficie sous droits industriels ont vu cette portion de l’aire protégée être retirée du Registre des aires protégées du Québec. La totalité de l’aire protégée était retirée du Registre si la zone sous droits industriels excédait 25 % de la superficie totale. Ainsi, un total de 1 921 km2 a été retiré du Registre. Toutefois, les aires protégées comportant une superficie avec des droits industriels ont conservé leur désignation légale. Par la suite, lorsque les droits industriels ont été retirés, ces aires protégées sont réintégrées au Registre des aires protégées.

Financement et ressources pour les aires protégées

Une évaluation complète sur le financement est au-delà de la portée de ce rapport. Cependant certaines organisations administrant des aires protégées ont été en mesure de fournir des estimations sur leurs dépenses annuelles. Cela a permis un aperçu général, lequel est présenté dans le tableau 18.

Tableau 18 : Estimations des dépenses annuelles pour les aires protégées par les provinces, territoires et agences fédérales administrant des aires protégées
Organisation Dépenses annuellesn Dépenses par km2o
Albertap 103 000 000 $ 3 732 $
Colombie-Britannique 47 000 000 $ 329 $
Île-du-Prince-Édouard 100 000 $ 667 $
Manitobaq 400 000 $ Non disponible 
Nouveau-Brunswickr 2 600 000 $ 896 $
Nouvelle-Écosses 5 900 000 $ 1 513 $ 
Nunavut 2 100 000 $ 2 100 $
Ontario 91 000 000 $ 853 $
Québec 4 200 000 $ 28 $
Saskatchewant 43 970 000 $ 792 $
Territoires du Nord-Ouest 1 000 000 $ 42 $
Yukonu 4 200 000 $ 200 $
Environnement et Changement climatique Canada 11 600 000 $ 111 $
Parcs Canada 419 587 000 $ 1 190 $

n Les dépenses annuelles comprennent une estimation du capital, des opérations et des autres dépenses, arrondies aux 100 000 de dollars près. Cette information a été fournie par chacune des provinces, territoires ou organisations fédérales du tableau ci-dessus. Comme la façon dont les dépenses ont été calculées varie pour chaque organisation, toute comparaison devrait être effectuée avec précaution. Pour certaines organisations telles que l’Alberta et la Nouvelle-Écosse, les dépenses présentées considèrent l’ensemble des dépenses des aires naturelles et récréatives, incluant certains sites qui ne sont pas reconnus en tant qu’aire protégée (par exemple. la majorité des parcs provinciaux de la Nouvelle-Écosse). Aucune information n'a été fournie par Terre-Neuve-et-Labrador, ou Pêches et Océans Canada.

o Les dépenses par km2 ont été calculées en divisant les dépenses annuelles pour chaque province, territoire ou organisation fédérale par la superficie totale protégée (terrestre et marine) sous leur administration, y compris les zones gérées sous un régime de gouvernance partagée.

p Les dépenses annuelles pour l’Alberta représentent les ressources allouées pour tous les parcs et les aires protégées gérés par la division des parcs (Parks Division). Une grande partie de ces dépenses sont liées à des sites ayant un important achalandage et des besoins en capital plus élevés, et ne sont pas nécessairement limitées aux sites désignés en tant qu’aires protégées.

q Les dépenses annuelles pour le Manitoba reflètent les allocations annuelles dans le cadre de l’initiative en matière d’aires protégées (Protected Areas Initiative) entre 2012-2016. Ces ressources supportent la planification et la création d’aires protégées, et ne peuvent être attribuées qu’envers les km2 établis durant la période considérée.

r Les dépenses annuelles pour le Nouveau-Brunswick représentent les ressources annuelles allouées pour la protection des zones naturelles sur les terres de la Couronne ainsi que pour trois parcs provinciaux, dont la majeure partie est dédiée à la gestion et aux opérations des parcs.

s Pour la Nouvelle-Écosse, ces chiffres représentent les dépenses encourues pour tous les parcs provinciaux, dont la majeure partie n’est pas des aires protégées.

t Les dépenses annuelles pour la Saskatchewan comprennent celles pour les terres des parcs provinciaux et pour l’administration du réseau d’aires représentatives (Representative Areas Network).

u Les dépenses annuelles pour le Yukon ne portent pas spécifiquement aux aires protégées seulement, mais reflètent les ressources annuelles allouées à l’agence.

  • Six organisations sur 15 rapportant sur les aires protégées terrestres (40 %) ainsi que cinq organisations sur neuf rapportant sur les aires marines protégées (56 %) ont indiqué avoir réalisé une évaluation des ressources nécessaires afin d’exécuter leur programmation sur les aires protégées de façon efficace, que ce soit dès maintenant ou dans un avenir rapproché.
    • Les Territoires du Nord-Ouest ont signalé que même si une évaluation avait été réalisée en 2005, une nouvelle évaluation des ressources associées à un financement à long terme pour la gestion et les activités de suivi des nouvelles aires protégées est nécessaire.
    • La Nouvelle-Écosse a indiqué que l'évaluation des besoins a été réalisée et présentée en appui au processus budgétaire annuel de la province.
    • La Colombie-Britannique a indiqué que, bien que le budget de BC Parks soit resté largement le même au cours de la période 2012-2015, le coût des opérations et de l'entretien des parcs et du système d’aires protégées de la province a augmenté chaque année en raison de la hausse du coût d'un certain nombre d'intrants, y compris; la main-d'œuvre, le carburant, l'amortissement et l’entretien des infrastructures. BC Parks a mis en œuvre un certain nombre de stratégies pour combler le manque à gagner, y compris, le raccourcissement des saisons d'activités, l’élimination d’un nombre de positions de gardes forestiers dans les parcs, une diminution des activités d'entretien faites de manière proactive et d'autres réductions de programmes. Le projet de viabilité financière des parcs de la Colombie-Britannique, initié en 2013, a pour mandat d’améliorer les revenus, d’améliorer les relations avec les opérateurs du parc et les entreprises des communautés, d’ améliorer les relations avec les Premières Nations, de fournir de meilleurs services et des services plus diversifiés aux visiteurs de parcs, et de faciliter un changement dans la culture organisationnelle de BC Parks.
    • En ce qui concerne l'évaluation des besoins en matière de ressources, la Colombie-Britannique a indiqué avoir une variété d'outils disponible afin d’identifier et de hiérarchiser les besoins en ressources, y compris:
      • Les niveaux de gestion - le Projet de services aux visiteurs, qui fournit un cadre provincial pour définir les priorités au niveau de l'allocation des ressources de services aux visiteurs. Cette information est utilisée pour définir les frais d’entrée dans les parcs, pour soutenir les décisions sur la réduction des services, et pour identifier les investissements nécessaires (ou désinvestissements) dans les services et les installations pour chaque parc.
      • L'évaluation des risques de conservation contient des informations sur chaque parc et ce, au niveau des valeurs écologiques, des menaces et d’un score global de conservation. Ces informations sont ensuite utilisées pour élaborer une liste d'actions de gestion sur une base annuelle. Une liste est alors produite et les ressources disponibles sont allouées aux éléments les plus prioritaires.
  • Environnement et Changement climatique Canada a indiqué que selon une évaluation des besoins actuels, il était estimé que le Programme des aires protégées nécessiterait un financement beaucoup plus important pour opérer de manière efficace. Le montant nécessaire estimé est basée sur une évaluation préliminaire des coûts incluant la mise en œuvre des plans de gestion pour les aires protégées (ébauches ou complétés), les estimations des coûts fixes, les estimations relatives à la mise en œuvre d'un cadre de mesure du rendement pour le programme et les ressources nécessaires pour soutenir d'autres parties du ministère qui permettent les opérations du programme . Ce niveau d'investissement entraînerait des dépenses de 280 $ par km2 pour les aires protégées d’Environnement et Changement climatique Canada.
  • Pêches et Océans Canada a indiqué qu’une analyse des coûts associés à la création et la gestion de zones marines protégées a été entreprise.
  • La Saskatchewan a signalé que le Service des parcs provinciaux procède à des d’évaluations pour les besoins de budget en capital et en infrastructure. Plus précisément, un inventaire annuel des installations et activités dans les parcs, y compris l’achalandage et l'établissement des coûts des opérations d'infrastructure, est effectué. Cet inventaire est alors utilisé comme base pour les allocations budgétaires annuelles à chaque parc.

Évaluation des avantages des aires protégées

Au-delà de leur valeur en matière de conservation de la biodiversité, de nombreuses organisations reconnaissent l’éventail des avantages, à la fois directs et indirects, que les aires protégées apportent aux communautés et aux économies locales. Parmi ces avantages, on retrouve les possibilités se rapportant aux loisirs, au tourisme et à l’emploi, à la recherche scientifique et à l’éducation, à la découverte et à l’interprétation du patrimoine culturel, à la santé et au bien-être des personnes, et un certain nombre d’autres services écosystémiques. Cette gamme d’avantages a été démontrée par des initiatives et des études entreprises entre 2012-2015, et tel que décrit ci-dessous.

  • L’Alberta reconnaît les effets positifs que peut avoir la fréquentation des aires protégées sur la santé et le bien-être des personnes. S’inspirant d’études antérieures sur le sujet, Lemieux et al. (2015) (en anglais seulement), ont examiné les motivations et les avantages perçus et déclarés par les visiteurs des parcs de l’Alberta. Au cours des étés 2012 et 2013, 67,8 % des répondants au sondage ont indiqué une amélioration de plusieurs indices de la santé physique et mentale et du bien-être après avoir passé une journée ou une nuit dans un parc. L’initiative Push to Open Nature d’Alberta Parks est en partie motivée par une volonté d’offrir à tous les citoyens un accès égal à ces effets positifs. Celle-ci vise à éliminer les obstacles autant dans les installations actuelles et nouvelles que dans les programmes et les activités quotidiennes de tous les parcs de l’Alberta. Le but de l’initiative est de s’assurer que toute la population puisse participer à des expériences dans la nature et à des loisirs en plein air.
  • L’Ontario étudie comment utiliser un cadre sur les services écosystémiques pour évaluer et mesurer la contribution des parcs et des aires protégées au bien-être des personnes. Des modèles prédictifs peuvent être utilisés pour évaluer les répercussions que peuvent avoir divers scénarios de gestion ou pour cartographier d’où et de quelle façon les avantages parviennent aux communautés afin de mieux cibler les futures acquisitions foncières. Les résultats peuvent être consultés dans un rapport publié en 2013 par le ministère des Richesses naturelles et des Forêts intitulé Mapping the Off-site Benefits from Protected Areas’ Ecosystem Services (disponible en anglais seulement).
  • Les organisations ont noté de nombreux exemples de l’effet stimulant du tourisme dans les aires protégées sur la création d’emplois dans les communautés locales. L’écotourisme associé aux excursions en bateau dans la réserve écologique de Witless Bay demeure une importante industrie locale à Terre-Neuve-et-Labrador, tandis que le tourisme associé aux loisirs à faible impact en milieu sauvage apporte un avantage important aux communautés environnantes d’un bon nombre de zones sauvages, de réserves et de parcs de la Nouvelle-Écosse. Une étude réalisée par la Société des établissements de plein air du Québec a révélé que 5 200 personnes travaillaient dans les parcs provinciaux du Québec en 2014 et que pour chaque jour passé dans un parc, un visiteur injectait en moyenne 66 $ dans l’économie locale. La Colombie-Britannique rapportait que les opérateurs des activités d’observation des grizzlis dans le parc provincial Khutzeymateen ont versé un pourcentage de leurs profits pour financer les coûts inhérents à deux postes d’interprètes offerts à des membres des Premières Nations dans le parc.
  • L’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits concernant les réserves nationales de faune et les refuges d’oiseaux migrateurs, conclue en 2008 entre Environnement et Changement climatique Canada et cinq organisations Inuits désignées de la région du Nunavut, a entraîné des changements positifs dans les 11 communautés associées à ces sites. Grâce aux activités de base financées en vertu de l’Entente, des avantages ont commencé à se manifester, y compris une augmentation de la capacité de participer à des activités de conservation et de recherche et des revenus liés au tourisme. L’Entente a échu en 2014 et son renouvellement était toujours sous négociations à la fin de la période couverte par ce rapport, le 31 décembre 2015.

La réserve écologique de Brokenhead Wetland : la réussite d’un partenariat communautaire pour la conservation

Le milieu humide Brokenhead, au Manitoba, attire les foules depuis de nombreuses années. Les communautés de la Nation ojibway l’utilisaient pour la cueillette des plantes médicinales, des activités culturelles et pour la chasse, et continuent de le faire aujourd’hui. Les amateurs d’orchidées et les écotouristes le visitent pour observer les nombreuses espèces magnifiques et rares qui s’y trouvent. Bien que cette zone soit fortement attrayante, on ne favorisait pas la visite des lieux par le passé en raison du risque de dommages à des plantes rares et à leur habitat

La société Debwendon Inc. (ce qui signifie « fiducie » en ojibway) a été créée en 2007 pour promouvoir et préserver la réserve écologique de Brokenhead Wetland, pour sensibiliser le public au lien culturel historique entre la Nation ojibway de Brokenhead et le milieu humide et pour construire et entretenir une promenade de bois et un sentier d’interprétation à côté de la réserve écologique. La société comprend des bénévoles provenant de deux organismes sans but lucratif, à savoir Native Orchid Conservation Inc. et Manitoba Model Forest, et la Nation ojibway de Brokenhead et Eastside Aboriginal Sustainable Tourism Inc. y participent aussi. Parcs Manitoba a récemment conclu un partenariat avec la société Debwendon Inc. pour construire une passerelle flottante en bois, avec le soutien financier de l’Eugene Reimer Environment Fund de The Winnipeg Foundation. Un sentier d’interprétation a été aménagé à côté de la réserve écologique, dans une zone tampon de 100 mètres de largeur qui suit les limites de la réserve sur 1,2 km, et qui comprend des points d’interprétation qui indiquent l’endroit où certaines plantes telles que des orchidées, des sarracénies (plantes carnivores) et le thé du Labrador peuvent être observées le long du sentier. Au fur et à mesure que l’initiative évoluera, des activités d’interprétation mettant en évidence la relation particulière entre la Nation ojibway de Brokenhead et le milieu humide ainsi que l’entretien des sentiers seront assurés par des membres de la Nation ojibway de Brokenhead. Les passerelles en bois, les panneaux et les interprètes permettront au public de profiter en toute sécurité des attraits esthétiques, éducatifs et culturels des lieux sans endommager les plantes indigènes et leur habitat.

Il s’agit d’un partenariat unique et fructueux entre le gouvernement provincial, une Première Nation, des organismes de conservation et un fonds de dotation établi localement pour protéger ce milieu humide rare et le partager avec le monde.

Fréquentation des aires protégées

Le tourisme et la fréquentation ont été étroitement liés à la création des aires protégées dans l’histoire moderne. De fait, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est qu’en visitant et en ayant des loisirs dans les aires protégées que nous parvenons à comprendre et à apprécier leur valeur pour la conservation de la nature. Fondamentalement, la fréquentation des aires protégées permet aux visiteurs d’établir une connexion avec leur patrimoine naturel et culturel en l’expérimentant et en apprenant à son sujet, nourrissant de ce fait leur préservation.

L’importance du tourisme et de la fréquentation des aires protégées pour la conservation de ces dernières a été reconnue par des organismes et des gouvernements dans le monde entier. Toutefois, nombreux sont ceux qui ont également reconnu que la fréquentation et la pratique de loisirs dans les aires protégées peuvent avoir des impacts négatifs, particulièrement sur les habitats vulnérables qui sont rapidement affectés par les perturbations d’origine humaine. En conséquent, de nombreux gestionnaires d’aires protégées limitent la fréquentation aux zones moins vulnérables ou limitent le temps de fréquentation pour réduire au minimum les impacts négatifs de la présence humaine.

Aires terrestres protégées :

  • Au Canada, de 2012 à 2015, les 15 organisations qui administrent des aires terrestres protégées ont permis la fréquentation par le public. Un peu plus de la moitié de ces organisations ouvre toutes leurs aires protégées au public (Alberta, Ontario, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Yukon, Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et tous les parcs nationaux de Parcs Canada), tandis que l’autre moitié (Colombie-Britannique, Manitoba, Saskatchewan, Québec, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu’Environnement et Changement climatique Canada) restreint l’accès à seulement certains types d’aires protégées ou à des sites spécifiques ou uniquement à certaines zones (équivalent à environ 76-100 % de la superficie).
  • Dans le cadre des politiques et des processus de planification et de gestion des aires protégées terrestres, la fréquentation de celles-ci constitue un objectif principal pour quatre organisations (Parcs Canada, Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et Nunavut) et un objectif secondaire pour sept organisations (Alberta, Manitoba, Nouvelle-Écosse, Ontario, Québec, Yukon et Environnement et Changement climatique Canada). La fréquentation ne constitue pas un objectif mais est mentionnée dans les politiques et les processus de planification et de gestion pour quatre organisations (Nouveau-Brunswick, Territoires du Nord-Ouest, Île-du-Prince-Édouard, Saskatchewan).

Aires marines protégées :

  • Huit des organisations ayant rapporté sur les aires marines protégées sur neuf permettent l’accès du public dans 76 à 100 % d’un site. L’Île-du-Prince-Édouard n’accepte aucun visiteur dans ses aires marines protégées.
  • Pour les aires marines protégées, l’incorporation de la fréquentation aux politiques et aux processus de planification et de gestion constitue un objectif principal pour la Colombie-Britannique et Parcs Canada uniquement, un objectif secondaire pour Environnement et Changement climatique Canada et le Québec, mais ne constitue pas un objectif pour le ministère des Pêches et des Océans et le Manitoba même si elle est mentionnée, et n’est pas mentionnée du tout par le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard.

Que la fréquentation soit encouragée ou non, certains aspects de celle-ci sont régis par une variété de politiques, de stratégies ou de lignes directrices précises dans toutes les juridictions. Le tableau 19 indique le nombre d’organisations gouvernementales responsables d’aires protégées qui utilisent différents types de mesures.

Tableau 19 : Utilisation de différentes mesures pour régir les impacts des fréquentations dans les aires protégées
Type de mesure de contrôle Nombre d’organisations (sur 15) utilisant la mesure dans les aires protégées terrestres Nombre d’organisations (sur 9) utilisant la mesure pour les aires marines protégées
Réglementation de l’utilisation par les visiteurs 12 3
Restrictions spatiales concernant l’accès des visiteurs 11 3
Conception des bâtiments ou des infrastructures 10 2
Construction de bâtiments et infrastructures 10 3
Gestion des déchets 7 2
Utilisation de l’eau 4 2
Utilisation de l’énergie 3 1

Plusieurs organisations ont déclaré que la gestion de l’utilisation faite par les visiteurs et de l’aménagement d’infrastructures est plus importante dans les parcs provinciaux que dans d’autres types d’aires protégées provinciales. Par exemple, peu de construction ou d’aménagement d’infrastructures ont lieu dans les zones de nature sauvage et les réserves naturelles, sauf dans un petit nombre de cas où des sentiers (avec leurs points de départ), des stationnements et des emplacements de camping sont aménagés.

Dix des 15 organisations ayant rapporté sur les aires protégées terrestres et trois des neuf organisations rapportant sur les aires marines protégées ont déclaré qu’elles disposaient de programmes ou d’initiatives pour augmenter le nombre de visiteurs. Le tableau 20 indique les cibles de ces programmes ou initiatives les plus fréquemment cités.

Tableau 20 : Cibles des programmes de fréquentation
Cible des programmes de promotion de la fréquentation Nombre d’organisations (sur 10) pour les aires protégées terrestres Nombre d’organisations (sur 3) pour les aires marines protégées
Relier les parcs à un mode de vie sain/actif 8 2
Possibilités de loisirs durables 8 3
Mobilisation des jeunes 7 2
Mobilisation des nouveaux Canadiens 4 2

D’autres programmes et initiatives de promotion de la fréquentation ayant cours au Canada comprennent les suivants :

  • Rapprocher les Canadiens de la nature, une initiative d’Environnement et Changement climatique Canada pour attirer les gens des communautés vers la réserve nationale de faune la plus proche afin qu’ils puissent explorer les sentiers et participer à des activités organisées, comme le baguage d’oiseaux.
  • Aménagement de sentiers à l’Île-du-Prince-Édouard.
  • Initiation au camping, un programme de Parcs Canada qui fait la promotion du développement de compétences et de la confiance nécessaire par les Canadiens afin qu’ils apprécient les joies du camping et des activités de plein air dans les aires protégées
  • Programmes d’éducation et de sensibilisation pour attirer des visiteurs dans les aires protégées de la Nouvelle-Écosse.
  • Information pour les visiteurs potentiels à l’aide de publications touristiques (guides et brochures) ainsi que par la réalisation d’excursions de reconnaissance pour les opérateurs de tours au Nunavut.

Attirer les pagayeurs et d’autres visiteurs dans la zone de protection marine de l’estuaire de la Musquash

L’éducation et la sensibilisation du public sont des facteurs essentiels si l’on veut assurer le succès à long terme d’une zone de protection marine, en particulier celle de l’estuaire de la Musquash du fait qu’on peut y accéder directement depuis la côte.

Chaque année depuis 1998, avec le soutien de Pêches et Océans Canada, le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick tient l’événement « Musquash à la pagaie ». Cet événement permet aux membres de la communauté et aux visiteurs de découvrir l’estuaire de la Musquash -- qui débouche dans la baie de Fundy à 20 km au sud-ouest de Saint John, au Nouveau-Brunswick -- en kayak ou en canot à l’aide d’un guide qui connaît parfaitement l’estuaire. Chaque année, l’événement attire beaucoup de gens, et les membres de la communauté peuvent en apprendre sur la zone de protection marine et l’écosystème de l’estuaire tout en découvrant sa beauté naturelle.

Pêches et Océans Canada et le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick ont également collaboré en 2013 à la mise à jour de la brochure de la zone de protection marine de l’estuaire de la Musquash, intitulée « À la découverte de la Musquash », qui décrit la zone et les activités récréatives auxquelles les résidents et les visiteurs peuvent participer. Distribuée aux entreprises touristiques de l’ensemble du Nouveau-Brunswick, la brochure révisée contribue à accroître la sensibilisation et l’intérêt du public à l’égard de la ZPM.

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