Inventaire national des rejets de polluants du Canada : faits saillants des données de 2019

Les données recueillies par l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP) permettent de faire le suivi des modèles et des tendances en matière de pollution à travers le Canada. Depuis 1993, des données sont recueillies auprès des installations concernant les polluants qu’elles rejettent dans l’air, l’eau et le sol. L’INRP amasse aussi des données sur l’élimination et les transferts de polluants. Les installations qui répondent aux exigences de déclaration de l’INRP doivent présenter des déclarations annuellement.

Aperçu des données pour 2019

En 2019, 7 362 installations ont déclaré à l’INRP. Elles ont déclaré un total d’environ 4,89 millions de tonnes d’émissions pour plus de 320 substances :

  • 2,94 millions de tonnes de polluants ont été directement rejetées dans l’environnement (air, eau et sol);
  • 1,57 million de tonnes ont été éliminées dans des sites d’enfouissement, épandues sur des sols ou injectées sous terre, soit sur le site de l’installation ou hors site; et
  • 379 185 tonnes ont été transférées hors site de l’installation à des fins de traitement avant l’élimination finale ou aux fins de recyclage et de récupération d’énergie.
Aperçu des données pour 2019
Description longue
Répartition des quantités totales déclarées en 2019, par catégorie de rejets
Catégorie de rejets directs Quantités déclarées (tonnes)
Air 2 783 062
Eau 139 599
Sol 17 188
Non différenciés (moins d’une tonne) 315
Total des rejets directs déclarés 2 940 163
Catégorie d’éliminations et de transferts Quantités déclarées (tonnes)
Élimination sur place 350 234
Élimination hors site 109 021
Traitement préalable à l’élimination 52 070
Résidus miniers 821 905
Résidus stériles 289 904
Transferts hors site aux fins de recyclage 327 116
Total des éliminations et transferts déclarés 1 950 249

Quantités totales déclarées à l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP) : 4 890 412 tonnes.

Sources de données : Données de l’INRP en date du 17 février 2021.

Entre 2010 et 2019, les taux déclarés de rejets à l’environnement ont diminué de 656 088 tonnes. Les quantités totales éliminées ou transférées ont augmenté de 24,945 tonnes au cours de la même période.

 

Rejets dans l’air ont diminué de 666 000 tonnes

La majorité du total des polluants rejetés directement dans l’environnement a été émis dans l’air. Un total de 2,783 millions de tonnes a été rejeté dans l’air, comprenant 153 substances différentes.

Les polluants le plus souvent rejetés dans l’air étaient les matières particulaires, le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre, qui sont associés au smog et aux pluies acides. Les secteurs de l’extraction de pétrole et de gaz, et de la production et transformation d’alumine et d’aluminium ont rejeté les plus grandes quantités de polluants dans l’atmosphère.

Entre 2010 et 2019, les rejets dans l’atmosphère ont diminué de 666 176 tonnes (19%).

 

 

Rejets dans l’eau ont augmenté de 20 000 tonnes

Au total, environ 139 599 tonnes ont été rejetées dans l’eau en 2019 et elles comprenaient 86 substances différentes.

Les polluants les plus souvent rejetés dans l’eau étaient des solutions d’ions nitrate, de l’ammoniac et du phosphore, provenant principalement des installations de traitement des eaux usées. Le secteur des réseaux d’aqueduc et d’égout et autres a signalé les plus grandes quantités de rejets de polluants dans l’eau.

Entre 2010 et 2019, les rejets dans l’eau ont augmenté de 20 248 tonnes (17%).

 

 

Rejets dans le sol ont augmenté de 6 000 tonnes

Au total, 17 188 tonnes ont été rejetées au sol en 2019 et elles comprenaient 59 substances différentes.

Le polluant le plus souvent rejeté au sol était l’éthylène glycol, utilisé comme antigel et dégivreur pour les voitures et les aéronefs.

Entre 2010 et 2019, les rejets dans le sol ont augmenté de 6 012 tonnes (54%). Cela est vraisemblablement attribuable aux conditions météorologiques hivernales plus difficiles, qui ont entraîné une augmentation de l’utilisation de produits d’antigel et de dégivreurs. À ce titre, le secteur des activités de soutien au transport aérien a rejeté les plus grandes quantités de polluants vers le sol.

Autres rejets

Dans certains cas, les installations canadiennes ont déclaré des rejets de substances autres (c’est‑à‑dire, des rejets non différenciés) pour lesquels la quantité totale rejetée était inférieure à une tonne.

Entre 2010 et 2019, ces types de rejets ont diminué de 130 tonnes (70%).

Éliminations et transferts pour le recyclage

Sur les 4,89 millions de tonnes déclarées en 2019, les éliminations de substances (c’est-à-dire, sur le site et hors site) et les transferts pour le recyclage représentaient approximativement 1,95 million de tonnes, soit 40 %.

Tandis que l’élimination de résidus stériles (c’est-à-dire, la roche enlevée pour accéder au minerai) totalisait 289 904 tonnes des 4,89 millions de tonnes déclarées à l’INRP, cette valeur a augmenté de 272 470 tonnes (1 563%) entre 2010 et 2019. Cela est principalement expliqué par la hausse des quantités de rejets de résidus stériles déclarées par le secteur de l’exploitation de mines et de carrières.

L’élimination des résidus miniers (c’est-à-dire, les matériaux restants suite à l’extraction des minéraux) comptait pour 821 905 tonnes sur les 4,89 millions de tonnes déclarées à l’INRP. Entre 2010 et 2019, l’élimination des résidus miniers a augmenté de 149 329 tonnes (22%). Cela est encore une fois attribuable à l’augmentation des quantités déclarées de résidus miniers par le secteur de l’exploitation de mines et de carrières.

D’autres éliminations (c’est-à-dire, sur le site et hors site) comptaient respectivement pour 350 234 tonnes et 109 021 tonnes sur les 4,89 millions de tonnes déclarées. Les éliminations sur le site ont augmenté de 100 574 tonnes (40%) entre 2010 et 2019, tandis que les éliminations hors site ont diminué de 436 725 tonnes (80%) au cours de la même période.

Les transferts hors site aux fins de recyclage totalisaient 379 185 tonnes sur les 4,89 millions déclarés en 2019. Entre 2010 et 2019, cette valeur a connu une baisse de 60 710 tonnes (14%).

Remarque: Dans certains cas, la somme des quantités d’une substance transférée hors site (p. ex. vers des sites spécialisés de gestion des matières résiduelles) avec les quantités éliminées pour cette substance (p. ex. par une installation de gestion des déchets) peut entraîner un comptage en double. Par exemple, cette situation peut se produire lorsqu’une substance est générée sur un site, transférée vers un autre site de gestion des déchets avant son élimination, pour enfin être transportée ailleurs pour son élimination finale. Dans ce cas, une double ou triple comptabilisation du transfert hors site peut se produire pour une seule substance si les déclarations provenant des différentes installations impliquées dans les étapes de gestion du déchet sont regroupées. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez notre guide d’utilisation et d’interprétation des données de l’Inventaire national des rejets de polluants.

Dans l’ensemble du Canada

En 2019, la majorité des 7 362 installations qui ont déclaré à l’INRP étaient situées en Alberta (3 029) et en Ontario (1 691).

La plupart des installations de l’Alberta sont des entreprises du secteur de l’extraction du pétrole et de gaz (illustrées en jaune sur la carte ci-dessous).

En Ontario, la majorité des installations déclarantes sont des entreprises du secteur de la fabrication (illustrées en bleu sur la carte ci-dessous).

Carte des installations ayant présenté une déclaration à l’INRP pour 2019, par secteur industriel

Carte des installations ayant présenté une déclaration à l’INRP pour 2019, par secteur industriel
Description longue
Carte des installations déclarantes à l’INRP pour 2019, par secteur industriel
Province/territoire Électricité Fabrication Exploitation de mines et de carrières Extraction pétrolière et gazière Autres secteurs Total
Alberta 43 252 24 2 511 196
3 029
Colombie Britannique 24 240 28 297
105
705
Manitoba 13 92 10 17
51
181
Nouveau Brunswick 4
44
4 3
15 70
Terre-Neuve-et-Labrador 17 9 9
6
13 54
Nouvelle-Écosse 8 45 6 10 30 95
Territoires du Nord Ouest 26 0 4 5 1 36
Nunavut
25 0 5 0 4 33
Ontario 56 1 147 101 56 300 1 691
Île du Prince Édouard 2 4 0 1 3
11
Québec 26 586 42 12 144 817
Saskatchewan 18 61 23 762 101 969
Yukon 6 0 1 0 1 8
Total 268 2 480 258 3 387 969 7 362

Le tableau ci-dessus montre la répartition par province des 7 362 installations qui ont rencontré les seuils de déclaration de l’INRP pour 2019. Au total, 1 183 installations supplémentaires ont présenté une déclaration, mais n’ont pas respecté les seuils. Par souci de cohérence, ces résultats ne sont pas comptabilisés dans le calcul.

Source : Données de l’INRP en date du 17 février 2021.

Remarque : Cette carte montre les installations qui ont présenté une déclaration à l’INRP en 2019 (7 362 installations), à l’exception de celles qui ne répondaient pas aux critères de déclaration (1 183 installations).

Plans de prévention de la pollution

La prévention de la pollution consiste à identifier les causes de production de déchets et de pollution et à concevoir des moyens pour les diminuer. Le plan de prévention de la pollution d’une installation comprend une évaluation des opérations en cours et des étapes requises pour éliminer ou réduire la pollution à la source.

En 2019, 1 060Footnote 1  installations déclarantes avaient des plans de prévention de la pollution en place. Parmi ces plans :

  • 713 ont été préparés sur une base volontaire;
  • 326 ont été préparés pour se conformer aux exigences du gouvernement provincial ou d’un territoire; et
  • 61 ont été préparés pour respecter les exigences énoncées de l’avis en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (par exemple, l’avis de prévention de la pollution visant le diisocyanate de toluène).

La majorité des plans de prévention de la pollution (745) visaient des substances toxiques telles que le mercure, le plomb et les oxydes d’azote.

Activités de prévention de la pollution

3 152 installations (c’est-à-dire, 42 % des installations déclarantes) ont déclaré 5 318 activités de prévention de la pollution.

Les installations peuvent mettre en œuvre des activités relevant de sept catégories principales en vue de prévenir la pollution. En 2019, la catégorie d’activités la plus courante était « Formation et bonnes pratiques d’exploitation », avec 2 463 activités réalisées. En deuxième place arrivait la catégorie « Prévention des fuites et des déversements », avec 914 activités réalisées.

Activités déclarées par les installations par secteur

Activités déclarées par les installations par secteur
Description longue
Activités déclarées par les installations pour 2019
Catégorie d’activités de prévention de la pollution Nombre d’activités mises en œuvre par les installations

Prévention des fuites et des déversements

914

Conception ou reformulation du produit

145

Autres activités de prévention de la pollution

815

Réutilisation, recyclage ou récupération sur le site

270

Substitution de matériaux ou de matières premières

160

Techniques améliorées d’approvisionnement ou de gestion d’inventaire

170

Formation et bonnes pratiques d’exploitation

2 463

Modifications de l’équipement ou du procédé

381

Source : Données de l’INRP en date du 5 janvier 2021.

Pour obtenir des exemples sur la façon dont les installations déclarantes ont mis en œuvre des mesures dans chacune de ces catégories dans le passé, veuillez consulter le document Comment écologiser votre entreprise en prévenant la pollution.

Les 4 300 installations restantes (c’est-à-dire, 58 % des installations déclarantes) ont déclaré ne pas avoir mis en œuvre d’activités au cours de l’année de déclaration 2019. Voici des obstacles à la mise en œuvre de ces activités :

  • Solutions de rechange inconnues ou non disponibles (1 180 installations);
  • Activités supplémentaires non nécessaires ou non réalisables actuellement (1 006 installations);
  • Capitaux insuffisants (300 installations);
  • Limites en raison d’obligations réglementaires ou de permis (184 installations);
  • Crainte que la qualité des produits se détériore par la mise en place de ce type d’activités (115 installations);
  • Connaissances insuffisantes quant à la prévention de la pollution (114 installations); et
  • Autres raisons (1 205 installations).

Nous vous invitons à communiquer avec l’Inventaire national des rejets de polluants par courriel au inrp-npri@ec.gc.ca si vous souhaitez de plus amples renseignements ou si vous avez toutes questions sur les données.

Accès aux données de l’INRP

Téléchargez les données complètes de l’INRP dans divers formats sur le Portail des données ouvertes du gouvernement du Canada et sur le site internet des jeux de données de l’INRP.

Source : Données en date du 24 décembre 2020.

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