Page 5 : Tony Gaston à Kari Horn

Tony Gaston

Photo: Anne-Marie Gaston

Marmette de Brünnich

Photo: Garry Donaldson


En 1985, dans l’île Reef de Haida Gwaii, les membres de l’équipe de terrain du Service canadien de la faune passaient leur temps libre à regarder vers la mer, espérant apercevoir des oiseaux marins de passage. Le 14 juin, nous avons vu, loin dans le détroit d’Hécate, de denses bandes de Puffins fuligineux en vol, et nous pouvions deviner la présence d’énormes groupes d’oiseaux sur l’eau – probablement d’autres puffins. Nous avons estimé qu’il y avait de 250 000 à 500 000 oiseaux. Les jours suivants, la laisse de marée était couverte de plumes de mue. Nous n’avons jamais vu un aussi grand nombre d’oiseaux depuis : pourquoi à ce moment-là et à cet endroit-là ? Nous ne le saurons jamais, mais je n’ai jamais revu autant d’oiseaux à la fois.

Hélène Gaulin

Photo: Benoît Fontaine

Fou de Bassan

Photo: Hélène Gaulin


Chaque été je suis éblouie par ce spectacle que m’offre ma Gaspésie. Tout à coup, sans prévenir, apparaissent des milliers de fous de Bassan, nuage blanc survolant la mer. À tour de rôle, ils « piquent soudain dans les flots immenses, les ailes collées le long du corps comme deux bras, qui bruissent en s’égouttant » comme le chantait Félix Leclerc. Ces « grands oiseaux blancs avec des yeux comme des gouttes d’eau » brillent au soleil et la nuée qu’ils forment est un immense bijou suspendu dans les airs. Je reste longtemps à les regarder. Jusqu’à ce que subitement, ils se dispersent comme ils étaient arrivés, sans crier gare.

Jean Gauthier

Photo: Jean Gauthier

Eider à duvet

Photo: Francis St-Pierre


Ce qui fait la force du Service canadien de la faune, c’est qu’il peut compter sur des milliers d’observateurs d’oiseaux bénévoles. Ces femmes et ces hommes s’appliquent bon an mal an avec passion à accumuler des données sur la biodiversité de notre pays. Leur engagement s’explique sans doute par le plaisir de la découverte et le sentiment de contribuer au bien-être de la planète. En outre, leur enthousiasme est contagieux. J’ai eu le privilège de rencontrer des centaines de ces bénévoles lorsque je coordonnais le premier Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. Ils m’ont permis de m’épanouir et j’aimerais les en remercier de tout coeur.

Michel Gendron

Photo: Jean Rodrigue


Ayant passé de nombreuses heures sur le «terrain» au fil des ans, je considère avoir de la chance d’avoir vécu de nombreux moments mémorables avec des oiseaux à travers le Canada. Une rencontre particulièrement spéciale avec les Engoulevents bois-pourri dans le parc provincial Killarney est probablement en tête de liste. Après une longue journée de travail sur le terrain, nous essayions de dormir près du lac Ishmael, mais trois Engoulevents avaient d’autres plans pour nous : ils ont commencé à s’appeler, et l’un deux était à quelques centimètres de notre tente. La chorale, accompagnée d’un couple de Plongeons huards, a continué pendant vingt minutes, jusqu’à ce que l’oiseau à côté de nous prenne peur et rebondisse sur notre tente ! Tout simplement remarquable.

Geoff Green

Photo: Mike Sudoma

Fulmar boréal

Photo: Dave Fifield


Nous nous sommes réveillés sur un océan Arctique calme avec des milliers de Mouettes tridactyles, de Guillemots de Brünnich et de Fulmars boréaux nous escortant alors que nous approchions des falaises à couper le souffle remplies d’oiseaux sur l’île Hantzsch, au Nunavut. À mesure que la brume se dissipait, l’île et les icebergs environnants ont émergé dans le soleil du matin, et l’air et la mer se sont mis à grouiller de vie. Nous avons contemplé avec admiration et émerveillement ce coin de paradis le long de la vaste et extraordinaire côte canadienne. En retournant au navire, notre zodiac est passé près d’un petit floe. À l’unisson, une centaine de Mouettes tridactyles ont pris doucement leur envol au-dessus de nos têtes et ont élevé à un autre niveau nos esprits et notre amour pour cette planète.

Kerry Hecker

Photo: Kerry Hecker


J’ai aidé à baguer des poussins de Pélicans d’Amérique au Refuge d’oiseaux migrateurs du Lac-de-la-Dernière-Montagne, en Saskatchewan. Quand nous avons atterri sur leur île de nidification, j’ai été accablée par l’odeur ! L’odeur âcre des fientes d’oiseaux dominait, avec des notes de bile et de poisson à moitié digéré, accompagnés de l’arôme de poussins morts. Nous avons attrapé des poussins, leur avons posé une bague à la patte, avons prélevé des échantillons de sang et les avons relâchés. Après, nous avons ramassé notre équipement et nous sommes partis rapidement. Maintenant, quand je prends le temps d’admirer ces élégants oiseaux blancs qui planent dans le ciel, j’ai toujours l’impression de sentir à nouveau un peu (seulement un peu…) de cette odeur horrible.

Darcy Henderson

Photo: Todd Kemper



Lorsque j’étais enfant, dans les années 1970, je passais beaucoup de temps à la ferme de mes grands parents, dans le centre de la Saskatchewan, à observer et à chasser les oiseaux, et à apprendre sur eux. Ma carrière de biologiste m’a amené à réaliser des travaux portant sur les oiseaux, puis sur les poissons, les plantes, le feu et les humains! Toutefois, au cours des deux dernières années, à Kelowna, j’ai repris contact avec mon amour des oiseaux dans le cadre de mes travaux de surveillance du Pic de Lewis (espèce menacée) et du Pic de Williamson (espèce en voie de disparition). J’avais presque oublié la paix et la beauté que procure le fait d’écouter calmement, d’observer à l’aide de jumelles et de s’immerger dans le monde des oiseaux pendant des heures et des jours.

Alvin Hill

Photo: Sherry Nigro

Gélinotte huppée

Photo: Christian Marcotte



Depuis quelques années, avec ma santé qui est de moins en moins bonne, je prends beaucoup de plaisir à m’asseoir près de la fenêtre et à regarder mes amis à plumes, comme les gourmands Geais bleus, les sittelles et les gros-becs. Pendant l’été, j’écoute le bourdonnement des colibris et le chant des moucherolles. Mes oiseaux préférés, ce sont les Gélinottes huppées. J’adore les voir arpenter le jardin à la recherche d’avoine. Grâce à leur plumage, les Gélinottes huppées au repos se camouflent aisément dans mon épinette, mais elles peuvent aussi disparaître dans le banc de neige. Une d’elles, un mâle que nous appelons Strutter (le paradeur) donne tout un spectacle lorsqu’il fait la cour aux femelles.

Danica Hogan

Photo: John Conkin



Les Bernaches cravant sont mes oies préférées, en grande partie en raison de leur caractère énergique, mais discret. Dans le Nord, on utilise souvent des hélicoptères pour aider  les biologistes du Service canadien de la faune à rassembler les oiseaux en mue pour les baguer. La plupart du temps, les oies se méfient des hélicoptères et s’enfuient, mais, la première fois que j’ai participé au baguage de Bernaches cravant, un grand nombre de ces petites créatures se sont retournées pour faire face à l’hélicoptère et se sont assises en signe de défiance. Ce comportement a été si étrange à observer : l’une des plus petites espèces d’oies de l’Amérique du Nord confrontant une machine de plusieurs tonnes!

Kari Horn

Mésange à tête noire


Lorsque j’ai reçu un diagnostic de cancer, le fait d’aller dehors m’a aidée à vider mon esprit de ce qui était en train de m’arriver, et j’y suis allée chaque jour, même lorsque je n’étais capable que de faire quelques pas. J’ai commencé à remarquer des oiseaux que je n’avais jamais observés avant. Ils m’ont apporté beaucoup de joie durant une période où je souffrais. Les petites Mésanges à tête noire, qui étaient toujours présentes durant mes marches, me faisaient toujours sourire, même quand j’avais le moral au plus bas (elles ne se souciaient pas que je sois chauve, elles voulaient plutôt savoir si j’avais des graines de tournesol). Je suis depuis devenue une fervente ornithologue amateure.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :