Tortue musquée (Sternotherus odoratus) : plan de gestion [proposition] 2022
Titre officiel : Plan de gestion de la tortue musquée (Sternotherus odoratus) au Canada
Loi sur les espèces en péril
Série de Plans de gestion
Proposition
2022
Information sur le document
Référence recommandée :
Environnement et Changement climatique Canada. 2022. Plan de gestion de la tortue musquée (Sternotherus odoratus) au Canada [Proposition]. Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. iv + 64 p.
Version officielle
La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.
Version non officielle
La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, et les hyperliens étaient valides à la date de la publication.
Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.
Photographie de la couverture : © Joe Crowley
Also available in English under the title “Management Plan for the Eastern Musk Turtle (Sternotherus odoratus) in Canada [Proposed]”
Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.
Préface
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’adopter une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la tortue musquée et a élaboré ce plan de gestion conformément à l’article 65 de la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration avec les gouvernements de l’Ontario (ministère de l’Environnement, de la Conservation et des Parcs) et du Québec (ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs), en vertu du paragraphe 66(1) de la LEP.
La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada ou toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer et à mettre en œuvre ce plan pour le bien de la tortue musquée et de l’ensemble de la société canadienne.
La mise en œuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.
Remerciements
Le présent plan de gestion a été élaboré par Karolyne Pickett (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune [SCF] – Région de l’Ontario). Lee Voisin (SCF – Région de l’Ontario) en avait rédigé la version antérieure. Le plan de gestion a fait l’objet de commentaires, d’un examen et de suggestions utiles de la part des personnes suivantes : Sylvain Giguère et Pierre-André Bernier (SCF – Région du Québec); Jude Girard et Krista Holmes (SCF – Région de l’Ontario); Megan Stanley (SCF – Région de la capitale nationale); Josh Van Wieren (Agence Parcs Canada); Karin Roberts et Scott Chiu (Pêches et Océans Canada); employés du ministère de l’Environnement, de la Conservation et des Parcs de l’Ontario et du Centre d’information sur le patrimoine naturel (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario); Yohann Dubois, Laurie Bisson-Gauthier et Isabelle Gauthier (ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec).
Le présent plan de gestion est fondé sur le Programme de rétablissement de la tortue musquée (Sternotherus odoratus) au Canada [Proposition] de 2016, auquel de nombreuses personnes avaient contribué, notamment Patrick Galois (Amphibia-Nature); David Seburn (Seburn Ecological Service); Scott Gillingwater (Office de protection de la nature de la rivière Thames supérieure); Rachel deCatanzaro, Angela McConnell et Marie-Claude Archambault (SCF – Région de l’Ontario); Barbara Slezak, Bruna Peloso, Kari Van Allen et Louis Gagnon (anciennement du SCF – Région de l’Ontario); Gabrielle Fortin et Carollynne Smith (SCF – Région du Québec). Il convient aussi de signaler que les documents de rétablissement élaborés par l’Équipe de rétablissement des tortues du Québec et l’Équipe de rétablissement multi-espèces des tortues en péril de l’Ontario ont constitué le fondement des versions antérieures du programme de rétablissement.
Sommaire
La tortue musquée (Sternotherus odoratus) est inscrite à titre d’espèce préoccupante à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cette espèce de petite taille est essentiellement aquatique et pourvue d’une dossière bombée, brun-gris à noire. Elle vit généralement dans des milieux humides à eaux lentes et peu profondes qui sont reliés à de grands plans d’eau permanents, ou encore à des baies peu profondes de lacs et de cours d’eau.
L’aire de répartition de la tortue musquée s’étend depuis le sud de l’Ontario et du Québec jusqu’en Floride vers le sud, et jusqu’au centre du Texas, vers l’ouest. En Ontario, la tortue musquée est principalement observée sur les rives des lacs Huron, Érié et Ontario, ou à proximité de celles-ci, ainsi que dans la portion sud-est du Bouclier canadien. Au Québec, sa présence est signalée sur la rive nord de la rivière des Outaouais ainsi que dans un site le long du fleuve Saint-Laurent, à l’ouest de Valleyfield. On estime qu’environ 5 % de l’aire de répartition mondiale de la tortue musquée se trouve au Canada.
Au sein de l’aire de répartition canadienne de la tortue musquée, la fragmentation et la perte d’habitat sont les plus marquées dans le sud-ouest de l’Ontario (écorégion 7E). D’après les résultats négatifs des relevés ou de la date de la dernière observation dans la région, 15 des 26 sous-populations semblent avoir disparu. Plus au nord en Ontario, notamment au sein de la portion sud du Bouclier canadien, l’habitat convenable est plus abondant, mais les données sur les tendances des populations sont toutefois limitées. L’abondance globale de la tortue musquée au Canada est probablement de plus de 10 000 individus matures.
Les principales menaces pesant sur l’espèce au pays sont les prises accessoires de la pêche commerciale par piégeage et de la pêche à la ligne récréative, les blessures causées par les moteurs de bateau de même que la perte d’habitat riverain naturel et de couvert forestier. Les menaces secondaires sont notamment les ouvrages de régularisation des eaux, les routes et les espèces végétales envahissantes. L’impact des menaces dues à la forte abondance des mésoprédateurs, à la pollution et aux changements climatiques est inconnu. La tortue musquée atteint tardivement la maturité sexuelle et son succès reproductif est faible, ce qui la rend très vulnérable aux hausses des taux de mortalité chez les adultes.
L’objectif de gestion de la tortue musquée au Canada est d’empêcher que l’espèce ne devienne menacée ou en voie de disparition en maintenant ou en augmentant l’abondance de la population et l’indice de zone d’occupation, en maintenant les sous-populations du sud de l’Ontario, et en réduisant et en atténuant l’impact des menaces, principales et secondaires, qui pèsent sur elle. Les stratégies générales à adopter pour atteindre l’objectif de gestion sont de recourir à des outils législatifs et administratifs; de mettre en œuvre des mesures d’atténuation pour réduire la mortalité et les blessures chez les individus; de protéger, de gérer et de remettre en état l’habitat; de réaliser des activités de communication et de sensibilisation; de procéder à des relevés et à des suivis pour déterminer l’abondance et la répartition; de mener des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances.
1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*
Date de l’évaluation : Novembre 2012
Nom commun : Tortue musquée
Nom scientifique : Sternotherus odoratus
Statut selon le COSEPAC : Espèce préoccupante
Justification de la désignation : Cette espèce occupe les eaux peu profondes des lacs, rivières et étangs. Dans le sud-ouest de l’Ontario, l’espèce a connu un important déclin et est maintenant restreinte à quelques minuscules populations dispersées. Dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne, cette espèce est vulnérable à une mortalité accrue des adultes et des juvéniles causée par la navigation de plaisance, l’aménagement et la perte de l’habitat de littoral, et les prises accessoires. L’espèce a une maturité tardive et un taux de reproduction faible comportant de petites couvées. Depuis la dernière évaluation en 2002, un effort de relevé accru a permis de trouver plus de populations dans l’est de l’Ontario et dans les zones adjacentes au Québec. L’aire de répartition de l’espèce demeure inchangée, mais les pertes dans la moitié sud de son aire de répartition mènent presque à un statut « menacée ».
Présence au Canada : Ontario, Québec
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en mai 2002. Réexamen du statut : l’espèce est désignée « préoccupante » en novembre 2012.
* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)
2. Information sur la situation de l’espèce
La tortue musquée a été initialement inscrite à titre d’« espèce menacéeNote de bas de page 3 » à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en janvier 2005. En février 2018, le statut dans la LEP a été changé pour « espèce préoccupanteNote de bas de page 4 », conformément aux conclusions de la réévaluation réalisée par le COSEPAC en 2012 (voir la section 1 ci-dessus). En Ontario, l’espèce figure à titre d’« espèce préoccupanteNote de bas de page 5 » à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) et à titre de « reptile spécialement protégé » à la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune de la province. Au Québec, la tortue musquée a été désignée « espèce menacéeNote de bas de page 6 » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV).
La tortue musquée se rencontre au Canada et aux États-Unis. Environ 5 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada (COSEWIC, 2012). NatureServe attribue à la tortue musquée les cotes de conservation « non en péril » (G5) à l’échelle mondiale, mais « vulnérable » (N3) à l’échelle nationale au Canada (le dernier examen date de février 2016; NatureServe, 2021). D’autres cotes nationales, étatiques ou provinciales de NatureServe sont présentées à l’annexe A. La tortue musquée figure à titre d’espèce de « préoccupation mineureNote de bas de page 7 » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (van Dijk, 2015).
3. Information sur l’espèce
3.1 Description de l’espèce
La tortue musquée est une petite tortue d’eau douce dotée d’une dossière (partie supérieure de la carapace) de 15 cm ou moins (Ewert, 2005). Les nouveau-nés et les juvéniles sont minuscules, leur carapace ne dépassant pas 1,9 cm (Tucker et al., 2008). La dossière est très bombée, brun-gris à noire, souvent recouverte d’une couche d’algues (Behler et King, 2002), et le plastron (partie inférieure de la carapace) est brun jaunâtre (Ernst et Lovich, 2009). La peau va du gris au noir. De chaque côté de la tête se trouvent deux rayures jaunes ou blanches, dont l’une passe au-dessus de l’œil, et l’autre au-dessous. Ces rayures peuvent être estompées ou discontinues (mouchetées) voire absentes chez certains individus (Ernst et Lovich, 2009). Il y a de petits barbillons charnus sur la gorge et le menton, et quatre glandes à la bordure du plastron qui produisent et sécrètent un liquide musqué malodorant, caractéristique de l’espèce (Behler et King, 2002). La tortue musquée, qui ne peut pas dissimuler la totalité de sa surface cutanée à l’intérieur de sa carapace, est plus vulnérable à la déshydratation et à la perte de masse corporelle que les autres espèces de tortues d’eau douce lorsqu’elle se trouve en milieu terrestre (Murphy et al., 2016). D’autres détails de la description morphologique de l’espèce sont résumés dans le rapport du COSEPAC de 2012 (COSEWIC, 2012).
On ignore la longévité moyenne de la tortue musquée. Ernst (1986) a déterminé qu’un individu sauvage était âgé de 28 ans, et il a été rapporté qu’un individu en captivité a vécu plus de 54 ans (Snider et Bowler, 1992, dans COSEWIC, 2012). Dans une sous-population de la baie Georgienne, la dossière des mâles matures mesurait en moyenne 63,6 mm (entre 5 et 6 ans), et celle des femelles matures, 80,7 mm (entre 8 et 9 ans) (Edmonds, 1998).
3.2 Population et répartition des espèces
La tortue musquée se rencontre uniquement au Canada et aux États-Unis. L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend depuis le sud du Québec jusqu’au centre du Texas à l’ouest et jusqu’en Floride à l’est (figure 1). L’aire de répartition canadienne de la tortue musquée couvre tout le sud de l’Ontario et s’étend jusqu’à la région de Sudbury vers le nord-ouest et jusque dans le sud-ouest du Québec vers le nord-est (figure 2).
En Ontario, la tortue musquée est principalement observée sur les rives de la baie Georgienne (lac Huron) ainsi que des lacs Érié et Ontario et le long du bord méridional du Bouclier canadien, entre la région de Peterborough et Ottawa (figure 2). Récemment, l’espèce a été signalée pour la première fois à Brampton, dans la région de Peel (Dupuis-Désormeaux et al., 2019); la dernière observation dans la région de Peel datait de 1969 (COSEWIC, 2012). Au Québec, sa présence est signalée sur la rive nord de la rivière des Outaouais ainsi que dans une zone de la rive sud du Saint-Laurent, à l’ouest de Valleyfield (Chabot et St-Hilaire, 1991; Belleau, 2008; Desrosiers et Giguère, 2008; Saumure, 2009; Atlas des amphibiens et des reptiles du Québec, 2013; CDPNQ, 2019).
Le faible nombre de mentions antérieures de la présence de l’espèce pourrait s’expliquer par le fait qu’on n’a reconnu que relativement récemment la nécessité de réaliser des relevés aquatiques ciblés pour détecter les tortues musquées. Alors que les autres tortues d’eau douce s’exposent au soleil hors de l’eau, ce qui les rend détectables durant les relevés terrestres visuels, la tortue musquée, susceptible de se déshydrater rapidement (Ernst, 1968; Murphy et al., 2016), s’expose normalement au soleil en demeurant en eaux peu profondes ou en flottant à la surface de l’eau, souvent sous de la végétation (Ernst et Lovich, 2009; Carrière, 2007). Puisque la tortue musquée est rarement vue en milieu terrestre, les protocoles de relevé dépendant du dénombrement visuel des individus se reposant sur les rives ne sont pas efficaces pour détecter l’espèce.
Grâce aux activités de relevé ciblées accrues suivant la publication en 2002 du rapport de situation sur la tortue musquée au Canada (COSEWIC, 2002), 36 nouvelles sous-populations ont été découvertes en Ontario (principalement dans la partie est de la province), tandis que 7 sous-populations ont été confirmées au Québec : 6 sur la rive nord de la rivière des Outaouais et 1 le long du Saint-Laurent, à l’ouest de Valleyfield (CDPNQ, 2019). Les autres sous-populations canadiennes vivent dans le sud et le centre de l’Ontario. En dépit des activités de relevé accrues ces dernières années, il reste à recenser certaines parties de l’aire de répartition canadienne de la tortue musquée, notamment dans le bassin de la rivière Richelieu et des zones du lac Champlain, au Québec.
Quand on inclut toutes les mentions connues (avant et après 1980) au Canada, la zone d’occurrenceNote de bas de page 8 est de 170 617 km2, l’indice de zone d’occupation (IZO)Note de bas de page 9, de 1 408 km2, et le nombre de sous-populations connuesNote de bas de page 10, de 113 (COSEWIC, 2012).
L’abondance est estimée à cinq sous-populations au Canada (voir COSEWIC, 2012). D’après ces études, la taille de la population canadienne de tortues musquées serait d’au moins 10 000 individus matures (COSEWIC, 2012).
Dans le plus récent rapport de situation sur la population canadienne de tortues musquées du COSEPAC, on a inféré un déclin de l’abondance de la population en partie d’après le fait qu’on a échoué, depuis 1986, à détecter l’espèce dans 8 des 29 divisions de recensement de l’Ontario où l’espèce était autrefois présente (COSEWIC, 2012). Pendant l’élaboration du présent plan de gestion, des mentions datant de 2007 à ce jour ont été trouvées pour quatre des huit divisions de recensement, soit les comtés de Middlesex, de Norfolk (faisant partie de l’ancien comté d’Haldimand-Norfolk) et de Simcoe et le district de Sudbury. À l’exception d’un cas, ces mentions post-2006 proviennent de localités différentes de celles pré-1986, ce qui donne à penser que certaines sous-populations pourraient effectivement être disparues. Dans l’écorégion 7E dans le sud-ouest de l’Ontario (écorégion du lac Érié et du lac Ontario, aussi désignée zone biologique carolinienne), il est possible que 15 sous-populations recensées sur 26 aient disparu depuis 1986. Les sous-populations existantes restantes se retrouvent ainsi gravement fragmentées (COSEWIC, 2012). La perte d’habitat en cours et prévue donne à penser que le nombre d’individus matures continuera de diminuer (COSEWIC, 2012). Dans la partie du Bouclier canadien se trouvant dans l’aire de répartition ontarienne, l’espèce peut être abondante localement (DeCatanzaro et Chow-Fraser, 2010), toutefois, cette région a fait l’objet d’un moins grand nombre de relevés, et l’information sur les tendances des sous-populations est limitée.
Au Québec, deux des sept sous-populations ont une cote de viabilitéNote de bas de page 11 « excellente-bonne ». Pour les cinq autres, la cote est soit « documentation insuffisante », soit « situation précaire ou mauvaise » (CDPNQ, 2019).
Figure 1. Aire de répartition nord-américaine de la tortue musquée (zone en violet; adapté de NatureServe, 2012). Cette carte représente l’aire de répartition générale de l’espèce, et ne montre pas l’information détaillée sur la présence et l’absence d’observations dans l’aire de répartition.
Description longue
La figure 1 montre l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord, qui couvre le sud de l’Ontario, y compris des villes telles que Toronto, Hamilton et London, et des parties du sud du Québec. L’aire de répartition s’étend ensuite vers les États-Unis, englobant plusieurs États, dont une portion du Michigan, l’Illinois, l’Indiana, l’Ohio, la Floride, le centre et le sud-est du Texas ainsi que les États du nord-est du pays jusqu’au Maine. Tous les États du sud des États-Unis figurant sur la carte font également partie de l’aire de répartition.
Figure 2. Aire de répartition canadienne de la tortue musquée. Les carrés en couleur renferment une ou plusieurs mentions d’observation recueillies pendant la période correspondant à la couleur indiquée dans la légende. Les carrés de deux couleurs renferment au moins une mention d’observation de chacune des deux périodes indiquées par la couleur correspondante. Les données proviennent du Service canadien de la faune (SCF), de l’Agence Parcs Canada (APC), du Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario et du Centre de données du patrimoine naturel du Québec.
Description longue
La figure 2 montre l’aire de répartition canadienne de l’espèce au moyen de différents carrés correspondant à des mentions d’observation recueillies durant une période précise. Douze mentions datent d’avant 1980. Elles se trouvent sur la côte de la baie Georgienne et sur la rive nord du lac Ontario; deux observations proviennent du sud du lac Ontario. De nombreux carrés représentent des observations faites durant la période 1980-1999. La plupart de ces observations ont été réalisées au nord du lac Ontario, dans les régions de Kingston, de Perth et d’Ottawa, quelques-unes proviennent des côtes des lacs Érié, Ontario et Huron et de la baie Georgienne, et certaines observations ont été faites le long du lac Érié. La majorité des observations illustrées sur la carte datent de la période 2000-2019. Elles se trouvent à peu près aux mêmes endroits que celles de la période précédente, mais elles sont plus nombreuses et plus largement réparties dans le sud de l’Ontario. Enfin, huit mentions d’observation concernent les trois périodes. Trois d’entre elles se trouvent sur la côte de la baie Georgienne, quatre, au nord du lac Ontario, et une, à l’est du lac Ontario.
3.3 Besoins de la tortue musquée
Besoins généraux en matière d’habitat
La tortue musquée est une espèce principalement aquatique que l’on voit rarement en milieu terrestre. La tortue musquée vit habituellement dans des milieux humides aux eaux stagnantes ou lentes qui sont reliés à de grands plans d’eau permanents ou à des baies peu profondes de lacs et de cours d’eau (voir le compte rendu dans COSEWIC, 2012). Dans les milieux humides côtiers des Grands Lacs en particulier, on a observé un grand nombre de tortues musquées dans des zones humides peu exposées à l’action des vagues et aux courants littoraux, et présentant une très forte accumulation de matière organique (Wieten et al., 2012).
Si la tortue musquée habite principalement les eaux peu profondes proches de la rive (voir par exemple Rowe et al., 2009; Wilhelm et Plummer, 2012), on a déjà observé l’espèce à des profondeurs allant jusqu’à 9 m (Ernst et Lovich, 2009). Sur la rive nord de la rivière des Outaouais, dans le sud-ouest du Québec, la profondeur moyenne à laquelle des individus ont été capturés était de 0,43 m (Belleau, 2008). Dans le secteur du parc national des Mille-Îles, dans le Saint-Laurent, Carrière (2007) a trouvé la majorité des tortues musquées près de la rive (en moyenne à 5 m de la rive et à un maximum de 25 m), dans des eaux de moins de 1 m de profondeur (sauf pendant l’hibernation). Lindsay (1965) a rapporté qu’un individu avait été trouvé en soirée à environ 36 m du bord de l’eau dans le comté de Frontenac.
L’espèce se rencontre dans des eaux à végétation aquatique émergente, flottante et submergée abondante qui forme un couvert à la surface de l’eau. Dans la rivière des Outaouais, les individus étaient le plus souvent trouvés dans des milieux humides à végétation émergente, et aucun n’a été trouvé dans des touffes de quenouilles (Belleau, 2008). L’espèce a également été observée dans des zones à substrat meuble tel que du sable et de la boue organique, mais jamais dans un habitat à fond rocheux (Belleau, 2008). Ce constat correspond à celui de Carrière (2007), qui a rapporté que les tortues musquées du Saint-Laurent étaient le plus souvent observées enfouies dans la boue.
Les parcelles d’habitat occupées par l’espèce présentent couramment des refuges subaquatiques tels que des roches, des morceaux de bois immergés, des terriers de rat musqué (Ondatra zibethicus) (Wilhelm et Plummer, 2012) et des huttes de castor (Castor canadensis) (ces dernières étaient plus utilisées que prévu d’après leur disponibilité dans le site d’étude; Belleau, 2008). Le microhabitat de la tortue musquée partage des similitudes (p. ex. profondeur de l’eau) avec celui utilisé par la tortue peinte (Chrysemys picta) et la tortue serpentine (Chelydra serpentina) (Anthonysamy et al., 2014). Les besoins spécifiques en matière d’habitat des nouveau-nés ne sont pas bien connus.
Deux études à l’échelle du paysage menées en Ontario ont permis de constater que le couvert forestier était le prédicteur le plus important de la présence de tortues musquées dans les milieux humides adjacents (Quesnelle et al., 2013; Markle et al., 2018). Ce résultat surprenant pourrait s’expliquer par la plus grande accessibilité aux sites de nidification, où le couvert forestier riverain est plus étendu (Quesnelle et al., 2013).
Hibernation
La période d’hibernation de la tortue musquée débute quand la température ambiante de l’eau chute sous la barre des 10 °C (Ernst et Lovich, 2009); ainsi, la période d’hibernation varie d’une sous-population à l’autre en fonction de l’emplacement géographique et des fluctuations annuelles de la température. Par exemple, en Pennsylvanie, l’espèce hiberne de novembre à mars (Ernst, 1986), alors qu’elle peut rester active à longueur d’année en Floride (Iverson et Meshaka, 2006). Les tortues musquées de la rivière des Outaouais commencent à se rassembler sur les berges rocheuses près des sites d’hibernation à la fin août, puis hibernent de novembre à avril (Belleau, 2008). Les individus du Saint-Laurent ont commencé à hiberner en septembre (Carrière, 2007).
Les sites d’hibernation sont généralement situés dans l’eau, jusqu’à 3 m de profondeur (Carrière, 2007), là où les substrats organiques permettent aux tortues de s’enfouir jusqu’à 30 cm dans la boue (Ernst et Lovich, 2009). L’espèce hiberne aussi dans les terriers de rat musqué et sous des morceaux de bois et des roches près de l’eau (Ernst et Lovich, 2009). Certains sites peuvent être utilisés par plusieurs individus hibernants en même temps. Comme la tortue musquée ne tolère pas une absence totale d’oxygène pendant des périodes prolongées (Ultsch, 2006), on croit qu’elle choisit des sites d’hibernation qui restent oxygénés en hiver.
Dans certains sites, par exemple en Caroline du Sud, des nouveau-nés ont passé l’hiver au nid (Gibbons et Nelson, 1978). Par contre, plus au nord, en Pennsylvanie, les nouveau-nés semblent obligatoirement émerger hâtivement du nid (Lovich et al., 2014). Au Canada, il est peu probable que les nouveau-nés soient physiologiquement en mesure d’hiberner dans le nid (Costanzo et al., 2001, 2006).
Accouplement
L’accouplement a lieu dans l’eau, à moins de 30 cm de profondeur, et principalement en avril et en mai, et une seconde période d’accouplement a lieu en septembre et en octobre (Ernst, 1986). Dans la rivière des Outaouais, on a observé des mâles et des femelles rassemblés autour de huttes de castor en septembre et en octobre, probablement pour s’accoupler (Belleau, 2008). Dans certaines sous-populations du Québec, la copulation a été observée en septembre seulement (Saumure, 2009).
Nidification
Au Canada, les tortues musquées femelles ont une seule ponte par année, entre le début juin et la fin juillet, et les nouveau-nés émergent du nid en août et en septembre (voir le résumé dans COSEWIC, 2012). Dans le comté de Frontenac, chaque ponte contenait de deux à six œufs (quatre en moyenne) (Lindsay, 1965). La plupart des nids de tortue musquée sont creusés à moins de 10 cm de profondeur, dans des substrats variés tels que de la végétation en décomposition, des souches ou des morceaux de bois en train de pourrir, des huttes de castor ou des terriers de rat musqué, et de la terre ou du sable exposé entre des touffes d’herbes sur des plages. Dans le Bouclier canadien, on peut en trouver dans du gravier peu profond et des crevasses rocheuses remplies de terre (voir le résumé dans COSEWIC, 2012). À l’instar de nombre d’espèces de tortues d’eau douce, les tortues musquées femelles font aussi leur nid sur des accotements de route (Aresco, 2005). Les femelles peuvent partager des sites de nidification et afficher une fidélité aux sites (données inédites dans COSEWIC, 2012).
La tortue musquée est réputée nidifier près de la rive dans l’ensemble de son aire de répartition, mais la distance moyenne parcourue par les femelles jusqu’aux sites de nidification au Canada n’est pas connue. Les distances moyenne et maximale entre un nid et la rive étaient respectivement de 5,5 et de 50 m au Massachusetts; de 7 et de 11 m en Pennsylvanie; de 14 et de 15 m au Tennessee (voir l’analyse dans Steen et al., 2012).
Thermorégulation
En tant qu’ectothermes, les tortues régulent leur température corporelle en variant leur exposition au soleil, à l’ombre et à l’eau (Bulté et Blouin-Demers, 2010). Contrairement à de nombreuses espèces de tortues d’eau douce qui s’exposent au soleil sur des roches et des morceaux de bois dépassant de l’eau, la tortue musquée s’expose généralement au soleil en se laissant flotter au niveau ou juste au-dessous de la surface de l’eau, souvent au sein ou au-dessous de la végétation aquatique comme les nénuphars (voir la revue de littérature dans COSEWIC, 2012).
Recherche de nourriture
La tortue musquée est principalement omnivoreNote de bas de page 12. Elle se nourrit souvent en marchant sur le fond du plan d’eau et en utilisant sa tête pour chercher sa nourriture dans la boue, le sable et la végétation en décomposition (Ernst et Lovich, 2009). Les individus de petite taille (longueur de carapace < 5 cm) se nourrissent habituellement d’insectes aquatiques, d’algues et de charogne, tandis que les individus de grande taille ont une alimentation variée, constituée notamment de sangsues, bivalves, escargots, insectes aquatiques, araignées, écrevisses, poissons (œufs, larves et adultes), algues filamenteuses, matières végétales et charogne (Schneider, 1998; Ford et Moll, 2004; Iverson et Meshaka, 2006; Ernst et Lovich, 2009). ll est possible que l’espèce soit capable de changer son alimentation en faveur de la source de nourriture la plus abondante, et ce, même si la proie est une espèce non indigène (Wilhelm et Plummer, 2012). Bien que l’espèce recherche le plus souvent de la nourriture dans l’eau, certains individus ont été vus se nourrissant de limaces terrestres en dehors de l’eau (Ernst et Lovich, 2009).
La tortue musquée se nourrit quand la température de l’eau se situe entre 13 et 35 °C (Mahmoud, 1969), mais des constats quelque peu divergents ont été rapportés concernant les tendances d’activité nycthémérale de l’espèce. Selon Carrière (2007), des individus ont entrepris des déplacements sur de longues distances entre 21 et 8 h, et, dans le cas des sous-populations du Québec, des individus se sont activement déplacés en soirée et au début de la nuit (S. Giguère, comm. pers., 2021). En ce qui concerne l’alimentation, toutefois, Smith et Iverson (2002) ont laissé entendre que la tortue musquée n’était pas une prédatrice nocturne puisqu’aucun individu n’a été capturé dans les pièges durant la nuit. Les résultats de Glorioso et Cobb (2012) appuient une tendance bimodale de l’activité alimentaire (alimentation crépusculaire) chez l’espèce, le pic se situant entre 6 et 11 h.
Déplacements entre les parcelles d’habitat
La tortue musquée utilise principalement les milieux aquatiques pour se déplacer entre les parcelles d’habitat utilisées pour diverses activités du cycle vital (recherche de nourriture, nidification, hibernation, etc.), même si elle doit parcourir de plus longues distances pour atteindre sa destination (Carrière, 2007). L’habitat de déplacement est constitué de zones littorales peu profondes (< 2 m) pourvues de végétation (Rowe, 2003; Belleau, 2008; Rowe et al., 2009) ou d’eaux relativement profondes ne présentant que peu de végétation ou pas du tout (Carr, 1952).
La distance journalière moyenne parcourue varie de 23 à 131 m, selon la sous-population (Carrière, 2007; Belleau, 2008; Laverty, 2010; Laverty et al., 2016; Wilhelm et Plummer, 2012), mais des individus s’étant déplacés sur 1 km en une journée ont déjà été observés (Belleau, 2008). La distance journalière moyenne parcourue était d’environ 26 m dans le fleuve Saint-Laurent (Carrière, 2007) et de 38 m dans la rivière des Outaouais (Belleau, 2008). La distance maximale parcourue (sur plusieurs années) jamais consignée était de 14 km (Toussaint et Caron, en prép.). Des données indiquent que les femelles gravides se déplacent sur des distances beaucoup plus grandes sur terre que les distances pouvant être inférées à partir de l’emplacement des nids.
La superficie estimée du domaine vitalNote de bas de page 13 de la tortue musquée au Canada varie considérablement d’un site à l’autre et selon la méthode de calcul employée (voir l’analyse dans COSEWIC, 2012). La superficie moyenne du domaine vital calculée au moyen de la méthode du plus petit polygone convexe allait de 6,2 ha dans le Saint-Laurent (Carrière, 2007) à 155,4 ha dans la baie Georgienne (Edmonds, 1998).
3.4 Facteurs biologiques limitatifs
La tortue musquée partage avec d’autres espèces de tortues certaines caractéristiques du cycle vital qui limitent la capacité des sous-populations à supporter des hausses chroniques des taux de mortalité sans qu’il y ait déclin de l’abondance (Congdon et al., 1993, 1994; Gibbons et al., 2000) :
- maturité sexuelle tardive;
- faible fécondité (nombre d’œufs pondus annuellement par femelle);
- taux élevé de prédation naturelle des œufs et des juvéniles de moins de deux ans;
- dépendance à l’égard des conditions ambiantes en ce qui concerne le développement interne des embryons et l’incubation des œufs.
La persistance des sous-populations de tortues dépend donc de taux de survie élevés des adultes et des juvéniles plus âgés (Congdon et al., 1993, 1994; Cunnington et Brooks, 1996). Par conséquent, le déclin et la disparition de populations peuvent survenir même quand les hausses des taux de mortalité des adultes sont faibles (Midwood et al., 2014).
Les paramètres du climat à l’intérieur desquels la tortue musquée peut survivre restreignent la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce (Bleakney, 1958; McKenney et al., 1998). La tortue musquée ayant besoin d’un apport thermique solaire suffisant pour mener à bien l’incubation des œufs, la durée de la saison estivale constitue une limite importante pour les sous-populations des latitudes nordiques (Brooks, 2007). À cause de la courte durée de la période de nidification, les femelles produisent généralement une seule ponte par année.
La disponibilité de sites d’hibernation convenables peut aussi être un facteur limitatif pour la population canadienne de tortues musquées, car l’espèce ne tolère pas les conditions anoxiques, qui peuvent se développer dans les lacs des latitudes nordiques en hiver sous l’effet de longues périodes de couverture de glace (Ultsch et Cochran, 1994).
3.5 Importance culturelle des tortues
Les tortues occupent une grande place dans les croyances et les cérémonies autochtones. Pour les Premières Nations, la tortue est un maître qui possède de vastes connaissances. Elle joue un rôle fondamental dans l’histoire de la création, car elle a permis à la Terre d’être formée sur sa dossière. Pour cette raison, la plupart des peuples des Premières Nations appellent de manière traditionnelle l’Amérique du Nord « île de la Tortue ». Les peuples autochtones utilisent aussi la carapace de la tortue pour représenter un calendrier lunaire, les 13 plaques osseuses (larges écailles aplaties) représentant les 13 pleines lunes de l’année. Fabriqués à partir des carapaces, les hochets de tortue sont utilisés au cours des cérémonies traditionnelles et représentent souvent la tortue dans l’histoire de la création du monde. Les tortues figurent aussi dans d’autres histoires traditionnelles, y compris l’histoire anishinaabe intitulée « La façon dont la tortue a acquis sa carapace » [traduction] et l’histoire haudenosaunee « La tortue fait une course contre le castor » [traduction] (Bell et al., 2010).
4. Menaces
Un groupe d’experts a évalué les menaces pesant sur la population canadienne de tortues musquées pendant l’élaboration du présent plan de gestion (ECCC, 2018). Les menaces à impact faible, moyen ou inconnu sont présentées dans le tableau 1 et décrites plus en détail à la section 4.2. Les menaces à impact négligeable incluent le développement résidentiel ainsi que l’agriculture et ont été analysées par ECCC (ECCC, 2018).
4.1 Évaluation des menaces
L’évaluation des menaces pesant sur la tortue musquée se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation) (Salafsky et al., 2008). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature de la menace sont présentés dans la section Description des menaces.
| Menace | Description de la menace | Impacta | Portéeb | Gravitéc | Immédiatetéd |
|---|---|---|---|---|---|
| 4 | Corridors de transport et de service | Faible | Grande | Légère | Élevée |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | Faible | Grande | Légère | Élevée |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques | Moyen-faible | Généralisée | Modérée-légère | Élevée |
| 5.4 | Pêche et récolte de ressources aquatiques | Moyen-faible | Généralisée | Modérée-légère | Élevée |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Faible | Grande | Légère | Élevée |
| 6.1 | Activités récréatives | Faible | Grande | Légère | Élevée |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Faible | Restreinte | Légère | Élevée |
| 7.2 | Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages | Faible | Restreinte | Légère | Élevée |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | Faible | Petite | Légère | Élevée |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Faible | Petite | Modérée | Élevée |
| 8.1 | Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes | Faible | Petite | Modérée | Élevée |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | Inconnu | Généralisée | Inconnue | Élevée |
| 9 | Pollution | Inconnu | Généralisée | Inconnue | Élevée |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 9.3 | Effluents agricoles et sylvicoles | Inconnu | Petite | Inconnue | Élevée |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | Inconnu | Généralisée | Inconnue | Élevée |
| 11 | Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 11.2 | Sécheresses | Inconnu | Grande | Inconnue | Élevée |
| 11.3 | Températures extrêmes | Inconnu | Restreinte | Inconnue | Élevée |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Inconnu | Restreinte | Inconnue | Élevée |
a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. L’impact est fondé sur la gravité et la portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.
b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable = < 1 %).
c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).
d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.
4.2 Description des menaces
Cette section décrit les menaces présentées au tableau 1. Les menaces sont décrites individuellement, mais il est à noter qu’à long terme plusieurs d’entre elles peuvent agir ensemble et avoir un impact plus élevé sur l’espèce (effets cumulatifs). La tortue musquée atteint tardivement la maturité sexuelle, et son succès reproductif est faible, ce qui la rend très vulnérable aux hausses des taux de mortalité chez les adultes et les juvéniles plus âgés. Certaines de ces menaces s’appliquent uniquement pendant la période d’activité de l’espèce (si les tortues n’y sont pas exposées pendant l’hibernation).
Menace de l’UICN 4.1 Routes et voies ferrées – impact : faible
Collisions avec des véhicules
Plusieurs études décrivant la mortalité directe des tortues d’eau douce à la suite de collisions avec des véhicules et les effets sublétaux potentiels des routes et de la circulation routière sont analysées dans Andrews et al. (2006). Les routes réduisent la diversité génétique (Jackson et Fahrig, 2011) et créent des obstacles aux déplacements, mais la mortalité routière demeure la menace ayant l’impact le plus important sur les tortues (Paterson et al., 2019). Les tortues femelles seraient particulièrement vulnérables à la mortalité routière étant donné qu’elles se trouvent en plus grand nombre que les mâles sur les routes (Aresco, 2005; Steen et al., 2006, mais voir aussi Carstairs et al., 2019). En Ontario, un nombre élevé de tortues tuées sur les routes est rapporté dans le cas de nombreux tronçons routiers traversant des milieux humides en zones tant urbaines (voir par exemple Piczak et al., 2019) que non urbaines (voir par exemple [Référence retirée]) ainsi que dans des aires protégées (Crowley et Brooks, 2005). Selon une étude menée sur la route de la pointe Long, dans le sud de l’Ontario, des tortues sont parfois tuées intentionnellement par des automobilistes (Ashley et al., 2007).
Les données sur l’impact de la mortalité routière des tortues à l’échelle de la population sont plus limitées. Dans le cadre d’une revue exhaustive des études empiriques décrivant les effets des routes et de la circulation sur l’abondance des animaux, Fahrig et Rytwinski (2009) ont trouvé trois études sur les tortues, mais aucune ne portait spécifiquement sur la tortue musquée. Les effets constatés sur les populations de tortues sont soit négatifs (Fowle, 1990; Boarman et Sazaki, 2006), soit négatifs et neutres (Gibbs et Shriver, 2002). Fahrig et Rytwinski (2009) ont attribué l’effet négatif général des routes sur les tortues et d’autres reptiles à la vulnérabilité à la mortalité (plutôt qu’aux perturbations causées par la circulation) due au fait que les tortues n’affichent pas un fort comportement d’évitement des véhicules (elles se déplacent lentement) et qu’elles sont attirées par les routes (les routes de gravier et les accotements attirent les femelles, qui les considèrent comme sites de nidification possibles). Cette mortalité élevée des femelles sur les routes pourrait expliquer pourquoi, dans les milieux humides entourés d’un réseau routier dense, certaines études ont rapporté un rapport des sexes en faveur des mâles dans les populations de tortues (Marchand et Litvaitis, 2004; Steen et Gibbs, 2004; Gibbs et Steen, 2005, mais voir aussi Smith et Iverson, 2002), qui présentent plusieurs autres raisons possibles). Des études plus récentes ont montré que les taux de mortalité sont suffisants pour entraîner le déclin et la disparition de certaines sous-populations (voir par exemple Piczak et al., 2019), mais pas de certaines autres (voir par exemple Dorland et al., 2014).
Aux États-Unis, des tortues musquées ont été trouvées tuées sur les routes (voir par exemple Smith et Dodd, 2003). Cependant, elles sont moins susceptibles à la mortalité routière que d’autres espèces de tortues de l’Ontario et du Québec étant donné que leur habitat de déplacement se trouve principalement en milieu aquatique (voir la section 3.3). Gibbs et Shriver (2002) ont prédit que les espèces de tortues de petite taille qui sont principalement aquatiques étaient moins susceptibles de mourir sur les routes. Conformément à cette prédiction, en Ontario, on compte 13 mentions anecdotiques de tortues musquées trouvées mortes sur les routes (ECCC, 2018), et seule une mention d’un individu victime de mortalité routière a été trouvée dans la littérature scientifique (Référence retirée). La mortalité routière est une préoccupation mineure pour les sous-populations du Québec (S. Giguère, comm. pers., 2020).
Les inondations pourraient influer sur les taux de mortalité routière des tortues musquées femelles. Par exemple, les hauts niveaux d’eau record du lac Ontario en 2017 et en 2019 (National Oceanic and Atmospheric Administration, 2021) ont mené à l’inondation de certaines zones riveraines du Saint-Laurent, ce qui semble avoir fait augmenter le nombre de tortues le long des routes, particulièrement là où la zone riveraine est mince et fournit un site de nidification plus étroit (Josh Van Wieren, comm. pers., 2020). L’impact des inondations est analysé dans la section portant sur la menace 11.4 ci-dessous.
La menace que représentent les collisions avec les véhicules continuera de s’accroître si l’on présume que le taux d’augmentation de 2 % de la longueur totale des routes dans le sud de l’Ontario observé entre 1985 et 2005 est maintenu (Ontario Biodiversity Council, 2015). Compte tenu de l’impact important des taux de mortalité des tortues femelles adultes à l’échelle de la population (Congdon et al., 1993, 1994), l’impact des routes sur les sous-populations de tortues musquées en Ontario devrait être pris en compte dans la planification des agrandissements du réseau routier (p. ex. éviter les milieux humides) et des mises à niveau des routes (p. ex. installer des ponceaux pouvant servir d’écopassages pour les tortues). Les techniques d’atténuation de la mortalité routière peuvent cibler efficacement plusieurs espèces de tortues (voir par exemple Heaven et al., 2019), et des modèles prédisant l’emplacement des « points chauds » de mortalité ont été élaborés (voir par exemple Langen et al., 2012; Chyn et al., 2021).
Construction et entretien des routes
La construction de nouvelles routes ainsi que les travaux de remplacement ou de réparation de routes et de ponts existants dans des milieux humides ou le long de rives pendant l’hiver pourraient causer de la mortalité chez les tortues si les activités comprennent l’installation et l’assèchement de batardeaux dans l’habitat d’hibernation.
Les activités liées à l’entretien des routes et des emprises telles que le nivellement et l’enlèvement de végétation sont susceptibles de détruire les œufs pendant la période de nidification. Il est peu probable qu’elles aient un impact si elles sont entreprises pendant la période d’hibernation puisque, au Canada, les nouveau-nés n’hibernent probablement pas dans le nid (voir Hibernation à la section 3.3).
Enfin, l’agrandissement des réseaux routiers et l’entretien des routes pourraient faciliter la propagation d’espèces végétales envahissantes (Gelbard et Belnap, 2003; Rauschert et al., 2017). L’impact des plantes envahissantes est analysé plus en détail à la section portant sur la menace 8.1 ci-dessous.
Menace de l’UICN 5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques – impact : moyen-faible
Pêche commerciale par piégeage
Les études revues par des pairs portant sur les taux de prises accessoires des pêches commerciales en eau douce sont peu nombreuses (par rapport aux études en eau salée), mais une mortalité accidentelle d’animaux dulcicoles non ciblés (poissons, oiseaux, mammifères et tortues) est observée (voir l’analyse dans Raby et al., 2011). Par exemple, des milliers de tortues d’eau douce appartenant à neuf espèces différentes ont été capturées en tant que prises accessoires dans le cadre d’un programme pluriannuel d’échantillonnage de poissons dans le fleuve Mississippi, aux États-Unis (Braun et Phelps, 2016). En Ontario, des verveux ciblant des espèces pêchées commercialement comme le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) ont pris des tortues peintes, des tortues serpentines, des tortues géographiques et des tortues musquées (Larocque et al., 2012a). En fait, les engins de pêche commerciale sont à ce point efficaces pour attraper des tortues d’eau douce que les chercheurs les utilisent souvent pour capturer des tortues musquées. Parmi les méthodes de piégeage efficaces figurent les verveux, dont ceux à ailes (voir par exemple Attum et al., 2013; Stoot et al., 2013), les pièges à entonnoir (voir par exemple Smith et Iverson, 2002) et les filets à langoustes (voir par exemple Glorioso et Cobb, 2012).
Malheureusement, les tortues d’eau douce risquent de se noyer lorsqu’elles se retrouvent piégées dans des engins de pêche commerciale pendant une durée prolongée. Barko et al. (2004) a rapporté un taux de mortalité de 10,3 % chez les tortues d’eau douce capturées par des techniques de pêche passive dans le Mississippi. En Ontario, les taux de prises accessoires et de mortalité de tortues dans les pièges de pêche commerciale en eau douce ont pour la première fois été décrits par Carrière (2007), qui avait rapporté 16 tortues géographiques noyées dans des verveux déployés dans le Saint-Laurent. Un pêcheur commercial a indiqué avoir vu une tortue musquée dans un verveux dans le lac Saint-François (Bourgeois et Rouleau, 2015).
Dans les pêches commerciales ontariennes, il est autorisé de laisser des verveux et des filets-trappes sans surveillance pendant une période illimitée (MNRF, 2020, 2020a), sauf à l’intérieur de la baie de la pointe Long, dans le lac Érié, où les verveux doivent être vérifiés toutes les 48 heures à moins d’être mouillés d’une manière qui permet aux tortues d’accéder à de l’air (MNRF, 2020b). Bien que l’installation de flotteurs dans les filets puisse réduire la mortalité des tortues (Larocque et al., 2012b), environ 33 % de toutes les tortues serpentines et des tortues peintes capturées dans des verveux ont péri, et ce, même si ceux-ci étaient assortis de cruches de plastique destinées à maintenir un espace d’air (Larocque et al., 2012a). En revanche, Larocque et al. (2012a) ont rapporté qu’aucune des 52 tortues musquées capturées durant leur étude ne sont mortes par emprisonnement dans des verveux mouillés pendant au plus 48 heures. Dans le lac Saint-François, les verveux doivent être levés toutes les 48 heures (Bourgeois et Rouleau, 2015).
La capture dans des engins de pêche pourrait avoir des impacts sublétaux sur les tortues, mais cela n’a pas été démontré à ce jour dans le cas de la tortue musquée. Par exemple, si un emprisonnement de trois heures a effectivement nui à l’état physiologique des tortues musquées, il n’a pas compromis leur comportement (Stoot et al., 2013). Alors que Gutowsky et al. (2016) ont constaté une baisse de la locomotion des tortues musquées pendant les 40 premières minutes de leur remise en liberté suivant une immersion de 4 heures, le degré d’activité ultérieur n’était pas différent de celui du groupe témoin, et aucune mortalité n’a été détectée. Dans l’ensemble, ces études laissent croire que les tortues musquées se rétablissent complètement après de courtes périodes d’emprisonnement (3-4 heures) et qu’elles peuvent survivre à des immersions d’une durée de 48 heures dans certaines circonstances.
Selon les modèles de viabilité des populations, même une faible hausse des taux de mortalité peut entraîner des déclins chez les sous-populations de tortues musquées et d’autres espèces de tortues (Midwood et al., 2014). Le nombre d’animaux tués annuellement à cause des prises accessoires et l’effet qui s’ensuit sur la probabilité de disparition des sous-populations varient nécessairement en fonction de l’espèce, de la durée d’immersion des pièges et de la taille initiale de la sous-population de tortues en question.
La portée de la menace que représente la pêche commerciale pour la tortue musquée en Ontario est demeurée stable ces 10 dernières années, d’après le nombre de permis de pêche au verveux et au filet-trappe délivrés depuis 2011, lequel est resté sensiblement inchangé, sauf pour ce qui est des permis de pêche au verveux dans le Saint-Laurent, dont le nombre a sextuplé en 2021 (MNRF, données inédites). La gravité de la menace a peut-être diminué légèrement dans le cas de quelques sous-populations, à la suite de l’inclusion des pratiques exemplaires de pêche dans certaines conditions des permis dans le lac Ontario en 2019 (Larocque et al., 2020) ainsi que de la fermeture de la pêche pendant une partie de la période d’activité des tortues dans des sites donnés (p. ex. fermeture du 13 mai au 31 août à l’intérieur de la baie de la pointe Long, dans le lac Érié; MNRF, 2020b). Au Québec, quelques activités de pêche commerciale par piégeage sont pratiquées dans le lac Saint-François de mai et à la mi-décembre (Bourgeois et Rouleau, 2015), mais aucun permis de pêche commercial n’est actuellement en vigueur là où l’espèce est présente dans la rivière des Outaouais (S. Giguère, comm. pers., 2021).
La menace que constitue la noyade dans des engins de pêche commerciale peut être atténuée : 1) en tenant compte de l’activité saisonnière des tortues au moment de réglementer la période et de la durée de la saison de pêche (p. ex. le nombre de tortues capturées en tant que prises accessoires peut être deux fois plus élevé au printemps qu’à l’automne; Larocque et al., 2012a); 2) en utilisant certaines méthodes de manipulation et de remise à l’eau des tortues capturées (voir par exemple LeDain et al., 2013); 3) en utilisant des engins de pêche adaptés, munis d’une entrée modifiée qui réduit les captures de tortues et/ou d’un dispositif qui permet aux tortues de s’échapper. Plusieurs modifications aux engins ont été mises à l’essai sur des verveux à ailes (voir par exemple Larocque et al., 2012c; Cairns et al., 2013, 2017; Moos et Blackwell, 2018), des nasses à anguilles et des pièges à carpes (Lowry et al., 2005) ainsi que des verveux (Fratto et al., 2008), et nombre des conceptions se sont révélées efficaces pour réduire les prises accessoires de tortues.
Menace de l’UICN 6.1 Activités récréatives – impact : faible
Collisions avec des bateaux à moteur récréatifs (moteurs en-bord et hors-bord, motomarines)
Des blessures dues à des collisions avec des hélices de bateau à moteur ont été répertoriées chez de nombreuses espèces de tortues d’eau douce en Amérique du Nord, dont la tortue géographique (Graptemys geographica) (voir par exemple Bulté et al., 2009), la tortue molle à épines (Apalone spinifera) (Référence retirée), la tortue peinte et la tortue à oreilles rouges (Trachemys scripta) (Smith et al., 2006) ainsi que la tortue musquée (Bancroft et al., 1983; Bennet et Litzgus, 2014).
Vu l’habitude de flotter juste sous la surface de l’eau, en dessous de la végétation flottante (Carrière, 2007), il a été avancé que la tortue musquée était particulièrement vulnérable aux collisions avec les hélices de bateau à moteur. En revanche, Hollender et al. (2018) ont émis l’hypothèse selon laquelle l’espèce serait moins vulnérable aux collisions que d’autres espèces de tortues grâce au fait qu’elle se déplace dans l’habitat aquatique en marchant sur le fond. Chez la tortue musquée, le taux de blessures liées aux bateaux a été estimé à 4 % par Bancroft et al. (1983) et à 2 % par Bennett et Litzgus (2014) (comparativement à leurs estimations de 17 à 20 % pour la tortue géographique). Les taux de mortalité sont toutefois difficiles à estimer étant donné qu’une tortue blessée mortellement se réfugie ou coule vers les profondeurs, ce qui réduit considérablement la possibilité de récupérer sa carcasse (Laverty et al., 2016). Comme il a été démontré que les collisions avec des bateaux à moteur ont mené à des déclins chez certaines sous-populations de tortues géographiques en Ontario, même dans des plans d’eau où la circulation est faible à modérée (Bulté et al., 2009), il est possible que des hausses des taux de mortalité, même légères, exercent des effets à l’échelle de la population, comme dans le cas de l’emprisonnement dans des engins de pêche.
La portée de cette menace est probablement à la hausse si l’on se fie aux augmentations significatives des ventes au détail de moteurs hors-bord année après année (p. ex. hausse de 17 % en 2020 par rapport à 2019; NMMA, 2021) et aux augmentations régulières du nombre de permis d’embarcation de plaisance délivrés en Ontario (p. ex. hausse de 32 % du nombre total de permis délivrés en février 2021 par rapport à février 2020; Transports Canada, 2020, 2021). Cette tendance doit être prise en compte dans les objectifs du plan de gestion de la tortue musquée puisque le taux global de blessures des tortues d’eau douce augmente avec la hausse de la circulation des bateaux (Hollender et al., 2018).
Parmi les mesures d’atténuation de cette source de mortalité figurent la réglementation de l’utilisation des bateaux à moteur dans les habitats abritant de fortes densités de tortues (p. ex. imposition d’une vitesse réduite) et la sensibilisation des plaisanciers aux impacts des bateaux sur les espèces sauvages aquatiques (Lester et al., 2013).
Pêche récréative
Les tortues d’eau douce accidentellement capturées par des pêcheurs à la ligne risquent d’être blessées ou de mourir à cause des hameçons. Des preuves de blessures liées à des hameçons ont été recueillies dans le cas de la tortue serpentine (Borkowski, 1997) et de la tortue molle à épines (Référence retirée). Des hameçons ingérés ont été détectés par rayons X chez des tortues à oreilles rouges, des tortues molles à épines et des tortues serpentines (Steen et al., 2014). Des observations anecdotiques de blessures chez des tortues musquées ont été signalées (voir par exemple Ernst, 1986); Laverty et al., 2016), et Steen et al. (2014) ont observé des tortues musquées qui avaient des hameçons appâtés dans la gueule. D’après un modèle mis au point par Steen et Robinson (2017), la probabilité qu’une tortue ingère un hameçon et en meure (de 1,2 à 11 %) était suffisante pour causer des déclins de population.
Si la pression exercée par la pêche récréative sur les tortues d’eau douce en Ontario est plus faible qu’elle ne l’était en 1995, elle est demeurée relativement constante ces 15 dernières années. En 2015, le nombre et le pourcentage d’Ontariens qui étaient des pêcheurs résidents actifs (754 617 et 5,5 %, respectivement) étaient similaires à ceux de 2005 (DFO, 2007, 2019). L’effort de pêche n’a pas non plus changé entre 2005 et 2015, la moyenne étant de 17 jours de pêche par résident par année (DFO, 2007, 2019). Au Québec, on pratique la pêche à la ligne récréative dans le lac Saint-François à des endroits qui abritent l’espèce (Bourgeois et Rouleau 2015). En général, l’habitat de la tortue musquée est également productif pour des espèces de poissons ciblées telles que le grand brochet (Esox lucius) et les achigans (Micropterus dolomieui, M. salmoides).
Menace de l’UICN 7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages – impact : faible
Barrages et écluses
Plusieurs sous-populations canadiennes de tortues musquées, notamment toutes celles du Québec, sont isolées par des barrages. Vu que l’espèce utilise presque exclusivement l’environnement aquatique pour se déplacer, il est raisonnable de présumer que les barrages et les écluses exercent un certain impact sur la population canadienne de tortues musquées, mais aucune étude sur les effets des ouvrages de régulation des eaux sur l’espèce n’a été trouvée dans la littérature. Les effets potentiels de la retenue des eaux et de la régularisation des débits sur les tortues d’eau douce en général ont été examinés dans Bodie (2001).
À l’échelle des individus, les ouvrages de régularisation des eaux sont susceptibles d’entraver le déplacement des animaux et ainsi de restreindre la taille du domaine vital et l’accès à certains habitats. Par exemple, Bennett et al. (2010) ont constaté que les barrages et les écluses limitaient la mobilité des tortues géographiques dans la voie navigable Trent-Severn, en Ontario. Les ouvrages de régularisation peuvent aussi isoler des sous-populations de tortues les unes des autres. Si les barrages et les écluses empêchent l’immigration des individus, ils pourraient compromettre l’immigration de source externeNote de bas de page 14 (Stockwell et al., 2003) et/ou mener à une perte de variation génétique dans les sous-populations (Rizkalla et Swihart, 2006; Gray, 1995). Dans les deux éventualités, le risque de disparition de sous-populations en cas d’événement catastrophique est accru (Frankham, 1995; Reed et Frankham, 2003).
La fluctuation des niveaux d’eau résultant de l’exploitation de barrages pourrait entraîner une mortalité directe des individus : une hausse des niveaux d’eau durant la période de nidification pourrait immerger les nids et noyer les embryons, tandis qu’une baisse des niveaux d’eau durant l’automne et l’hiver pourrait entraîner le gel et la mort des tortues en hibernation (Ewert, 1979). La fluctuation ou la modification permanente des niveaux d’eau due aux activités de régularisation des eaux pourraient également nuire aux habitats d’hibernation, de nidification et d’alimentation en altérant la profondeur de l’eau en amont et en aval, le transport des sédiments vers l’aval et la température de l’eau (voir l’analyse dans Bunn et Arthington, 2002). À l’inverse, la stabilisation artificielle des niveaux d’eau peut aussi influer sur l’habitat aquatique près de la rive en favorisant l’augmentation de l’abondance des quenouilles hybrides envahissantes, ce qui réduit la disponibilité d’habitats en eaux libres (décrit plus en détail à la section portant sur la menace 8.1).
Menace de l’UICN 7.3 Autres modifications de l’écosystème – impact : faible
Modification des rives
L’utilisation humaine des rives peut avoir divers effets sur les tortues d’eau douce, selon l’espèce et l’activité du cycle vital touchée (Bodie, 2001; Marchand et Litvaitis, 2004; Carrière et Blouin-Demers, 2010; Hill et Vodopich, 2013). Les modifications à la portion terrestre des rives perturberaient principalement l’activité de nidification de la tortue musquée, la thermorégulation et les autres activités du cycle vital ayant rarement lieu dans l’habitat terrestre chez cette espèce (voir la section 3.3). La modification des rives peut prendre la forme de l’enlèvement ou de la dégradation de végétation terrestre indigène, qui fournit un substrat de nidification à la tortue musquée, et du durcissement des rives, qui découle de l’installation de structures destinées à prévenir les processus naturels d’érosion (murs de gabion, murs de béton, murs de métal et enrochement), mais également susceptibles d’empêcher les tortues de sortir de l’eau et d’accéder à l’habitat de nidification terrestre.
La modification des rives pourrait aussi nuire à l’habitat aquatique près des rives. Par exemple, la tortue musquée préfère les eaux peu profondes à la végétation émergente et flottante servant de couvert à la surface (Picard et al., 2011), et ce type de végétation semble être moins abondant le long des rives aménagées que sur les rives non aménagées (Radomski et Goeman, 2001).
Enfin, il est de plus en plus évident que la superficie du couvert forestier à l’échelle du paysage influe sur les communautés de tortues d’eau douce. Par exemple, un pourcentage élevé de couvert forestier riverain a été positivement corrélé avec la régularité (ou équitabilité) des espèces (Sterrett et al., 2010). En Ontario, deux études récentes examinant l’effet des paramètres à l’échelle du paysage sur la présence de la tortue musquée, l’une dans la région des Mille-Îles (Quesnelle et al., 2013) et l’autre dans les milieux humides côtiers de la baie Georgienne (Markle et al., 2018), ont déterminé que la probabilité d’occurrence de la tortue musquée augmentait avec la présence d’un grand couvert forestier dans un rayon de 500 m (Quesnelle et al., 2013) et d’un milieu humide dans un rayon de 250 m (Markle et al., 2018).
Dragage et autres activités de gestion riveraine
Les activités de gestion riveraine telles que le dragage et l’enlèvement de végétation fluviale et de débris ligneux peuvent avoir divers impacts sur plusieurs espèces de tortues d’eau douce, notamment le déclin et la disparition de sous-populations (voir l’analyse dans Bodie, 2001). Le dragage peut avoir des effets directs et indirects sur les tortues d’eau douce : quand il a lieu pendant la période d’inactivité des tortues, des individus en hibernation peuvent être tués s’ils sont retirés accidentellement des sites d’hibernation ou être écrasés par la machinerie lourde. Le dragage peut aussi détériorer ou détruire à tout moment l’habitat des tortues d’eau douce en altérant physiquement la morphologie du plan d’eau (profondeur, pente de la rive, etc.) et en enlevant de la végétation aquatique et des débris ligneux immergés (ce qui peut compromettre les réserves de nourriture et le nombre d’abris).
Menace de l’UICN 8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes – impact : faible
Espèces végétales non indigènes
- Phragmites australis australis
Le roseau commun (Phragmites australis australis), espèce envahissante en provenance d’Europe, se rencontre dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de la tortue musquée (OIPC, 2016; EDDmapS, 2021) et dans les mêmes types de milieux que celle-ci (milieux humides et rives de lacs). Le roseau commun occupe maintenant la quasi-totalité des milieux humides des lacs Érié et Huron (OIPC, 2016).
Comme il croît en peuplements de monoculture très denses pouvant envahir l’habitat aquatique peu profond, on présume qu’il a un impact négatif sur des douzaines d’espèces de multiples taxons (voir l’analyse dans Nichols, 2020). En réalité, il y a très peu d’études empiriques sur l’effet du roseau commun sur les animaux à l’échelle des populations, et les constats sont contradictoires. Par exemple, Whyte et al. (2015) ont observé que la régularité des espèces d’oiseaux était plus faible dans les sites dominés par le roseau commun que dans ceux présentant de la végétation indigène, tandis que Lupien et al. (2015) n’ont détecté que de faibles différences de régularité entre les deux types de sites.
Une poignée d’études ont examiné l’effet du roseau commun sur les tortues, mais aucune ne portait sur la tortue musquée spécifiquement. Krzton-Presson et al. (2018) ont remarqué que les tortues serpentines et les tortues à oreilles rouges capturées dans un habitat sans roseau commun étaient plus grosses, bien que la diversité spécifique soit faible. En Ontario, la présence du roseau commun prolongeait la période d’incubation des œufs de tortue molle à épines en diminuant l’exposition des nids aux rayons du soleil (Référence retirée), et des tortues mouchetées évitaient les parcelles de roseau commun au sein de leur domaine vital (Référence retirée). On présume que les peuplements de roseau commun entravent le déplacement des tortues tant lorsqu’elles sont dans l’eau que lorsqu’elles tentent d’atteindre la rive pour nidifier sur terre (Référence retirée).
Selon des observations anecdotiques, le roseau commun pourrait réduire la quantité d’habitat de nidification disponible pour la tortue musquée en occupant le sol à découvert et en remplaçant la végétation riveraine indigène utilisée pour la nidification (Gillingwater, 2005, dans COSEWIC, 2012; [Référence retirée]). Il est également possible d’émettre l’hypothèse selon laquelle le roseau commun influe négativement sur les ressources alimentaires de la tortue musquée en évinçant la végétation indigène en eaux peu profondes et réduit la disponibilité d’habitat d’exposition au soleil en diminuant la superficie d’eaux libres.
Plusieurs méthodes différentes ont été employées pour tenter d’éliminer le roseau commun non indigène de l’environnement récepteur aux États-Unis (voir l’analyse dans Hazelton et al., 2014). Des pratiques exemplaires de gestion destinées à lutter contre le roseau commun ont été mises au point en Ontario, avec l’objectif d’améliorer l’habitat des espèces en péril (Nichols, 2020). Toutefois, aucune étude sur l’impact de l’enlèvement du roseau commun sur les espèces en péril n’a été trouvée dans la littérature, et les études sur les effets de telles mesures de gestion sur d’autres espèces indigènes sont rares et présentent des résultats mitigés. Par exemple, le Troglodyte des marais semble préférer les marais à quenouilles aux peuplements de roseau commun (Lupien et al., 2015), mais, paradoxalement, un épandage à grande échelle d’un herbicide visant à éliminer le roseau commun a eu un impact négatif sur cet oiseau (Lazaran et al., 2013). De même, un petit nombre d’études ont constaté un effet bénéfique de la lutte contre le roseau commun sur le rétablissement des espèces végétales indigènes (Bonello et Judd, 2020; Zimmerman et al., 2018), mais d’autres ne sont pas parvenues à cette conclusion (Judd et Francoeur, 2019; Rohal et al., 2019). En Ontario, un programme d’éradication du roseau commun à grande échelle mis en œuvre dans deux marais côtiers le long du lac Érié, là où la tortue musquée est présente, a entraîné une seconde invasion par l’hydrocharide grenouillette (Hydrocharis morsus-ranae) (voir ci-dessous) (Robichaud et Rooney, 2021). L’impact de la gestion du roseau commun sur les tortues d’eau douce est actuellement inconnu.
L’expansion de l’aire de répartition du roseau commun au Canada, prédite par Catling et Mitrow (2011), s’est de toute évidence concrétisée dans les milieux humides côtiers du sud de l’Ontario, en particulier dans la région de la pointe Long (Jung et al., 2017). Malgré cette expansion dans l’écozone des plaines à forêts mixtes, l’impact global du roseau commun sur la population canadienne de tortues musquées a été évaluée comme étant faible étant donné la grande portion de l’aire de répartition qui chevauche l’écozone du Bouclier canadien, où la prévalence de cette espèce envahissante est actuellement beaucoup moins élevée et où son expansion ne devrait pas être importante.
- Trapa natans
La châtaigne d’eau (Trapa natans), espèce envahissante d’origine européenne également, a été signalée à quelques endroits de l’aire de répartition canadienne de la tortue musquée ces dernières années. En Ontario, cette plante a été découverte dans un tronçon de la rivière des Outaouais à l’intérieur du parc provincial Voyageur, où des mesures d’éradication sont en cours (MNRF, 2019). Au Québec, où un programme d’éradication est également en vigueur, la plante est présente dans la rivière Saint-François, la rivière du Sud et d’autres petits cours d’eau du sud-ouest de la province (CQEEE, 2014). Là où elle est détectée, la plante forme des tapis denses de feuilles flottantes qui semblent faire de l’ombre à la végétation submergée indigène ou la tuer. De plus, la grande quantité de matière végétale en décomposition dans l’eau pourrait réduire les teneurs en oxygène dissous. À ce jour, toutefois, aucune étude sur l’impact du T. natans sur les tortues n’a été trouvée dans la littérature scientifique.
- Typha angustifolia et l’hybride T. × glauca (T. angustifolia × T. latifolia)
Depuis 1960, les niveaux du lac Ontario sont régularisés par le barrage Moses-Saunders sur le fleuve Saint-Laurent. L’exploitation du barrage a fait réduire l’amplitude des fluctuations des niveaux d’eau des milieux humides côtiers du lac. La stabilisation des niveaux d’eau a, quant à elle, favorisé l’expansion des espèces envahissantes du genre Typha, qui sont moins tolérantes aux fluctuations naturelles des niveaux d’eau que la quenouille à feuilles larges indigène (Typha latifolia) (voir l’analyse dans Bansal et al., 2019). Dans les milieux humides des Grands Lacs, les espèces envahissantes du genre Typha se propagent vers les terres jusqu’au sein des communautés de carex et de graminées et, dans une moindre mesure, vers le lac sous forme de tapis flottants. Si Bansal et al. (2019) n’ont pas abordé l’impact de l’expansion des Typha dans l’habitat des reptiles, si impact il y a, Belleau (2008) a noté que la tortue musquée évitait les parcelles de quenouilles dans la rivière des Outaouais. L’expansion des tapis de Typha dans les lacs pourrait également réduire la superficie des zones d’eaux libres le long des rives, lesquelles constituent une composante importante de l’habitat de la tortue musquée (J. Van Wieren, comm. pers., 2020).
- Hydrocharis morsus-ranae
L’hydrocharide grenouillette (Hydrocharis morsus-ranae), espèce non indigène venant d’Europe, est une plante aquatique qui a colonisé les habitats à eaux calmes de plusieurs plans d’eau canadiens abritant la tortue musquée, dont les lacs Ontario et Érié, le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais (voir l’analyse dans Zhu et al., 2018). L’hydrocharide grenouillette était également présente dans une portion de l’habitat de la tortue musquée du lac Saint-François (Bourgeois et Rouleau, 2015). À l’instar de la châtaigne d’eau, l’hydrocharide grenouillette forme de denses tapis flottants, qui exercent des effets semblables sur la végétation indigène. Aucune étude sur l’impact de l’hydrocharide grenouillette sur les tortues n’a été trouvée dans la littérature scientifique.
Espèces de tortues non indigènes
La tortue à oreilles rouges (Trachemys scripta elegans), espèce dulcicole indigène dans la vallée du Mississippi aux États-Unis, est devenue une espèce envahissante à l’échelle mondiale. Cette espèce visée par le commerce d’animaux de compagnie est souvent lâchée dans la nature et a des effets néfastes sur les espèces de tortues indigènes en Europe en livrant à ces dernières une compétition pour les ressources (voir l’analyse dans Spear, 2018). Le Trachemys scripta a été observé dans 130 sites de l’aire de répartition ontarienne de la tortue musquée (Seburn, 2015), et la zone qui lui est convenable dans les trois bassins chevauchants des Grands Lacs (lacs Huron, Érié et Ontario) devrait s’accroître sous l’effet des changements climatiques (Spear, 2018). Cela dit, seul un ou quelques individus ont été observés dans la plupart des sites en Ontario, et 80 % des observations ont été réalisées en zones urbaines (Seburn, 2015). La présence dans la nature de sous-populations de tortues à oreilles rouges autosuffisantes n’a pas été confirmée en Ontario, mais elle est plausible si l’on se fie aux mentions de nidification et aux observations faites au début du printemps, qui laissent croire que l’hibernation a été fructueuse. À ce jour, toutefois, aucun impact négatif de la tortue à oreilles rouges sur les espèces de tortues indigènes en Ontario n’a été relevé dans la littérature scientifique.
Ranavirus
Les virus du genre Ranavirus infectent les poissons, les amphibiens et les reptiles du monde entier. Plusieurs cas de mortalité massive chez les grenouilles et les salamandres observés à partir des années 1990 en Amérique du Nord ont été attribués à des ranavirus (voir l’analyse dans Gray et al., 2009). Les ranavirus associés aux mortalités massives proviennent probablement d’Europe et d’Asie et se sont propagés au Canada depuis les États-Unis au cours de la première moitié du XXe siècle (Vilaça et al., 2019).
En Ontario, l’infection d’un reptile par un Ranavirus et la mort qui s’ensuit ont été décrites pour la première fois en 2017 chez une tortue serpentine (McKenzie et al., 2019). Jusqu’à maintenant, seul un autre cas d’infection par un Ranavirus a été détecté chez une tortue en Ontario (Carstairs, 2019). On n’a pas détecté la présence de Ranavirus dans les 63 échantillons prélevés chez 5 espèces de tortues de 2014 à 2018, ce qui laisse croire à une prévalence de moins de 5 % au sein des populations (aucun échantillon prélevé chez des tortues musquées) (Carstairs, 2019). Aucune infection par un ranavirus n’a été signalée chez la tortue musquée si bien qu’on n’a décelé aucun impact sur la population canadienne jusqu’à ce jour.
Menace de l’UICN 8.2 Espèces indigènes problématiques – impact : inconnu
Raton laveur (Procyon lotor)
Les nids de tortues d’eau douce subissent de hauts taux de prédation, souvent supérieurs à 80 % (voir par exemple Harding, 1997; [Référence retirée]; Geller, 2015; Wirsing et al., 2012). Les œufs de tortue musquée sont la proie du raton laveur (Procyon lotor), de la moufette rayée (Mephitis mephitis), des corvidés (Corvus spp.), et du renard roux (Vulpes vulpes) (voir la liste complète dans Ernst et Lovich, 2009). Le raton laveur est probablement le principal prédateur des œufs de tortue musquée si l’on considère que les résultats d’expériences menées avec des nids artificiels (voir par exemple Marchand et al., 2002) et d’études réalisées sur d’autres espèces sont valides (tortue serpentine [Oddie et al., 2005], tortue géographique [Geller, 2012] et tortue peinte [Wirsing et al., 2012]).
La disponibilité accrue de nourriture associée aux activités humaines (p. ex. nourriture donnée aux animaux, déchets, cultures), combinée à la faible densité ou à l’absence de prédateurs occupant le sommet du réseau trophique, a mené à une plus grande abondance des mésoprédateurs que ce que les conditions naturelles auraient pu soutenir dans le passé (Mitchell et Klemens, 2012). Des études donnent à penser que le raton laveur fait partie des espèces de prédateurs favorisés par les activités humaines, d’après les densités estimées des ratons laveurs, qui sont plus élevées en zones urbaines et suburbaines qu’en zones rurales (voir par exemple Prange et al., 2004, et les références qui y sont citées). Toutefois, on ignore dans quelle mesure, le cas échéant, les taux de prédation exercés par le raton laveur sur les œufs de tortue musquée dépassent les taux de prédation naturels sous l’effet de la présence de nourriture découlant des activités humaines.
Les cages d’exclusion des prédateurs de diverses conceptions sont efficaces pour diminuer la déprédation des nids de plusieurs espèces de tortues d’eau douce (voir par exemple Riley et Litzgus, 2013; Buzuleciu et al., 2015; Bougie et al., 2020). Par contre, aucune analyse de leur efficacité à protéger les nids de tortue musquée n’a été trouvée dans la littérature scientifique. L’installation de telles cages ne doit pas être assurée par des membres du grand public; la supervision d’un professionnel et des permis sur les espèces sauvages sont requis.
Menace de l’UICN 9. Pollution – impact : inconnu
La pollution (contaminants, envasement et engrais) est susceptible de nuire aux tortues d’eau douce (voir l’analyse dans Bodie, 2001). L’habitat aquatique des tortues risque d’être touché par la dégradation de la qualité de l’eau causée par les eaux de ruissellement contenant des contaminants environnementaux provenant de zones industrielles (p. ex. métaux lourds) et de routes (p. ex. sels de voirie) ainsi que des nutriments et des pesticides provenant de champs agricoles (Mitchell et Klemens, 2000; Bishop et al., 2010).
Contaminants
Plusieurs types de contaminants environnementaux ont été détectés chez des tortues d’eau douce d’Amérique du Nord, notamment des métaux lourds (Smith et al., 2016), des polychlorobiphényles (PCB) (examinés dans Adams et al., 2016) et des hydrocarbures aromatiques polychlorés (HAP) (examinés dans Zychowski et Godard-Codding, 2017). Des taux accrus d’anomalies du développement et de mortalité des nouveau-nés observés chez la tortue serpentine ont été associés à la contamination par des PCB (voir par exemple Bishop et al., 1998) et des HAP (voir par exemple Van Meter et al., 2006).
Comme le type d’habitat et l’aire de répartition géographique de la tortue serpentine chevauchent ceux de la tortue musquée, il est probable que cette dernière soit également exposée à ces contaminants et qu’elle subisse des effets négatifs. L’exposition à des contaminants pourrait provenir de l’absorption par les œufs par contact avec des sols et des sédiments contaminés, de l’ingestion par les juvéniles et les adultes de nourriture contaminée et du transfert maternel des femelles aux embryons (Adams et al., 2016). Patterson et Lindeman (2009) ont constaté que la tortue musquée a changé son alimentation, se tournant vers les moules zébrées et délaissant ses proies traditionnelles. Ce nouveau régime alimentaire pourrait accroître l’exposition à des contaminants, les moules zébrées étant réputées accumuler de fortes concentrations de substances toxiques du fait qu’elles sont des organismes filtreurs (Hogan et al., 2007). Néanmoins, d’autres études montrent que la dépendance à l’égard de sources de nourriture benthiques avait peu d’effets sur l’accumulation de mercure chez la tortue peinte et la tortue musquée (Châteauvert, 2013). Enfin, la contamination des eaux souterraines pourrait affecter les sites d’hibernation, mais des études s’imposent pour déterminer le niveau de risque à l’échelle de la population. En raison du nombre limité d’études écotoxicologiques sur les reptiles en général et du manque d’information sur la prévalence et l’effet des contaminants sur la tortue musquée en particulier, l’impact de ce type de pollution sur la population canadienne est inconnu.
Sédimentation
Les apports en sédiments et en matière organique issus du ruissellement et de l’érosion riveraine peuvent aussi altérer la qualité de l’eau et la structure de l’habitat aquatique. Par exemple, il a été démontré que la hausse de la turbidité de l’eau qui en résulte réduit l’efficacité de capture des proies chez les poissons (voir par exemple Zamor et Grossman, 2007), mais cela n’a pas été observé chez la tortue peinte (Grosse et al., 2010).
L’envasement des fosses profondes est un autre exemple de modification de la structure de l’habitat qui a été associée au déclin de certaines sous-populations de diverses espèces de tortues d’eau douce (voir l’analyse dans Bodie, 2001). En réduisant la profondeur de l’eau de manière à ce qu’elle ne réponde plus aux besoins physiologiques assurant la survie de l’espèce l’hiver, l’envasement pourrait tuer des tortues musquées en hibernation en les exposant à des conditions de gel et, à terme, en détruisant l’habitat d’hibernation complètement. Toutefois, aucun cas répertorié de tels effets n’a été trouvé dans la littérature scientifique.
Charge en engrais et en nutriments (eutrophisation)
L’impact direct (toxicité) des engrais azotés sur les œufs de tortues pondus dans des champs agricoles est vraisemblablement mineur (de Solla et Martin, 2007). Cependant, l’augmentation des charges en nutriments dans le milieu aquatique par l’intermédiaire du ruissellement agricole des engrais peut mener à des proliférations algales dans les eaux fréquentées par des tortues (Carpenter et al., 1998). Les algues flottantes appauvrissent l’eau en oxygène dissous en le consommant directement et en empêchant la photosynthèse de la végétation aquatique immergée sous-jacente. Il s’ensuit une baisse des teneurs en oxygène dissous (hypoxie), voire une absence totale d’oxygène (anoxie) dans l’eau. Comme la tortue musquée ne tolère pas les conditions anoxiques (Ultsch, 2006), des individus pourraient théoriquement mourir s’ils hibernent dans un habitat aquatique présentant de telles conditions. Par contre, puisque les conditions anoxiques surviennent principalement au cours de l’été dans le lac Érié en Ontario (ECCC et USEPA, 2021), l’étendue de la population canadienne de tortues musquées exposée à des conditions anoxiques pendant l’hibernation est vraisemblablement faible ou négligeable. Paradoxalement, Wieten et al. (2012) ont établi une corrélation positive entre les captures de tortues musquées en été et les conditions abiotiques correspondant à une hausse de la productivité de l’habitat et des perturbations anthropiques (teneurs plus élevées en nitrates, teneurs réduites en oxygène dissous), ce qui donne à penser que l’espèce pourrait en fait tirer parti d’une charge modérée en nutriments. Cette corrélation est conforme aux déplacements observés en automne dans la rivière des Outaouais : les tortues musquées s’éloignent des baies peu profondes eutrophes pour se diriger vers des zones contenant moins de matière organique (et plus d’oxygène) (S. Giguère, comm. pers., 2021).
Menace de l’UICN 11.2 Sécheresses – impact : inconnu
En Ontario, une hausse de la température annuelle moyenne de 1,5 à 7 °C due aux changements climatiques est prévue au cours des décennies à venir (McKenney et al., 2010). Brinker et al. (2018) a évalué la vulnérabilité aux changements climatiques de cinq espèces de tortues dans le bassin des Grands Lacs dans la province; les résultats variaient d’une vulnérabilité faible (tortue serpentine) à moyenne (tortue mouchetée). La tortue musquée n’a pas été évaluée dans le cadre de cette étude. L’impact d’une hausse de la température sur la population canadienne de cette espèce est donc inconnu pour le moment. Si, comme l’indiquent les prévisions, une hausse de la température n’est pas compensée par une augmentation des précipitations, les niveaux d’eau des Grands Lacs diminueront sous l’effet de la hausse nette de l’évaporation (voir l’analyse dans Brinker et al., 2018). D’une part, la disponibilité de sites de nidification pourrait augmenter si une plus grande partie des rives devenait une zone aride (cette conséquence serait toutefois probablement de courte durée si, à cause de l’empiétement par la végétation, le sol initialement exposé ne convenait plus à la nidification). D’autre part, l’augmentation de l’évaporation nette pourrait faire augmenter le risque de déshydratation des œufs et assécher des milieux humides qui étaient autrefois permanents.
Menace de l’UICN 11.3 Températures extrêmes – impact : inconnu
Les recherches sur l’influence des changements climatiques sur le rapport entre les sexes des populations de reptiles en fonction des extrêmes de température sont en cours, et les résultats sont pour l’instant non concluants. Par exemple, Janzen (1994) a avancé qu’une hausse moyenne de 4 °C en juillet pourrait entraîner une production nulle de tortues peintes mâles. D’un autre côté, Massey et al. (2019) ont prédit que l’incidence des fluctuations naturelles de température sur la détermination du sexe pendant l’incubation pourrait influer sur l’impact des changements climatiques sur le rapport entre les sexes chez la tortue serpentine. On ignore si les changements climatiques entraînent des extrêmes de température qui, à leur tour, ont un impact sur le rapport entre les sexes chez les sous-populations de tortues musquées au Canada.
Menace de l’UICN 11.4 Tempêtes et inondations – impact : inconnu
Même si, selon les prévisions, les précipitations annuelles augmenteront dans le bassin des Grands Lacs en raison des changements climatiques, les niveaux d’eau devraient baisser (voir l’analyse dans Brinker et al., 2018). Il est par conséquent difficile de prédire quel genre d’impact ces changements auront sur l’habitat de la tortue musquée. Des quantités de précipitations au-dessus de la moyenne dans le lac Ontario en 2017 ont mené à des niveaux d’eau record (International Lake Ontario-St. Lawrence River Board, 2018), et le lac a atteint son niveau maximal (record) en juin cette année-là, mois qui coïncide avec le début de la période de nidification de l’espèce au Canada (voir la section 3.3 ci-dessus). Le niveau d’eau record du lac Ontario a été enregistré en 2019, également pendant le mois de juin (NOAA, 2021). De tels niveaux sont susceptibles d’entraîner la destruction de nids par inondation, étant donné que les nids de tortue musquée sont aménagés près de la rive. En revanche, une étude réalisée dans le parc national des Mille-Îles a montré que les niveaux élevés du Saint-Laurent en 2017 (causés par les niveaux élevés du lac Ontario) ont élargi l’habitat de la tortue musquée à l’intérieur des limites du parc cette année-là, en augmentant la superficie des marais ouverts (MacDougall et Windle, 2019).
5. Objectif de gestion
L’objectif de gestion de la tortue musquée au Canada est d’empêcher que la population ne devienne menacée ou en voie de disparition :
- en maintenant ou en augmentant l’abondance de la population;
- en maintenant ou en augmentant l’indice de zone d’occupation (IZO);
- en maintenant les sous-populations du sud-ouest de l’Ontario.
D’après les critères quantitatifs utilisés par le COSEPAC pour évaluer le statut d’une espèce, l’abondance doit être maintenue à plus de 10 000 individus matures, l’IZO ne doit pas subir un déclin continu et la population ne doit pas être gravement fragmentée afin d’empêcher qu’elle ne devienne menacée (COSEWIC, 2019).
Le maintien des sous-populations de l’écorégion du lac Érié-lac Ontario (écorégion 7E) dans le sud-ouest de l’Ontario (Crins et al., 2009) est un volet de l’objectif de gestion puisque 15 des 26 sous-populations de cette écorégion 7E ont vraisemblablement disparu depuis 1986 (COSEWIC, 2012); une perte additionnelle continue de sous-populations dans l’écorégion entraînerait un déclin de l’IZO, une baisse de la zone d’occurrence et une augmentation du risque que l’espèce devienne gravement fragmentée au Canada. Il est hautement improbable que la tortue musquée soit en mesure de recoloniser naturellement les sites d’où les sous-populations ont disparu dans le sud-ouest de l’Ontario à cause de leur isolement par rapport aux sites existants.
Compte tenu de la maturité tardive, de la faible taille de ponte et du taux élevé de prédation des œufs et des juvéniles (voir les sections 3.3 et 3.4), la tortue musquée est vulnérable aux hausses même légères des taux de mortalité des adultes par rapport aux taux naturels. La réduction et l’atténuation des menaces en vue de maintenir le taux de survie le plus élevé possible chez les femelles adultes sont particulièrement primordiales à l’atteinte de l’objectif de gestion. La réduction de la portée des menaces et l’atténuation de leur gravité à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au cours des 10 prochaines années (voir la section 6) constituent la stratégie globale pour maintenir ou augmenter l’abondance et l’IZO de la population de tortues musquées ainsi que pour maintenir les sous-populations dans le sud-ouest de l’Ontario.
6. Stratégies générales et mesures de conservation
6.1 Mesures déjà achevées ou en cours
Depuis 2001, le gouvernement du Canada finance des projets de conservation de la tortue musquée au Québec et en Ontario dans le cadre du Programme d’intendance de l’habitat (PIH) et du Fonds autochtone pour les espèces en péril (FAEP) et, depuis 2004, dans le cadre du Fonds interministériel pour le rétablissement (FIR, désormais appelé Programme interministériel pour l'habitat essentiel, PIHE). Les projets consistent notamment en des activités telles que la réalisation de relevés ciblés de l’espèce; la désignation de l’habitat important à l’échelle locale; l’étude de la gravité des menaces telles que les prises accessoires des pêches et des mesures d’atténuation correspondantes; la sollicitation d’observations auprès de la population; la sensibilisation des propriétaires fonciers et du grand public à l’identification de l’espèce, aux menaces qui pèsent sur elle et aux possibilités d’intendance.
Le gouvernement du Canada participe, aux côtés du gouvernement des États-Unis, à la Commission mixte internationale (CMI), organisation binationale chargée de gérer les eaux transfrontalières, notamment le bassin versant des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Les activités de la CMI consistent notamment à régulariser les niveaux d’eau aux fins de la production d’hydroélectricité, de la navigation commerciale, de l’approvisionnement en eau potable et de l’amélioration de la qualité de l’eau.
ECCC participe au Programme de surveillance des terres humides côtières des Grands Lacs, programme canado-états-unien lancé en 2011 ayant pour objectif de surveiller les conditions des milieux humides côtiers dans le bassin des Grands Lacs. Le Programme utilise des protocoles normalisés pour échantillonner des oiseaux et des anoures des marais, analyser la qualité de l’eau et étudier la végétation, les macroinvertébrés et les poissons aquatiques des milieux humides. Les observations fortuites de tortues musquées et d’autres espèces de tortues sont également consignées.
À l’échelle nationale, la Société d’herpétologie du Canada (SHC) est la principale organisation sans but lucratif qui se consacre à la conservation, au Canada, des amphibiens et des reptiles, dont les tortues, par l’intermédiaire des activités suivantes : études scientifiques, programmes d’information du public et projets communautaires, compilation et analyse de données historiques et projets de conservation ou de remise en état de l’habitat.
Région de l’Ontario
Ces dernières années, le gouvernement de l’Ontario a financé de nombreux projets de conservation des tortues et d’intendance de l’habitat dans l’ensemble de la province grâce au Fonds d’intendance pour les espèces en péril de l’Ontario et à d’autres programmes de financement provinciaux. En 2007, une équipe de rétablissement coprésidée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) et l’Agence Parcs Canada (APC), a élaboré un programme de rétablissement de six espèces de tortues, dont la tortue musquée (Seburn, 2007). En 2010, le MRNO a publié le Forest Management Guide for Conserving Biodiversity at the Stand and Site Scales (MNRF, 2010). Cet outil à l’intention des gestionnaires des forêts est un guide sur la planification et la réalisation d’opérations forestières à différentes échelles géographiques (de moins de cent mètres carrés à des centaines de kilomètres carrés) pour favoriser la conservation de la biodiversité des forêts. Il comprend des normes, des lignes directrices et des pratiques exemplaires de gestion visant les espèces de tortues, dont la tortue musquée, qui se trouvent dans le secteur d’exploitation forestièreNote de bas de page 15. Plus récemment, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario (MRNFO) a publié deux documents d’orientation pour guider la conception et la mise en œuvre de mesures destinées à atténuer la mortalité routière des tortues telles que l’aménagement d’écopassages (passages inférieurs, ponceaux adaptés) et l’installation de clôtures d’exclusion : Best Management Practices for Mitigating the Effects of Roads on Amphibians and Reptile Species at Risk in Ontario. (2016) et Reptile and Amphibian Exclusion Fencing: Best Practices (2020). En outre, le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) du MRNFO a créé un projet sur iNaturalist qui permet au public de soumettre des observations sur des espèces rares, dont la tortue musquée ( (NHIC) Rare species of Ontario).
En 2016, l’APC a publié en vertu de la LEP trois plans d’action qui comprennent des mesures de conservation visant la tortue musquée : le Plan d’action visant plusieurs espèces dans le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne du Canada, le Plan d’action visant des espèces multiples pour le parc national de la Pointe-Pelée et les lieux historiques nationaux du Niagara et le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national des Mille-Îles. L’APC a entrepris diverses mesures de conservation des espèces présentes dans les parcs nationaux, notamment la protection des nids et des nouveau-nés ainsi que l’enlèvement du roseau commun envahissant dans les sites de nidification.
De 2009 à 2019, Ontario Nature, organisation non gouvernementale, a élaboré et géré l’atlas des reptiles et des amphibiens de l’Ontario (Ontario Reptile and Amphibian Atlas - anglais seulement). En sollicitant des mentions d’occurrence auprès de la population, des chercheurs et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, le projet d’atlas a permis d’améliorer les connaissances sur la répartition et le statut des reptiles et des amphibiens, notamment la tortue musquée, en Ontario (Ontario Nature, 2018).
Plusieurs inventaires et programmes de suivi à grande échelle ciblant des tortues, dont la tortue musquée, sont menés en Ontario par les organisations suivantes : Ontario Turtle Tally (zoo de Toronto), Université Trent (Kawartha Turtle Watch), Conservation de la nature Canada (CNC), Ontario Nature, l’APC et de nombreux autres programmes de relevé et de suivi locaux. De plus, des recherches sont menées sur la tortue musquée en Ontario afin de combler les lacunes dans les connaissances, notamment des études sur le domaine vital, la taille de la population, les paramètres démographiques, l’utilisation de l’habitat et l’écologie du paysage (voir la section Références).
De nombreuses organisations en Ontario entreprennent diverses initiatives de remise en état de l’habitat et d’atténuation des menaces ainsi que des projets de conservation pour aider la tortue musquée. Par exemple, l’Ontario Turtle Conservation Centre (OTCC), à Peterborough, coordonne les activités de recherche et de conservation (p. ex. protection des nids, incubation des œufs) et réhabilite les tortues sauvages qui ont été blessées dans l’espoir de les relâcher en bonne santé (Ontario Turtle Conservation Centre - anglais seulement).
De nombreux organismes et organisations offrent des programmes de sensibilisation et d’éducation sur les espèces de tortues en péril aux groupes scolaires, aux Premières Nations et au grand public (p. ex. Scales Nature Park, le Reptiles at Risk on the Road Project, la Georgian Bay Biosphere Reserve [et antérieurement le Georgian Bay Reptile Awareness Program], Ontario Nature, le MRNFO, Parcs Ontario, l’OTTC, l’APC, le zoo de Toronto et l’Office de protection de la nature de la rivière Thames supérieure). Le programme de conservation des milieux humides Adopt-a-Pond du zoo de Toronto - anglais seulement) est l’un des divers projets ayant conçu des programmes scolaires sur la conservation des tortues, tandis que le programme de conservation Turtle Island du zoo de Toronto (Toronto Zoo Turle Island Convervation - anglais seulement) encourage la conservation des tortues et la sensibilisation à celles-ci auprès des Premières Nations et de groupes non autochtones. L’organisme Turtle SHELL (Safety, Habitat, Education and Long Life) a élaboré des brochures et installé des panneaux indiquant le passage de tortues.
Québec
L’Équipe de rétablissement des tortues du Québec, établie en 2005, a notamment pour mandat d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de rétablissement pour cinq espèces de tortues : la tortue des bois (Glyptemys insculpta), la tortue géographique (Graptemys geographica), la tortue mouchetée (Emydoidea blandingii), la tortue musquée (Sternotherus odoratus) et la tortue ponctuée (Clemmys guttata) (Équipe de rétablissement des tortues du Québec, 2005). Depuis sa fusion avec l’Équipe de rétablissement de la tortue-molle à épines en 2012, elle est chargée du rétablissement d’une sixième espèce. Pour assurer la mise en œuvre des mesures de rétablissement, on a établi quatre groupes, chacun travaillant sur une espèce de tortue ou sur un groupe d’espèces. Un de ces groupes, le groupe de mise en œuvre visant la tortue mouchetée et la tortue musquée, est formé de partenaires de diverses organisations (au fil des ans, le MFFPNote de bas de page 16, ECCC, Hydro-Québec, la Commission de la capitale nationale, CNC et l’Université McGill) et d’experts-conseils indépendants. Les activités du groupe de mise en œuvre ont aidé à combler certaines lacunes dans les connaissances sur l’espèce et les menaces qui pèsent sur elle au Québec, à mettre en œuvre des mesures de protection de l’espèce et de son habitat et à accroître la sensibilisation à la tortue musquée au Québec. En mars 2021, le gouvernement de la province a publié un plan de rétablissement de la population québécoise de tortues musquées (Équipe de rétablissement des tortues du Québec, 2021).
Au cours des dernières décennies, on a réalisé des relevés (voir par exemple Chabot et St-Hilaire, 1991; Desrosiers et Giguère, 2008; Caron, 2010; Bourgeois et Rouleau, 2015; Toussaint et Caron, en prép.) et mené des recherches sur la sélection de l’habitat, les tendances de déplacement et la démographie de la tortue musquée (Belleau, 2008) le long de la rive nord de la rivière des Outaouais et dans le Saint-Laurent, au Québec. Toutes les observations recueillies sur l’espèce dans la province sont consignées au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), qui a en outre achevé et mis à jour la cartographie des éléments d’occurrence de la tortue musquée. La viabilité des sous-populations et les menaces applicables ont également été évaluées.
Le MFFP, en collaboration avec des partenaires tels que CNC, a réalisé plusieurs projets d’acquisition de terres le long de la rivière des Outaouais, au Québec, afin de protéger l’habitat d’une variété d’espèces, dont la tortue musquée. Entretemps, des initiatives d’intendance et de communication ont été lancées pour protéger la tortue musquée et son habitat (p. ex. distribution de brochures et de dépliants au public, présentation d’exposés dans les écoles, séances de formation sur les besoins de l’espèce à l’intention des municipalités). Toutes ces activités ont été entreprises par le gouvernement, des organisations non gouvernementales, des organismes de conservation, des établissements scientifiques ou zoologiques, ou des bénévoles.
6.2 Stratégies générales
Afin d’atteindre l’objectif de gestion, sept stratégies générales pour le rétablissement ont été établies :
- Utiliser des outils législatifs et administratifs pour conserver la tortue musquée et son habitat.
- Réduire la mortalité et les blessures chez la tortue musquée à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.
- Protéger, gérer et remettre en état l’habitat de la tortue musquée au Canada.
- Mener des activités de communication et de sensibilisation.
- Procéder à des relevés et à des suivis des sous-populations de tortues musquées, de l’habitat et des menaces.
- Effectuer des recherches sur la démographie, la caractérisation et l’utilisation de l’habitat, et les menaces (et leur atténuation) pour combler les lacunes dans les connaissances.
6.3 Mesures de conservation
Les stratégies générales et mesures de conservation nécessaires à la lutte contre les menaces décrites à la section 4 du présent plan de gestion (énumérées ci-dessous à titre de référence) et à l’atteinte des objectifs de gestion de la tortue musquée (voir la section 5) sont décrites dans le tableau 2.
4.1 Routes et voies ferrées
5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques
6.1 Activités récréatives
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages
7.3 Autres modifications de l’écosystème
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes
8.2 Espèces indigènes problématiques
9. Pollution
11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
| Stratégie générale | Mesures de conservation | Prioritéa | Menaces traitées |
|---|---|---|---|
| 1 : Utiliser des outils législatifs et administratifs pour conserver la tortue musquée et son habitat | Continuer de renforcer les lois fédérales et provinciales existantes qui protègent directement et indirectement la tortue musquée et son habitat (p. ex. lois sur la qualité de l’eau, les espèces sauvages, y compris les poissons) | Élevée | Toutes les menaces |
| 1 : Utiliser des outils législatifs et administratifs pour conserver la tortue musquée et son habitat | Élaborer ou modifier les règlements et les politiques régissant les activités qui menacent la tortue musquée et son habitat, notamment :
|
Élevée | 4.1 |
| 2 : Mettre en œuvre des mesures d’atténuation des menaces pour réduire la mortalité et les blessures chez la tortue | Mettre en œuvre des techniques et approches existantes pour réduire les blessures et la mortalité découlant de l’emprisonnement en tant que prises accessoires dans des engins de pêche commerciale (modifier les engins de pêche pour réduire les captures et augmenter la survie) | Élevée | 5.4 |
| 2 : Mettre en œuvre des mesures d’atténuation des menaces pour réduire la mortalité et les blessures chez la tortue | Mettre en œuvre des mesures d’atténuation pour réduire les collisions avec des véhicules (p. ex. construction d’écopassages) | Moyenne | 4.1 |
| 3 : Protéger, gérer et remettre en état l’habitat aquatique et riverain de la tortue musquée et les zones terrestres environnantes | Conserver les zones d’habitat occupé et le paysage terrestre environnant grâce à des accords d’intendance des terres (p. ex. servitudes de conservation) et à l’acquisition de terres pour améliorer la viabilité des sous-populations et la connectivité entre celles-ci | Élevée | 7.2 |
| 3 : Protéger, gérer et remettre en état l’habitat aquatique et riverain de la tortue musquée et les zones terrestres environnantes | Là où des sous-populations existent, gérer l’habitat pour arrêter ou renverser la perte et la dégradation d’habitat (p. ex. aménagement des rives) par l’intermédiaire d’activités d’intendance de l’habitat, et réduire la fragmentation en éliminant/atténuant les obstacles (ouvrages de régularisation des eaux) au déplacement et à la dispersion | Élevée | 7.2 |
| 3 : Protéger, gérer et remettre en état l’habitat aquatique et riverain de la tortue musquée et les zones terrestres environnantes | Si cela est nécessaire pour atteindre les objectifs de gestion, remettre en état les rives dégradées et reboiser les zones riveraines adjacentes à de l’habitat occupé (dans les 500 mètres) pour permettre l’augmentation naturelle de la zone d’occupation et de l’abondance de la population canadienne | Moyenne | 7.2 |
| 3 : Protéger, gérer et remettre en état l’habitat aquatique et riverain de la tortue musquée et les zones terrestres environnantes | Soutenir les organisations non gouvernementales dans la réalisation de programmes d’intendance de l’habitat (nidification, alimentation et hibernation) auprès de propriétaires fonciers | Moyenne | 7.2 |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Élaborer des programmes de communication spécifiques ciblant les secteurs des pêches commerciale et récréative et de la navigation de plaisance afin d’accroître la sensibilisation aux répercussions de ces activités sur les espèces sauvages aquatiques pour promouvoir la conformité aux conditions de permis (p. ex. obligation de déclarer les prises accessoires) et encourager l’utilisation d’engins modifiés et l’adoption de nouvelles mesures d’atténuation pour réduire la mortalité et les blessures causées par les prises accessoires et les collisions de bateaux chez la tortue musquée | Élevée | 5.4 |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Collaborer avec les gouvernements provinciaux et Pêches et Océans Canada pour encourager les pratiques qui réduisent le nombre de tortues dans les prises accessoires des pêches | Élevée | 5.4 |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Collaborer avec les gouvernements provinciaux et les peuples autochtones pour encourager la planification de l’utilisation durable des terres et la remise en état de l’habitat pour atténuer l’érosion des rives et maintenir l’habitat de nidification naturel | Moyenne | 7.2 |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Encourager le transfert et l’archivage d’information et d’outils, y compris les connaissances écologiques traditionnelles (CET) | Moyenne | Toutes les menaces |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Encourager la soumission, aux centres de données sur la conservation des provinces, de mentions d’observation de tortue musquée recueillies par :
|
Moyenne Faible |
Toutes les menaces |
| 4 : Mener des activités de communication et de sensibilisation | Mettre en œuvre des outils de communication et de sensibilisation pour faciliter la lutte contre d’autres menaces pesant sur la tortue musquée | Faible | 4.1 |
| 5 : Procéder à des relevés et à des suivis des sous-populations de tortues musquées | Élaborer un protocole normalisé de suivi des tendances de l’abondance à l’échelle des sous-populations | Élevée | Favoriser l’exactitude des évaluations de la situation |
| 5 : Procéder à des relevés et à des suivis des sous-populations de tortues musquées | Suivre l’abondance, les conditions de l’habitat et les niveaux de menace de toutes les sous-populations existantes pour déterminer lesquelles sont les plus gravement touchées par les menaces et/ou les déclins de l’abondance | Élevée | Toutes les menaces |
| 5 : Procéder à des relevés et à des suivis des sous-populations de tortues musquées | Prioriser et surveiller les sites présentant de l’habitat convenable et/ou faisant l’objet de mentions antérieures pour déterminer la présence de la tortue musquée | Moyenne | Favoriser l’exactitude des évaluations de la situation |
| 5 : Procéder à des relevés et à des suivis des sous-populations de tortues musquées | Assurer le suivi des sous-populations existantes pour mieux quantifier la zone d’occupation de la population | Faible | Favoriser l’exactitude des évaluations de la situation |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Continuer de répertorier les prises accessoires de tortues musquées par les pêches commerciales pour repérer les endroits et les types d’engins ayant les plus hauts taux de capture. Continuer de mettre au point et à l’essai de nouvelles modifications aux engins de pêche pour réduire les prises accessoires de tortues, tout en réduisant le plus possible les échappées de poissons | Élevée | 5.4 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Mettre au point des méthodes visant à détecter et à répertorier les blessures et les cas de mortalité dus aux collisions avec des bateaux pour cibler efficacement les activités de sensibilisation auprès de la communauté de plaisanciers et de mettre en œuvre une réglementation efficace | Élevée | 6.1 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Décrire l’emplacement et les caractéristiques de l’habitat où surviennent des cas de mortalité routière pour localiser et concevoir efficacement des mesures d’atténuation ainsi que pour orienter l’aménagement futur du réseau routier de manière à réduire les collisions entre les tortues et les véhicules | Moyenne | 4.1 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Déterminer comment évaluer les impacts directs et indirects (destruction de l’habitat) causés par les activités de dragage et d’exploitation de barrages | Moyenne | 7.2 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Continuer de répertorier la présence d’espèces envahissantes et déterminer la gravité de l’impact | Moyenne | 8.1 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Repérer les sites de nidification | Moyenne | Toutes les menaces |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Accroître les connaissances sur les types d’habitat utilisés durant la période d’hibernation, en particulier par les nouveau-nés et les juvéniles | Sans objet | Sans objet |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Déterminer si la quantité d’habitat convenable existant est suffisant pour assurer l’atteinte des objectifs de gestion | Moyenne | Toutes les menaces |
| : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Mener des études pour mieux décrire l’utilisation de l’habitat terrestre par l’espèce (p. ex. distance parcourue pour atteindre les sites de ponte) | Moyenne | 4.1 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Évaluer la portée et, au besoin, la gravité de la menace que posent les polluants (p. ex. contaminants, sédiments et nutriments) | Faible | 9 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Évaluer le degré de prédation par les animaux indigènes | Faible | 8.2 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Évaluer l’impact des sécheresses, des températures extrêmes, des tempêtes et des inondations dues aux changements climatiques | Faible | 11 |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Améliorer les connaissances sur l’effet cumulatif des menaces qui pèsent sur la tortue musquée et son habitat | Faible | Toutes les menaces |
| 6 : Effectuer des recherches pour combler les lacunes dans les connaissances sur les menaces et les mesures d’atténuation des menaces, l’utilisation de l’habitat et les paramètres démographiques de la population | Approfondir les connaissances sur les paramètres démographiques de l’espèce (p. ex. déterminer les seuils d’une population viable) et la composition génétique des sous-populations, en particulier celles du sud-ouest de l’Ontario (p. ex. étayer la pertinence de l’augmentation des sous-populations par translocation d’individus) | Faible | Toutes les menaces |
a « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la mesure contribue directement à la conservation de la population canadienne de tortues musquées. À l’échelle provinciale, les priorités peuvent être classées différemment selon l’autorité responsable. Les mesures à priorité élevée sont considérées comme étant celles les plus susceptibles d’avoir une influence immédiate et/ou directe sur l’atteinte de l’objectif de gestion de l’espèce, ou sont des précurseurs essentiels aux mesures. Les mesures à priorité moyenne peuvent avoir une influence moins immédiate ou moins directe sur l’atteinte de l’objectif de gestion, mais demeurent importantes pour la gestion de la population. Les mesures de conservation à faible priorité auront probablement une influence indirecte ou progressive sur l’atteinte de l’objectif de gestion, mais sont considérées comme des contributions importantes à la base de connaissances et/ou à la participation du public et à l’acceptation de l’espèce par le public.
7. Mesure des progrès
Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs de gestion et de faire le suivi de la mise en œuvre du plan de gestion. Tous les dix ans, la réussite de la mise en œuvre du plan de gestion sera mesurée en fonction des indicateurs de rendement suivants :
- Le nombre d’individus matures au Canada est de 10 000 ou plus.
- L’indice de zone d’occupation est d’au moins 1 408 km2 et à la hausse.
- Les sous-populations existantes dans le sud-ouest de l’Ontario (entre 11 et 26 sous-populations dans l’écorégion 7E) sont maintenues.
- Les cotes de viabilité des sous-populations du Québec sont maintenues ou améliorées.
8. Références
En raison de la vulnérabilité de certaines espèces de tortues à la capture illégale, les références précises fournissant de l’information sur les localités des espèces de tortues vulnérables ont été retirées de la présente version du plan de gestion. À des fins de protection de ces espèces et de leur habitat, on peut demander la liste complète des références en communiquant avec Environnement et Changement climatique Canada à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.
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Annexe A : Cotes de conservation infranationales attribuées à la tortue musquée (Sternotherus odoratus) au Canada et aux États-Unis.
| Cote mondiale (G) | Cote nationale (N) | Cote infrationale (S) (Canada) | Cote infrationale (S) (États-Unis) |
|---|---|---|---|
| G5 | Canada (N3) États-Unis (N5) |
Ontario (S3) Québec (S1) |
Alabama (S5), Arkansas (S4), Connecticut (S4), Delaware (S5), District de Columbia (S4), Floride (S5), Georgie (S5), Illinois (S5), Indiana (S4), Iowa (S2), Kansas (S4), Kentucky (S5), Louisiane (S5), Maine (S3), Maryland (S5), Massachusetts (S4S5), Michigan (S5), Minnesota (SNR), Mississippi (S5), Missouri (S5), New Hampshire (S5), New Jersey (S5), New York (S5), Caroline du Nord (S5), Ohio (SNR), Oklahoma (S4), Pennsylvanie (S4), Rhode Island (S4), Caroline du Sud (SNR), Tennessee (S5), Texas (S5), Vermont (S2), Virginie (S5), Virginie-Occidentale (S5), Wisconsin (S4) |
Définitions des cotes (Master et al., 2012)
S1 – gravement en péril : Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition très limitée, d’un nombre très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
S2 – en péril : Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
N3/S3 – vulnérable : Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition plutôt limitée, d’un nombre relativement faible de populations ou d’occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d’autres facteurs.
S4 – apparemment non en péril : Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.
S4S5 – non en péril/apparemment non en péril : Espèce non susceptible ou assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue ou de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.
G5/N5/S5 – non en péril : Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l’abondance de populations ou d’occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou à des menaces ou n’en suscitant que très peu.
SNR – non classée : Espèce dont le statut de conservation infranational n’a pas encore été évalué.
Annexe B : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 17. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 18 (SFDD).
La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que les stratégies peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont pris en compte dans le plan de gestion lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.
La plupart des activités réalisées pour protéger la tortue musquée et son habitat auront également des effets positifs sur d’autres espèces qui utilisent un habitat similaire. La protection des milieux humides contribuera au maintien de la riche biodiversité assurée par ces milieux. En outre, la réduction et l’atténuation des menaces pesant sur la tortue musquée (p. ex. utilisation d’écopassages pour réduire la mortalité routière, activités d’élimination de la pollution des milieux aquatiques) peuvent aider à réduire la mortalité chez d’autres espèces animales. Certaines de ces mesures sont probablement prévues dans d’autres documents de rétablissement, particulièrement ceux visant des espèces aquatiques et fluviales. Le tableau B-1 donne des exemples d’espèces en péril qui pourraient profiter du rétablissement de la population de tortues musquées au Canada.
| Nom commun | Nom scientifique | Statut selon la LEP |
|---|---|---|
| Tortue mouchetée (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) | Emydoidea blandingii | Espèce menacée |
| Bec-de-lièvre | Exoglossum maxillingua | Espèce préoccupante |
| Couleuvre fauve de l’Est (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) | Pantherophis gloydi | Espèce en voie de disparition |
| Couleuvre fauve de l’Est (population carolinienne) | Pantherophis gloydi | Espèce en voie de disparition |
| Couleuvre à nez plat | Heterodon platirhinos | Espèce menacée |
| Couleuvre mince (population des Grands Lacs) | Thamnophis sauritus | Espèce préoccupante |
| Dard de sable | Ammocrypta pellucida | Espèce menacée |
| Crapaud de Fowler | Anaxyrus fowleri | Espèce en voie de disparition |
| Brochet vermiculé | Esox americanus vermiculatus | Espèce préoccupante |
| Râle élégant | Rallus elegans | Espèce en voie de disparition |
| Couleuvre d’eau du lac Érié | Nerodia sipedon insularum | Espèce préoccupante |
| Petit Blongios | Ixobrychus exilis | Espèce menacée |
| Couleuvre tachetée | Lampropeltis triangulum | Espèce préoccupante |
| Tortue géographique | Graptemys geographica | Espèce préoccupante |
| Tortue serpentine | Chelydra serpentina | Espèce préoccupante |
| Tortue molle à épines | Apalone spinifera | Espèce en voie de disparition |
| Tortue ponctuée | Clemmys guttata | Espèce en voie de disparition |