Plan de gestion de la tortule à poils lisses au Canada [finale] 2011 : Gestion

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Le but de la gestion est de maintenir les populations connues de tortules à poils lisses en Colombie-Britannique.

Il n’est pas possible de fixer un but quantitatif pour la gestion de cette espèce, car on ignore les données démographiques de base et les tendances associées à toutes les populations connues. L’espèce étant limitée à des milieux restreints et spécialisés, elle est très vulnérable aux perturbations ou à la destruction. Donc, pour empêcher la tortule à poils lisses de devenir menacée ou en péril, il est impérieux de maintenir toutes les populations connues de l’espèce. Lorsque les lacunes dans la connaissance auront été comblées, notamment lorsque l’on aura clarifié la répartition de l’espèce, il sera possible de fixer avec plus de précision le but de la gestion.

  1. Lancer des mesures de protection de l’habitat[3] des populations existantes, au plus tard en 2016.
  2. Atténuer les menaces de destruction directe de la mousse et déterminer si le faible recrutement d’arbres hôtes constitue une menace directe pour toutes les populations connues, au plus tard en 2015.
  3. Clarifier la répartition de la tortule à poils lisses en Colombie-Britannique et mettre à jour, au besoin, les objectifs de population et de répartition, au plus tard en 2014.
  4. Sensibiliser le public à l’existence et à la valeur de conservation de la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.
  5. Combler les lacunes dans la connaissance concernant la démographie, les effets de la concurrence avec d’autres espèces, les caractéristiques du microhabitat, et les conditions du microclimat et de l’habitat propices à cette espèce, au plus tard en 2016.

3 La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d'intendance, des conventions de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, les désignations relatives à l'utilisation des terres et la désignation d'aires protégées.

Tableau 3. Mesures de gestion recommandées pour la tortule à poils lisses
Priorité Obj. no Menace ou préoccupation visée Groupe d’action du cadre de conservation Mesure de gestion Échéancier (date de début)
Élevée 1, 4 Perte et dégradation de l’habitat Dommage direct Protection de l’habitat
  • Définir la propriété des terres où sont situées les populations
2011
Protection de l’habitat; intendance des terres privées
  • Se prévaloir du programme de communication avec les propriétaires fonciers de l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry pour entrer en contact avec les propriétaires privés (3) et les gestionnaires de terres (Division des parcs et des aires protégées, C.-B., Université de Victoria, Collège Camosun, ministère de la Défense nationale, Capital Regional Parks, Nature Conservancy of Canada) et obtenir leur coopération pour que les terres soient tenues et gérées de manière à favoriser la persistance de l’espèce, et sensibiliser le public et informer les naturalistes, les clubs de plein air et les administrations municipales (7) concernant la tortule à poils lisses et sa gestion
2012
Protection de l’habitat; intendance des terres privées
  • Élaborer pour chaque site un plan de gestion qui permettra d’atténuer les menaces et de maintenir ou d’accroître les populations, le cas échéant
2013
Protection de l’habitat
  • Revoir les règlements sur l’abattage des arbres et déterminer si le diamètre minimal du chêne de Garry est assez petit pour prévenir son enlèvement; dans le cas contraire, recommander des changements aux diverses municipalités où sont situés les terres
2012
Protection de l’habitat
  • Établir des protocoles de surveillance pour évaluer les populations et leurs réactions aux techniques de gestion
2012
Élevée 2 TOUTES Surveillance des tendances
  • Établir des protocoles de surveillance pour évaluer les menaces
2012
Surveillance des tendances
  • Surveiller les sites pour évaluer les effets des mesures d’atténuation et de protection
2012
Surveillance des tendances
  • Colliger les données en cours concernant les paramètres des sites qui permettront d’interpréter les tendances des populations
2013
Surveillance des tendances
  • Adapter la gestion des sites selon ce qui précède et le type de propriété des terres
2014
Élevée 3 Lacunes dans la connaissance : statistiques sur les populations; clarification de la répartition Élaborer un rapport de situation
  • Faire un relevé de tous les sites connus pour déterminer la taille des populations
2012
Élaborer un rapport de situation
  • Faire des relevés d’inventaire dans les zones pouvant offrir un habitat mais qui n’ont pas encore été l’objet de recherches, et documenter toute nouvelle population
2013
Moyenne 5 Lacunes dans la connaissance Élaborer un rapport de situation
  • Mener des études démographiques
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les effets de la concurrence livrée par les autres espèces
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Caractériser le microhabitat
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les conditions du microclimat et de l’habitat
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer si le faible recrutement de chênes de Garry constitue une menace pour cette espèce
2012
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les effets de la pollution atmosphérique
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer la catégorie d’âge des arbres hôtes
2014

Les mesures recommandées ont été classées par les groupes d’action du cadre de conservation.

Protection de l’habitat
Lorsque les lacunes dans la connaissance auront été comblées aux fins d’une mise à jour du rapport de situation du COSEPAC, des mesures de protection de l’habitat devront être appliquées aux populations non protégées. Actuellement, des 27 populations connues, trois sont situées sur des terres privées et une sur une terre de propriété inconnue (la population no 1, dans la baie Pedder). Pour protéger ces populations qui ne jouissent d’aucune protection, il conviendra de modifier les règlements sur la protection des arbres situés sur les terres municipales pour qu’ils prévoient la protection des chênes de Garry jeunes, à faible diamètre, de même que le maintien des chênes de Garry matures. Parmi les populations restantes, la plupart sont situées sur des terres municipales, deux sur des terres institutionnelles (une à l’Université de Victoria et une au Collège Camosun), une sur une terre fédérale (ministère de la Défense nationale), trois dans des réserves écologiques, une sur une terre de Nature Conservancy, et une dans un parc régional. Il serait possible d’améliorer la protection à ces 27 sites en adoptant certaines des bonnes pratiques de gestion élaborées par le ministère de l’Environnement pour le développement urbain et rural en Colombie-Britannique (ministère de l’Environnement, 2006); ces bonne pratiques comprennent une section générale sur les écosystèmes du chêne de Garry. Il serait bon, toutefois, d’élaborer des bonnes pratiques de gestion visant plus spécifiquement cet écosystème et les espèces connexes.

Intendance des terres privées
Grâce au programme de communication avec les propriétaires fonciers mis en place par l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, il est possible de sensibiliser les propriétaires et les gestionnaires de terres à l’espèce, voire de les amener à participer, dans l’avenir, aux relevés et aux activités d’intendance touchant l’espèce. Le programme de relations communautaires de la GOERT collabore également avec d’autres partenaires, comme l’Habitat Acquisition Trust Foundation et la Garry Oak Meadow Preservation Society, pour faire valoir l’importance des écosystèmes du chêne de Garry.

Surveillance des tendances
Il y a lieu de visiter de nouveau les populations existantes pour confirmer la taille des populations. Lorsque les statistiques sur les populations auront été réunies, une stratégie de surveillance efficace devra être mise en œuvre afin que l’on puisse mesurer le succès de tous les aspects du plan de gestion. Cette stratégie devra être élaborée en même temps que seront documentées les caractéristiques des populations, ou tout de suite après.

Le rapport COSEPAC (2004) fait une description générale des menaces. Mais il importe de les décrire plus en détail et de mieux comprendre celles qui se posent à chaque population connue, sans oublier de définir les mesures d’atténuation possibles. De plus, dans le cas où des menaces peuvent être mesurées, il y a lieu de les surveiller et de les évaluer, et si des mesures d’atténuation sont prises, celles-ci doivent aussi être surveillées.

Élaborer un rapport de situation
Comme des renseignements de base restent à colliger pour élaborer une mise à jour du rapport de situation du COSEPAC pour cette espèce, il y a lieu de faire une recherche poussée de tortules à poils lisses dans les aires pouvant constituer un habitat propice. Pour une gestion efficace de la tortule à poils lisses, cette information doit comprendre : des statistiques sur la population, y compris la taille et le nombre de colonies par population, et la zone d’occurrence de chaque population connue.

Des recherches doivent être menées pour déterminer la démographie, les effets de la concurrence avec d’autres espèces, les méthodes de reproduction et de dispersion, de même que les caractéristiques de l’habitat et du microhabitat de cette espèce.

Objectif 1 : Les propriétaires des terres privées comprenant trois localités, les gestionnaires fonciers des sept municipalités concernées et les gestionnaires responsables des autres terres institutionnelles, provinciales et fédérales ont été contactés et ont appliqué les mesures adéquates (p. ex., activités d’intendance, bonnes pratiques de gestion) pour la protection de l’habitat, au plus tard en 2016.

Objectif 2 : Des détails précis ont été obtenus sur les menaces connues, soit la perte d’arbres hôtes, l’enlèvement direct de l’espèce sur les arbres hôtes, et le faible recrutement d’arbres hôtes, et les nouvelles menaces potentielles à toutes les localités connues ont été documentées, au plus tard en 2014. Des mesures d’atténuation, des bonnes pratiques de gestion ou des plans de gestion par site ont été élaborés et surveillés pour diminuer l’impact de ces menaces, au plus tard en 2016.

Objectif 3 : De nouveaux relevés des 27 localités connues sur l’île de Vancouver ont été faits et documentés, au plus tard en 2014. Un relevé a été fait dans 60 % d’un habitat propice non encore recensé correspondant aux écosystèmes du chêne de Garry situés dans le sud de l’île de Vancouver afin de documenter la présence de la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.

Objectif 4 : Au moins six propriétaires fonciers ou gestionnaires de terres (en plus des propriétaires et gestionnaires des sites connus) situés dans l’aire de répartition potentielle de l’espèce ont été contactés et ont reçu des documents d’information sur la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.

Objectif 5 : Des recherches destinées à combler les lacunes dans la connaissance (p. ex., mécanismes de reproduction et de dispersion, effets de la concurrence livrée par d’autres espèces, caractéristiques du microhabitat, conditions du microclimat et de l’habitat) ont été entreprises, au plus tard en 2014.

La protection de l’habitat de cette espèce aura pour effet de protéger aussi d’autres espèces composant la flore et la faune des écosystèmes du chêne de Garry. En particulier, en comprenant mieux le rapport entre la tortule à poils lisses et les chênes de Garry matures, on sera mieux sensibilisé à l’importance de préserver les chênes restants et leurs écosystèmes. En sachant comment accroître le recrutement d’arbres hôtes et comment préserver les arbres matures, on protégera aussi d’autres espèces associées aux écosystèmes du chêne de Garry et on contribuera à la protection de leur habitat à long terme.

Les gestionnaires des terres et le public doivent être sensibilisés à l’existence de l’espèce et doivent être incités à participer à sa conservation. À cette fin, on peut, par exemple, créer des programmes de communication ciblant les propriétaires fonciers, comme celui mis en place par l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry. Cette équipe pourrait aussi collaborer avec le ministère de l’Environnement, Division des parcs et des aires protégées de la Colombie-Britannique, ainsi qu’avec les municipalités propriétaires des terres, pour clarifier la répartition de l’espèce et la propriété des terres, et pour évaluer et atténuer les menaces (tableau 3).

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Communications personnelles

Wynne Miles, consultante, Victoria (Colombie-Britannique)
Terry McIntosh, consultant, Vancouver (Colombie-Britannique)
Shyanne Smith, botaniste, Victoria (Colombie-Britannique)

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2022-02-24