Plan de gestion de la tortule à poils lisses au Canada [proposition] 2011 : Populations et répartition

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La tortule à poils lisses a une répartition mondiale vaste mais éparpillée. L’espèce a été signalée en Amérique du Nord, au Chili, dans le sud de l’Europe, dans l’est de l’Asie, au Japon, en Afrique du Sud et, peut-être, en Nouvelle-Zélande et en Australie (COSEPAC 2004). En Amérique du Nord, sa répartition suit essentiellement celle des écosystèmes du chêne de Garry. L’espèce se rencontre le long de la côte dans le sud de la Colombie-Britannique et à l’intérieur des terres dans l’État de Washington, en Oregon et jusqu’en Californie (figure 3); cette répartition ne correspond pas à celle proposée par Mischler (2007), car celui-ci englobe dans sa description une autre espèce davantage répandue, à la taxinomie incertaine, le S. pagorum.

Au Canada, l’aire de répartition de la tortule à poils lisses forme une bande étroite correspondant à la zone côtière du sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 4; tableau 1). L’espèce est surtout commune dans la région de Victoria, des populations ayant été recensées dans les municipalités d’Oak Bay, de Saanich et de Victoria (Miles, 2001; COSEPAC, 2004). À l’extérieur de la région de Victoria, on trouve des populations éparses de l’espèce dans la baie Pedder, à l’ouest de Victoria; à Duncan, au nord de Victoria; dans les îles Galiano et Salt Spring; et à Nanoose Hill (Notch Hill), au nord de Nanaimo. La Colombie-Britannique compte au total 27 populations de tortules à poils lisses, dont deux nouvelles, documentées après la publication du rapport de situation du COSEPAC (tableau 1). La plupart des populations sont composées de plusieurs petites colonies (moins de 1 cm2) qui occupent des aires relativement petites à chaque site.

Avant 2001, cette espèce n’avait été observée que sporadiquement en Colombie-Britannique. Une étude de 2001 portant sur la répartition de la forme de cette espèce qui produit des gemmules (Miles 2001) a révélé que la tortule à poils lisses est relativement répandue dans la région de Victoria, même si elle est peu commune dans cette aire de répartition. En effet, elle a été trouvée sur seulement quelque 5 % des centaines d’arbres examinés. Au cours de travaux de terrain menés en marge du rapport de situation du COSEPAC (COSEPAC, 2004), plus de 400 chênes de Garry situés près de Duncan et de Nanaimo et dans l’île Salt Spring ont été examinés : la tortule à poils lisses n’a été trouvée que sur trois arbres. Le COSEPAC (2004) mentionne 31 populations, mais certaines ont été réunies, conformément aux critères de séparation des populations du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et de NatureServe, selon lesquels au moins 1 km doit séparer deux populations l’une de l’autre (NatureServe, 2009). À cause de contraintes financières, Miles (2001) a surtout cherché et prélevé les petites plantes dont les feuilles ne comportaient pas d’arête. Il est donc possible que l’espèce soit plus commune dans la région de Victoria que l’a montré l’étude de Miles. On n’a pas encore commencé à surveiller les populations.

Les populations de tortules à poils lisses en Colombie-Britannique représentent probablement moins de 1 % de la répartition et de l’abondance mondiales de l’espèce (on ne dispose d’aucune estimation publiée de la répartition et de l’abondance mondiales de cette mousse). Les tendances de la population de cette espèce demeures inconnues.

Figure 3. Répartition nord-américaine de la tortule à poils lisses (le point en Colombie-Britannique représente toutes les localités existantes)

Carte de la répartition de la tortule à poils lisses en Amérique du Nord

Figure 4. Répartition de la tortule à poils lisses en Colombie-Britannique (l’ensemble de points dans la région de Victoria indique plusieurs populations à Victoria, Langford, Esquimalt, Colwood, Oak Bay et Saanich)

Carte de la répartition de la tortule à poils lisses en Colombie-Britannique
Tableau 1. Données relatives aux populations[1] de tortules à poils lisses en Colombie-Britannique (Miles, 2001; COSEPAC, 2004; les populations 22 et 24 ont été documentées après la publication du rapport de situation du COSEPAC)
Numéro de la population et endroit Date(s) d’observation Nombre estimatif de colonies et étendue[2] Nature/propriété du terrain
1. Baie Pedder 1976 ? (aucune donnée colligée) inconnue
2. Langford 2002 >20 colonies (1,8) terre municipale
3. Esquimalt 2002 >20 colonies (0,7) terre municipale
4. Colwood 2002 >20 colonies (0,1) terre municipale
5. Victoria 2001, 2002 >20 colonies (0,3) parc municipal
6. Victoria 2001, 2002 5–20 colonies (0,2) parc municipal
7. Victoria 2002 >20 colonies (0,6) parc municipal
8. Victoria 2002, 2003 >20 colonies (1,8) propriété privée
9. Victoria 2003 >20 colonies (1,8) parc municipal
10. Oak Bay, Victoria/ 2007, 2008 >20 colonies (>2,5) sur de nombreux arbres Collège Camosun
2001, 2002 >20 colonies (1,0) terre municipale
11. Oak Bay, Victoria 2001, 2002 >20 colonies (1,0) terre municipale
12. Oak Bay, Victoria 2002, 2003 <5 colonies (<0,01) propriété privée
2001, 2002 >20 colonies (0,5) terre municipale
13. Oak Bay, Victoria 2001, 2002,
2003
5–20 colonies (0,2) parc municipal
14. Saanich 2001, 2002 5–20 colonies (0,03) parc municipal
15. Saanich 2002, 2003 5–20 colonies (0,03) parc municipal
2002 >20 colonies (0,6) parc municipal
2002 5–20 colonies (0,3) terre municipale (prob.)
2001 >20 colonies (0,1) parc municipal
2001 5–20 colonies (0,06) parc municipal
16. Saanich 2002 >20 colonies (2,6) terre municipale
17. Saanich 2002, 2003 5–20 colonies (0,8) Université de Victoria
18. Saanich 2002 5–20 colonies (0,4) terre municipale
19. Saanich 2002 5–20 colonies (0,05) parc municipal
20. North Saanich 2002 <5 colonies (<0,01) terre municipale
21.Île Galiano 2002 <5 colonies (0,06) parc régional (CRD)
22. Île Salt Spring 2006 >20 colonies (<1,0) réserve écologique de la C.-B. (gouvernement provincial)
2002 5–20 colonies (<0,01)
23. Île Salt Spring 2001, 2002, 2007 <5 colonies (<0,02) réserve écologique de la C.-B. (gouvernement provincial)
24. Île Salt Spring 2005 quelques colonies propriété privée
25. Duncan 2001 inconnu Nature Conservancy of Canada
26. Duncan 1978 inconnu réserve écologique de la C.-B. (gouvernement provincial)
27. Nanoose Hill (Notch Hill) 1975, 1980, 2009 inconnu
inconnu
3–5 colonies (<0,03)
ministère de la Défense nationale (gouvernement fédéral)

1 Les populations sont séparées par une distance d’au moins 1 km, selon les critères de NatureServe, et la désignation « parc » s’applique à différents parcs. Les parcs municipaux sont gérés par les administrations municipales (Colwood, Esquimalt, Langford, North Saanich, Oak Bay, Saanich et Victoria), tandis que les parcs régionaux font partie du réseau des parcs du CRD (Capital Regional District).

2 Le nombre entre parenthèses est la superficie approximative de la population, en m2; cette superficie comprend habituellement d’autres bryophytes et l’écorce exposée.

En Colombie-Britannique, la tortule à poils lisses ne pousse que sur l’écorce des arbres, particulièrement celle des vieux chênes de Garry, mais on l’a aussi trouvée une fois sur un érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum; Miles, comm. pers., 2006). Elle est surtout commune sur le tronc des arbres, mais elle se rencontre également sur leurs branches supérieures. La tortule à poils lisses forme habituellement des colonies isolées et pousse rarement en mélange avec d’autres mousses ou avec des lichens, ce qui peut indiquer sa faible capacité à concurrencer d’autres espèces épiphytes. De plus, il se peut qu’elle pousse sur des arbres offrant un microhabitat relativement sec et protégé, dont sont absentes les autres mousses, mais davantage de recherches s’imposent pour déterminer si cela est vrai (McIntosh, comm. pers., 2009). La plupart des populations de tortules à poils lisses se trouvent sur des arbres poussant en terrain dégagé dans des régions à étés secs, doux à chauds et à hivers humides, frais à froids. Étant donné le peu d’études scientifiques menées sur cette espèce, on en sait très peu sur ses besoins biologiques (p. ex., microhabitat, microclimat, mécanismes de reproduction ou de dispersion) et sur ses besoins en matière d’habitat (p. ex., exposition, niveau d’ombrage, élévation, rôle des perturbations).

Le morcellement des écosystèmes du chêne de Garry, l’arbre hôte de cette espèce, et la perte d’environ 95 % de ces écosystèmes (Fuchs, 2001) constituent un facteur limitatif clé.

Un autre facteur limitatif potentiel touchant la tortule à poils lisses est sa petite taille, qui peut désavantager celle-ci face à la concurrence. Il semble toutefois que cette espèce tire déjà avantage du milieu découvert qu’offre l’écorce des arbres. En raison de sa petite taille et de la faible superficie des colonies, cette espèce est vulnérable aux événements stochastiques.

Tableau 2. Classification des menaces auxquelles est exposée la tortule à poils lisses
1 Perte d’arbres hôtes Caractéristiques de la menace
Catégorie de menace Perte et dégradation de l’habitat Étendue Répandue
Locale Ensemble de l’aire
Menace générale Abattage d’arbres hôtes Présence Prévue dans les zones urbaines Probable
Fréquence Récurrente Probable
Menace spécifique Destruction ou enlèvement de l’espèce et dégradation de son habitat Certitude causale Moyenne Probable
Gravité Élevée Probable
Stress Mortalité de l’espèce, reproduction réduite Niveau de préoccupation Élevé
2 Enlèvement direct de l’espèce sur les arbres hôtes Caractéristiques de la menace
Catégorie de menace Perturbation ou dommage Étendue Localisée
Locale Ensemble de l’aire
Menace générale Enlèvement direct de l’espèce sur les arbres hôtes, ou dommage Présence Prévue dans les zones urbaines Probable
Fréquence Récurrente Probable
Menace spécifique Destruction ou enlèvement de l’espèce Certitude causale Faible Probable
Gravité Faible Probable
Stress Mortalité de l’espèce, reproduction réduite Niveau de préoccupation Faible
3 Faible taux de recrutement d’arbres hôtes Caractéristiques de la menace
Catégorie de menace Dégradation de l’habitat Étendue Répandue
Locale Ensemble de l’aire
Menace générale Faible taux de recrutement du chêne de Garry en raison des herbes invasives, du broutement et de l’empiétement des conifères Présence Prévue dans les zones urbaines Inconnue
Fréquence Récurrente Inconnue
Menace spécifique Rareté de l’habitat dans l’avenir Certitude causale Faible Inconnue
Gravité Faible Inconnue
Stress Faible taux de recrutement, viabilité moindre des populations, destruction locale Niveau de préoccupation Moyen

Perte d’arbres hôtes
L’urbanisation, la construction routière, le développement agricole sont autant de facteurs qui ont mené à l’abattage de chênes de Garry matures. La récolte des arbres hôtes de l’espèce pourrait mener à la diminution de la plupart, sinon la totalité, des populations, et miner leur viabilité, voire les détruire. Des chênes de Garry ont été abattus par le passé (pour des raisons de sécurité ou pour permettre la construction résidentielle) et leur récolte se poursuit aujourd’hui, dictée par le développement urbain et l’entretien des jardins domestiques. Trois des populations connues de tortules à poils lisses sont situées dans des réserves écologiques, où toute récolte des chênes de Garry est interdite; mais les trois populations situées sur des propriétés privées ne sont pas à l’abri de cette menace. On ne dispose d’aucune information concernant les caractéristiques de cette menace pour les autres populations.

Enlèvement direct de l’espèce sur les arbres hôtes
Certains propriétaires enlèvent les mousses et les lichens sur les chênes qui se trouvent sur leur propriété; ils peuvent ainsi, sans le savoir, détruire des colonies de tortules à poils lisses. La mousse qui pousse à la base des chênes, dans les parcs, risque d’être endommagée par la tonte du gazon ou le désherbage, et l’urine des chiens a tué les mousses à la base de certains arbres où la tortule à poils lisses avait été vue (McIntosh, comm. pers., 2009). L’émondage s’est toujours pratiqué et il se pratique encore pour appuyer le développement urbain; il fait aussi partie des tâches d’entretien des jardins domestiques et des terres municipales. On s’attend à ce que ces activités se poursuivent dans l’avenir, en particulier dans les zones urbaines.

Faible recrutement d’arbres hôtes
En ville, il n’est pas rare que l’on enlève les jeunes chênes des propriétés privées, notamment s’ils sont situés sur une pelouse. On ne dispose toutefois d’aucune information sur la probabilité d’occurrence de ces menaces dans les populations connues. Comme il peut y avoir, dans certaines localités, des chênes matures pouvant servir d’hôtes à la tortule à poils lisses, cela peut prendre un certain temps avant que le faible recrutement de chênes de Garry cause préjudice à la tortule à poils lisses dans ces localités. Il y a lieu de déterminer pour chacune des populations connues si le faible recrutement causera préjudice à la tortule à poils lisses.

Dans certains secteurs de la zone urbaine de Victoria vivent des populations de cerfs qui broutent tous les types de végétaux, y compris les jeunes arbres et les semis d’arbres. Dans certains secteurs, comme dans la réserve écologique du Mont Maxwell sur l’île Salt Spring, on trouve beaucoup de vieux chênes; la plupart ont de 90 à 140 ans, tandis que certains des plus anciens datent des années 1700 (Smith, comm. pers., 2009). Toutefois, les chênes se régénèrent peu dans cette réserve écologique, en raison, semble-t-il, du broutage des cerfs et des moutons; mais la situation s’améliore, des efforts ayant été faits pour enlever les moutons de la réserve.

Menaces potentielles
D’autres facteurs peuvent expliquer le faible recrutement d’arbres hôtes dans certains secteurs, soit la présence d’herbes envahissantes produisant un épais feutre racinaire, qui peuvent empêcher les glands d’atteindre un milieu propice à la germination, et l’empiétement de conifères, principalement le douglas taxifolié (Pseudotsuga menziesii), l’absence de lutte contre les incendies permettant à ce conifère de proliférer.

La pollution atmosphérique peut représenter une menace pour les populations de tortules à poils lisses dans la région de Victoria. Adams et Preston (1992) font remarquer que, comparativement aux autres espèces de mousses, au Royaume-Uni, la tortule à poils lisses semble être l’une des plus sensibles à la pollution atmosphérique et l’une des plus gravement touchées par cette pollution. Beaucoup des sites connus de la tortule à poils lisses en Colombie-Britannique sont situés près de routes; il se peut que la pollution provenant de l’échappement des automobiles nuise à certaines populations, mais cela demeure une donnée inconnue. Il est possible que cette pollution mine la viabilité de la plupart ou de la totalité des populations urbaines, et qu’elle entraîne la destruction de certaines de ces populations.

L’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (GOERT) a mis en place un programme de communication avec les propriétaires fonciers, qui informe ceux-ci de la possibilité que des chênes de Garry poussent sur leurs terres. L’équipe a aussi produit un manuel pratique (GOERT, 2009) qui renseigne les propriétaires et les gestionnaires de terres sur les espèces à risque que l’on trouve dans les écosystèmes du chêne de Garry, y compris la tortule à poils lisses, et suggère des activités de gestion favorables à l’espèce et son habitat.

Le but de la gestion est de maintenir les populations connues de tortules à poils lisses en Colombie-Britannique.

Il n’est pas possible de fixer un but quantitatif pour la gestion de cette espèce, car on ignore les données démographiques de base et les tendances associées à toutes les populations connues. L’espèce étant limitée à des milieux restreints et spécialisés, elle est très vulnérable aux perturbations ou à la destruction. Donc, pour empêcher la tortule à poils lisses de devenir menacée ou en péril, il est impérieux de maintenir toutes les populations connues de l’espèce. Lorsque les lacunes dans la connaissance auront été comblées, notamment lorsque l’on aura clarifié la répartition de l’espèce, il sera possible de fixer avec plus de précision le but de la gestion.

  1. Lancer des mesures de protection de l’habitat[3] des populations existantes, au plus tard en 2016.
  2. Atténuer les menaces de destruction directe de la mousse et déterminer si le faible recrutement d’arbres hôtes constitue une menace directe pour toutes les populations connues, au plus tard en 2015.
  3. Clarifier la répartition de la tortule à poils lisses en Colombie-Britannique et mettre à jour, au besoin, les objectifs de population et de répartition, au plus tard en 2014.
  4. Sensibiliser le public à l’existence et à la valeur de conservation de la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.
  5. Combler les lacunes dans la connaissance concernant la démographie, les effets de la concurrence avec d’autres espèces, les caractéristiques du microhabitat, et les conditions du microclimat et de l’habitat propices à cette espèce, au plus tard en 2016.

3 La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d'intendance, des conventions de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, les désignations relatives à l'utilisation des terres et la désignation d'aires protégées.

Tableau 3. Mesures de gestion recommandées pour la tortule à poils lisses
Priorité Obj. no Menace ou préoccupation visée Groupe d’action du cadre de conservation Mesure de gestion Échéancier (date de début)
Élevée 1, 4 Perte et dégradation de l’habitat Dommage direct Protection de l’habitat
  • Définir la propriété des terres où sont situées les populations
2011
Protection de l’habitat; intendance des terres privées
  • Se prévaloir du programme de communication avec les propriétaires fonciers de l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry pour entrer en contact avec les propriétaires privés (3) et les gestionnaires de terres (Division des parcs et des aires protégées, C.-B., Université de Victoria, Collège Camosun, ministère de la Défense nationale, Capital Regional Parks, Nature Conservancy of Canada) et obtenir leur coopération pour que les terres soient tenues et gérées de manière à favoriser la persistance de l’espèce, et sensibiliser le public et informer les naturalistes, les clubs de plein air et les administrations municipales (7) concernant la tortule à poils lisses et sa gestion
2012
Protection de l’habitat; intendance des terres privées
  • Élaborer pour chaque site un plan de gestion qui permettra d’atténuer les menaces et de maintenir ou d’accroître les populations, le cas échéant
2013
Protection de l’habitat
  • Revoir les règlements sur l’abattage des arbres et déterminer si le diamètre minimal du chêne de Garry est assez petit pour prévenir son enlèvement; dans le cas contraire, recommander des changements aux diverses municipalités où sont situés les terres
2012
Protection de l’habitat
  • Établir des protocoles de surveillance pour évaluer les populations et leurs réactions aux techniques de gestion
2012
Élevée 2 TOUTES Surveillance des tendances
  • Établir des protocoles de surveillance pour évaluer les menaces
2012
Surveillance des tendances
  • Surveiller les sites pour évaluer les effets des mesures d’atténuation et de protection
2012
Surveillance des tendances
  • Colliger les données en cours concernant les paramètres des sites qui permettront d’interpréter les tendances des populations
2013
Surveillance des tendances
  • Adapter la gestion des sites selon ce qui précède et le type de propriété des terres
2014
Élevée 3 Lacunes dans la connaissance : statistiques sur les populations; clarification de la répartition Élaborer un rapport de situation
  • Faire un relevé de tous les sites connus pour déterminer la taille des populations
2012
Élaborer un rapport de situation
  • Faire des relevés d’inventaire dans les zones pouvant offrir un habitat mais qui n’ont pas encore été l’objet de recherches, et documenter toute nouvelle population
2013
Moyenne 5 Lacunes dans la connaissance Élaborer un rapport de situation
  • Mener des études démographiques
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les effets de la concurrence livrée par les autres espèces
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Caractériser le microhabitat
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les conditions du microclimat et de l’habitat
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer si le faible recrutement de chênes de Garry constitue une menace pour cette espèce
2012
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer les effets de la pollution atmosphérique
2014
Élaborer un rapport de situation
  • Déterminer la catégorie d’âge des arbres hôtes
2014

Les mesures recommandées ont été classées par les groupes d’action du cadre de conservation.

Protection de l’habitat
Lorsque les lacunes dans la connaissance auront été comblées aux fins d’une mise à jour du rapport de situation du COSEPAC, des mesures de protection de l’habitat devront être appliquées aux populations non protégées. Actuellement, des 27 populations connues, trois sont situées sur des terres privées et une sur une terre de propriété inconnue (la population no 1, dans la baie Pedder). Pour protéger ces populations qui ne jouissent d’aucune protection, il conviendra de modifier les règlements sur la protection des arbres situés sur les terres municipales pour qu’ils prévoient la protection des chênes de Garry jeunes, à faible diamètre, de même que le maintien des chênes de Garry matures. Parmi les populations restantes, la plupart sont situées sur des terres municipales, deux sur des terres institutionnelles (une à l’Université de Victoria et une au Collège Camosun), une sur une terre fédérale (ministère de la Défense nationale), trois dans des réserves écologiques, une sur une terre de Nature Conservancy, et une dans un parc régional. Il serait possible d’améliorer la protection à ces 27 sites en adoptant certaines des bonnes pratiques de gestion élaborées par le ministère de l’Environnement pour le développement urbain et rural en Colombie-Britannique (ministère de l’Environnement, 2006); ces bonne pratiques comprennent une section générale sur les écosystèmes du chêne de Garry. Il serait bon, toutefois, d’élaborer des bonnes pratiques de gestion visant plus spécifiquement cet écosystème et les espèces connexes.

Intendance des terres privées
Grâce au programme de communication avec les propriétaires fonciers mis en place par l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, il est possible de sensibiliser les propriétaires et les gestionnaires de terres à l’espèce, voire de les amener à participer, dans l’avenir, aux relevés et aux activités d’intendance touchant l’espèce. Le programme de relations communautaires de la GOERT collabore également avec d’autres partenaires, comme l’Habitat Acquisition Trust Foundation et la Garry Oak Meadow Preservation Society, pour faire valoir l’importance des écosystèmes du chêne de Garry.

Surveillance des tendances
Il y a lieu de visiter de nouveau les populations existantes pour confirmer la taille des populations. Lorsque les statistiques sur les populations auront été réunies, une stratégie de surveillance efficace devra être mise en œuvre afin que l’on puisse mesurer le succès de tous les aspects du plan de gestion. Cette stratégie devra être élaborée en même temps que seront documentées les caractéristiques des populations, ou tout de suite après.

Le rapport COSEPAC (2004) fait une description générale des menaces. Mais il importe de les décrire plus en détail et de mieux comprendre celles qui se posent à chaque population connue, sans oublier de définir les mesures d’atténuation possibles. De plus, dans le cas où des menaces peuvent être mesurées, il y a lieu de les surveiller et de les évaluer, et si des mesures d’atténuation sont prises, celles-ci doivent aussi être surveillées.

Élaborer un rapport de situation
Comme des renseignements de base restent à colliger pour élaborer une mise à jour du rapport de situation du COSEPAC pour cette espèce, il y a lieu de faire une recherche poussée de tortules à poils lisses dans les aires pouvant constituer un habitat propice. Pour une gestion efficace de la tortule à poils lisses, cette information doit comprendre : des statistiques sur la population, y compris la taille et le nombre de colonies par population, et la zone d’occurrence de chaque population connue.

Des recherches doivent être menées pour déterminer la démographie, les effets de la concurrence avec d’autres espèces, les méthodes de reproduction et de dispersion, de même que les caractéristiques de l’habitat et du microhabitat de cette espèce.

Objectif 1 : Les propriétaires des terres privées comprenant trois localités, les gestionnaires fonciers des sept municipalités concernées et les gestionnaires responsables des autres terres institutionnelles, provinciales et fédérales ont été contactés et ont appliqué les mesures adéquates (p. ex., activités d’intendance, bonnes pratiques de gestion) pour la protection de l’habitat, au plus tard en 2016.

Objectif 2 : Des détails précis ont été obtenus sur les menaces connues, soit la perte d’arbres hôtes, l’enlèvement direct de l’espèce sur les arbres hôtes, et le faible recrutement d’arbres hôtes, et les nouvelles menaces potentielles à toutes les localités connues ont été documentées, au plus tard en 2014. Des mesures d’atténuation, des bonnes pratiques de gestion ou des plans de gestion par site ont été élaborés et surveillés pour diminuer l’impact de ces menaces, au plus tard en 2016.

Objectif 3 : De nouveaux relevés des 27 localités connues sur l’île de Vancouver ont été faits et documentés, au plus tard en 2014. Un relevé a été fait dans 60 % d’un habitat propice non encore recensé correspondant aux écosystèmes du chêne de Garry situés dans le sud de l’île de Vancouver afin de documenter la présence de la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.

Objectif 4 : Au moins six propriétaires fonciers ou gestionnaires de terres (en plus des propriétaires et gestionnaires des sites connus) situés dans l’aire de répartition potentielle de l’espèce ont été contactés et ont reçu des documents d’information sur la tortule à poils lisses, au plus tard en 2016.

Objectif 5 : Des recherches destinées à combler les lacunes dans la connaissance (p. ex., mécanismes de reproduction et de dispersion, effets de la concurrence livrée par d’autres espèces, caractéristiques du microhabitat, conditions du microclimat et de l’habitat) ont été entreprises, au plus tard en 2014.

La protection de l’habitat de cette espèce aura pour effet de protéger aussi d’autres espèces composant la flore et la faune des écosystèmes du chêne de Garry. En particulier, en comprenant mieux le rapport entre la tortule à poils lisses et les chênes de Garry matures, on sera mieux sensibilisé à l’importance de préserver les chênes restants et leurs écosystèmes. En sachant comment accroître le recrutement d’arbres hôtes et comment préserver les arbres matures, on protégera aussi d’autres espèces associées aux écosystèmes du chêne de Garry et on contribuera à la protection de leur habitat à long terme.

Les gestionnaires des terres et le public doivent être sensibilisés à l’existence de l’espèce et doivent être incités à participer à sa conservation. À cette fin, on peut, par exemple, créer des programmes de communication ciblant les propriétaires fonciers, comme celui mis en place par l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry. Cette équipe pourrait aussi collaborer avec le ministère de l’Environnement, Division des parcs et des aires protégées de la Colombie-Britannique, ainsi qu’avec les municipalités propriétaires des terres, pour clarifier la répartition de l’espèce et la propriété des terres, et pour évaluer et atténuer les menaces (tableau 3).

Adams, K.J. and C.D. Preston. 1992. Evidence for the effects of atmospheric pollution on bryophytes from national and local recording. Pages 31–43 in P.T. Harding, ed. Biological recording of changes in British wildlife. ITE Symposium 26. www.ceh.ac.uk/products/publications/documents/Biological_recordingofchanges.pdf (en anglais seulement) [Accessed Mar. 2, 2010]

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Communications personnelles

Wynne Miles, consultante, Victoria (Colombie-Britannique)
Terry McIntosh, consultant, Vancouver (Colombie-Britannique)
Shyanne Smith, botaniste, Victoria (Colombie-Britannique)

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2022-02-24