Programme de rétablissement du dard de sable au Canada, populations de l’Ontario [proposition] : Habitat essentiel

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La désignation de l'habitat essentiel des espèces qui sont inscrites comme étant menacées, en voie de disparition ou disparues du pays à l'annexe 1 de la LEP est une exigence de cette Loi. Une fois que l'habitat essentiel a été désigné, des dispositions de la LEP s'appliquent pour en prévenir la destruction. L'article 2(1) de la LEP définit l'habitat essentiel comme étant :

La LEP définit l'habitat d'une espèce aquatique en péril comme étant :

On a désigné l'habitat essentiel du dard de sable en Ontario dans la mesure du possible, en utilisant la meilleure information disponible. L'habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement correspond aux zones géospatiales qui soutiennent l'habitat nécessaire pour la survie ou le rétablissement de l'espèce. Il est possible que le nombre actuel de zones désignées soit insuffisant pour soutenir les objectifs en matière de population et de répartition de l'espèce. Comme tel, le calendrier des études qui accompagne le présent programme de rétablissement servira à préciser davantage la description de l'habitat essentiel (quant à ses fonctions, ses caractéristiques et ses attributs biophysiques ainsi qu'à son étendue) en vue de soutenir sa protection.

À l'aide de la meilleure information disponible, on a utilisé une approche par quadrats pour désigner l'habitat essentiel dans les secteurs suivants où l'espèce est présente actuellement : la rivière Sydenham, la rivière Thames, la rivière Grand, le ruisseau Big et la baie Long Point; d'autres secteurs susceptibles de soutenir l'habitat essentiel dans la région du lac Sainte-Claire et de l'île Walpole seront également considérés en collaboration avec la Première nation de l'île Walpole. Cette approche permet de décrire les zones où l'espèce a été observée (c.-à-d. les zones où l'on a prélevé de multiples adultes ou jeunes de l'année). On a raffiné cette description en utilisant les fonctions essentielles, les caractéristiques et les attributs de chaque stade de développement du dard de sable afin de désigner des zones d'habitat essentiel dans le « quadrat ». On s'est servi des données et des études disponibles mentionnées à la section 1.4.1 (Besoins en matière d'habitat et besoins biologiques) pour présenter l'information sur l'habitat des stades de développement sous forme de tableau. L'approche par quadrats était la plus appropriée étant donné le peu d'information disponible sur l'espèce et l'absence de cartographie détaillée de l'habitat pour ces zones. Lorsque l'information sur l'habitat était disponible (p. ex. données bathymétriques), on l'a utilisée afin d'orienter la désignation de l'habitat essentiel.

Pour tous les emplacements recensés dans des cours d'eau, on a utilisé une approche par quadrats pour décrire l'habitat essentiel, puis on a précisé cette description à l'aide d'un système de classification écologique, à savoir l'Aquatic Landscape Inventory System (ALIS). Le ministère des Ressources naturelles de l'Ontario (MRNO) a élaboré l'ALIS pour définir des segments de cours d'eau en se fondant sur un certain nombre de caractéristiques uniques qui ne se trouvent qu'au sein de ces segments de la vallée. Chacun de ces segments est défini au moyen d'un ensemble de variables relatives au paysage qui auraient un effet déterminant sur les processus biotiques et physiques dans le bassin hydrographique. Si une population est présente dans une partie de la classification écologique, il n'y a par conséquent aucune raison de croire qu'elle ne pourrait pas être présente dans d'autres zones spatialement contiguës du même segment de la vallée. En conséquence, on a désigné l'habitat essentiel du dard de sable comme étant un tronçon de rivière qui comprend tous les segments contigus (selon l'ALIS) à partir du segment de cours d'eau situé le plus en amont où l'espèce est présente jusqu'au segment de cours d'eau le plus en aval où l'espèce est présente.

Pour les emplacements lacustres, on a utilisé une approche par quadrats pour décrire l'habitat essentiel, puis on a précisé cette description à l'aide des données sur la bathymétrie de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Pour de plus amples renseignements sur les méthodes utilisées pour désigner l'habitat essentiel, voir chaque description de l'habitat essentiel présentée ci-après, au besoin.

Rivière Sydenham — Les données d'échantillonnage sont tirées de la base de données de Pêches et Océans Canada (MPO) pour la période de 1927 à 2009. On n'a capturé que 43 individus dans cette rivière au cours des dix dernières années (Bouvier et Mandrak, 2010).

Rivière Thames — Les données d'échantillonnage sont tirées de la base de données du MPO pour la période de 1923 à 2009. Le dard de sable a fait l'objet d'un échantillonnage ciblé intensif dans cette rivière. La population de dards de sable qui s'y trouve est considérée comme la plus importante au Canada, avec plus de 500 individus capturés au cours des dix dernières années (Bouvier et Mandrak, 2010).

Rivière Grand — La première capture de dard de sable dans la rivière Grand remonte à 1987. Plus de 735 individus ont été capturés depuis, par l'intermédiaire d'un échantillonnage qui ciblait cette espèce (Bouvier et Mandrak, 2010).

Ruisseau Big (Comté de Norfolk) — Des dards de sable ont été capturés en 1923 et en 1955 (Hubbs et Brown, 1929; Holm et Mandrak, 1996). La population de ce ruisseau était considérée comme étant disparue mais trois individus ont été capturés en 2008 (A. Dextrase, données non publiées; MPO, données non publiées).

Baie Long Point (lac Érié) — Des dards de sable ont été capturés à quatre emplacements dans la baie intérieure Long Point. Des pêches indicatrices effectuées au chalut depuis 1972 par le MRNO ont permis de capturer des dards de sable chaque année entre 1979 et 1987, à l'exception de 1983 (Holm et Mandrak, 1996). Ces emplacements chevauchent des zones restreintes de substrat sableux, mais la plus grande partie de la baie est occupée par la végétation aquatique. À l'aide des données d'échantillonnage disponibles, on a utilisé une approche par quadrats pour décrire l'habitat essentiel et on a précisé cette description à l'aide des données sur la bathymétrie de la NOAA.

Viabilité de la population

En l'absence d'évènements catastrophiques, la taille de la population minimale viable (PMV) serait de 323 adultes. L'inclusion d'une probabilité de déclin catastrophique par génération de 0,05, 0,10 et 0,15 produit des valeurs de PMV de 4 224, 52 822 et 595 000, respectivement.

On a estimé la superficie minimale pour assurer la viabilité de la population de dards de sable (SMVP) pour les populations canadiennes. La SMVP se définit comme la quantité d'habitats exclusifs et appropriés qui sont nécessaires pour l'atteinte d'un objectif de rétablissement durable sur le plan démographique, fondé sur le concept de la taille de la PMV (Finch et al., 2011). La PMV estimée pour le dard de sable est de 52 882 adultes avec une probabilité de déclin catastrophique de 0,10 par génération. Pour de plus amples renseignements sur la PMV et la SMVP ainsi que sur les méthodes qui leur sont associées, voir Finch et al. (2011).

La SMVP est un critère de mesure quantitative de l'habitat essentiel qui peut contribuer au rétablissement et à la gestion des espèces en péril (Finch et al., 2011). Une superficie approximative de 0,147 km2 d'habitats appropriés serait nécessaire pour l'atteinte d'un objectif de rétablissement correspondant à une PMV de 53 882 adultes (Finch et al. 2011). Les valeurs de SMVP sont plutôt prudentes, en cela qu'elles représentent la somme des besoins en matière d'habitat calculés pour tous les stades de développement du dard de sable; ces valeurs ne tiennent pas compte de la possibilité de chevauchement de l'habitat des différents stades de développement et il est possible qu'elles surestiment la superficie d'habitat nécessaire pour soutenir une PMV. Cependant, puisque nombre de ces populations se trouvent dans des secteurs où les habitats sont dégradés (le concept de SMVP fait appel à une qualité d'habitat optimale), il est possible que des zones plus importantes que la SMVP soient nécessaires pour soutenir une PMV. En outre, pour de nombreuses populations, il est probable que seule une partie de l'habitat au sein de celui identifié comme la zone où se trouve l'habitat essentiel réponde aux exigences fonctionnelles des différents stades de développement de l'espèce.

On dispose de peu de renseignements sur les besoins en matière d'habitat liés aux différents stades de développement du dard de sable. Le tableau 10 présente un résumé des connaissances actuelles sur les fonctions essentielles, les caractéristiques et les attributs de chaque stade de développement. Pour de plus amples renseignements et des références complètes, se reporter à la section 1.4.1 (Besoins en matière d'habitat et besoins biologiques). Les secteurs désignés en tant qu'habitat essentiel doivent soutenir une ou plusieurs de ces fonctions, caractéristiques ou attributs.

Tableau 10. Fonctions essentielles, caractéristiques et attributs de l'habitat essentiel de chaque stade de développement du dard de sable*
Stade de développement Besoin en matière d'habitat (fonction) Caractéristique Attribut
Du frai au stade larvaire
(longueur totale inférieure à 18 mm)
  • Frai (probablement au cours des mois de juin et de juillet en Ontario)
  • Alevinage
  • Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
  • Bancs sableux de lacs
  • Courant modéré
  • Mélange de sable et de gravier (p. ex. de 0,06 à 64 mm de diamètre)
  • Substrats bien oxygénés
  • Peu ou pas de végétation aquatique
  • Eaux chaudes (on croit que le frai en Ontario se produit généralement à une température variant entre 20,5 et 25,5°C)
Juvéniles (longueur totale supérieure à 18 mm)
  • Alimentation
  • Couvert (comportement fouisseur)
  • Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
  • Plages, barres et bancs sableux de lacs
  • Baies et bassins peu profonds de lacs
  • Des juvéniles récemment transformés ont été capturés dans le même habitat que celui fréquenté par des adultes.
Adulte (âgé d'un an [maturité sexuelle] à 3 ans)
  • Alimentation
  • Couvert (comportement fouisseur)
  • Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
  • Plages, barres et bancs sableux de lacs
  • Baies et bassins peu profonds de lacs
  • Courant ou action des vagues modéré (p. ex. zones de dépôt)
  • Sable ou gravier (p. ex. de 0,06 à 64 mm de diamètre) avec une quantité minimale de particules fines (diamètre inférieur à 0,06 mm)
  • Peu ou pas de végétation aquatique

*S'ils sont connus ou étayés par des données actuelles.

Pour une description des études qui permettront de préciser davantage les connaissances sur les fonctions, les caractéristiques et les attributs pour les différents stades de développement du dard de sable, voir la section 2.7.5 (Calendrier des études relatives à la désignation de l'habitat essentiel).

À l'aide de la meilleure information disponible, on a désigné l'habitat essentiel des populations de dards de sable des emplacements suivants.

À l'avenir, l'apport de nouveaux renseignements pourrait permettre la désignation de zones supplémentaires ou l'obtention de davantage de précisions concernant la description des fonctions. Il est possible que des zones d'habitat essentiel désignées dans certains emplacements chevauchent l'habitat essentiel désigné d'autres espèces en péril cooccurrentes; cependant, les besoins spécifiques en matière d'habitat dans ces zones peuvent varier selon les espèces.

Les zones délimitées sur les cartes ci-après (figures 4 à 8) indiquent la zone où l'on trouve l'habitat essentiel, ainsi que son étendue, pour les populations mentionnées ci-devant. Selon l'approche par quadrats, l'habitat essentiel ne correspond pas à toutes les zones à l'intérieur des limites relevées. Il ne comprend que celles qui soutiennent les caractéristiques et attributs biophysiques particuliers pour un ou plusieurs stades de développement du dard de sable (se reporter au tableau 10). Il convient de noter que les structures anthropiques permanentes actuelles qui peuvent se trouver dans les zones délimitées (p. ex. marinas) sont spécifiquement exclues de la description de l'habitat essentiel; il est entendu que des travaux d'entretien et de remplacement de ces structures peuvent parfois se révéler nécessaires. De brèves explications sur les zones désignées comme correspondant à l'habitat essentiel sont fournies ci-après.

Rivière Sydenham: Le secteur du bras est de la rivière Sydenham au sein duquel on trouve l'habitat essentiel comprend tous les segments contigus (selon l'ALIS) à partir du segment de cours d'eau situé le plus en amont où l'espèce est présente jusqu'au segment de cours d'eau le plus en aval où l'espèce est présente. Il s'agit d'un tronçon de la rivière d'une longueur de 155 km environ entre Strathroy et l'Île Walpole/lac Sainte-Claire, en aval. Cependant, il est possible que l'habitat approprié pour le dard de sable soit limité en aval de Dawn Mills (figure 4). Les limites géospatiales de l'habitat essentiel se prolongent jusqu'aux hautes eaux, définies comme le niveau usuel ou moyen auquel l'étendue d'eau s'élève à son niveau le plus élevé et y demeure assez longtemps pour modifier la morphologie des terres environnantes. Dans les cours d'eau (rivières, ruisseaux) ceci correspond au canal de débordement de la période de retour du débit de crue de 1 à 2 ans,, qui joue un rôle essentiel dans le maintien des débits qui déterminent la morphologie du chenal et la propreté des substrats sableux.

Figure 4. Secteur de la rivière Sydenham au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable

Figure 4. Secteur de la rivière Sydenham au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 4

Rivière Thames – Le secteur de la rivière Thames au sein duquel on trouve l'habitat essentiel comprend tous les segments contigus (selon l'ALIS) à partir du segment de cours d'eau situé le plus en amont où l'espèce est présente jusqu'au segment de cours d'eau le plus en aval où l'espèce est présente. Il s'agit d'un tronçon de la rivière d'une longueur de 148 km environ entre Komoka et Kent Bridge (figure 5). Les limites géospatiales de l'habitat essentiel se prolongent jusqu'aux hautes eaux, définies comme le niveau usuel ou moyen auquel l'étendue d'eau s'élève à son niveau le plus élevé et y demeure assez longtemps pour modifier la morphologie des terres environnantes. Dans les cours d'eau (rivières, ruisseaux) ceci correspond au canal de débordement de la période de retour du débit de crue de 1 à 2 ans,, qui joue un rôle essentiel dans le maintien des débits qui déterminent la morphologie du chenal et la propreté des substrats sableux.

Figure 5. Secteur de la rivière Thames au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable

Figure 5. Secteur de la rivière Thames au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 5

Rivière Grand – Le secteur de la rivière Grand au sein duquel on trouve l'habitat essentiel comprend tous les segments contigus (selon l'ALIS) à partir du segment de cours d'eau situé le plus en amont où l'espèce est présente jusqu'au segment de cours d'eau le plus en aval où l'espèce est présente. Il s'agit d'un tronçon de la rivière d'une longueur de 107 km environ, entre la zone située en aval de Paris et la zone située en amont de Dunnville (figure 6). Les limites géospatiales de l'habitat essentiel se prolongent jusqu'aux hautes eaux, définies comme le niveau usuel ou moyen auquel l'étendue d'eau s'élève à son niveau le plus élevé et y demeure assez longtemps pour modifier la morphologie des terres environnantes. Dans les cours d'eau (rivières, ruisseaux) ceci correspond au canal de débordement de la période de retour du débit de crue de 1 à 2 ans, qui joue un rôle essentiel dans le maintien des débits qui déterminent la morphologie du chenal et la propreté des substrats sableux.

Figure 6. Secteur de la rivière Grand au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable

Figure 6. Secteur de la rivière Grand au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 6

Ruisseau Big (Comté de Norfolk) — Le secteur du ruisseau Big au sein duquel on trouve l'habitat essentiel comprend tous les segments contigus (selon l'ALIS) à partir du segment de cours d'eau situé le plus en amont où l'espèce est présente jusqu'au segment de cours d'eau le plus en aval où l'espèce est présente. Il s'agit d'un tronçon de la rivière d'une longueur de 17 km environ, entre la zone située en aval de Spring Arbour et la zone située au début des terres humides de la Réserve nationale de faune du ruisseau Big (figure 7). Les limites géospatiales de l'habitat essentiel se prolongent jusqu'aux hautes eaux, définies comme le niveau usuel ou moyen auquel l'étendue d'eau s'élève à son niveau le plus élevé et y demeure assez longtemps pour modifier la morphologie des terres environnantes. Dans les cours d'eau (rivières, ruisseaux) ceci correspond au canal de débordement de la période de retour du débit de crue de 1 à 2 ans, qui joue un rôle essentiel dans le maintien des débits qui déterminent la morphologie du chenal et la propreté des substrats sableux.

Figure 7. Secteur du ruisseau Big au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable

Figure 7. Secteur du ruisseau Big au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 7

Baie Long Point (lac Érié) – Le secteur de la baie Long Point au sein duquel on trouve l'habitat essentiel comprend les eaux contiguës de la baie intérieure et la pointe, à partir de la rive jusqu'à la courbe de niveau de trois mètres (figure 8). On a utilisé cette courbe parce que l'on n'a trouvé des habitats occupés qu'au sein de cette zone. Il s'agit d'un secteur d'une superficie totale de 167 km2 environ. L'habitat essentiel s'étend jusqu'à l'élévation de la laisse de haute mer correspondant à 174,62 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Érié (Système de référence international des Grands Lacs, 1985).

Figure 8. Secteur de la baie Long Point (lac Érié) au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable

Figure 8. Secteur de la baie Long Point (lac Érié) au sein duquel on trouve l'habitat essentiel du dard de sable (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 8

Ces désignations relatives à l'habitat essentiel font en sorte que l'habitat qui est présentement occupé dans les rivières Sydenham, Thames et Grand ainsi que dans le ruisseau Big (Comté de Norfolk) et la baie Long Point est protégé jusqu'à ce que l'habitat essentiel de l'espèce soit défini avec plus de précision, conformément au calendrier des études (section 2.7.5 ci-après). Ce dernier présente les activités qui sont nécessaires pour améliorer les descriptions de l'habitat essentiel actuelles aux emplacements où la présence de l'espèce est confirmée; ces activités valent également pour de nouveaux sites si l'on y découvre des populations établies. Les descriptions de l'habitat essentiel seront améliorées au fur et à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles pour soutenir ou orienter les objectifs en matière de population et de répartition.

2.7.4.1 Viabilité de la population

On a comparé l'étendue de l'habitat essentiel désigné pour chaque population et la SMVP estimée (se reporter au tableau 11). Il convient de noter que, pour certaines populations, il est probable que seule une partie de l'habitat désigné comme faisant partie de l'étendue de l'habitat essentiel satisferait aux besoins fonctionnels en matière d'habitat pour les différents stades de développement de l'espèce. En outre, puisque ces populations se trouvent dans des zones où l'habitat est dégradé (le concept de SMVP fait appel à une qualité d'habitat optimale), il est possible que des zones plus grandes que la SMVP soient nécessaires pour soutenir une PMV. De nouvelles études pourront nous aider à quantifier l'étendue et la qualité de l'habitat permettant de satisfaire aux fonctions, aux caractéristiques et aux attributs au sein de zones géospatiales pour toutes les populations; une telle information, ainsi que la validation du modèle de SMVP, renforcera la certitude quant à la détermination de la viabilité de la population. En conséquence, les résultats ci-après sont préliminaires et doivent être utilisés avec prudence.

Tableau 11. Comparaison de la zone au sein de laquelle on trouve l'habitat essentiel pour chaque population de dards de sable et de la SMVP estimée*
PopulationNote de bas de page 3 Zone au sein de laquelle on trouve l'habitat essentiel SMVP SMVP atteinte?
Rivière Sydenham 4,9 km2 (tronçon de 154 km) 0,147 km2 Oui
Rivière Thames 3,1 km2 (tronçon de 148 km) 0,147 km2 Oui
Rivière Grand 11,9 km2 (tronçon de 107 km) 0,147 km2 Oui
Ruisseau Big 0,3 km2 (tronçon de 18 km) 0,147 km2 Oui
Baie Long Point 167 km2 0,147 km2 Oui

*L'estimation de la SMVP est fondée sur les approches de modélisation décrites ci-devant. Il s'agit d'un tableau préliminaire puisque de nouvelles études sont nécessaires pour la quantification de l'étendue et de la qualité de l'habitat disponible au sein des habitats essentiels actuellement désignés comme tels.

Le présent programme de rétablissement désigne l'habitat essentiel dans la mesure du possible, à partir de la meilleure information disponible. De nouvelles études permettront de préciser l'habitat essentiel désigné pour le dard de sable afin de soutenir les objectifs en matière de population et de répartition de l'espèce. Les activités présentées au tableau 12 ne sont pas exhaustives, et l'étude des mesures mentionnées révélera probablement l'existence de nouvelles lacunes dans les connaissances, qui devront être comblées.

Tableau 12. Calendrier des études relatives à la désignation de l'habitat essentiel
Description de l'activité Justification Échéancier approximatif
Mener des études pour déterminer les besoins en matière d'habitat pour tous les stades de développement On connaît peu de choses sur les besoins en matière d'habitat des jeunes de l'année et des juvéniles, et on n'a jamais observé de dards de sable en train de frayer à l'état sauvage. En déterminant les besoins en matière d'habitat de chaque stade de développement, on pourra s'assurer de la désignation de tous les types d'habitat essentiel pour cette espèce. 2011-2014
Effectuer des relevés des sites actuels et historiques ainsi que des sites adjacents à l'habitat occupé présentement et cartographier leur étendue et leur qualité Cette activité permettra de : renforcer la confiance à l'égard des données utilisées pour déterminer si les sites répondent aux critères pour la désignation de l'habitat essentiel; effectuer un suivi des sites actuels en ce qui concerne les changements dans l'habitat susceptibles d'entraîner des changements dans la désignation de l'habitat essentiel; effectuer des relevés dans les habitats adjacents afin d'assurer la précision des zones d'occurrence, sur laquelle la désignation de l'habitat essentiel est partiellement fondée. 2011-2014
Effectuer de nouveaux relevés des espèces pour combler les lacunes dans les connaissances sur la répartition et aider à déterminer le degré de connectivité entre les populations Il est possible que d'autres populations, ainsi que l'habitat essentiel correspondant, soient requises pour satisfaire aux objectifs en matière de population et de répartition. 2011-2014
Créer un modèle des populations et des habitats disponibles pour chaque stade de développement Cette activité contribuera à l'élaboration d'objectifs de rétablissement ainsi qu'à la détermination de l'étendue de l'habitat essentiel requis pour chaque stade de développement afin de respecter ces objectifs. 2014-2016
À l'aide des renseignements recueillis, examiner les buts en matière de population et de répartition. Déterminer l'étendue et la configuration de l'habitat essentiel requis pour atteindre le but si l'information est disponible. Valider le modèle. Une fois que toute l'information ci-devant aura été recueillie, il faudra examiner les objectifs de rétablissement afin de s'assurer qu'ils sont réalisables et logiques. Il faudra également, sur le fondement de ces objectifs, déterminer l'étendue et la configuration de l'habitat essentiel afin de mettre en œuvre le plan d'action. 2014-2016

Les activités relevées dans ce calendrier d'études seront réalisées en collaboration avec le MPO, les équipes de rétablissement écosystémiques concernées ainsi que d'autres groupes et des gestionnaires des terres.

La définition de la destruction est décrite de la manière suivante :

Aux termes de la LEP, l'habitat essentiel doit légalement être protégé contre la destruction une fois qu'il a été désigné comme tel. Cette protection sera assurée par un arrêté pris au titre de l'article 58, qui interdira la destruction de l'habitat essentiel désigné.

Les activités qui, tôt ou tard, augmenteront le niveau d'envasement ou de turbidité ou qui entraîneront une réduction de la qualité de l'eau ou des modifications directes de l'habitat peuvent avoir une incidence négative sur l'habitat du dard de sable. En l'absence de mesures d'atténuation appropriées, des travaux ou des activités tels que ceux mentionnés au tableau 13 peuvent entraîner une destruction directe de l'habitat.

Les activités décrites dans ce tableau ne sont ni exhaustives ni exclusives; elles ont été retenues en fonction des menaces décrites dans la section 1.5. L'inclusion d'une activité ne se traduit pas par son interdiction automatique puisque c'est la destruction de l'habitat essentiel qui est interdite. De plus, l'exclusion d'une activité n'empêche pas le Ministère ni ne diminue la capacité de ce dernier de la réglementer en vertu de la LEP. Puisque l'usage d'un habitat est souvent de nature temporaire, chaque activité est évaluée au cas par cas, et des mesures d'atténuation particulières au site sont appliquées lorsqu'elles sont fiables et qu'elles peuvent être mises en œuvre. Dans chaque cas, lorsque l'information est disponible, on associe des seuils et des limites aux attributs afin de mieux orienter la prise de décisions en matière de gestion et de réglementation. Cependant, dans de nombreux cas, il est possible que les connaissances sur une espèce et sur son habitat essentiel et, en particulier, l'information associée aux seuils de tolérance d'une espèce ou de son habitat au dérangement découlant des activités humaines, fassent défaut et doivent être acquises.

Tableau 13. Activités humaines susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel du dard de sable.
(Pour chaque activité, le processus touché est décrit ainsi que les liens possibles avec les fonctions, les caractéristiques et les attributs biophysiques de l'habitat essentiel.
Activité Processus touché Fonction touchée Caractéristique touchée Attribut touché
Modification de l'habitat :
Dragage
Terrassement
Excavation
Mise en place de matériaux ou de structures dans l'eau (p. ex. épis, piles, remplissage, remplissage partiel, pontons, etc.)
Artificialisation des rives
Les modifications apportées à la bathymétrie et à la morphologie de la rive par le dragage ainsi que par le terrassement et l'excavation près des rives peuvent entraîner la suppression (ou le recouvrement) de substrats de prédilection et des changements de la profondeur de l'eau et du profil d'écoulement des eaux susceptibles d'influer sur les niveaux d'éléments nutritifs et la température de l'eau.
La mise en place de matériaux ou de structures dans l'eau réduit la disponibilité de l'habitat (p. ex., la superficie qui correspond à l'empreinte du matériau de remplissage ou de la structure est perdue). Le remplissage peut recouvrir des habitats de prédilection.
La modification de la morphologie de la rive peut entraîner des modifications du régime d'écoulement des eaux, des modifications des zones de dépôts de sédiments, la réduction de l'oxygénation des substrats, l'érosion et la modification du niveau de turbidité. Ces modifications peuvent favoriser la croissance de la végétation aquatique et provoquer des changements des niveaux d'éléments nutritifs.
L'artificialisation des rives peut entraîner une réduction des apports organiques dans l'eau et des modifications de la température de l'eau susceptibles d'influer sur la disponibilité des proies pour l'espèce.
Frai
Alevinage
Alimentation
Couvert (comportement fouisseur)
Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
Bancs, barres et plages de sable dans les lacs
Baies et bassins peu profonds
  • Courant ou action des vagues modéré (p. ex. zones de dépôt)
  • Sable ou gravier comportant une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
  • Eaux peu profondes (moins de trois mètres de profondeur)
Modification de l'habitat :
Soutirage d'eau
Changement relatif à la période, à la durée et à la fréquence de l'écoulement
Le soutirage d'eau peut avoir une incidence sur le niveau et l'écoulement des eaux de surface ainsi que sur les apports d'eau souterraine dans les cours d'eau, influant ainsi sur la disponibilité de l'habitat, l'oxygénation des substrats et l'abondance des proies.
La modification du régime d'écoulement des eaux peut avoir une incidence sur le dépôt de sédiments (p. ex. changement de substrats de prédilection), l'oxygénation des substrats et l'abondance des proies.
Toutes (voir ci-devant) Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
  • Courant modéré (p. ex. zones de dépôt)
  • Sable ou gravier avec une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
Modifications de l'habitat :
Libre accès aux plans d'eau pour le bétail
Paissance du bétail et labours en bordure des rives
Les dommages causés au littoral, aux rives et au lit des cours d'eau par le libre accès aux plans d'eau pour le bétail peuvent entraîner un accroissement de l'érosion et de la sédimentation, influant ainsi sur l'oxygénation du substrat et sur la température de l'eau. Un tel accès peut aussi entraîner un accroissement des apports en éléments nutritifs dans l'eau causant ainsi une surcharge de ces éléments, la prolifération des algues et une réduction dans l'abondance des proies. Toutes (voir ci-devant) Tronçons de cours d'eau au substrat sableux
  • Sable ou gravier avec une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
Composés toxiques :
Application excessive ou usage abusif de pesticides et d'herbicides
Déversement de déchets urbains ou industriels dans l'habitat
L'introduction de composés toxiques dans l'habitat utilisé par l'espèce peut entraîner une modification de la chimie de l'eau, influant ainsi sur la disponibilité de l'habitat et sur son usage, ainsi que l'accroissement de la végétation aquatique, influant ainsi sur le frai et sur le succès du recrutement. Frai
Alevinage
Alimentation
Toutes (voir ci-devant)
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
Charge en éléments nutritifs :
Application excessive d'engrais et gestion des éléments nutritifs déficiente (p. ex. gestion des débris organiques, gestion des eaux usées, déchets d'origine animale, fosses septiques, eaux d'égouts urbains)
Une gestion des éléments nutritifs déficiente peut entraîner un accroissement de la charge en éléments nutritifs des cours d'eau voisins. La hausse des niveaux d'éléments nutritifs peut se traduire par un accroissement de la végétation aquatique, modifiant ainsi la température de l'eau et changeant progressivement les débits et substrats de prédilection. Le niveau d'oxygène du substrat peut également être touché de façon négative. Frai
Alevinage
Alimentation
Couvert (comportement fouisseur)
Toutes (voir ci-devant)
  • Courant ou action des vagues modéré (p. ex. zones de dépôt)
  • Sable ou gravier avec une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
Envasement et turbidité :
Modifications du régime d'écoulement des eaux entraînant de l'érosion et des modifications dans le transport des sédiments (p.ex. enfouissement des systèmes de drainage agricole, modifications des zones riveraines, etc.)
Travaux dans l'eau ou à proximité de l'eau en l'absence de mesures adéquates de lutte contre l'érosion et la sédimentation (p. ex. ruissellement de surface provenant de champs labourés, utilisation d'équipements industriels, nettoyage ou entretien de ponts ou d'autres structures, etc.)
Des mesures de lutte contre l'érosion ou la sédimentation ou des mesures d'atténuation inadéquates peuvent entraîner un accroissement de la turbidité, modifiant ainsi les substrats de prédilection et leur teneur en oxygène, réduire le succès de l'alimentation ou la disponibilité des proies, avoir une incidence sur la croissance de la végétation aquatique et exclure le poisson de l'habitat en raison des effets physiologiques attribuables à la présence de sédiments dans l'eau (p. ex. irritation des branchies).
Voir aussi la section « Modifications de l'habitat : Changement relatif à la période, à la durée et à la fréquence de l'écoulement ».
Toutes (voir ci-devant) Toutes (voir ci-devant)
  • Sable ou gravier avec une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes
Enlèvement de la végétation riveraine : Enlèvement mécanique L'enlèvement de la végétation riveraine peut entraîner l'érosion et accroître la turbidité, influant ainsi sur les substrats de prédilection et sur leur oxygénation. Elle peut également avoir une incidence négative sur la température de l'eau et induire un accroissement de la vitesse de l'eau pendant les périodes de hautes eaux. Toutes (voir ci-devant) Toutes (voir ci-devant)
  • Courant ou action des vagues modéré (p. ex. zones de dépôt)
  • Sable ou gravier avec une teneur en fines minimale
  • Substrats bien oxygénés
  • Eaux chaudes

Tel qu'indiqué au paragraphe 83(4) de la LEP, une personne peut exercer une activité autrement interdite par la Loi si cette activité est autorisée par un programme de rétablissement ou si cette personne est autorisée à le faire en vertu d'une loi fédérale. Le paragraphe 83(4) peut être utilisé comme exemption pour la réalisation d'activités qui ne mettent pas en péril la survie ou le rétablissement de l'espèce.

Poursuite d'une pêche commerciale aux poissons-appâts limitée

La pêche commerciale aux poissons-appâts est réglementée par le gouvernement de l'Ontario en vertu du Règlement de pêche, conformément à la Loi sur les pêches de l'Ontario. Le dard de sable n'est pas un poisson-appât légal. Comme on l'a mentionné dans la section portant sur les menaces (section 1.5), à la rubrique « Prises accidentelles », les activités de pêche commerciale aux poissons-appâts risquent peu d'affecter les populations de dards de sable, et on a établi qu'elles étaient admissibles à une exemption en vertu du paragraphe 83(4). La gestion du rétablissement du dard de sable inclut une mortalité par la pêche limitée du fait que la menace posée par la pêche aux poissons-appâts pour le dard de sable est peu importante. Bien que cette activité soit exemptée en vertu de la LEP, la réglementation provinciale s'applique toujours. Les pêcheurs de poissons-appâts doivent également se conformer aux conditions exposées sur leur permis de pêche aux poissons-appâts.

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement permet aux pêcheurs d'exercer des activités de pêche commerciale et récréative aux poissons-appâts dans le cadre desquelles un individu de dard de sable est tué, blessé, harcelé, capturé ou pris de façon accidentelle, sous réserve des deux conditions suivantes :

  1. Les activités de pêche sont exercées conformément aux conditions d'un permis délivré en vertu du Règlement de pêche de l'Ontario, 2007.
  2. Tous les dards de sable capturés doivent être immédiatement remis à l'eau et replacés à l'endroit où ils ont été capturés, et ce, tout en limitant au minimum les blessures.

L'habitat du dard de sable bénéficie d'une protection générale contre les conséquences nuisibles des travaux ou projets en vertu des dispositions concernant l'habitat de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. La Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (LCEE) couvre également les impacts des projets sur l'ensemble des espèces sauvages inscrites et leur habitat essentiel. Pendant l'examen d'un projet en vertu de la LCEE, tous les effets négatifs du projet sur une espèce inscrite et son habitat essentiel doivent être relevés. Si le projet est réalisé, des mesures doivent être prises, conformément aux programmes de rétablissement ou aux plans d'action pertinents, pour éviter ou atténuer ces impacts (mesures d'atténuation) et pour assurer un suivi de ces effets. Une fois que l'habitat essentiel du dard de sable a été désigné, des dispositions de la LEP s'appliquent pour en prévenir la destruction.

Sur le plan provincial, le dard de sable est actuellement inscrit en tant qu'espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de 2007 de l'Ontario. L'espèce a été réévaluée et inscrite en tant qu'espèce en voie de disparition en 2010; l'habitat du dard de sable est également protégé. Une protection est également offerte en vertu de la Loi sur l'aménagement du territoire. Les autorités responsables de la planification doivent respecter l'énoncé de politique provincial figurant à l'article 3 de la Loi sur l'aménagement du territoire, lequel interdit tout aménagement ou altération de l'habitat d'espèces en voie de disparition et menacées. La Loi sur les offices de protection de la nature exige l'examen des projets qui pourraient entraîner un aménagement des milieux humides ou leur modification ainsi que des altérations aux rivages et aux cours d'eau. Une majorité des terres adjacentes aux cours d'eau habités par le dard de sable appartient à des propriétaires privés; cependant, le lit des cours d'eau est en général la propriété du gouvernement. En vertu de la Loi sur les terres publiques, un permis peut être requis pour exécuter des travaux dans l'eau ou le long d'une rive.

L'équipe de rétablissement continuera d'examiner les priorités et d'axer ses efforts pour améliorer et protéger l'habitat par l'entremise des approches recommandées en matière de rétablissement.

Le dard de sable partage son habitat avec de nombreuses autres espèces, y compris plusieurs espèces en péril. Ces espèces ne sont pas uniquement des espèces aquatiques, mais également certaines espèces d'amphibiens, de tortues et d'oiseaux. Ainsi, l'obovarie ronde peut profiter directement de certaines mesures de rétablissement visant le dard de sable, puisque celui-ci est un poisson hôte potentiel pour ses glochidies (Clarke, 1981). L'aire de répartition du dard de sable chevauche celle de la tortue-molle à épines, une espèce menacée en Ontario. L'habitat de nidification de ces tortues se trouve au sein de méandres de cours d'eau, en aval de pentes qui s'érodent (Dextrase et al., 2003). En conséquence, les améliorations à apporter à l'habitat du dard de sable pourraient bénéficier à cette espèce de tortue. Certaines des activités de rétablissement proposées profiteront aussi à l'environnement en général et devraient avoir un effet positif sur les espèces indigènes sympatriques. Il pourrait cependant y avoir des conséquences pour les espèces dont les exigences peuvent différer de celles du dard de sable. Il est donc important que les activités de gestion de l'habitat du dard de sable soient considérées dans une perspective écosystémique (avec participation des autorités responsables) au moment de l'élaboration de programmes de rétablissement écosystémiques, de plans plurispécifiques ou de plans de gestion de zones qui tiennent compte des besoins de ces multiples espèces, y compris d'autres espèces en péril.

Nombre des activités d'intendance et d'amélioration de l'habitat mises en œuvre pour le dard de sable peuvent être réalisées par l'entremise de programmes de rétablissement écosystémiques déjà mis en œuvre et qui tiennent compte des besoins d'autres espèces en péril.

L'équipe de rétablissement recommande l'adoption d'une approche en deux volets pour la mise en œuvre du rétablissement, dont un volet écosystémique et un volet mettant l'accent sur une seule espèce. Pour ce faire, il faudra travailler en étroite collaboration avec les équipes de rétablissement écosystémiques en place afin de combiner les forces et de partager les connaissances concernant les initiatives de rétablissement. On dénombre présentement quatre programmes de rétablissement axés sur l'écosystème aquatique (rivière Thames, rivière Sydenham, rivière Grand et région d'Essex-Érié) qui touchent plusieurs populations de dards de sable. Les populations de dards de sable qui se trouvent à l'extérieur des limites des zones couvertes par les programmes de rétablissement écosystémiques en place peuvent faire l'objet d'une approche de rétablissement unispécifique qui facilitera la mise en œuvre des mesures de rétablissement dans les bassins hydrographiques visés par l'entremise de partenariats avec des organismes d'intendance et de gestion des bassins hydrographiques. Si des initiatives de rétablissement écosystémiques sont mises en place un jour dans ces bassins hydrographiques, l'actuelle stratégie unispécifique pourra alors constituer un fondement intéressant.

Les plans d'action sont des documents qui décrivent les activités qui doivent permettre l'atteinte des buts du rétablissement et des objectifs précisés dans les programmes de rétablissement. En vertu de la LEP, le plan d'action expose en détail la planification du rétablissement à l'appui des orientations stratégiques énoncées dans le programme de rétablissement de l'espèce. Le plan expose ce qui doit être fait pour que l'on puisse atteindre les buts du rétablissement et les objectifs mentionnés dans le programme de rétablissement, y compris les mesures à prendre pour faire face aux menaces et assurer le suivi du rétablissement de l'espèce, de même que les mesures visant à protéger son habitat essentiel. Les plans d'action permettent à de nombreuses parties intéressées de collaborer pour trouver des solutions créatives aux enjeux posés par le rétablissement. Comme tel, les plans d'action peuvent également comprendre des recommandations quant aux personnes et aux groupes qui pourraient participer à l'exécution des activités proposées.

Un ou plusieurs plans d'action concernant le présent programme de rétablissement des populations ontariennes seront produits dans les cinq ans suivant la publication de la version finale du programme de rétablissement dans le registre de la LEP. Ces plans pourront également comprendre des plans d'action plurispécifiques ou fondés sur l'écosystème.

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2022-02-24