Érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l'Atlantique : programme de rétablissement modifié 2020

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

Titre officiel : Programme de rétablissement modifié de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique au Canada 2020

Érioderme boréal
Érioderme boréal
Information sur le document

Référence recommandée : Environnement et Changement climatique Canada. 2020. Programme de rétablissement modifié de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. viii + 52 p.

Version officielle : La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

Version non officielle : La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, et les hyperliens étaient valides à la date de la publication.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture: Érioderme boréal sur un sapin baumier, côte est, Nouvelle-Écosse. Photo par Robert Cameron, utilisée avec autorisation.

Also available in English under the title "Amended Recovery Strategy for the Boreal Felt Lichen (Erioderma pedicellatum), Atlantic population, in Canada"

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

Programme de rétablissement modifié de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada (2020)

Le Programme de rétablissement de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada (Environment Canada, 2007) a été publié dans le Registre public des espèces en péril en juin 2007.

En vertu de l’article 45 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre compétent peut modifier en tout temps un programme de rétablissement. Le présent Programme de rétablissement modifié de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada (ci-après, le « Programme de rétablissement modifié ») vise :

  • à modifier toutes les sections du Programme de rétablissement de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique, au Canada, en fonction des renseignements les plus récents;
  • à redéfinir et à mettre à jour l’habitat essentiel dans l’ensemble de l’aire de répartition récente de l’espèce en Nouvelle-Écosse.

Depuis 2007, année de la rédaction du Programme de rétablissement de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada, les lignes directrices pour l’utilisation des modèles de programmes de rétablissement fédéraux (qui font partie d’une série de documents d’orientation sur la mise en œuvre de la LEP) ont été mises à jour de manière considérable. Le présent programme de rétablissement modifié a donc été mis à jour conformément au modèle de programme de rétablissement le plus récent et aux lignes directrices connexes.

Le présent programme de rétablissement modifié remplace le Programme de rétablissement de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada de 2007.

Préface

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique (ci-après appelé « érioderme boréal »), et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’érioderme boréal et de l’ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement modifié sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 1 soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.

Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

Le présent programme de rétablissement modifié a été préparé par Brad Toms (Mersey Tobeatic Research Institute), Julie McKnight (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune) et Rob Cameron (Nouvelle-Écosse – Environnement), avec la collaboration considérable de Mark Elderkin (ministère des Terres et des Forêts de la Nouvelle-Écosse). Maureen Toner (ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick), Claudia Hanel (ministère de l’Environnement et de la Conservation de Terre-Neuve-et-Labrador) et André Arsenault (Ressources naturelles Canada – Service canadien des forêts) ont fourni des commentaires détaillés sur le présent programme de rétablissement modifié. Les efforts et la contribution de l’équipe de rétablissement des cyanolichens de la Nouvelle-Écosse sont fort appréciés. Merci également à Dave Andrews (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune) d’avoir produit les cartes du présent document.

Sommaire

L’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum) est un cyanolichen foliacé, dont les bords retroussés distinctifs permettent d’apercevoir sa face intérieure blanche.

Une petite population d’érioderme boréal se trouve dans les forêts conifériennes fraîches et humides des côtes de la Nouvelle-Écosse. Le lichen n’a pas été observé au Nouveau-Brunswick depuis le début du 20e siècle (Cameron et al., 2009). L’espèce est inscrite comme étant une espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale.

L’un des besoins les plus importants pour les cyanolichens est celui d’un environnement propre, notamment un air sans polluants et des précipitations exemptes de contaminants acidifiants. Les précipitations acides peuvent avoir des répercussions négatives sur la colonisation et la survie de l’érioderme boréal dans les régions qui reçoivent continuellement d’importants dépôts acides. En plus des polluants atmosphériques, l’exploitation forestière et la récolte de bois, les espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques, les phénomènes météorologiques violents, et les routes et les zones résidentielles et urbaines constituent des menaces qui pèsent sur l’érioderme boréal.

Le rétablissement de l’érioderme boréal est déterminé comme étant réalisable. Plusieurs inconnues sont liées au caractère réalisable du rétablissement de l’érioderme boréal. Malgré ces inconnues, et conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP.

Les objectifs en matière de population et de répartition sont de s’assurer que la zone d’occurrence connue de l’espèce (c.-à-d. la zone qui englobe la répartition géographique de la population) et la santé de la population ne sont pas touchées par la détérioration ou la perte d’habitat découlant d’activités humaines (c.-à-d. par l’utilisation de ressources biologiques [de l’arbre hôte de l’espèce], les corridors de transport et de service, ou le développement résidentiel et commercial). Les stratégies générales à adopter pour contrer les menaces qui pèsent sur la survie et le rétablissement de l’érioderme boréal sont présentées à la section 6.2 – Orientation stratégique pour le rétablissement.

L’habitat essentiel nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’érioderme boréal est mis à jour à la section 7.1. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal est partiellement désigné dans le présent document selon les meilleures données accessibles. À mesure que de nouvelles données seront recueillies, de l’habitat essentiel additionnel pourrait être désigné.

Un ou plusieurs plans d’action visant l’érioderme boréal seront publiés dans le Registre public des espèces en péril dans les trois années suivant la publication du présent programme de rétablissement modifié.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de l’érioderme boréal comporte des inconnues. Conformément au principe de précaution, un programme de rétablissement a été élaboré en vertu du paragraphe 41(1) de la LEP, tel qu’il convient de faire lorsque le rétablissement est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique. Le présent programme de rétablissement traite des inconnues entourant le caractère réalisable du rétablissement.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

Inconnu. Même si la plupart des individus connus en Nouvelle-Écosse sont matures et ont des organes de reproduction (apothécies), des données semblent indiquer que les taux de reproduction ne seraient pas suffisamment élevés pour maintenir ou améliorer la population (R. Cameron, comm. pers.).

2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

Inconnu. On ignore si de l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat. La pollution atmosphérique et les pratiques d’aménagement forestier sont les principales menaces qui pèsent sur l’habitat de l’érioderme boréal. Bien que de l’habitat existe toujours sous forme de forêts matures/surannées, la pollution atmosphérique touche cet habitat en réduisant la capacité tampon de l’écorce de l’espèce phorophyte (c.-à-d. l’arbre hôte) et en augmentant son acidité (Farmer et al., 1991). De l’habitat existe dans les aires protégées qui ne sont pas touchées par le développement, mais ces aires font quand même l’objet d’une pollution atmosphérique.

Des pratiques d’aménagement forestier bénéfiques qui protègent les lichens ont été mises au point et ont reçu un certain appui de l’industrie dans les travaux de rétablissement de l’érioderme boréal. Elles pourraient mener à la formulation de recommandations concrètes concernant les pratiques de gestion exemplaires autour de l’habitat de l’érioderme boréal et des sites potentiels non occupés.

3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

Inconnu. Les cyanolichens sont excessivement vulnérables aux polluants atmosphériques et aux précipitations acides (Richardson, 1992; Richardson et Cameron, 2004) en raison de leur dépendance aux éléments nutritifs dans l’air et à l’eau ainsi que de l’absence de structures de protection (Richardson et Cameron, 2004). Le dioxyde de soufre dissous dans les précipitations, les films d’eau ou les thalles de lichen humides est grandement toxique pour les cyanolichens et est le plus toxique dans des conditions acides. L’érioderme boréal pourrait bénéficier des campagnes de prévention de la pollution et des technologies industrielles qui réduisent les émissions. Même si les polluants atmosphériques ont diminué considérablement dans le Canada atlantique ces deux dernières décennies, les pluies acides et le brouillard acide attribuables à la pollution transfrontalière ont encore des effets négatifs sur l’environnement (Canadian Council of Ministers of the Environment, 2011, 2013; Cox et al., 1989), et des estimations préliminaires indiquent que plus de 38 % des forêts des hautes terres de la Nouvelle-Écosse reçoivent des dépôts acides excédant les charges critiques (c.-à-d. la quantité de dépôts acides qu’un habitat peut tolérer sans être considérablement endommagé) (Canadian Council of Forest Ministers, 2006).

Des partenariats officiels et non officiels avec l’industrie, des scientifiques, des municipalités, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des organismes axés sur la conservation, des propriétaires fonciers et le public pourraient contribuer à la conservation et au rétablissement à long terme de l’érioderme boréal. Certains sites abritant l’érioderme boréal sont protégés par la loi (p. ex. le Nova Scotia Special Places Act et le Wilderness Areas Protection Act). Des outils d’aménagement forestier sont en cours d’élaboration.

Des accords internationaux, des engagements nationaux, des initiatives de certification forestière et des lois pourraient contribuer aux pratiques forestières durables et à la conservation de l’érioderme boréal en réduisant ou en atténuant les menaces. Dans certaines régions, l’industrie forestière s’intéresse à la protection de l’érioderme boréal, et ses commentaires ont mené à la formulation de recommandations concrètes concernant des pratiques de gestion bénéfiques autour de l’habitat de l’érioderme boréal et des sites potentiels non occupés.

4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

Oui. La transplantation d’ériodermes boréaux (de la population boréale) a connu un certain succès à Terre-Neuve-et-Labrador (The Gossan, 2010). Il est raisonnable de présumer qu’avec un peaufinage cette technique de rétablissement pourrait constituer une option viable pour l’érioderme boréal, au besoin.

1 Évaluation de l'espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Date de l’évaluation :
Novembre 2014 (aucun changement)
Nom commun (population) :
Érioderme boréal (population de l’Atlantique)
Nom scientifique :
Erioderma pedicellatum
Statut selon le COSEPAC :
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
On croit que cette espèce serait disparue du Nouveau-Brunswick, et la population restante en Nouvelle-Écosse est petite. Des efforts de suivi intensifs au cours des dix dernières années indiquent que le nombre d’occurrences ainsi que le nombre d’individus sont en déclin. On prévoit que ces déclins pourraient se poursuivre dans l’avenir. Les principales menaces incluent la perte et la détérioration de l’habitat en raison de l’exploitation forestière, de la pollution atmosphérique, des changements climatiques et de la prédation par des limaces introduites.
Présence au Canada :
Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2002. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2014.

2 Information sur la situation de l'espèce

Le premier rapport de situation sur l’espèce (Environment Canada, 2002) indiquait que plus de 95 % de la population mondiale se trouverait au Canada. Depuis 2002, le lichen a été découvert en Alaska et en Sibérie. Si les estimations de la population alaskienne sont exactes, il est possible qu’il n’y ait que de 10 à 20 % de la population mondiale totale du lichen au Canada (COSEWIC, 2014).

Tableau 1. Description des divers statuts de conservation de l’érioderme boréal (NatureServe, 2014)
Nom de l'espèce Cote mondiale (G)a Cote nationale (N)b Cote infra-nationale (S)c Statut selon le COSEPAC Statut en vertu de la LEP
Érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique G1 G2Q N1N2 N.-B. : SH
N.-É. : S1S2
En voie de disparition En voie de disparition

a Cote G – cote de conservation mondiale : G1 = espèce gravement en péril; G2 = espèce en péril; Q = taxinomie douteuse.

b Cote N – cote de conservation nationale : N1 = population du Canada gravement en péril; N2 = population du Canada en péril.

c Cote S – cotes infranationales (provinciales ou territoriales) : S1 = gravement en péril; S2 = en péril; SH = espèce pour laquelle il existe des mentions historiques dans la province, et qu’on croit encore possible de retrouver.

L’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique (ci-après « érioderme boréal »), est inscrit comme étant une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Nouveau-Brunswick et de l’Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse.

3 Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

Les lichens sont des organismes symbiotiques singuliers, formés par l’association d’une algue microscopique ou d’une cyanobactérie et d’un champignon filamenteux. L’érioderme boréal est un lichen foliacé, dont les bords retroussés distinctifs permettent d’apercevoir sa face intérieure blanche. La couleur du lichen est déterminée par l’hydratation du corps du lichen, appelé « thalle ». Ce dernier est vert bleuâtre à l’état humide et gris foncé à brun grisâtre à l’état sec. Le symbiote photosynthétique de l’érioderme boréal est une cyanobactérie. Le diamètre de l’érioderme boréal est habituellement de 2 à 5 cm, mais il peut atteindre 12 cm. La surface d’un thalleNote de bas de page 2 mature développe de nombreuses apothécies (organes de fructification) de couleur rouge/brune. Des sorédies/isidies (propagules végétatives) ne sont pas présentes. La durée d’une génération de ce lichen est d’environ 20 à 30 ans. Des éléments portent à croire que le genre pourrait faire partie des plus anciens lichens foliacés, possiblement de bien plus de 400 millions d’années (Maass et Yetman, 2002).

3.2 Population et répartition de l’espèce

Par le passé, l’espèce se trouvait en Europe (Norvège et Suède) et en Amérique du Nord (Nouveau-Brunswick), et elle persiste en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador. De nouvelles populations ont récemment été découvertes en Alaska (Nelson et al., 2009; Stehn et al., 2013) et en Russie (COSEWIC, 2014).

Au Canada, il y a deux populations d’érioderme boréal. La population boréale de Terre-Neuve, prudemment estimée à 15 000 thalles matures, est considérée comme étant relativement de grande taille, et tout l’habitat convenable potentiel n’a pas fait l’objet de recherches (COSEWIC, 2014). La population de l’Atlantique est disparue sur l’île Campobello (Nouveau-Brunswick) et n’a pas été observée au Nouveau-Brunswick depuis le début du 20e siècle (Cameron et al., 2009). La population de l’Atlantique en Nouvelle-Écosse a été estimée à 317 thalles (dont 19 sont des juvéniles) (COSEWIC, 2014). Actuellement, il est connu que l’érioderme boréal se trouve dans 54 sites, et il y a 14 autres sites où l’espèce n’est plus présente, mais où les conditions demeurent convenables pour sa croissance (MTRI, données inédites). La population se répartit à moins de 25 km de l’océan Atlantique et se trouve dans les comtés de Shelburne, de Queens, de Halifax, de Guysborough, de Richmond et du Cap Breton (figure 1). Même si bon nombre de nouveaux sites ont été découverts depuis le premier programme de rétablissement fédéral (Environment Canada, 2007), des déclins se poursuivent dans les sites connus. Le déclin de l’espèce sur une période de 10 ans a été estimé à 34 % (COSEWIC, 2014).

Répartition de l’érioderme boréal en Nouvelle Écosse (2003 to 2015), voir la description longue
Figure 1. Répartition de l’érioderme boréal en Nouvelle Écosse (2005 to 2015). Prendre note que certains points se chevauchent.
Description longue

Répartition de l’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse (2003-2015). Prendre note que certains points se chevauchent. Tous les points se trouvent sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse. La carte montre trois groupes distincts de points : un près de l’extrémité sud-ouest, un près du centre et un près de l’extrémité nord-est.

3.3 Besoins de l’érioderme boréal

En Nouvelle-Écosse, l’érioderme boréal a besoin de forêts fraîches et humides abritant des sapins baumiers (Abies balsamea). Par le passé, en Nouvelle-Écosse, l’espèce a été découverte sur quatre autres essences : épinette noire (Picea mariana), épinette blanche (Picea glauca), érable rouge (Acer rubrum) et bouleau blanc (Betula papyrifera). Plus récemment, elle a seulement été observée sur le sapin baumier. Elle se trouve habituellement sur des arbres matures exposés au nord ou au nord-est, à l’intérieur ou près de milieux humides riches en sphaignes à moins de 25 km de l’océan Atlantique et à une altitude inférieure à 200 m au-dessus du niveau de la mer. Un milieu humide est une terre qui est saturée d’eau de manière périodique ou permanente et qui soutient des processus aquatiques (interprétation de la Wetland Conservation Policy de la Nouvelle-Écosse, 2011; voir l’annexe C pour la définition provinciale).

Les cyanolichens sont particulièrement vulnérables aux polluants atmosphériques, comme le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote et les pluies acides (Hawksworth et Rose, 1970; Gilbert, 1986; Sigal et Johnston, 1986; Hallingback, 1989; Richardson et Cameron, 2004). Le déclin de l’érioderme boréal dans le Canada atlantique est au moins partiellement attribuable aux pluies acides et aux polluants atmosphériques (Mass et Yetman, 2002).

L’érioderme boréal est limité sur le plan biologique par les facteurs suivants : l’aire de répartition mondiale restreinte et la petite taille des populations; le besoin en substrats d’écorce d’une acidité donnée; la nature du cycle vital (l’érioderme boréal ne produit aucun type de propagule fongique-bactérien; c’est pourquoi il doit, à chaque génération, se rétablir à partir de ses composantes distinctes); l’hypervulnérabilité apparente à l’acidification des substrats et/ou aux effets négatifs directs des polluants atmosphériques, comme les oxydes d’azote et le dioxyde de soufre; l’augmentation du nombre d’éléments prouvant que l’espèce a besoin d’un microclimat très particulier (Power, données inédites). À l’heure actuelle, il faut déterminer si la qualité ou la quantité d’habitat de forêt disponible limite ou non de manière inhérente le rétablissement de l’érioderme boréal.

4 Menaces

4.1 Évaluation des menaces

L’évaluation des menaces qui pèsent sur l’érioderme boréal est fondée sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces.

Tableau 2. Évaluation du calculateur de menaces (COSEWIC, 2014)
Menace Description de la menace Impactd Portéee Gravitéf Immédiatetég
1 Développement résidentiel et commercial Faible Petite Élevée Élevée
1.1 Zones résidentielles et urbaines Faible Petite Élevée Élevée
3 Production d’énergie et exploitation minière Négligeable Négligeable Extrême Modérée
3.1 Forage pétrolier et gazier Négligeable Négligeable Inconnue Modérée
3.2 Exploitation de mines et de carrières Négligeable Négligeable Extrême Modérée
3.3 Énergie renouvelable Négligeable Négligeable Extrême Modérée
4 Corridors de transport et de service Faible Restreinte Modérée Élevée
4.1 Routes et voies ferrées Faible Restreinte Modérée Élevée
5 Utilisation des ressources biologiques Élevé Grande Extrême Élevée
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois Élevé Grande Extrême Élevée
6 Intrusions et perturbations humaines Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
6.3 Travail et autres activités Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
8 Espèces, gènes et maladies envahissants ou autrement problématiques Moyen à faible Généralisée Modérée à légère Élevée
8.1 Espèces/maladies exotiques (non indigènes) envahissantes Moyen à faible Généralisée Modérée à légère Élevée
8.2 Espèces indigènes problématiquese Élevé Généralisée Élevée Modérée
9 Pollution Élevé à moyen Grande Élevée à modérée Élevée
9.5 Polluants atmosphériques Élevé à moyen Grande Élevée à modérée Élevée
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Élevé à faible Grande à petite Extrême Élevée
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Élevé à faible Grande à petite Élevée à légère Élevée
11.4 Tempêtes et inondations Faible Petite Extrême Élevée

d Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

e Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable < 1 %).

f Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

g Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

h = La menace que représentent les espèces indigènes problématiques n’a pas été calculée par le COSEPAC (COSEWIC, 2014). De nouveaux renseignements concernant cette menace sont devenus accessibles. L’impact de cette menace a été calculé par R. Cameron.

4.2 Description des menaces

Les menaces ayant un impact faible à élevé sont présentées ci-dessus, dans le tableau d’évaluation du calculateur des menaces (tableau 2), et sont décrites plus en détail ci-dessous.

1.1 Zones résidentielles et urbaines et 4.1 Routes et voies ferrées

Le niveau de menace que représente l’aménagement des terres pour l’érioderme boréal fluctue à mesure que de nouveaux sites sont découverts et que l’accessibilité des sites change. L’aménagement des terres pour des activités, comme les activités industrielles, la construction de résidences, la foresterie et l’agriculture, crée des perturbations et l’altération du paysage et affecte les microclimats des forêts avoisinantes. La construction de nouvelles routes pourrait altérer les propriétés hydrologiques du paysage (Cameron, 2006) et également fournir un accès aux zones isolées (Maass et Yetman, 2002).

5.3 Exploitation forestière et récolte du bois

En plus des précipitations acides, les activités forestières sont considérées comme étant l’autre grande menace qui pèse sur l’érioderme boréal, population de l’Atlantique. Des pratiques forestières, comme la coupe à blanc ou l’exploitation à grande échelle, pourraient causer la fragmentation, altérer la structure par âge de l’habitat potentiel de l’érioderme boréal et simplifier la biodiversité des peuplements forestiers.

Des localités entières d’érioderme boréal pourraient être détruites par une coupe à blanc à grande échelle, particulièrement si la présence de l’espèce n’a pas été déterminée. L’effet de la fragmentation des forêts sur les lichens épiphytes, comme l’érioderme boréal, a fait l’objet de certains travaux (p. ex. Esseen et Renhorn, 1998; Rheault et al., 2003; Pykala, 2004; Richardson et Cameron, 2004; Cameron et al., 2013a; Cameron et al., 2013b). Lorsque des lichens se trouvent soudainement au bord d’une forêt ou dans une forêt fragmentée, la capacité de dispersion et la possibilité de recoloniser des zones de coupe sont réduites (Rheault et al.,2003). Une exploitation forestière adjacente peut accroître l’exposition des lichens à l’assèchement causé par le soleil, le vent et la température (Hunter, 1990; Cameron et al., 2013a) et réduire considérablement la capacité d’un peuplement forestier d’atténuer les périodes de faible humidité à des stades particuliers de la succession (Maass et Yetman, 2002). Il a été démontré que de tels effets ont un impact négatif sur les lichens sur une distance de 50 m à partir du bord d’une forêt (Esseen et Renhom, 1998; Rheault et al., 2003). Certains chercheurs laissent entendre que ce serait la cause de la disparition de l’érioderme boréal de Vãrmland, en Suède, où des activités forestières étaient pratiquées à proximité immédiate du parc qui abritait des thalles d’érioderme boréal (Maass et Yetman, 2002).

En 2005, dans le site connu le plus ancien d’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse, un thalle se trouvant seul sur le côté ouest du site a été éliminé en raison d’un chablis (Cameron et Neily, 2008). Bien que les chablis ne soient pas des événements rares, une coupe à blanc adjacente (qui, selon les estimations, devrait avoir été effectuée en 2000 ou en 2001) a probablement accru la vulnérabilité de ce site aux chablis et à la sécheresse.

En Nouvelle-Écosse, les peuplements exploités sont souvent reboisés avec des espèces hôtes non convenables qui ont une écorce plus acide que le sapin baumier, comme l’épinette noire, l’épinette blanche, l’épinette rouge (Picea rubens) et l’épinette de Norvège (Picea abies) (Canadian Council of Forest Ministers, 2005). Les plantations d’arbres ayant tous le même âge ne sont pas non plus favorables à l’établissement de nouvelles colonies de cyanobactéries ou de Rhizonema (un genre de cyanobactérie photosynthétique), de Frullania (un type d’hépatique) ou de l’érioderme boréal juvénile en raison de leurs conditions de faible luminosité (Maass et Yetman, 2002). Les résultats d’un récent modèle de disponibilité d’habitat (Cameron et al., 2013b) portent à croire que l’habitat convenable prévu pour l’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse est exploité à un rythme plus rapide que celui de la régénération des peuplements, et Cameron et al. (2013 b) ont prévu un déclin de 25 % de la quantité d’habitat convenable entre 2005 et 2055 si l’exploitation se poursuit au même rythme.

8.1 Espèces/maladies exotiques (non indigènes) envahissantes

Il est connu que de nombreux groupes d’arthropodes (p. ex. des acariens et des collemboles) ainsi que des limaces broutent des mousses, de l’écorce et des lichens (COSEWIC, 2014). Les effets du broutage de l’érioderme boréal sont évidents à certains endroits et pourraient poser un problème grave pour l’espèce en Nouvelle-Écosse. Des éléments prouvant que des gastéropodes broutent de l’érioderme boréal ont été observés en Nouvelle-Écosse (Cameron, 2009) et, entre 2004 et 2013, 24 % (n = 449) des lichens suivis présentaient des signes de broutage. On a découvert que trois espèces de gastéropodes se nourrissaient de cyanolichens (Cameron, 2009) : le Pallifera dorsalis, un petit gastéropode indigène, ainsi que l’Arion subfuscus et le Deroceras reticulatum, des espèces agressives de plus grande taille qui ont été introduites à partir de l’Europe (Davis, 1992). Les mollusques brouteurs peuvent jouer un rôle important dans la formation de la végétation épiphyte des forêts de feuillus, et les thalles juvéniles semblent être particulièrement à risque (Asplund et Gauslaa, 2008). Un thalle d’érioderme boréal près de Lower Meaghers Grant faisait l’objet d’un broutage excessif par des gastéropodes lors d’une visite du site en 2004 (Cameron et Neily, 2008). Un spécimen recueilli a ensuite été identifié comme étant un Arion subfuscus, une espèce non indigène qui a été introduite à partir de l’Europe (Cameron et Neily, 2008).

8.2 Espèces indigènes problématiques

La tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) compte parmi les ravageurs naturels les plus dommageables dans les forêts de résineux matures de l’est du Canada (NRCAN, 2014). L’hôte préféré de l’insecte est le sapin baumier (Millerm 1963), et les arbres gravement défoliés meurent dans un délai de trois à quatre ans. Des infestations sont prévues dans un avenir rapproché, selon le cycle d’infestation naturel de l’insecte (COSEWIC, 2014). 

9.5 Polluants atmosphériques

Les cyanolichens sont excessivement vulnérables aux polluants atmosphériques et aux précipitations acides en raison de leur dépendance aux éléments nutritifs dans l’air et à l’eau ainsi que de l’absence de structures de protection (Richardson et Cameron, 2004). Le dioxyde de soufre dissous dans les précipitations, les films d’eau ou les thalles de lichen humides est grandement toxique pour les cyanolichens, et il est le plus toxique dans des conditions acides. Le dioxyde de soufre et les oxydes d’azotes émis pendant la combustion à température élevée de charbon ou de pétrole demeurent dans l’atmosphère pendant des périodes relativement longues avant d’être éliminés par la pluie et de former des précipitations acides. Les précipitations acides sont destructrices pour l’érioderme boréal de trois façons : elles causent des dommages immédiats aux thalles qui absorbent les polluants atmosphériques, ce qui semblerait être la cause des dommages au crampon (observé par W. Maass); elles affectent l’enzyme de fixation de l’azote du cyanolichen, qui est intolérant au dioxyde de soufre; elles acidifient davantage les substrats naturellement acides (Maass et Yetman, 2002).

Bien que les polluants atmosphériques aient connu un déclin considérable dans le Canada atlantique ces deux dernières décennies, les pluies acides et le brouillard acide attribuables à la pollution transfrontalière ont encore des effets négatifs sur l’environnement (Canadian Council of Ministers of the Environment, 2011, 2013; Cox et al., 1989). La quantité de dépôts acides qu’une région peut tolérer constitue la charge critique de celle-ci. La Nouvelle-Écosse compte des seuils de charge critique parmi les plus bas dans l’est du Canada (Nova Scotia Environment, 2015) et, actuellement, il est prévu que de nombreuses régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse reçoivent des dépôts acides excédant les charges critiques (Environment Canada, 2004). La dynamique de la circulation de l’air transporte des polluants atmosphériques à partir de villes du nord-est des États-Unis et du sud de l’Ontario (COSEWIC, 2014). Ces polluants, en plus des sources de pollution locales, causent des précipitations acides (Beattie et al., 2002; Richardson et Cameron, 2004). Le brouillard acide est créé par la collision entre, d’une part, des masses d’air froid au-dessus du golfe du Maine et de la baie de Fundy et, d’autre part, des masses d’air chaud et humide transportant des polluants et remontant le long de la côte atlantique (Cox et al., 1989). Le brouillard acide est d’autant plus problématique pour l’espèce, car il enveloppe le lichen pendant de longues périodes (Cox et al., 1998; Kouterick et al., 1998), prolongeant ainsi l’exposition. De futurs aménagements industriels pourraient avoir encore plus de répercussions négatives sur l’espèce et son habitat.

La disparition de l’érioderme boréal du Nouveau-Brunswick est attribuable aux répercussions des précipitations acides (New Brunswick Department of Natural Resources, 2006).

11.1 Déplacement et altération de l’habitat et 11.4 Tempêtes et inondations

Les incendies de forêt peuvent détruire directement l’érioderme boréal. Ils peuvent également avoir des effets indirects, car les lichens fixateurs d’azote (notamment tous les cyanolichens) en aval des incendies de forêt peuvent être détruits par la petite concentration de dioxyde de soufre dans la fumée (Maass et Yetman, 2002).

Même s’il est difficile de quantifier les effets des changements climatiques sur les lichens, il est prévu qu’ils englobent des contractions des aires de répartition (Maass et Yetman, 2002). Les lichens qui ont des affinités avec des essences d’arbres en particulier, et les lichens qui ont besoin d’un habitat frais et humide, comme l’érioderme boréal, pourraient être particulièrement vulnérables aux changements climatiques (Maass et Yetman, 2002). Si les changements prévus se produisent avec le déplacement des espèces d’arbres (Auclair, 1987; Auclair et al., 1992; Braathe, 1995) résultant des changements climatiques, les espèces qui, comme l’érioderme boréal, dépendent d’une essence d’arbre en particulier pourraient subir des effets négatifs. La modélisation effectuée par Bourque et al. (2010) semble indiquer que le sapin baumier pourrait trouver refuge dans les parties les plus froides de la Nouvelle-Écosse, et que la superficie occupée par le sapin baumier connaîtra un déclin de plus de 90 % d’ici 2100 sous l’effet des changements climatiques. Cette situation restreindrait gravement l’habitat disponible pour l’érioderme boréal, car le sapin baumier est actuellement son seul hôte connu.

Selon des observations sur le terrain, l’érioderme boréal ne peut pas endurer la déshydratation causée par la chaleur qui accompagne les phénomènes météorologiques violents, comme la sécheresse et les ouragans (Fos et al., 1999; Maass et Yetman, 2002). L’érioderme boréal est également vulnérable aux grands vents qui entraînent la chute d’arbres (Boyce, 1988). Une violente tempête dans le comté de Guysborough, en Nouvelle-Écosse, a entraîné la chute d’arbres, ce qui a détruit l’une des occurrences d’érioderme boréal découvertes à cet endroit dans les années 1980 (Maass et Yetman, 2002). Une récente analyse indique que la fréquence des brouillards a diminué le long de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse (Beauchamp et al., 1998; Muraca et al., 2001). L’érioderme boréal, comme plusieurs autres cyanolichens qui se trouvent principalement dans les forêts côtières brumeuses, est très sensible à la sécheresse, et il pourrait subir des répercussions négatives si le déclin des brouillards se poursuivait.

5 Objectifs en matière de population et de répartition

Les objectifs du présent programme de rétablissement sont de s’assurer que la zone d’occurrence connue de l’espèce (c.-à-d. la zone qui englobe l’aire de répartition géographique de la population) et la santé de la population ne sont pas touchées par la détérioration ou la perte d’habitat découlant d’activités humaines (c.-à-d. par l’utilisation de ressources biologiques [de l’arbre hôte de l’espèce], les corridors de transport et de service, ou le développement résidentiel et commercial).

La modélisation de l’habitat convenable (Cameron et Neily, 2008) et la récente découverte d’occurrences d’érioderme boréal donnent à penser que la taille et l’aire de répartition de la population sont plus grandes qu’on ne le croit. De 2003 à 2012, seuls 17 % (832 polygones recensés sur 13 852 polygones prévus) d’habitat prévu ont fait l’objet de recherches visant à trouver l’érioderme boréal (COSEWIC, 2014).

Les mesures de rétablissement proposées et les lois existantes ne suffisent peut-être pas à prévenir la perte d’érioderme boréal due aux polluants atmosphériques (pluie et brouillard acides) en Nouvelle-Écosse.

6 Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

En Nouvelle-Écosse, des inventaires lichénologiques, des relevés généraux, des inventaires forestiers avant la récolte et des recherches opportunistes sont menés depuis 2003. Des activités de sensibilisation informelles sont réalisées depuis 2006.

Un modèle d’habitat convenable, élaboré en 2006 (Cameron et Neily, 2008) et amélioré en 2010, est utilisé dans la planification des récoltes et les évaluations environnementales sur les terres de la Couronne pour atténuer les impacts sur l’habitat potentiel et orienter la recherche de nouveaux sites d’érioderme boréal.

En mai 2018, le ministère des Terres et des Forêts de la Nouvelle-Écosse a publié un ensemble de pratiques de gestion particulière pour les lichens en péril (Nova Scotia Natural Resources, 2018), dont l’érioderme boréal. Pour réduire au minimum les perturbations, un rayon de 200 m autour d’une occurrence de l’espèce est prévu aux fins de gestion (aucun défrichage ou enlèvement actif ni perturbation des arbres, des sols ou des milieux humides). Les activités au sein d’une « zone restreinte » additionnelle, d’un rayon de 200 à 500 m autour du lichen, sont aussi gérées. Il existe également une exigence selon laquelle des inventaires avant la récolte doivent être menés sur les terres de la Couronne où des blocs de coupe chevauchent le modèle prédictif d’habitat.

Tous les sites d’érioderme ont fait l’objet d’un suivi annuel jusqu’en 2012, année où il est devenu impossible de couvrir tous les sites en une année civile. Les sites font maintenant l’objet d’un suivi tous les deux ans au moins. Le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse (maintenant le ministère des Terres et des Forêts), le Mersey Tobeatic Research Institute, Environnement Canada (maintenant Environnement et Changement climatique Canada) et le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse ont lancé en 2013 une étude concertée pour examiner l’influence des régimes de récolte sur la température et l’humidité des sites d’érioderme boréal. La Nouvelle-Écosse mène actuellement une étude sur les caractéristiques de l’habitat et la classification des écosystèmes forestiers dans le comté de Richmond.

Le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse (maintenant le ministère des Terres et des Forêts) a entrepris une vaste étude fondée sur les données SIG existantes afin de déterminer s’il était possible d’améliorer le modèle prédictif d’habitat. Les résultats donnent à penser que le modèle actuel ne peut pas être amélioré vu les données disponibles, mais d’autres recherches s’imposent pour vérifier statistiquement les variables explicatives. Les données de suivi recueillies ces 10 dernières années fournissent une riche base de données aux fins d’analyse de la dynamique des populations. Par exemple, le taux de changement démographique annuel a été calculé, et un modèle déterministe de population, mis au point. D’autres analyses précieuses pouvant être effectuées au moyen de ces données sont les analyses des taux de croissance et de survie des juvéniles et des adultes ainsi que de la durée d’une génération.

D’autres documents de rétablissement et documents d’orientation sur les cyanolichens du Canada atlantique qui proposent des activités et des mesures additionnelles pourraient être pertinents pour la conservation de l’érioderme boréal : le programme de rétablissement de l’érioderme mou (Environment Canada, 2014), le plan de gestion de la dégélie plombée [ÉBAUCHE] (Environment Canada, en prép.), le plan de gestion de l’érioderme boréal, population boréale (Environment Canada, 2010), le plan de gestion quinquennal de l’érioderme boréal à Terre-Neuve-et-Labrador (Keeping et Hanel, 2006) et les PGP de l’érioderme boréal en voie de disparition (Nova Scotia Department of Natural Resources, 2012).

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissementy

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
Menace ou élément limitatif Prioritéi Stratégie générale pour le rétablissement Description générale des approches de recherche et de gestion
Tous Élevée Lois et politiques
  • participer activement aux programmes de réduction de la pollution existants visant la pollution locale et transfrontalière et les gaz à effet de serre
  • examiner et réviser les pratiques de gestion bénéfiques (PGB)/pratiques de gestion particulière (PGP) pour l’espèce et son habitat, au besoin
  • inciter les systèmes de certification des forêts à mettre en œuvre des normes et des codes volontaires régissant les pratiques du secteur privé qui sont bénéfiques pour les espèces
  • surveiller et assurer la conformité aux lois, aux politiques et aux règlements pertinents ainsi qu’aux normes et aux codes volontaires
Tous Moyenne-élevée Éducation et sensibilisation, intendance et partenariats
  • favoriser les relations de collaboration avec les propriétaires fonciers, les forestiers, l’industrie et les bénévoles pour maintenir l’habitat
  • encourager la participation des bénévoles aux activités de relevé et de suivi
  • promouvoir la conservation des écosystèmes par la certification forestière, si cela est jugé efficace pour le rétablissement de l’espèce
  • promouvoir la conformité aux lois et aux politiques des administrations fédérales, provinciales et municipales ainsi qu’aux PGB/PGP qui protègent l’espèce et son habitat
  • promouvoir l’utilisation de l’espèce comme indicateur de la santé des forêts pluviales côtières

Exploitation forestière et récolte du bois, tempêtes et inondations

Espèces/maladies exotiques (non indigènes) envahissantes

Zones résidentielles et urbaines

Moyenne Protection et gestion de l’espèce et de son habitat
  • conserver l’habitat de l’espèce
  • empêcher les gastéropodes de grimper sur les phorophytes
  • élaborer un protocole pour la transplantation des cyanolichens en cas de perte d’un phorophyte
Lacunes dans les connaissances Élevée Suivi et recherche
  • mettre en œuvre des protocoles d’inventaire et de suivi
  • déterminer la nécessité de protéger l’habitat convenable non occupé à des fins de connectivité et de colonisation
Lacunes dans les connaissances Faible-moyenne Suivi et recherche
  • recherche (annexe B)

i « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l’espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l’espèce.

6.3 Commentaires à l'appui du tableau de planification du rétablissement

Lois et politiques

Une réduction des concentrations de polluants atmosphériques, comme le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote, sera bénéfique pour l’érioderme boréal. Il n’est pas possible de lancer une campagne intensive de réduction des émissions des sources locales et transfrontalières de pollution strictement pour le bénéfice des lichens. Par contre, il serait indiqué de renforcer les partenariats avec les ministères pour encourager la conformité à la Loi canadienne sur la protection de l’environnement ainsi que pour poursuivre la mise en œuvre de la Stratégie pancanadienne sur les émissions acidifiantes après l’an 2000, de la Nova Scotia Energy Strategy (stratégie énergétique de la Nouvelle-Écosse), du Nova Scotia Climate Change Action Plan (plan d’action sur les changements climatiques de la Nouvelle-Écosse), du Newfoundland and Labrador Climate Change Action Plan (plan d’action sur les changements climatiques de Terre-Neuve-et-Labrador) et du Plan d’action sur les changements climatiques du Nouveau-Brunswick.

Des PGP visant l’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse s’appliquent aux terres de la Couronne provinciale (Nova Scotia Natural Resources, 2018). Ces PGP nécessitent la réalisation de relevés menés avant la récolte par des experts dans toutes les zones qui, selon le modèle prédictif d’habitat, seraient très susceptibles d’abriter l’érioderme boréal (Cameron et Neily, 2008).

Le gouvernement du Canada soutient la certification forestière par des tiers comme outil de promotion d’une gestion durable et moderne des forêts (Canadian Council of Forest Ministers, 2015). Trente-cinq pour cent de la superficie de la Nouvelle-Écosse sont des terres de la Couronne (Nova Scotia Department of Natural Resources, 2013) qui peuvent aujourd’hui être cédées à des fins d’exploitation forestière seulement à des partenaires de l’industrie ayant une certification forestière par des tiers (J. Weldon-Genge, comm. pers.). Les normes de certification comprennent les mesures de précaution pour désigner et conserver les espèces en voie de disparition telles que l’érioderme boréal et leur habitat.

Éducation et sensibilisation, intendance et partenariats

La communication avec les propriétaires fonciers, les utilisateurs des ressources, les promoteurs, les gestionnaires des terres et d’autres intervenants pour promouvoir l’intendance et la conservation des terres privées fait partie intégrante de la conservation de l’habitat. Il faudra assurer la liaison avec les intervenants en ce qui concerne les pratiques bénéfiques d’aménagement forestier à proximité des sites d’érioderme boréal et dans les sites potentiels non occupés adjacents à de l’habitat essentiel. Il faudra également assurer le maintien du sapin baumier à l’échelle du paysage. L’expérience et les connaissances des intervenants seront primordiales dans la prise de décisions de gestion sur les terres privées et publiques. Les aires protégées, de même que les terres privées visées par des mécanismes de conservation, jouent également un rôle dans la conservation des lichens, et il faut donc continuer à en établir là où cela est possible.

L’étude et l’apprentissage des cyanolichens, qui peuvent être difficiles à identifier, nécessitent souvent des efforts considérables, mais, grâce à du matériel d’éducation pertinent, il pourrait être possible de susciter l’intérêt de l’industrie, des exploitants forestiers, des gestionnaires des terres, des étudiants et des naturalistes. Les ateliers et les séminaires d’identification de diverses espèces de cyanolichens jetteront les bases des premières étapes vers le rétablissement.

L’érioderme boréal, qui se rencontre souvent en association avec d’autres lichens en péril, peut être un indicateur d’une riche communauté de lichens. L’érioderme boréal peut également servir d’indicateur de la santé des forêts pluviales côtières de l’Atlantique.

Protection et gestion de l’espèce et de son habitat

La conservation de l’habitat est nécessaire à la survie et au rétablissement de cette espèce de lichen. À cette fin, l’habitat occupé doit être préservé là où cela est possible. Les efforts déployés pour communiquer avec les propriétaires fonciers et promouvoir l’intendance pourraient jouer un rôle aussi important que les lois dans le rétablissement de l’espèce (voir la section précédente).

Les gastéropodes grimpent sur les arbres pour brouter des lichens. Il est possible de les en empêcher en recourant à divers dispositifs tels que les collets, les bandes adhésives et les pièges. Il est possible de poser ces dispositifs sur les phorophytes en vue de déterminer la méthode la plus efficace pour prévenir l’accès des gastéropodes à l’érioderme boréal. Compte tenu des besoins très précis en matière de microclimat de l’espèce, des recherches s’imposent pour comprendre les incidences (p. ex. sur le pH du substrat) de la pose de structures sur les phorophytes. Des recherches à cette fin doivent être entreprises.

Un protocole efficace pour transplanter les cyanolichens se trouvant sur un arbre menacé par des facteurs non contrôlables (p. ex. tempêtes, chablis) sur des arbres-hôtes voisins pourrait être requis pour assurer le maintien de l’érioderme boréal dans certains sites. Même si la transplantation peut fournir un moyen de sauver les populations rares ou de maintenir l’aire de répartition de l’espèce, elle ne sera considérée que dans des circonstances exceptionnelles. Certains ériodermes boréaux de la population boréale ont été transplantés avec succès à Terre-Neuve-et-Labrador (The Gossan, 2010).

Suivi et recherche

Le suivi est nécessaire pour évaluer le succès des efforts de rétablissement. Le suivi au moyen de protocoles établis permettra d’évaluer l’abondance, l’état général des thalles, les caractéristiques de l’habitat et les menaces apparentes. Le suivi de la santé et de la succession des thalles et des colonies de même que des conditions à long terme de l’habitat apportera également certaines réponses aux chercheurs.

Comme le modèle prédictif de répartition donnait à penser que d’autres localités de l’érioderme boréal existaient, des inventaires lichénologiques sont nécessaires pour acquérir des données exactes sur la répartition de l’espèce. Le cas échéant, les résultats du modèle peuvent servir à prioriser les nouveaux sites de relevé.

Il est important de déterminer à quels types de polluants et à quelles concentrations de ces polluants l’espèce est sensible, et dans quelles conditions (p. ex. moment de l’exposition, durée de l’exposition, stade vital au moment de l’exposition) ces polluants représentent la plus grande menace. Par la détermination des sources ponctuelles de pollution atmosphérique et des conditions atmosphériques, il sera possible d’évaluer l’impact de ces sources sur la répartition et la survie de l’érioderme boréal. Les placettes d’échantillonnage permanentes de la pollution affectant les lichens gérées par le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse pourraient être une source de données sur l’incidence de la qualité de l’air sur l’abondance et la répartition des cyanolichens.

Les données sur la pollution atmosphérique, les dépôts acides et les phénomènes météorologiques sont disponibles auprès des ministères fédéral et provinciaux de l’environnement. Elles doivent être rassemblées et interprétées dans la perspective de leur incidence sur le rétablissement des cyanolichens. D’autres menaces, comme les activités forestières et le broutage par les gastéropodes, feront l’objet de recherches et de suivis directs.

Les paramètres du microhabitat, comme l’humidité, la composition de la forêt, la structure par âge de la forêt et les espèces indicatrices, doivent faire l’objet d’un suivi dans les sites occupés afin de mieux définir les conditions nécessaires à l’espèce.

Les autres lacunes dans les connaissances sur le rétablissement devant être abordées, par exemple les caractéristiques du cycle vital et la distance de dispersion, sont décrites à l’annexe B.

7 Habitat essentiel

Le programme de rétablissement initial a désigné l’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans neuf sites. Le lichen d’un des neuf sites du programme de rétablissement initial avait mal été identifié; par conséquent, ce site n’est plus désigné à titre d’habitat essentiel.

La désignation est considérée comme étant partielle pour le moment, car de l’information additionnelle est requise pour déterminer si l’habitat essentiel désigné ci-dessous est suffisant pour répondre aux objectifs en matière de population et de répartition.

En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Dans le présent programme de rétablissement, l’habitat essentiel est désigné dans la mesure du possible, sur la base de la meilleure information accessible. Un calendrier des études a été élaboré pour fournir l’information nécessaire pour achever la désignation de l’habitat essentiel suffisant à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Les sites d’érioderme boréal actuellement connus ont en commun les caractéristiques biophysiques suivantes (Cameron et Power, données inédites; COSEWIC, 2014) :

  • ils se trouvent à moins de 25 km du littoral atlantique, à une altitude de moins de 200 m au-dessus du niveau de la mer
  • ils abritent des troncs de sapins baumiers ayant atteint ou dépassé la maturité (âge normal moyen de 71,03 ans, mais toujours de plus de 50 ans; arbres morts significativement plus nombreux), sur lesquels poussent des Frullania tamarisci et, très souvent, des Coccocarpia palmicola
  • ils se trouvent dans des milieux frais et humides présentant des conditions relativement constantes toute l’année (précipitation annuelle de 1 200 à 1 600 mm; température moyenne en juillet de moins de 16 °C; température moyenne de janvier d’au moins -6 °C)
  • ils se trouvent à proximité d’une forêt fournissant le milieu humide constant nécessaire pour bloquer le vent et intercepter la lumière du soleil, assurer une protection contre les événements météorologiques pouvant causer des chablis et capter une partie de la pollution atmosphérique locale (distance entre les arbres d’au plus 5,55 m et couvert forestier relativement ouvert [moyenne = 31,72 %])
  • ils ont un parterre forestier constitué de sphaignes et, très souvent, d’osmonde cannelle (Osmundastrum cinnamomeum)
  • ils sont souvent situés sur des pentes orientées vers le nord (soit > 315 degrés et ≤ 44 degrés) ou à la base de celles-ci, et toujours à l’intérieur d’un milieu humide ou à côté d’un milieu humide

Description de l’habitat essentiel

L’habitat essentiel est désigné dans les figures 3 à 19. Dans chaque site, l’habitat essentiel de l’érioderme boréal est désigné comme suit :

  • le substrat/phorophyte (selon les connaissances actuelles, il s’agirait d’arbres uniquement);
  • le milieu humide (tel qu’il est délimité par la délimitation des milieux humides) dans lequel le substrat/phorophyte se trouve ou qui est adjacent au substrat/phorophyte (voir l’annexe C pour la définition d’un milieu humide et des renseignements sur la délimitation des milieux humides);
  • une zone de fonctions essentiellesNote de bas de page 3. La zone de fonctions essentielles est nécessaire au maintien des propriétés hydrologiques du milieu humide et des caractéristiques du microhabitat (en particulier en ce qui concerne l’humidité) assurant la survie du lichen ainsi qu’à la colonisation. Selon la meilleure information accessible, la zone de fonctions essentielles est désignée comme étant :
    • la zone située dans un rayon de 500 m autour d’un lichen et de son substrat/phorophyte (d’après les travaux de Cameron et al. [2013b]);
    • ainsi que la bande autour du milieu humide qui abrite le lichen ou qui y est adjacent, selon la taille du mlieu humide :
      • si le milieu humide mesure moins de 100 m2, une zone de fonctions essentielles d’un rayon de 100 m autour du milieu humide est délimitée
      • si le milieu humide mesure plus de 100 m2, une zone de fonctions essentielles d’un rayon de 50 m autour du milieu humide est délimitée (voir la figure 2)
Exemples simplifiés d’habitat essentiel, voir la description longue
Figure 2. Exemples simplifiés d’habitat essentiel; toutes les zones ombrées de gris clair ou de vert et le milieu humide (en bleu) font partie de l’habitat essentiel. Voir le tableau 5, dans la section 7.3, pour les activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel dans un rayon de 200 à 500 m du phorophyte.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Phorophyte = Phorophyte
Wetland Critical Function Zone = Zone de fonctions essentielles autour d’un milieu humide
Wetlands = Milieux humides
Phorophyte Critical Function Zone = Zone de fonctions essentielles autour d’un phorophyte
Wetland = Milieu humide

 

Description longue

Exemples simplifiés d’habitat essentiel pour les milieux humides et les phorophytes. Le schéma montre deux milieux humides : un près du haut qui couvre plus de 100 mètres carrés et l’autre près du bas qui couvre moins de 100 mètres carrés. Chacun est entouré d’une zone critique de fonction, d’une largeur de 50 mètres dans le cas du grand milieu humide et de 100 mètres dans le cas du petit milieu humide. Au centre du schéma, une zone circulaire de 500 mètres de rayon représente la zone critique de fonction pour le phorophyte.

Les sites d’où l’érioderme boréal aurait disparu depuis 2005 (année où la collecte de données sur l’espèce a été normalisée) sont désignés comme de l’habitat essentiel à condition que les caractéristiques biophysiques requises soient toujours présentes. Il y aurait ainsi 58 arbres répartis dans 14 sites qui ont, selon toute vraisemblance, perdu leurs lichens, mais qui abriteraient toujours les composantes de base (cyanobactéries et champignons filamenteux), ce qui pourrait permettre la colonisation en présence de caractéristiques biophysiques intactes. De plus, il est difficile de recenser les juvéniles avant que ceux-ci n’atteignent une certaine taille.

Il s’agit d’une désignation partielle de l’habitat essentiel puisque des travaux additionnels sont nécessaires pour déterminer si la zone de fonctions essentielles est suffisamment grande pour maintenir les propriétés hydrologiques du milieu humide et les caractéristiques essentielles du microhabitat (voir le calendrier des études).

Les zones renfermant de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal sont illustrées aux figures 3 à 19. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal au Canada se trouve dans les polygones ombrés en jaune (unités où les critères et la méthodologie de désignation de l’habitat essentiel énoncés dans la présente section sont respectés). Le quadrillage UTM montré dans les figures est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. De plus amples informations sur l’emplacement de l’habitat essentiel peuvent être obtenues, à des fins de protection de l’espèce et de son habitat et sur justification, auprès d’Environnement et Changement climatique Canada – Section de la planification du rétablissement, à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.

La désignation de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal est mise à jour dans le présent programme de rétablissement modifié d’après la meilleure information accessible de 2005 à 2015 et comprend maintenant 68 sites (figures 3 à 19) totalisant 13 201 ha.

Carte 1 HC, voir la description longue
Figure 3. Carte générale de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse. Voir les figures 4 à 19 pour une représentation détaillée de l’habitat essentiel.
Description longue

Carte générale de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal en Nouvelle-Écosse. Seize polygones, désignés A à P, de l’extrémité sud-ouest à l’extrémité nord-est, entourent les carrés de quadrillage renfermant de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal. Tous les polygones se trouvent sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse. Voir les représentations détaillées de l’habitat essentiel aux figures 4 à 19.

Carte 2 HC, voir la description longue
Figure 4. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Shelburne (voir la zone A de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Shelburne (zone A). La carte montre 19 carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Les carrés forment trois groupes distincts : un de quatre carrés, un de six carrés et un de neuf carrés. La plus petite zone est située un peu au nord-ouest du lac Canada Hill et couvre une partie de la route 103. La zone de taille moyenne est située au nord-est du lac Canada Hill et au nord-ouest du parc provincial Sable River. La plus grande zone comprend le lac Walls et se trouve juste à l’est du pré MacKenzies.

Carte 3 HC, voir la description longue
Figure 5. Figure 5. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Shelburne (est) et de Queens (voir la zone B de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Shelburne (est) et de Queens (zone B). La carte montre quatre groupes distincts de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM qui couvrent de l’habitat essentiel, dont un couvre une partie du lac Wilkins, au nord de Granite Village. Le deuxième groupe est constitué de treize carrés du quadrillage UTM qui couvrent de l’habitat essentiel, dont un couvre une partie du lac Haley, au sud de Granite Village. Le troisième groupe se trouve directement à l’est du deuxième et est constitué de cinq carrés du quadrillage UTM couvrant de l’habitat essentiel dans le secteur de Fundy Bay Landings et d’East Port L’Hebert. Le quatrième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM qui couvrent de l’habitat essentiel à Little Port L’Hebert, au sud-est d’East Sable River.

Carte 4 HC, voir la description longue
Figure 6. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone C de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
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Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (zone C). La zone d’intérêt se trouve près de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud de Truro. La carte montre trois groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM et couvre une partie du ruisseau Ogilvie, à l’ouest de la plaine Bruce. Le deuxième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM et se trouve au sud-est du premier groupe. Le troisième groupe est constitué de quinze carrés du quadrillage UTM et couvre certaines parties des ruisseaux Harriman et Northwest Cove. La carte montre dans son coin supérieur droit une partie d’un quatrième groupe de carrés du quadrillage UTM situé à l’est de l’aire naturelle Ship Harbour Long Lake.

Carte 5 HC, voir la description longue
Figure 7. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone D de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (zone D). La zone d’intérêt se trouve légèrement dans les terres intérieures de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud de Truro. La carte montre quatre groupes distincts de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui couvrent de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de onze carrés du quadrillage UTM situés juste à l’ouest des prés Taylor. Le deuxième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM situés au nord-est des prés Taylor. Le troisième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM situés à l’est de l’aire naturelle Ship Harbour Long Lake. Le quatrième groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM situés juste au nord-ouest du lac Dam.

Carte 6 HC, voir la description longue
Figure 8. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone E de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Halifax (zone E). La zone d’intérêt se trouve dans l’intérieur des terres non loin de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud-est de Truro. La carte montre trois groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre x un kilomètre qui couvrent l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de onze carrés du quadrillage UTM situés au sud-ouest de Beaver Dam. Le deuxième groupe est constitué de huit carrés du quadrillage UTM, dont un qui couvre une grande partie du lac Bear, à l’ouest de Mooseland, et un autre qui couvre une partie du ruisseau Rider Lakes. Le troisième groupe est également constitué de huit carrés du quadrillage UTM situés entre les lacs River et Jacket.

Carte 7 HC, voir la description longue
Figure 9. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone F de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (zone F). La zone d’intérêt se trouve légèrement dans les terres intérieures de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud-est de Truro. La carte montre deux grands groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui couvrent de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe couvre une zone rectangulaire horizontale. Ilest constitué de dix-sept carrés du quadrillage UTM, dont un qui couvre une partie du ruisseau Cape, un qui couvre une partie du ruisseau Paul et un autre qui borde la rivière Killag. Le deuxième groupe est constitué de vingt carrés du quadrillage UTM situés à l’est du lac Como et au nord du lac Fraser, dont deux couvrent des parties du ruisseau Lake Fraser.

Carte 8 HC, voir la description longue
Figure 10. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone G de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (zone G). La zone d’intérêt se trouve légèrement dans les terres intérieures de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud de l’île Roy. La carte montre deux grands groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui couvrent de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de vingt-six carrés du quadrillage UTM, dont quatre qui couvrent en partie le lac Cross et deux autres qui couvrent en partie le lac Moose. Le deuxième groupe est constitué de vingt-quatre carrés du quadrillage UTM situés entre les lacs Kelly et Spar, dont un qui couvre la majeure partie du lac Shoaly, deux qui couvrent la rivière Quoddy et quatre qui couvrent les lacs Twin.

Carte 9 HC, voir la description longue
Figure 11. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés d’Halifax (est) et de Guysborough (voir la zone H de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés d’Halifax (est) et de Guysborough (zone H). La zone d’intérêt se trouve le long de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud de l’île Roy. La carte montre cinq groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe, constitué de quatre carrés du quadrillage UTM, se trouve entre la rivière East et le ruisseau Sinclair. Le deuxième groupe est constitué de huit carrés du quadrillage UTM formant un rectangle vertical juste au sud du ruisseau Creighton. Le troisième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM situés à l’ouest de New Chester et au sud du ruisseau East. Le quatrième groupe est également constitué de six carrés du quadrillage UTM situés juste au sud-ouest du troisième groupe. Le cinquième groupe est constitué de onze carrés du quadrillage UTM situés juste au sud-est du troisième groupe et couvre une partie du parc provincial Judds Pool.

Carte 10 HC, voir la description longue
Figure 12. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (voir la zone I de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté d’Halifax (zone I). La zone d’intérêt se trouve le long de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud de l’île Roy. La carte montre un groupe de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le groupe est constitué de cinq carrés du quadrillage UTM et couvre un secteur à l’ouest de Harrigan Cove.

Carte 11 HC, voir la description longue
Figure 13. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Guysborough (voir la zone J de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Guysborough (zone J). La zone d’intérêt se trouve le long de la côte sud de la Nouvelle-Écosse, au sud-est de l’île Roy, près de l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse. La carte montre trois groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM situés au sud-ouest de Forest Hill et directement au nord de Country Harbour Mines. Le deuxième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM situés entre la rivière Costley et le ruisseau East Branch. Le troisième groupe est constitué de neuf carrés du quadrillage UTM formant un rectangle vertical à l’est de Stormont.

Carte 12 HC, voir la description longue
Figure 14. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (voir la zone K de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (zone K). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre entièrement quatre groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce et partiellement deux autres groupes de carrés. Le premier groupe est constitué de douze carrés du quadrillage UTM qui couvrent une grande zone au sud-est de MacNabs Cove, y compris une partie du ruisseau Black. Le deuxième groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM situés entre Soldiers Cove et le chemin Lewis Cove. Le troisième groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM situés juste au nord de Grand River Falls. Le quatrième groupe est constitué de neuf carrés du quadrillage UTM situés directement à l’est du chemin Lewis Cove et au nord-ouest de Fergusons Lake, dont un qui couvre une partie du ruisseau Murchison et deux autres qui couvrent en partie le ruisseau Gabelles.

Carte 13 HC, voir la description longue
Figure 15. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (voir la zone L de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (zone L). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre neuf groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Les groupes sont constitués de 65 carrés du quadrillage UTM au total. Ces groupes couvrent un secteur constitué de quatre carrés du quadrillage UTM situés au sud-ouest de Head of Loch Lomond, un grand secteur situé à l’est de Grand River Falls qui couvre en partie Barren Hill et quatre secteurs distincts situés au nord de Grand River, de Ferguson Lake, de L’Archevesque et de St. Esprit, respectivement.

Carte 14 HC, voir la description longue
Figure 16. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (voir la zone M de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté de Richmond (zone M). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre entièrement cinq groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce et partiellement deux autres groupes de carrés. Le premier groupe est constitué de quatre carrés du quadrillage UTM situés directement à l’ouest de Stirling. Les quatre autres groupes sont situés à l’ouest de Framboise Intervale et au nord de Lower St. Esprit et comprennent cinq carrés qui couvrent le ruisseau MacLeod, six carrés qui couvrent en partie le ruisseau MacCormicks et un qui couvre une partie du ruisseau Marie Joseph.

Carte 15 HC, voir la description longue
Figure 17. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Richmond (est) et du Cap-Breton (voir la zone N de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Richmond (est) et du Cap-Breton (zone N). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité nord-est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre trois groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Les premier et deuxième groupes sont constitués au total de sept carrés contigus du quadrillage UTM juste à l’est et au sud du ruisseau MacNeils, au sud-est de Middle Cape. Le troisième groupe est constitué de onze carrés du quadrillage UTM situés au nord-ouest de Richmond.

Carte 16 HC, voir la description longue
Figure 18. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Richmond et du Cap-Breton (voir la zone O de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans les comtés de Richmond et du Cap-Breton (zone O). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité nord-est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre deux groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Le premier groupe est constitué de six carrés du quadrillage UTM formant un rectangle vertical à l’ouest du lac Powderhorn, dont deux chevauchent la limite entre les comtés de Richmond et du Cap-Breton. Le deuxième groupe est constitué de huit carrés du quadrillage UTM entre le lac Powderhorn et l’étang MacIsaacs, dont un qui couvre en partie la rivière Caribou, un qui couvre en partie l’étang MacIsaacs, un qui couvre en partie le lac Powderhorn et trois qui chevauchent la limite entre les comtés de Richmond et du Cap-Breton.

Carte 17 HC, voir la description longue
Figure 19. L’habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté du Cap-Breton (voir la zone P de la carte générale de la Nouvelle-Écosse) est représenté par les polygones ombrés en jaune, là où les critères et la méthodologie énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les zones à l’extérieur des polygones jaunes ne renferment pas d’habitat essentiel.
Description longue

Habitat essentiel de l’érioderme boréal dans le comté du Cap-Breton (zone P). La zone d’intérêt se trouve à l’extrémité nord-est de la Nouvelle-Écosse, au sud-ouest de Sydney. La carte montre trois groupes de carrés du quadrillage UTM de référence de un kilomètre par un kilomètre qui indiquent l’emplacement géographique général de l’habitat essentiel de l’espèce. Les premier et deuxième groupes sont constitués au total de quatorze carrés contigus du quadrillage UTM situés directement au nord de The Stillwater. Le troisième groupe est constitué de cinq carrés du quadrillage UTM situés au sud-ouest de The Stillwater, dont deux couvrent en partie le lac MacDonald.

7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Tableau 4. Calendrier des études pour la désignation de l’habitat essentiel
Description de l’activité Justification Échéancier

Évaluer la relation entre la superficie du milieu humide et celle de la zone de recharge nécessaire pour maintenir la fonction du milieu humide.

Évaluer la relation entre la zone de fonctions essentielles et la persistance du lichen.

Pour assurer la viabilité à long terme des sites existants, il faut déterminer si la zone entourant actuellement le phorophyte et le milieu humide est suffisante pour maintenir la présence du lichen, protéger la fonction du milieu humide et atténuer les effets de la fragmentation.

2025

7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La destruction de l’habitat essentiel est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Lorsque l’habitat essentiel est désigné dans un programme de rétablissement, des exemples d’activités susceptibles d’en entraîner la destruction doivent être fournis. Le tableau 5 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 5. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
Description de l’activité Description de l’effet relatif à la perte de fonction Détails de l’effet
Activités qui entraînent l’enlèvement de phorophytes, par exemple le griffage d’arbres, la coupe à blanc, l’exploitation forestière et la récolte de bois Les phorophytes sont essentiels à la croissance, à la survie et à la reproduction du lichen. Ces activités peuvent modifier le caractère convenable de l’arbre en tant qu’hôte du lichen. Ces activités sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année.
Activités qui entraînent la perte d’arbres au sein de l’habitat essentiel, par exemple la coupe à blanc, l’exploitation forestière, la récolte de bois, la construction de routes et la construction de chalets dans les zones adjacentes La perte d’arbres au sein de l’habitat essentiel pourrait réduire la disponibilité d’arbres-hôtes et, indirectement, entraîner une baisse du pH de l’écorce des conifères restants (Richardson et Cameron, 2004). Ce genre d’enlèvement peut aussi réduire le taux d’humidité et accroître la vitesse du vent (ainsi que les dommages liés aux chablis) dans l’habitat essentiel.

Les activités qui entraînent la perte ou l’enlèvement d’arbres au sein de l’habitat essentiel sont particulièrement susceptibles d’entraîner la destruction de celui-ci (p. ex. enlèvement d’arbres dans un rayon de 200 m autour d’un phorophyte, enlèvement de tout habitat potentiel délimité sur le terrain dans un rayon de 500 m autour d’un phorophyte convenable pour la colonisation, ou enlèvement d’un bloc de plus de 150 000 m2 à l’intérieur de la zone de fonctions essentielles se trouvant dans un rayon de 200 à 500 m autour d’un phorophyte).

Il est possible que des blocs additionnels soient enlevés de la zone de fonctions essentielles se trouvant dans un rayon de 200 à 500 m autour d’un phorophyte une fois que le bloc de coupe présente une densité adéquate d’arbres en régénération mesurant au moins 3 m de hauteur. Cette situation sera évaluée au cas par cas par des experts de l’espèce.

D’autres directives de gestion de ces activités seront élaborées lorsque le calendrier des études visant l’érioderme boréal sera terminé.
Activités qui modifient les propriétés hydrologiques du site et du milieu humide, par exemple la construction de routes, le remblayage, la coupe à blanc, la récolte d’arbres et la construction de chalets. Ces activités sont susceptibles de modifier les propriétés hydrologiques du milieu humide qui abrite le lichen ou qui y est adjacent, ce qui peut entraîner des conditions de température et d’humidité non convenables pour la croissance et la colonisation. Ces activités sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année.

8 Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

  • Il reste des sites existants dans l’ensemble de la zone d’occurrence connue du lichen.
  • Il n’y aucune perte de thalles adultes due à la détérioration ou à la perte d’habitat causée par les activités humaines.

Le présent programme de rétablissement et le ou les plan(s) d’action à l’appui seront assujettis à une approche de gestion adaptative, selon laquelle la nouvelle information est intégrée en continu.

9 Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action seront élaborés dans les trois ans suivant la publication de la version finale du présent programme de rétablissement dans le Registre public des espèces en péril.

Références

Asplund et Gauslaa, Y. 2008. Mollusc grazing may constrain the ecological niche of the old forest lichen Pseudocyphellaria crocata. Plant Biology 10(6): 711-717.

Auclair, A.N.D. 1987. The Climate Change Theory of Forest Decline. – IUFRO Conference on Woody Plant Growth in a Changing Physical and Chemical Environment, Vancouver. Environment Canada, 29 pp.

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11. Communications personnelles

R. Cameron. 2014. Protected Areas and Ecosystem Branch, Nova Scotia Environment, Halifax (Nouvelle-Écosse).

J. Weldon-Genge. 2014. Agent forestier, Regional Services, Nova Scotia Department of Natural Resources (Nouvelle-Écosse).

Annexe A : effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Le présent programme de rétablissement aura assurément un effet bénéfique sur l’environnement en favorisant le rétablissement de l’érioderme boréal. La possibilité que la mise en œuvre du programme de rétablissement ait des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. L’EES a conclu que le présent programme de rétablissement profitera assurément à l’environnement et qu’il n’entraînera pas d’effets néfastes importants.

Les effets sur les espèces non ciblés ont également été considérés. L’érioderme boréal fait partie d’un groupe de cyanolichens rares, dont un grand nombre vivent dans des milieux semblables de la région forestière humide atlantique de la Nouvelle-Écosse. Puisque ces espèces partagent des besoins en matière d’habitat semblables, les mesures ayant directement pour but de mieux comprendre les associations à l’échelle des écosystèmes et de préserver l’habitat de l’érioderme boréal protégeront certainement les populations d’autres cyanolichens rares. À l’échelle régionale, tous les progrès vers la réduction des polluants atmosphériques seront bénéfiques non seulement pour l’érioderme boréal, mais aussi pour la plupart, voire la totalité, de la flore et de la faune de la région de la forêt atlantique.

Annexe B : lacunes dans les connaissances en vue du rétablissement

  • Décrire le cycle vital et les stades vitaux cruciaux de l’espèce.
  • Comparer la diversité génétique (de la population de Terre-Neuve-et-Labrador et de la population de la Nouvelle-Écosse).
  • Étudier la distance de dispersion : distance et mécanismes.
  • Faire le suivi de la résilience du lichen.
  • Définir les besoins en matière de microhabitat et les effets précis de la pollution et des dépôts acides.
  • Définir les besoins en matière de microclimat et les effets sur la récolte d’arbres pratiquée à proximité.
  • Décrire les facteurs de mortalité et déterminer leur effet sur la population.
  • Étudier les effets de l’herbivorie pratiquée par les gastéropodes.

Annexe C : définitions provinciales d’un milieu humide

Selon la définition de l’Environment Act de la Nouvelle-Écosse, un milieu humide est un marais, un marécage, une tourbière minérotrophe ou une tourbière ombrotrophe où le niveau de la nappe phréatique approche, atteint ou dépasse, périodiquement ou constamment, le niveau du sol, ou qui est saturé d’eau, et où se déroulent des processus aquatiques, comme en témoignent la présence de sols mal drainés et de plantes hydrophytes (Sphagnum spp. et osmonde cannelle) et des activités biologiques adaptées aux conditions humides.

Les milieux humides sont définis et délimités en fonction de trois caractéristiques environnementales diagnostiques : végétation hydrophyte, sols hydriques et propriétés hydrologiques de milieu humide (U.S. Army Corps of Engineers, 2012). Le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse (en anglais seulement) fournit aux professionnels des milieux humides des ressources et des références sur la définition et la délimitation des milieux humides.

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