Hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) : programme de rétablissement [proposition] 2025

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Proposition

2025

Hespérie du Colorado
Hespérie du Colorado
Information sur le document

Référence recommandée :

Environnement et Changement climatique Canada. 2025. Programme de rétablissement de l’hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) au Canada [Proposition]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa. 2 parties, 37 p. + 52 p.

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La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

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Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.

Illustration de la couverture : Mark Wynja ©

Also available in English under the title "Recovery Strategy for the Oregon Branded Skipper (Hesperia colorado oregonia) in Canada [Proposition]"

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025. Tous droits réservés.
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Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie‑Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique (partie 2), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le programme de rétablissement fédéral de l’hespérie du Colorado au Canada est composé des deux parties suivantes :

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Partie 2 – Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique, préparé par la ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie‑Britannique.

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie-Britannique, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Préface

Dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)Note de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au CanadaNote de bas de page 3. Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29)Note de bas de page 4 (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’hespérie du Colorado et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie‑Britannique, conformément au paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre compétent à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie-Britannique a remis le plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado ci-joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie‑Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les membres du public sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de de l’espèce et de l’ensemble de la société.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement devant être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et des organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant le rétablissement et/ou la survie de l’espèce. Il fournit à toutes les personnes vivant au Canada de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce, notamment la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Lorsqu’elles sont accessibles, les données spatiales sur l’habitat essentiel se trouvent dans l’Ensemble de données nationales sur l’habitat essentiel des espèces en périlNote de bas de page 5.

Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, que ce soit dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP fournit un cadre juridique qui permet de protéger cet habitat essentiel.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après la mise dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action ayant désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel énoncée au paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel sur le territoire domanial qui ne constitue pas une zone de protection fédérale aux termes du paragraphe 58(2) de la LEP, le ministre compétent doit prendre un arrêté appliquant l’interdiction de destruction de l’habitat essentiel prévue au paragraphe 58(1), si celui‑ci n’est pas déjà protégé légalement par une disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime. Si le ministre compétent ne prend pas l’arrêté, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment l’habitat essentiel ou les parties de celui-ci sont protégés légalement sur ce territoire domanial.

En ce qui concerne tout élément ou toute partie de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou par une mesure prise sous leur régime, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction de détruire l’habitat essentiel prévue au paragraphe 61(1). La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

L’élaboration du présent programme de rétablissement a été coordonnée par le personnel de la région du Pacifique du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC-SCF) : Cindy Bertrán Cerino, Jared Maida, Linda Takahashi et Eric Gross. Megan Harrison (ECCC‑SCF, région de la capitale nationale) a fourni une expertise et des conseils utiles sur les versions préliminaires de ce document. Danielle Yu (ECCC‑SCF, région du Pacifique) a fourni de l’aide supplémentaire pour la désignation de l’habitat essentiel et la préparation des cartes et des figures. Jennifer Heron (ministère de l’Intendance des terres, de l’eau et des ressources de la Colombie‑Britannique) a fourni une expertise et des conseils utiles sur les versions préliminaires de ce document. Crispin Guppy a généreusement fourni des conseils d’experts éclairés sur des sujets précis liés à l’habitat essentiel. James Pagé et Allison Siemens, membres du personnel d’iNaturalist, ont apporté leur aide pour la collecte des données d’observation. Un grand merci à tous les observateurs d’iNaturalist (Steve Ansell, Mark Wynja, Sean McCann, Thomas Barbin, Jeremy Gatten et Rand Ruland) pour avoir collaboré en tant que scientifiques citoyens et fourni des observations utiles pour éclairer la désignation de l’habitat essentiel de cette espèce. Nous remercions tout particulièrement Mark Wynja d'avoir gracieusement diffusé la représentation visuelle de la page de couverture de ce document.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique (partie 2 du présent document, ci-après appelé « plan de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels. Les autres sections du plan de rétablissement provincial ont été adoptées sans modification. L’espèce visée par ce plan est inscrite sur la liste de la LEP sous le nom d’hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia), comme cité dans le rapport de situation préparé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEWIC, 2013). Elle porte également le nom commun d’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia. Le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique désigne toutefois l’espèce sous le nom « Western Branded Skipper ». Dans la version anglaise du présent document, le nom « Oregon Branded Skipper » a été utilisé. Les deux noms renvoient à la même espèce (Hesperia colorado oregonia).

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du plan de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de survie/rétablissement peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

La présente section remplace la section « Résumé du caractère réalisable du rétablissement » du plan de rétablissement provincial.

D’après les critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, tel que décrit dans la Politique relative au rétablissement et à la survieNote de bas de page 6, le rétablissement de l’hespérie du Colorado est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

Le rétablissement est-il réalisable?

1. Survie

Les caractéristiques de survie peuvent‑elles être prises en compte dans la mesure où l’espèce n’est plus exposée à un risque imminentNote de bas de page 7 de disparition du pays ou de la planète par suite de l’activité humaine?

Oui. L’hespérie du Colorado est actuellement évaluée comme étant en voie de disparitionNote de bas de page 8. Cette espèce a une petite aire de répartition avec un déclin inféré des individus matures en raison de la perte continue d’habitat convenable (COSEWIC, 2013), qui compromet la redondance et la résilience de la population, et qui augmente sa vulnérabilité aux menaces d’origine humaine (caractéristiques clés de survieNote de bas de page 9). L’habitat convenable pour l’hespérie du Colorado se trouve à la fois dans les écosystèmes sableux côtiers ainsi que dans les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes connexes. Les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes connexes sont actuellement reconnus comme l’un des écosystèmes terrestres les plus en péril du Canada et abritent des centaines d’espèces menacées, dont l’hespérie du Colorado (Erickson, 2000; Fuchs, 2000; Barlow et al., 2021).

Il est possible d’améliorer la redondance, la résilience et la vulnérabilité de l’espèce aux menaces d’origine humaine par une protection et une restauration de l’habitat qui se concentrent sur l’amélioration de la qualité de l’habitat et de la quantité d’habitat, et l’atténuation des menaces pesant sur l’espèce (par exemple, l’application de Bascillus thuringiensis kurstaki [Btk]). Dans son état rétabli, même si sa condition historique est atteinte, cette espèce pourrait être encore en péril au Canada.

2. Indépendance à l’égard d’une intervention humaine

L’espèce est‑elle actuellement en mesure de persister au Canada sans intervention humaine délibérée et/ou sera-t-elle éventuellement en mesure d’atteindre et de maintenir son indépendance dans l’état où la condition (1) est respectée, de sorte qu’elle ne dépend pas d’une intervention humaine importante, directe et continue?

Oui. Il existe actuellement dix sous‑populations d’hespéries du Colorado en Colombie‑Britannique (Canada), et l’espèce ne dépend pas actuellement d’une intervention humaine directe. Il existe des mentions confirmant une reproduction s’étalant sur plusieurs années pour au moins trois des sous‑populations (flèche Cordova, mont Camas et Goldstream). À l’avenir, les sous‑populations existantes et nouvellement recensées devraient pouvoir persister indépendamment des interventions humaines en cours, tant que la redondance et la résilience de l’espèce sont maintenues, ou améliorées, par la prise en compte et l’atténuation des menaces d’origine humaine.

3. Amélioration

La condition de l’espèce peut‑elle être améliorée par rapport à la condition qu’elle avait lorsqu’elle a été évaluée et désignée comme étant en péril?

Oui. Quatre sous‑populations existantes d’hespéries du Colorado ont été identifiées depuis la publication de l’évaluation de situation réalisée par le COSEPAC (COSEWIC, 2013) et du plan de rétablissement provincial (2017). Une menace importante pour l’hespérie du Colorado est l’utilisation et l’application d’un pesticide aérien à base de Btk pour contrôler l’introduction et la propagation de la spongieuse non indigène (Lymantria dispar). Bien qu’aucune pulvérisation contre la spongieuse n’ait été effectuée à proximité des sites de l’hespérie du Colorado au cours des dix dernières années, tous les sites existants se trouvent dans des zones de pulvérisation futures potentielles. Le comité consultatif technique provincial sur la spongieuse est au courant de la présence de l’hespérie du Colorado et s’efforce d’éviter les sous‑populations et l’habitat connus dans le cadre des programmes d’épandage aérien et terrestre visant à lutter contre la spongieuse (B. Bains, comm. pers., juillet 2023).

L’hespérie du Colorado est également menacée par la conversion et la perte continues de son habitat. L’habitat convenable pour cette espèce se trouve dans les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes connexes, et la conversion des terres a considérablement réduit la superficie de cet écosystème et de l’habitat de cette espèce. Il existe cependant des organisations telles que l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (ERECG) mettant en œuvre des activités d’intendance qui visent à sensibiliser les propriétaires fonciers privés ainsi que les gestionnaires et les utilisateurs des terres aux espèces en péril, y compris l’hespérie du Colorado.

La redondance et la résilience de cette espèce devraient pouvoir être améliorées en travaillant avec les administrations locales et provinciales, les propriétaires fonciers privés, les groupes et organisations autochtones et les organisations de conservation pour mettre en œuvre des mesures de rétablissement et de conservation de l’habitat ainsi que pour atténuer les menaces d’origine humaine afin d’améliorer l’état de cette espèce.

1. Information sur la situation de l’espèce

La présente section remplace l’information sur les désignations légales et le statut de conservation de l’hespérie du Colorado au Canada selon la LEP, présentée à la section 2 « Information sur la situation de l’espèce » du plan de rétablissement provincial.

L’hespérie du Colorado est désignée « espèce en voie de disparition » à l’annexe 1 de la LEP (2023).

Tableau 1. État de conservation de l’hespérie du Colorado (d’après NatureServe [2023], et le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique [2023])
Espèce Cote mondiale (G)* Cote nationale (N)* Cotes infranationales (S) Cote nationale aux États‑Unis Statut selon le COSEPAC Statut selon la LEP Liste de la C.-B.
Hespérie du Colorado

G5T2

(2016)

N2 S2

NNR

S2 (Oregon et Washington)

En voie de disparition (2013) En voie de disparition (2023) Liste rouge**

* Cote 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 – vulnérable à la disparition du territoire ou de la planète; 4 = apparemment en sécurité; 5 = en sécurité.

** La liste rouge est définie par le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique comme incluant toute espèce ou tout écosystème qui risque de disparaître (disparu du territoire, en voie de disparition ou menacé).

2. Population et répartition de l’espèce

Cette section remplace le sommaire sur les sous‑populations connues d’hespéries du Colorado (figure 3 et tableau 1 de la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

Le sud‑est de l’île de Vancouver constitue l’extrémité nord de l’aire de répartition mondiale de l’hespérie du Colorado. Cette aire s’étend vers le sud depuis la région de Puget Trough, dans le sud‑ouest de l’État de Washington, jusque comté de Trinity, dans le nord de la Californie, en passant par le centre‑ouest de l’Oregon. Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.

Les mentions relatives à l’hespérie du Colorado en Colombie‑Britannique datent de 1894 à 2023 et concernent 22 sous‑populations distinctes (historiques et existantes) (tableau 2; figure 1). Cela comprend trois nouvelles sous‑populations documentées depuis la préparation du plan de rétablissement provincial et une sous‑population confirmée comme existante qui était auparavant classée comme historique dans le rapport de situation du COSEPAC (2013) (tableau 2).

Tableau 2. Sommaire des sous-populations d’hespéries du Colorado au Canada en août 2023. Les renseignements relatifs à chaque sous‑population comprennent le numéro d’occurrence d’élément (OE) correspondant du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique. La localité, le numéro et la situation de la sous‑population, l’année de la dernière observation vérifiée et l’incertitude de la localité sont indiqués pour chaque unité
Localité de la sous‑populationa Numéro de la sous‑populationb No de l’OEc Situationd Dernière observation Incertitude de la localité (m)e
Tourbière Rithet 1 16 Historique 1951 -
Parc du mont Douglas (Saanich)f 2 S.O. Historique 1953 -
Oak Bay, près du parc Uplands 3 8 Historique 1953 -
Beaver Lake 4 18 Historique 1955 -
Lac Blenkinsop 5 1 Historique 1952 -
Lac Blenkinsop, au sud-est de Braefoot 6 2 Historique 1953 -
Maple Bay 7 9 Historique 1935 -
Millstream 8 11 Historique 1955 -
Région de Duncan 9 Non cartographiée Historique 1926 -
Région de Malahat 10 Non cartographiée Historique 1920 -
Région du lac Quamichan 11 Non cartographiée Historique 1917 -
Région du lac Shawnigan 12 Non cartographiée Historique 1894 -
Mont Camas, Metchosin 13 3 Existante 2011 5 m
Flèche Cordova 14 5 Existante 2015 8 m
Lac Cameron 15 4 Existante 2019 5 m
Goldstream 16 7 Existante 2009 5 m
Mont Manuel Quimper 17 14 Existante 2014 5 m
Rivière Englishman 18 22 Existante 2018 5 m
Île Quadra 19 23 Existante 2018 5 m
Île Cortes* 20 S.O. Existante 2019 8 m
Ruisseau Whiskey* 21 S.O. Existante 2019 8 m
Colline Pender* 22 S.O. Existante 2023 21 m

a Aux endroits indiqués, les noms de populations utilisés dans le présent plan de rétablissement correspondent aux noms de sites associés au Conservation Data Centre (2016).

b Le numéro de population est donné aux fins de distinction de l’OE, car les nouvelles populations existantes ne sont pas identifiées par un numéro d’OE.

c Les numéros d’OE indiqués correspondent à ceux fournis dans le plan de rétablissement provincial.

d Existante : la présence de l’occurrence a été vérifiée récemment et existe encore. Historique : terme utilisé lorsqu’il n’y a pas de données récentes sur le terrain permettant de vérifier la pérennité de l’occurrence; il n’y a pas de mention récente malgré des recherches approfondies dans la zone générale et l’observation la plus récente remonte à plus de 20 ans.

e Incertitude de la localité – les plages d’exactitude par localité varient de 5 à 21 m.

f Cette localité n’est plus cartographiée. Au moment de la rédaction du plan de rétablissement provincial, cette localité était désignée comme étant l’OE22.

* Ces données proviennent de iNaturalist (anglais seulement), un réseau social à but non lucratif de naturalistes, de scientifiques citoyens et de biologistes utilisé comme base de données pour consigner la biodiversité mondiale. Toutes les mentions sont des observations de qualité recherche : Aide - iNaturalist (anglais seulement).

Les numéros des occurrences d’élément (OE) correspondent à ceux mentionnés dans le plan de rétablissement provincial, à l’exception de ceux pour les nouvelles sous‑populations documentées de la rivière Englishman (OE22) et de l’île Quadra (OE23), ainsi que de celui pour la sous‑population confirmée du lac Cameron (OE4) (anciennement historique). Trois nouvelles sous‑populations ont été documentées depuis la production du plan de rétablissement provincial en 2017 et n’étaient toujours pas inscrites dans le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique en février 2024 : île Cortes (2019), ruisseau Whiskey (2019) et colline Pender (2023).

Figure 1.  Veuillez lire la description longue.

Figure 1. Sous‑populations existantes d’hespéries du Colorado (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique, au Canada (voir le tableau 2).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Strait of Georgia = Détroit de Géorgie

Descripton longue

Figure 1 affiche les populations existantes de l’Hespérie du Colorado sur l’île de Vancouver. Il y a 22 populations existantes qui ont été aperçue sur les côtes du détroit de Géorgie entre l’Île de Vancouver et la côte continentale de la Colombie-Britannique. On peut également en apercevoir près de Sidney et Colwood.

3. Objectifs en matière de population et de répartition

Le plan de rétablissement provincial contient un énoncé sur les objectifs en matière de population et de répartition ainsi qu’une justification à cet effet, que l’on peut lire dans la section 5.1, But de rétablissement (population et répartition), et la section 5.2, Justification du but de rétablissement en matière de population et de répartition. Environnement et Changement climatique Canada adopte l’intention du but provincial en matière de population et de répartition avec les modifications suivantes :

Objectif en matière de population et de répartition

L’objectif en matière de population et de répartition est de rétablir l’hespérie du Colorado en améliorant la résilience et la redondance de l’espèce face aux menaces d’origine humaine dans toute son aire de répartition, ainsi qu’en réduisant la vulnérabilité de l’espèce face à ces menaces, par le maintien ou le rétablissement d’un habitat convenable pour toutes les sous‑populations existantes, y compris toutes les sous‑populations supplémentaires qui pourraient être identifiées, et par la gestion des menaces d’origine humaine.

Justification

L’hespérie du Colorado est endémique de la côte ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, seules dix sous‑populations existantes se trouvent sur l’île de Vancouver. L’habitat convenable pour l’hespérie du Colorado comprend des écosystèmes sableux côtiers à végétation clairsemée, y compris des flèches de sable et de gravier ainsi que des écosystèmes du chêne de Garry, qui sont deux types d’écosystèmes très menacés au Canada. L’hespérie du Colorado a été désignée comme étant en voie de disparitionNote de bas de page 10 au Canada par le COSEPAC en 2013 sur la base des déclins inférés de la zone d’occurrence, de l’indice de la zone d’occupation et de la qualité de l’habitat, ainsi que de la vulnérabilité continue aux menaces d’origine humaine dans les sous‑populations connues (au moment du rapport de situation du COSEPAC de 2013).

Le rétablissement de l’hespérie du Colorado sera réalisé en mettant fin aux principales menaces d’origine humaine, en les atténuant ou en les évitant pour toutes les sous‑populations connues au Canada, de manière à ce que l’espèce persiste. La redondance et la résilience de cette espèce devraient pouvoir être améliorées en collaborant avec les administrations locales et provinciales, les propriétaires fonciers privés et les organisations de conservation pour mettre en œuvre les mesures de rétablissement et de conservation de l’habitat ainsi que pour atténuer les menaces d’origine humaine afin de maintenir ou d’améliorer les conditions de l’habitat pour cette espèce.

En outre, la prise de mesures visant à maintenir, à restaurer et à protéger l’habitat convenable occupé dont a besoin l’hespérie du Colorado aura les conséquences suivantes :

  1. améliorer la capacité de l’espèce à surmonter les perturbations et à éviter l’effondrement démographique et génétique en maintenant ou en améliorant la taille de la population et la diversité génétique (résilience);
  2. favoriser la persistance de toutes les sous‑populations connues, afin de permettre la survie à long terme de l’espèce en réduisant le risque de perte catastrophique ou de disparition de l’espèce à la suite d’événements localisés (redondance).

4. Habitat essentiel

La présente section remplace la section « Habitat de survie et de rétablissement » (section 7) du plan de rétablissement provincial.

L’alinéa 41(1)c) de la LEP exige que les programmes de rétablissement comprennent une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, ainsi que les activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Le plan de rétablissement provincial (partie 2, section 3.3) comprend un résumé écrit des besoins en matière d’habitat de l’hespérie du Colorado. Cet avis scientifique a été utilisé pour orienter le contenu des sections suivantes sur l’habitat essentiel dans la présente addition du gouvernement fédéral au programme de rétablissement. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado est désigné pour les sous‑populations existantes connues ou présumées, pour lesquelles des points d’occurrence ont été observés au cours des 20 dernières années (depuis 2003), et pour lesquelles l’incertitude de la localité est inférieure ou égale à 150 m (l’incertitude de la localité pour toutes les sous‑populations existantes variait entre 5 et 21 m). D’après ces critères, l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado est partiellement désigné à l’heure actuelle. Un calendrier des études (section 4.2) décrit les activités requises pour la désignation de l’habitat essentiel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition (section 3) pour l’espèce. La désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour lorsque l’information requise sera accessible, soit dans un programme de rétablissement révisé, soit dans un ou plusieurs plans d’action.

4.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

La capacité de dispersion de l’hespérie du Colorado n’est pas bien connue. Sur la base d’études portant sur des espèces biologiquement semblables, une estimation de dispersion de 900 à 1 000 m est appropriée pour l’hespérie du Colorado (B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, 2017). Le programme de rétablissement de l’hespérie rurale (Euphyes vestris) (Environment and Climate Change Canada, 2017) considère que 1 000 m est une distance appropriée à utiliser pour délimiter la zone renfermant l’habitat essentiel de cette espèce. En outre, NatureServe Explorer (Schweitzer, 2001) mentionne une limite supérieure par défaut de 1 000 m comme étendue de la zone tampon inférée pour les Hespériinés lorsque l’étendue est inconnue.

D’autres espèces d’hespéries auraient également des capacités de dispersion limitées. Par exemple, l’hespérie Polites mardon a une distance de dispersion maximale d’environ 1,6 km (Runquist, 2004; Hatfield et al., 2015). L’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) se déplace en moyenne jusqu’à 53 m par jour (Dana, 1991).

Des études sur l’hespérie du Dakota (Hesperia dacotae) indiquent des déplacements de 1 km ou moins entre des parcelles d’habitat de prairie séparées par des milieux de structure similaire (Cochrane et Delphey, 2002). Cette faible distance de dispersion peut être liée à sa courte durée de vie adulte et à son vol annuel unique (Delphey et al., 2017; Post van der Burg et al., 2020). Dana (1991) a estimé que l’hespérie du Dakota se dispersait sur moins de 300 m en trois à sept jours et que sa durée de vie maximale était d’environ trois semaines.

Description des caractéristiques biophysiques

Le cycle vital de l’hespérie du Colorado comprend quatre stades distincts, chacun ayant des besoins particuliers en matière d’habitat. Les éléments et les caractéristiques biophysiques requis pour l’hespérie du Colorado se chevauchent sur le plan biophysique, géospatial et saisonnier, à tous les stades du cycle vital.

Une description des éléments et des caractéristiques essentiels de l’habitat nécessaires pour soutenir les fonctions du cycle vital de l’espèce est présentée dans le tableau 2 de la section 3.3 du plan de rétablissement provincial, et constitue la base de la description des caractéristiques biophysiques dans le tableau 3 ci‑dessous. Des photos montrant des exemples de ces éléments et caractéristiques sont présentées à l’annexe 1.

Tableau 3 : Résumé des fonctions essentielles, des éléments biophysiques et des principales caractéristiques de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado en fonction du stade du cycle vital
Stade du cycle vital Fonction Éléments biophysiques Caractéristiques
Œuf Ponte et développement des œufs Couvert ouvert, sol mince, écosystèmes du chêne de Garry et écosystèmes connexes, écosystèmes à douglas, écosystèmes rocheux à sol mince et à végétation clairsemée, et écosystèmes sableux côtiers (où la renouée paronyque [Polygonum paronychia] et l’herbe à gomme hirsute [Grindelia oregonia] coexistent).
  • La ou les bases des touffes de graminées cespiteusesa (par exemple, fétuque rouge et fétuque de Roemerb)
  • Végétation épaisse, herbacée et morte, herbes et plantes non graminoïdes
  • Les autres structures comprennent des brindilles et d’autres débris ligneux, ainsi que certaines structures anthropiques telles que des poteaux de clôture.
Larve Habitat d’alimentation, de recherche de nourriture et d’abri (comme ci‑dessus) Écosystèmes de chênaies broussailleuses et écosystèmes sableux côtiers à végétation clairsemée (où la renouée paronyque et l’herbe à gomme hirsute coexistent)
  • La ou les bases des touffes de graminées cespiteusesa (par exemple, fétuque rouge et fétuque de Roemer)
Chrysalide Nymphose et émergence (comme ci‑dessus) Écosystèmes de chênaies broussailleuses et écosystèmes sableux côtiers à végétation clairsemée (où la renouée paronyque et l’herbe à gomme hirsute coexistent)
  • La ou les bases des touffes de graminées cespiteuses (par exemple, fétuque rouge et fétuque de Roemer)
Adulte Perchage, repos, accouplement, alimentation et copulation (comme ci‑dessus) Écosystèmes de chênaies broussailleuses et écosystèmes sableux côtiers à végétation clairsemée (où la renouée paronyque et l’herbe à gomme hirsute coexistent)

Femelle : végétation herbacée dense et basse, touffes de graminées denses, litière de feuilles, brindilles

Mâle : similaire à la femelle, plus un habitat aérien dans lequel il patrouille à la recherche de femelles émettant des phéromones

  • À la flèche Cordova, la renouée paronyque et l’herbe à gomme hirsute sont essentiels pour les adultes en quête de nourriturec.

a Désigne la partie inférieure de la touffe d’herbacées ou de la grappe de graminées. Dans le cas des graminées cespiteuses, qui poussent en tant que plantes individuelles en touffes ou en grappes, la base est l’endroit où les tiges individuelles de graminées émergent du sol. C’est la partie la plus proche du sol, où les racines ancrent la plante et assurent sa stabilité. Dans ce cas, les larves construisent des structures tubulaires ressemblant à des tentes en utilisant les tiges de la plante hôte et ce, près de la base des plantes herbacées. Les larves quittent ces structures pour se nourrir ou construire de nouveaux abris ailleurs lorsque les ressources en plantes hôtes diminuent (COSEWIC, 2013).

b Plantes hôtes larvaires, qui sont inconnues pour la sous‑espèce oregonia, mais soupçonnées d’être la fétuque rouge (Festuca rubra) et la fétuque de Roemer (Festuca roemeri) (COSEWIC, 2013).

c Gelling, L (2015)

4.1.1 Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

Les zones géospatiales renfermant de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado sont établies en fonction des éléments cumulatifs suivants :

  1. Sélection de toutes les mentions d’occurrence vérifiées (caractérisées par des observations au cours des 20 dernières années), y compris la distance d’incertitude associée à la localité;
  2. Application d’une distance radiale de 1 000 m autour de toutes les mentions existantes afin d’englober les capacités de dispersion saisonnière tout au long du cycle vital nécessaires pour soutenir toutes les fonctions du cycle vital;
  3. Fusion des polygones qui se chevauchent pour assurer la connectivité de l’habitat entre les sous‑populations locales;
  4. Exclusion géospatiale d’éléments à grande échelle que l’hespérie du Colorado n’utilise pas ou dont elle n’a pas besoin, par exemple les grandes étendues d’eau (océan).
4.1.2 Emplacement géospatial des zones renfermant de l’habitat essentiel

L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado est désigné pour dix sous‑populations existantes connues (tableau 2) dans le sud‑ouest de la Colombie‑Britannique (figures 1 à 10); ces sous‑populations sont liées aux numéros des occurrences d’élément indiqués dans le tableau 2 :

Les zones renfermant de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado (totalisant 5 075,60 ha) sont présentées dans les figures 2 à 11.

L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au Canada se trouve dans les polygones ombrés en jaune indiqués sur les figures 2 à 11. À l’intérieur de ces polygones, on trouve des milieux manifestement non convenables, tels que i) des zones forestières et agricoles, ii) des zones aquatiques au‑delà de la végétation riveraine, et iii) des infrastructures anthropiques permanentes existantes (bâtiments), des surfaces de roulement des routes pavées ou d’autres surfaces artificielles, qui ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques dont l’hespérie du Colorado a besoin et qui ne sont donc pas désignées comme habitat essentiel. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km dans ces figures est un système de quadrillage national de référence qui met en évidence l’emplacement géographique général renfermant l’habitat essentiel, aux fins de la planification de l’utilisation des terres ou de l’évaluation environnementale.

Figure 2.  Veuillez lire la description longue.

Figure 2. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au mont Camas (OE3) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Descripton longue

Figure 2 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. L’unité détaillée renfermant de l’habitat essentiel se désigne par un cercle dans un carré du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km. Celui-ci encercle Camas Hill, Single Hill et Redflag Mountain.

Figure 3. Veuillez lire la description longue.

Figure 3. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à la flèche Cordova (OE5) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Descripton longue

Figure 3 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km encadre une unité détaillée renfermant de l’habitat essentiel couvrant les rivages de Cordova Spit, qui est localisé sur la péninsule de Saanich, au Sud-Est de l’Île de Vancouver. Une petite zone d’unité détaillée peut également être aperçue au Sud-Ouest de l’Île James. 

Figure 4. Veuillez lire la description longue.

Figure 4. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au lac Cameron (OE4) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Descripton longue

Figure 4 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée englobant la partie droite du Cameron Lake en Colombie-Britannique.

Figure 5. Veuillez lire la description longue.

Figure 5. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à Goldstream (OE7) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Descripton longue

Figure 5 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre plusieurs polygones d’unités détaillées dans la ville de Goldstream en Colombie-Britannique. 

Figure 6. Veuillez lire la description longue.

Figure 6. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au mont Manuel Quimper (OE14) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Mount Manuel Quimper = Mont Manuel Quimper

Descripton longue

Figure 6 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée dans le Mont Manuel Quimper en Colombie-Britannique.

Figure 7. Veuillez lire la description longue.

Figure 7. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à la rivière Englishman (OE22), est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Englishman River = Rivière Englishman

Descripton longue

Figure 7 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 x 1 KM encadre un polygone d’unité détaillée sur la rive de la rivière Englishman en Colombie-Britannique. 

Figure 8. Veuillez lire la description longue.

Figure 8. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à l’île Quadra (OE23) est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Quadra Island = Île Quadra

Descripton longue

Figure 8 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée se situant au centre de l’Île Quadra en Colombie-Britannique.

Figure 9.  Please read the long description.

Figure 9. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à l’île Cortes est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Cortes Island = Île Cortes

Descripton longue

Figure 9 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée se situant au sud de l’Île Cortes en Colombie Britannique.

Figure 9.  Please read the long description.

Figure 10. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au ruisseau Whiskey est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Whiskey Creek = ruisseau Whiskey

Descripton longue

Figure 10 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée se situant près de Whiskey Creek, sur l’Île de Vancouver.

Figure 11.  Please read the long description.

Figure 11. L’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado à la colline Pender est représenté par les polygones jaunes, sauf là où des zones exclues (comme décrites à la section 4.1.2) sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km (ligne rouge) dans cette figure fait partie d’un système de quadrillage national de référence utilisé pour indiquer l’emplacement géographique général à l’intérieur duquel se trouve l’habitat essentiel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 10N = Zone UTM 10N - Système de référence géodésique nord-américain de 1983

Pender Hill = colline Pender

Descripton longue

Figure 11 représente l’habitat essentiel de l’Hespérie du Colorado en Colombie-Britannique. Un carré de quadrillage UTM de référence 1 km x 1 km encadre un polygone d’unité détaillée au Nord-Ouest de l’Île de Vancouver, dans le parc Pender Hill, sur la rive est du détroit de Géorgie en Colombie-Britannique.

5. Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Le calendrier des études ci‑dessous (tableau 4) décrit les activités requises pour achever la désignation de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado.

Tableau 4. Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado
Description de l’activité Justification Échéancier
Effectuer des relevés dans les milieux où l’espèce n’a pas été observée depuis plus de 20 ans, où les caractéristiques de l’habitat sont encore susceptibles d’être convenables et où des renseignements précis sur les localités ne sont pas disponibles (OE1a, OE4b, OE8c, OE16d et OE22e). L’habitat essentiel pour les sous‑populations (OE) classées comme historiques n’a pas été désigné là où un habitat potentiel subsiste. Cette activité est nécessaire pour faire en sorte de désigner suffisamment d’habitat essentiel pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. 2025 à 2035
Mener des recherches pour confirmer les plantes hôtes larvaires précises et le caractère convenable de l’habitat des microsites. Les plantes hôtes larvaires pour cette espèce sont inconnues, mais on soupçonne qu’il s’agit de la fétuque rouge (Festuca rubra) et de la fétuque de Roemer (Festuca roemeri). Cette activité permettra de parfaire les connaissances des caractéristiques biophysiques nécessaires à l’espèce. 2025 à 2035

Mener des recherches sur l’habitat d’émergence de la chrysalide, et recueillir des renseignements connexes relatifs aux éléments suivants :

  • les objets servant d’abris;
  • la pente, l’orientation et la température ambiante du site d’émergence;
  • la taille minimale d’une larve pour la nymphose;
  • les indicateurs des plantes hôtes;
  • la température et les conditions météorologiques;
  • les autres facteurs potentiellement pertinents.
La nymphose n’a pas été observée en milieu naturel en Colombie‑Britannique. D’autres recherches sont nécessaires pour caractériser l’habitat d’émergence afin d’améliorer la compréhension des caractéristiques biophysiques nécessaires à l’hespérie du Colorado. 2025 à 2035

Mener des recherches sur l’habitat d’alimentation des adultes et des larves, en particulier :

  • la superficie d’habitat nécessaire à la survie d’une sous‑population;
  • la hauteur de vol des adultes;
  • la distance de recherche de nourriture;
  • la zone horizontale dans laquelle les mâles adultes patrouillent.
D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre les composantes de l’habitat d’alimentation de l’hespérie du Colorado. 2025 à 2035

a,b Les images aériennes suggèrent qu’un habitat ouvert subsiste dans tout l’emplacement géographique général; toutefois, l’information disponible n’est pas suffisante pour déterminer si l’habitat est convenable. Il est nécessaire de procéder à des vérifications sur le terrain et à un inventaire plus approfondi. Le site exact de la collecte n’est pas connu; toutefois, la zone était historiquement un écosystème du chêne de Garry et un écosystème connexe (voir le tableau 1 de la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

c Un habitat convenable peut subsister dans la zone; mais le site de collecte n’est pas connu. Historiquement, on sait que cette zone comprenait des écosystèmes du chêne de Garry et des écosystèmes connexes (voir le tableau 1 de la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

d Un habitat convenable à végétation clairsemée existe encore dans la zone (voir le tableau 1 de la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

e Un écosystème du chêne de Garry, des écosystèmes connexes et de l’habitat à végétation clairsemée existent encore dans la zone (voir le tableau 1 de la section 3.2 du plan de rétablissement provincial).

6. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de celui‑ci. La destruction de l’habitat est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le tableau 5 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce, mais les activités destructrices ne se limitent pas à celles qui sont indiquées.

Tableau 5. Exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado au Canada
Description de l’activité Description de l’effet sur les caractéristiques de l’habitat Information supplémentaire, notamment les menaces de l’UICN-CMP associéesa
Contrôle et gestion des espèces non indigènes qui ne respectent pas les meilleures pratiques Les efforts visant à éradiquer la spongieuse non indigène par l’application de l’insecticide biologique Btkb peuvent entraîner l’altération temporaire des caractéristiques biophysiques requises par l’hespérie du Colorado et par conséquent entraîner la destruction temporaire de l’habitat essentiel. L’application de Btk peut temporairement causer une toxicité des plantes hôtes larvaires et peut entraîner des effets létaux indirects pour les larves de l’hespérie du Colorado en cas d’ingestion. Les zones d’habitat essentiel traitées au Btk deviendraient donc probablement temporairement non fonctionnelles.

Menace associée de l’UICN-CMP no 9.3

La principale menace pour l’hespérie du Colorado est l’application potentielle d’un insecticide aérien contenant la bactérie Btk pour contrôler l’introduction et la propagation de la spongieuse non indigène. La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année, en particulier entre le 1er avril et le 30 juin, lorsque la pulvérisation aérienne est habituellement effectuée en Colombie‑Britannique, ce qui coïncide avec l’activité larvaire de l’hespérie du Colorado.

L’activité est davantage susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’intérieur des limites de cet habitat. Cependant, une application à proximité de l’habitat essentiel peut avoir certains effets, par exemple en raison de la dérive aérienne de l’insecticided. L’altération de l’habitat essentiel par l’application d’insecticides est plus susceptible de se produire dans toutes les zones potentiellement infestées par la spongieuse.

Contrôle et gestion des espèces non indigènes qui ne respectent pas les meilleures pratiques Les mesures de lutte chimique employées contre des espèces de plantes envahissantes (herbicides) peuvent entraîner la destruction de l’habitat essentiel en causant la perte de végétation indigène ou de caractéristiques du substrat dont l’espèce a besoin; par exemple, un sol devenu toxique pour les larves par suite de l’accumulation d’herbicides.

Menace associée de l’UICN-CMP no 9.3

La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année, en particulier entre le 1er avril et le 30 juin. L’activité est davantage susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’intérieur des limites de cet habitat.

L’enlèvement et la gestion des plantes envahissantes sont recommandés, mais ils doivent être effectués avec précaution afin de réduire au minimum la perturbation du sol et les répercussions sur les espèces végétales non ciblées.

Plantation ou introduction délibérée d’espèces végétales exotiques envahissantes (par exemple, déversement de déchets de jardin ou d’autres matériaux végétaux dans des milieux naturels; ensemencement hydraulique avec des espèces non indigènes non respectueux des meilleures pratiques de gestion provinciales en matière d’équipement propre et exempt de mauvaises herbes) Les espèces végétales envahissantes telles que le lierre commun (Hedera helix), le houx commun (Ilex aquifolium), la ronce discolore (Rubus discolor), le genêt à balai (Cytisus scoparius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus), le daphné lauréole (Daphné laureola), l’ammophile des sables (Ammophila arenaria), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), le brome mou (Bromus hordeaceus), le brome des toits (B. tectorum), le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), la houlque laineuse (Holcus lanatus) et la vulpie queue‑de‑rat (Vulpia myuros) provoquent la destruction d’habitat essentiel en modifiant la structure du sol, ce qui permet à d’autres plantes de pousser et entraîne une stabilisation de la végétation et le déclin subséquent du nombre et de la connectivité entre les milieux disponibles pour l’hespérie du Colorado.

Menace associée de l’UICN-CMP no 8.1

La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année. L’activité est davantage susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’intérieur des limites de cet habitat. Cependant, une activité à proximité de l’habitat essentiel peut avoir certains effets, par exemple une augmentation du risque de propagation d’espèces envahissantes. Des espèces végétales envahissantes sont présentes en concentrations variables dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’hespérie du Colorado.

Suppression des incendies ou incendies d’origine humaine entraînant la destruction de caractéristiques biophysiques existantes de l’habitat essentiel

La suppression active et continue des incendies entraîne une perte à long terme d’habitat ouvert en raison de l’empiétement des arbres et des plantes (succession) et de la modification de la composition de la communauté végétale de sorte que celle‑ci ne contient plus l’habitat nécessaire à l’hespérie du Colorado. L’accélération de la succession végétale entraîne une concurrence pour les ressources (c.‑à‑d. lumière, nutriments) et, en définitive, le déplacement des plantes hôtes larvaires et nectarifères nécessaires à la survie d’une sous‑population.

Les incendies d’origine humaine (c.‑à‑d. cigarettes, feux de camp et surchauffe des batteries des véhicules électriquese) entraînent la destruction de l’habitat essentiel en éliminant les caractéristiques biophysiques existantes nécessaires à tous les stades du cycle vital de l’hespérie du Colorado.

Menace associée de l’UICN-CMP no 7.3

La suppression des incendies dans les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes connexes a entraîné une diminution de l’habitat ouvert nécessaire à l’hespérie du Colorado. La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année.

La menace d’incendie est continue. La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir en particulier dans de grandes étendues naturelles ainsi que dans des zones adjacentes aux routes et aux emprises et dans des zones récréatives où l’utilisation imprudente de cigarettes ou de feux de camp peut déclencher des incendies accidentels. Les zones particulièrement vulnérables aux incendies accidentels sont la flèche Cordova et Goldstream.

Altération du paysage naturel et de l’habitat par des intrusions et des perturbations humaines (activités récréatives)

Entraîne une perte directe d’habitat essentiel par l’enlèvement et le remplacement de la végétation, le dépôt de débris, le compactage et la perturbation du sol, ou d’autres effets indirects connexes qui endommagent ou détruisent les caractéristiques biophysiques nécessaires à l’hespérie du Colorado.

La perte indirecte d’habitat essentiel peut également se produire par l’altération des conditions locales des microsites (par exemple, la santé des plantes hôtes, les nids larvaires, les perchoirs et les sites de repos, car les chiens sans laisse peuvent creuser, déféquer et uriner dans ces zones) au point où l’habitat ne convient plus aux plantes hôtes larvaires ou nectarifères nécessaires à l’hespérie du Colorado.

Menace associée de l’UICN-CMP no 6.1

La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année. L’activité est davantage susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’intérieur des limites de cet habitat.

La destruction de l’habitat essentiel par des activités récréatives est la plus probable à la flèche Cordova (sous‑population 14) en raison des promenades incontrôlées de chiens sans laisse (urine et défécation constantes), des feux de camp et d’autres activités de jour.

La destruction de l’habitat essentiel est également possible à d’autres sites pouvant servir de zones récréatives (feux de camp et d’autres activités de jour, telles que la randonnée, le vélo de montagne dans certains secteurs et les promenades de chiens sans laisse).

Conversion du paysage naturel pour le développement résidentiel et commercial, l’agriculture, le tourisme et les loisirs Entraîne une perte directe d’habitat essentiel par l’enlèvement et le remplacement de la végétation, le dépôt de débris ou d’autres effets indirects connexes qui endommagent ou détruisent les caractéristiques biophysiques (par exemple, suppression des plantes hôtes larvaires et nectarifères et des sites de nymphose) nécessaires à l’hespérie du Colorado.

Menaces associées de l’UICN-CMP : 1.1, 1.2, 1.3

La destruction de l’habitat essentiel par cette activité peut survenir à tout moment de l’année. L’activité est davantage susceptible d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel lorsqu’elle se produit à l’intérieur des limites de cet habitat.

Les projets d’aménagement résidentiel, commercial et récréatif nécessitent le défrichement de terres et entraîneront la création d’un habitat qui ne convient pas à l’hespérie du Colorado.

Des projets d’aménagement pourraient avoir lieu en particulier dans les zones entourant le mont Camas et les secteurs de Goldstream situés sur des terres privées. Toutefois, des projets d’aménagement pourraient avoir lieu là où l’utilisation des terres est incertaine et où les changements de propriété foncière sont fréquents.

a La classification des menaces est fondée sur le système unifié de classification des menaces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership (anglais seulement), ou CMP).

b What is Btk? (anglais seulement) - Publication en anglais seulement de la province de la Colombie‑Britannique (gov.bc.ca)

c Btk peut être appliqué à partir du sol. Cette technique pourrait réduire les répercussions sur l’habitat essentiel (Spraying with Btk [anglais seulement]). La pulvérisation à partir du sol peut cibler la végétation hôte potentielle sans traiter d’autres objets et espèces végétales non ciblés, contrairement aux techniques d’application aérienne non ciblées. Il s’agit donc de réduire au minimum la contamination des caractéristiques biophysiques nécessaires à l’hespérie du Colorado (J. Heron, comm. pers., 2023). L’application de Btk par pulvérisation à partir du sol doit être considérée comme une pratique exemplaire dans les zones renfermant de l’habitat essentiel de l’hespérie du Colorado.

d Il est important de noter que même si la dérive aérienne est possible pendant la pulvérisation aérienne, les traitements ne sont pas effectués si la vitesse du vent dépasse 8 km par heure (Spraying with Btk - Publication en anglais seulement de la province de la Colombie‑Britannique [gov.bc.ca])

e Le nombre de véhicules électriques récréatifs tels que les scooteurs et les bicyclettes a augmenté. Il pourrait y avoir un risque de surchauffe des batteries et d’incendie (J. Heron, comm. pers., 2024).

7. Mesure des progrès

Le plan de rétablissement provincial comporte une section sur la mesure des progrès (section 8, Mesure des progrès) qui décrit les mesures de rendement visant à atteindre les quatre objectifs de rétablissement énoncés dans ce plan (c.‑à‑d. à la section 5.3). Environnement et Changement climatique Canada adopte ce contenu, en y ajoutant les mesures de rendement suivantes en vue de l’atteinte de l’objectif global de rétablissement et des objectifs en matière de population et de répartition (tel qu’ils sont énoncés à la section 5.1) :

8. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action visant l’hespérie du Colorado seront publiés dans le Registre public des espèces en péril dans les dix années suivant la publication de la version définitive du programme de rétablissement.

9. Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 11. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Objectifs de la stratégie fédérale de développement durable et contributions ministériellesNote de bas de page 12 (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

La section 9 du plan de rétablissement provincial de l’hespérie du Colorado décrit les effets des activités de rétablissement sur d’autres espèces. Environnement et Changement climatique Canada adopte cette section du plan de rétablissement provincial à titre d’énoncé sur les effets des activités de rétablissement sur l’environnement et les espèces non ciblées.

Les activités de planification du rétablissement de l’hespérie du Colorado seront mises en œuvre en tenant compte de toutes les espèces en péril cooccurrentes (notamment l’onagre à fruits tordus [Camissonia contorta], la gesse littorale [Lathyrus littoralis], le tritéléia de Howell [Triteleia howellii], la nocturelle d’Edwards [Anarta edwardsii], l’abronie [Copablepharon fuscum], la gnaphose de Snohomish [Gnaphosa Snohomish; espèce préoccupante] afin d’éviter les répercussions négatives sur ces espèces cooccurrentes ou sur leur habitat. Certaines mesures de gestion visant l’hespérie du Colorado (par exemple inventaire et suivi, atténuation des menaces, conservation de l’habitat, éducation et recherche) pourraient favoriser la conservation d’autres espèces en péril dont l’aire de répartition chevauche celle de l’hespérie du Colorado et qui ont des besoins similaires en matière d’habitat de prés comportant des affleurements rocheux.

10. Références

Barlow, C.M., M. G. Pellatt et K.E. Kohfeld. 2021. Garry oak ecosystem stand history in Southwest British Columbia, Canada: implications of environmental change and indigenous land use for ecological restoration and population recovery. Biodiversity Conservation 30, 1655-1672. https://doi.org/10.1007/s10531-021-02162-2

British Columbia Ministry of Environment and Climate Change Strategy. 2017. Recovery plan for the Western Branded Skipper, oregonia subspecies (Hesperia colorado oregonia) in British Columbia. B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, Victoria, B.C. 42 pp.

COSEWIC. 2013. COSEWIC assessment and status report on the Oregon Branded Skipper (Hesperia colorado oregonia) in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ix + 51 pp. (Oregon Branded Skipper, Hesperia colorado oregonia (ec.gc.ca) [Également disponible en français : COSEPAC. 2013. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 59 p. (Hespérie du Colorado,Hesperia colorado oregonia (ec.gc.ca)]

Dana, R. P. 1991. Conservation Management of the Prairie Skippers Hesperia Dacotae and Hesperia Ottoe. Minnesota Agricultural Experiment Station. Extrait de University of Minnesota Digital Conservancy. 74 pp. https://hdl.handle.net/11299/139544.

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Environment and Climate Change Canada. 2021. Species at risk policy on recovery and survival: final version 2021. Retrieved from: Species at Risk policy on survival and recovery: final version 2021 - Canada.ca [consulté en mai 2023] [Également disponible en français : Environnement et Changement climatique Canada. 2021. Politique relative au rétablissement et à la survie des espèces en péril : version finale 2021. Extrait de Politiques relatives à la survie et au rétablissement des espèces en péril de 2021 - Canada.ca]

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Fuchs, M. 2000. Towards a recovery strategy for Garry Oaks and associated ecosystems in Canada: Ecological Assessment and Literature Review. Environment Canada, Canadian Wildlife Service. 106 pp.

Gelling, L. 2015. Habitat associations of adult Oregon Branded Skipper at Cordova Shore, Vancouver Island, British Columbia. Journal of the Entomological Society of British Columbia 112:57-68.

Hatfield, R., S.H. Black, et S. Jepsen. 2015. The Imperiled Mardon Skipper Butterfly: An Initial Conservation Success. In: Daniels, J. (eds) Butterfly Conservation in North America. Springer, Dordrecht. https://doi.org/10.1007/978-94-017-9852-5_7

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Schweitzer, D.F. 2001. Population/occurrence delineation – Amblyscirtes species. Section in NatureServe. 2023. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. Disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer [consulté en juillet 2023]. [Également disponible en français : Schweitzer, D.F. 2001. Délimitation des populations/occurrences – espèces du genre Amblyscirtes. Section dans NatureServe. 2023. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginie. Disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer]

11. Communications personnelles

Babita Bains. 2023. Ministère des forêts de la Colombie-Britannique, Bureau du forestier en chef, entomologiste forestier provincial. Correspondance par courriel avec Cindy Bertran Cerino.

Jennifer Heron 2023 et 2024. Ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie-Britannique Correspondance téléphonique et électronique avec Cindy Bertran Cerino.

Annexe 1. Exemples visuels des éléments et des caractéristiques essentiels de l’habitat de l’hespérie du Colorado

Figure A1. Veuillez lire la description longue.
Figure A1
Figure A2. Veuillez lire la description longue.
Figure A2

Figure A1 et A2. Habitat sableux de l’hespérie du Colorado sur la flèche Cordova. Août 2011. Photo : Jennifer Heron.

Partie 2 – Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado, sous‑espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique, préparé par la ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie‑Britannique

Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie-Britannique

Octobre 2017

espérie du Colorado de la sous-espèce oregonia
Hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia

À propos de la série de Programmes de rétablissement de la Colombie‑Britannique

La présente série réunit les documents de rétablissement visant à conseiller le gouvernement de la Colombie-Britannique quant à l’approche générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial prépare les documents de rétablissement pour coordonner les mesures de conservation et pour respecter ses engagements relativement au rétablissement des espèces en péril dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie‑Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu’à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un document de rétablissement provincial?

Les documents de rétablissement résument les meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles disponibles sur une espèce ou un écosystème en vue de la détermination des buts, des objectifs et des approches stratégiques qui assurent une orientation coordonnée du rétablissement. Ces documents décrivent les connaissances et les lacunes à propos d’une espèce ou d’un écosystème; ils cernent les menaces pesant sur une espèce ou un écosystème et expliquent les mesures à prendre pour les atténuer. Les documents de rétablissement fournissent également de l’information sur l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce. L’approche provinciale consiste à résumer, dans un plan de rétablissement, cette information et celle qui servira à orienter la mise en œuvre du rétablissement. Dans le cadre des processus de planification du rétablissement menés par le gouvernement fédéral, l’information est le plus souvent résumée dans un plan de rétablissement composé de deux documents ou plus, à savoir un programme de rétablissement suivi d’un ou de plusieurs plans d’action utilisés pour orienter la mise en œuvre du rétablissement.

L’information fournie dans les documents de rétablissement provinciaux peut être adoptée par Environnement et Changement climatique Canada pour inclusion dans les documents de rétablissement fédéraux préparés par les organismes fédéraux afin de respecter leurs engagements en matière de rétablissement d’espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Prochaines étapes

La Province de la Colombie-Britannique accepte l’information présentée dans ces documents à titre d’avis pour la mise en œuvre de mesures de rétablissement, y compris les décisions relatives aux mesures de protection de l’habitat de l’espèce.

La réussite du rétablissement d’une espèce dépend de l’engagement et de la coopération de nombreux intervenants qui pourraient participer à la mise en œuvre du présent document. Tous les Britanno-Colombiens sont encouragés à participer à ces travaux.

Pour de plus amples renseignements

Pour en savoir davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, consulter le site Web B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy’s Recovery Planning (anglais seulement).

Référence recommandée

Ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie‑Britannique. 2017. Plan de rétablissement de l’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie-Britannique. Ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). 52 p.

Illustration/photographie de la couverture

Jeremy Gatten.

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie‑Britannique portant sur la planification du rétablissement à l’adresse suivante : British Columbia, Species and ecosystems at risk, Recovery planning (anglais seulement).

Avis

Ce plan de rétablissement a été préparé par la ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie‑Britannique à titre d’avis aux autorités responsables et aux organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce. La Ministère a obtenu cet avis afin de respecter ses engagements aux termes de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord Canada – Colombie-Britannique sur les espèces en péril.

Le présent document présente les stratégies et mesures de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations de l’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent plan sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables ont eu l’occasion d’examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l’équipe de rétablissement.

Le rétablissement de cette espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent plan. La ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer au rétablissement de l’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia.

Remerciements

Le présent plan de rétablissement a été rédigé par Jennifer Heron (ministère de l’Environnement et de la Stratégie sur les changements climatiques de la Colombie-Britannique [ENV]) avec la contribution de Lea Gelling (Conservation Data Centre [CDC] de la Colombie-Britannique), Crispin Guppy (lépidoptériste, Whitehorse, Yukon) et Jeremy Gatten (lépidoptériste, Victoria). Lea Gelling et Katrina Stipec, du CDC, ont apporté leur soutien en matière de cartographie et fourni des renseignements sur les occurrences d’éléments. Trudy Chatwin (ministère des Forêts, des Terres, des Opérations de ressources naturelles et du Développement rural de la Colombie-Britannique [FTOD]), Erica McClaren (ENV), Brenda Costanzo (ENV), Lea Gelling (ENV), Nick Page (Raincoast Applied Biology), James Miskelly (lépidoptériste, Université Royal Roads), Pascale Archibald (BC Conservation Foundation), Claudia et Darren Copley (Musée royal de la Colombie-Britannique) et Patrick Lilley ont transmis des renseignements sur les communautés végétales, l’habitat et les activités de recherche et ont participé à une discussion sur l’évaluation des menaces. Les renseignements sur l’espèce aux États-Unis ont été fournis par Ann Potter (Washington Department of Fish and Wildlife) et Emilie Blevins (Xerces Society for Invertebrate Conservation). Certaines des cartes et des figures incluses dans le présent rapport figuraient à l’origine dans le rapport de situation de 2013 du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada; les autres ont été produites par Byron Woods (ENV). La révision scientifique et technique a été assurée par : Peter Fielder, Leah Westereng, Excedera St. Louis et Karen Stefanyk (ENV); Paul Grant et Connie Miller-Retzer (FTOD); Matt Huntley et Kella Sadler (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune [ECCC–SCF]–Région du Pacifique); Paul Johanson (ECCC–SCF–Région de la capitale nationale). Merci à Gwen Underwood, Belinda Claxton et la Première Nation Tsawout d’avoir permis l’accès aux terres de la Première Nation et d’avoir apporté leur aide dans le cadre des relevés réalisés sur ces terres.

Résumé

L’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) est un petit papillon d’une envergure de 25 à 37 mm de la famille des Hesperiidés. En anglais, elle porte également le nom commun d’« Oregon Branded Skipper », utilisé dans le rapport de situation préparé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique désigne toutefois l’espèce sous le nom « Western Branded Skipper ». Dans la version anglaise du présent document, le nom « Western Branded Skipper oregonia subspecies » a été utilisé.

La sous-espèce oregonia a été désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC en 2013 et figure à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéralFootnote P2.1. En Colombie-Britannique, la sous-espèce oregonia est classée S1 (gravement en péril) par le Conservation Data Centre de la province et figure sur la liste rouge provinciale (qui inclut les espèces ou écosystèmes qui risquent de disparaître [disparu du territoire, en voie de disparition ou menacé]). Le cadre de conservation de la province classe la sous-espèce oregonia comme une priorité 2 sous le but 3 (maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes). Le rétablissement est considéré comme réalisable du point de vue biologique et technique.

La sous-espèce oregonia porte des ailes orange-fauve avec des marques blanchâtres distinctives et a un vol erratique. La période de vol des adultes s’échelonne de la fin juillet à la mi-septembre, et il y a une génération par an. La sous-espèce oregonia se rencontre dans deux types d’habitats généraux : (1) les écosystèmes côtiers à sol sableux et à végétation clairsemée, y compris les flèches de sable et de gravier et (2) les écosystèmes de la chênaie naine, qui sont tous deux des sous-groupes de la chênaie de Garry et écosystèmes connexes.

Dix sous-espèces nommées de l’hespérie du Colorado sont présentes en Amérique du Nord, mais la taxinomie de cette espèce est complexe. Trois sous-espèces connues sont présentes au Canada. L’aire de répartition de la sous-espèce oregonia au Canada est limitée à la partie sud de l’île de Vancouver. Cette aire de répartition restreinte compte 18 populations : 5 existantes et 13 historiques. Des 13 populations historiques, 3 se trouvent dans des zones où il existe encore de l’habitat convenable, et les 10 autres sont associées à des sites où il n’y a plus d’habitat convenable ou pour lesquels les données sur l’emplacement sont vagues et le caractère convenable de l’habitat est donc inconnu.

La principale menace pesant sur la sous-espèce oregonia est la pulvérisation potentielle d’un pesticide commercial contenant le Bacillus thuringiensis kurstaki pour contrer l’introduction et la propagation de la spongieuse non indigène. Les menaces secondaires sont les modifications de l’écosystème (menaces cumulatives indirectes associées à la succession naturelle découlant de la suppression des incendies et à la présence de plantes non indigènes envahissantes dans l’habitat de la sous-espèce oregonia), les activités récréatives dans certains habitats, qui entraînent le piétinement des plantes hôtes et des plantes de l’habitat par les chiens et les randonneurs et les phénomènes météorologiques violents associés aux changements climatiques (par exemple tempêtes et inondations).

Le but du rétablissement (population et répartition) est de maintenir l’abondance et la répartition de toutes les populations existantes de la sous-espèce oregonia (représentées par la zone d’occupation dans les sites existants) en Colombie-Britannique, ainsi que de toute nouvelle population qui pourrait être découverte dans l’avenir.

Les objectifs de rétablissement de la sous-espèce oregonia sont les suivants :

  1. assurer la protection Footnote P2.2 des populations existantes et empêcher la perte ou la dégradation de l’habitat occupé;
  2. confirmer la répartition de la sous-espèce à l’intérieur de son aire de répartition en ColombieBritannique;
  3. évaluer l’ampleur des menaces qui pèsent sur chaque population existante et réduire leurs effets;
  4. combler les lacunes dans les connaissances, notamment en ce qui concerne les besoins en matière d’habitat, les caractéristiques biologiques, le cycle vital et les facteurs écologiques, afin d’assurer le maintien de la sous-espèce, y compris la remise en état de son habitat, au besoin.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les quatre critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, il a été déterminé que le rétablissement de la sous-espèce oregonia en Colombie-Britannique est réalisable du point de vue technique et biologique.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.

Oui. La sous-espèce oregonia compte cinq populations existantes connues en Colombie-Britannique. Au moins trois de ces populations existantes (flèche Cordova, mont Camas et Goldstream) ont fait l’objet de mentions sur plusieurs années, ce qui indique que l’espèce se reproduit et maintient une présence à long terme à ces endroits. La population du mont Manuel Quimper a été signalée dans une grande zone naturelle qui n’a pas fait l’objet d’un inventaire complet pour la sous-espèce oregonia. La population de Port Renfrew est nouvellement consignée (2012) et se trouve sur des terres privées; il y a peu d’information sur l’habitat ou les menaces associées à ce site qui permettraient de déterminer la taille de la population ou sa viabilité à long terme.

2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir les espèces, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.

Oui. Un habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir les cinq populations existantes; cependant, cet habitat nécessitera une gestion continue pour maintenir l’abondance et la zone d’occupation de ces populations existantes à long terme. L’habitat abritant les populations de la sous-espèce oregonia perd lentement son caractère convenable en raison des modifications de l’écosystème dues aux menaces cumulatives que représentent la succession naturelle continue (établissement d’espèces indigènes comme le douglas de Menzies [Pseudotsuga menziesii]), l’empiétement de plantes non indigènes envahissantes (par exemple, le genêt à balai [Cytisus scoparius]) et les actuels programmes de lutte contre les incendies. Les menaces qui réduisent la qualité de l’habitat comprennent également les activités récréatives (par exemple, les promenades de chiens, ceux-ci pouvant déféquer et uriner, piétiner et creuser). Les mesures de gestion et de restauration de l’habitat visant à réduire ces menaces incluent par exemple l’élimination des plantes non indigènes et des végétaux indigènes envahissants ainsi que la restriction de l’accès aux habitats importants au moyen de clôtures ou de sentiers réservés aux chiens et aux randonneurs.

D’autres zones d’habitat potentiellement convenable dans le sud-est de Vancouver ont fait l’objet de relevés visant la sous-espèce oregonia, mais sans succès. L’inventaire a été réalisé dans des zones situées à proximité de Courtenay, Comox, Black Creek, Parksville, Nanaimo, Duncan, Shawnigan Lake, le Grand Victoria, Sooke, l’île Salt Spring, l’île Galiano, l’île Mayne et d’autres des îles Gulf (COSEWIC, 2013).

3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.

Inconnu. La principale menace pesant sur la sous-espèce oregonia est la pulvérisation aérienne d’un pesticide, le Bacillus thuringiensis kurstaki pour contrer l’introduction et la propagation de la spongieuse non indigène. On ignore s’il est possible d’éviter ou d’atténuer cette menace principale, car des ressources considérables seraient requises pour ce faire, et il est difficile de prévoir le moment où la menace se concrétisera. Les menaces secondaires comprennent l’empiétement de plantes associé à la succession naturelle (qui résulte en partie des actuels programmes de suppression des incendies dans l’ensemble de l’aire de répartition de la sous-espèce), y compris l’empiétement d’espèces envahissantes, et les activités récréatives (par exemple, piétinement des plantes hôtes et des plantes de l’habitat par les chiens et les randonneurs).

4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.

Oui. Il existe des techniques permettant d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, notamment la création de techniques d’inventaire propres aux espèces qui permettent d’enregistrer les dates d’émergence, de faire le suivi de l’abondance, de consigner les sites de ponte et de confirmer les menaces pour chaque site. Les données ainsi recueillies permettront aux décideurs de mettre en œuvre des mesures de protection de l’habitat dans les sites connus et/ou d’améliorer la gestion de l’habitat dans les zones protégées. Elles permettront également de classer par ordre de priorité les sites à inventorier dans les milieux n’ayant pas été visités. L’élevage en captivité pour accroître les effectifs des populations sauvages n’est pas considéré comme nécessaire pour le rétablissement de la sous-espèce oregonia. Il pourrait toutefois permettre d’étudier le cycle vital et la capacité de reproduction de l’espèce. D’autres techniques de rétablissement visant l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition devraient être élaborées à l’intérieur d’un délai raisonnable.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Sommaire de l’évaluation : Novembre 2013

Nom commun : Hespérie du Coloradoa

Nom scientifique : Hesperia colorado oregonia

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce vit dans les écosystèmes à végétation clairsemée du chêne de Garry et de langues de sable côtières, qui ont subi d’énormes pertes par le passé. Les populations de cette hespérie ont probablement connu des déclins semblables et il ne reste que quatre des seize sites, lesquels totalisent moins de 16 km2. Cet habitat est fragmenté et isolé. Toutefois, les principales menaces pesant actuellement sur cette hespérie sont l’application du pesticide Btk (Bacillus thuringiensis kurstaki) utilisé pour lutter contre la spongieuse, une espèce envahissante, et la succession de la végétation dans les habitats ouverts.

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2013.

COSEPAC = Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

a Dans la version anglaise du présent rapport, la nomenclature du de la Colombie-Britannique (B.C., 2016), c’est-à-dire « Western Branded Skipper », est utilisée.

2. Information sur la situation de l’espèce

Hespérie du Colorado de la sous-espèce oregoniaa

Désignation juridique :

Forest and Range Practices Actb : Non

Oil and Gas Activities Actb : Non

Wildlife Act de la C.-B.c : Non

Loi sur les espèces en périld : Non

Cotes de conservatione

Liste de la C.-B. : Rouge Cote en C.-B. : S1 (2013) Cote nationale : N1 (mai 2013)

Cote mondiale : G5T3T4 (février 2016) Autres cotes infranationalesf : États-Unis : État de Washington (S2)

Cadre de conservation de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Framework)g

Objectif 1 : Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.

Prioritéh : 3 (2009)

Objectif 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril.

Prioritéh : 6 (2009)

Objectif 3 : Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.

Prioritéh : 2 (2009)

Groupe de mesures du cadre de conservationg :

Examen de la cote de conservation; inventaire

a Sources de données :  Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2016), sauf indication contraire.

b Non = Non inscrite dans une des catégories d’espèces sauvages nécessitant une attention particulière en matière de gestion destinée à réduire les impacts des activités menées dans les forêts et les parcours naturels sur des terres de la Couronne aux termes du Forest and Range Practices Act (FRPA; Province of British Columbia 2002) et/ou les impacts des activités pétrolières et gazières sur des terres de la Couronne en vertu du Oil and Gas Activities Act (OGAA; Province of British Columbia, 2008).

c  La mention « Non » signifie que l’espèce n’est pas désignée comme espèce sauvage au titre de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (Province of British Columbia, 1982).

d Non = non inscrite aux annexes de la Loi sur les espèces en péril (LEP; Government of Canada, 2002). L’évaluation du COSEPAC sera examinée par le gouverneur en conseil qui pourrait, sur la recommandation du ministre, modifier la liste pour inclure l’espèce à l’annexe 1 de la LEP.

e Liste rouge : comprend toutes les espèces ou sous-espèces indigènes qui ont, ou qui pourraient avoir, le statut d’espèce disparue, en voie de disparition ou menacée en Colombie-Britannique. S = infranational; N = national; G = mondial; T = taxon infraspécifique (ici sous-espèce); X = Présumée disparue du pays H = Possiblement disparue 1 = gravement en péril; 2 = en péril 3 = espèce préoccupante, vulnérable à la disparition du territoire ou de la planète; 4 = apparemment non en péril ; 5 = répandue, abondante et en sécurité; NA : non applicable; NR = non classée. U = non classable

f Source de données : NatureServe (2016).

g Source de données : ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2009).

h Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (priorité la plus élevée) à la priorité 6 (priorité la plus faible).

3. Information sur l’espèce

3.1 Description de l’espèce

L’hespérie du Colorado de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) est un petit papillon de la famille des Hesperiidés. En anglais, elle porte également le nom commun d’« Oregon Branded Skipper », utilisé dans le rapport de situation préparé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC 2013). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique désigne toutefois l’espèce sous le nom « Western Branded Skipper » (B.C. Conservation Data Centre, 2016). Dans la version anglaise du présent plan de rétablissement, le nom « Western Branded Skipper oregonia subspecies » a été utilisé.

La sous-espèce oregonia est l’une des 10 sous-espèces décrites de l’hespérie du Colorado (H. colorado) reconnues en Amérique du Nord. La taxinomie de cette espèce est complexe, et d’autres sous-espèces restent à décrire (Layberry et al., 1998; Guppy et Shepard, 2001; Pyle, 2002; Pelham, 2008; Guppy, comm. pers., 2016).

Au moins trois sous-espèces de l’hespérie du Colorado sont présentes au Canada. La sous-espèce oregonia se rencontre à des altitudes relativement basses (du niveau de la mer à 600 m) entre le centre et l’extrémité sud de l’île de Vancouver (Pelham, 2008; B.C. Conservation Data Centre, 2016). Il y a une deuxième sous-espèce de l’hespérie du Colorado au Canada, mais celle-ci n’est pas nommée et se rencontre à des altitudes plus élevées sur l’île de Vancouver (plage d’altitudes inconnue). Les limites géographiques et altimétriques de cette sous-espèce non décrite resteront inconnues jusqu’à ce que des travaux génétiques et morphologiques supplémentaires soient réalisés (Guppy, comm. pers., 2016). Une troisième sous-espèce, l’H. c. harpalus (Pelham, 2008) est présente dans le sud-ouest de la région intérieure de la Colombie-Britannique, n’a pas été signalée dans le sud de l’Alberta et compte quelques mentions dans les collines Cypress, dans le sud-ouest de la Saskatchewan (Layberry et al., 1998). Une révision taxinomique du genre Hesperia est en cours et modifiera probablement les noms d’espèces et/ou de sous-espèces applicables à ces populations (Guppy, comm. pers., 2016); toutefois, cette révision ne modifiera pas la répartition connue ou le statut de conservation du taxon présent à faible altitude sur la côte ouest de l’île de Vancouver, qui est actuellement désigné comme la sous-espèce oregonia (Guppy, comm. pers., 2016) et qui fait l’objet du présent plan de rétablissement.

Le cycle vital de la sous-espèce oregonia comprend quatre stades distincts (œuf, larve, nymphe et adulte), et la durée d’une génération est d’un an. La description morphologique suivante de ces stades vitaux est un résumé de l’information tirée du rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2013), de Layberry et al. (1998), de Guppy et Shepard (2001), de Pyle (2002), et de James et Nunnallee (2011).

3.1.1 Adulte

L’adulte de la sous-espèce oregonia a une envergure de 25 à 37 mm et possède de longues antennes en forme de massue qui mesurent moins du tiers de la longueur d’une aile (Pyle, 2002). La couleur de la face dorsale de l’aile diffère de celle de la face ventrale. La face dorsale est brun havane orangé avec des taches orange au centre et bordée d’une large bande brun foncé. La face ventrale de l’aile est globalement d’un brun riche avec une ligne post-médiane composée de taches nettes blanc argenté jaunâtre, régulièrement alignées, qui sont petites en proportion de la taille de l’aile (Layberry et al. 1998; Guppy et Shepard, 2001; Pyle, 2002). La face ventrale de l’aile a un aspect gris verdâtre en vol (voir photo de couverture). Chez les mâles, le dessus de l’aile porte une tache en forme de dard appelée ptérostigma (Pyle, 2002); les femelles sont dépourvues d’une telle tache. La saison de vol des adultes s’échelonne de la mi‑juillet à la mi-septembre.

Les adultes de la sous-espèce oregonia diffèrent de ceux des autres sous-espèces d’H. colorado par la couleur de la face dorsale de leurs ailes, qui a été décrite comme étant d’un rougeâtre chaud, avec le disque olive piqué de taches jaunâtre clair (ou blanches sur les femelles) sans lustre perlé (Pyle, 2002).

Sous-espèce oregonia (face dorsale)

Figure 1 de la partie 2. Adulte de la sous-espèce oregonia (face dorsale). Spécimen du Musée royal de la Colombie-Britannique (photo : Jennifer Heron).

Le cycle vital de la sous-espèce oregonia a été décrit par Hardy (1954), qui a récolté des œufs et des larves et a élevé ces individus jusqu’à ce qu’ils deviennent adultes. L’information ci-dessous est résumée à partir de Hardy (1954), ainsi que des informations générales sur l’hespérie du Colorado provenant de James et Nunnallee (2011).

3.1.2 Œuf

Les œufs sont hémisphériques (1 × 0,8 mm) et présentent une région micropylaire lisse et légèrement enfoncée ainsi que de fines réticulations microscopiques. Tout juste après la ponte, l’œuf est d’un blanc crayeux terne, puis devient rose et ensuite gris nacré avec le temps. Les femelles pondent leurs œufs individuellement dans la végétation convenable tout au long de la saison de vol des adultes, de la mi-juillet à la mi-septembre.

3.1.3 Larve

Les larves de premier stade, minuscules (2 mm de long), éclosent peu après la ponte. Leur corps, fusiforme et robuste, est beige pâle ou de couleur mastic et se termine par une grosse tête noire de jais. Les larves passent par six stades, c’est-à-dire des mues de l’exosquelette du corps à mesure que la chenille devient plus grosse et plus robuste, au fil desquels leur tête passe du fauve au noir et leur corps du vert au fauve (Guppy et Shepard, 2001). Au dernier stade (sixième), la larve est rougeâtre avec des stigmates noirs et atteint environ 30 mm de long et 6 mm de large. Juste avant la nymphose, les larves deviennent violet brunâtre. Les larves sont actives de juillet à octobre et entrent en diapause (hibernation) à l’automne. Elles sortent de diapause au printemps et recommencent à se nourrir. Le stade larvaire, les dates et/ou le moment de la diapause et de l’émergence sont inconnus pour la sous-espèce oregonia.

3.1.4 Nymphe (chrysalide)

Chez la chrysalide, les étuis alaires sont noir bleuté, tandis que les segments abdominaux sont rose terne, marqués d’une double rangée de taches transversales brunâtres sur les côtés. La chrysalide est longue d’environ 20 mm et large d’environ 6 mm, et les taches transversales de l’abdomen deviennent beaucoup plus foncées juste avant l’émergence du stade adulte.

Trois autres hespéries sont présentes dans l’aire de répartition et l’habitat de la sous-espèce oregonia l’hespérie rurale (Euphyes vestris), l’hespérie sylvestre (Ochlodes sylvanoides) et l’hespérie des graminées (Thymelicus lineola). Ces espèces ont des périodes de vol simultanées, ainsi qu’un comportement de vol et des caractéristiques morphologiques similaires.

Chez l’hespérie rurale, la face ventrale des ailes est brun chocolat foncé uniforme et ne présente aucune marque blanche.

Chez l’hespérie sylvestre, la face ventrale des ailes est orange fauve, semblable à celle de la sous‑espèce oregonia, mais la marge est bordée d’une bande brune plus foncée et bien définie. De plus, la face ventrale des ailes antérieure et postérieure diffère; l’aile postérieure présente de grandes taches jaunes distinctes, et l’aile antérieure affiche une marque en zigzag brune bien définie.

Chez l’hespérie des graminées, les ailes sont bordées d’une large bande noire sur la face ventrale, sont dépourvues de taches sur les faces dorsale et ventrale, et sont liserées d’une teinte brunâtre sur la face dorsale.

Voir Guppy et Shepard (2001) et Pyle (2002) pour plus de renseignements sur ces espèces semblables.

3.2 Population et répartition

La sous-espèce oregonia atteint l’extrémité nord de son aire de répartition mondiale dans le sud de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Vers le sud, elle se rencontre depuis la région de Puget Trough, dans l’État de Washington, jusque dans le nord de la Californie, en passant par le centre-ouest de l’Oregon (figure 2 de la partie 2). Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale de la sous‑espèce se trouve au Canada.

Au Canada, la sous-espèce oregonia ne se rencontre que dans les basses terres côtières du sud de l’île de Vancouver, depuis la région de Victoria jusqu’aux régions de Duncan et de Maple Bay au nord, en passant par la vallée de Cowichan, et jusqu’à Port Renfrew à l’ouest (figure 3 de la partie 2) (B.C. Conservation Data Centre, 2016).

Les mentions de la sous-espèce oregonia dans la province datent de 1894 à 2015 et représentent 18 populations isolées et distinctes (tableau 1 de la partie 2; figure 3 de la partie 2). Celles-ci incluent une sous-population (E) nouvellement répertoriée depuis la préparation du rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2013).

Les populations sont considérées comme distinctes si une grande distance d’habitat non convenable sépare les occurrences. Pour la sous-espèce oregonia, la distance de séparation entre deux populations est d’au moins 4 km d’habitat non convenable (B.C. Conservation Data Centre, 2016). Les populations isolées sont considérées comme distinctes et n’ont pas d’échanges avec d’autres populations; toutefois, certaines de ces populations comptent de nombreux sites (tableau 1 de la partie 2).

Les cinq populations suivantes sont considérées comme existantes d’après les mentions récentes et de la présence d’un habitat naturel considéré comme convenable pour la sous-espèce oregonia (section 3.3)

A. Mont Camas, Metchosin (2011)

B. Flèche Cordova; sud de l’île de Vancouver (2015)

C. Goldstream (2009)

D. Mont Manuel Quimper (2012)

E. Port Renfrew (2012)

Treize populations sont considérées comme historiques (possiblement disparues) car elles n’ont fait l,objet d’aucune mention au cours des 40 dernières années. Trois de ces populations (F, G et H; voir ci-dessous, respectivement) sont associées à des sites où l’habitat est encore convenable. Bien que cet habitat puisse potentiellement permettre à la sous-espèce oregonia de persister, des relevés récents (section 6.1) n’ont pas permis d’y confirmer la présence de la sous-espèce.

F. Tourbière Rithet, île de Vancouver (1951)

G. Parc du mont Douglas de Saanich, Victoria (1953)

H. Baie Oak, près du parc Uplands, Victoria (1953)

Pour les 10 autres populations (I à R), les données de collecte sont imprécises et il est peu probable qu’un habitat approprié persiste dans la zone géographique générale. Si les photos aériennes suggèrent que l’habitat naturel persiste, cette information est insuffisante pour évaluer le potentiel de l’habitat et, par conséquent, on ne sait pas si cet habitat convient à l’hespérie du Colorado. Il est probable que ces populations soient classées comme « disparues » par le Conservation Data Centre; toutefois, dans l’intervalle, ils sont considérés comme historiques.

Figure 2 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 2 de la partie 2. Aire de répartition mondiale estimée de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia; B.C. Conservation Data Centre, 2016).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Oregonia subspecies (Hesperia colorado oregonia) = Sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia)

Legend = Légende; Approximate range = Aire de répartition approximative

Canadian populations = Populations canadiennes; Kilometres = Kilomètres

Vancouver Island = Île de Vancouver; British Columbia = Colombie-Britannique

U. S. A. = États-Unis; California = Californie

Description longue

La figure 2 de la partie 2 présente l’aire de répartition mondiale de la sous‑espèce oregonia au Canada et aux États‑Unis. L’aire de répartition mondiale comprend le sud de l’île de Vancouver, la Colombie‑Britannique, l’État de Washington, le centre-ouest de l’Oregon et le nord de la Californie. 

Figure 3 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 3 de la partie 2. Aire de répartition de la sous-espèce oregonia (Hesperia colorado oregonia) en Colombie‑Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2016). Voir le tableau 1 de la partie 2 pour les noms de population correspondants.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Hesperia colorado oregonia populations in Canada = Populations d’Hesperia colorado oregonia au Canada

Legend = Légende; Status of populations = Situation des populations

Historical unlikely with suitable habitat remaining = Historique, peu probable, avec habitat convenable restant

Historical with suitable habitat remaining = Historique, avec habitat convenable restant

Extant = Existante; Highways = Autoroutes; Kilometres = Kilomètres; Qualicum Beach = Plage Qualicum

Status of populations = Situation des populations; Nanaimo = Nanaïmo

Vancouver Island = Île de Vancouver; Lake Cowichan = Lac Cowichan; U.S.A. = États-Unis

Description longue

La figure 3 de la partie 2 présente la répartition de la sous‑espèce oregonia en Colombie‑Britannique, au Canada. L’aire de répartition comprend 18 populations dans le sud de l’île de Vancouver. Sur les 18 populations représentées sur la carte, cinq sont considérées comme existantes et les treize autres comme historiques. Sur les 13 populations historiques, trois se trouvent sur des sites où il reste un habitat convenable, tandis que les dix autres se trouvent sur des sites où un habitat convenable est peu susceptible d’exister encore. 

Tableau 1 of partie 2. Situation et description des sous‑populations de la sous-espèce oregonia en Colombie‑Britannique
Populationa Nom de la populationb No d’occu-rrence d’élément No de site du COSEPACd Situatione (plus récente mention), description de l’habitatf Régime foncier
A Mont Camas, Metchosin 3 1

Existante (2011)

Le chêne de Garry et de l’habitat à végétation clairsemée sont toujours présents à ce site.

Privé
B Flèche Cordova; sud de l’île de Vancouver 5 2a, b, c Existante (première mention en 1953, plus récente mention en 2015). L’écosystème côtier à sol sableux et à végétation clairsemée est toujours présent. Trois propriétaires/gestionnaires :
  1. Terres de la Couronne (parc provincial)
  2. District régional de la capitale
  3. Terrain privé (simple citoyen)
C Goldstream 7 3 a, b, c

Existante (première mention en 1902, plus récente mention en 2009), parc provincial Goldstream; une partie de l’habitat de ce parc était dans la passé constituée de chênaies de Garry et d’écosystèmes connexes, mais l’habitat s’est modifié au cours des 50 dernières années et il ne reste que peu de choses de cet écosystème.

L’habitat subsiste dans le parc du district régional de la capitale et sur les terres privées.

Trois propriétaires fonciers (ou plus) :

D Mont Manuel Quimper 14 4

Existante (2012)

Le chêne de Garry et de l’habitat à végétation clairsemée sont toujours présents à ce site. Il y a de nombreux habitats qui n’ont pas été visités où la sous-espèce pourrait être présente.

District régional de la capitale
E Port Renfrew 20 S.O.g

Existante (2012)

L’habitat comprend les bords de route et les zones à végétation clairsemée; peu d’information disponible.

Inconnu, probablement un terrain privé, non visiblement cartographié dans le BC Systems and Ecosystem Explorerh.
F Tourbière Rithet, île de Vancouver 16 6

Historique (1951)

Un habitat approprié à végétation clairsemée subsiste dans la zone.

Administration locale (parcs de Saanich)
G Parc du mont Douglas de Saanich, Victoria 22 7

Historique (1953)

Un habitat à chêne de Garry et à végétation clairsemée convenable subsiste dans la zone.

Administration locale
(parcs de Saanich)

H Baie Oak, près du parc Uplands, Victoria 8 9

Historique (1953)

Un habitat convenable pourrait subsister dans la zone; toutefois, le lieu de collecte est inconnu. Dans le passé, cette zone comprenait des écosystèmes de chênes de Garry.

Administration locale (municipalité d’Oak Bay)
I Lac Beaver, au sud de; île de Vancouver 18 12

Historique (1955)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue (aucun individu n’a été observé lors d’inventaires récents, et la superficie de l’habitat à végétation clairsemée convenable qui subsiste est inconnue).

Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
J Lac Blenkinsop; Victoria 1 5

Historique (1951)

L’imagerie aérienne semble indiquer que des milieux ouverts subsistent dans la zone géographique générale; toutefois, l’information disponible n’est pas suffisante pour déterminer si l’habitat est convenable. Il est nécessaire de procéder à des vérifications sur le terrain et à un inventaire plus approfondi.

Le lieu de collecte exact est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
K Lac Blenkinsop, au sud-est de Braefoot, Victoria 2 8

Historique (1953)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
L Lac Cameron, île de Vancouver 4 F

Historique (1952)

L’imagerie aérienne semble indiquer que des milieux ouverts subsistent dans la zone géographique générale; toutefois, l’information disponible n’est pas suffisante pour déterminer si l’habitat est convenable. Il est nécessaire de procéder à des vérifications sur le terrain et à un inventaire plus approfondi.

Le lieu de collecte exact est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
M Baie Maple, île de Vancouver 9 10 Historique (première mention en 1916; plus récente mention en 1935). Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry. Inconnu, probablement des terres privées
N Millstream, île de Vancouver 11 11

Historique (1955)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
O Région de Duncan Non cartographiée 13

Historique (1926)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
P Région de Malahat Non cartographiée 14

Historique (1920)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
Q Région du lac Quamichan Non cartographiée 15

Historique (1917)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées
R Région du lac Shawnigan Non cartographiée 16

Historique (1894)

Il est peu probable qu’il reste un habitat convenable; probablement disparue. Le lieu de collecte est inconnu; cependant, la zone était dans le passé occupée par un écosystème de chênes de Garry.

Inconnu, probablement des terres privées

a L’emplacement de la population est indiqué à la figure 3 de la partie 2.

b Aux endroits indiqués, les noms de populations utilisés dans le présent plan de rétablissement correspondent aux noms de sites associés au Conservation Data Centre (2016).

c B.C. Conservation Data Centre (2016).

d COSEWIC (2013).

e Existante : la présence de l’occurrence a été vérifiée récemment et confirmée. Historique : absence de données de terrain récentes permettant de vérifier l’existence continue de l’occurrence; il n’y a pas de mention récente malgré d’importantes activités de recherche dans la zone générale, et l’observation la plus récente remonte à plus de 20 ans.

f Les années répertoriées dans cette colonne peuvent correspondre à un site distinct de l’occurrence de l’élément. L’information est un résumé des données du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique (B.C.  Conservation Data Centre, 2016); des renseignements plus détaillés sur les sites de collecte à l’intérieur d’une occurrence d’élément sont accessibles par l’entremise du BC Species and Ecosystem Explorer (anglais seulement).

g S.O. = sans objet; utilisé ici dans les cas où l’observation a été faite après la publication du rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2013).

h B.C. Conservation Data Centre (2016).

La présence d’une population est déterminée d’après des observations de la présence passée ou actuelle d’une reproduction, notamment des signes de ponte, la présence de larves actives, l’exosquelette d’une larve, l’enveloppe de la nymphe après l’émergence de l’adulte et l’habitat de reproduction potentiel (section 3.3).

Le tableau 1 de la partie 2 indique la correspondance entre les sites des populations mentionnés dans le présent plan de rétablissement et ceux du rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2013). Les différences entre ces sites s’expliquent par les raisons suivantes.

Il y a peu de données accessibles pour estimer l’abondance des populations existantes de la sous‑espèce oregonia. Bien que certaines populations aient été étudiées sur plusieurs années, les études se sont concentrées sur la consignation de la présence de la sous-espèce, ainsi que sur la zone spatiale occupée par la population et l’habitat potentiel à l’intérieur de la parcelle d’habitat. Cette collecte de données peu fréquente ne permet pas d’estimer l’effectif de la population au sein d’une parcelle d’habitat.

La sous-espèce oregonia ne connaît probablement pas de fluctuations extrêmes de son abondance; toutefois, les renseignements disponibles sont insuffisants pour estimer les fluctuations ou les tendances de la population. Les fluctuations naturelles des populations d’hespéries résultent de facteurs limitatifs comme les parasites, les prédateurs, les températures ambiantes quotidiennes, les températures saisonnières à long terme et les conditions météorologiques des années précédentes.

3.3 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat de la sous‑espèce oregonia

3.3.1 Habitat général

L’aire de répartition canadienne de la sous-espèce oregonia est limitée aux basses terres et aux zones ouvertes à végétation clairsemée de la zone biogéoclimatique côtière à douglas (B.C. Ministry of Forests, 2009). Dans cette zone, l’hespérie se rencontre dans deux types d’habitats généraux :

  1. les écosystèmes côtiers à sol sableux et à végétation clairsemée y compris les flèches de sable et de gravier;
  2. les écosystèmes de la chênaie naine, qui sont un sous-groupe de la chênaie de Garry et des écosystèmes connexes (tableau 1 de la partie 2).

En général, ces deux types d’habitats contiennent des graminées cespiteuses et des graminées gazonnantes courtes (MacNeill, 1964), qui sont importantes pour la construction des abris tubulaires des larves. Ces habitats présentent d’importantes zones ouvertes à sol sablonneux bien drainé et des parcelles à sol dénudé (MacNeill, 1964); Thomas, 1983; Thomas et al., 1986; Dennis, 2010). Ce type de milieux ouverts constitue un habitat important pour d’autres hespéries apparentées (par exemple H. comma en Grande-Bretagne [Thomas et al., 1986], Polites mardon dans le sud de la région de Puget Sound, dans l’État de Washington [Pyle, 2002], et H. assiniboia en Alberta [Schmidt, comm. pers, 2012]) et est également considéré comme important pour la sous‑espèce oregonia. L’habitat doit aussi contenir une abondance de plantes hôtes larvaires, qui sont inconnues pour la sous-espèce oregonia; on soupçonne toutefois qu’il s’agit de la fétuque rouge (Festuca rubra) et de la fétuque de Roemer (F. roemeri). Des larves élevées en captivité ont consommé d’autres espèces de graminées non indigènes, notamment des fétuques (Lolium spp.) et des bromes (Bromus spp.) (section 3.3.2).

Écosystèmes côtiers à sol sableux et à végétation clairsemée y compris les flèches de sable et de gravier

La population de la sous-espèce oregonia la plus étudiée est celle de la flèche Cordova (population B; figure 3 de la partie 2) (Gelling, 2015), qui est un écosystème côtier ouvert à sol sableux et à végétation clairsemée (Ward et al., 1998). Le sol mince, le gravier, le substratum rocheux exposé et le sable empêchent une importante croissance d’arbres et d’arbustes dans cet habitat. On y observe généralement des parcelles de végétation basse, ainsi qu’une importante croissance de mousses et de plantes herbacées. Le sol mouvant, les embruns, les vents erratiques, la carence générale en éléments nutritifs et en eau douce pour la végétation et l’exposition à la chaleur et à la sécheresse estivales intenses font en sorte que la végétation pousse lentement dans ces milieux (Ward et al., 1998).

Selon les résultats d’une étude sur les associations d’habitat à la flèche Cordova, la plupart des individus de la sous-espèce oregonia observés (91 %) se trouvaient dans l’écosystème terrestre à élyme des sables d’Amérique et à gesse maritime (Leymus mollis-Lathyrus japonicus), et 9 % ont été observés dans l’écosystème terrestre à renouée paronyque et à abronie à feuilles larges (Polygonum paronychia-Abronia latifolia) (Gelling, 2015).

Habitat de la chênaie de Garry et écosystèmes connexes

Au moins 10 des populations de la sous-espèce oregonia sont ont été signalées dans des habitats caractérisés comme la chênaie de Garry et écosystèmes connexes (tableau 1 de la partie 2). La plupart de ces populations sont considérées comme historiques, et on ne dispose pas de renseignements précis sur l’habitat associé aux sites de collecte des spécimens de la sous-espèce oregonia.

La chênaie de Garry et les écosystèmes connexes ont été décrits en détail par Roemer (1972) et Erickson (1993, 1995), et subdivisés en deux grands types d’écosystèmes : la chênaie-parc et la chênaie naine (Pojar, 1980a, 1980b). La sous-espèce oregonia a été recensée dans l’écosystème de la chênaie naine, qui se caractérise par des sols minces et des chênes courts et rabougris poussant généralement sur des affleurements rocheux et des replats. Les composantes végétales de la chênaie naine n’ont pas été officiellement décrites en détail et peuvent contenir un ensemble partiel d’espèces communément trouvées dans d’autres chênaies de Garry, telles que les prés maritimes et les écosystèmes de mares printanières (Lea, 2011).

3.3.2 Fonctions de l’habitat

Le cycle vital de la sous-espèce oregonia comprend quatre stades (œuf, larve, nymphe et adulte), qui ont chacun besoin de caractéristiques spécifiques de l’habitat. Les conditions météorologiques de l’année précédente et de l’année en cours, ainsi que la qualité de l’habitat disponible pour un stade donné du cycle vital, ont une importante incidence sur la démographie des stades suivants. On dispose de peu de données qui permettraient de décrire les caractéristiques de l’habitat requises par chaque stade.

Le tableau 2 de la partie 2 présente les fonctions essentielles des stades du cycle vital de la sous-espèce oregonia et les caractéristiques de l’habitat requises. Des renseignements détaillés sont présentés ci-après.

Tableau 2 de la partie 2. Résumé des fonctions essentielles et des caractéristiques de l’habitat de la sous-espèce oregonia en Colombie-Britannique
Stade du cycle vital Fonctiona Caractéristiqueb
Adulte (femelle), œuf Ponte et développement des œufs Base de touffes de graminées sèches (par exemple fétuque rouge et fétuque de Roemer, plantes hôtes non confirmées) combinée à une épaisse couche de plantes mortes (graminées, plantes herbacées et autres). Les autres structures comprennent des brindilles et d’autres débris ligneux, ainsi que certaines structures anthropiques telles que des poteaux de clôture.
Larve Alimentation, recherche de nourriture La ou les plantes hôtes larvaires dans la province ne sont pas confirmées, mais on pense qu’il s’agit de la fétuque rouge et de la fétuque de Roemer. Les larves se cachent pour se protéger et produisent des structures tubulaires à la base des touffes des plantes hôtes, à partir du limbe de feuilles et de soie. Les larves sortent de ces structures tubulaires de soie pour se nourrir. Une fois que les ressources de la plante hôte à proximité immédiate de la structure tubulaire sont consommées et/ou quand la structure doit être remplacée (par exemple, lorsque la larve est devenue trop grosse pour celle-ci), la larve se déplace et construit une nouvelle structure.
Nymphe Nymphose et émergence Les larves du dernier stade construisent un cocon de soie dissimulé dans un abri étroitement tissé à partir de feuilles de graminées. Elles se nymphosent dans cette structure. L’habitat d’émergence est similaire à l’habitat larvaire (ci-dessus).
Adulte Perchoirs et habitats de repos, d’accouplement et de copulation

Distance d’au moins 900 m adjacente à l’habitat d’alimentation terrestre, d’après la distance de dispersion de l’hespérie du Dakota (300 m sur 3 à 7 jours et durée de vie maximale de 21 jours). L’habitat est défini dans le temps par la période de vol des adultes, de la mi-juillet à la mi-septembre.

Femelle : végétation herbacée dense et basse, touffes de graminées denses, litière de feuilles.

Mâle : similaire à la femelle, plus un habitat aérien dans lequel il patrouille à la recherche de femelles émettant des phéromones.

a Fonction : processus du cycle vital de l’espèce (par exemple reproduction, alimentation/quête de nourriture).

b Caractéristique : élément structurel essentiel de l’habitat dont l’espèce a besoin. Les seuils (mesures et qualificatifs, c’est-à-dire les attributs) propres à chacune des caractéristiques énumérées ne sont pas connus.

Habitat de ponte et de développement des œufs

La ponte est effectuée pendant la période de vol des adultes, de la fin juillet (première observation le 21 juillet) à la mi-septembre (dernière observation le 22 septembre), et il y a une génération par an (Guppy et Shepard, 2001); B.C. Conservation Data Centre, 2016). Les femelles pondent les œufs isolément à la base des plantes hôtes (section 3.3.2) ou sur d’autres structures (James et Nunnallee, 2011). Les œufs y demeurent jusqu’à l’éclosion.

Le substrat où les œufs sont déposés et se développent n’est pas une bonne indication de la plante hôte larvaire de la sous-espèce, car les femelles du genre Hesperia pondent sur d’autres substrats à proximité de l’hôte, y compris des poteaux de clôture et des troncs d’arbres (MacNeill, 1964); Pyle, 2002). Hardy (1954) a observé des femelles en captivité pondre sur des graminées, des brindilles ou les parois de la cage.

La ponte n’a pas été observée en milieu naturel en Colombie-Britannique. On ne sait pas combien d’œufs sont pondus à la fois dans la nature; toutefois, les femelles confinées dans un enclos ont pondu jusqu’à 40 œufs (une femelle a pondu 40 œufs, un autre groupe de trois femelles a pondu 50 œufs au total) en l’espace de 2 jours (Hardy, 1954).

Après la ponte, l’œuf reste dans la végétation sèche pendant environ 7 mois et y passe l’hiver, puis une larve du premier stade en émerge entre mars et la mi-avril. Selon de récentes observations, certains individus peuvent passer l’hiver au premier stade larvaire (James et Nunnallee, 2011), mais cela n’est pas confirmé pour la sous-espèce oregonia.

Habitat larvaire

La larve de la sous-espèce oregonia n’a pas été observée en milieu naturel en Colombie-Britannique. Les larves passent par une métamorphose incomplète et ont besoin de suffisamment de plantes hôtes pour subir une série de mues (de l’éclosion de l’œuf au stade de nymphe et à l’émergence de l’adulte).

La plante hôte présumée des larves, la fétuque rouge, pousse dans des milieux secs et perturbés tels que les bords de route et les champs, les berges des cours d’eau, les prés, les sites graveleux et les plages (Douglas et al. [dir. de publ.], 2001). L’autre plante hôte présumée, la fétuque de Roemer, est une plante de milieu et de fin de succession qui pousse dans les sols minéraux de texture fine à moyenne, en conditions modérément acides à légèrement alcalines (Darris et al., 2007). Cette plante possède un vaste réseau racinaire et est résistante à la sécheresse, mais elle pousse dans les prairies modérément sèches à humides, les zones herbeuses et les milieux ouverts. Ni la fétuque rouge (S5) ni la fétuque de Roemer (S4) ne sont en péril en Colombie-Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2016).

Dans les prairies de la région de Puget Sound de l’État de Washington, des femelles de la sous-espèce oregonia ont été observées en train de pondre sur le carex dépourvu (Carex inops) et la danthonie de Californie (Danthonia californica) (Pyle, 2002). Ces deux plantes poussent dans l’ensemble du sud-est de l’île de Vancouver (et ailleurs dans la province) dans les terrains bas, les affleurements rocheux humides à secs, les prés et les forêts claires (Douglas et al. [dir. de publ.], 2001). En Colombie-Britannique, le carex dépourvu est classé S3S4 (vulnérable), et la danthonie de Californie, S5 (non en péril) (B.C. Conservation Data Centre, 2016).

En captivité, les larves de la sous-espèce oregonia se nourrissaient de graminées non indigènes, notamment des bromes et des fétuques (Hardy, 1954; MacNeill, 1964). Dans un contexte de captivité, les individus de la sous-espèce nominale ont pondu des œufs sur la sétaire glauque (Setaria glauca) (James et Nunnallee, 2011). Après l’éclosion, à la mi-avril, les larves se nourrissent pendant 4 mois au cours du printemps et de l’été. Elles construisent de petites structures ressemblant à des tentes pour se protéger entre les périodes d’alimentation, sortent de ces structures pour se nourrir et, lorsqu’elles sont devenues trop grosses ou que les ressources en plantes hôtes diminuent, construisent de nouveaux abris ailleurs (Hardy, 1954; James et Nunnallee, 2011). Les larves passent par six stades avant la nymphose, qui a lieu entre le début du mois de juillet et la fin du mois d’août.

Habitat de nymphose et d’émergence

Lorsque les larves sont prêtes pour la nymphose et la métamorphose en adultes, elles ont besoin d’un habitat d’émergence. La nymphose permettant la transition de la larve à l’adulte se produit de juillet à août, mais celle-ci n’a pas été observée dans en milieu naturel en Colombie-Britannique. Les larves du dernier stade construisent un cocon de soie dissimulé dans un abri étroitement tissé à partir de feuilles de graminées. Les larves réalisent leur métamorphose (passage de la larve à la nymphe, puis à l’adulte) à l’intérieur de ces cocons de soie. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour caractériser l’habitat d’émergence, y compris les éléments connexes tels que les objets servant d’abri; la pente, l’orientation et la température ambiante du site d’émergence; la taille minimale de la larve pour la nymphose; les indicateurs liés à la végétation et à la plante hôte; la température et les conditions météorologiques ainsi que d’autres facteurs potentiellement pertinents.

Habitat d’alimentation

Les individus de la sous-espèce oregonia se nourrissent du nectar de diverses plantes à fleurs indigènes et non indigènes, mais on ne dispose pas de liste exhaustive de ces plantes. À la flèche Cordova (population B; figure 3 de la partie 2), la sous-espèce oregonia a été observée en train de consommer le nectar du caquillier édentulé (Cakile edentula) et de l’herbe à gomme (Grindelia stricta integrifolia) (Costanzo, obs. pers., 2011; Heron, obs. pers., 2011). L’hespérie se nourrit probablement du nectar d’autres plantes à fleurs tout au long de sa saison de vol; toutefois, il reste relativement peu de plantes à fleurs dans les milieux chauds, secs et exposés qu’occupe l’hespérie à la fin de la saison. En outre, la corolle (tube) de la fleur doit être d’une profondeur permettant à l’hespérie d’atteindre le nectar avec sa trompe (langue), ce qui peut limiter les fleurs sur lesquelles l’hespérie peut se nourrir (section 3.5).

L’étendue spatiale des habitudes d’alimentation de l’hespérie n’est pas bien étudiée. Dans le cadre d’une étude de marquage-recapture sur l’hespérie du Dakota (Hesperia dacotae), qui se rencontre dans les prairies mixtes sèches de terrain élevé à herbes hautes indigènes en Saskatchewan et au Manitoba, cette espèce s’est déplacée sur moins de 300 m au cours d’une période de 3 à 7 jours (Dana, 1991). La durée de vie maximale est estimée à 3 semaines, un individu ayant été recapturé 19 jours après avoir été marqué au cours de cette même étude de marquage-recapture (Dana, 1991). La durée de résidence d’un individu à un site avant l’émigration et/ou la mort a été estimée à 3 à 10 jours (Dana, 1991). Pour la délimitation de l’habitat terrestre d’alimentation, de reproduction et/ou de ponte, il pourrait être approprié d’inclure une zone tampon de 900 m entourant la parcelle d’habitat connue de la sous-espèce oregonia (d’après une durée de vie maximale de 3 semaines et une dispersion de jusqu’à 300 m par semaine).

L’habitat de recherche de nourriture des adultes de la sous-espèce oregonia comprend également les zones aériennes au-dessus de l’habitat de ponte. Les mâles patrouillent à la recherche de femelles sur un territoire défini, et se perchent ou adoptent un comportement de sommitisme à l’affût des femelles qui passent. La superficie de l’habitat nécessaire au maintien d’une population, la hauteur à laquelle les hespéries volent, la distance de recherche de nourriture et la zone horizontale que les mâles adultes patrouillent ne sont pas connues et doivent faire l’objet d’études plus approfondies.

Habitat de perchage, de repos, d’accouplement et de copulation

La sous-espèce oregonia a besoin d’un habitat de perchage et de repos pour s’abriter et se reposer. Comme la plupart des espèces du genre Hesperia, la sous-espèce est très active, effectuant des vols rapides sur de courtes distances, se déplaçant et virevoltant dans son habitat. Comme c’est habituellement le cas pour les hespéries, la sous-espèce oregonia utilise des arbustes bas, des brindilles, des graminées et des zones de sol dénudé. Les individus se perchent, se reposent, s’accouplent et copulent le plus souvent dans l’habitat de ponte.

L’habitat d’accouplement et de copulation de l’hespérie est similaire à l’habitat de recherche de nourriture décrit ci-dessus. Les femelles volent à travers la parcelle d’habitat en émettant une phéromone détectée par les mâles. Les mâles ont un territoire défini dans lequel ils patrouillent, se perchent ou adoptent un comportement de sommitisme en attendant le passage des femelles qui émettent des phéromones. Les mâles sont considérés comme opportunistes et s’approchent d’une femelle lorsqu’elle est perchée et qu’elle se nourrit. Pendant la copulation, les couples ont besoin de perchoirs ou de sites de repos. La superficie de cet habitat doit faire l’objet d’une étude plus approfondie.

Les hespéries adultes ont besoin de sol dénudé exposé qui emmagasine la chaleur pour se chauffer au soleil (Guppy et Shepard, 2001; Pyle, 2002). L’hespérie comma (Hesperia comma) choisit comme sites de ponte des milieux comportant des zones de sol dénudé et de graminées courtes exposées à la chaleur (Thomas, 1983); Thomas et al., 1986; Dennis, 2010). La superficie et la répartition des surfaces à sol dénudé évoluent au fil du temps dans une parcelle d’habitat; cependant, la présence d’une portion de sol dénudé est nécessaire au maintien d’une population (section 3.5).

3.4 Rôle écologique

Les hespéries adultes sont des pollinisateurs et ont besoin de nectar pour s’alimenter. Elles visitent une grande variété de fleurs indigènes et non indigènes et peuvent potentiellement polliniser ces fleurs. Les hespéries sont également des proies à tous les stades de leur cycle vital et peuvent être consommées par les oiseaux et les arthropodes prédateurs, notamment les libellules.

3.5 Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques qui rendent l’espèce moins susceptible de réagir aux activités de rétablissement et de conservation. Dans le cas de la sous-espèce oregonia, ces facteurs sont les suivants.

4. Menaces

Les menaces sont définies comme étant des activités ou des processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (adaptation de Salafsky et al., 2008). Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont considéréesFootnote P2.4. Les menaces ont été évaluées pour les populations existantes et les populations historiques pour lesquelles il y a encore de l’habitat convenable.

La plupart des menaces sont liées aux activités humaines, mais elles peuvent aussi être d’origine naturelle. L’incidence des activités humaines peut être directe (par exemple destruction d’habitat) ou indirecte (par exemple introduction d’espèces envahissantes). Les effets des phénomènes naturels (par exemple incendies, inondations) peuvent être particulièrement importants lorsque l’espèce est concentrée dans une seule localité ou que les occurrences sont peu nombreuses, parfois à cause de l’activité humaine (Master et al., 2012). La définition d’une menace comprend donc les phénomènes naturels, mais il convient de l’utiliser avec prudence. Ces phénomènes stochastiques doivent être considérés comme une menace seulement si une espèce ou un habitat est touché par d’autres menaces et a perdu sa résilience. L’impact de ces phénomènes sur la population serait alors beaucoup plus important que l’impact qui aurait été subi dans le passé (Salafsky et al., 2008).

La principale menace pesant sur la sous-espèce oregonia est le risque de pulvérisation aérienne d’un pesticide, la bactérie Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk), pour contrer l’introduction et la propagation de la spongieuse non indigène. Les menaces secondaires comprennent l’empiétement de plantes indigènes et non indigènes par succession naturelle (en partie attribuable aux modifications de l’écosystème liées aux programmes de suppression des incendies en cours dans l’ensemble de l’aire de répartition de la sous-espèce) et les activités récréatives dans certains habitats (par exemple, le piétinement des plantes hôtes et de l’habitat par les chiens et les randonneurs pédestres). La lente perte d’habitat associée aux changements climatiques (par exemple tempêtes, inondations, sécheresses) est en cours et particulièrement manifeste à la flèche Cordova (population B, figure 3 de la partie 2).

4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentées ci‑dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN; acronyme anglais : IUCN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) (IUCN‑CMP) et est compatible avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web Open Standards (Open Standards, 2014). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Dans le présent rapport, elles sont caractérisées en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » d’une menace est calculé selon la portée et la gravité de celle‑ci. Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, voir Master et al. (2012; en anglais seulement) et les notes de bas de tableau. Les menaces pesant sur la sous-espèce oregonia ont été évaluées pour l’ensemble de la province (tableau 3 de la partie 2), et l’impact est élevé.

Tableau 3 de la partie 2. Tableau de classification des menaces pesant sur la sous-espèce oregonia en Colombie‑Britannique
Menacea Description de la menace Impactb Portéec Gravitéd Immédiatetée Population/localitéf
1 Développement résidentiel et commercial Non calculé Petite Modérée Faible sans objet
1.1 Zones résidentielles et urbaines Non calculé Petite Modérée Faible Population existante C (portions de terres privées)
1.2 Zones commerciales et industrielles Non calculé Petite Modérée Faible Population existante C (portions de terres privées)
1.3 Zones touristiques et récréatives Non calculé Petite Modérée Faible Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
4 Corridors de transport et de service Pas une menace Inconnu Inconnu Non significative/négligeable sans objet
4.1 Routes et voies ferrées Non calculé Inconnu Inconnu Non significative/négligeable Populations existantes B et C
5 Utilisation des ressources biologiques Pas une menace Inconnu Neutre ou avantage possible Non significative/négligeable sans objet
5.2 Cueillette de plantes terrestres Pas une menace Petite Neutre ou avantage possible Non significative/négligeable Population existante B
6 Intrusions et perturbations humaines Faible Restreinte Légère Élevée sans objet
6.1 Activités récréatives Faible Restreinte Légère Élevée Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
7 Modifications des systèmes naturels Faible Généralisée Légère Modérée sans objet
7.3 Autres modifications de l’écosystème Faible Généralisée Légère Modérée Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
8 Espèces, maladies et gènes envahissants ou autrement problématiques Faible Généralisée Légère Modérée sans objet
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Faible Généralisée Légère Modérée Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
9 Pollution Élevée Grande Élevée Modérée sans objet
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Élevée Grande Élevée Modérée Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
10 Phénomènes géologiques Inconnu Petite Extrême Inconnu sans objet
10.2 Tremblements de terre et tsunamis Inconnu Petite Extrême Inconnu Population existante :
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Faible Petite Modérée Modérée sans objet
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Non calculé Généralisée Inconnu Faible Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
11.2 Sécheresses Non calculé Généralisée Inconnu Faible Populations existantes B, C et D, populations historiques avec un habitat convenable restantg
11.4 Tempêtes et inondations Faible Petite Modérée Modérée Population existante B

Remarque : la section 4.2 décrit les menaces présentées dans ce tableau.

a Les numéros renvoient aux menaces de catégorie 1 (chiffres entiers) et de catégorie 2 (chiffres avec décimale).

b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce. Le taux médian de réduction de la population pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple l’immédiateté est non significative/négligeable [menace passée] ou faible [menace possible à long terme]); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %). (généralisée = 71 à 100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %; négligeable < 1 %).

d Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations. Pour cette espèce, une période de 10 ans a été utilisée. Habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population (extrême = 71 à 100 %; élevée = 31 à 70 %; modérée = 11 à 30 %; légère = 1 à 10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

e Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

f Une description des populations est présentée au tableau 2 de la partie 2, et leur répartition est illustrée à la figure 3 de la partie 2.

g Les populations historiques pour lesquelles il y a encore un habitat approprié sont les populations F, G et H.

4.2 Description des menaces

Les menaces pesant sur les populations de la sous-espèce oregonia sont bien connues dans certains habitats, alors que la compréhension des menaces est partielle dans d’autres habitats. Le régime foncier des terres et les activités qui s’y déroulent ont un effet important sur le type de menace qui pèse sur l’hespérie et l’habitat qui lui est associé.

L’impact global des menaces pesant sur la sous-espèce à l’échelle de la province est élevéFootnote P2.5. L’évaluation des menaces présentée dans le présent plan de rétablissement diffère légèrement de celle préparée pour le rapport de situation du COSEPAC (2013), bien que l’impact global des menaces reste inchangé. Elle prend en compte les menaces pesant sur la nouvelle population répertoriée depuis l’évaluation du COSEPAC (COSEWIC, 2013), des connaissances locales supplémentaires sur chaque population, les liens entre les menaces causales et proximales connues pour chaque population, la gravité inconnue et les menaces qui pèsent sur les populations historiques si un habitat potentiellement convenable subsiste dans le site.

Il tient compte des incidences cumulatives d’une multitude de menaces (tableau 3 de la partie 2). La principale menace pesant sur les populations de la sous-espèce oregonia est la pulvérisation potentielle de pesticides contenant du Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk) pour lutter contre la spongieuse (menace 9.1). Les activités récréatives (menace 6.1) et la succession de plantes non indigènes (menace 8.1) et indigènes (menace 8.2) dans les habitats ouverts où vit l’hespérie constituent d’autres menaces à faible impact. Les menaces sont détaillées dans les paragraphes suivants, par catégorie de menace de niveau 1. Les menaces dont l’impact est négligeable ou non calculé sont également décrites en raison de leur applicabilité incertaine à la sous-espèce oregonia et à son habitat.

Menace 1. Développement résidentiel et commercial (impact non calculé)
1.1 – Zones résidentielles et urbaines et 1.2 Zones commerciales et industrielles

Une grande partie de l’aire de répartition canadienne de la sous-espèce oregonia chevauche certains des secteurs fonciers les plus convoités de la province. De nombreuses propriétés privées appartenant à de multiples propriétaires sont adjacentes aux populations de la sous-espèce oregonia dans les zones urbaines et la plupart de ces zones sont susceptibles de faire l’objet d’un développement foncier dans l’avenir. L’aménagement du territoire inclut l’élimination de la végétation, ce qui entraîne la disparition des plantes hôtes des larves, des sources de nectar des adultes et des sites de nymphose, de sorte que l’habitat ne conviendrait plus à la sous-espèce oregonia.

Des habitats de la sous-espèce oregonia n’ayant pas fait l’objet de relevés et non occupés ainsi que des zones naturelles qui contiennent des populations existantes et historiques de l’espèce se trouvent sur des terres relevant des administrations locales du Grand Victoria (13 municipalités), de Nanaimo et de Duncan. La plupart des grands habitats naturels intacts situés dans l’aire de répartition de la sous-espèce oregonia appartiennent à des administrations locales, à des propriétaires privés ou à des sociétés forestières, et selon les prévisions en matière de planification urbaine (25 prochaines années) un grand nombre de ces zones feront l’objet d’un développement à des fins domiciliaires, commerciales et récréatives. L’incertitude qui entoure l’utilisation des terres et le changement fréquent de propriétaires ne fait qu’amplifier le risque de conversion de l’habitat. Cette menace s’applique aux zones entourant le mont Camas (population A; l’emplacement des populations historiques et existantes est indiqué à la figure 3 de la partie 2) et aux portions de Goldstream situées sur des terres privées (population C). Au mont Camas, il y a une convention de conservation qui protège la sous-espèce oregonia ainsi que d’autres chênaies de Garry et écosystèmes connexes; cependant, les habitats entourant cette propriété peuvent également abriter des populations de la sous-espèce oregonia et sont potentiellement menacés par le développement urbain.

1.3 Zones touristiques et récréatives (impact non calculé)

La demande de développement touristique et récréatif dans le sud de l’île de Vancouver devrait augmenter au cours de la prochaine décennie. Par exemple, les installations de camping ont été agrandies dans le parc régional Island View Beach, près de la flèche Cordova (population B), et un agrandissement de ce type d’installations est prévu au parc provincial Goldstream (population C). L’agrandissement des terrains de camping et des zones récréatives, ainsi que l’aménagement de sentiers, détruisent l’habitat et aggravent d’autres menaces, notamment la construction de routes pour accéder à ces zones (menace 4.1) et la propagation de plantes non indigènes (menace 8.1). Les routes et les sentiers sont des corridors qui peuvent faciliter la propagation d’espèces introduites dans les milieux naturels; les graines des plantes peuvent adhérer aux pneus des voitures et en être délogées dans de nouveaux sites (Trombulak et Frissell, 2000), et les randonneurs peuvent engendrer le même phénomène avec leurs chaussures dans une zone naturelle.

Menace  4. Corridors de transport et de service (pas une menace)
4.1 Routes et voies ferrées (pas une menace)

Les hespéries, comme de nombreuses espèces de papillons, peuvent être vulnérables à la mortalité routière, en particulier le long des routes où les véhicules circulent à vitesse élevée (Mckenna et al., 2001). Elles s’installent souvent dans des endroits ensoleillés sur les routes ou utilisent les flaques de boue pour prélever de l’eau et du sel.

Il est peu probable que la construction, l’élargissement ou l’expansion des routes aient une incidence sur les cinq populations existantes de la sous-espèce oregonia. Un chemin à accès privé traverse une partie du site de la flèche Cordova (population B), mais il n’y a pas de projet d’expansion. Certaines parties de l’habitat de Goldstream (population C) se trouvent dans l’emprise d’une voie ferrée, mais la population occupe probablement d’autres zones environnantes qui n’ont pas été étudiées. Aucune expansion n’est actuellement prévue; toutefois, il est probable que l’entretien de l’emprise se poursuive. Une expansion des routes pourrait être réalisée en lien avec l’agrandissement des terrains de camping à Goldstream (population C) (menace 1.3), mais la portée et l’immédiateté de cette menace sont inconnues.

Menace 5. Utilisation des ressources biologiques (en dehors de la période d’évaluation)
5.2 Cueillette de plantes terrestres (en dehors de la période d’évaluation)

Les écosystèmes à végétation clairsemée de la flèche Cordova (B) sont importants pour les Premières Nations, et des plantes ayant une importance culturelle poussent dans l’ensemble de l’habitat. Les effets de la cueillette (par exemple, cueillette, piétinement ou déterrage) sont négligeables car les plantes cueillies ne seraient probablement pas les mêmes que celles consommées par les larves de la sous-espèce oregonia et, si ces plantes étaient cueillies, la gravité serait probablement négligeable.

Menace 6. Intrusions et perturbations humaines (impact faible)
6.1 Activités récréatives (impact faible)

L’émergence des adultes de la sous-espèce oregonia coïncide avec la haute saison de l’activité récréative à la flèche Cordova (population B), à Goldstream (population C), et au mont Manuel Quimper (population D). Bien que les populations de la sous-espèce oregonia persistent dans ces habitats depuis de nombreuses générations, les activités récréatives ont augmenté au cours de la dernière décennie. À la flèche Cordova, les chiens sans laisse dans l’habitat de la sous-espèce oregonia affectent la santé des plantes hôtes, les nids des larves, les perchoirs et les sites de repos, car ils peuvent creuser, déféquer et uriner à l’intérieur de ces zones. Dans d’autres sites utilisés à des fins récréatives, les feux de camp et d’autres activités diurnes, telles que la randonnée, le VTT dans certaines zones et les promenades de chiens sans laisse, sont préjudiciables aux habitats. De plus, les randonnées pédestres favorisent la propagation des graines de plantes non indigènes (menace 8.1). On ignore quels effets les activités récréatives ont eus sur les populations historiques de la tourbière Rithet (population F), du lac Beaver (population G) et du mont Douglas (population H).

Menace 7. Modifications des systèmes naturels (impact faible)
7.3 Autres modifications de l’écosystème (impact faible)

Dans le passé, les incendies fréquents de faible intensité jouaient un rôle important dans le maintien des écosystèmes à chêne de Garry (Daubenmire, 1968; Agee, 1993; McPherson, 1997, dans Fuchs, 2000). Avant l’arrivée des colons européens dans la région, les incendies étaient allumés par la foudre ou par des Autochtones pratiquant le brûlage traditionnel (voir Fuchs, 2000, pour une revue de la littérature). Les chênaies de Garry et les écosystèmes connexes sont extrêmement secs pendant les mois d’été, et le feu était auparavant l’un des principaux facteurs de perturbation qui maintenait l’habitat ouvert et les plantes hôtes nécessaires à la sous-espèce oregonia. Aujourd’hui, des incendies accidentels peuvent se produire dans certains de ces sites où l’utilisation récréative est importante.

La succession naturelle d’arbres, d’arbustes et de végétaux herbacés indigènes est en cours dans l’habitat de toutes les populations existantes de la sous-espèce oregonia (A, B, C, D et E), ainsi que dans les populations historiques dont l’habitat est encore convenable (F, G et H). Les actuels programmes de suppression des incendies augmentent la succession naturelle dans l’habitat convenable (McCoy, 2006) et rendent ces zones moins appropriées pour l’hespérie. La création d’habitat se fait probablement à un rythme inférieur à celui de la perte d’habitat liée à la succession naturelle. Les plantes hôtes larvaires potentielles, les sources de nectar pour les adultes et l’activité des adultes nécessitent un habitat ouvert avec beaucoup de lumière et d’humidité (voir Pojar et McKinnon, 1994, pour des renseignements sur l’habitat associé aux plantes hôtes potentielles). La succession végétale naturelle entraîne une compétition pour les ressources (lumière, éléments nutritifs), les plantes hôtes larvaires et nectarifères nécessaires au maintien d’une population de la sous-espèce oregonia finissent par être supplantées.

Menace 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact faible)
8.1 Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants (impact faible)

Des plantes non indigènes sont présentes dans l’habitat de toutes les populations existantes. Les espèces végétales envahissantes modifient la structure du sol, ce qui permet à d’autres plantes d’y pousser et entraîne ainsi une stabilisation de la végétation et le déclin subséquent du nombre d’habitats disponibles pour la sous-espèce oregonia et de la connectivité entre ceux-ci. Elles créent aussi une plus grande couverture végétale, ce qui réduit la superficie de zones dénudées disponibles pour les adultes. Dans l’ensemble, les communautés végétales clairsemées sont susceptibles d’être colonisées par des plantes envahissantes.

Le lierre commun (Hedera helix), le houx commun (Ilex aquifolium) et la ronce discolore (Rubus discolor) sont des plantes envahissantes largement répandues dans les écosystèmes indigènes du sud de l’île de Vancouver, et supplantent la végétation indigène. Le genêt à balais (Cytisus scoparius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et le daphné lauréole (Daphne laureola) sont également susceptibles d’envahir les zones perturbées. Le genêt à balais est associé à une réduction de la richesse des espèces indigènes (Rook, 2011), pousse rapidement, et peut fixer l’azote dans les sols sableux peu fertiles (Parker, 2002; Haubensak et Parker, 2004; Huenneke et al., 1990). L’habitat de trois des populations de la sous-espèce oregonia contient de grandes colonies de genêt à balais (B, C et D).

De nombreuses graminées introduites telles que l’ammophile des sables (Ammophila arenaria), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), le brome mou (Bromus hordeaceus), le brome des toits (B. tectorum), le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), l’houlque laineuse (Holcus lanatus) et la vulpie queue-de-rat (Vulpia myuros) sont également présents dans les écosystèmes à végétation clairsemée et à chêne de Garry. Ces plantes envahissantes ont été observées dans les sites abritant la sous-espèce oregonia, mais la portée et la gravité de leur impact n’ont pas été étudiées.

L’herbivorie par des mammifères introduits tels que le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) a été observée à la flèche Cordova (population B) (Gelling, comm. pers., 2016), mais elle représente probablement une menace mineure. Le parasitisme par les mouches tachinaires constitue une menace potentielle; ces mouches ont été introduites pour lutter contre la spongieuse (Tothill, 1913).

Menace 9. Pollution (impact élevé)
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles (impact élevé)

Le sud de l’île de Vancouver et l’aire de répartition canadienne de la sous-espèce oregonia se trouvent dans la zone d’introduction potentielle de la spongieuse européenne (Lymantria dispar dispar) et de la spongieuse asiatique (Lymantria dispar asiatica). Ces espèces sont introduites en Colombie-Britannique par de nombreux vecteurs, dont des véhicules de loisirs, des conteneurs d’expédition et des camions commerciaux. L’arrivée et la détection de ces ravageurs envahissants varient d’une année à l’autre et sont difficiles à prévoir. Des pièges à phéromones destinés à détecter les spongieuses sont installés selon une grille systématique dans toute la région.

Si des spongieuses sont détectées en grand nombre, des pulvérisations terrestres et aériennes d’un pesticide contenant du Btk peuvent être effectuées. Cette bactérie pathogène présente dans la nature entre dans la composition d’un pesticide commercial utilisé pour lutter contre les chenilles défoliatrices. La bactérie touche également la plupart des larves de lépidoptères non ciblés. Le Btk est utilisé pour lutter contre la spongieuse entre le début d’avril et le début de mai, ce qui coïncide avec la période d’activité de la larve de la sous-espèce oregonia.

Des traitements aériens contre la spongieuse ont été réalisés à proximité de sites abritant la sous‑espèce oregonia au cours des 5 dernières années; l’ensemble des sites existants et des sites historiques encore associés à un habitat approprié se trouvent dans des zones où des traitements pourraient être réalisés dans l’avenir. Des traitements terrestres pourraient aussi être réalisés, notamment la pulvérisation au sol à partir de camions-citernes ou par du personnel muni de pulvérisateurs à dos. Ces options pourraient permettre de lutter contre le ravageur tout en ayant un impact minime sur la sous-espèce oregonia. Il est peu probable que la lutte contre la spongieuse touche simultanément toutes les populations de la sous-espèce oregonia.

Le site de la flèche Cordova (population B) longe un point d’entrée important pour la spongieuse, en particulier parce qu’à côté du site se trouve un terrain de camping privé qui reçoit des visiteurs de toute l’Amérique du Nord. Les véhicules de loisirs tels que les fourgonnettes de camping, ainsi que le bois de chauffage, les canoës ou les équipements qui sont restés inutilisés depuis l’automne précédent, sont des endroits propices à la ponte des œufs par la spongieuse adulte. Ces objets sont également des vecteurs connus de masses d’œufs, en particulier lorsqu’ils proviennent de zones de fortes populations de spongieuses dans l’est du Canada. Ils pourraient entraîner une introduction accidentelle de la spongieuse dans la région.

La menace que représentent les insecticides néonicotinoïdes pour les papillons qui se nourrissent de nectar doit faire l’objet de recherches plus approfondies. Les néonicotinoïdes peuvent s’accumuler dans le pollen et le nectar des plantes traitées et affecter le système nerveux central ou causer la mort des insectes qui les consomment. Les néonicotinoïdes peuvent s’accumuler dans l’environnement. L’insecticide reste dans les racines et les tiges des tissus végétaux et ne dégrade ou ne se décompose pas avec la sénescence de la plante. Par exemple, dans le secteur agricole, l’utilisation continue de semences traitées aux néonicotinoïdes dans les grandes cultures peut entraîner une accumulation dans la matière végétale et dans l’environnement au fil du temps. L’utilisation de néonicotinoïdes dans le secteur agricole ne s’applique pas actuellement à la sous-espèce oregonia; cependant, des néonicotinoïdes sont actuellement utilisés dans le secteur des pépinières d’arbres et d’arbustes d’ornement. Cette menace touche les habitats situés sur des terres privées ou aux habitats où des végétaux sont plantés dans le cadre d’activités de remise en état. Il n’existe pas de système d’enregistrement central pour les arbres et arbustes ornementaux traités aux néonicotinoïdes, ni d’indication sur l’endroit où ces végétaux sont finalement plantés. Les renseignements sur cette menace, et la mesure dans laquelle elle s’applique à la sous-espèce oregonia, doivent faire l’objet de recherches plus approfondies.

Menace 10. Phénomènes géologiques (impact faible)
10.2 Tremblements de terre et tsunamis (impact faible)

L’habitat de la flèche Cordova (population B) se trouve à moins de 2 m au-dessus du niveau de la mer. En cas de tsunami, cette propriété serait submergée. L’immédiateté de cette menace est inconnue.

Menace 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact faible)
11.1 Déplacement et altération de l’habitat (impact non calculé)

Dans l’écozone maritime du Pacifique, les températures annuelles moyennes ont augmenté de 1,7°C entre 1960 et 2006 (Coristine et Kerr, 2011). D’ici 2050, elles devraient connaître une hausse de 2 à 3 °C environ (Hebda, 1997). Les changements climatiques ont une incidence sur le moment de la floraison, la période de floraison et la sénescence des plantes hôtes et nectarifères dans toutes les populations de la sous-espèce oregonia. La sénescence prématurée des plantes hôtes et nectarifères affecte la survie des larves en modifiant la synchronisation entre la longévité des plantes et la diapause larvaire automnale. La gravité de ce phénomène est inconnue, et l’immédiateté est probablement en dehors de la période d’évaluation de 10 ans.

11.2 Sécheresses (impact non calculé)

Les sécheresses représentent une menace pour les populations A à H. L’augmentation des sécheresses estivales (Mote et Salathe, 2010) pourrait affecter les milieux ouverts à végétation clairsemée du sud de l’île de Vancouver, qui connaissent des étés chauds et secs. Les changements observés dans le régime des précipitations au cours de la dernière décennie ainsi que la diminution de l’accumulation de neige et des crues connexes ont entraîné une augmentation de la demande en ressources hydriques dans ces régions. Inversement, une augmentation des précipitations hivernales est anticipée dans les zones côtières telles que l’est de l’île de Vancouver. Une analyse récente des observations enregistrées à l’échelle mondiale entre 1925 et 1999 a révélé que les précipitations ont augmenté de 6,2 mm par décennie dans la zone de latitude de 50 à 70° N, qui comprend la presque totalité de la Colombie-Britannique (Zhang et al., 2007). Plus précisément pour le sud-est de l’île de Vancouver, la modélisation d’ici le milieu du 21e siècle (2041 à 2071) prévoit, par rapport aux données historiques (1961 à 1990), une augmentation de 10 à 25 % des précipitations hivernales moyennes (décembre-février) et une diminution de 0 à 10 % des précipitations estivales moyennes (juin-août) (Rodenhuis, 2009).

11.4 Tempêtes et inondations (impact faible)

La fréquence et la gravité accrues des tempêtes hivernales (Page, 2010) affectent l’habitat riverain à la flèche Cordova (population B). Les effets cumulés du déferlement des vagues, de l’affouillement, du ruissellement de l’eau provenant des habitats terrestres et des débris ligneux rejetés sur le rivage contribuent tous à un déclin potentiel de l’habitat de la sous-espèce oregonia. Les effets d’une augmentation de la gravité, de la fréquence et de la saisonnalité des tempêtes et des inondations sur l’habitat de la sous-espèce oregonia doivent faire l’objet d’une étude plus approfondie et d’un suivi à long terme. Aucune des autres populations n’est proche de milieux riverains.

5. Buts et objectifs en matière de rétablissement

5.1 But du rétablissement (population et répartition)

Le but du rétablissement (population et répartition) est de maintenir l’abondance (telle que représentée par la zone d’occupation) et la répartition de toutes les populations existantes de la sous-espèce oregonia en Colombie-Britannique, ainsi que toute nouvelle population qui pourrait être découverte dans l’avenir.

5.2 Justification du but du rétablissement (population et répartition)

La sous-espèce oregonia est endémique de la côte ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, 18 populations sont présentes dans le sud de l’île de Vancouver : 5 populations existantes (A, B, C, D et E) et 13 populations historiques, dont 3 ont encore un habitat potentiellement convenable (F, G et H).

L’habitat convenable pour la sous-espèce oregonia comprend des écosystèmes côtiers à sol sableux et à végétation clairsemée, y compris des flèches de sable et de gravier et des écosystèmes à chênes rabougris, qui sont deux types d’écosystèmes très menacés au Canada. Le faible nombre de populations existantes, l’aire de répartition géographique limitée, les menaces élevées et le déclin de la qualité de l’habitat sont d’autres facteurs ayant conduit à l’évaluation de la sous-espèce oegonia comme étant en voie de disparition Footnote P2.6 au Canada (COSEPAC, 2013). Les seuils des critères ayant mené à cette évaluation sont une zone d’occurrence estimative inférieure à 5 000 km2 et un indice de zone d’occupation estimatif inférieur à 500 km2, la présence de l’espèce dans un nombre de sites inférieur ou égal à cinq, Footnote P2.7 et un déclin continu de la superficie, de l’étendue et/ou de la qualité de l’habitat de l’espèce.

La sous-espèce oregonia a probablement toujours été naturellement rare, puisque son habitat, les écosystèmes côtiers à sol sableux et les chênaies de Garry, l’a toujours également été au Canada. Actuellement, la sous-espèce oregonia a une faible zone d’occurrence estimative (66 km2 pour les sites existants; 250 km2 si on inclut les populations F, G et H) et un faible indice de zone d’occupation (20 km2; moins de 32 km2, si on inclut les populations F, G et H). Même si la sous‑espèce pouvait être rétablie à sa situation passée (répartition et abondance), elle serait probablement encore évaluée comme étant « en voie de disparition » au Canada.

L’objectif de rétablissement proposé vise à assurer la persistance de la sous-espèce oregonia en Colombie-Britannique, et comprend le maintien de toute nouvelle population qui pourrait être découverte. Les données sur la population de la sous-espèce oregonia sont incomplètes pour tous les habitats, et il est impossible d’établir des objectifs quantitatifs précis en matière de population à l’heure actuelle. Par conséquent, il n’y a pas de renseignements permettant de mesurer les tendances en matière d’abondance ou de réaliser une analyse du seuil minimal de viabilité des populations. La longévité et les capacités de dispersion et de recolonisation sont inconnues, et les besoins détaillés en matière d’habitat ne sont pas clairs. Compte tenu du manque d’information sur le cycle vital, y compris la ou les plantes hôtes des larves de la sous-espèce oregonia, il est impossible de fixer un but de rétablissement visant à augmenter le nombre de populations par translocation ou d’autres techniques dans les sites des populations historiques, et un tel but n’est donc pas recommandé actuellement. Si de nouvelles populations naturelles sont découvertes, elles seront prises en compte dans la planification du rétablissement. Les informations importantes qui seront recueillies en vue de combler les lacunes dans les connaissances contribueront à maintenir le nombre actuel de populations existantes et permettront d’établir un but du rétablissement quantitatif dans l’avenir. Dans l’intervalle, la conservation de la quantité et de la qualité de l’habitat existant remplacera le maintien de l’abondance de la population.

5.3 Objectifs de rétablissement

Les objectifs de rétablissement de la sous-espèce oregonia sont les suivants :

  1. assurer la protectionNote de bas de page P2.8 des populations existantes en empêchant la perte ou la dégradation de l’habitat occupé;
  2. confirmer la répartition de la sous-espèce à l’intérieur de son aire de répartition en Colombie-Britannique;
  3. évaluer l’ampleur des menaces qui pèsent sur chaque population existante et réduire leurs effets;
  4. combler les lacunes dans les connaissances, telles que les exigences en matière d’habitat, les caractéristiques biologiques, le cycle vital et les facteurs écologiques.

6. Approches pour l’atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures suivantes ont été classées d’après les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie‑Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2009). Leur état d’avancement pour les espèces est indiqué entre parenthèses.

Compilation du rapport de situation (terminée)

Présentation au COSEPAC (achevée)

Planification (achevée)

Inventaire (en cours)

Protection de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)

Tableau 4 de la partie 2. Mécanismes existants qui assurent la protection de l’habitat de la sous-espèce oregonia
Mécanismes existants qui assurent la protection de l’habitat Menacea ou préoccupation visée Site/population
Code foncier (Land Code) de la Première Nation Tsawout (2006) Toutes Portion de la flèche Cordova (B)
Parks Act et Protected Areas of British Columbia Act de la Colombie-Britannique 1.1; 1.2; 1.3 Portion de Goldstream (C)
Saanich Parks Toutes Portion de la flèche Cordova (B)
District régional de la capitale Toutes Portion de la flèche Cordova (B) et parc régional du mont Manuel Quimper (D)
Réserve créée en vertu de l’article 16 du Land Act de la Colombie-Britannique; réserve ou notation d’intérêt en vertu de l’article 17 du Land Act (Province of British Columbia, 1996) 1.1; 1,2; 1.3; 2.3; 4.1 Toutes

a Les numéros des menaces sont ceux de la classification de l’IUCN-CMP (voir le tableau 3 de la partie 2 pour les détails).

6.2 Tableau de planification du rétablissement

La planification du rétablissement de la sous-espèce oregonia s’effectuera concurremment à celle d’autres approches de planification du rétablissement ciblant des espèces semblables menées par l’équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (Garry Oak Ecosystems Recovery Team, 2017) et dans le cadre du South Coast Conservation Program (2016). En raison des lacunes importantes dans les connaissances sur la sous-espèce oregonia, la plupart des activités de planification du rétablissement énumérées au tableau 5 de la partie 2 sont axées sur l’inventaire, la collecte de renseignements sur l’habitat, la cartographie de l’habitat et la clarification des menaces. Ces activités aideront à déterminer les zones à fouiller en priorité à la recherche de l’espèce et orienteront les mesures de protection de l’habitat. Une approche concertée à l’égard du rétablissement doit également miser sur la participation des communautés universitaires, de naturalistes et d’intendance à la réalisation de projets de rétablissement ciblant l’espèce, y compris la tenue d’inventaires, l’étude du cycle vital de l’espèce et la collecte de renseignements sur l’habitat.

Tableau 5 de la partie 2. Mesures de rétablissement visant la sous-espèce oregonia
Catégorie Objectif Groupe de mesures du cadre de conservation Objectifs/mesures de rétablissement Indicateurs de rendement Menacea ou préoccupation visée Prioritéb
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées À l’aide d’applications du système d’information géographique, effectuer la cartographie de l’habitat et la délimitation spatiale de l’habitat convenable pour chacune des populations existantes (A à E) et historiques (F à H). Dans le cas des populations pour lesquelles les renseignements sur les spécimens sont vagues et il est peu probable qu’il y ait un habitat convenable (H à R), vérifier au moyen de cette cartographie la présence d’un habitat convenable et confirmer sur le terrain si nécessaire. La cartographie de l’habitat et la délimitation spatiale de l’habitat convenable pour les populations existantes et historiques sont achevées d’ici 2021. Toutes les menaces Essentielle
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Confirmer l’étendue spatiale et le régime foncier pour les populations existantes de la sous-espèce oregonia ainsi que la délimitation de l’habitat potentiel ci-dessus. La liste des propriétaires fonciers associés aux habitats existants et potentiels de la sous-espèce est complétée d’ici 2021. Toutes les menaces Essentielle
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Dans les sites non désignés sur des terres publiques provinciales de la Colombie‑Britannique, créer une réserve et/ou une manifestation d’intérêt en vertu de l’article 17 du Land Act de manière à ce que les promoteurs intéressés par un développement éventuel sachent qu’un habitat d’espèce en péril se trouve sur ces terres. Applicable aux terres publiques provinciales dans les régions de Duncan, Goldstream, Port Renfrew et Cowichan Lake. Les cartes des polygones d’habitat sont achevées pour les sites qui se trouvent sur des terres publiques provinciales, et les projets de demande de création d’une réserve et/ou une manifestation d’intérêt en vertu de l’article 16 du Land Act dans ces sites sont soumis d’ici 2021. Toutes les menaces Essentielle
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Collaborer avec BC Parks pour mettre à jour le plan directeur du parc provincial Goldstream (population C) afin d’y inclure des mesures de gestion pour la sous-espèce oregonia. S’il n’y a pas de plan directeur, rédiger une recommandation de gestion distincte pour l’hespérie dans ce parc. Si l’inventaire réalisé dans les propriétés de BC Parks confirme l’existence de nouvelles populations, mettre à jour les plans directeurs des parcs (s’ils existent) en y ajoutant les informations de gestion appropriées; s’il n’y a pas de plan directeur, rédiger une recommandation de gestion distincte pour le parc concerné d’ici 2021. 1.3 et 6.1 Nécessaire
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Collaborer avec les propriétaires fonciers privés afin de déterminer les mesures de gestion appropriées pour protéger l’habitat de la sous-espèce oregonia dans les sites existants et les sites historiques associés à un habitat convenable. Élaborer des accords d’intendance et/ou des covenants pour l’habitat connu (et tout nouvel habitat) abritant des populations connues sur des terres privées protégées, des terres de districts régionaux et des terres municipales d’ici 2021. Toutes les menaces Nécessaire
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Travailler avec les sociétés forestières qui possèdent la propriété où la sous-espèce oregonia a été signalée (population E), afin d’élaborer et de mettre en œuvre des pratiques de gestion exemplaires pour réduire les menaces propres aux sites. Élaborer des accords d’intendance et/ou des covenants pour l’habitat connu (et tout nouvel habitat) abritant des populations connues sur des terres privées protégées, des terres de districts régionaux et des terres municipales d’ici 2021. 1.1, 1.2, 1,3, 8,1 Nécessaire
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Recommander que l’inscription de la sous-espèce oregonia à titre d’espèce en péril en vertu du Forest and Range Practices Act et de l’Oil and Gas Activities Act de la Colombie‑Britannique soit considérée comme une priorité. Recommander l’inscription de la sous-espèce oregonia à titre d’espèce en péril en vertu de ces lois et rédiger un Identified Wildlife Species Account (rapport d’espèce sauvage désignée) pour la sous-espèce en vertu de ces lois d’ici 2021. Toutes Nécessaire
Protéger l’habitat existant 1 et 2 Protection et remise en état de l’habitat et intendance des terres privées Collaborer avec les responsables des programmes de lutte antiparasitaire (par exemple le comité provincial sur la spongieuse, les secteurs qui utilisent des insecticides néonicotinoïdes) en ce qui concerne les options de surveillance et d’atténuation pour les papillons non ciblés dans les zones potentielles d’introduction et/ou de pulvérisation future de pesticides. Les options générales d’atténuation pour les programmes de lutte ont été élaborées d’ici 2021. 9.3 Essentielle
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Élaborer des méthodes d’inventaire normalisées pour la sous-espèce oregonia, y compris les caractéristiques de l’habitat, les informations sur les communautés végétales, les relevés des stades vitaux (par exemple, mois propices aux enquêtes ciblant des stades vitaux précis), les menaces immédiates et d’autres informations sur le cycle vital. Les méthodes d’inventaire sont élaborées et mises à l’essai d’ici 2021. Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Essentielle
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances À l’aide du protocole d’inventaire normalisé élaboré ci-dessus, effectuer les travaux de terrain dans les sites existants (A à E), les sites historiques associés à un habitat potentiel (F à G), et les habitats supplémentaires. L’habitat des sites existants abritant des populations de la sous-espèce oregonia a été décrit d’ici 2021. Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Au moyen des informations sur l’habitat obtenues (ci‑dessus), élaborer les éléments d’un modèle du caractère convenable de l’habitat qui permet une cartographie à l’aide de systèmes d’information géographique. Un modèle de caractère convenable de l’habitat pour orienter et prioriser les futurs travaux d’inventaire a été préparé d’ici 2021. Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Utiliser les résultats de ce modèle pour classer par ordre de priorité les sites où effectuer des relevés dans les milieux potentiels non visités. Une liste des milieux prioritaires à visiter a été préparée d’ici 2021. Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital; 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Élaborer un calendrier d’inventaires et d’activités de suivi sur 10 ans et une stratégie de communication avec les propriétaires fonciers pour les sites prioritaires. Le calendrier des activités de prise de contact avec les propriétaires fonciers, d’inventaire et de suivi a été préparé d’ici 2021. Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Collaborer avec les propriétaires et les gestionnaires des terres pour déterminer les sites prioritaires (à partir du modèle d’habitat) et y effectuer des relevés, et améliorer le modèle d’habitat au fil des travaux de terrain. Les habitats potentiels dans l’aire de répartition de la sous-espèce ont fait l’objet d’inventaires et les résultats ont été utilisés pour améliorer le modèle d’habitat (en cours). Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Confirmer la répartition et combler les lacunes dans les connaissances, telles que les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital 2 et 4 Inventaire, suivi des tendances Étudier la faisabilité d’effectuer un suivi dans ces sites afin d’obtenir des informations sur le cycle vital, les déplacements, l’utilisation de l’habitat et la biologie de la population de l’espèce. Cette mesure permettra de mieux comprendre les besoins en matière d’habitat de chaque stade du cycle vital et la capacité de dispersion vers des parcelles d’habitat adjacentes. Les habitats potentiels dans l’aire de répartition de la sous-espèce ont fait l’objet d’inventaires et les résultats ont été utilisés pour améliorer le modèle d’habitat (en cours). Lacunes dans les connaissances; Toutes les menaces Nécessaire
Mettre au point une évaluation des menaces et surveiller les sites 3 Suivi des tendances Élaborer des méthodes d’évaluation des menaces (par exemple, déterminer la portée, la gravité et l’immédiateté de la menace) et des protocoles de surveillance de l’habitat (par exemple, photographiques) pour les populations existantes de la sous-espèce oregonia (A à E) et les populations historiques encore associées à un habitat convenable (F à G). Ces renseignements doivent être recueillis au moyen des protocoles d’inventaire normalisés ci-dessus.

Les protocoles permettant de comparer et de mesurer les menaces propres à chaque site sont achevés d’ici 2021.

L’évaluation des menaces propres aux sites a été réalisée pour les populations existantes d’ici 2021.

Toutes les menaces Essentielle
Mettre au point une évaluation des menaces et surveiller les sites 3 Suivi des tendances Dans les parcs, consigner et évaluer pour chaque population existante les effets des changements physiques apportés à l’habitat par l’homme (par exemple, les perturbations causées par les promenades de chiens sans laisse, les randonnées, les pique-niques et autres activités récréatives, le piétinement, etc.).

Les protocoles permettant de comparer et de mesurer les menaces propres à chaque site sont achevés d’ici 2021.

L’évaluation des menaces propres aux sites a été réalisée pour les populations existantes d’ici 2021.

6,1 Essentielle
Accroître la sensibilisation à la sous-espèce oregonia 5 Intendance des terres privées et protection de l’habitat Sensibiliser le public à l’existence, à la valeur de conservation, aux menaces et aux habitats de la sous-espèce oregonia et d’autres espèces dans les habitats à végétation clairsemée et les écosystèmes de chênes de Garry. Des fiches d’information à l’intention des propriétaires fonciers, des intendants et gestionnaires de terres et des détenteurs de baux, spécifiques au secteur, décrivant les menaces applicables à ce secteur et les mesures de gestion visant à atténuer ces menaces, ont été préparées d’ici 2021. Toutes Bénéfique
Accroître la sensibilisation à la sous-espèce oregonia 5 Intendance des terres privées et protection de l’habitat Informer les entreprises régionales de l’industrie forestière de la présence de la sous-espèce oregonia pour réduire les effets des menaces potentielles. Des fiches d’information à l’intention des propriétaires fonciers, des intendants et gestionnaires de terres et des détenteurs de baux, spécifiques au secteur, décrivant les menaces applicables à ce secteur et les mesures de gestion visant à atténuer ces menaces, ont été préparées d’ici 2021. Toutes Bénéfique
Accroître la sensibilisation à la sous-espèce oregonia 5 Intendance des terres privées et protection de l’habitat

Fournir de l’information aux organisations régionales de conservation sur la sous-espèce oregonia et intégrer l’espèce dans la planification de la biodiversité et les mesures de mobilisation actuellement menées par ces organisations.

Ces organisations comprennent de nombreux partenaires de l’équipe de rétablissement du chêne de Garry et des écosystèmes connexes, BC Nature, The Nature Trust, Conservation de la nature, le South Coast Conservation Program, ainsi que d’autres organisations locales.

La stratégie de sensibilisation pour la sous-espèce oregonia

a été élaborée d’ici 2021.

Toutes Bénéfique
Accroître la sensibilisation à la sous-espèce oregonia 5 Intendance des terres privées et protection de l’habitat Mobiliser les groupes locaux d’intendance et de conservation, tels que ceux énumérés ci-dessus, par l’élaboration et la mise en œuvre d’un atelier d’éducation et de sensibilisation du public spécifiques à la sous-espèce oregonia et à d’autres espèces de papillons diurnes et nocturnes en péril. Le matériel d’éducation du public et les ateliers à l’intention des propriétaires fonciers, des groupes d’intendance et des personnes intéressées par la conservation des habitats ont été élaborés et donnés d’ici 2021. Toutes Bénéfique
Accroître la sensibilisation à la sous-espèce oregonia 5 Intendance des terres privées et protection de l’habitat Déterminer les espèces cooccurrentes en péril dans les mêmes habitats que la sous-espèce oregonia et les mesures de rétablissement similaires qui peuvent être prises pour toutes les espèces.

L’inventaire et la liste des espèces en péril cooccurrentes dans les mêmes habitats que la sous-espèce oregonia ont été achevés d’ici 2021.

Intégrer des mesures ciblant la sous-espèce oregonia dans d’autres documents, approches et plans d’action de rétablissement fondés sur les écosystèmes (en cours).

Toutes Bénéfique

a Les numéros des menaces sont ceux de la classification de l’IUCN-CMP (voir le tableau 3 de la partie 2 pour les détails).

b Essentielle = urgente et importante, la mesure doit être prise immédiatement; nécessaire = mesure importante, mais non urgente qui peut être prise dans les deux à cinq prochaines années; bénéfique = la mesure est bénéfique ou peut être prise à tout moment convenable.

7. Habitat de survie et de rétablissement de l’espèce

L’habitat de survie et de rétablissement est défini comme l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce. Il s’agit de la zone où l’espèce est naturellement présente ou dont elle dépend, directement ou indirectement, pour accomplir les processus de son cycle vital, ou encore de la zone que l’espèce occupait auparavant et où elle pourrait être réintroduite.

7.1 Description biophysique de l’habitat de survie et de rétablissement de l’espèce

Une description des éléments biophysiques et caractéristiques connus de l’habitat de l’espèce nécessaires pour soutenir les processus (fonctions) du cycle vital est présentée à la section 3.3 et au tableau 2 de la partie 2. Il faut réaliser des travaux supplémentaires pour combler les lacunes dans les connaissances sur l’habitat. Ces lacunes dans les connaissances sont résumées au tableau 5 de la partie 2.

7.2 Description spatiale de l’habitat de survie et de rétablissement de l’espèce

La superficie d’habitat de survie et de rétablissement dont une espèce a besoin dépend de la quantité d’habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement. Le présent document ne comporte aucune carte de l’habitat de survie/rétablissement, mais il est recommandé de fournir une description spatiale des emplacements de cet habitat, de manière à rendre possible l’atténuation des menaces pesant sur l’habitat et à faciliter la mise en œuvre des mesures visant l’atteinte des objectifs de rétablissement (population et répartition).

8. Mesure des progrès

Les mesures de rendement vers l’atteinte de chacun des quatre objectifs de rétablissement ont été intégrées au tableau de planification du rétablissement, à la section 6.2 (tableau 5 de la partie 2). On examinera le plan de gestion dans 10 ans afin d’évaluer les progrès réalisés et de déterminer si d’autres approches ou des changements sont nécessaires pour assurer la survie des espèces.

L’indicateur de rendement présenté ci-après permettra d’évaluer les progrès accomplis vers l’atteinte du but du rétablissement (population et répartition).

9. Effets sur les espèces non ciblées

Outre la sous-espèce oregonia, de nombreuses autres espèces en péril inscrites sur les listes fédérales et provinciales sont présentes dans des habitats similaires, selon la localité (B.C. Conservation Data Centre, 2016). Les mesures de conservation de l’hespérie profiteront surtout aux plantes et aux autres invertébrés. Par exemple, à la flèche Cordova (population B), une liste des espèces cooccurrentes a été établie dans le cadre de la Cordova Shore Conservation Strategy (voir Page, 2010, pour des espèces supplémentaires). Le tableau 6 de la partie 2 présente les plantes et arthropodes présents dans le même habitat à la flèche Cordova.

Tableau 6 de la partie 2. Espèces de plantes et d’arthropodes présentes dans le même habitat que la sous-espèce oregonia à la flèche Cordova
Catégorie Nom commun Nom scientifique Liste provincialea/coteb Statut fédéral
Végétaux Abronie à feuilles larges Abronia latifolia Bleue/S3 Non évalué
Végétaux Onagre à fruits tordus Camissonia contorta Rouge/S1 En voie de disparition
Végétaux Liseron des dunes Calystegia soldanella Rouge/S2 Non évalué
Végétaux Gléhnie à fruits lisses Glehnia littoralis ssp. leiocarpa Bleue/S3 Non évalué
Végétaux Jaumée charnue Jaumea carnosa Bleue/S2S3 Non évalué
Végétaux Gesse littorale Lathyrus littoralis Rouge/S2 En voie de disparition
Végétaux Renouée paronyque Polygonum paronychia Bleue/S3 Non évalué
Végétaux Tritéléia à grandes fleurs Triteleia howellii Rouge/S1 En voie de disparition
Arthropodes Noctuelle d’Edwards Anarta edwardsii Rouge/S1 En voie de disparition
Arthropodes Noctuelle de l’abronie Copablepharon fuscum Rouge/S1 En voie de disparition
Arthropodes - Coenonympha california insulana Rouge/S1 Non évalué
Arthropodes Gnaphose de Snohomish Gnaphosa snohomish Non évalué Préoccupante

a Source : CB.C. Conservation Data Centre, 2016. Rouge - comprend toutes les espèces ou sous-espèces indigènes qui ont, ou qui pourraient avoir, le statut d’espèce disparue, en voie de disparition ou menacée en Colombie-Britannique. Bleue – comprend les espèces ou écosystèmes préoccupants.

b Source : CB.C. Conservation Data Centre, 2016. S – rangs infranationaux (provinciaux) attribués et mis à jour par le Conservation Data Centre; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, vulnérable à la disparition du territoire ou de la planète;

c Source : Manitoba Cattle Enhancement Council, 2017.

De plus, au moins 10 espèces d’oiseaux en péril sont présentes à la flèche Cordova (Page, 2010). De telles listes d’espèces doivent être préparées pour les autres sites abritant la sous‑espèce oregonia.

La protection de l’habitat de la sous-espèce oregonia profitera à certaines de ces espèces, bien que toutes les espèces en péril n’aient pas été spécifiquement identifiées dans les habitats des populations existantes (lacune dans les connaissances). Les activités de planification du rétablissement de la sous-espèce oregonia seront mises en œuvre de façon à tenir compte de toutes les espèces en péril cooccurrentes et, ainsi, à éviter les impacts négatifs sur ces espèces ou leur habitat. Les stratégies de conservation sont cohérentes avec les travaux de l’équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry et le South Coast Conservation Program.

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Communications personnelles

Copley, C., Senior Collections Manager, Entomology, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique)

Costanzo, B., Senior Vegetation Specialist, B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, Victoria (Colombie-Britannique)

Gelling, L., Conservation Data Centre, B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, Victoria (Colombie-Britannique)

Guppy, C., Lepidopterist, Whitehorse (Yukon)

Heron, J., Invertebrate Specialist, B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, Victoria (Colombie-Britannique)

Schmidt, C. Lépidoptériste. Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes, Ottawa (Ontario)

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2025-06-20