Limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) : Programme de rétablissement [proposition] 2025

Titre officiel : Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) au Canada

Propositon

2025

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP

Limace à manteau de la Caroline
Limace à manteau de la Caroline
Information sur le document

Référence recommandée

Environnement et Changement climatique Canada. 2025. Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 3 parties, 42 p. + v + 41 p. + 9 p.

Version officielle

La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

Version non officielle

La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en périlNote de bas de page 1.

Illustration de la couverture : Limace à manteau de la Caroline (photo : A. Nicolai)

Also available in English under the title:
“Recovery Strategy for the Carolina Mantleslug (Philomycus carolinianus) in Canada [Proposed]”

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, 2025. Tous droits réservés.
ISBN
No de catalogue

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, sous réserve de la mention de la source.

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada.

Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement du Canada adpote le Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario (partie 2) et le document intitulé Limace à manteau de la Caroline − Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada a inclus une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Le programme de rétablissement fédéral de la limace à manteau de la Caroline au Canada est composé des trois parties suivantes :

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.

Partie 2 – Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario, préparé par R. J. Pivar, A. Nicolai et J. Linton (2023) pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Partie 3 – Limace à manteau de la Caroline – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

Dans le cadre de l’Espèces en péril: la loi, l'accord et les programmes de financementNote de bas de page 2, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au CanadaNote de bas de page 3. Aux termes de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29)Note de bas de page 4 (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la limace à manteau de la Caroline et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec toutes les autorités responsables, les conseils de gestion des ressources fauniques, les organisations autochtones et toute autre personne ou organisation concernés, conformément au paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre compétent à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline ci-joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada. La Province de l’Ontario a également dirigé l’élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l’Ontario au programme de rétablissement provincial au titre de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition avant sa modification le 5 juin 2025; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l’Ontario entend prendre et soutenir. Comme la Déclaration du gouvernement a été élaborée avant les modifications législatives du 5 juin 2025, elle peut contenir des références obsolètes à des concepts issus de la loi précédente qui font en sorte que certains éléments ne sont plus pertinents dans le cadre de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition modifiée.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les membres du public sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de l’espèce et de l’ensemble de la société.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action, qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement devant être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant le rétablissement et/ou la survie de l’espèce. Il fournit à toutes les personnes vivant au Canada de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce, notamment la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Lorsqu’elles sont accessibles, les données spatiales sur l’habitat essentiel se trouvent dans l’Ensemble de données nationales sur l’habitat essentiel des espèces en périlNote de bas de page 5.

Lorsque de l’habitat essentiel est désigné, que ce soit dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP fournit un cadre juridique qui permet de protéger cet habitat essentiel.

Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone de protection fédérale décrite au paragraphe 58(2) de la LEP soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après la mise dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action ayant désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel énoncée au paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l’habitat essentiel sur le territoire domanial qui ne constitue pas une zone de protection fédérale aux termes du paragraphe 58(2) de la LEP, le ministre compétent doit prendre un arrêté appliquant l’interdiction de destruction de l’habitat essentiel prévue au paragraphe 58(1), si celui-ci n’est pas déjà protégé légalement par une disposition de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou une mesure prise sous leur régime. Si le ministre compétent ne prend pas l’arrêté, une déclaration doit être incluse dans le Registre public des espèces en péril pour énoncer comment l’habitat essentiel ou les parties de celui-ci sont protégés légalement sur ce territoire domanial.

En ce qui concerne tout élément ou toute partie de l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fédérale, ou par une mesure prise sous leur régime, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret pour appliquer l’interdiction de détruire l’habitat essentiel prévue au paragraphe 61(1). La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant hors du territoire domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

La présente addition fédérale a été préparée par Elisabeth Shapiro et Nora Spencer (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune [ECCC-SCF] – Région de l’Ontario), d’après la version provisoire rédigée par Robert J. Pivar (Natural Resource Solutions Inc.), Jessica Linton (Natural Resource Solutions Inc.) et Annegret Nicolai (Living Lab CLEF/Université de Rennes-1). Le programme de rétablissement a fait l’objet de commentaires, d’un examen et de suggestions utiles de la part des personnes et organisations suivantes : Marie‑Claude Archambault, Karolyne Pickett et Krista Holmes (ECCC-SCF – Région de l’Ontario); Amber Lavictoire et Iona Kearns (ECCC-SCF – Administration centrale [AC]) et le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Des remerciements sont adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires utilisés pour éclairer l’élaboration du programme de rétablissement.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario (partie 2 du présent document, ci-après appelé « programme de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des renseignements à jour ou additionnels.

Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) adopte le programme de rétablissement provincial (partie 2), à l’exception de la section 2.0 (Rétablissement). En remplacement de la section 2.0, ECCC a établi un objectif en matière de population et de répartition et des indicateurs de rendement, et adopte les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l’Ontario qui sont énoncées dans le document intitulé Limace à manteau de la Caroline − Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) comme stratégies et approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition.

Le 5 juin 2025, la Province de l’Ontario a adopté le projet de loi 5, Loi de 2025 pour protéger l’Ontario en libérant son économie, laquelle comprend des modifications à Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) qui sont maintenant en vigueur. Puisque le programme de rétablissement provincial et la déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement ont été élaborés avant les modifications législatives du 5 juin 2025, il est possible que ces documents comportent des références désuètes à des concepts législatifs de la précédente loi, de telle sorte que certains aspects ne sont plus pertinents pour l’application des nouvelles dispositions de la LEVD. La LEVD modifiée protège toujours les espèces en péril de l’Ontario ainsi que leur habitat.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D’après les critères suivants qu’Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, décrits dans la Politique relative au rétablissement et à la survie des espèces en périlNote de bas de page 6, le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

1. Caractéristiques de survie : Peut-on agir sur les caractéristiques de survieNote de bas de page 7 de sorte à réduire le risque de disparition de l’espèce du pays ou de la planète par suite de l’activité humaine?

Oui. Des mesures doivent être prises à l’égard de deux caractéristiques de survie de la limace à manteau de la Caroline pour que le risque de disparition par suite de l’activité humaine soit réduit : la redondanceNote de bas de page 8 et la connectivitéNote de bas de page 9. La redondance de la limace à manteau de la Caroline est compromise en raison de sa répartition restreinte et des déclins prévus de la qualité et de l’étendue de son habitat. Une première mesure à prendre à l’égard de cette caractéristique est de mettre fin au déclin de la qualité et de l’étendue de l’habitat dans les sous-populations existantes. La mise en œuvre d’activités d’amélioration de l’habitat permettra d’accroître la disponibilité et la qualité des parcelles d’habitat utilisées par l’espèce pour s’abriter, se reproduire et s’alimenter, et pourrait également contribuer à réduire les menaces, notamment les effets des changements climatiques. Les activités visant à améliorer la qualité de l’habitat peuvent comprendre des mesures à l’échelle du site pour lutter contre les espèces végétales et animales envahissantes et créer une couverture végétale indigène. D’autres mesures visant à améliorer la qualité du microhabitat de la limace à manteau de la Caroline pourraient consister à garantir la disponibilité de débris ligneux au sol, d’écorce et de litière de feuilles pour répondre aux besoins liés à l’hibernation et à l’estivation (c’est-à-dire dormance pendant les périodes chaudes ou sèches).

La deuxième caractéristique essentielle à la survie qui doit être visée par des mesures est la connectivité. À l’échelle de la sous-population, la connectivité pour cette espèce fait référence au déplacement des individus entre les parcelles d’habitat qui soutiennent différentes fonctions du cycle vital ainsi qu’à la dispersion entre les sous-populations existantes, qui permet le flux génique, et vers des parcelles d’habitat inoccupées, qui permet de coloniser de nouvelles zones. Ces déplacements consistent notamment à rechercher des milieux présentant les conditions d’humidité et de température essentielles pour assurer la protection des individus pendant les périodes de dormance (par exemple en cas de sécheresse et en hiver), la reproduction et la recherche de sites d’alimentation appropriés (par exemple divers débris ligneux en décomposition recouverts de champignons et de lichens). Ces événements de dispersion sont nécessaires à la persistance à long terme de l’espèce. Les mesures prises à l’égard de la connectivité visent à faciliter la dispersion, notamment par des techniques connues telles que la création d’éléments semi-naturels formant des corridors dans le paysage, comme les haies (Maudsley, 2000) et les petits bosquets (Suominen et al., 2003), l’augmentation des débris ligneux au sol (Caldwell, 1993) et la création d’éléments artificiels formant des corridors qui permettent de surmonter les obstacles, comme les passages sous les routes dans les sites où une route divise d’importantes parcelles d’habitat. En effet, les escargots ont tendance à ne pas traverser les routes (COSSARO, 2020). Des passages sous les routes ont été mentionnés dans le programme de rétablissement de l’hélix de Corse (Helix ceratina), espèce en voie de disparition (Charrier et al., 2013), et devraient être envisagés comme mesure de conservation des escargots et des limaces au Canada.

2. Indépendance : L’espèce est-elle actuellement en mesure de persister au Canada sans interventions humaines volontaires et/ou sera-t-elle en mesure d’atteindre et de maintenir son indépendance dans l’état où la condition 1 est respectée (c.‑à‑d. après que les principales caractéristiques de survie ont été prises en charge), de manière à ne pas dépendre d’une intervention humaine majeure, directe et continue?

Oui. La limace à manteau de la Caroline persiste actuellement au Canada indépendamment de toute intervention humaine volontaire. Comme d’autres gastéropodes terrestres indigènes, la limace à manteau de la Caroline a une capacité de dispersion limitée, ce qui la rend vulnérable aux menaces localisées (COSSARO, 2020). Afin de répondre aux caractéristiques essentielles de survie que sont la redondance et la connectivité mentionnées ci-dessus, il faut continuer à assurer l’intendance de l’habitat et l’atténuation des menaces. Ces mesures sont considérées comme des activités de gestion indirecte de l’habitat, puisqu’elles ne nécessitent pas de manipulation directe des individus de l’espèce.

3. Amélioration : La condition de l’espèce peut-elle être améliorée par rapport au moment où elle a été évaluée comme étant en péril?

Oui. La limace à manteau de la Caroline sera probablement toujours une espèce en péril au Canada, puisqu’elle se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale. Le déclin de la qualité et de l’étendue de l’habitat peut être freiné par des mesures de gestion de l’habitat et d’atténuation. Les menaces directes qui pèsent sur l’espèce sont les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents (températures extrêmes, sécheresses et inondations), les incendies et la suppression des incendies ainsi que les modifications des écosystèmes causées par des espèces envahissantes. On ignore si le déclin continu prévu de l’étendue et de la qualité de l’habitat attribuable aux changements climatiques est réversible, mais la gestion de l’habitat peut contribuer à en atténuer les effets. La situation actuelle de l’espèce peut être améliorée si ces déclins continus sont arrêtés, notamment par la mise en œuvre des activités ciblées de gestion de l’habitat (mesures de rétablissement) décrites dans la Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) et par la protection de l’habitat essentiel décrit à la section 7 de la présente addition fédérale. Les caractéristiques de survie (c’est-à-dire la redondance et la connectivité) de l’espèce devraient pouvoir être améliorées grâce à la collaboration avec le gouvernement provincial, les municipalités, les communautés et les organisations autochtones, les propriétaires fonciers privés et les organismes de conservation de la nature.

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*

Date de l’évaluation : Novembre 2019

Nom commun (population) : Limace à manteau de la Caroline

Nom scientifique : Philomycus carolinianus

Statut selon le COSEPAC : Menacée

Justification de la désignation : Au Canada, cette grande limace terrestre habite des forêts anciennes non perturbées et des zones riveraines de la région de la forêt carolinienne de l’Ontario, où elle se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale. Les premières mentions fiables (1994, 1995) proviennent de deux sites sur la partie continentale du sud-ouest de l’Ontario et de l’île Pelée. De récentes recherches n’ont permis de confirmer l’existence que d’un petit nombre de sites additionnels au sein de cette petite aire de répartition. L’habitat convenable au Canada a connu une perte et une dégradation historiques, et la fragmentation continue de l’habitat est problématique car cette espèce a une faible capacité de dispersion. L’espèce est menacée par les changements climatiques (températures extrêmes, sécheresses et inondations), les brûlages dirigés et les espèces envahissantes.

Présence au Canada : Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en novembre 2019.

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

2. Information sur la situation de l’espèce

La limace à manteau de la Caroline est présente au Canada et aux États-Unis. La population canadienne se trouve uniquement dans la zone carolinienne du sud-ouest de l’Ontario, à la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale (COSEWIC, 2019), et ne représente probablement que 5 % de l’effectif mondial de l’espèce (A. Nicolai, comm. pers.). À l’échelle mondiale, la limace à manteau de la Caroline est classée en sécurité (G5) depuis le dernier réexamen de son statut en 2002 (NatureServe, 2023). À l’échelle nationale, l’espèce est classée gravement en péril/en péril (N1N2) au Canada et en sécurité (N5) aux États-Unis. À l’échelle infranationale, la limace à manteau de la Caroline est gravement en péril/en péril (S1S2) en Ontario. Les cotes infranationales pour l’espèce aux États-Unis sont indiquées à l’annexe B.

3. Information sur l’espèce

3.1 Population et répartition de l’espèce

La limite septentrionale de l’aire de répartition de la limace à manteau de la Caroline traverse le sud de l’Ontario, le Michigan et le Vermont. Aux États-Unis, la répartition est‑ouest s’étend depuis le Maine jusqu’au Minnesota dans le nord et depuis la Floride jusqu’au Texas dans le sud (COSEWIC, 2019).

Dans le passé, au Canada, la limace à manteau de la Caroline a été observée dans le sud-ouest de l’Ontario (Leamington) et sur un terrain de camping municipal de l’île Pelée. L’aire de répartition actuelle de l’espèce en Ontario comprend au moins sept sous-populations connues : la réserve naturelle provinciale Fish Point, l’alvar du chemin Stone, la propriété Richard et Beryl Ivey et Winery Woods, le parc provincial Wheatley, Grape Fern Woods, le parc provincial Rondeau et Sinclair’s Bush (COSEWIC, 2019). De plus amples renseignements sur les sous-populations sont présentés à la figure 1 et au tableau 1.

Voir les sections 1.2, 1.3 et 1.4 du programme de rétablissement provincial pour obtenir plus de renseignements sur la description de l’espèce, sa population, sa répartition et ses besoins.

Figure 1. Veuillez lire la description longue.

Figure 1. Sous-populations de la limace à manteau de la Caroline au Canada.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Description longue

Figure 1. Cette figure montre l’emplacement des sous‑populations de la limace à manteau de la Caroline sur une carte du sud‑ouest de l’Ontario, entre le lac Sainte‑Claire et le lac Érié, depuis Windsor jusqu’au nord de Chatham‑Kent. La carte affiche huit sous‑populations : sept d’entre elles représentent des sous‑populations existantes et une représente une sous‑population historique. Parmi les sous‑populations existantes, trois se trouvent dans la partie sud de l’île Pelée. Une sous‑population historique et une sous‑population existante se trouvent juste au nord de la pointe Pelée, tandis que deux sous‑populations existantes se trouvent près de la rive du lac Érié, au sud‑est de Chatham‑Kent. La dernière sous‑population existante se trouve dans le coin nord‑est de la carte.

Tableau 1. État des sous-populations de la limace à manteau de la Caroline au Canada
No de la sous-population Nom de la sous-population État de la sous-populationNote de bas de page 10 Nom du site Dernière observation (CIPN) Statut du site selon le COSEPAC/ CIPN Statut du site Commentaires
1 Grape Fern Woods Existante Sans objet 2017 Existant Existant Sans objet
2 Leamington (White Oak Woods) Existante Sans objet 1994 Incertain Historique Aucun accès. Terres privées.
3 Île Pelée – réserve naturelle provinciale Fish Point Existante Sans objet 2018 Existant Existant Sans objet
4 Île Pelée – propriété Richard et Beryl Ivey et Winery Woods Existante Sans objet 2017 Existant Existant Sans objet
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Alvar du chemin Stone, Ontario Nature 2018 Existant Existant Sans objet
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Propriété Porchuk, CNC 2017 Existant Existant Sans objet
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Krestel, CNC 2017 Existant Existant D’après le rapport du COSEPAC, les observations sur ce site remontent à 2018.
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Shaugnessy, CNC 2017 Existant Existant Sans objet
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Alvar du chemin Stone, ERCA 2017 Existant Existant Sans objet
5 Île Pelée – alvar du chemin Stone Existante Terrain de camping municipal 1995 Incertain Historique Aucun accès. Terres privées.
6 Parc provincial Rondeau Existante Sans objet 2019 Existant Existant Sans objet
7 Sinclair’s Bush Existante Sans objet 2006 Existant Existant Aucune observation en 2013 et en 2019, mais il y a de l’habitat disponible.
8 Parc provincial Wheatley Existante Sans objet 2017 Existant Existant Sans objet

4. Menaces

4.1 Évaluation des menaces

L’évaluation des menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature–Partenariat pour les mesures de conservation) (Salafsky et al., 2008). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifsNote de bas de page 11. Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section Description des menaces (section 4.2) et le programme de rétablissement provincial (partie 2, section 1.6).

Tableau 2. Évaluation du calculateur de menaces (fondé sur la version 2.0 de la classification des menaces de l’UICN-CMP)
Menacea Description de la menace Impactb Portéec Gravitéd Immédiatetée
4 Corridors de transport et de service Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
4.1 Routes et voies ferrées Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
5 Utilisation des ressources biologiques Négligeable Grande Négligeable Élevée
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres Négligeable Sans objet Sans objet Sans objet
5.2 Cueillette de plantes terrestres Négligeable Grande Négligeable Élevée
6 Intrusions et perturbations humaines Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
6.1 Activités récréatives Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
6.3 Travail et autres activités Négligeable Négligeable Négligeable Élevée
7 Modifications des systèmes naturels Faible Restreinte Modérée Élevée
7.1 Incendies et suppression des incendies Faible Restreinte Modérée Élevée
7.3 Autres modifications de l’écosystème Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Négligeable Généralisée Négligeable Élevée
8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes Négligeable Généralisée Négligeable Élevée
9 Pollution Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines Négligeable Négligeable Extrême Élevée
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Inconnu Généralisée Inconnue Élevée
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents Élevé-faible Grande Élevée-légère Élevée
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Inconnu Restreinte Inconnue Élevée
11.2 Sécheresses Faible Généralisée Légère Élevée
11.3 Températures extrêmes Moyen Généralisée Modérée Élevée
11.4 Tempêtes et inondations Élevé-faible Grande Élevée-légère Élevée

a Les menaces sont numérotées selon le système de classification de l’UICN. Seules les menaces qui sont pertinentes à l’espèce sont présentées dans le tableau et la section 4.2 Description des menaces.

b Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (par exemple lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (par exemple l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

c Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71 à 100 %; grande = 31 à 70 %; restreinte = 11 à 30 %; petite = 1 à 10 %; négligeable < 1 %).

c Gravité -Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71 à 100 %; élevée = 31 à 70 %; modérée = 11 à 30 %; légère = 1 à 10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

e Immédiateté - Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme [> 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

L’impact global des menaces pesant sur cette espèce est élevé-faibleNote de bas de page 12 et tient compte des impacts cumulatifs de multiples menaces au Canada. Les menaces sont énumérées dans l’ordre où elles apparaissent dans le tableau de classification des menaces (tableau 2). La portée, la gravité et/ou l’impact de nombreuses menaces possibles sont inconnus, ce qui est normal étant donné les lacunes dans les connaissances relatives à cette espèce.

Les principales menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline sont les tempêtes et les inondations (menace 11.4), les températures extrêmes (menace 11.3), les sécheresses (menace 11.2) et les incendies et la suppression des incendies (menace 7.1) (COSEWIC, 2019). Les menaces considérées comme « négligeable » ou « pas une menace » par le COSEPAC ne sont pas prises en compte, à l’exception de la menace que posent les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (menace 8.1).

Menace 7 de l’UICN-CMP – Modifications des systèmes naturels (impact faible)
Menace 7.1 : Incendies et suppression des incendies (impact faible)

Les incendies peuvent modifier ou détruire les microhabitats dont dépendent les invertébrés comme les limaces et les escargots. Les brûlages dirigés sont utilisés pour gérer les milieux ouverts sur l’île Pelée et sont présentés ici pour tenir compte du risque que le feu se propage dans les forêts abritant la limace à manteau de la Caroline. Les données de surveillance révèlent que les brûlages dirigés entraînent la mort de certains escargots, mais ces résultats ne s’appliquent pas directement à la limace à manteau de la Caroline (Nicolai, données inédites).

Voir la section 1.6 (Brûlages dirigés) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 7.3 : Autres modifications de l’écosystème (impact inconnu)

La limace à manteau de la Caroline peut être perturbée par les modifications de l’habitat causées par des espèces végétales envahissantes. Ces espèces peuvent empêcher l’établissement des plantes indigènes, supplanter les espèces végétales indigènes, modifier les cycles des nutriments du sol et nuire aux activités de remise en état (Berger et al., 2004; Vidra et al., 2007; Boutin et al., 2011; Stoll et al., 2012; Catling et al., 2015). Dans certains cas, les plantes envahissantes peuvent entraîner une diminution des effectifs des escargots en voie de disparition (Stoll et al., 2012), par exemple si les espèces exotiques supplantent les sources de nourriture indigènes des escargots. Cependant, des données indiquent également que les effectifs et la diversité des gastéropodes augmentent dans les forêts envahies par l’impatiente glanduleuse (Impatiens glandulifera) (Ruckli et al., 2013). Ces données ont été confirmées par d’autres études qui indiquent que, si les plantes introduites servent de nouvelle source de nourriture, elles peuvent avoir un effet positif sur la diversité des escargots (Utz et al., 2018). À l’heure actuelle, l’impact des espèces végétales envahissantes sur la limace à manteau de la Caroline est inconnu.

Bien qu’il n’existe pas de preuves directes des effets des lombrics non indigènes sur les escargots et les limaces terrestres, on suppose qu’ils pourraient avoir un effet indirect sur l’habitat des escargots et des limaces, et il est nécessaire d’obtenir des renseignements supplémentaires à ce sujet. Les lombrics exotiques ont probablement été introduits en Amérique du Nord entre le 16e et le 19e siècle et ont une incidence sur l’habitat du sol forestier, car ils réduisent ou éliminent la litière de feuilles et modifient la chimie du sol (CABI, 2016).

Voir la section 1.6 (Espèces envahissantes) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 8 de l’UICN-CMP – Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact négligeable)
Menace 8.1 : Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (impact négligeable)

La menace que représentent les espèces envahissantes est jugée négligeable par le COSEPAC, mais elle est considérée comme une menace potentielle pour la limace à manteau de la Caroline dans le programme de rétablissement provincial (COSEWIC, 2019; Pivar et al., 2023). Des gastéropodes exotiques sont présents dans l’ensemble du sud-ouest de l’Ontario, y compris sur certaines îles du lac Érié. Les effets directs possibles sur la limace à manteau de la Caroline peuvent être liés, entre autres, aux attaques (Kimura et Chiba, 2010), à une baisse du succès reproductif (Rollo, 1983), aux effets de densité et à la compétition (Baur et Baur, 1990; COSEWIC, 2019).

Voir la section 1.6 (Espèces envahissantes) du programme de rétablissement provincial (partie 2) pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 9 de l’UICN-CMP – Pollution (impact inconnu)
Menace 9.3 : Effluents agricoles et sylvicoles (impact inconnu)

Les effets des pesticides sur la limace à manteau de la Caroline sont inconnus, mais des terres agricoles sont adjacentes à des zones boisées sur l’île Pelée et à Grape Fern Woods, ce qui peut exposer les limaces à la dérive des pesticides (COSEWIC, 2019). Les insecticides couramment utilisés, notamment les néonicotinoïdes, n’ont pas d’effet connu sur la limace grise (Deroceras reticulatum), un ravageur agricole, bien que les insectes qui s’en nourrissent subissent des effets négatifs (Douglas et Tooker, 2015). Il a été démontré que l’utilisation d’herbicides a un effet sur la reproduction des escargots terrestres (Druart et al., 2011), mais on ignore si ces résultats s’appliquent aux limaces.

L’utilisation d’herbicides agricoles courants (par exemple le glyphosate et le triclopyr) réduit l’abondance des lichens, mais la réponse à ces produits dépend fortement de l’espèce (McMullin et al., 2012); aucun effet sur la composition de la communauté fongique n’a été observé en réponse à l’utilisation à court terme de glyphosate lors d’une étude menée en Australie (Bottrill et al., 2020). Compte tenu des incertitudes concernant les préférences alimentaires de la limace à manteau de la Caroline, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les effets de cette menace potentielle sur la qualité de l’habitat. D’autres recherches doivent être menées pour déterminer les effets des pesticides sur la limace à manteau de la Caroline.

Voir la section 1.6 (Pollution) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 11 de l’UICN-CMP – Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact élevé-faible)
Menace 11.1 : Déplacement et altération de l’habitat (impact inconnu)

Les taux d’érosion de la rive nord du lac Érié augmentent en raison des changements climatiques (Zuzek, 2020), ce qui pourrait avoir des effets sur plusieurs sous-populations de la limace à manteau de la Caroline. Sur l’île Pelée, la sous-population de la réserve naturelle provinciale Fish Point vit dans une forêt humide près de la rive est (COSEWIC, 2019). Entre 2013 et 2017, la partie sud de la réserve naturelle a été touchée par des inondations et la perte d’arbres causées par l’érosion (COSEWIC, 2018); le milieu forestier de l’extrémité sud de la pointe Fish a été détruit par les tempêtes hivernales de 2018-2019 (COSEWIC, 2019). Les taux d’érosion ont augmenté en raison du niveau élevé du lac et des tempêtes intenses, et cette perte accélérée d’habitat pourrait se poursuivre à l’avenir (COSEWIC, 2019).

L’érosion peut également toucher les sous-populations de limaces dans les régions continentales. L’érosion continue des milieux marécageux du parc provincial Rondeau pourrait faire monter le niveau de l’eau dans les habitats forestiers convenables (COSEWIC, 2019). Dans le parc provincial Wheatley, on observe également une érosion rapide des rives (Ontario Parks, 1988; Zuzek, 2020). Les effets de ces changements sur les communautés de gastéropodes à l’avenir sont actuellement inconnus, mais ce type de perte d’habitat doit faire l’objet d’un suivi, car il peut constituer une menace ou un obstacle au rétablissement (COSEWIC, 2019).

Voir la section 1.6 (Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 11.2 : Sécheresses (impact faible); menace 11.3 : Températures extrêmes (impact moyen)

Bien qu’aucune information ne soit disponible en ce qui concerne les limaces, des données laissent penser que les escargots pourraient être vulnérables à la hausse des températures associée à l’augmentation des épisodes de sécheresse (Pearce et Paustian, 2013); deux phénomènes qui devraient se produire dans le sud-ouest de l’Ontario (Varrin et al., 2007). Ces changements sont susceptibles de coïncider avec d’autres phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les températures extrêmes (Varrin et al., 2007). Le gel printanier peut également constituer une menace (Augspurger, 2013). De manière générale, la sécheresse et les températures élevées peuvent amener les escargots à des limites physiologiques critiques, ce qui augmente le risque de dessiccation (c’est-à-dire perte d’humidité jusqu’à l’assèchement) et de mortalité. Les escargots ont développé des stratégies pour résister aux périodes de sécheresse, mais ces stratégies ont souvent un coût énergétique élevé, lequel est augmenté par la capacité limitée à s’alimenter et à se reproduire pendant ces épisodes (Nicolai et Ansart, 2017). Par rapport à d’autres espèces, la limace à manteau de la Caroline a une tolérance élevée à la dessiccation et affiche des comportements associés à de faibles taux de perte d’eau chez d’autres espèces de limaces (Cook, 1981). Cette résistance apparente à la sécheresse pourrait permettre à l’espèce de survivre pendant les périodes de sécheresse.

Voir la section 1.6 (Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

Menace 11.4 : Tempêtes et inondations (impact élevé-faible)

Même si la limace à manteau de la Caroline n’est présente que dans les forêts humides, les inondations en hiver et au printemps, lorsque les limaces sont inactives (par exemple hibernation), peuvent accroître la mortalité des individus (COSEWIC, 2019). L’érosion attribuable aux changements climatiques pourrait entraîner une augmentation des taux d’inondation hivernale le long des rives du lac Érié (Zuzek, 2020). Cette menace pourrait avoir des effets sur les sous-populations de l’espèce qui vivent dans les forêts humides inondées de façon saisonnière (par exemple l’île Pelée, Grape Fern Woods) (MNR, 2005; NCC, 2008).

Voir la section 1.6 (Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents) du programme de rétablissement provincial pour une analyse détaillée de cette menace.

5. Objectif en matière de population et de répartition

Aux termes de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l’espèce. Conformément à l’objectif du gouvernement provincial en matière de rétablissement de l’espèce énoncé dans la Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3), l’objectif en matière de population et de répartition d’Environnement et Changement climatique Canada pour la limace à manteau de la Caroline est de réduire le risque de disparition du pays de l’espèce par les moyens suivants :

Le COSEPAC a évalué la limace à manteau de la Caroline et l’a désignée comme espèce menacée en raison de sa faible répartition (par exemple zone d’occurrenceNote de bas de page 13 et indice de zone d’occupation [IZO]Note de bas de page 14) au Canada, du déclin continu prévu de la qualité et de l’étendue de son habitat et du fait qu’elle est présente dans moins de 10 localitésNote de bas de page 15. Selon toute vraisemblance, la perte et la dégradation historiques de l’habitat ont entraîné un déclin initial de l’habitat disponible de la limace à manteau de la Caroline. Ce déclin devrait se poursuivre en raison des menaces associées aux changements climatiques (par exemple sécheresses et inondations) et des modifications de l’habitat par les espèces envahissantes.

L’approche la plus efficace pour améliorer la redondance des populations consiste à mettre fin au déclin de l’étendue et de la qualité de l’habitat de l’espèce au sein des sous-populations existantes, pour éviter que l’aire de répartition de l’espèce au Canada ne continue de diminuer. Ces mesures, combinées à des activités de remise en état des microhabitats et des paysages, permettront de garantir que l’habitat soutienne le cycle vital de l’espèce. De telles mesures nécessiteront la collaboration de partenaires (par exemple gouvernement provincial, municipalités, communautés et organisations autochtones, propriétaires fonciers privés et organisations de conservation de la nature). Parmi les éventuelles mesures concrètes, mentionnons : la remise en état et l’amélioration de parcelles d’habitat pour soutenir les processus vitaux et favoriser la dispersion (par exemple création d’éléments semi-naturels formant des corridors dans le paysage, comme les haies [Maudsley, 2000] et les petits bosquets [Suominen et al., 2003]); l’augmentation de la quantité de débris ligneux au sol (Caldwell, 1993) et d’éléments artificiels qui forment des corridors et permettent de franchir les obstacles (Charrier et al., 2013). Bien qu’il soit possible de lutter contre certaines menaces d’origine humaine et d’améliorer la situation de l’espèce, les effets à long terme associés aux changements climatiques et aux modifications des systèmes naturels restent inconnus, et il est probable que la limace à manteau de la Caroline sera toujours une espèce en péril au Canada.

6. Stratégies et approches générales pour l’atteinte de l’objectif

Les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l’Ontario qui sont énoncées dans les tableaux du document intitulé Limace à manteau de la Caroline – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) sont adoptées à titre de stratégies et d’approches générales pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. ECCC n’adopte toutefois pas les approches énoncées à la section 2.3 du Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario (partie 2).

6.1 Mesures achevées ou en cours

Aucune mesure de rétablissement propre à l’espèce n’a été mise en œuvre pour la limace à manteau de la Caroline, mais les mesures générales suivantes ont été prises pour les gastéropodes en péril :

7. Habitat essentiel

L’alinéa 41(1)c) de la LEP exige que les programmes de rétablissement incluent une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, ainsi que des exemples d’activités susceptibles d’entraîner sa destruction. Le paragraphe 2(1) de la LEP définit l’habitat essentiel comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».

La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Au titre de la LEVD, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario (Règlement de l’Ontario 230/08) comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection générale de son habitat, à moins que la protection ne soit temporairement suspendue par un arrêté du ministre. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat de l’espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection générale de l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protégerNote de bas de page 16 à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat n’a été élaboré pour la limace à manteau de la Caroline; toutefois, le programme de rétablissement provincial comporte une recommandation concernant l’aire à considérer pour l’élaboration d’un règlement sur l’habitat de l’espèce (voir partie 2, section 2.4).

L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement fédéral contribuera à atteindre l’objectif en matière de population et de répartition établi pour l’espèce visée (section 5). L’habitat essentiel désigné ici est suffisant pour atteindre l’objectif en matière de population et de répartition. Par conséquent, aucun calendrier des études n’a été élaboré. Si de l’information nouvelle ou supplémentaire devient disponible, il est possible de modifier l’habitat essentiel actuel ou de désigner de l’habitat essentiel additionnel dans une mise à jour du présent programme de rétablissement. Pour de plus amples renseignements sur la désignation de l’habitat essentiel, veuillez communiquer avec le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, à RecoveryPlanning-Planificationduretablissement@ec.gc.ca.

7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

L’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada est désigné comme étant l’étendue d’habitat qui présente les caractéristiques biophysiquesNote de bas de page 17 (voir section 7.1.2), là où elles se trouvent dans les zones décrites à la section 7.1.1, ci‑dessous. La zone renfermant l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline est présentée à l’annexe C. Les carrés du quadrillage UTM (annexe C) font partie d’un système de quadrillage normalisé qui indique la zone géographique générale dans laquelle se trouve l’habitat essentiel à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale.

7.1.1 Zones renfermant de l’habitat essentiel

Au Canada, la présence et la persistance de la limace à manteau de la Caroline dépendent probablement d’une superficie plus grande que celle occupée par les individus de l’espèce. Cette espèce a besoin d’éléments du paysage qui favorisent le maintien d’un habitat convenableNote de bas de page 18 et qui permettent aux processus de son cycle vital associés à la dynamique des populations (c’est-à-dire reproduction et dispersion) de se produire. La présence et la composition des caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable utilisé par l’espèce dans ces paysages peuvent varier dans l’espace et dans le temps, mais la fonction qu’ils fournissent doit être maintenue pour soutenir les processus biologiques liés à l’habitat et aux besoins biologiques de la limace à manteau de la Caroline.

Les zones renfermant de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline sont :

7.1.2 Caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel

Dans les zones décrites à la section 7.1.1, l’habitat essentiel est désigné lorsque les caractéristiques biophysiques suivantes sont présentes. Les caractéristiques biophysiques de l’habitat essentiel sont généralement les suivantes :

La limace à manteau de la Caroline a besoin de ces caractéristiques biophysiques générales dans des milieux humides, hétérogènes et complexes, étant donné qu’elles créent les conditions microclimatiques convenables à l’espèce.

7.2 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de celui-ci. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’une partie de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsqu’exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Les principales menaces directes qui pèsent sur l’espèce sont les changements climatiques (par exemple températures extrêmes, tempêtes et inondations, sécheresses) et les brûlages dirigés (COSEWIC, 2019). De plus, un certain nombre de menaces mal comprises peuvent également avoir une incidence sur l’espèce (par exemple autres modifications de l’écosystème, effluents agricoles et sylvicoles, déplacement et altération de l’habitat causés par les changements climatiques). Des approches prudentes doivent être adoptées pour atténuer les activités humaines lorsque les effets sont très incertains.

Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l’intérieur ou à proximité de l’habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d’en entraîner la destruction. Certaines activités qui entraînent une perturbation à court terme de l’habitat essentiel, sans que les individus ou les résidences soient touchés, peuvent, avec une gestion appropriée, contribuer à améliorer la qualité future de l’habitat (par exemple maintenir une certaine ouverture du couvert végétal grâce à des coupes sélectives d’arbres ou lutter contre l’établissement d’espèces végétales envahissantes à l’aide de pesticides). De telles mesures de gestion devraient être planifiées en tenant compte des moyens les plus efficaces pour éviter tout effet sur la limace à manteau de la Caroline.

Le tableau 3 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel des espèces; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.

Tableau 3. Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
Description de l’activité Description de l’effet, en lien avec la perte de fonction de l’habitat essentiel Détails de l’effet
Altération des processus naturels et/ou des régimes de perturbationNote de bas de page 20 à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel qui perturbent le dépôt ou l’accrétion de sable et les taux d’érosion. Les exemples comprennent notamment l’aménagement des rives et les améliorations ou les modifications des infrastructures existantes telles que les quais, les jetées, les murs ou d’autres structures favorisant le durcissement de la rive, qui auront une incidence sur l’apport de sédiments à l’habitat essentiel. L’augmentation des taux d’érosion pourrait avoir un impact sur la quantité totale d’habitat disponible.

Les changements des régimes naturels de dépôt et d’érosion dans le lac Érié entraîneront une augmentation des taux d’érosion. Cette augmentation peut entraîner la perte directe d’habitat essentiel en réduisant l’habitat convenable disponible. Elle peut également entraîner une augmentation de la fréquence des inondations, ce qui risque d’avoir une incidence sur la communauté végétale et le caractère convenable des microhabitats.

Les changements climatiques risquent d’exacerber les effets de l’érosion, car ils entraîneront des tempêtes plus violentes et une élévation du niveau du lac.

Si cette activité devait survenir, quel que soit le moment de l’année, à l’intérieur ou à proximité des limites de l’habitat essentiel, ou en dehors de celles-ci dans des zones où un effet sur le dépôt ou l’accrétion de sable est possible, il en résulterait probablement la destruction de l’habitat essentiel. Les seuils concernant cette activité sont encore inconnus pour l’instant.

Menace 11.1 (IUCN-CMP) – Déplacement et altération de l’habitat

Activités qui favorisent l’introduction de nouvelles espèces végétales envahissantes ou de lombrics, ou l’expansion de l’aire de répartition d’espèces envahissantes déjà établies. Les exemples comprennent notamment l’introduction de graines de plantes non indigènes, l’aménagement des rives ou la modification des infrastructures qui pourrait nécessiter l’utilisation d’équipement contaminé ou perturber le sol. Dégradation directe, continue ou accélérée de la qualité de l’habitat disponible pour la limace à manteau de la Caroline. Si de nouvelles espèces végétales exotiques envahissantes sont introduites, ou si les aires de répartition des espèces envahissantes existantes sont étendues, elles pourraient modifier le régime d’humidité du sous-étage et potentiellement éliminer les conditions d’humidité dont l’espèce a besoin.

Lorsque ces activités se produisent à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année, elles peuvent avoir des effets directs et/ou cumulatifs. Elles sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

Menace de l’UICN-CMP : 7.3 – Autres modifications de l’écosystème

Activités qui perturbent ou éliminent des éléments du microhabitat comme la litière de feuilles et les troncs d’arbres, qui piétinent ou compactent le sol, ou qui fragmentent de façon permanente des zones d’habitat essentiel. Les exemples comprennent notamment le brûlage, l’utilisation de vélos de montagne hors-piste et de véhicules tout-terrain dans l’habitat convenable, l’entretien des sentiers ou l’aménagement de routes ou de sentiers.

Des altérations importantes des éléments et du sol peuvent entraîner la perte de substrats convenables pour la nidification et l’estivation. La fragmentation de l’habitat convenable peut séparer de façon permanente les individus d’une sous-population et peut créer des obstacles permanents à la dispersion. Elle peut aussi créer des parcelles d’habitat essentiel qui sont trop petites pour soutenir la sous-population.

Ces activités peuvent également exacerber les effets des sécheresses et des températures extrêmes, car elles augmentent les risques d’inondation ou d’assèchement des sites existants.

Lorsque ces activités entraînent une perte permanente ou l’élimination à long terme d’éléments du microhabitat à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, quel que soit le moment de l’année, les effets peuvent être directs et/ou cumulatifs. Elles sont susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel. Lorsque des activités entraînant l’élimination ou l’altération d’éléments du microhabitat ont lieu pendant la saison d’activité (d’avril à début octobre), elles risquent d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel, et les effets peuvent être directs et/ou cumulatifs.

Menace 6.1 de l’UICN-CMP – Activités récréatives; menace 7.1 – Incendies et suppression des incendies; menace 11.1 – Déplacement et altération de l’habitat; menace 11.2 – Sécheresses; menace 11.3 – Températures extrêmes

Activités qui éliminent ou entraînent la destruction à long terme ou permanente de la végétation ou du substrat (par exemple couvert forestier) et qui entraînent des conditions d’habitat non convenables. Les exemples comprennent notamment la conversion du paysage naturel pour l’utilisation humaine (par exemple, l’agriculture, des bâtiments ou des routes) ainsi que l’enlèvement excessif du couvert arboré et/ou l’altération de la végétation de sous-étage ayant une incidence sur les éléments des microhabitats (par exemple coupe, fauchage, brûlage). Ces activités entraîneraient une perte directe d’habitat essentiel en éliminant ou en fragmentant l’habitat convenable et en modifiant les caractéristiques biophysiques dont l’espèce a besoin. Ces activités peuvent altérer les caractéristiques du microhabitat requises par l’espèce.

Si ces activités se produisent à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, à n’importe quel moment de l’année, elles entraîneront probablement sa destruction.

Menaces de l’UICN-CMP : 4.1 – Routes et voies ferrées; menace 6.3 – Travaux et autres activités; menace 7.1 – Incendies et suppression des incendies

8. Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de mesurer les progrès vers l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Cet objectif serait considéré comme atteint si les indicateurs de rendement sont atteints sur une période de 10 ans :

9. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action seront achevés d’ici 10 ans, suivant la publication finale du programme de rétablissement.

10. Références

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Annexe A : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour toutes les espèces figurant à l’annexe I de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmesNote de bas de page 21. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durableNote de bas de page 22 (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci‑dessous.

L’objectif de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline est axé sur la réduction des lacunes dans les connaissances, l’atténuation des menaces et l’amélioration de l’habitat afin de permettre la persistance et l’expansion à long terme de la population au Canada. La possibilité que la mise en œuvre du présent programme de rétablissement et l’atteinte de son objectif en matière de population et de répartition aient des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. De manière générale, les principaux objectifs liés à la sensibilisation et à l’éducation du public, à la recherche visant à combler les lacunes dans les connaissances, à la gestion des espèces envahissantes et à d’autres activités de remise en état auront des effets neutres ou bénéfiques sur les autres espèces occupant les mêmes zones et habitats.

Pour permettre le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline, il faut mettre en place des stratégies d’atténuation qui limitent l’utilisation de pesticides et les brûlages dirigés dans l’habitat essentiel. Ces mesures peuvent entrer en conflit direct avec les activités de rétablissement établies pour d’autres espèces en péril qui ont besoin de milieux ouverts ou semi-ouverts ou qui sont également menacées par des espèces envahissantes, comme la Paruline polyglotte (Icteria virens), le Pic à tête rouge (Melanerpes erythrocephalus), la Paruline azurée (Setophaga cerulea), la Paruline à capuchon (Setophaga citrina), le monarque (Danaus plexippus), le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata), le perceur du ptéléa (Prays atomocella), l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa), le micocoulier rabougri (Celtis tenuifolia), la scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus), la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis gloydi) et la salamandre à petite bouche (Ambystoma texanum). Pour ces espèces, le maintien et l’amélioration de l’habitat sont considérés comme des objectifs prioritaires en matière de rétablissement, et l’utilisation de pesticides ou les brûlages dirigés peuvent constituer les stratégies les plus efficaces pour atteindre les objectifs de remise en état de l’habitat.

L’élaboration de stratégies de gestion propres à chaque site, conformes aux pratiques de gestion exemplaires relatives aux brûlages dirigés pour les espèces de gastéropodes en péril (NRSI, 2023), devrait permettre d’atténuer considérablement les effets. Il s’agit notamment :

Annexe B : Cotes de conservation infranationales attribuées à la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) au Canada et aux États-Unis

Tableau A-1. Cotes de conservation attribuées à la limace à manteau de la Caroline au Canada et aux États-Unis (NatureServe, 2023)
Cote mondiale (G) Cote nationale (N) (Canada) Cote infranationale (S) (Canada) Cote nationale (N) (États-Unis) Cotes infranationales (S) (États-Unis)
G5 N1N2 Ontario (S1S2) N5

Alabama (SNR), Arkansas (SNR), Floride (SNR), Géorgie (SNR), Illinois (SNR), Indiana (SNR), Iowa (SNR), Kansas (SNR), Kentucky (SNR), Louisiane (SNR), Maine (SNR), Maryland (SNR), Michigan (S2), Mississippi (SNR), Missouri (SNR), New Jersey (SNR), État de New York (SNR), Caroline du Nord (S5), Ohio (SNR), Oklahoma (SNR),

Pennsylvanie (S4), Caroline du Sud (SNR), Tennessee (S5), Texas (SNR), Virginie (S4), Virginie-Occidentale (SNR), Wisconsin (SU)

Définitions des cotes (Master et al., 2012)

N1N2/S1S2 : Espèce en péril à gravement en péril
Espèce très susceptible à extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée à très limitée, d’un nombre restreint à très restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués à très marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
S2 : Espèce en péril
Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d’une aire de répartition limitée, d’un nombre restreint de populations ou d’occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d’autres facteurs.
S4 : Espèce apparemment en sécurité
Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d’occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d’autres facteurs.
G5/N5/S5 : Espèce en sécurité
Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou du nombre élevé de populations ou d’occurrences, et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou à des menaces ou n’en suscitant que très peu.
SNR : Espèce non classée
Espèce dont le statut de conservation infranational n’a pas encore été évalué.

Annexe C : Habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada

Figure C. Veuillez lire la description longue.

Figure C. Limace à manteau de la Caroline au Canada – sud de l’Ontario. Aperçu (Ontario). Carte de l’étendue de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada, comme indiqué dans les figures C-1 à C-4.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Description longue

Figure C. Cette carte illustre les quatre zones d’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline dans le sud‑ouest de l’Ontario. Elle montre la région qui s’étend du sud‑ouest de l’île Pelée au nord‑est de Chatham‑Kent, entre le lac Sainte‑Claire et le lac Érié, et comporte quatre carrés numérotés renfermant de l’habitat essentiel. Le carré C‑1 englobe l’île Pelée, tandis que le carré C‑2 englobe une zone au nord‑est de la pointe Pelée. Le carré C‑3 couvre une zone au sud‑est de Chatham‑Kent, le long de la rive du lac Érié, et le carré C‑4, dans le coin nord‑est de la carte, couvre une zone au nord‑est de Chatham‑Kent.

Figure C-1. Veuillez lire la description longue.

Figure C-1. Habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada – île Pelée. La zone renfermant de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada, telle que décrite à la section 7.1.1, est représentée par l’unité ombragée en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel se trouve là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (en rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les autres délimitations sont incluses à titre de repères seulement.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Lighthouse Point Provincial Park (Nature Reserve Class) = Parc provincial Lighthouse Point (catégorie des réserves naturelles)

Stone Road Alvar Nature Reserve = Réserve naturelle de l’alvar du chemin Stone

Stone Road Alvar Conservation Area = Aire de conservation de l’alvar du chemin Stone

Fish Point Provincial Park (Nature Reserve Class) = Parc provincial Fish Point (catégorie des réserves naturelles)

Description longue

Figure C‑1. Cette carte montre la zone d’habitat essentiel C‑1 présentée à la figure C. La zone illustrée correspond à l’île Pelée. La carte comporte environ 3 polygones de zone renfermant de l’habitat essentiel compris dans 13 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km, qui se trouvent tous dans la moitié sud de l’île. Deux des polygones renfermant de l’habitat essentiel chevauchent en partie des aires protégées ou de conservation non fédérales.

Figure C-2. Veuillez lire la description longue.

Figure C-2. Habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada – parc provincial Wheatley. La zone renfermant de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada, telle que décrite à la section 7.1.1, est représentée par l’unité ombragée en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel se trouve là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (en rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les autres délimitations sont incluses à titre de repères seulement.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Wheatley Provincial Park = Parc provincial Wheatley

Description longue

Figure C‑2. Cette carte montre la zone d’habitat essentiel C‑2 présentée à la figure C. La zone illustrée correspond au parc provincial Wheatley et à ses environs immédiats. La carte comporte un seul polygone de zone renfermant de l’habitat essentiel, dans la partie nord‑est du parc provincial Wheatley, compris dans 4 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km. Le parc provincial Wheatley est une aire protégée ou de conservation non fédérale.

Figure C-3. Veuillez lire la description longue.

Figure C-3. Habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada – parc provincial Rondeau. La zone renfermant de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada, telle que décrite à la section 7.1.1, est représentée par l’unité ombragée en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel se trouve là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (en rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les autres délimitations sont incluses à titre de repères seulement.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Rondeau Provincial Park = Parc provincial Rondeau

Description longue

Figure C‑3. Cette carte montre la zone d’habitat essentiel C‑3 présentée à la figure C. La zone illustrée correspond au parc provincial Rondeau et à ses environs. La carte comporte 2 polygones de zone renfermant de l’habitat essentiel compris dans 4 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km, soit un total de 8 carrés. Un polygone est situé dans la partie nord‑est du parc provincial Rondeau, une aire protégée ou de conservation non fédérale. Le deuxième polygone est situé juste en dehors du parc, dans la région située entre Talbot Trail et le lac Érié. 

Figure C-4. Veuillez lire la description longue.

Figure C-4. Habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada – Grape Fern Woods. La zone renfermant de l’habitat essentiel de la limace à manteau de la Caroline au Canada, telle que décrite à la section 7.1.1, est représentée par l’unité ombragée en jaune. À l’intérieur de cette zone, l’habitat essentiel se trouve là où les caractéristiques biophysiques décrites à la section 7.1.2 sont présentes. Le quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km (en rouge) montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel. Les autres délimitations sont incluses à titre de repères seulement.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

NAD 1983 UTM Zone 17N = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17N

Description longue

Figure C‑4. Cette carte montre la zone d’habitat essentiel C‑4 présentée à la figure C. La zone illustrée est située au nord‑ouest de Bothwell, en Ontario. La carte comporte un polygone de zone renfermant de l’habitat essentiel compris dans 3 carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km. Ce polygone se trouve dans le coin nord‑ouest de la carte, légèrement à l’est de Jane Road.

Partie 2 – Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario, préparé par R.J. Pivar, A. Nicolai et J. Linton pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

2023

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d’information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles à l’adresse : https://www.ontario.ca/fr/page/especes-en-peril

Référence recommandée

Pivar, R.J., Nicolai, A. et Linton, J. 2023. Programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario. Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Peterborough (Ontario), v + 41 p.

Illustration de la couverture : Photo prise par A. Nicolai

© Imprimeur du Roi pour l’Ontario, 2023
ISBN : 978-1-4868-7052-3 HTML (anglais)
ISBN : 978-1-4868-7051-6 PDF (anglais)

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans autorisation, sous réserve de la mention de la source.

Auteurs

Robert J. Pivar – Natural Resource Solutions Inc.

Annegret Nicolai – Living Lab CLEF/Université Rennes 1

Jessica Linton – Natural Resource Solutions Inc.

Déclaration

Le programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD). Il a été préparé à l’intention du gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et des nombreuses parties susceptibles de participer au rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à sa préparation, ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, objectifs et méthodes de rétablissement recommandés qui sont énoncés dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements deviendront accessibles. La mise en œuvre du présent programme demeure assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la coopération de nombreuses parties qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme.

Autorités responsables

Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs

Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune (Ontario)

Sommaire

La limace à manteau de la Caroline est une limace terrestre de 6 à 10 centimètres à l’âge adulte dont tout le corps est couvert d’un manteau de couleur cendrée. Le manteau est marbré de gris foncé à brun et orné de deux lignes centrales constituées de points noirs. La limace est généralement inactive lorsqu’on la voit, de sorte que sa tête n’est pas visible. Une paire supérieure de tentacules gris clair peut dépasser de sous le manteau, mais la paire inférieure de tentacules n’est généralement pas visible.

À l’heure actuelle, l’aire de répartition de la limace à manteau de la Caroline en Ontario comprend au moins sept sous‑populations connues, à l’île Pelée (zone de l’alvar du chemin Stone, y compris le terrain de camping; réserve naturelle provinciale Fish Point; propriété Richard et Beryl Ivey et forêt Winery), dans le parc provincial Wheatley, à Grape Fern Woods dans le parc provincial Rondeau et à Sinclair’s Bush. On ne sait pas si la sous‑population de Leamington existe encore, bien que l’habitat semble intact à White Oak Woods près de Leamington.

La limace à manteau de la Caroline est inscrite actuellement comme espèce menacée sur la Liste des espèces en péril de l’Ontario (Liste des EEPEO). Les principales menaces pour cette espèce comprennent les changements climatiques (sécheresses, changements dans les régimes de gel), les brûlages dirigés et les modifications de l’habitat causées par les espèces envahissantes telles que les plantes, les lombrics et d’autres gastéropodes. De plus, la pollution et toutes les incidences directes et indirectes d’origine humaine (par exemple la modification de l’habitat) propres aux sites restants constituent des menaces.

L’objectif de rétablissement recommandé pour la limace à manteau de la Caroline consiste à assurer la persistance à long terme des sous‑populations existantes. Les objectifs de rétablissement recommandés pour atteindre ce but sont décrits ci‑dessous.

  1. Faire participer la communauté scientifique, les gestionnaires des terres du gouvernement, les fiducies foncières, les organisations de conservation et les propriétaires fonciers privés à l’étude de l’habitat convenable pour déterminer l’étendue actuelle de l’aire de répartition dans le sud‑ouest de l’Ontario.
  2. Évaluer et atténuer les menaces qui pèsent sur tous les sites connus où l’espèce est présente ou l’a été en Ontario.
  3. Mener et/ou soutenir des recherches qui comblent des lacunes dans les connaissances liées à la biologie, à la taille de la population et aux exigences en matière d’habitat qui éclairent les activités de rétablissement.
  4. Améliorer et/ou créer de l’habitat, lorsqu’il est possible et nécessaire de le faire, afin d’augmenter la disponibilité de l’habitat pour les sous‑populations existantes.

Nous manquons de données sur les limites spatiales de l’habitat utilisé et la dispersion de la limace à manteau de la Caroline. Lorsque des données sur la taille du domaine vital, la capacité de dispersion et les principales caractéristiques de l’habitat qui sont essentielles au cycle vital de l’espèce seront disponibles, l’aire désignée comme habitat pourra être décrite plus précisément et devrait être réexaminée. Sur la base des meilleures données disponibles, il est recommandé que tous les écosites de la classification écologique des terres (CET) occupés par des sous‑populations existantes soient prescrits à titre d’habitat dans un règlement sur l’habitat, car étant donné la rareté de l’espèce, elle peut être présente dans tout l’habitat mais n’être détectée nulle part. Il est recommandé que l’aire réglementée soit définie en fonction d’une aire écologique continue comprenant tous les écosites occupés et tous les écosites inoccupés adéquats situés à proximité immédiate des écosites occupés. Cette recommandation augmente la probabilité que tous les éléments de l’habitat nécessaires à la recherche de nourriture, à l’accouplement, à la nidification, à l’estivation et à l’hibernation soient inclus pour plusieurs générations.

Il est de plus en plus recommandé pour l’espèce qu’une zone tampon de 90 mètres soit ajoutée aux polygones d’écosites de la CET et à proximité immédiate des écosites de connexion adéquats qui sont inoccupés pour permettre l’augmentation de la population et maintenir un microhabitat important et ses propriétés (par exemple litière de feuilles, gros débris ligneux en décomposition) afin de réduire les effets de bordure et de tenir compte de l’utilisation temporaire de l’habitat avoisinant. L’habitat dont le caractère inadéquat est connu (par exemple routes, terres agricoles, zones urbaines, jardins, parcs sur la terre ferme et lacs) doit être exclu de cette zone tampon.

1.0 Renseignements généraux

1.1 Évaluation et classification de l’espèce

La liste suivante fournit des renseignements sur l’évaluation et la classification de la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus). Remarque : Le glossaire fournit la définition des abréviations et des termes techniques dans le présent document.

1.2 Description et biologie de l’espèce

Description de l’espèce

La limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus Bosc, 1802) est une limace terrestre de la famille des Philomycidés. Il s’agit d’une grosse limace qui mesure de 6 à 10 cm à l’âge adulte (longueur du corps mesurée chez des individus actifs) et dont le corps entier est recouvert d’un manteau de couleur cendrée (Pilsbry, 1948). Le manteau présente des marbrures gris foncé à brun avec deux lignes centrales constituées de points noirs (figure 1 de la partie 2 ; COSEWIC, 2019). La limace est généralement inactive lorsqu’on la voit, de sorte que sa tête n’est pas visible. Une paire supérieure de tentacules gris clair peut dépasser de sous le manteau, mais la paire inférieure de tentacules n’est généralement pas visible (COSEWIC, 2019).

Figure 1a de la partie 2. Veuillez lire la description longue.
Figure 1b de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 1 de la partie 2. Limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus). Photos : A. Nicolai.

Description longue

Figure 1 de la partie 2. Deux photos de la limace à manteau de la Caroline, l’une orientée verticalement, et l’autre, horizontalement.

Il faut faire preuve de prudence lors de l’identification de la limace à manteau de la Caroline, car la coloration du manteau est très variable au sein de l’espèce. On peut donc souvent confondre celle‑ci avec d’autres du genre Philomycus dans de nombreuses collections (voir par exemple Oughton, 1948; COSEWIC, 2019). L’espèce peut aussi être confondue avec des limaces des genres Pallifera et Megapallifera. Les individus de ces genres se distinguent des Philomycus, car ils n’ont pas de dard interne (Pilsbry, 1948). Il semble que le Megapallifera mutabilis et le P. carolinianus coexistent dans le même habitat. Une analyse génétique est généralement nécessaire pour identifier avec certitude la limace à manteau de la Caroline. Des spécimens de limaces à manteau de la Caroline de l’île Pelée ont été séquencés par l’Institut de la biodiversité de l’Ontario, et leurs empreintes génétiques sont disponibles sur le site Web BOLD (BOLDsystems, 2022).

Biologie de l’espèce

La limace à manteau de la Caroline est une limace pulmonée à hermaphrodisme simultané (possédant simultanément des organes reproducteurs mâles et femelles) et ovipare (Pilsbry, 1948). De manière générale, les deux membres d’un couple échangent du sperme et produisent des œufs; l’autofécondation est possible, mais le succès reproductif peut s’avérer plus faible dans ces cas‑là (COSEWIC, 2019; White‑McLean, 2012). Dans les régions tempérées, la reproduction a généralement lieu au printemps (COSEWIC, 2019), et la taille des couvées compte de 65 à 75 œufs, le taux d’éclosion variant de 40 à 75 % (White‑McLean, 2012). Le développement des embryons dure de 22 à 45 jours (White‑McLean, 2012). En condition de laboratoire, les individus ont atteint une taille suffisante pour la reproduction (environ 4,5 cm) de 120 à 220 jours après l’éclosion (White‑McLean, 2012). Des travaux sur le terrain menés en mai 2018 dans le sud‑ouest de l’Ontario ont permis de consigner de nombreuses observations de juvéniles de grande taille, ce qui donne à penser que ceux‑ci étaient nés au cours de l’été de l’année précédente (COSEWIC, 2019). Étant donné que les œufs de limaces éclosent en été et que la croissance est saisonnière, la maturité en conditions naturelles peut être atteinte au bout d’un an (COSEWIC, 2019). La limace à manteau de la Caroline peut vivre de trois à quatre ans, comme d’autres limaces de la même taille, telles que la grande limace jaune (Limax flavus; Welter‑Schulter, 2012). La durée d’une génération est d’environ deux ans (COSEWIC, 2019). Certains processus reproducteurs chez la limace à manteau de la Caroline sont sensibles au régime alimentaire et à la température (White‑McLean, 2012). La sensibilité à cette dernière est pertinente dans le contexte de la menace que représentent les changements climatiques (COSEWIC, 2019). Des études en laboratoire ont révélé que le taux d’éclosion est le plus élevé à des températures de 10 à 21 °C et qu’il diminue de plus de la moitié entre 25 et 29 °C (White‑McLean, 2012). Le développement embryonnaire est le plus rapide à 25 °C (environ 17 jours) et plus lent à des températures plus basses (White‑McLean, 2012); des individus de l’espèce pourraient donc passer l’hiver au stade d’œuf, l’éclosion survenant au printemps suivant, comme on l’a observé chez d’autres espèces de limaces dont les œufs sont tolérants au gel, telles qu’une espèce d’Arion (Ansart et Nicolai, données inédites). L’alimentation de la limace à manteau de la Caroline est incertaine, bien que les observations de son emplacement, de la couleur de ses excréments et de la couleur des champignons et lichens à proximité donnent à penser qu’elle mange des champignons et des lichens (Nicolai, obs. pers.). Elle peut également se nourrir de débris ligneux ou d’autres matières végétales en décomposition.

La limace à manteau de la Caroline est crépusculaire (active à l’aube ou au crépuscule) ou nocturne, mais elle sort de sous les gros débris ligneux (ou de trous dans ceux‑ci) pendant le jour pourvu que le milieu soit humide (Pilsbry, 1948). En Ontario, on la trouve dans la litière de feuilles lorsque les conditions sont humides, mais on ne l’observe qu’en dessous ou à l’intérieur des gros débris ligneux pendant les étés secs (COSEWIC, 2019). La résistance à la sécheresse de la limace à manteau de la Caroline pourrait être accrue parce qu’elle a une tolérance élevée à la dessiccation (perte d’humidité au point de se dessécher) (Thompson et al., 2006); les limaces à manteau de la Caroline se blottissent les unes contre les autres en groupes de plusieurs individus, ce qui réduit la perte d’eau de 34 % chez l’espèce Limax (Cook, 1981). La limace à manteau de la Caroline est plus active à des températures plus élevées (25 °C) et inactive à des températures plus fraîches (15 °C) (Rising et Armitage, 1969). Son taux métabolique est faible à 5 °C (Rising et Armitage, 1969), ce qui indique que la limace hiberne, contrairement aux limaces européennes, comme les espèces Arion (Slotsbo et al., 2012) et Deroceras (Storey et al., 2007). Les espèces européennes de ces genres sont présentes au Canada dans l’habitat de la limace à manteau de la Caroline et peuvent rester actives sous la couche de neige isolante (COSEWIC, 2019). Les espèces européennes sont tolérantes au gel, leurs fluides corporels gelant à des températures de -1 à -5 °C, ce qui leur permet de survivre au gel jusqu’à deux jours (Storey et al., 2007; Slotsbo et al., 2012). Il est possible que la limace à manteau de la Caroline présente une tolérance au gel similaire, mais cela n’a pas été confirmé.

Les métaux lourds et les pesticides qui sont présents dans le sol s’accumulent dans les tissus et risquent de perturber les processus physiologiques (Barker, 2001). Pour de plus amples renseignements, veuillez vous référer à la section 1.6 du présent document.

La limace à manteau de la Caroline est une limace essentiellement inactive; elle semble donc se disperser beaucoup plus lentement que certaines limaces exotiques introduites, telles que les espèces Arion ou Deroceras (COSEWIC, 2019). Bien que la capacité de dispersion exacte de la limace à manteau de la Caroline soit inconnue, on a constaté que l’espèce Arion se déplaçait de plusieurs mètres par jour à une vitesse moyenne de 11 cm/minute (Honek et Martinkova, 2011). Les œufs et les individus aux stades immatures ne seraient pas dispersés par le vent. La probabilité de transport aérien ou aquatique d’individus adultes est inconnue, mais probablement faible (COSEWIC, 2019). Cependant, certaines espèces de limaces peuvent survivre temporairement dans l’eau (Nicolai, obs. pers.) et peuvent être transportées par l’eau, comme c’est le cas pour l’espèce exotique Arion et la limace gainée (Zacoleus idahoensis; COSEWIC, 2016). Les limaces peuvent également se disperser de façon passive, en s’accrochant à des objets flottants comme de gros débris ligneux (Vagvolgyi, 1975).

En Ontario, la probabilité de dispersion en provenance des États‑Unis est inexistante, étant donné les faibles capacités de dispersion des limaces (COSEWIC, 2019). La perte et la dégradation antérieures et actuelles de l’habitat sont probablement des facteurs qui empêchent l’expansion hors des sites actuellement occupés (COSEWIC, 2019). Il s’agit de deux facteurs importants à prendre en compte pour les espèces à la limite de leur aire de répartition, comme la limace à manteau de la Caroline en Ontario, qui pourraient avoir besoin d’étendre leur aire de répartition vers le nord à cause des changements climatiques (Gibson et al., 2009). En outre, comme la limace à manteau de la Caroline n’est pas liée aux activités humaines, il est peu probable qu’elle soit transportée accidentellement sur des véhicules ou des vêtements et introduite. De même, comme l’espèce ne cherche pas activement des matières végétales fraîches comme nourriture, il est peu probable qu’elle soit introduite accidentellement dans de nouvelles zones par le biais du transport de produits horticoles ou agricoles (Robinson, 1999; Robinson et Slapcinsky, 2005).

La limace à manteau de la Caroline est un hôte connu du ver des méninges (Parelaphostrongylus tenuis), un parasite des Cervidés en Amérique du Nord (Rowley et al., 1987), mais on en sait peu sur les parasites des Philomycidés. Néanmoins, l’information sur les parasites d’autres familles de limaces et d’escargots terrestres laisse penser à des pistes d’enquête qui pourraient mener à une meilleure connaissance. Des trématodes et des flagellés, nageant librement ou attachés, ont été observés chez des escargots de la famille des Polygyridés (Barger et Hnida, 2008; Barger, 2011; Current, 2007). Les acariens parasites et les nématodes sont également couramment observés chez les escargots en général et peuvent provoquer une forte mortalité, perturber la reproduction et réduire la résistance au froid (Baur et Baur, 2005; Morand et al., 2004; Örstan, 2006). Les limaces peuvent également disperser d’autres organismes essentiels à la décomposition de la litière, y compris les nématodes, par ingestion transitoire (Peterson et al., 2015), et les acariens oribates par ingestion et éjection (Turke et al., 2018).

Les gastéropodes sont une source de nourriture importante pour une grande variété de taxons, dont les salamandres, les grenouilles, les crapauds, les tortues, les couleuvres, les lézards, les oiseaux, les musaraignes, les campagnols, les taupes, les rats, les souris, les tamias, les écureuils, les larves de mouches de la famille des Sciomyzidés, les larves de lucioles, les larves de guêpes parasites, les coléoptères, les fourmis, les araignées et les opilions (Jordan et Black, 2012). Les prédateurs spécifiques de la limace à manteau de la Caroline ne sont pas connus, mais il est probable qu’ils comprennent un grand nombre des taxons mentionnés ci‑dessus.

1.3 Répartition, abondance et tendance des populations

La limace à manteau de la Caroline est présente dans l’est de l’Amérique du Nord. La limite septentrionale de son aire de répartition traverse le sud de l’Ontario, le Michigan et le Vermont. Aux États‑Unis, la répartition est‑ouest s’étend depuis le Maine jusqu’au Minnesota dans le nord et depuis la Floride jusqu’au Texas dans le sud (COSEWIC, 2019). Au Canada, l’aire de répartition actuelle de la limace à manteau de la Caroline comprend au moins sept sous‑populations connues dans l’île Pelée, le parc provincial Wheatley, Grape Fern Woods, le parc provincial Rondeau et Sinclair’s Bush (COSEWIC, 2019; figure 2 de la partie 2). La population de l’île Pelée est divisée en trois sous‑populations (celle de l’alvar du chemin Stone [ACS], y compris le terrain de camping, celle de la réserve naturelle provinciale Fish Point, et celle de la propriété Richard et Beryl Ivey [PRBI] de Conservation de la nature Canada [CNC] et Winery Woods) conformément aux normes d’éléments d’occurrence de NatureServe (2022), qui tiennent compte des obstacles à la dispersion (routes, habitat non convenable) et de la distance (jusqu’à 1 km entre les sous‑populations lorsque l’habitat est propice à la connectivité). La présence de l’espèce était auparavant connue à Leamington, en Ontario, mais aucune limace n’y a été observée depuis 1994 (COSEWIC, 2019). À cause d’un manque d’accès lors des récentes études sur les gastéropodes menées par Nicolai (2013‑2019), il n’est pas certain que la sous‑population de Leamington existe, bien que l’habitat semble intact à White Oak Woods, près de Leamington (COSEWIC, 2019). La population du parc provincial Rondeau semble être assez forte : des spécimens ont été facilement trouvés lorsque les conditions étaient favorables, aussi récemment qu’à l’été 2022, tandis que les populations du parc provincial Wheatley n’ont pas fait l’objet de suivi au cours des dernières années (Kaija, comm. pers., 2022).

Il y a plusieurs observations récentes possibles de la limace à manteau de la Caroline sur iNaturalist (iNaturalist, 2022); cependant, en raison de sa morphologie similaire à celle d’autres espèces de Philomycus et de Megapallifera, ces mentions sont difficiles à vérifier sans dissection ou utilisation de données génétiques (Nicolai, obs. pers.). Certaines des mentions de iNaturalist pourraient indiquer que la limace à manteau de la Caroline est présente dans de nouveaux sites (c.‑à‑d. Clear Creek, Harrow) au sein de son aire de répartition actuelle, mais une vérification est nécessaire avant que ces nouveaux sites puissent être confirmés. On ne connaît pas la taille de la population canadienne de limaces à manteau de la Caroline, et les données recueillies jusqu’à présent sont insuffisantes pour déterminer les tendances et les fluctuations (COSEWIC, 2019).

La migration entre les sous‑populations existantes n’est pas probable à cause de la distance et des milieux non convenables (terres agricoles, routes, zones urbaines, plans d’eau, etc.) qui les séparent.

Figure 1 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 2 de la partie 2. Sites d’occurrence existants et historiques de la limace à manteau de la Caroline en Ontario. « Existante » signifie que des individus vivants ont été trouvés au cours des 20 dernières années. « Historique » fait référence à des lieux où l’espèce a été observée précédemment et qui offrent un habitat convenable à l’espèce (évalué à partir de photographies récentes, de photographies aériennes et de visites des environs), mais qui n’ont pas fait l’objet d’un relevé (par exemple terrains privés).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Campground = Terrain de camping

Rondeau Provincial Park = Parc provincial Rondeau

Wheatley Provincial Park = Parc provincial Wheatley

Philomycus carolinianus occurrences = Occurrences de Philomycus carolinianus

Historical = Historique

Extant = Existante

Description longue

Figure 2 de la partie 2. Cette figure montre une carte du sud‑ouest de l’Ontario sur laquelle des occurrences historiques et actuelles sont illustrées dans trois zones différentes. La première zone (« b ») est la zone la plus au sud‑ouest. La carte de cette zone illustre un gros plan de l’île Pelée. Elle montre huit occurrences existantes regroupées dans la partie sud de l’île, et une occurrence historique située au terrain de camping. La deuxième zone (« d ») se trouve légèrement au nord‑est de la zone « b ». La carte de la zone « d » illustre un gros plan du parc provincial Wheatley et de la pointe Pelée. Elle montre une occurrence historique à White Oak Woods et une occurrence existante dans le parc provincial Wheatley. La dernière zone (« c ») est la zone la plus au nord‑est. La carte de cette zone est un gros plan dans lequel trois occurrences existantes sont illustrées à Grape Fern Woods, SRCA, à Sinclair’s Bush et au parc provincial Rondeau.

1.4 Besoins en matière d’habitat

Au Canada, la limace à manteau de la Caroline vit principalement dans les forêts humides en terrain bas et les zones riveraines le long du lac Érié (Grimm, 1996). Hubricht (1985) décrit l’habitat de la limace à manteau de la Caroline comme étant constitué de plaines inondables, mais aussi de zones montagneuses pouvant atteindre 2 000 pieds (610 m) d’altitude. Les conditions spécifiques du microhabitat de l’espèce ne sont pas connues, mais on peut supposer que, comme la plupart des espèces de limaces, elle se trouve sous les gros débris ligneux en décomposition et dans la litière de feuilles, et qu’elle a besoin d’humidité. Lors de relevés menés par Nicolai de 2013 à 2019, l’espèce a été observée dans les forêts riveraines humides et sur le sol de forêts de feuillus anciennes au sol sablonneux ou rocheux, où le bois bien décomposé est abondant (COSEWIC, 2019). Dans l’île Pelée, on trouve la limace à manteau de la Caroline dans des forêts composées de chênes (Quercus sp.), d’érables (Acer sp.), de mûriers (Morus sp.), de frênes (Fraxinus sp.) et de caryers (Carya sp.) (COSEWIC, 2019). Dans le parc provincial Wheatley, l’habitat est composé du châtaignier (Castanea dentata), du sassafras officinal (Sassafras albidum), du nyssa sylvestre (Nyssa sylvatica) et du chêne des marais (Quercus palustris) (COSEWIC, 2019). Dans le parc provincial Rondeau, la forêt de feuillus est principalement composée de hêtres à grandes feuilles (Fagus grandifolia) et d’érables à sucre (Acer saccharum) et, dans une moindre mesure, de tilleuls (Tilia sp.), de tulipiers (Liriodendron tulipifera), de frênes blancs (Fraxinus americana) et de frênes rouges (Fraxinus pennsylvanica) (Dobbyn et Pasma, 2012). L’habitat forestier de ce parc se développe sur des crêtes sablonneuses qui forment des zones marécageuses, ces dernières pouvant être inondées pendant la plus grande partie de l’année (COSEWIC, 2019). Sinclair’s Bush est une forêt de feuillus où on trouve l’asiminier trilobé (Asimina triloba) et le tulipier, espèces préoccupantes sur le plan de la conservation (COSEWIC, 2019).

Certaines espèces utilisent des parcelles d’habitat différentes selon les saisons. Par exemple, l’escargot de Bourgogne (Helix pomatia) utilise des parcelles d’orties pour se reproduire, des parcelles d’arbustes pour se nourrir et des sols forestiers pour l’hivernage (Nietzke, 1970). Ce comportement est inconnu chez la limace à manteau de la Caroline et doit faire l’objet d’une étude plus approfondie. Cette dernière semble être principalement mycophage (organisme qui consomme des champignons); la présence d’une communauté diversifiée de champignons et de lichens constitue donc un besoin important en matière d’habitat dans tous les sites occupés connus (COSEWIC, 2019). On sait que l’espèce se nourrit d’armillaire couleur de miel (Armillaria mellea), de Phylloporus boletinoides, de Boletus luridiceps et de Boletus oliveisporus (White‑McLean, 2012). Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive des champignons consommés par la limace à manteau de la Caroline, car on dispose de peu de données sur son régime alimentaire.

1.5 Facteurs limitatifs

En Ontario, la limace à manteau de la Caroline existe près des limites septentrionales de son aire de répartition, et son expansion vers le nord est probablement limitée par les hivers rigoureux, de même que la fragmentation et la perte de l’habitat causées par l’humain (Gibson et al., 2009) et par des obstacles physiques, tels que les vastes étendues d’eau qui s’y trouvent (COSEWIC, 2019). La faible capacité de dispersion limite le flux génétique entre les sous‑populations (COSEWIC, 2019) et peut entraîner une différenciation génétique et phénotypique limitée, réduisant possiblement la valeur adaptative (« fitness ») d’une sous‑population (Fitzpatrick et Reid, 2019). À l’échelle du microhabitat, la disponibilité de refuges humides permettant aux individus de se protéger des fluctuations environnementales constitue vraisemblablement un facteur limitatif pour la croissance des populations (Burch et Pearce, 1990).

1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

Dans son rapport de 2019, le COSEPAC (COSEWIC, 2019) a compilé une évaluation des menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline qui était basée sur les données des sous‑populations existantes dans l’île Pelée, le parc provincial Rondeau, Grape Fern Woods et le parc provincial Wheatley. Les menaces ci‑dessous sont classées de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible, selon l’évaluation du rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2019). Une évaluation des menaces pesant sur la sous‑population de Sinclair’s Bush n’a pas encore été réalisée.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

D’après le cadre d’évaluation de la vulnérabilité des espèces aux changements climatiques établi par Foden et al. (2013), la limace à manteau de la Caroline peut être considérée comme étant très vulnérable parce qu’elle est exposée aux changements climatiques (gels printaniers, absence de couverture neigeuse, sécheresses), qu’elle dépend de conditions particulières dans son microhabitat et qu’elle a une faible capacité d’adaptation (faibles capacités de dispersion et l’espèce vit dans de petites parcelles isolées d’habitat naturel) (COSEWIC, 2019). Cependant, l’espèce pourrait tolérer un certain niveau de changements climatiques, parce qu’elle est moins sensible aux sécheresses que d’autres gastéropodes (COSEWIC, 2019). D’après les modèles des changements climatiques, le sud‑ouest de l’Ontario connaîtra une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des sécheresses, des inondations et des températures extrêmes (Varrin et al., 2007). L’étude de McDermid et al. (2015) donne à penser que les précipitations estivales sont susceptibles de diminuer dans le bassin du lac Érié, alors que les précipitations hivernales devraient augmenter. Les escargots peuvent être vulnérables à l’augmentation des températures moyennes accompagnée d’une hausse des incidences de la sécheresse (Pearce et Paustian, 2013) et du gel printanier (Augspurger, 2013), mais on ne dispose pas de données similaires sur les limaces. La limace à manteau de la Caroline se rencontre principalement dans les plaines inondables et les zones montagneuses, en terrain plus élevé, ce qui semble indiquer qu’elle a besoin d’humidité et de températures plus basses en été (COSEWIC, 2019).

Bien que la limace à manteau de la Caroline soit un spécialiste des forêts humides, des inondations anormalement élevées en hiver et au printemps peuvent augmenter la mortalité lorsque les individus sont inactifs (COSEWIC, 2019). L’île Pelée et Grape Fern Woods sont des sites composés de forêts humides inondées de façon saisonnière (MNR, 2005; NCC, 2008). À cause de l’augmentation des précipitations découlant des changements climatiques, on peut s’attendre à ce que les inondations augmentent en superficie, en particulier dans les zones qui sont à peine au‑dessus du niveau du lac (COSEWIC, 2019). L’altitude (au‑dessus du niveau de la mer) de l'île Pelée varie de 175 à 183 mètres, le lac étant à une altitude de 173 mètres (Natural Resources Canada, 2019).

La menace causée par le déplacement et l’altération de l’habitat existe également dans l’habitat connu de la limace à manteau de la Caroline. La réserve naturelle provinciale Fish Point abrite une population de limaces à manteau de la Caroline qui vit dans la forêt humide, près de la rive est, qui pourrait s’éroder progressivement (COSEWIC, 2019). Durant l’hiver de 2018‑2019, une partie importante de la forêt de l’extrémité sud a été perdue. Bien que cette érosion semble généralement constituer un processus lent, le niveau élevé du lac, combiné à des tempêtes plus fortes dans un proche avenir, pourrait accélérer cette perte d’habitat (COSEWIC, 2019). Le parc provincial Rondeau est aussi touché par l’érosion des terrains marécageux, phénomène qui pourrait affecter les niveaux d’eau dans l’habitat forestier (COSEWIC, 2019). Les répercussions à venir sur les communautés de gastéropodes sont actuellement inconnues, mais ce type de perte d’habitat devrait faire l’objet d’un suivi en tant que menace possible ou obstacle au rétablissement (COSEWIC, 2019).

Brûlages dirigés

Les brûlages dirigés constituent un important outil de gestion pour la conservation des prairies et des forêts (Williams, 2000), et sont utilisés pour limiter l’envahissement par les espèces exotiques (Brooks et Lusk, 2008) et favoriser la croissance et la reproduction des espèces indigènes des prairies (Towne et Owensby, 1984). Les brûlages ont des effets directs et indirects sur la survie des animaux qui vivent au sol, dont les escargots et autres gastéropodes (Nekola, 2002), en réduisant et en modifiant les substrats organiques utilisés comme abris, en augmentant l’évaporation au sol et en détruisant la partie supérieure du sol et l’habitat de la litière de feuilles, qui sont importants pour la survie des organismes vivant dans ces milieux (Bellido, 1987; Knapp et al., 2009). À la suite de brûlages dirigés effectués dans l’Oregon, Duncan (2005) a constaté que les limaces n’étaient pas présentes sur plus d’un quart des sites qui les abritaient lors des relevés préalables aux brûlages. Selon cet auteur, les limaces ont survécu aux brûlages dans certains sites en demeurant dans des fissures profondes du substrat rocheux grossier ou dans d’autres refuges souterrains. Duncan (2005) mentionne également que la répartition des microhabitats qui permettent les déplacements verticaux pendant les brûlages est importante pour la viabilité à long terme des populations de limaces dans le paysage. On ne sait pas s’il existe des refuges similaires dans l’habitat de la limace à manteau de la Caroline en Ontario (COSEWIC, 2019). Les gros débris ligneux en décomposition constituent un microhabitat important de la limace à manteau de la Caroline (COSEWIC, 2019), et un rapport de synthèse (Department of Sustainability and Environment, 2003) a permis de constater que, pendant et après les brûlages dirigés, les petites parcelles non brûlées (aussi petites que 1 m2) constituent un habitat important pour les invertébrés et d’autres animaux, les troncs d’arbres tombés au sol étant l’élément commun avec les parcelles non brûlées le plus important. Cela donne à penser que les brûlages de faible intensité peuvent laisser intacts les troncs d’arbres tombés au sol, ce qui peut constituer un refuge pour la limace à manteau de la Caroline.

Des parties de l’alvar du chemin Stone sur l’île Pelée ont été touchées par des brûlages dirigés effectués par Ontario Nature et l’Office de protection de la nature de la région d’Essex en 1993, en 1997, en 1999 et en 2005 (NCC, 2008). En 2019, Ontario Nature a effectué des brûlages dirigés, de même qu’une étude d’impact, qui comprenait un suivi des escargots réalisé par A. Nicolai. Bien que la limace à manteau de la Caroline n’ait été observée que dans la partie boisée de l’alvar du chemin Stone, la menace découlant des brûlages dirigés doit être prise en compte étant donné le risque que les brûlages atteignent l’habitat forestier (COSEWIC, 2019). Au cours de ces études, il a été constaté que les brûlages entraînaient une certaine mortalité des gastéropodes et que, à cause de la dispersion du feu et du fait que la plus forte densité d’escargots a été observée dans une petite zone brûlée (entourée d’un habitat non brûlé), la recolonisation a été rapide et les densités antérieures aux brûlages ont été atteintes trois ans après ceux‑ci (Nicolai, données inédites). Ces conclusions ne s’appliquent pas directement à la limace à manteau de la Caroline, car elle se trouve dans un habitat boisé. Les conséquences directes des brûlages dirigés sur les populations de limaces sont réduites lorsque l’habitat disponible est étendu et que la recolonisation à partir des zones voisines est possible. Cependant, lorsque les zones d’habitat sont petites, les grands brûlages sont considérés comme préjudiciables aux sous‑populations. Les brûlages de faible superficie et dispersés, limités à certaines parties de la zone, peuvent être moins néfastes (Driscoll et al., 2021).

Espèces envahissantes

Plusieurs espèces végétales très envahissantes dans le sud de l’Ontario, notamment l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), sont présentes dans l’habitat de la limace à manteau de la Caroline dans l’île Pelée. On sait que l’alliaire officinale peut évincer la végétation indigène et modifier le cycle des nutriments dans le sol, ce qui ralentit le rétablissement d’espèces végétales indigènes comme les fleurs sauvages éphémères de printemps (Catling et al., 2015). Selon Stoll et al. (2012), en Suisse, la renouée envahissante (Fallopia sp.) a entraîné une réduction importante des espèces d’escargots longévives de grande taille, mais pas des limaces ou des petits escargots à courte durée de vie, tandis que Ruckli et al. (2013) ont constaté que l’abondance et la richesse des gastéropodes augmentaient dans les forêts envahies par l’impatiente glanduleuse (Impatiens glandulifera), une plante envahissante. Le roseau commun (Phragmites australis) est une plante très envahissante ayant des répercussions écologiques de grande portée, qui peut constituer une menace dans certaines parties de l’aire de répartition de la limace à manteau de la Caroline, comme dans le parc provincial Rondeau (MNRF, 2019). Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les répercussions des plantes envahissantes et des modifications écosystémiques qu’elles entraînent sur la limace à manteau de la Caroline et les gastéropodes en général.

Les lombrics non indigènes sont bien établis au Canada, et ont modifié l’habitat du sol forestier en réduisant ou en éliminant la couche naturelle de litière de feuilles ainsi qu’en creusant dans le sol minéral et en mêlant celui‑ci à la couche organique en surface (CABI, 2016). À cause de ces modifications de l’habitat, les lombrics envahissants peuvent modifier indirectement les communautés d’escargots terrestres (Forsyth et al., 2016). Les lombrics envahissants sont présents sur la rive nord du lac Érié (Evers et al., 2012), dans l’île Pelée (Reynolds, 2011) et ailleurs en Ontario (Reynolds, 2014). Les lombrics du genre asiatique Amynthas, qui sont connus pour éliminer rapidement la litière de feuilles où vivent les gastéropodes (Qiu et Turner, 2017), ont été introduits dans le comté d’Essex (Reynolds, 2014). D’autres effets indirects pourraient résulter des lombrics se nourrissant de graines de plantes forestières (Cassin et Kotanen, 2016) ou modifiant les relations de mutualisme entre les plantes et les champignons (Paudel et al., 2016), ce qui aura un impact sur la composition de la végétation du sous‑étage (Drouin et al., 2016) et qui pourrait réduire la quantité de champignons disponibles.

Les gastéropodes terrestres exotiques constituent également une menace potentielle (Whitson, 2005; Grimm et al., 2010) pour la limace à manteau de la Caroline. Plusieurs espèces de gastéropodes exotiques, dont les escargots carnivores tels que le grand luisant (Oxychilus draparnaudi) et le luisant des caves (Oxychilus cellarius), sont répandues dans le sud de l’Ontario, et plus particulièrement dans les îles du lac Érié et la partie continentale du sud‑ouest de la province. Ces gastéropodes non indigènes peuvent affecter directement les espèces indigènes (COSEWIC, 2019; Mahlfeld, 2000) par les attaques (Kimura et Chiba, 2010) et les effets de densité, de même que par la compétition pour la nourriture (Baur et Baur, 1990) et les abris (COSEWIC, 2019).

Il est possible que la limace à manteau de la Caroline entre en compétition pour la nourriture avec d’autres limaces sympatriques, comme le Megapallifera mutabilis, ou exotiques dans le sud‑ouest de l’Ontario (COSEWIC, 2019). Rollo (1983) a montré que le comportement agressif de la limace léopard (Limax maximus) pourrait réduire considérablement le succès reproductif de deux espèces d’Arion en Colombie‑Britannique. La limace léopard, introduite en Ontario, a été observée dans des zones à proximité de l’habitat de la limace à manteau de la Caroline, notamment près des parcs provinciaux Rondeau et Wheatley et dans l’île Pelée (iNaturalist, 2022). Les gastéropodes exotiques introduits en Ontario, comme l’escargot des bois (Cepaea nemoralis) et diverses espèces de limaces, principalement la limace grise (Deroceras reticulatum) ou la limace brune (Arion fuscus/subfuscus), partagent probablement un régime alimentaire similaire à celui de la limace à manteau de la Caroline et pourraient donc être en compétition directe pour la nourriture, en particulier dans l’habitat où la répartition de ces espèces se chevauche (COSEWIC, 2019).

Les oiseaux introduits dans certaines régions de l’Ontario pour la chasse récréative, comme le Dindon sauvage (Meleagris gallopavo) (originaire de la partie continentale de l’Ontario, mais introduit dans l’île Pelée) et le Faisan de Colchide (Phasianus colchicus), peuvent constituer une menace pour la limace à manteau de la Caroline, car les deux espèces sont omnivores et se nourrissent de gastéropodes (Sandilands, 2005). Ces oiseaux ont récemment été désignés comme des menaces permanentes pour d’autres gastéropodes menacés ou en voie de disparition (COSEWIC, 2017, 2018). Leurs répercussions sur la limace à manteau de la Caroline sont inconnues, mais elles peuvent être réduites par rapport à d’autres espèces, car cette limace demeure généralement sous de gros débris ligneux, ce qui la rend moins accessible aux oiseaux (COSEWIC, 2019).

Perturbations humaines

Les populations de gastéropodes peuvent être fragmentées par des routes ou des voies pavées aussi étroites que trois mètres (Wirth et al., 1999), car les escargots ont tendance à ne pas traverser les routes (Baur et Baur, 1990). Il est probable que ces obstacles touchent également la limace à manteau de la Caroline à cause de sa faible capacité de dispersion et de sa dépendance aux conditions humides. Reck et van der Reer (2015) citent une étude réalisée par Martin et Roweck (1988), qui ont constaté des disparitions locales au sein d’une population de boutons communs (Discus rotundatus) en Allemagne, survenues après que l’habitat initial soit devenu non convenable. Les routes ont constitué un obstacle aux déplacements et aux possibilités d’accouplement, réduisant ainsi le flux génique. Cette conclusion pourrait également s’appliquer aux limaces à faible capacité de dispersion (COSEWIC, 2019; Kaija, comm. pers., 2022). La mortalité routière a aussi été reconnue comme étant une menace pour les espèces sauvages dans les zones protégées, comme le parc national de la Pointe‑Pelée (Parks Canada, 2007). Cependant, la limace à manteau de la Caroline n’est pas susceptible d’être touchée par cette menace, car les individus s’éloignent rarement des gros débris ligneux (COSEWIC, 2019).

Le déclin antérieur de cette espèce est probablement attribuable à la perte et à la dégradation de l’habitat. Selon l’Office de protection de la nature de la région d’Essex (ERCA) (2002), la plus grande partie de la couverture forestière dans l’aire de répartition historique de cette espèce a été défrichée à des fins agricoles au cours du 19e siècle. Il reste environ 5 % de la couverture forestière d’origine dans le sud‑ouest de l’Ontario, dont une grande partie se trouve dans des parcs et sur des terres de l’Office de protection de la nature; de plus petits fragments d’une taille souvent inférieure à 10 hectares se trouvent sur des terres privées (ERCA, 2002).

La cueillette de champignons pourrait constituer une menace pour la limace à manteau de la Caroline (COSEWIC, 2019) puisqu’il s’agit d’une espèce mycophage pour laquelle les champignons constituent un besoin important en matière d’habitat. Bien qu’il n’y ait pas de données indiquant comment la cueillette de champignons peut toucher la limace à manteau de la Caroline, quatre champignons comestibles de l’Ontario cueillis par l’humain (Northern Bushcraft, 2018) peuvent également être consommés par l’espèce, plus particulièrement la chanterelle commune (Cantharellus cibarius) (White‑McLean, 2012). Cependant, la cueillette de champignons n’est pas une activité courante dans les zones où la limace à manteau de la Caroline est présente, et n’est donc pas considérée comme une menace importante.

Le piétinement est une menace négligeable pour cette espèce, car elle vit sous les gros débris ligneux et les rochers, mais la perturbation de cet habitat et de la litière de feuilles peut altérer les conditions du microhabitat (COSEWIC, 2019). Bien qu’on y trouve un court sentier en boucle, de grandes parties de l’alvar du chemin Stone ne sont pas accessibles à cause de la forte densité de la végétation et de l’absence de sentiers (COSEWIC, 2019).

Pollution

Les métaux lourds et le sel de voirie constituent une menace pour les gastéropodes (Viard et al., 2004) parce qu’ils diminuent la consommation de nourriture, la croissance et la fécondité (Laskowski et Hopkin, 1996) à cause de leur accumulation dans le sol et les plantes alimentaires (Notten et al., 2005). Ces menaces sont particulièrement importantes lorsque l’habitat de l’espèce se trouve à proximité immédiate des routes. Ces dernières sont peu nombreuses dans l’île Pelée, mais on en trouve davantage dans les parcs provinciaux Rondeau et Wheatley, et certaines font l’objet d’un entretien hivernal, ce qui comprend l’épandage de sel (Kaija, comm. pers., 2022).

Les répercussions des pesticides, autres que les molluscicides, sur les gastéropodes terrestres sont peu connues. Des études en laboratoire ont montré que l’exposition à certains herbicides augmentait la mortalité des escargots aquatiques infectés par des parasites (Koprivnikar et Walker, 2011) et pourrait nuire à la reproduction des escargots terrestres (Druart et al., 2011), tandis que d’autres études ont montré que les gastéropodes terrestres n’étaient pas touchés par les herbicides en milieu agricole (Roy et al., 2003) ou forestier (Hawkins et al., 1997). Les insecticides néonicotinoïdes, de plus en plus utilisés, ne se sont pas révélés nocifs pour la limace grise (Douglas et Tooker, 2015). Les effets des pesticides sur la limace à manteau de la Caroline sont inconnus, mais des terres agricoles sont adjacentes à des zones boisées dans l’île Pelée et à Grape Fern Woods, ce qui peut exposer les limaces à la dérive des pesticides (COSEWIC, 2019).

1.7 Lacunes dans les connaissances

Répartition et taille des populations

La plupart des sites d’occurrence connus, existants et historiques de la limace à manteau de la Caroline en Ontario ont fait l’objet de relevés de 2013 à 2019, mais certains sites d’occurrence connus sur des propriétés privées n’ont pas été évalués, ce qui laisse la possibilité de la persistance de petites sous‑populations (COSEWIC, 2019). On ne sait pas si des populations persistent dans d’autres types de milieux où les relevés étaient moins fréquents par le passé. Les données actuelles sur la répartition étant incomplètes, les tendances et la dynamique des populations de l’Ontario sont inconnues, et les menaces qui pèsent sur les populations existantes sont soit spécifiques à un site (par exemple les brûlages dirigés), soit globales (par exemple les changements climatiques). La taille minimale viable de la population est également inconnue pour cette espèce et est importante pour déterminer le potentiel de rétablissement des sous‑populations.

Écologie de l’espèce

La probabilité d’un déclin continu est difficile à prévoir en raison des connaissances biologiques limitées sur l’espèce. Des connaissances biologiques de base, notamment sur le régime alimentaire, les prédateurs/parasites, les besoins en matière d’habitat, les stratégies de dispersion et les répercussions des polluants et des espèces envahissantes, permettraient de mieux comprendre les facteurs les plus importants pour la survie ou le déclin de cette espèce, ainsi que de fournir des renseignements importants sur la viabilité du rétablissement de l’espèce. La poursuite du suivi des effets des changements climatiques et de leurs conséquences sur la biologie de la limace à manteau de la Caroline permettra également de mieux comprendre cette menace et de déterminer la viabilité du rétablissement.

1.8 Mesures de rétablissement achevées ou en cours

À ce jour, aucune mesure de rétablissement propre à l’espèce n’a été mise en œuvre.

Une étude des effets des brûlages dirigés sur les espèces en péril de l’alvar du chemin Stone, mise en œuvre par Ontario Nature, comprenait des relevés ciblés en 2022 et en 2023. Lors de la même étude, A. Nicolai a effectué des relevés des gastéropodes de 2017 à 2020, mais elle n’a pas observé la limace à manteau de la Caroline dans la zone brûlée. Sur les terres de Conservation de la nature Canada dans l’île Pelée où la limace est présente, l’amélioration de l’habitat des gastéropodes, la sensibilisation du public et les relevés sont effectués par un personnel formé (Croswaithe, comm. pers., 2019).

2.0 Rétablissement

2.1 But du rétablissement recommandé

Le but du rétablissement recommandé pour la limace à manteau de la Caroline consiste à assurer la persistance à long terme des sous‑populations existantes.

2.2 Objectifs de protection et de rétablissement recommandés

Le but du rétablissement de cette espèce est axé sur l’atténuation des menaces et l’amélioration de l’habitat afin de permettre la persistance et l’expansion à long terme de la population en Ontario. Les objectifs de rétablissement recommandés pour atteindre ce but sont décrits ci‑dessous.

  1. Faire participer la communauté scientifique, les gestionnaires des terres du gouvernement, les fiducies foncières, les organisations de conservation et les propriétaires fonciers privés à l’étude de l’habitat convenable pour déterminer l’étendue actuelle de l’aire de répartition dans le sud‑ouest de l’Ontario.
  2. Évaluer et atténuer les menaces qui pèsent sur tous les sites connus où l’espèce est présente ou l’a été en Ontario.
  3. Mener et/ou soutenir des recherches qui comblent des lacunes dans les connaissances liées à la biologie, à la taille de la population et aux exigences en matière d’habitat qui éclairent les activités de rétablissement.
  4. Améliorer et/ou créer de l’habitat, lorsqu’il est possible et nécessaire de le faire, afin d’augmenter la disponibilité de l’habitat pour les sous‑populations existantes.

2.3 Approches de rétablissement recommandées

Tableau 1 de la partie 2. Approches de rétablissement recommandées pour la limace à manteau de la Caroline en Ontario
Objectif 1 : Faire participer la communauté scientifique, les gestionnaires des terres du gouvernement, les fiducies foncières, les organisations de conservation et les propriétaires fonciers privés à l’étude de l’habitat convenable pour déterminer l’étendue actuelle de l’aire de répartition dans le sud‑ouest de l’Ontario
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Critique À court terme Recherche 1.1 Faire participer la communauté scientifique aux analyses génétiques, comme le codage à barres, pour distinguer de manière fiable les espèces dans l’aire de répartition actuellement connue et à proximité.
  • Confirmer le codage à barres existant pour les genres Philomycus, Pallifera et Megapallifera.
  • Vérifier la répartition des espèces à l’aide de données génétiques.
  • Élaborer une méthode fiable d’évaluation de l’ADN environnemental pour déterminer la présence des espèces.
  • En fonction des résultats, clarifier/corriger les bases de données (iNaturalist, NatureServe, CIPN), y compris l’information sur l’extension de l’aire de répartition.
Lacunes dans les connaissances :
  • répartition et taille des populations
Critique À court terme Communication, éducation et sensibilisation 1.2 Élaborer des protocoles de relevé normalisés et des outils d’identification pour faciliter la reconnaissance précise de cette espèce d’après la morphologie, l’aire de répartition (à partir des résultats de la recherche) et l’écologie.
  • Élaborer un outil d’identification (dépliant, légende, guide) pour illustrer les différences entre la limace à manteau de la Caroline et les espèces similaires.
  • Distribuer des renseignements sur l’identification aux gestionnaires des terres, aux groupes de naturalistes, aux événements bioblitz ou à d’autres initiatives de science citoyenne, ainsi que sur les plateformes de médias sociaux.
Lacunes dans les connaissances :
  • répartition et taille des populations
Critique À court terme Inventaire, suivi et évaluation 1.3 Faire appel à des bénévoles (par exemple naturalistes locaux, intendants des terres, experts) pour effectuer des relevés dans le cadre des recherches sur l’espèce visant à déterminer les nouveaux sites d’occurrence potentiels.
  • Compiler les données relatives aux travaux de recherche positifs et organiser une vérification génétique dans les nouveaux sites.
  • Compiler les données relatives aux travaux de recherche pour les relevés négatifs afin d’affiner la cartographie de la répartition.
Lacunes dans les connaissances :
  • répartition et taille des populations
Objectif 2 : Évaluer et atténuer les menaces qui pèsent sur tous les sites connus où l’espèce est présente ou l’a été en Ontario
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Critique À court terme Gestion 2.1 Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion spécifiques aux sites qui déterminent les menaces et leurs mesures d’atténuation.
  • Évaluer les sous-populations existantes afin de cibler/d’évaluer les menaces qui pèsent sur l’espèce et son habitat, notamment les effets des inondations et la perte d’habitat due à l’érosion.
  • Inclure les considérations relatives aux stratégies de gestion en cours pour d’autres espèces qui pourraient également avoir une incidence sur la limace à manteau de la Caroline (par exemple épandage de pesticides, brûlages dirigés, aménagement de sentiers).
Menaces :
  • toutes
Critique À court terme Gestion 2.2 Évaluer et atténuer, le cas échéant, les menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline pouvant être causées par les espèces envahissantes et les espèces indigènes problématiques, en particulier les limaces exotiques, les plantes envahissantes, le Dindon sauvage, le Faisan de Colchide et les lombrics non indigènes.
  • Évaluer et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger l’espèce de la concurrence directe, de même que de la dégradation et de la perte d’habitat résultant des modifications de l’écosystème associées aux espèces envahissantes.
  • Évaluer et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour atténuer les effets des espèces végétales envahissantes, telles que l’alliaire officinale et le roseau commun.
  • Évaluer et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger l’espèce de la prédation par le Dindon sauvage et le Faisan de Colchide.
Menaces :
  • espèces envahissantes

Lacunes dans les connaissances :

  • écologie de l’espèce
Critique À long terme

Suivi et production de rapports

2.3 Observer les effets des changements climatiques et des conditions météorologiques extrêmes sur l’espèce et son habitat.
  • Assurer le suivi du rendement de la limace à manteau de la Caroline (par exemple reproduction, alimentation, dispersion, taux de mortalité) par rapport aux variations microclimatiques dans l’habitat.
Menaces :
  • changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Lacunes dans les connaissances :

  • écologie de l’espèce
Objectif 3 : Mener et/ou soutenir des recherches qui comblent des lacunes dans les connaissances liées à la biologie, à la taille de la population et aux exigences en matière d’habitat qui éclairent les activités de rétablissement
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Critique À court terme Recherche 3.1 Mobiliser la communauté scientifique pour qu’elle participe à la recherche afin de combler les connaissances, notamment :
  • taille minimale viable de la population;
  • caractéristiques inconnues du cycle vital et de leurs fluctuations (c’est-à-dire si l’espèce présente un taux de mortalité élevé périodique suivi d’une augmentation de la population, qui se répète dans un intervalle précis);
  • diversité génétique;
  • techniques de gestion visant à éliminer les obstacles à la dynamique naturelle (par exemple perte de connectivité entre les microhabitats ou perte d’agents de dispersion);
  • ressources alimentaires essentielles;
  • taille du domaine vital.
Lacunes dans les connaissances :
  • écologie de l’espèce
Bénéfique À long terme Gestion, protection

3.2 Étudier la faisabilité et les résultats des mesures visant à augmenter la population (par exemple élevage en captivité, reproduction assistée, lâcher de juvéniles).

Lacunes dans les connaissances :
  • écologie de l’espèce
Critique À court terme Recherche 3.3 Mener des recherches sur les répercussions des espèces envahissantes et des espèces indigènes problématiques qui peuvent menacer la limace à manteau de la Caroline, en particulier les limaces exotiques, les plantes envahissantes, le Dindon sauvage, le Faisan de Colchide et les lombrics non indigènes.
  • Mesurer les répercussions associées à différentes espèces indigènes envahissantes et problématiques, comme la compétition pour l’alimentation et les abris, les taux de prédation et la destruction de l’habitat.
  • Étudier la possibilité de réduire les espèces non indigènes, les espèces indigènes problématiques et les prédateurs introduits ou d’en contrôler la propagation.
Menaces :
  • espèces envahissantes

Lacunes dans les connaissances :

  • écologie de l’espèce
Critique À long terme Recherche 3.4 Mener des recherches sur les effets des changements climatiques et des conditions météorologiques extrêmes pour l’espèce et son habitat.
  • Étudier l’étendue des stratégies d’adaptation connues de la limace à manteau de la Caroline aux variations climatiques et déterminer la capacité de l’espèce à résister aux changements climatiques par le biais d’expériences en laboratoire utilisant des individus prélevés sur le terrain.
Menaces :
  • changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Lacunes dans les connaissances :

  • écologie de l’espèce
Critique À court terme Recherche 3.5 Déterminer la meilleure façon de créer/d’améliorer le microhabitat.
  • Déterminer la densité/configuration et les espèces optimales de gros débris ligneux, de litière de feuilles et d’espèces fongiques.
Menaces :
  • changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
  • perturbations humaines

Lacunes dans les connaissances :

  • écologie de l’espèce
Objectif 4 : Améliorer et/ou créer de l’habitat, lorsqu’il est possible et nécessaire de le faire, afin d’augmenter la disponibilité de l’habitat pour les sous-populations existantes
Priorité relative Échéancier relatif Volet du rétablissement Approche de rétablissement Menaces ou lacunes dans les connaissances visées
Critique En cours Gestion, protection, intendance 4.1 Déterminer, protéger et/ou créer des microhabitats appropriés.
  • Envisager des possibilités telles que l’augmentation de l’abondance et de la diversité (espèces et taille) des troncs d’arbres indigènes en décomposition au stade avancé, de la litière de feuilles comportant des morceaux de bois (branches et écorce) et des champignons dans l’habitat.
Menaces :
  • changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
  • perturbations humaines
Bénéfique À long terme Gestion, protection 4.2 Cerner les possibilités de remise en état de l’habitat qui favorisent la connectivité entre les milieux occupés dans la zone naturelle afin de permettre la dispersion (nouvelles zones boisées, parcelles de microhabitat convenable).
  • La plantation de haies, de bandes d’herbes sauvages et de polycultures (plusieurs espèces de plantes) devrait être envisagée pour augmenter la probabilité de dispersion à long terme et d’expansion de la population de l’espèce, comme pour l’Elona quimperiana (500 m en 50 ans; Lebourcq, 2020).
  • Ces zones doivent être exemptes d’intrants chimiques.
Menaces :
  • perturbations humaines
  • espèces envahissantes
  • changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
Bénéfique À long terme

Suivi et production de rapports

4.3 Faire le suivi et évaluer le succès des activités de rétablissement et ajuster les mesures au besoin.

Menaces :
  • toutes

2.4 Aire à prendre en considération dans l’élaboration d’un règlement sur la protection de l’habitat

En vertu de la LEVD, le programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation fournie ci‑dessous par l’auteur sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre, y compris les renseignements qui pourraient être nouvellement disponibles après l’achèvement du programme de rétablissement si un règlement relatif à l’habitat était élaboré pour cette espèce.

On dispose de peu de données sur les limites spatiales de l’habitat utilisé et la dispersion de la limace à manteau de la Caroline. Lorsque des données sur la taille du domaine vital, la capacité de dispersion et les principales caractéristiques de l’habitat qui sont essentielles au cycle vital de l’espèce seront disponibles, l’aire désignée comme habitat pourra être décrite plus précisément et devrait être réexaminée. D’après les meilleurs renseignements disponibles, il est recommandé que l’aire réglementée soit définie en fonction d’une aire écologique continue comprenant tous les écosites occupés ainsi que tous les écosites inoccupés adéquats situés à proximité immédiate de ceux‑ci. Les écosites représentent les schémas récurrents des espèces végétales dans un habitat donné, qui sont maintenus par une variété de facteurs environnementaux et définis par la géologie, les sols et la végétation (Lee et al., 1998).

Il est important de protéger des écosites entiers occupés par des sous‑populations existantes, car, compte tenu de la rareté de l’espèce, celle‑ci peut être présente dans l’ensemble de l’habitat sans être détectée partout. Il est également recommandé de protéger les écosites adjacents appropriés, mais inoccupés. Comme d’autres espèces de limaces et d’escargots, la limace à manteau de la Caroline peut utiliser des parcelles d’habitat au sein de différents écosystèmes lors de différentes saisons et pour diverses fonctions biologiques telles que l’alimentation et l’estivation/hibernation (Burch et Pearce, 1990). L’inclusion d’écosites convenables inoccupés adjacents à des écosites occupés augmente la probabilité que tous les éléments de l’habitat nécessaires à l’alimentation, à l’accouplement, à la nidification, à l’estivage et à l’hibernation de plusieurs générations soient inclus. L’inclusion d’écosites convenables adjacents favorise également l’expansion naturelle et la recolonisation des zones qui étaient occupées par le passé, mais qui ne sont peut‑être actuellement inoccupées qu’en raison d’une combinaison de perturbations historiques, de processus de remise en état en cours et d’une vitesse de recolonisation lente. Les écosystèmes convenables sont ceux qui fournissent un habitat forestier et/ou boisé et qui contiennent une quantité importante de litière de feuilles et de troncs/plantes en décomposition, tous ces éléments fournissant des microhabitats humides pour l’hibernation, l’estivation et la ponte des œufs. Ces types d’écosites et leurs caractéristiques pourront être affinés au fur et à mesure des recherches et des contrôles effectués pour combler les lacunes dans les connaissances.

Il est aussi recommandé d’ajouter une zone tampon de 90 mètres aux polygones d’écosites de la CET définis (comprenant à la fois les écosites occupés et les écosites adjacents convenables et inoccupés). Harper et al. (2005) ont passé en revue 44 études publiées sur les effets directs et indirects de la lisière des forêts afin de déterminer la distance moyenne d’influence sur la structure, les processus et la biodiversité des forêts. Bien que la profondeur de l’influence varie considérablement d’une mesure à l’autre et d’une région à l’autre, on estime, sur la base de cette analyse, qu’une distance tampon de 90 mètres est nécessaire pour préserver les propriétés importantes des microhabitats et pour réduire les effets de bordure. La zone tampon peut inclure un habitat non convenable à une occupation à long terme, mais doit exclure l’habitat dont on sait qu’il ne convient pas au maintien de microhabitats, tels que les paysages modifiés par l’humain, les infrastructures existantes et les plans d’eau (par exemple les routes, les terres agricoles, les zones urbaines, les jardins, les parcs sur la terre ferme et les lacs). Bien que l’intention première de la zone tampon de 90 mètres soit de maintenir un microhabitat approprié, cette zone tient également compte de l’utilisation temporaire d’un habitat voisin non convenable en fonction de la plus longue distance de dispersion à court terme mesurée chez les Polygyridés (32 m) (Edworthy et al., 2012).

La figure 3 de la partie 2 présente une représentation visuelle de la zone à prendre en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur la protection de l’habitat. Cette recommandation, y compris la zone tampon, tient compte de l’aire de répartition actuelle et historique de la limace à manteau de la Caroline afin de protéger directement l’espèce, de permettre l’expansion naturelle et la recolonisation, et de relier les écosites qui s’étendent dans l’ancienne aire de répartition de l’espèce en Ontario.

Figure 3 de la partie 2. Veuillez lire la description longue.

Figure 3 de la partie 2. Application schématique de la recommandation relative à la réglementation sur la protection de l’habitat de la limace à manteau de la Caroline. Pour les besoins de ce schéma, les zones sans bordure d’écosite doivent être considérées comme non convenables.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Map 1 = Carte 1

Draft Recovery Strategy for Carolina Mantleslug = Version provisoire du programme de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline

Hypothetical Example for Habitat Regulation Recommendation for Carolina Mantleslug = Exemple hypothétique de la recommandation relative à la réglementation sur l’habitat de la limace à manteau de la Caroline

Legend = Légende

Extant subpopulation = Sous-population existante

Regulated Area = Zone réglementée

Ecological Land Classification (ELC) = Classification écologique des terres (CET)

Occupied Site = Écosite occupé

Unoccupied Suitable Ecosite = Écosite convenable non occupé

Unsuitable Ecosite = Écosite non convenable

Unsuitable Habitat/Buffer Area = Habitat non convenable/zone tampon

Occupied/Suitable Ecosite Buffer (90m) = Zone tampon d’écosite occupée/convenable (90 m)

Natural Resource Solutions Inc. = Natural Resource Solutions Inc.

Aquatic, Terrestrial and Wetland Biologists = Biologistes des milieux aquatiques, terrestres et humides

Map produced by Natural Resource Solutions Inc. This map is proprietary and confidential and must not be duplicated or distributed by any means without express written permission of NRSI. Imagery: ESRI (2013). = Carte produite par Natural Resource Solutions Inc. Cette carte est exclusive et confidentielle et ne doit pas être reproduite ou distribuée par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite expresse de NRSI. Imagerie : ESRI (2013).

Project = Projet

NAD83 - UTM Zone 17 = Système de référence géodésique nord‑américain de 1983, Zone UTM 17

Size = Superficie

1:2,500 = 1:2 500

Description longue

Figure 3 de la partie 2. Cette figure illustre une application schématique hypothétique de la recommandation relative à la réglementation sur l’habitat de la limace à manteau de la Caroline. Elle comprend différents types de classifications écologiques des terres tracés autour de deux points indiquant des sous‑populations existantes. Ces deux points sont chacun entourés par des polygones d’écosite occupé. Entre les points et à droite du deuxième point se trouvent deux polygones d’écosite convenable non occupé. Tous ces polygones sont entourés d’une zone tampon d’écosite occupé/convenable (90 m), qui correspond également à une zone réglementée. La zone tampon contient aussi trois polygones d’écosite non convenable de superficie variable. Dans la partie sud de la carte, tout juste en dehors de la zone tampon, se trouve un petit polygone qui correspond à de l’habitat non convenable/zone tampon.

Glossaire

CET :
Classification écologique des terres.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
Comité créé en vertu de l’article 14 de la Loi sur les espèces en péril qui est responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation :
Classement attribué à une espèce ou à une communauté écologique, qui indique essentiellement le degré de rareté de cette espèce ou de cette communauté à l’échelle mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Ces classements, appelés cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Les cotes sont attribuées par NatureServe et, pour ce qui est des cotes S en Ontario, par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario. Le statut de conservation d’une espèce ou d’un écosystème est désigné par un chiffre allant de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S, qui reflètent l’échelle géographique de l’évaluation. La signification des chiffres est la suivante :
1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment en sécurité
5 = en sécurité
NR = non classé
Dard interne :
Pointe de carbonate de calcium située dans un sac pour faciliter la reproduction.
Différenciation phénotypique :
Variation des caractéristiques observables d’un individu résultant de l’interaction de ses gènes avec l’environnement.
Écosite :
Unité de paysage cartographiable intégrant un ensemble cohérent de facteurs environnementaux et de caractéristiques de la végétation.
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) :
Règlement pris en application de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui précise le statut officiel des espèces en péril en Ontario. Cette liste a été publiée initialement en 2004 à titre de politique et est devenue un règlement en 2008 (Règlement de l’Ontario 230/08).
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) :
Loi provinciale qui confère une protection aux espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
Loi fédérale assurant la protection des espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de la Loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril. Les annexes 2 et 3 contiennent des listes des espèces dont le statut demeurait à réévaluer au moment de l’entrée en vigueur de la Loi. Une fois que leur situation a été réévaluée et qu’elles ont été déclarées en péril, ces espèces suivent le processus d’inscription prévu par la LEP menant à leur inclusion à l’annexe 1.
Manteau :
Paroi dorsale (arrière/côté supérieur) du corps qui recouvre la masse viscérale (tissu plus mou, contenant la plupart des organes internes).
Molluscicides :
Pesticides destinés à une utilisation contre les mollusques.
Sympatrique :
Deux ou plusieurs espèces qui existent dans la même zone géographique.

Liste des abréviations

ADN :
Acide désoxyribonucléique
BOLDsystems :
Barcode of Life Data System
CLEF :
Conference and Labs of the Evaluation Forum
COSEPAC :
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
ISBN :
Numéro international normalisé du livre
LEP :
Loi sur les espèces en péril
LEVD :
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario
Liste des EEPEO :
Liste des espèces en péril en Ontario

Références

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Kaija, J. 2022. Communications téléphoniques et par courriel. 8 septembre 2022. Assistant Ecologist – Zone sud‑ouest, Parcs Ontario.

Partie 3 – Limace à manteau de la Caroline – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario.

Limace à manteau de la Caroline

Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement

La protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario

Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) est l’engagement législatif du gouvernement de l’Ontario en faveur de la protection et du rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.

En vertu de la LEVD, le gouvernement doit veiller à ce qu’un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement fournit au gouvernement des conseils scientifiques sur les mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce.

En règle générale, dans les neuf mois suivant l’élaboration d’un programme de rétablissement, la LEVD exige du gouvernement qu’il publie une déclaration résumant les priorités établies et les mesures qu’il entend prendre en réponse au programme de rétablissement. Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus du programme de rétablissement, la déclaration du gouvernement tient compte (le cas échéant) des contributions des communautés et organisations autochtones, des intervenants, d’autres autorités administratives et des membres du public. Elle reflète les meilleures connaissances locales et scientifiques disponibles, y compris les connaissances autochtones lorsqu’elles ont été communiquées par les communautés et les détenteurs du savoir, s’il y a lieu, et peut être adaptée si de nouveaux renseignements deviennent disponibles. Pour la mise en œuvre des mesures prévues dans la déclaration, la LEVD permet au gouvernement de déterminer ce qui est faisable, en tenant compte des facteurs sociaux, culturels et économiques.

Le Programme de rétablissement pour la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario a été parachevé le 12 juillet 2023.

La limace à manteau de la Caroline est une limace terrestre mesurant de 6 à 10 centimètres à l’âge adulte et dont tout le corps est couvert d’un manteau (l’enveloppe protectrice qui couvre le dessus de la limace) de couleur cendrée. Dans le sud-ouest de l’Ontario, son aire de répartition est morcelée.

La protection et le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline

La limace à manteau de la Caroline est inscrite sur la liste des espèces menacées en vertu de la LEVD, qui protège à la fois l’animal et son habitat. La LEVD interdit à quiconque de porter atteinte à ces espèces, de les harceler et d’endommager ou détruire leur habitat sans autorisation ou sans se conformer aux exigences d’une exemption réglementaire.

La limace à manteau de la Caroline est une espèce indigène de l’est de l’Amérique du Nord. Sa répartition est-ouest s’étend du Maine au Minnesota au nord, et de la Floride au Texas au sud. L’espèce n’est pas en péril dans la majeure partie de son aire de répartition aux États-Unis, à l’exception du Michigan, où elle est considérée comme une espèce préoccupante en vertu de la législation de l'État. Au Canada, l’espèce a une répartition très morcelée et n’est présente que dans le sud-ouest de l’Ontario.

En Ontario, l'aire de répartition de cette limace comprend sept sous-populations connues réparties entre l’île Pelée (trois sous-populations), Grape Fern Woods (dans le comté de Lambton), le parc provincial Wheatley, le parc provincial Rondeau et Sinclair’s Bush (dans la municipalité de Chatham-Kent). L’espèce était présente historiquement à un endroit près de Leamington (dans le comté d’Essex), mais sa situation n’a pas été confirmée depuis 1994 en raison du manque d’accès au site. Les tendances démographiques actuelles ou la viabilité des sous-populations subsistantes sont inconnues.

En Ontario, la limace à manteau de la Caroline se trouve principalement dans les zones riveraines ou dans les forêts basses, humides et anciennes dont le sol est sablonneux ou rocheux et où le bois bien décomposé est abondant. Comme d'autres espèces de limaces, la limace à manteau de la Caroline a probablement besoin de conditions précises de microhabitat humide, comme celles que l'on trouve sous les troncs en décomposition ou dans la litière de feuilles. Une communauté diversifiée de champignons et de lichens est présente dans tous les sites occupés connus et est considérée comme un besoin important en matière d'habitat.

La limace à manteau de la Caroline est une limace terrestre ovipare à respiration aérienne. Sans analyse génétique, elle peut être difficile à distinguer d’autres limaces apparentées. On pense que l'espèce atteint la maturité sexuelle en un an, et chaque limace possède des organes reproducteurs mâles et femelles. Les deux membres d’un couple reproducteur échangent du sperme et produisent des œufs. On estime le temps de génération à deux ans et, en se fondant sur d'autres limaces de taille similaire, la durée de vie maximale de l'espèce de trois à quatre ans. D'après des études en laboratoire, cette limace hibernerait en hiver et s'accouplerait au printemps, les œufs éclosant généralement en été (même si les œufs pondus à l'automne peuvent passer l'hiver et éclore au printemps suivant). L'espèce pond généralement une à deux couvées de 65 à 75 œufs, avec un taux d'éclosion allant de 40 à 75 %.

La limace à manteau de la Caroline est essentiellement inactive et a probablement un pouvoir de dispersion très limitée. Au cours des étés secs, on ne la trouve que dans ou sous des troncs d’arbre. En revanche, dans des conditions humides, on peut également la trouver dans la litière de feuilles. L'espèce est plus active à l'aube, au crépuscule ou la nuit. On connaît mal son alimentation, mais elle se nourrit probablement de champignons et de lichens. Elle peut également s’alimenter de bois en décomposition ou d'autres matières végétales en décomposition et jouer ainsi un rôle dans le cycle local des nutriments. La limace à manteau de la Caroline peut être l'hôte d'un certain nombre de nématodes et d'acariens parasites, et servir de proie à divers taxons (reptiles, amphibiens, oiseaux, insectes, petits mammifères et autres).

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les menaces qui pèsent actuellement sur la limace à manteau de la Caroline. La perte et la fragmentation de l'habitat ont été des menaces historiques qui ont contribué au déclin des populations, mais leurs effets actuels sont probablement négligeables dans les régions de l'Ontario où la présence de l’espèce est avérée. En raison de son faible pouvoir de dispersion et de sa dépendance à l'égard de microhabitats précis, la limace à manteau de la Caroline pourrait être particulièrement vulnérable au changement climatique et aux phénomènes météorologiques violents qui y sont associés, tels que les sécheresses, les inondations et les températures extrêmes. Les brûlages dirigés sont un outil important de gestion de l'habitat pour un grand nombre d’espèces et d'écosystèmes, mais les incendies peuvent affecter la survie des animaux vivant au sol, tels que les limaces, en modifiant ou en détruisant le microhabitat.

L’habitat de la limace à manteau de la Caroline peut également être dégradé par des espèces envahissantes, telles que divers types de vers de terre et de plantes non indigènes (par exemple, l’alliaire officinale [Alliaria petiolata] et le roseau commun, également connu sous le nom de phragmites envahissants [Phragmites australis ssp. australis]). Plusieurs limaces et escargots envahissants (par exemple, le grand luisant [Oxychilus draparnaudi] et la grande limace cendrée [Limax maximus]) peuvent également menacer la limace à manteau de la Caroline par une compétition directe pour la nourriture ou l’abri, mais on connaît mal les interactions entre ces espèces. En Ontario, le faisan de Colchide (Phasianus colchicus) et le dindon sauvage (Meleagris gallopavo), qui sont connus pour inclure des gastéropodes (limaces et escargots) à leur alimentation, pourraient également avoir un impact sur la limace à manteau de la Caroline, mais il n’y a actuellement aucune preuve que ces oiseaux se nourrissent de cette espèce.

Il existe encore d’importantes lacunes en matière de connaissances sur cette limace en Ontario, notamment sa répartition, sa situation et la viabilité des sous-populations, ses besoins en matière d'habitat, les interactions écologiques et les menaces qui pèsent sur elle. La présence actuelle et historique de l’espèce se limite à de petites parcelles d'un habitat très morcelé, et cette limace a besoin de conditions de microhabitat précises tout en ayant un pouvoir de dispersion limité. Le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline nécessitera des recherches pour mieux comprendre les menaces qui pèsent sur l'espèce et les mesures d'atténuation appropriées, une surveillance permettant de confirmer la présence de l'espèce ainsi que des activités de protection et d'entretien de l'habitat existant pour garantir la persistance des sous-populations actuelles.

Objectif de rétablissement du gouvernement

L’objectif du gouvernement concernant le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline est de maintenir ou de rétablir des sous‑populations autonomes là où l’espèce est présente en Ontario, lorsque cela est possible.

Mesures

La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme ne dispose à lui seul des connaissances, de l’autorité ou des ressources financières nécessaires pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l’Ontario. Le succès du rétablissement nécessite une coopération intergouvernementale et la participation d’un grand nombre de personnes, d’organisations et de communautés. Lors de l’élaboration de la présente déclaration, le gouvernement a envisagé les mesures qu’il pourrait mener directement et celles que ses partenaires de conservation pourraient entreprendre avec son appui.

Mesures menées par le gouvernement

Afin de protéger et de rétablir la limace à manteau de la Caroline, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes :

Mesures appuyées par le gouvernement

Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu’il juge nécessaires à la protection et au rétablissement de la limace à manteau de la Caroline. Le Programme d'intendance des espèces en péril pourrait accorder la priorité aux mesures identifiées comme étant « hautement prioritaires » aux fins de financement. Lorsque cela est raisonnable, le gouvernement tiendra également compte de la priorité accordée à ces mesures lors de l’examen et de la délivrance d’autorisations en vertu de la LEVD. Il est conseillé aux autres organismes de tenir compte de ces priorités lorsqu’ils élaborent des projets ou des plans d’atténuation relatifs à des espèces en péril.

Priorités : recherche

Objectif : Combler les lacunes dans les connaissances relatives à la biologie, aux menaces et aux techniques de gestion qui concernent la limace à manteau de la Caroline.

Pour soutenir des efforts efficaces de protection et de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline, il faut mieux connaître les causes du déclin de l’espèce. L'étude de la réaction de l'espèce aux diverses menaces connues et possibles permettra de concentrer les efforts de rétablissement sur les mesures les plus bénéfiques pour l'espèce. Il est nécessaire d'approfondir les connaissances sur la biologie de la limace à manteau de la Caroline, notamment sur son cycle biologique, ses besoins alimentaires et son pouvoir de dispersion, afin de soutenir la gestion de l'espèce et de son habitat. Pour faciliter les efforts de surveillance, il sera important d’élaborer des outils génétiques permettant d'identifier l'espèce avec certitude. Compte tenu de la rareté de l'espèce et de son aire de répartition limitée, des travaux sont également nécessaires pour déterminer si une gestion active de la population peut être nécessaire et, le cas échéant, établir la faisabilité de la mise en œuvre de telles mesures. Le cas échéant, les activités de recherche entreprises devraient prendre en compte les effets possibles sur la population ontarienne s’ils sont susceptibles de toucher des membres de l’espèce vivant dans la nature sauvage.

Mesures

1. (Hautement prioritaire) Étudier les effets et la gravité des menaces connues et potentielles qui pèsent sur la limace à manteau de la Caroline et son habitat, et identifier les mesures d’atténuation possibles suivant les besoins. Les domaines de recherche ciblés peuvent être les suivants :

  1. l’incidence des espèces envahissantes, indigènes et introduites, telles que les limaces exotiques, les vers de terre non indigènes, les plantes envahissantes, le dindon sauvage et le faisan de Colchide
  2. la possibilité de réduire ou de contrôler les espèces envahissantes et les espèces indigènes problématiques
  3. les effets du changement climatique et des phénomènes météorologiques violents sur l'espèce et son habitat, et l'étendue de la capacité de l'espèce à s'adapter aux variations climatiques

2. (Hautement prioritaire) Étudier et élaborer des outils d'analyse génétique, tels que le codage à barres et les méthodes d'évaluation de l'ADN environnemental, afin de distinguer de manière fiable la limace de Caroline d’autres limaces d'apparence similaire présentes sur les sites (par exemple, les espèces Philomycus, Pallifera et Megapallifera).

3. Mener des recherches afin d'améliorer les connaissances sur la biologie et l'écologie de la limace à manteau de la Caroline, telles que les caractéristiques du cycle biologique, les fluctuations de la taille des populations, la taille minimale viable des populations, la diversité génétique, l’alimentation, le pouvoir de dispersion et la taille de l’aire de répartition d'origine.

4. Étudier la nécessité, la faisabilité et les résultats des mesures d'augmentation de la population (par exemple, élevage en captivité, reproduction assistée, programme d’avantage de croissance).

Priorités : surveillance

Objectif : Étudier la répartition de la limace à manteau de la Caroline en Ontario, et surveiller les sous-populations existantes, leur habitat et les menaces spécifiques aux sites en question.

Afin de mieux cibler les mesures visant à soutenir la protection et le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline, il est important de comprendre où cette espèce est présente dans la province. L’utilisation de méthodes de relevé standard et la réalisation de relevés dans des zones où l’espèce a déjà été observée ou dans lesquelles il existe un habitat approprié contribueront à combler les lacunes dans les connaissances sur la répartition de l’espèce et la situation des sous-populations. La surveillance continue des sites subsistants, de l’état de l’habitat et des menaces spécifiques aux sites aidera à comprendre les mesures de gestion appropriées requises pour chaque site. Il sera également important de contrôler l’efficacité des activités de gestion et d’adapter les méthodes de rétablissement selon les besoins.

Mesures

5. (Hautement prioritaire) Élaborer et mettre en œuvre un protocole normalisé de relevé et de surveillance de la limace à manteau de la Caroline en Ontario. Ce protocole doit permettre de documenter et de surveiller :

  1. la présence ou l'absence sur un site, y compris les sites qui sont actuellement considérés comme occupés, les sites qui ont été historiquement occupés et qui offrent encore un habitat approprié et les nouveaux sites potentiels dans l'aire de répartition historique de l'espèce qui n'ont pas encore fait l’objet de relevés, mais qui pourraient être occupés du fait de la présence d'un habitat approprié
  2. les caractéristiques des sous-populations (par exemple, abondance, démographie, viabilité)
  3. les menaces spécifiques aux sites
  4. l’efficacité des activités de gestion dans les sites occupés
  5. la vérification génétique de la présence de l’espèce sur de nouveaux sites
Priorités : gestion

Objectif : Maintenir ou améliorer l’habitat de la limace à manteau de la Caroline et atténuer les menaces pesant sur les sous-populations subsistantes en Ontario.

La limace à manteau de la Caroline peut être affectée par plusieurs menaces, notamment le changement climatique et les phénomènes météorologiques violents, les polluants ainsi que les espèces indigènes envahissantes et problématiques. Les efforts de gestion devraient se concentrer sur le maintien ou l’amélioration de l’habitat et la réduction des menaces afin de soutenir la protection et le rétablissement de l’espèce là où son existence est connue. Lorsque cela permet de favoriser la dispersion naturelle, des mesures devraient être prises pour améliorer la connectivité et renforcer l’habitat approprié aux abords immédiats de sites connus. Si les recherches déterminent qu’une augmentation de la population est nécessaire pour atteindre l’objectif de rétablissement et qu’il existe des méthodes réalisables susceptibles d’aboutir à des sous-populations autonomes, des mesures d’augmentation devraient être envisagées.

Le succès du rétablissement dépend d'une collaboration continue entre les différents ordres de gouvernement, les propriétaires fonciers et les autres parties prenantes. L'aire de répartition connue de l'espèce se trouve essentiellement sur des terres gérées par des organismes publics ou privés à des fins de conservation. Les organisations de conservation et les partenaires locaux participent activement à l'entretien et à la restauration de ces zones (par exemple, par des brûlages dirigés) afin de soutenir la protection et le rétablissement de diverses espèces en péril. Étant donné l’incidence que certaines activités de gestion peuvent avoir sur la limace à manteau de la Caroline, la collaboration dans le cadre de ces efforts permettra d'améliorer la protection et le rétablissement de toutes les espèces en péril présentes.

Mesures

6. (Hautement prioritaire) Collaborer avec les municipalités, les partenaires de la conservation, les propriétaires fonciers et les responsables de la gestion des terres pour entreprendre la restauration ou l’amélioration de l’habitat afin d’atténuer les menaces et d’améliorer la qualité et la disponibilité de l’habitat pour la limace à manteau de la Caroline, notamment :

  1. identifier, protéger ou créer un microhabitat approprié (par exemple, en renforçant l’abondance et la diversité des troncs d’arbres indigènes enF décomposition au stade avancé, de la litière de feuilles et des champignons)
  2. améliorer la connectivité entre les habitats occupés (par exemple, en plantant des haies, des bandes de végétation herbacée et des polycultures [espèces végétales multiples])
  3. atténuer les effets des espèces envahissantes et des espèces indigènes problématiques en utilisant des approches fondées sur des données probantes (par exemple, des pratiques exemplaires de gestion qui minimisent les risques pour les espèces en péril) chaque fois que cela est possible
  4. iv. limiter les intrants chimiques (par exemple, pesticides et métaux lourds) dans les habitats occupés et les habitats qui les relient

7. Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion spécifiques aux sites, qui identifient et atténuent les menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline et son habitat, ou mettre à jour les plans de gestion existants selon le cas. Les plans devraient prendre en compte les incidences des stratégies de gestion en cours pour d'autres espèces (par exemple, application de pesticides, brûlages dirigés).

8. Si cela est jugé nécessaire et faisable, mettre en œuvre, surveiller et adapter des mesures d’augmentation pour les sous-populations locales, en mettant l’accent sur les populations qui présentent un risque élevé de disparition et une forte probabilité de devenir autonomes.

Priorités : sensibilisation et mobilisation

Objectif : Accroître le niveau de sensibilisation et de participation du public à la protection et au rétablissement de la limace à manteau de la Caroline.

Le fait de sensibiliser davantage le public à cette espèce et d’encourager la participation à la surveillance contribuera aux efforts de rétablissement en déterminant les lieux de la province où vit la limace à manteau de la Caroline, y compris sur des terres privées. Il est également important d'améliorer la sensibilisation à l'espèce et aux menaces qui pèsent sur elle parmi les partenaires de conservation qui envisageraient de mener des efforts d'intendance ou qui participent à l'élaboration de plans de gestion des propriétés.

Mesures

9. Élaborer un outil d'identification pour illustrer les différences entre la limace à manteau de la Caroline et d’autres espèces d’aspect similaire, et distribuer cet outil aux responsables de la gestion des terres, aux groupes de naturalistes et aux scientifiques citoyens.

10. Demander à des bénévoles (par exemple, naturalistes, responsables de la gestion des terres, experts) de participer aux relevés et aux efforts de surveillance et d'intendance en faveur de la limace à manteau de la Caroline.

Mise en œuvre des mesures

Le Programme d’intendance des espèces en péril peut offrir une aide financière pour la mise en œuvre de mesures. Il est conseillé aux partenaires de conservation de discuter avec le personnel du ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de propositions de projets se rapportant aux mesures énoncées dans la présente déclaration. Le gouvernement de l'Ontario peut également fournir des conseils sur les exigences de la LEVD, sur la nécessité éventuelle d'une autorisation ou d'une exemption réglementaire pour le projet et, le cas échéant, sur les types d’autorisation et/ou les exemptions conditionnelles auxquelles l'activité peut prétendre. La mise en œuvre des mesures pourra être modifiée en fonction de l’évolution des priorités touchant l’ensemble des espèces en péril, des ressources disponibles et de la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en œuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l’exigent.

Mesures de rendement

Les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif gouvernemental de rétablissement de la limace à manteau de la Caroline seront évalués en fonction des mesures de rendement suivantes :

Examen des progrès accomplis

La LEVD exige du gouvernement de l’Ontario qu’il procède à un examen des progrès réalisés en matière de protection et de rétablissement d’une espèce au plus tard à la date indiquée dans la déclaration du gouvernement. Cette date a été fixée à cinq ans. L’examen permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour assurer la protection et le rétablissement de la limace à manteau de la Caroline.

Remerciements

Nous tenons à remercier de leur dévouement à la protection et au rétablissement des espèces en péril toutes les personnes qui ont participé à l’élaboration des programmes de rétablissement et de la déclaration du gouvernement pour la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) en Ontario.

Renseignements supplémentaires

Visitez le site Web des Espèces en péril de l'Ontario.

Communiquez avec le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs au numéro :

1 800 565-4923

ATS : 1 855 515-2759

www.ontario.ca/environnement

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2025-08-14