Phosphore dans les écosystèmes aquatiques : chapitre 3


État et tendances du phosphore dans les plans d’eau du Canada

La carte suivante présente les concentrations médianes de phosphore mesurées aux sites de suivi. Il est important de noter que certaines régions du Canada présentent des concentrations de phosphore total naturellement faibles (c.-à-d. plans d’eau oligotrophes) et d’autres possèdent des concentrations naturellement élevées (c.-à-d. plans d’eau eutrophes). Ainsi, les impacts des apports excessifs de nutriments, comme les proliférations d’algues, peuvent être observés dans toutes les régions, même celles décrites comme oligotrophes ou mésotrophes. Ces impacts peuvent être particulièrement marqués là où la proportion de phosphore dissous est élevée comparativement au phosphore total.

 Concentration de phosphore total et rapport phosphore total dissous (PTD)/phosphore total (PT) dans les rivières et les Grands Lacs du Canada, de 2004 à 2006 (d’après les valeurs médianes).

Sites canadiens de monitoring de la qualité de l’eau et leur état trophique associé aux concentrations de phosphore total et de phosphore total dissous (2004-2006).

Notes : Un rapport PTD/PT élevé indique une proportion plus élevée du phosphore rapidement utilisable pour l’absorption par les plantes (c.-à-d. non lié aux sédiments). Les données de PTD n’étaient pas disponibles pour les sites identifiés par un carré (□), à l’exception de deux sites, Bow River au lac Louise (Alberta) et Callaghan Creek au lac Callaghan (Colombie-Britannique), où les concentrations médianes de phosphore étaient inférieures aux limites de détection et où un rapport ne pouvait être déterminé avec exactitude.

Source des données : Les réseaux de suivi de la qualité de l’eau d’Environnement Canada, y compris les réseaux conjoints avec le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, le Department of Environment and Conservation de Terre-Neuve-et-Labrador, le Department of Environment, Energy and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard et le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Les résultats récents pour le phosphore total (PT) et le phosphore total dissous (PTD) (2004-2006) indiquent que…

  • Dans l’ensemble, la concentration médiane de PTet de PTD était de 0,014 et 0,005 mg/L, respectivement; toutefois, la concentration de PTvariait entre < 0,0005 et 1,88 mg/L, alors que celle de PTD variait entre < 0,0005 et 1,60 mg/L.
  • 70 % des sites présentant des concentrations élevées de PT (eutrophes et hyper-eutrophes) étaient situés dans les bassins Arctique et du fleuve Nelson (c.-à-d. les bassins versants des Prairies et du Nord).
  • Des concentrations intermédiaires ont été mesurées dans les lacs Érié et Ontario et, sauf pour quelques valeurs élevées, dans les bassins versants du Pacifique et de l’Atlantique (tant les provinces maritimes que Terre-Neuve-et-Labrador)
  • Les plus faibles concentrations ont été enregistrées dans les cours d’eau des montagnes des bassins versants du Yukon, du Pacifique et du Nelson supérieur, et dans les Grands Lacs supérieurs (lacs Supérieur et Huron et baie Georgienne).
  • Les concentrations plus élevées de phosphore sont habituellement observées dans la portion inférieure du bassin versant, comparativement aux sites plus en amont. Cette tendance a été observée dans le fleuve Fraser, la rivière Saskatchewan Sud, les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent et est en partie attribuable à l’effet cumulatif des activités humaines dans les portions inférieures des bassins versants, mais aussi aux changements naturels dans les rivières se produisant tout au long de leurs cours.
  • Le rapport PTD/PT mesuré à chaque site variait de 3 % à presque 90 %. Un rapport de 3 % indique que la majeure partie du phosphore est liée aux matière en suspension dans l’eau. Un rapport de 90 % indique que la majorité du phosphore est dissoute et est rapidement assimilable par les plantes.
  • Le rapport PTD/PT varie entre les rivières et les lacs dans l’ensemble du pays et n’est pas nécessairement lié à la quantité totale de P dans le plan d’eau. Certains sites présentant des teneurs en PTélevées ont des concentrations de PTD faibles, alors que d’autres sites ont une proportion relativement élevée de PTD, et ce, même à l’intérieur du même bassin. L’hydrologie locale de la rivière, les apports de sources ponctuelles et l’utilisation du territoire contribuent vraisemblablement à ces variations.

Tendances des concentrations de phosphore total et de phosphore total dissous (1990 à 2006)

Sites canadiens de monitoring de la qualité de l’eau et leur tendance associée aux concentrations de phosphore total et de phosphore total dissous (1990-2006).

Source des données : Les réseaux de suivi de la qualité de l’eau d’Environnement Canada, y compris les réseaux conjoints avec le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, le Department of Environment and Conservation de Terre-Neuve-et-Labrador, le Department of Environment, Energy and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard et le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Les résultats de l’analyse des tendances indiquent que…

  • Des 75 sites comportant des données sur le phosphore total (PT), 16 sites (21 %) présentaient des hausses, 23 sites (31 %) affichaient des diminutions et 36 sites (48 %) n’indiquaient aucun changement au cours de la période de 1990 à 2006.
  • Pour la moitié des sites présentant des hausses du PT, l’ampleur de la hausse était assez élevée pour entraîner un changement de catégorie de l’état trophique d’au moins une classe (p. ex., passage d’oligotrophe à mésotrophe).
  • Des 39 sites comportant des données sur le phosphore total dissous (PTD), 14 sites (36 %) affichaient des hausses, 9 sites (23 %) présentaient des diminutions et 16 sites (41 %) ne montraient aucun changement.
  • Des 39 sites comportant des données sur les deux formes de phosphore, 30 sites présentaient des résultats comparables, dont 9 sites avec des hausses simultanées, 8 sites avec des diminutions simultanées et 13 sites sans changement simultané. Les résultats sur les tendances des 9 autres sites différaient pour les deux fractions du phosphore, mais seulement 2 sites présentaient des tendances opposées. Il s’agit de deux sites à l’exutoire de lacs (lacs Ontario et Érié) qui affichaient une hausse du PTD et une baisse du PT. Dans les deux cas, ce changement dans la dynamique des nutriments pourrait être relié à la présence des moules zébrées envahissantes qui filtrent les algues et les autres matières en suspension contenant du phosphore et qui excrètent le phosphore dissous.
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :