Le cheminement du Canada vers l’égalité des genres

Fort de plus de 50 ans d’action fédérale

Il n’y a pas si longtemps, le Canada était bien différent…

Les femmes devaient obtenir la signature de leur mari ou de leur père pour ouvrir un compte bancaire. Peu de femmes travaillaient à l’extérieur du foyer, et encore moins occupaient des postes décisionnels au sein des entreprises ou en politique. La contraception était illégale, et les femmes pouvaient perdre leur emploi en raison d’une grossesse.

Le mariage entre personnes de même sexe était illégal, ce qui empêchait bien des gens d’épouser la personne aimée. Le Code criminel canadien criminalisait les identités 2ELGBTQI+, ce qui a mené à des arrestations, à des condamnations et à de la discriminationNote de bas de page 1 . Les personnes 2ELGBTQI+ servant dans les Forces armées canadiennes, à la Gendarmerie royale du Canada et dans la fonction publique fédérale étaient harcelées, interrogées et, dans de nombreux cas, congédiées, simplement parce qu’elles étaient elles-mêmesNote de bas de page 2 .

Aujourd’hui, la situation est très différente grâce à des décennies de travail accompli par tous les ordres de gouvernement, des organisations de la société civile, des personnes militantes à la défense des droits, ainsi que par des personnes partout au pays qui ont œuvré en faveur du changement et de l’égalité.

Pourtant, le chemin vers une véritable égalité des genres est loin d’être terminé.

Alors que Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC) souligne plus de 50 ans d’action fédérale visant à faire progresser l’égalité des genres au Canada, nous revenons sur les progrès importants réalisés et nous réfléchissons au travail qui reste à accomplir pour atteindre l’égalité, afin que chaque personne puisse réaliser son plein potentiel.

S’appuyer sur les progrès réalisés

Le mouvement en faveur de l’égalité remonte à bien avant la création de Condition féminine Canada en 1976.

En 1918, les femmes ont obtenu le droit de vote au niveau fédéral. Toutefois, cette avancée historique a laissé de nombreuses personnes de côté. Les femmes d’origine asiatique ont été exclues du droit de vote jusqu’en 1948, et les femmes des Premières Nations, jusqu’en 1960Note de bas de page 3 .

Les femmes au Canada n’ont même pas été légalement considérées comme des « personnes » avant 1929, années où les Célèbres cinq ont mené avec succès une campagne visant à modifier cette définition dans la Loi sur l’Amérique du Nord britanniqueNote de bas de page 4 . Cette décision historique a permis aux femmes de siéger au Sénat du Canada et a ouvert la voie à une participation plus entière à la vie publique et politique.

Tout au long de l’histoire, les obstacles étaient encore plus importants pour certaines femmes sous-représentées, notamment les femmes autochtones, les femmes racisées, les femmes en situation de handicap, les nouvelles arrivantes, les femmes migrantes et les femmes issues des communautés 2ELGBTQI+.

Un appel à l’action

Dans les années 1960, alors que le mouvement de libération des femmes prenait de l’ampleur dans le monde entier, la population canadienne a réclamé des mesures pour remédier aux inégalités et a milité en faveur d’une société plus inclusive.

Laura Sabia
Laura Sabia
crédit photo : Doug Griffin
Judy LaMarsh
Judy LaMarsh
crédit photo : Chambre des communes 1966

En 1966, Laura Sabia a mobilisé 32 groupes de femmes pour réclamer une action fédérale  en faveur des droits des femmes, allant jusqu’à promettre une marche de deux millions de femmes sur la Colline du Parlement. Cette pression, soutenue par la ministre Judy LaMarsh, a mené à la création de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada en 1967. C’était la première fois que le gouvernement du Canada examinait, de manière coordonnée, les obstacles auxquels les femmes étaient confrontées partout au pays.

Lorsque la Commission royale a publié son rapport historique en 1970, celui-ci comptait 167 recommandations d’action fédérale, touchant tous les domaines, de l’économie et de l’éducation à la garde d’enfants et à l’immigration, sans toutefois aborder la violence fondée sur le sexe (VFS) ni les droits des personnes 2ELGBTQI+. Ce rapport a jeté les bases de changements importants dans les lois canadiennes et des progrès en matière d’égalité des genres.

L’une des recommandations préconisait la création d’un organisme fédéral responsable de superviser et de promouvoir l’égalité des genres. C’est ainsi que Condition féminine Canada a été créé en 1976, devenant le premier organisme fédéral voué à la promotion de l’égalité pour les femmes.

En 2018, Condition féminine Canada est devenu Femmes et Égalité des genres Canada, le premier ministère autonome du pays axé sur l’égalité. En tant que ministère, FEGC agit comme organisme central de coordination des efforts fédéraux visant à faire progresser l’égalité des genres au Canada, notamment en soutenant de nouveaux programmes, en investissant davantage de ressources et en favorisant l’élaboration de politiques inclusives pour l’ensemble de la population canadienne.

Certaines des recommandations du rapport de la Commission royale continuent d’être mises en œuvre aujourd’hui. À titre d’exemple, la recommandation du rapport concernant le soutien fédéral à un programme national de services de gardeNote de bas de page 5  s’est concrétisée en 2024 avec le projet de loi C-35, la Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada.

Des progrès constants vers l’égalité des genres

Les cinq dernières décennies ont été marquées par d’importantes avancées pour l’égalité des genres, soutenues par Condition féminine Canada (devenu par la suite le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres) et par d’autres ministères fédéraux.

Une étape marquante a été franchie dans les années 1980, lorsque la Charte canadienne des droits et libertés a inscrit l’égalité et les droits des femmes dans la Constitution. Cette mesure obligeait les gouvernements à traiter les femmes et les hommes de manière égale et à protéger les personnes contre la discrimination, renforçant ainsi les droits des femmes et leur protection en vertu de la loi.

Les progrès n’ont toutefois pas toujours été linéaires. En effet, en 1982, lorsque la question des « femmes battues » a été soulevée pour la première fois au Parlement par la députée Margaret Mitchell, des membres du Parlement ont ri à l’idée que le gouvernement doive intervenir. Aujourd’hui, FEGC dirige la stratégie Il est temps : la Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe et coordonne l’ensemble des initiatives fédérales visant à prévenir et à contrer la VFS. Le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, également dirigé par FEGC, mobilise les provinces et les territoires du Canada afin de travailler ensemble vers un objectif commun : bâtir un Canada exempt de violence fondée sur le sexe.

Les communautés 2ELGBTQI+ ont aussi joué un rôle déterminant dans l’avancement du changement grâce à l’activisme et à l’action juridique. En 2005, le Canada a légalisé le mariage entre personnes de même sexe dans l’ensemble du pays et, en 2017, la Loi canadienne sur les droits de la personne a été modifiée afin d’y inclure la protection de l’identité et de l’expression de genre. Par ailleurs, en 2016, une personne conseillère spéciale sur les enjeux liés à la communauté LGBTQ2 a été nommée et, peu de temps après, un Secrétariat 2ELGBTQI+ a été créé afin d’éclairer le gouvernement fédéral sur ces enjeux et sur les solutions possibles en travaillant directement avec des groupes 2ELGBTQI+ partout au pays. Aujourd’hui, le Plan d’action fédéral 2ELGBTQI+ dirigé par FEGC, vise à faire progresser les droits et l’égalité pour toutes les personnes 2ELGBTQI+ au Canada.

50 ans plus tard…

Aujourd’hui, les femmes intègrent le marché du travail en nombre recordNote de bas de page 6  , un taux qui se rapproche de celui des hommes. De plus, leurs revenus sont passés de 60 cents pour chaque dollar gagné par les hommes dans les années 1970 à environ 87 cents aujourd’huiNote de bas de page 7 . Les femmes sont également plus présentes dans les conseils d’administration et les postes de direction, et elles sont deux fois plus nombreuses à occuper ces fonctions qu’il y a cinquante ansNote de bas de page 8 . Les femmes participent davantage à la vie politique et, en 2015, le Cabinet fédéral a nommé pour la première fois un nombre égal d’hommes et de femmesNote de bas de page 9 .

L’éducation a également changé la donne. Dans les années 1970, moins d’un tiers des femmes avaient fait des études postsecondairesNote de bas de page 10  . Aujourd’hui, la plupart des femmes en âge de travailler possèdent un diplôme collégial ou universitaire, dépassant même les hommes et contribuant à faire du Canada l’un des pays les plus scolarisés au mondeNote de bas de page 11  .

Bien que ces changements soient dignes d’être célébrés, la pleine égalité demeure un objectif à atteindre. Les femmes au Canada continuent de faire face à un écart salarial entre les genres, le deuxième plus élevé parmi les pays du G7Note de bas de page 12 , et le Canada se classe au 69rang mondial pour la proportion de femmes siégeant dans les parlements nationauxNote de bas de page 13  . En outre, les femmes demeurent sous-représentées dans les domaines bien rémunérés, comme les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et surreprésentées dans les domaines moins rémunérés, comme les services, la santé et les soinsNote de bas de page 14 .

Des milieux de travail équitables, des politiques justes et des collectivités prospères ne se bâtissent pas du jour au lendemain : ils sont le fruit d’efforts constants et coordonnés au fil du temps. Femmes et Égalité des genres Canada poursuit ce travail essentiel en collaboration avec tous les ordres de gouvernement, des partenaires, des groupes autochtones, des personnes militantes à la défense des droits et des organismes d’un océan à l’autre. FEGC contribue à bâtir une société plus égalitaire et inclusive, notamment en :

  • finançant des organismes de femmes et de la société civile qui favorisent le changement dans leurs collectivités;
  • agissant pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe en investissant dans la prévention, en soutenant les victimes et les personnes survivantes et en renforçant les solutions communautaires, notamment par la mobilisation des hommes et des garçons;
  • fournissant des conseils sur les lois et les politiques au Canada et à l’échelle internationale, notamment auprès d’organisations multilatérales, comme les Nations Unies et le G7;
  • dirigeant et en soutenant l’utilisation de l’Analyse comparative entre les sexes Plus (ACS Plus) dans l’ensemble du gouvernement fédéral afin que les politiques, les programmes et la prise de décisions tiennent compte des réalités des femmes, des personnes 2ELGBTQI+ et des personnes de tous horizons;
  • soutenant et en menant des recherches pour mieux comprendre les défis liés à l’égalité des genres et orienter les actions du gouvernement;
  • favorisant une économie qui profite à tout le monde et où toutes les femmes et les personnes 2ELGBTQI+ ont un accès équitable à de bons emplois, à des postes de direction, à l’entrepreneuriat et à la sécurité financière.

Nous nous engageons à long terme pour susciter des changements qui perdureront pendant des générations.

Ensemble, nous bâtissons un Canada plus égalitaire et inclusif, où chaque personne peut s’épanouir, se sentir libre d’être elle-même et réaliser son plein potentiel. Nos valeurs canadiennes d’inclusion, d’équité et d’ambition nous guident pour bâtir un avenir où personne n’est laissé pour compte.

Détails de la page

2026-04-01