CIMM – Travailleurs étrangers temporaires – 21 octobre 2025
Messages clés
- Les deux programmes de travail temporaire du Canada ont des rôles complémentaires dans la gestion des pénuries de main‑d’œuvre et de compétences à court terme, lorsqu’aucun Canadien ou Canadienne n’est disponible; les programmes protègent également les travailleurs étrangers et domestiques.
- Au vu de l’augmentation insoutenable du nombre de travailleurs arrivant au Canada, des préoccupations actuelles concernant le chômage des jeunes et du mandat du gouvernement visant à réduire la population temporaire du Canada à moins de 5 %, des mesures étaient nécessaires pour mieux contrôler les volumes.
- En réponse à cet enjeu, IRCC et EDSC ont mis en place des mesures pour gérer les volumes et mieux harmoniser le Programme des travailleurs étrangers temporaires et le Programme de mobilité internationale avec les objectifs économiques et ceux du marché du travail, notamment :
- l’imposition de restrictions à deux grandes cohortes du Programme de mobilité internationale (PMI), à savoir les conjoints des travailleurs et des étudiants, et les titulaires de permis de travail postdiplôme; et,
- des changements au volet des postes à bas salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
- Comparativement à la même période (de janvier à août) l’année dernière, 146 200 nouveaux travailleurs temporaires de moins sont arrivés au Canada de janvier à août 2025, un signe clair que les mesures de recalibrage mises en place par le gouvernement donnent des résultats.
Faits et chiffres clés
- Conformément au Plan des niveaux d’immigration 2025-2027, les objectifs globaux en matière d’arrivées de travailleurs temporaires ont été fixés à 367 750 pour l’année 2025 (285 750 dans le cadre du PMI et 82 000 dans le cadre du PTET).
- Des baisses notables ont été enregistrées :
- depuis septembre 2024, le PTET a noté une diminution de 50 % du nombre de demandes reçues par le Programme à EDSC, y compris une réduction de 70 % du nombre de demandes liées à des travailleurs à bas salaire;
- Au 31 août 2025, la demande de nouveaux permis de travail dans le cadre du Programme de mobilité internationale (PMI) a diminué de 29 % par rapport à la même période (janvier à août) en 2024;
- Le PMI a enregistré une diminution de 16 % des délivrances de PTPD sur la période janvier-août 2025 par rapport à la période janvier-août 2024, passant de 123 024 à 107 609; et,
- Dans l’ensemble, au 31 août 2025, 146 200 nouveaux travailleurs de moins sont arrivés au Canada en 2025 par rapport à la même période (janvier à août) en 2024.
- Selon les estimations, le nombre de PTPD délivrés va continuer à diminuer en raison de la baisse du nombre de titulaires de permis d’études, et des réformes de recevabilité de PTPD de 2024, qui ont restreint les critères d’admissibilité.
- D’autres initiatives, comme les changements apportés aux permis de travail des conjoints, devraient produire des résultats à compter de la fin de 2025.
- Malgré la diminution des arrivées de nouveaux travailleurs temporaires depuis janvier, le nombre total de travailleurs temporaires au Canada a augmenté d’environ 2 %, principalement parce que nombre d’entre eux prolongent leur permis de travail plutôt que de quitter le pays.
- Au 31 août 2025, il y avait environ 1 489 645 personnes détenant un permis de travail au Canada, contre 1 460 115 à la fin de 2024.
- Il faudra du temps pour que les répercussions des mesures de recalibrage se manifestent. Le Ministère s’attend à ce que les réductions découlant de ces changements commencent à s’accélérer à la fin de 2025, et se poursuivent en 2026 et 2027.
- Le Ministère continuera de surveiller ces chiffres pour soutenir une approche équilibrée de la capacité d’adaptation du marché du travail, la protection des travailleurs et la croissance économique.
Faire face à la croissance insoutenable dans le cadre du PTET
- EDSC a pris des mesures pour réduire les volumes dans le cadre du PTET, afin d’appuyer l’objectif du gouvernement de réduire le pourcentage de résidents non permanents (RNP) à moins de 5 % de la population totale du Canada d’ici la fin de 2027. En septembre 2024, EDSC a apporté les changements suivants au volet des postes à bas salaire du programme :
- proportion de travailleurs étrangers temporaires pouvant être embauchés limitée à un plafond de 10 %;
- refus de traiter les demandes d’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) dans les régions métropolitaines de recensement (RMR) où le taux de chômage est de plus de 6 %; et,
- réduction de la durée maximale d’emploi de deux ans à un an.
- Les secteurs des soins de santé, de la construction et de la sécurité ou de la transformation alimentaire ne sont pas concernés par le plafond de 10 % et le refus de traitement.
- Depuis le 28 octobre 2024, les attestations de comptables ou d’avocats professionnels qui certifient la légitimité commerciale des employeurs ne sont plus acceptées, afin de s’assurer que seules les offres d’emploi authentiques et légitimes sont approuvées.
- Depuis le 8 novembre 2024, EDSC a pris la mesure supplémentaire d’augmenter de 20 % le seuil salarial du volet des postes à haut salaire, augmentant ainsi le nombre de postes assujettis aux règles plus strictes du volet des postes à bas salaire.
Si l’on insiste sur les offres d’emploi d’employeurs qui demandent des EIMT
- Une demande d’EIMT présentée par un employeur ne se traduit pas automatiquement par une EIMT approuvée et une délivrance subséquente d’un permis de travail à un travailleur étranger temporaire.
- L’employeur devra démontrer l’authenticité de cette offre d’emploi à EDSC, et prouver que le fait qu’un travailleur étranger temporaire occupe ce poste aura une incidence neutre ou positive sur le marché du travail.
Si l’on insiste sur les liens entre les travailleurs étrangers temporaires et le chômage chez les jeunes
- De nombreux facteurs contribuent au taux de chômage chez les jeunes. Une proportion élevée de travailleurs étrangers temporaires n’est pas nécessairement corrélée à un taux de chômage élevé chez les jeunes.
- Par exemple, la Colombie-Britannique compte le pourcentage de résidents non permanents le plus élevé par rapport à sa population (au 1er juillet 2025), mais avait en août 2025 l’un des taux de chômage les plus faibles chez les jeunes (et dans l’ensemble).
- En outre, le chômage chez les jeunes peut également être lié à des problèmes plus vastes sur le marché du travail qui ne sont pas liés aux résidents temporaires. Bien que le chômage chez les jeunes ait augmenté, le nombre de résidents temporaires a diminué dans les groupes d’âge plus jeunes.
- Par exemple, le nombre de permis d’études et de permis de travail postdiplôme ayant été délivrés a baissé, et le plafond mondial dans le cadre du programme Expérience internationale Canada a été réduit de 10 000 arrivées en 2024
Lutter contre la croissance insoutenable dans le cadre du PMI
- IRCC a également pris des mesures pour réduire le nombre de travailleurs dans le cadre du PMI, tout en veillant à ce que le Canada demeure concurrentiel pour attirer les meilleurs talents pouvant bénéficier à l’économie.
- Plus précisément, IRCC a instauré des restrictions pour deux des plus grandes cohortes du PMI, soit les conjoints de travailleurs et d’étudiants, et les titulaires d’un PTPD :
- Conjoints d’étudiants : Depuis le 21 janvier 2025, l’accès est limité aux personnes inscrites à des programmes de maîtrise d’une durée de 16 mois ou plus, à des programmes de doctorat, à certains programmes professionnels et à certains autres programmes admissibles.
- Conjoints de travailleurs temporaires : Depuis le 21 janvier 2025, l’accès est limité aux conjoints de travailleurs temporaires occupant des postes de gestion ou des postes professionnels (p. ex. cadres supérieurs, scientifiques) ou travaillant dans des secteurs ou des emplois liés aux priorités du gouvernement. Auparavant, les conjoints et les personnes à charge des travailleurs de tous niveaux de compétence étaient admissibles à un permis.
En 2024, les titulaires d’un permis de travail pour conjoint représentaient 13,7 % des titulaires de permis dans le cadre du PMI. Les récents changements apportés aux permis de travail pour conjoints commencent à porter leurs fruits et devraient continuer à entraîner une baisse des volumes à la fin de 2025.
- Entre janvier et juin 2024 et la même période en 2025, on a observé une baisse de 63 % des nouveaux permis de travail délivrés aux conjoints d’étudiants étrangers et une baisse de 39 % pour les conjoints de travailleurs peu spécialisés. Ces baisses reflètent les récentes restrictions introduites pour ces catégories, ainsi que les limites connexes des permis d’études touchant les conjoints d’étudiants. À l’avenir, le Ministère s’attend à ce que la tendance à la baisse se poursuive.
- IRCC a également mis à jour le programme des PTPD afin de mieux l’harmoniser avec les objectifs économiques et de favoriser de meilleurs résultats sur le marché du travail pour les étudiants :
- depuis le 15 mai 2024, les étudiants étrangers qui ont commencé leurs études dans des programmes dispensés par des établissements privés dans le cadre d’accords de licence de programmes d’études ont vu leur admissibilité révoquée; et,
- depuis le 1er novembre 2024, mise en œuvre d’exigences en matière de compétences linguistiques et limitation de l’admissibilité des étudiants diplômés de programme non universitaires aux domaines d’études liés à des professions en pénurie à long terme.
- En ce qui concerne les réformes du PTPD, en introduisant des exigences linguistiques minimales, en ciblant les champs d’études très recherchés et en mettant l’accent sur les programmes d’études menant à un diplôme, le PTPD est mieux placé pour créer un vivier d’étudiants diplômés dont les compétences correspondent aux besoins de main‑d’œuvre à long terme du Canada.
- En 2024, les titulaires d’un PTPD représentaient 27,1 % des titulaires de permis dans le cadre du PMI. Entre janvier et août 2025, le nombre de PTPD délivrés a diminué de 16 % par rapport à la même période en 2024, passant de 128 624 à 107 609.
Accès au marché du travail des titulaires de permis de travail sous-employés
- IRCC améliore l’accès au marché du travail pour les titulaires de permis de travail ouverts, notamment les demandeurs d’asile. Cela inclut un accès rapide à des permis de travail ouverts, ce qui permet aux demandeurs d’asile de travailler n’importe où au Canada et pour n’importe quel employeur. Au 31 août 2025, environ 227 000 demandeurs d’asile avaient un permis de travail ouvert.
- De plus, IRCC collabore avec les provinces et les municipalités pour établir des liens entre demandeurs d’asile et employeurs potentiels afin de faciliter l’embauche, notamment dans le cadre de l’organisation de salons de l’emploi et d’autres événements liés à l’emploi dans les hôtels et centres d’accueil financés par IRCC.
- Le gouvernement souhaite avec ces efforts aider les demandeurs d’asile à subvenir à leurs besoins pendant qu’ils attendent que leur demande soit traitée, et à aider les employeurs à combler des lacunes essentielles sur le marché du travail avant de se tourner vers l’embauche de travailleurs étrangers.
Protection des travailleurs et conformité avec les Programmes des travailleurs étrangers temporaires
- Au Canada, les travailleurs étrangers temporaires bénéficient des mêmes protections en milieu de travail que les Canadiens et les résidents permanents en vertu de la législation fédérale, provinciale et territoriale applicable.
- Pour aider à renforcer la conformité des employeurs et à faire progresser les droits des travailleurs temporaires dans le cadre de ces programmes, le gouvernement a mis en place un certain nombre d’initiatives, notamment :
- le financement de plus de 110 organismes communautaires partout au Canada, afin qu’ils fournissent des services dans la communauté et à l’arrivée et aident ainsi les travailleurs temporaires à se familiariser avec leurs droits et à exercer ces droits dans le cadre du Programme de soutien aux travailleurs migrants;
- l’administration de régimes de conformité des employeurs afin de promouvoir et d’appliquer des conditions de travail sûres et équitables pour les titulaires de permis de travail liés à un employeur spécifique au moyen d’inspections réalisées auprès des employeurs; et,
- la délivrance d’un permis de travail ouvert pour les travailleurs vulnérables (PTO-V) pour les titulaires admissibles d’un permis de travail lié à un employeur spécifique qui subissent ou risquent de subir de mauvais traitements de la part de leur employeur, ce qui permet au travailleur concerné de sortir d’une situation de violence et de trouver un nouvel emploi.
Si l’on insiste sur les préoccupations en matière de protection des travailleurs :
- IRCC et EDSC administrent des régimes de conformité – pour le PMI et le PTET respectivement – afin de promouvoir et d’appliquer des conditions de travail sûres et équitables pour les titulaires d’un permis de travail lié à un employeur spécifique, au moyen d’inspections réalisées auprès des employeurs.
- En 2024-2025, EDSC a effectué 1 435 inspections de conformité auprès d’employeurs, dont 10 % ont été jugées non conformes. Au cours de la même période, les pénalités ont plus que doublé, passant de 2 067 750 $ à 4 882 500 $, et 36 employeurs ont été bannis du PTET, un chiffre qui a été multiplié par trois par rapport à l’an dernier.
- Au cours de la période, IRCC a effectué 4 328 inspections de conformité auprès d’employeurs dans le cadre du PMI, et environ 1 % de ces employeurs inspectés ont été jugés non conformes. 52 SPA et trois SPA/interdictions combinées ont été décidées, soit 55 pénalités au total. Le montant total des SPA imposées dans le cadre du PMI au cours de l’exercice 2024-2025 a été de 534 000 $.
- Les pénalités imposées aux employeurs non conformes sont toutes aussi sévères dans le cadre du PMI qu’elles le sont dans le cadre du PTET. La différence entre les inspections et leurs résultats réside dans le fait que les infractions commises dans le cadre du PTET concernent souvent de grands groupes de travailleurs, en particulier dans les secteurs à faible salaire comme l’agriculture et les soins, où les problèmes tels que les salaires impayés ou les mauvaises conditions de travail sont plus fréquents. En revanche, les employeurs relevant du PMI sont généralement des entreprises plus importantes et bien établies qui offrent des emplois mieux rémunérés et font appel à des services d’assistance juridique ou à des représentants pour embaucher des travailleurs, ce qui entraîne moins d’infractions.
- Les deux ministères ont également pris des mesures concrètes pour renforcer nos programmes afin de mieux protéger les travailleurs et de tenir les employeurs responsables :
- en 2022, des règlements plus stricts ont été introduits, lesquels obligent les employeurs à fournir aux travailleurs temporaires une assurance-maladie privée et à leur interdire de percevoir ou de recouvrer des frais de recrutement;
- ligne de signalement et outil de signalement en ligne qui permettent de signaler anonymement des allégations d’actes répréhensibles; et,
- programme de soutien aux travailleurs migrants qui vise à permettre aux travailleurs étrangers temporaires de mieux comprendre leurs droits pendant leur séjour au Canada.