Congrès de la Fédération des sciences humaines

Discours

Discours prononcé par l'honorable Kirsty Duncan, C.P., députée
Ministre des Sciences
Toronto (Ontario)

Le 28 mai 2017

La version prononcée fait foi

Bonjour tout le monde.

Merci, Ted [Hewitt, président du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada], distingués invités, chers collègues et, surtout, merci à nos chercheurs en sciences humaines.

Bonjour à tous et à toutes. C’est un plaisir d’être ici avec vous aujourd’hui.

En plus de reconnaître mon cher collègue et ami, Ted Hewitt, permettez-moi de souligner la présence de Stephen Toope, président sortant de la Fédération des sciences humaines; de Guy Laforest, président élu de la Fédération; du personnel et des bénévoles qui ont rendu possible la tenue de ce congrès; et évidemment de nos lauréats des Prix du Canada de cette année.

Je suis sincèrement honorée de me retrouver parmi tant d’universitaires canadiens de talent du domaine des sciences humaines en vue souligner vos réalisations extraordinaires.

Je vous demanderais de bien vouloir applaudir les lauréats.

Pour ceux et celles d’entre vous qui ne le savent pas, j’ai fait mes études en géographie et j’ai enseigné dans les domaines de la santé et de l’environnement, de même que dans celui de la responsabilité sociale d’entreprise.

Mes propres recherches et mes propres expériences de vie recoupent les sciences naturelles et les sciences humaines.

Il y a vingt ans, j’ai dirigé une équipe d’experts et de scientifiques de renommée mondiale dans le cadre d’une expédition de recherche à Svalbard, en Norvège, à quelque 800 kilomètres du pôle Nord.

Comme vous pouvez vous l’imaginer, l’expédition a été une expérience incroyable, mais qui avait néanmoins son lot de défis.

Notre mission était de découvrir les causes de la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui a tué plus de 50 millions de personnes.

Elle a tué plus de personnes que la peste noire du Moyen Âge et fait plus de victimes que la Première Guerre mondiale.

Et la moitié des personnes qui sont mortes avaient entre 20 et 40 ans.

Il s’agissait d’adultes en bonne santé.

J’ai voulu savoir pourquoi. J’ai voulu identifier le virus afin que nous puissions produire un meilleur vaccin contre la grippe et tester nos médicaments sur la maladie la plus mortelle de toute l’histoire.

Nos meilleures chances de trouver ce virus étaient d’exhumer les corps de six jeunes hommes que l’on croyait avoir été victimes de la grippe espagnole alors qu’ils étaient en route vers les îles Svalbard, en Norvège, pour aller travailler dans les mines de charbon.

Vous pouvez vous imaginer les obstacles auxquels nous avons été confrontés :

  • recueillir des fonds pour entreprendre une expédition multinationale et multidisciplinaire;
  • obtenir les approbations du gouvernement pour procéder aux exhumations;
  • mettre en place des protocoles de salubrité pour toutes les personnes en cause,
  • transporter deux tonnes de matériel jusqu’en Arctique, et ainsi de suite.

Nous n’avons pas obtenu réponse à toutes nos questions, mais je suis fière de pouvoir dire que nos travaux de recherche ont été loués pour les normes de biosécurité adoptées en vue d’assurer la sécurité de nos équipes et des communautés des environs.

Ce que je veux dire, c’est que cette expérience de terrain est ce qui me permet aujourd'hui d’avoir une approche éclairée en tant que ministre des Sciences.

Je suis fermement convaincue qu’il revient à notre gouvernement d’aider les chercheurs et les universitaires canadiens de calibre international afin qu’ils aient accès à l’appui dont ils ont besoin pour acquérir de nouvelles connaissances et faire de nouvelles découvertes.

Nous vivons à une époque où les choses évoluent rapidement, que ce soit sur le plan des avancées technologiques, des changements climatiques ou des réalités géopolitiques.

Il y a tant de choses qui peuvent avoir une incidence sur les sciences humaines dans le monde d’aujourd’hui ou encore qui peuvent être touchées par celles-ci.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé la tenue d’un examen du soutien fédéral à la recherche universitaire de manière à faire de notre mieux pour soutenir nos étudiants, nos professeurs et toutes les autres personnes faisant partie du milieu de la recherche.

Un vaste examen externe de l’écosystème fédéral n’avait tout simplement pas été mené depuis les années 1970.

Il était temps.

Comme vous le savez, l’examen indépendant a été effectué par un groupe d’experts composé de neuf sommités de la recherche et de l’innovation, qui représentaient toutes les régions du pays et toutes les disciplines.

Leur analyse et leurs recommandations exhaustives et rigoureuses nous permettront de prendre des décisions éclairées en matière de recherche universitaire canadienne, et j’ai hâte de vous faire part de cette vision.

Entre-temps, j’aimerais exprimer ma profonde gratitude à la Fédération pour sa contribution inestimable au cours du processus.

Et j’aimerais également remercier plusieurs chercheurs en particulier qui ont partagé leurs idées sur la façon d’améliorer l’écosystème de recherche du Canada.

J’ai été ravie de voir que le rapport reconnaît clairement le rôle essentiel de toute la gamme des disciplines scientifiques et universitaires. Il est mentionné dans le rapport que la recherche en sciences humaines peut aussi aider le Canada à régler de nombreux défis auxquels le pays est confronté.

Comme tout le monde ici le sait, cela est vrai. Et j’en conviens moi-même parfaitement.

Les sciences humaines nous aident à comprendre les enjeux sociaux, culturels, environnementaux, technologiques, voire politiques, de notre pays.

Ce sont vos recherches et vos points de vue qui font en sorte d’améliorer nos collectivités, nos entreprises et notre gouvernement.

Les questions de l’inclusion, de l’équité et de la diversité ont été également amplement couvertes dans l’examen du soutien fédéral aux sciences fondamentales qui a été mené.

Ce sont des valeurs fondamentales sur lesquelles reposent tant de mesures prises par notre gouvernement, qu’il s’agisse de la nomination du tout premier cabinet composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes ou de l’inclusion de la première déclaration sur la parité dans le budget de 2017.

Nous sommes convaincus qu’il faut faire en sorte que les Canadiens puissent profiter de toutes les occasions qui se présentent à eux afin de contribuer à l’avenir de notre pays.

La Charte canadienne des droits et libertés atteste constitutionnellement depuis 35 ans cette année le droit à l’égalité. Je sais que les universités reconnaissent l’importance de l’équité.

Cependant, d’après le rapport, il reste encore beaucoup à faire sur ce plan.

En d’autres mots, nous n’avons pas encore atteint nos objectifs au chapitre de la diversité et de l’équité.

C’est là très exactement le message que j’ai communiqué aux recteurs des universités canadiennes lorsque je les ai rencontrés récemment.

Je leur ai dit qu’il est conseillé dans le rapport que j’envisage de prendre des mesures plus fermes afin d’enchâsser la diversité et l’équité.

Déjà, nous avons instauré de nouvelles mesures afin d’assurer l’équité et la diversité dans le processus de concours du Programme des chaires d’excellence en recherche du Canada.

À l’heure actuelle, il y a 20 chaires d’excellence en recherche du Canada, mais une seule a été attribuée à une femme. Nous pouvons faire mieux et je m’attends à des résultats.

Notre gouvernement s’efforce actuellement de régler la question de la sous-représentation des membres des quatre groupes désignés au sein du Programme, c’est-à-dire les femmes, les Autochtones, les personnes handicapées et les membres des minorités visibles.

Bien que l’équilibre paritaire ait été atteint pour ce qui est des plus récentes attributions de chaires en sciences humaines, nous pourrions faire encore davantage pour contrer l’absence chronique de diversité et d’équité dans d’autres disciplines.

Le lancement récent du Plan d’action en matière d’équité, de diversité et d’inclusion constitue une première étape importante en vue d’aider les universités à atteindre leurs objectifs en ce qui concerne les chaires de recherche du Canada.

Et si les universités n’arrivent pas à atteindre leurs cibles volontaires en deux ans, j’envisagerai alors de suspendre l’évaluation par les pairs et le versement de fonds.

Je continuerai aussi à examiner d’autres mesures visant à promouvoir une plus grande diversité, équité et inclusion dans l’expérience de recherche, parce que l’excellence et l’équité ne s’excluent pas.

J’ai la ferme intention de défendre cet enjeu au nom de la recherche et de l’érudition.

Je remercie la collectivité des sciences humaines. Vous avez fait de grands progrès sur le plan de l’équité et de la diversité.

En fait, l’actuelle cohorte de titulaires de Subventions de développement Savoir est constituée de 48 % de femmes et de 52 % d’hommes.

Mesdames et Messieurs, je crois sincèrement que les sciences humaines forment l’un des avantages stratégiques clés du Canada.

Je n’ai pas besoin de dire au groupe que vous êtes que les chercheurs en sciences humaines apportent un éclairage intéressant dans l'atteinte des résultats de recherche d’autres disciplines, produisent des données de recherche fiables qui facilitent l’élaboration de politiques et forment la prochaine génération de penseurs à l’esprit critique et créatif.

Je veux que tout le monde dans la salle sache que le gouvernement est de votre côté.

Nous investirons en vue d’appuyer vos travaux de recherche, parce que nous savons qu’une culture favorisant l’octroi de subventions de recherche et de bourses d’études nous aidera à assurer un avenir brillant et audacieux pour tous les Canadiens.

Je suis extrêmement reconnaissante de pouvoir compter sur l’appui de la Fédération des sciences humaines, et plus particulièrement sur notre partenariat.

Merci de m’avoir donné l’occasion d’être ici.

C’est un privilège.

Enfin, à nos universitaires extraordinaires, lauréats d’aujourd’hui, je vous offre mes plus sincères félicitations pour votre mise en candidature.

Nous sommes tous très fiers de vos contributions exceptionnelles.

Mes amis, je vous remercie et je vous offre mes meilleurs vœux de réussite pour votre congrès.


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