Comprendre le suicide

Stratégie conjointe de prévention du suicide
des Forces armées canadiennes et d'Anciens Combattants Canada


Le suicide est complexe. Il n’y a pas de cas « typique », pas plus qu’il n’existe de solution unique au problème du suicide et de l’automutilation. Cela ne veut cependant pas dire que nous sommes impuissants. La recherche médicale de même que l’expérience nous permettent de comprendre les facteurs qui poussent une personne vers la « voie du suicide » et de mettre en place des mesures pour les atténuer.

Dans la majorité des cas, le suicide ne se produit pas soudainement. Les recherches indiquent que 90 p. cent des personnes qui deviennent suicidaires souffrent de maladies mentales (en particulier de dépression) et font face à une crise existentielle (rupture de relation ou présence de conflit à l’intérieur de celle-ci, stress financier, problèmes judiciaires ou problèmes de santé sérieux). Dans une telle situation, une série de facteurs négatifs additionnels peuvent venir renforcer les intentions suicidaires et augmenter les risques de geste suicidaire.

Les experts relèvent des jalons d’intervention importants dans ce modèle de prévention du suicide.

  • Description de l'image intitulée Cheminement suicidaire
      Cheminement suicidaire
      • Manifestation d'humeur ou autre trouble de santé mentale
      • Événement stressant dans la vie
        • Idées suicidaires
          • Accès à du soutien de bien-ëtre
            • Insuffisance d'accès à du soutien spirituel, physique, financier ou autre
          • Facteurs personnels
            • Ex. : sentiment d'ëtre un fardeau pour les autres, perte, douleur chronique
          • Accès à des instruments mortels
            • Ex. : armes à feu, médicaments ou drogues
          • Imitation
            • Le suicide d'une personne peut en influencer une autre
      • Suicide

La leçon la plus importante à tirer de ce modèle, c’est que de multiples facteurs peuvent contribuer au suicide, donc que celui-ci n’a pas une seule cause; cela signifie qu’il existe de nombreuses occasions d’intervention et de traitement où l’on peut venir en aide à une personne vulnérable. Il est crucial également de noter qu’un seul de ces facteurs entraîne rarement (voire jamais) un suicide; c’est plutôt l’interaction entre plusieurs de ces facteurs, différente d’une personne à l’autre, et leur effet combiné qui peuvent mener à une tentative de suicide.

Certains des facteurs associés à un risque accru de comportement suicidaire sont identifiés ci-dessous. Ces facteurs de risque ne sont pas propres aux militaires ou aux anciens combattants, mais certains d’entre eux peuvent être exacerbés par le mode de vie militaire ou les défis d’après-service. Un risque accru de tendances suicidaires comprend notamment les suivants :

  • Une tentative antérieure de suicide
  • Un raisonnement suicidaire ou un comportement autodestructeur
  • Le suicide d’un proche ou d’un ami
  • La maladie mentale
  • La toxicomanie
  • Impulsivité, faculté de résolution des problèmes affaiblie
  • Rupture, discorde ou conflit liés à une relation
  • Peu de sources de relations de soutien (sentiment d’isolement)
  • Le sentiment de désespoir
  • Le sentiment d’être un fardeau pour les autres
  • Une autre perte significative (perte d’emploi ou financière)
  • Une maladie physique ou une douleur chronique
  • Des événements indésirables dans l’histoire personnelle (traumatismes, abus, y compris dans l’enfance)
  • Un accès à des moyens de se donner la mort
  • Le harcèlement, la discrimination ou l’intimidation
  • La stigmatisation associée au comportement de recherche d’aide
  • L’imitation, c’est-à-dire « l’effet de contagion », le suicide d’une personne poussant une personne vulnérable qui s’identifie à la personne décédée à poser le même geste

Le Cadre fédéral note également l’importance des facteurs de protection, en précisant ce qui suit : « le risque de suicide peut être atténué par le renforcement des facteurs de protection. Le renforcement des facteurs de protection devrait être un processus continu afin de contrer le risque de suicide et de renforcer la résilience des individus, des familles et des communautés ». Certains facteurs de protection, qui peuvent atténuer ou contrer les risques de suicide, notamment les suivants :

  • Une résilience psychologique, physique et spirituelle
  • Des relations sociales, communautaires et familiales positives
  • Une bonne santé mentale et physique
  • Une meilleure gestion des facteurs de stress, notamment l’aptitude à affronter et à résoudre un ou des problèmes
  • Une restriction d’accès aux moyens de se donner la mort
  • L’éducation et la sensibilisation sur la santé mentale et le suicide (y compris la réduction de la stigmatisation associée à la recherche de soins ou de soutien)
  • L’accès aux soins de santé et aux services sociaux appropriés (y compris la réduction des obstacles aux soins)
  • Évaluation/gestion/traitement des aspects suivants :
    • Comportements suicidaires
    • Troubles mentaux
    • Troubles de toxicomanie
    • Troubles physiques
    • Assurer une couverture médiatique responsable des suicides

Voici quelques exemples d’interventions importantes :

  • Assurer l’accès à des soins efficaces pour la santé physique et la santé mentale (y compris le traitement des troubles liés à la toxicomanie)
  • Supprimer les obstacles aux soins (y compris la stigmatisation)
  • Éducation et sensibilisation concernant la santé mentale et le suicide
  • Un soutien social adéquat
  • Renforcer la résilience, y compris la résilience psychologique et spirituelle
  • Permettre la stabilité financière
  • Fournir un travail significatif ou une autre activité
  • Restreindre l’accès aux moyens de se donner la mort (comme le contrôle des armes à feu et la surveillance des ordonnances de médicaments)
  • Assurer une couverture médiatique responsable des suicides

«Le 10 juin 2017, à Niagara-on-the-Lake, l’Association du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry a dirigé un atelier portant sur la sensibilisation à l’égard du suicide. L’appui et le discernement dont ont fait preuve Anciens Combattants Canada (ACC) et les Forces armées canadiennes (FAC) dans leur sensibilisation à l’égard du suicide confirment que l’Association du PPCLI est sur la bonne voie dans l’aide qu’elle apporte aux autres. Trop de nos frères et de nos sœurs d’armes nous ont été volés par un tueur silencieux, chaque perte nous atteignant en plein cœur, infligeant aux familles et aux êtres chers une peine profonde. L’Association PPCLI établira des partenariats avec d’autres associations, et aussi avec les FAC et ACC, afin de sensibiliser davantage les gens par rapport à la santé mentale et les conséquences que chaque suicide exercent sur les membres libérés ou à la retraite et leur communauté. Notre but consiste à faire de notre mieux pour repérer les personnes qui ne sont pas des clients d’ACC, mais qui ont besoin d’aide, et leur offrir notre aide. Il est de notre responsabilité de confier ces personnes aux spécialistes appropriés afin de les aider à obtenir les traitements dont ils ont besoin.

« Si nous parvenons à sauver une seule vie, nos efforts en auront valu la peine. »

M. Paul Hale, CD, Président, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry Association

« Quand j’ai pris ma retraite après plus de 40 ans dans l’uniforme, j’ai voulu me rendre utile à la communauté où j’avais fait ma vie, mais je ne savais pas par où commencer. On m’a incité à entrer en contact avec d’anciens combattants semblables à moi; très rapidement, je me suis intégré à un réseau d’anciens combattants et de civils qui pensaient comme moi, qui voyaient la nécessité d’aller au-devant des anciens combattants et de leur faire connaître les ressources et l’aide disponibles, et de les convaincre qu’ils n’étaient pas seuls. Nous ne sommes pas des professionnels en santé mentale et ne prétendrons jamais l’être. Néanmoins, le fait d’être présents auprès de camarades anciens combattants leur est déjà d’un énorme secours, les rassure et leur procure de la compassion. Je suis en mesure d’affirme qu’il s’agit là d’une première étape vers de l’aide professionnelle. L’une des plus grandes contributions au bien-être mental des anciens combattants est d’être présents auprès d’eux, de faire preuve d’ouverture et de les écouter, de les inciter à recourir à de l’aide professionnelle. Nous pouvons rompre l’isolement et la solitude si nous évoluons nous-mêmes et tendons la main aux anciens combattants. Le cours Premiers soins en santé mentale, parrainé par ACC, m’a doté des outils de base dont j’avais besoin pour être à l’aise lorsque j’approchais des anciens combattants et leur offrait de l’aide. »

Major-général (retraité) Glynne Hines (avec son autorisation), Coprésident, Groupe consultatif sur la santé mentale d’Anciens Combattants Canada

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