ARCHIVÉE - Définition des aliments « sains » et « malsains » : Survol international (2009) : Sommaire - Nutrition et saine alimentation - Santé Canada

Points saillants du rapport

Ce rapport présente un résumé d'un document commandé par Santé Canada dans le but de fournir un aperçu des actions entreprises jusqu'à maintenant par divers gouvernements, un peu partout au monde, pour définir les aliments « sains » et « malsains » dans le cadre de politiques et programmes visant à promouvoir la saine alimentation. On y retrouve également des définitions élaborées par le secteur privé, certaines organisations non gouvernementales (ONG) et des chercheurs universitaires.

Ce rapport examine l'application des définitions des aliments « sains et « malsains » dans le cadre de politiques reliées à six (6) principaux domaines :

  1. Aliments à valeur ajoutée sur le plan de la nutrition ou de la santé.
  2. Étiquetage des aliments.
  3. Mise au point de produits alimentaires.
  4. Aliments offerts dans les établissements publics.
  5. Publicité et promotion des aliments.
  6. Programmes alimentaires destinés aux ménages vulnérables.

Cet examen a permis d'identifier dix-neuf (19) pays où les gouvernements avaient élaboré des définitions des aliments « sains » et « malsains ». Étant donné que trois (3) autres pays, ainsi que la Commission européenne, avaient élaboré des définitions préliminaires, on constate que vingt-trois (23) pays au total avaient élaboré de telles définitions. Ce total s'élève à vingt-quatre (24) lorsqu'on tient compte d'un projet de loi préliminaire élaboré par un autre pays qui fournit un cadre structurel pour ces définitions. Le secteur privé, certaines ONG et des chercheurs ont aussi élaboré plusieurs définitions à cet égard.

Cet examen révèle que la préoccupation à la base de telles définitions, à tout le moins du point de vue des gouvernements, ne semble pas tant de savoir « si un aliment est sain », mais plutôt « pour qui cet aliment est sain » et « dans quel contexte un aliment devient malsain ».

Sommaire complet

Introduction

Les décideurs qui s'efforcent de favoriser la saine alimentation cherchent continuellement des moyens de promouvoir des aliments qui favorisent l'acquisition de saines habitudes alimentaires. Cela entraîne la nécessité d'identifier les aliments considérés « sains » ou « plus sains » dans le cadre de certaines politiques. Par exemple, « À quels aliments les allégations santé devraient-elles être réservées ? », « Quels aliments devraient faire l'objet de marketing à l'intention des enfants ? » et « Quels aliments devraient être servis dans les écoles ? ».

Méthodologie

Cet examen comportait quatre (4) étapes, à savoir : 1) Recension de la documentation internationale visant à identifier les gouvernements qui disposaient de politiques dans l'un des six (6) domaines sélectionnés et vérification de l'existence d'une définition quelconque des aliments « sains » ou « malsains » dans le cadre de ces politiques. 2) Communication avec des représentants de ces gouvernements pour identifier ou confirmer certains détails de ces définitions, au besoin. 3) Identification des définitions élaborées par le secteur privé et les ONG en s'appuyant sur des examens antérieurs et la consultation de divers sites Web de l'industrie. 4) Identification des définitions élaborées par des chercheurs qui avaient été publiées dans la littérature universitaire; il s'agissait habituellement de méthodes de profilage nutritionnel ou de scores nutritionnels.

Point saillants

Les gouvernements de vingt-quatre (24) pays avaient élaboré ou étaient en train d'élaborer trente-sept (37) définitions au total dans le cadre de politiques spécifiques. L'un de ces pays (le Chili) avait établi un cadre provisoire sans élaborer de définitions. Par ailleurs, des organismes officiels de deux (2) pays, soit la France et les Pays-Bas, avaient conçu des modèles de profilage nutritionnel qui n'avaient pas encore été utilisés dans le cadre de politiques.

L'alimentation en milieu scolaire est l'application la plus répandue des définitions élaborées par les gouvernements. En tenant compte à la fois des définitions finales et provisoires, dix-sept (17) gouvernements avaient élaboré des définitions des aliments « sains » et « malsains » dans le contexte scolaire. La mise en application des règlements en matière d'alimentation, surtout ceux entourant les allégations relatives à la réduction du risque de maladie, se situait au deuxième rang. Par ailleurs, les gouvernements de quatre (4) pays avaient élaboré des définitions des aliments « plus sains » et « moins sains » dans le cadre de stratégies utilisées aux points de vente; trois (3) de ces pays utilisaient les même stratégies (Danemark, Norvège et Suède).

Aux États-Unis, les fabricants et détaillants alimentaires ont mis au point une multitude de symboles pouvant être utilisés aux points de vente. Des organisations sans but lucratif et des chercheurs ont aussi élaboré des stratégies pouvant être utilisées par l'industrie alimentaire aux points de vente. Dans six (6) pays, des associations reliées aux maladies du coeur ou au diabète ont aussi conçu de tels symboles.

Pour ce qui est de la publicité destinée aux enfants, un seul gouvernement (celui du Royaume-Uni) a élaboré une définition des termes « aliments sains » et « aliments malsains »; celle-ci ne s'appliquait toutefois pas aux autres formes de marketing. Dans deux (2) autres pays, des initiatives d'auto-réglementation visant à restreindre la publicité destinée aux enfants s'appuyaient sur une définition des « aliments sains » élaborée à d'autres fins par les gouvernements (aliments offerts dans les écoles et allégations santé dans le cas de la Nouvelle-Zélande; stratégies utilisées aux points de vente dans le cas du Danemark). Par ailleurs, des entreprises alimentaires ont élaboré leurs propres définitions pour distinguer les produits pouvant être annoncés ou non auprès des enfants, dans le cadre de programmes d'« engagement volontaire » adoptés dans six (6) marchés : l'Union européenne, l'Australie, le Brésil, l'Afrique du Sud, la Thaïlande et les États-Unis (de même que le Canada). Ce type d'engagement s'étend désormais à d'autres marchés.

Les gouvernements nationaux n'ont pas élaboré de définitions des aliments « sains » et « malsains » visant à encourager la reformulation de produits par l'industrie alimentaire dans une optique d'enrichissement des aliments ou de production d'aliments fonctionnels. Toutefois, deux (2) entreprises, soit Nestlé et Unilever, ont mis au point des systèmes de profilage nutritionnel dans le but de faciliter, entre autres, le développement et la reformulation de leurs produits.

La seule application de la définition des « aliments sains » dans le cadre d'un programme alimentaire destiné aux ménages vulnérables aux États-Unis était d'envergure plutôt limitée. Il s'agissait du programme WIC (Special Supplemental Nutrition Program for Women, Infants and Children). Les banques alimentaires des États-Unis (classées dans la catégorie des ONG) s'efforcent également d'adopter une telle définition dans le cadre de leurs programmes de dons.

Discussion

Les gouvernements d'un peu partout au monde ont élaboré des définitions des aliments « sains », « plus sains », « malsains » et « moins sains » dans le but d'encourager leurs populations respectives à adopter des habitudes alimentaires plus saines.

L'industrie alimentaire a également tenté de formuler ses propres définitions des aliments « meilleurs pour la santé » dans le cadre d'initiatives de promotion de la santé et du mieux-être, tout comme certaines ONG du domaine de la santé. La communauté scientifique a aussi joué un rôle en élaborant ses propres définitions et aussi en contribuant à l'élaboration de certaines définitions des gouvernements et de l'industrie, soit par sa participation à des groupes consultatifs ou par la conception d'un système permettant d'élaborer de telles définitions.

Bien que toutes ces parties intéressées aient manifesté un désir commun d'encourager les gens à consommer davantage d'aliments définis comme « plus sains », le processus de définition des aliments « sains » et « malsains » se caractérise avant tout par la controverse et la diversité des modèles élaborés.

Étant donné que certains aliments sont parfois classés comme « sains » ou « malsains » en fonction des systèmes utilisés, une analyse plus approfondie s'avère nécessaire pour examiner la signification de ces différences de classification.

Conclusions

Le classement ou la classification des aliments en fonction de leur contribution à la santé soulève la controverse. Cet examen révèle que la préoccupation à la base de la définition des « aliments sains », à tout le moins du point de vue des gouvernements, ne semble pas tant de savoir « si un aliment est sain » mais « pour qui cet aliment est sain » et « dans quel contexte un aliment devient malsain ». Autrement dit, en élaborant des définitions, les gouvernements n'affirment pas qu'un aliment est « sain » ou « malsain », mais plutôt qu'il pourrait devenir « sain » ou « malsain » dans des contextes particuliers et pour certaines personnes.

On pourrait donc modifier le cadre du débat pour faire avancer la question : il ne s'agit pas de définir ce qu'on entend par aliments « sains » et « malsains » en général, mais plutôt de déterminer « où » et « pour qui » les aliments pourraient devenir « sains » ou « malsains ». Dans un tel cadre, il n'existe pas d'aliments « bons » ou « mauvais », il existe uniquement des façons de présenter ou d'offrir des aliments pour contribuer davantage à une alimentation saine ou malsaine.

Pour vous procurer le rapport complet, veuillez communiquer avec Publications.

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