Polyalcools (polyols) et polydextrose utilisés dans les aliments

Les polyalcools, une famille d'édulcorants aussi appelés « polyols », sont utilisés en guise d'additifs alimentaires. Les légumes et les fruits, notamment les baies, les pommes et les prunes, en contiennent naturellement en petites quantités. Aux fins du commerce de masse, on les fabrique toutefois à partir de sucres ordinaires. Quoique très similaires aux sucres de par leur composition chimique, leur goût est moins sucré et ils contiennent moins de calories par gramme.

Avant que leur utilisation ne soit autorisée dans la fabrication des aliments vendus au Canada, tous les additifs alimentaires sont évalués par les chercheurs de Santé Canada afin de s'assurer qu'ils sont sûrs et efficaces. Au Canada, les additifs alimentaires sont encadrés par le Règlement sur les aliments et les drogues et les Autorisations de mise en marché (AM) qui lui sont associé. Les additifs autorisés ainsi que leurs conditions d'utilisation acceptées sont établis dans les Listes des additifs alimentaires autorisés, lesquelles sont incorporées par renvoi dans les AM.

Les polyalcools suivants sont actuellement autorisés en guise d'additifs alimentaires au Canada : hydrolysat ds'amidon hydrogéné, isomalt, lactitol, maltitol, sirop de maltitol, mannitol, sorbitol, sirop de sorbitol, xylitol et érythritol.

Un autre additif alimentaire est aussi autorisé, soit le polydextrose, un composé synthétisé à partir du dextrose (glucose). En raison de sa faible teneur en énergie digestible, on l'utilise en guise d'agent de gonflement dans les aliments, ce qui permet de réduire la valeur calorique de ces derniers. Contrairement aux polyols, le polydextrose n'a pas un goût sucré, mais il a plutôt un goût légèrement acide; il permet donc d'ajouter de la texture aux aliments sans les rendre plus sucrés. On l'utilise souvent pour remplacer le sucre, l'amidon et le gras dans les aliments comme les gâteaux, les confiseries, les crèmes-desserts (poudings) et les desserts en général.

Les scientifiques de Santé Canada ont étudié les effets de ces composés sur la santé humaine et ont conclu que l'adjonction de polyalcools et/ou de polydextrose dans les aliments ne représentent aucun risque pour la santé humaine, et sont efficaces pour leurs conditions d'utilisation acceptées. On sait toutefois que la consommation excessive de ces substances peut entraîner des malaises gastro-intestinaux et avoir des effets laxatifs. Ce phénomène est attribuable à une mauvaise absorption des polyalcools et du polydextrose par le tube digestif. La probabilité que de tels effets soient ressentis dépend de la quantité consommée, ce qui veut dire que les risques augmentent si l'on consomme plus d'un produit contenant des polyalcools et/ou du polydextrose. La sensibilité à ces effets varie toutefois beaucoup d'une personne à l'autre. De plus, la consommation fréquente de produits contenant des polyalcools et/ou du polydextrose pourrait entraîner l'apparition d'une tolérance, ce qui permettrait de consommer davantage de ces substances sans éprouver les effets indésirables qui s'y rattachent.

Afin d'aider les personnes concernées à déterminer la quantité de polyalcools et de polydextrose qu'elles peuvent tolérer, le Règlement sur les aliments et drogues (articles B.01.018 et B.01.021) exige que l'étiquette des aliments qui en contiennent indique la teneur totale de ces substances, exprimée en grammes, par portion déterminée. Dans le cas des aliments dont l'étiquette comporte un tableau de la valeur nutritive, le Règlement exige que ce tableau indique la teneur en un polyalcool ajouté au produit. Les consommateurs peuvent ensuite évaluer leur apport alimentaire potentiel de ces substances, et ainsi éviter les niveaux de consommation qui entraînent chez eux des crampes abdominales et la diarrhée.

On a fait la promotion du mannitol et du sorbitol, au même titre que d'autres polyalcools, en guise de succédanés efficaces du sucre pour les diabétiques. Contrairement au sucrose et au glucose, ces polyalcools n'entraînent pas de variations brusques de la glycémie étant donné que, après l'absorption, leur transformation en énergie nécessite peu d'insuline, voire pas du tout. Avant d'accroître leur consommation de produits contenant des polyalcools, les personnes atteintes de diabète devraient toutefois consulter leur médecin ou un autre professionnel de la santé pour savoir s'il serait bon d'intégrer ces substances à leur alimentation.

Les polyalcools sont de plus résistants à l'action métabolique des bactéries présentes dans la bouche, lesquelles décomposent les sucres et les amidons, libérant ainsi des acides qui causent la carie. Par conséquent, on considère que les polyalcools en général ne favorisent pas la carie dentaire. Des études ont indiqué que le xylitol, notamment, pourrait en fait contribuer à prévenir la carie.

Le tableau suivant indique certaines des principales propriétés de quelques polyalcools et du polydextrose.

Tableau 1. Propriétés physiologiques et métabolisme des polyalcools et du polydextrose.
Édulcorant/ Nom du composé Valeur relative (%) du goût sucré comparativement au sucrose (sucre ordinaire) Impact sur la glycémie et sur la sécrétion d'insuline Valeur calorique kcal/g Dérivé de
Mannitol 50 - 70 Faible 1,6 Fructose
Sorbitol 50 - 70 Faible 2,6 Glucose
Sirop de sorbitol 25 - 50
(selon la teneur en sorbitol)
Faible 3 Maïs, blé ou fécule de pomme de terre
Xylitol 100 Faible 3 D-xylose
Maltitol 90 Faible 3 Sirop de maïs à teneur élevée en maltose
Sirop de maltitol 25 - 50
(selon la teneur en maltitol)
Faible 3 Maïs, blé ou fécule de pomme de terre
Lactitol 30 - 40 Faible 2 Lactose
Isomalt 45 - 65 Faible 2 Sucrose
Érythritol 60 - 80 Faible 0,2 Glucose
Polydextrose 0 Faible 1 Dextrose (glucose), sorbitol et acide citrique ou phosphorique

Dans l'ensemble, les avantages de l'utilisation de polyalcools et de polydextrose en guise d'additifs dans certains aliments surpassent les risques d'effets laxatifs pouvant résulter de la consommation excessive de ces substances. Selon Santé Canada, il importe toutefois que les consommateurs sachent que des polyalcools et/ou du polydextrose sont ajoutés à certains aliments, qu'ils soient en mesure de reconnaître les noms de ces composés, et qu'ils soient informés du fait que la consommation excessive d'aliments contenant ces substances peut causer des malaises gastro-intestinaux et avoir des effets laxatifs.

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