Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Bacillus anthracis

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ - MATIÈRES INFECTIEUSES

SECTION 1 - AGENT INFECTIEUX

NOM : Bacillus anthracis

SYNONYME OU RENVOI : Charbon, maladie des trieurs de laine.

CARACTÉRISTIQUES : Gros bâtonnets aérobies gram positif disposés en chaînettes; immobiles; forment des spores résistantes.

SECTION II - DANGER POUR LA SANTÉ

PATHOGÉNICITÉ : Forme externe - lésion cutanée se transformant en papule, en vésicule et ensuite en escarre enfoncée (5 à 20 % de létalité dans les cas non traités); charbon pulmonaire - détresse respiratoire, fièvre, état de choc et mort peu de temps après; charbon intestinal - détresse abdominale suivie de fièvre, de septicémie et de mort (rare); une forme oropharyngée a été décrite.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Rare et sporadique dans la plupart des pays industrialisés; risque professionnel pour les personnes qui manipulent des peaux, des poils, de la laine, des os et des produits des os, pour les travailleurs de laboratoire et pour les personnes travaillant dans les domaines vétérinaire et agricole qui manipulent des animaux infectés; endémique dans les régions agricoles où le charbon est fréquent chez l'animal (Afrique, Asie et Moyen-Orient).

GAMME D'HÔTES : L'humain, bétail, moutons, chèvres, chevaux, porcs.

DOSE INFECTIEUSE : 8 000 à 50 000 organismes par inhalation.

MODE DE TRANSMISSION : Infection de la peau par contact avec les tissus d'animaux infectés et probablement par piqûres de mouches qui se nourrissent sur ces animaux ou encore, par contact avec des poils, de la laine, des peaux ou des produits d'origine animale infectés; le charbon pulmonaire est causé par l'inhalation de spores provenant de régions où le sol est contaminé, des peaux et des cuirs traités ou séchés d'animaux infectés; le charbon intestinal est causé par l'ingestion de viande contaminée insuffisamment cuite.

PÉRIODE D'INCUBATION : À l'intérieur d'une période de 7 jours, habituellement 2 à 5 jours.

TRANSMISSIBILITÉ : La transmission d'une personne à une autre est très rare.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les spores résistent aux conditions environnementales défavorables et demeurent viables pendant des années dans le sol et dans les peaux séchées ou traitées.

ZOONOSE : Oui - la maladie se propage parmi les brouteurs par le sol et la nourriture contaminés et chez les omnivores et les carnivores par la viande, la poudre d'os ou d'autres aliments contaminés; on a signalé que les vautours transportaient l'organisme d'une région à une autre.

VECTEURS : Il est possible que l'infection cutanée survienne à la suite de piqûres de mouches qui se sont nourries sur des animaux infectés.

SECTION IV - VIABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Sensible à la pénicilline (sauf le charbon pulmonaire dont la mortalité demeure élevée); à la ciprofloxacine, à la doxycycline, aux tétracyclines, à l'érythromicine et au chloramphénicol.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Les spores sont résistantes à de nombreux désinfectants - sensibles au glutaraldéhyde à 2 %, au formaldéhyde et à la formaline à 5 % (de préférence, faire tremper toute la nuit).

INACTIVATION PAR DES MOYENS PHYSIQUES : Les spores sont hautement résistantes à la sécheresse, à la chaleur et à la lumière solaire; pour être efficace, la stérilisation nécessite un contact direct à 121 °C pendant au moins 30 minutes.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Les spores demeurent viables, pendant des dizaines d'années, dans les peaux, le cuir et la laine d'animaux infectés, ainsi que dans le sol et dans l'air contaminés; survie dans le lait - 10 ans; survie sur du papier filtre séché - 41 ans; survie sur du fil de soie séchée - jusqu'à 71 ans; survie dans de l'eau d'étang - 2 ans.

SECTION V - ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller les lésions cutanées et autres symptômes suspects; confirmation par tests de laboratoire : microscopie directe, cultures, tests immunologiques.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Administrer une antibiothérapie à doses élevées sans délai.

IMMUNISATION : On peut se procurer un vaccin auprès des Centers for Disease Control and Prevention; le vaccin est recommandé dans le cas des travailleurs qui sont fréquemment exposés aux échantillons cliniques et aux cultures; la vaccination des bestiaux ou d'autre bétail peut se justifier dans les zones endémiques.

PROPHYLAXIE : Antibiothérapie (ciprofloxacine ou doxycycline par voie orale).

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS LIÉES OU ACQUISES AU LABORATOIRE : 45 cas dont 5 décès survenus principalement dans les établissements qui font de la recherche sur le charbon; 25 cas de la forme externe du charbon signalés chez les membres des Forces armées.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Sang, exsudats de lésions cutanées, rarement l'urine et les matières fécales; cuir, poils, laine, os, produits des os et tissus d'animaux infectés.

DANGERS PRIMAIRES : Contact direct et indirect de la peau avec les cultures et les surfaces contaminées dans les laboratoires, inoculation parentérale accidentelle, exposition à des aérosols infectieux.

DANGERS PARTICULIERS : Les animaux infectés de façon naturelle ou à des fins expérimentales posent un risque pour le personnel des laboratoires et des animaleries.

SECTION VII - PRÉCAUTIONS RECOMMANDÉES

EXIGENCES DE CONFINEMENT : On recommande l'emploi des méthodes et des installations du niveau de biosécurité 3 dans le cas de travaux sur le charbon; Agriculture Canada peut aussi poser des exigences particulières quant à l'emploi ou à l'importation de cet agent.

VÊTEMENTS PROTECTEURS : Port de vêtements protecteurs appropriés (gants, blouse serrée aux poignets et attachant dans le dos); installations sanitaires permettant de se laver et de changer de vêtements après le travail.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Le soin des écorchures et la manipulation correcte des articles pouvant être contaminés sont essentiels.

SECTION VIII - RENSEIGNEMENTS RELATIFS À LA MANIPULATION

DÉVERSEMENTS : Laisser retomber les aérosols; endosser des vêtements protecteurs, couvrir soigneusement la substance déversée avec des serviettes de papier et appliquer le désinfectant approprié (glutaraldéhyde, formaline), de la périphérie vers le centre; laisser agir pendant une période suffisante avant de procéder au nettoyage.

ÉLIMINATION : Incinération ou stérilisation par la vapeur des cultures et du matériel infecté; les carcasses d'animaux morts du charbon doivent être brûlées ou enterrées profondément et recouvertes de chaux.

ENTREPOSAGE : Dans des contenants scellés étiquetés de manière appropriée et placés en lieu sûr dans une installation du niveau de biosécurité 3.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS DIVERS

Date : Novembre 1999

Préparée par : Bureau de la sécurité des laboratoires, ASPC

Bien que les renseignements, opinions et recommandations contenus dans la présente Fiche technique santé-sécurité proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures encourues par suite de l'utilisation des renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas à jour.

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Santé Canada, 2001

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