Virus wyeomyia : Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes

Section I - Agent infectieux

Nom

Virus wyeomyia

Type d'agent

Virus

Taxonomie

Famille

Peribunyaviridae

Genre

Orthobunyavirus

Espèces

wyeomyiaeNote de bas de page 1

Synonyme ou renvoi

Orthobunyavirus wyeomyiae (VWYO) était auparavant connu sous le nom de Wyeomyia orthobunyavirus ou virus wyeomyiaNote de bas de page 1. Le virus Taiassui (VTAIA), le virus Tucunduba (VTUC) et le virus Rio Pracupi sont considérés comme des membres de l'espèce VWYONote de bas de page 2.

Caractéristiques

Brève description

En général, les orthobunyavirus sont enveloppés et à peu près sphériques, avec un diamètre entre 90 et 110 nmNote de bas de page 3Note de bas de page 4. Les virions sont de composition simple, possédant un génome tripartite d'ARN à simple brin, sens négatif, qui code pour quatre protéines structurellesNote de bas de page 3. Les trois segments génomiques sont désignés : petit (S), moyen (M) et grand (L)Note de bas de page 3Note de bas de page 4. Le segment S, qui mesure 1,0 kb, code pour la nucléoprotéine, tandis que le segment M, qui mesure 4,5 kb, code pour le précurseur de la glycoprotéine, Gn-Gc. Le segment L mesure 6,9 kb et code pour l'ARN polymérase ARN-dépendante.

Propriétés

L'entrée des orthobunyavirus dans les cellules susceptibles dépend des interactions entre les glycoprotéines Gn et Gc et les récepteurs localisés à la surface cellulaireNote de bas de page 3. Une fois attaché, le virus pénètre dans la cellule par endocytose médiée par le récepteur, où l'acidification de la vésicule permet au virion de se désenrober et libérer le génome viral dans le cytoplasme. La transcription et la traduction s'y déroulent. L'assemblage a lieu dans le Golgi, puis le virus se déplace vers la surface de la cellule par la voie exocytaire pour être libéré à la membrane plasmique.

Section II - Identification des dangers

Pathogénicité et toxicité

Depuis le premier signalement en 1944, il n'y a eu que deux cas documentés de maladieNote de bas de page 5Note de bas de page 6. Dans la province de Darien, dans l'est du Panama, un homme adulte travaillant pour une entreprise de d'arpentage routier a présenté une faible fièvre, mais s'est complètement rétabliNote de bas de page 5. Le VWYO a été détecté dans son sang. Dans un autre cas, une fillette de 18 mois a présenté des symptômes de méningo-encéphalite, notamment de la fièvre, des maux de tête, des vomissements, une parésie et le comaNote de bas de page 6. La maladie a persisté pendant deux semaines, entraînant finalement la mortNote de bas de page 6. Le virus Tucunduba, membre de l'espèce VWYO, a été isolé dans son sangNote de bas de page 6.

En général, lors d'une infection par un orthobunyavirus, les patients présentent une apparition soudaine de fièvre, de maux de tête, de douleurs articulaires et musculaires, et parfois de nausées et d'éruptions cutanéesNote de bas de page 3. Les symptômes persistent généralement pendant environ une semaine, mais la fièvre peut réapparaître une à deux semaines plus tard. La plupart des patients se rétablissent sans séquelles à long terme.

Épidémiologie

En général, les orthobunyavirus sont maintenus dans des cycles arthropode-vertébré-arthropodeNote de bas de page 3. Bien qu'il soit établi que les moustiques Wyeomyia sont les vecteurs principaux du VWYO, la gamme d'hôtes vertébrés du VWYO reste à déterminerNote de bas de page 7. Le fièvre VWYO a été identifié pour la première fois en Colombie en 1940 après avoir été isolé à partir de moustiques Wyeomyia melanocephalaNote de bas de page 7. Depuis, le VWYO a été isolé à partir de moustiques en Colombie, à Trinidad, au Panama, au Brésil et au MexiqueNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9. À Trinidad, le VWYO a été retrouvé chez diverses espèces de moustiques, dont Aedes scapularis, Culex amazonensis, Limatus durhamii, Limatus flavisetosus, Trichoprosopon longipes, Psorophora albipes, Psorophora feroxNote de bas de page 8. Il n'y a pas eu de grandes éclosions, car il n'y a eu que deux cas d'infection associés aux espèces du VWYONote de bas de page 5Note de bas de page 6.Ces cas se sont produits au Panama et dans la région amazonienne du Brésil.

A Trinidad, entre 1953 et 1966, des études de séroprévalence ont révélé que 8 des 30 échantillons de sérum humain étaient protecteurs dans les tests de neutralisation, mais il est possible que ces tests n'étaient pas spécifiques au VWYONote de bas de page 8. Des anticorps neutralisants ont également été détectés dans la province du Darien au Panama où 10 des 59 habitants étaient positifs et dans l'ouest du Panama où 5 des 60 habitants étaient séropositifsNote de bas de page 5.

Gamme d'hôtes

Hôte(s) naturel(s)

L'homme est un hôte naturel du VWYONote de bas de page 5Note de bas de page 6. La gamme d'hôtes vertébrés n'a pas été déterminéeNote de bas de page 7.

Autres hôtes

Des souris, des macaques rhésus et des opossums ont été infectés expérimentalementNote de bas de page 10.

Dose infectieuse

Inconnue.

Période d'incubation

Chez l'homme, la période d'incubation des orthobunyavirus varie de 3 à 8 joursNote de bas de page 3.

Transmissibilité

Le mode de transmission privilégié du VWYO est l'injection par des moustiques vecteurs infectés, principalement des espèces de WyeomyiaNote de bas de page 7. D'autres voies de transmission possibles sont l'ingestion et le contact avec les muqueuses, puisqu'elles ont été documentées chez l'Orthobunyavirus oropoucheense apparentéNote de bas de page 11.

Section III - Dissémination

Réservoir

Inconnu.

Zoonose

Inconnue.

Vecteurs

Les principaux vecteurs du VWYO sont les moustiques du genre Wyeomyia spp.Note de bas de page 7. Le virus a également été détecté chez Aedes scapularis, Culex amazonensis, Limatus durhamii, Limatus flavisetosus, Trichoprosopon longipes, Psorophora albipes et Psorophora feroxNote de bas de page 8.

Section IV - Viabilité et stabilité

Sensibilité/résistance aux médicaments

Il n'existe pas d'agents antiviraux efficaces contre le VWYO et les orthobunyavirus en généralNote de bas de page 3.

Sensibilité aux désinfectants

Comme d'autres virus enveloppés, le VWYO peut être inactivé par le glutaraldéhyde à 2 %, le formol, le paraformaldéhyde, l'hypochlorite de sodium à 1 %, le peroxyde d'hydrogène, les surfactants non ioniques (Tween-20 et Tween-80), l'alcool éthylique, l'alcool isopropylique, l'acide peracétique, les composés d'ammonium quaternaire et les composés iodophoresNote de bas de page 12Note de bas de page 13.

Inactivation physique

Il a été démontré que le VWYO perdait sa virulence lorsque cultivé pendant 30 minutes à 45 °CNote de bas de page 12. D'autres méthodes d'inactivation spécifiques au VWYO sont inconnues, mais ont été documentées pour d'autres membres de la classe des BunyaviricetesNote de bas de page 14Note de bas de page 15. Sur la base d'expériences réalisées avec le virus de la fièvre de la vallée du Rift (VFVR), une dose de rayonnement gamma de 8 Mrads est recommandée pour inactiver en toute sécurité 1 × 106 DICT50 de VFVRNote de bas de page 14. Un niveau d'énergie de rayonnement UV-A de 1000 µW/cm2 pendant 90 minutes et 20 µg/mL de 4'-aminométhyl-trioxsalen (un psoralène) ont permis d'inactiver 107,8 DICT50/mL de VFVRNote de bas de page 15. Des températures élevées de 56 °C pendant 30 minutes ou de 60 °C pendant 15 minutes ont permis d'inactiver le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (VFHCC)Note de bas de page 13.

Survie à l'extérieur de l'hôte

VWYO conserve sa virulence pendant 4 jours dans une solution saline pure et pendant 9 jours dans un sérum salin lorsque réfrigéréNote de bas de page 10.

Section V - Premiers soins et aspects médicaux

Surveillance

La surveillance repose sur la détection d'anticorps neutralisants par des tests de fixation du complément et des tests de neutralisationNote de bas de page 5.

Remarque : Les recommandations spécifiques pour la surveillance en laboratoire devraient provenir du programme de surveillance médicale, qui est fondé sur une évaluation locale des risques des agents pathogènes et des activités en cours, ainsi qu'une évaluation globale des risques du programme de biosécurité dans son ensemble. De plus amples renseignements sur la surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Premiers soins et traitement

Le traitement des orthobunyavirus est principalement un traitement de soutien et il n'existe pas d'antiviraux pour traiter ou prévenir la maladieNote de bas de page 3Note de bas de page 16.

Remarque : Les recommandations spécifiques concernant les premiers soins et les traitements en laboratoire devraient provenir du plan d'intervention après exposition, qui est élaboré dans le cadre du programme de surveillance médicale. De plus amples renseignements sur le plan d'intervention après l'exposition sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Immunisation

Il n'existe pas de vaccins contre les orthobunyavirusNote de bas de page 3Note de bas de page 17.

Remarque : De plus amples renseignements sur le programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité et en consultant le Guide canadien d'immunisation.

Prophylaxie

Il n'existe aucune mesure pré-exposition ou post-exposition connue pour prévenir l'infection ou la maladie par VWYONote de bas de page 17.

Remarque : De plus amples renseignements sur la prophylaxie dans le cadre du programme de surveillance médicale sont disponibles dans le Guide canadien sur la biosécurité.

Section VI - Dangers pour le personnel de laboratoire

Infections contractées en laboratoire

Il n'existe aucune preuve d'infections contractées en laboratoire résultant d'une exposition au VWYO.

Remarque : Veuillez consulter la Norme canadienne sur la biosécurité et le Guide canadien sur la biosécurité pour obtenir de plus amples renseignements sur les exigences relatives à la déclaration des incidents d'exposition.

Sources et échantillons

Le VWYO peut être détecté dans le sérum et le sangNote de bas de page 5.

Dangers primaires

Les piqûres d'un moustique vecteur infecté représentent le principal risque associé à l'exposition au VWYONote de bas de page 7Note de bas de page 8.

Dangers particuliers

Aucun.

Section VII – Contrôle de l'exposition et protection personnelle

Classification par groupe de risque

Orthobunyavirus wyeomyiae est un pathogène humain du groupe de risque 2 et un pathogène animal du groupe de risque 2Note de bas de page 18.

Exigences de confinement

Les installations, l'équipement et les pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 tels que décrits dans la Norme canadienne sur la biosécurité pour le travail avec des matières, des animaux ou des cultures infectieux ou possiblement infectieux.

Vêtements de protection

Les exigences applicables au niveau de confinement 2 pour l'équipement et les vêtements de protection individuelle décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité doivent être respectées. L'équipement de protection individuelle peut inclure l'utilisation d'un sarrau de laboratoire et de chaussures spécialisées (par exemple, des bottes, des chaussures) ou de chaussures de protection supplémentaires (par exemple, des couvre-bottes ou des couvre-chaussures) lorsque les sols peuvent être contaminés (par exemple, les box, les salles de nécropsie), des gants lorsque le contact direct de la peau avec des matériaux ou des animaux infectés est inévitable, et une protection oculaire lorsqu'il existe un risque connu ou potentiel d'exposition à des éclaboussures.

Remarque : Une évaluation locale des risques permettra de déterminer la protection appropriée pour les mains, les pieds, la tête, le corps, les yeux, le visage et les voies respiratoires. De plus, les exigences relatives à l'équipement de protection individuelle pour la zone de confinement et les activités de travail doivent être documentées.

Autres précautions

Une enceinte de sécurité biologique (ESB) ou d'autres dispositifs de confinement primaire à utiliser pour les activités avec des récipients ouverts, sur la base des risques associés aux caractéristiques inhérentes de la matière réglementée, à la possibilité de produire des aérosols infectieux ou des toxines aérosolisées, à la manipulation de fortes concentrations de matières réglementées ou à la manipulation de grands volumes de matières réglementées.

Utilisation d'aiguilles et de seringues strictement limitée. Le pliage, le cisaillement, le rebouchage ou l'élimination d'aiguilles de seringues est à éviter, et, si nécessaire, à effectuer uniquement comme spécifié dans les procédures d'opération normalisées (PON). Des précautions supplémentaires sont requises pour les travaux comprenant des animaux ou des activités à grande échelle.

Des précautions appropriées doivent être prises lors du travail avec des arthropodes infectés. Cela peut inclure la mise en œuvre d'un programme visant à prévenir les fuites et à détecter tout arthropode échappé, ainsi que l'utilisation d'équipements de protection individuelle (EPI) appropriés, entre autres mesuresNote de bas de page 19Note de bas de page 20.

Pour les laboratoires de diagnostic qui manipulent des échantillons primaires provenant de patients susceptibles d'être infectés par Orthobunyavirus wyeomyiae, les ressources suivantes peuvent être consultées :

Section VIII - Manutention et entreposage

Déversements

Laisser les aérosols se déposer. Tout en portant de l'équipement de protection individuelle, couvrir doucement le déversement avec du papier absorbant et appliquer un désinfectant approprié, à partir du périmètre et en allant vers le centre. Permettre un contact suffisant avec le désinfectant avant le nettoyage (Guide canadien sur la biosécurité).

Élimination

Toutes les matières ou substances qui sont en contact avec les matières réglementées doivent être entièrement décontaminées avant d'être retirées de la zone de confinement ou des procédures d'opérations normalisées (PON) doivent être en place afin de déplacer ou de transporter les déchets en toute sécurité hors de la zone de confinement vers une zone de décontamination désignée ou une tierce partie. On peut y parvenir en utilisant des technologies et des procédés de décontamination qui se sont avérés efficaces contre les matières réglementées, comme les désinfectants chimiques, l'autoclavage, l'irradiation, l'incinération, un système de traitement des effluents ou la décontamination gazeuse (Guide canadien sur la biosécurité).

Entreposage

Les exigences applicables en matière de confinement de niveau 2 pour l'entreposage, décrites dans la Norme canadienne sur la biosécurité, doivent être respectées. Les contenants primaires de matières réglementées enlevés de la zone de confinement doivent être étiquetés, étanches aux fuites, résistants aux impacts et gardés soit dans des équipements d'entreposage verrouillés, soit dans une zone à accès limité.

Section IX - Informations réglementaires et autres

Informations réglementaires canadiennes

Les activités contrôlées avec Orthobunyavirus wyeomyiae nécessitent un permis d'agent pathogène et de toxine délivré par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). L'Orthobunyavirus wyeomyiae est un pathogène animal terrestre au Canada; par conséquent, son importation nécessite un permis d'importation en vertu du Règlement sur la santé des animaux (RSA). L'ASPC délivre un « document de licence pour les agents pathogènes et les toxines » qui inclut un permis d'agent pathogène humain et de toxine et un permis d'importation du RSA.

Voici une liste non exhaustive des désignations, réglementations ou législations applicables :

Dernière mise à jour

Août 2024

Rédigé par

Centre de la biosûreté, Agence de santé publique du Canada.

Mise en garde

L'information scientifique, opinions et recommandations contenues dans cette Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes ont été élaborées sur la base de ou compilées à partir de sources fiables disponibles au moment de la publication. Les dangers nouvellement découverts sont fréquents et ces informations peuvent ne pas être totalement à jour. Le gouvernement du Canada ne se tient pas responsable de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l'utilisation de ces renseignements.

Les personnes au Canada sont tenues de se conformer aux lois pertinentes, y compris les règlements, les directives et les normes applicables à l'importation, au transport et à l'utilisation d'agents pathogènes et toxines au Canada, établis par les autorités réglementaires compétentes, notamment l'Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement et Changement climatique Canada et Transports Canada. La classification des risques et les exigences réglementaires connexes mentionnées dans la présente Fiche technique santé-sécurité : agents pathogènes, telles que celles qui figurent dans la norme canadienne de biosécurité, peuvent être incomplètes et sont spécifiques au contexte canadien. D'autres juridictions auront leurs propres exigences.

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2026-09-29