Recommandations sur les mesures préventives, le suivi et la surveillance de l'infection à virus Ebola

Une déclaration du Comité consultatif (DCC)
Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV)

11 juillet 2018

Sur cette page

Préambule

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) donne de façon continue à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des conseils opportuns de nature médicale, scientifique et sanitaire concernant les maladies infectieuses tropicales et les risques pour la santé associés aux voyages internationaux. L'ASPC reconnaît que les recommandations et les conseils formulés dans cette déclaration reposent sur les meilleures pratiques médicales et connaissances scientifiques actuellement accessibles et les diffuse dans le but d'informer les voyageurs ainsi que les professionnels de la santé qui sont appelés à leur prodiguer des soins.

Les personnes qui administrent ou utilisent des médicaments, des vaccins ou d'autres produits devraient bien connaître la monographie des produits, ainsi que toute autre norme ou instruction approuvée concernant leur usage. Les recommandations relatives à l'usage des produits et les autres renseignements présentés ici peuvent différer de ceux qui figurent dans la monographie ou toute autre norme ou instruction approuvée pertinente établie par les fabricants autorisés. Les fabricants font approuver leurs produits et démontrent l'innocuité et l'efficacité de ceux-ci uniquement lorsque ces produits sont utilisés conformément à la monographie ou à toute autre norme ou instruction approuvée semblable.

Sommaire

Cette déclaration décrit les recommandations provisoires destinées à être utilisées durant pendant les éclosions de la maladie à virus Ebola survenant à l'extérieur du Canada.

Principaux points et messages

  • La transmission de la maladie à virus Ebola (MVE) peut se faire par contact direct avec du sang, des liquides corporels ou des tissus d'une personne symptomatique, décédée ou vivante, ou d'un animal infecté.
  • Il n'y a pas de risque de transmission par interaction occasionnelle avec les voyageurs asymptomatiques qui reviennent des zones d'éclosion.

Objectif 

Cette déclaration élaborée par le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) vise à fournir des recommandations sur les mesures de prévention, le contrôle et la surveillance des voyageurs, y compris les travailleurs de la santé autres travailleurs humanitaires, qui reviennent de régions où sévit une éclosion de MVE en fonction de la probabilité d'exposition.

Introduction

La MVE est une maladie grave et potentiellement fatale causée par un virus à ARN qui se transmet à l'homme par le sang, les liquides corporels ou les tissus infectés d'une personne atteinte d'une maladie symptomatique décédée ou vivante, ou par contact avec des animaux infectés (y compris la viande de brousse)Note de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4Note de bas de page 5Note de bas de page 6.

Des expériences antérieures de transmission soutenue de la MVE en milieu urbain lors des éclosions qui ont sévi en Afrique de l'Ouest en 2014-2016, ont souligné l'importance d'une réponse rapide pour la gestion des épidémies, y compris la mobilisation en temps opportun des ressources pour la prévention de la propagation de la MVE avec la gestion active des cas cliniques (isolement et traitement)Note de bas de page 7 et des contacts (recherche des contacts, mise en quarantaine, vaccination et surveillance)Note de bas de page 8. Une réponse rapide comprend également une surveillance accrue et la détection des cas dans les centres de transport terrestre et riverain; le dépistage au moment de l'entrée et de la sortie dans les aéroports internationaux; le renforcement de la capacité des laboratoires locaux; la vaccination stratégique des contacts et des travailleurs de la santé; le traitement des cas cliniques dans des unités de traitement de la MVE; et l'engagement communautaire, la sensibilisation et l'éducation du public, y compris la promotion de pratiques funéraires sûres et dignesNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 13.

Méthodologie

Cette déclaration a été élaborée par un groupe de travail du CCMTMV composé de bénévoles, dont aucun n'a déclaré un conflit d'intérêts pertinent. Les critères énoncés dans la déclaration du CCMTMV sur le Processus fondé sur les preuves pour l'élaboration de lignes directrices et de recommandations liées à la médecine de voyage et à la médicine tropicaleNote de bas de page 14 ont été utilisés pour décider si une approche méthodologique, selon le classement, l'évaluation, l'élaboration et l'examen des recommandations (approche GRADE), serait appropriée pour ce déclaration. L'approche GRADE n'a pas été utilisée, car cette déclaration a été faite en réponse à une éclosion existante pour laquelle des directives urgentes relatives aux voyages sont requises. Les conseils sont fondés sur un examen de la documentation pertinente, sur l'opinion d'experts et sur l'examen des directives applicables de l'organisation mondiale de la Santé (OMS). La déclaration finale et les recommandations ont été approuvées par le CCMTMV.

Épidémiologie

La présence de la MVE est habituellement géographiquement limitée aux zones sujettes aux épidémies en Afrique subsaharienne, comme les collectivités se trouvant le long de la rivière EbolaNote de bas de page 2. Cependant, la MVE s'est propagée au cours de la grande épidémie qui a sévi de 2014 à 2016 pour toucher la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée et des cas de transmission secondaire limitée ont été signalés ailleurs en Afrique, en Europe et en Amérique du NordNote de bas de page 15Note de bas de page 16. Ainsi, compte tenu de la période d'incubation prolongée de la MVE (c.-à-d. jusqu'à 21 jours) et de la facilité relative des voyages internationaux, on a récemment reconnu qu'il est possible que les symptômes de la MVE contractée lors du voyage ne se manifestent qu'une fois de retour au paysNote de bas de page 17. Néanmoins, l'expérience montre que le risque de transmission de la MVE à l'extérieur d'une zone d'éclosion par un voyageur qui rentre chez lui sans présenter de symptômes est très faibleNote de bas de page 16. Lors de l'éclosion de MVE qui a sévi en Afrique de l'Ouest en 2014-2016, aucun cas n'a été importé au Canada. Plusieurs éclosions de MVE sont survenues en République démocratique du Congo (RDC) au cours des dernières décennies. Plus récemment, une éclosion de MVE a été détectée le 8 mai 2018, dans la région du nord-ouest du paysNote de bas de page 18.

Transmission

La MVE est transmise par la manipulation, la préparation ou la consommation d'animaux infectés (p. ex., chauves-souris, viande de brousse), ou par le contact avec le sang, les liquides corporels (p. ex., selles, vomissements, salive, sperme) ou les tissus de personnes infectées, pendant leur maladie symptomatique ou peu après leur décès, directement ou par l'intermédiaire d'objets contaminés par ces liquidesNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 5Note de bas de page 6Note de bas de page 19. Les personnes à risque particulier de contracter la MVE comprennent les travailleurs de la santéNote de bas de page 20, les membres de la famille qui s'occupent de parents malades et ceux qui participent au processus d'inhumation, ce qui comprend la préparation de la dépouille pour l'inhumationNote de bas de page 4.

La MVE a une période d'incubation allant jusqu'à 21 jours, la plupart des cas présentant des manifestations cliniques dans les 6 ou 7 jours après l'exposition. Le risque de transmission culmine quand la charge virale est plus élevée chez les personnes infectées par la MVE, comme les patients qui souffrent de fièvre, de vomissements et de diarrhée ou peu après leur décèsNote de bas de page 3. De plus, après le rétablissement et la fin de l'isolement, lorsqu'un survivant de la MVE peut se sentir relativement asymptomatique, le risque de transmission sexuelle demeure préoccupant, en raison de la persistance des particules virales dans le spermeNote de bas de page 21Note de bas de page 22Note de bas de page 23. De même, la MVE peut persister dans les sites immunoprivilégiés des sujets qui ont guéri du virus Ebola, comme les yeux et le système nerveux central (SNC)Note de bas de page 23. La transmission de la MVE de la mère à l'enfant a été bien documentée et presque tous les cas de transmission congénitale de la MVE pendant l'éclosion qui a sévi en 2014-2016 en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée ont été mortelsNote de bas de page 24. Les femmes enceintes atteintes de MVE ont également des résultats cliniques graves, y compris la mort, plus souvent que les personnes qui ne sont pas enceintesNote de bas de page 25.

Manifestations cliniques

La MVE est caractérisée par un syndrome viral à début brutal : fièvre, malaise, myalgie, vomissements, pharyngite, maux de tête graves, hyperémie conjonctivale et diarrhée à grand volume (potentiellement semblable au choléra) qui peut contenir du sangNote de bas de page 19Note de bas de page 26Note de bas de page 27. La maladie est souvent accompagnée d'une éruption maculopapuleuse ou pétéchiale, qui peut évoluer vers un purpura. Jusqu'à la moitié des patients peuvent souffrir d'hémorragies (saignement des muqueuses comme les gencives, le nez, le tractus gastro-intestinal et les sites de ponction veineuse)Note de bas de page 19Note de bas de page 27.  À mesure que la maladie progresse, la déshydratation et les anomalies électrolytiques qui en résultent peuvent devenir graves, après quoi l'émaciation et l'apathie s'ensuiventNote de bas de page 26.

Les cas graves de MVE qui se manifestent par des diathèses hémorragiques sont habituellement accompagnés de lésions organiques graves, comme une insuffisance rénale aiguë, un dysfonctionnement du SNC, une suppression de la moelle osseuse menant à la leucopénie et à la thrombocytopénie, et une insuffisance hépatiqueNote de bas de page 19Note de bas de page 26. De plus, les survivants peuvent subir toute une gamme de complications une fois qu'ils se sont remis de la MVE, comme une fatigue non spécifique, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, etc.Note de bas de page 23.

Risque d'exposition des voyageurs

Les voyageurs qui courent un risque sont ceux qui participent à des activités qui sont susceptibles de les mettre en contact avec le sang ou les liquides corporels infectés d'un patient atteint de la MVE (p. ex., prestation de soins de santé, participation à une cérémonie d'inhumation, contact sexuel) ou avec des réservoirs d'animaux infectés (p. ex., consommation de viande de brousse) dans les régions touchées par la MVE. Les voyageurs canadiens qui suivent des itinéraires touristiques ou d'affaires typiques sont peu susceptibles de rencontrer ces expositions.

Les voyageurs qui se rendent dans des régions touchées par la MVE sont priés de surveiller les médias locaux et de respecter toutes les procédures des aéroports, y compris les contrôles à l'entrée et à la sortie, selon les directives des autorités locales.

Définition des zones touchées par la MVE

Pendant une éclosion de MVE, les régions considérées comme touchées sont celles où il y a eu un cas confirmé de MVE sur place ou celles où une personne atteinte de la MVE a habité.

Mesures préventives pour les voyageurs

Des directives sur les mesures préventives à l'intention des travailleurs de la santé qui prodiguent des soins à des patients dont la MVE est soupçonnée ou confirmée sont disponibles ailleursNote de bas de page 28Note de bas de page 29; elles ne sont pas abordées dans la présente section. Les travailleurs humanitaires doivent suivre les conseils fournis par leur organisation en plus des conseils fournis dans ce document.

Prévenir la MVE repose sur la limitation de l'exposition au sang et aux liquides corporels potentiellement infectés, ainsi qu'aux réservoirs d'animaux. On conseille aux voyageurs d'appliquer fréquemment des mesures d'hygiène des mains et d'utiliser du savon et de l'eau ou des désinfectants à base d'alcool pendant leur séjour à l'étranger pour prévenir les infections virales courantes, comme la grippe et le norovirus, ainsi que les infections potentiellement graves comme la MVE. Les voyageurs sont priés d'éviter tout contact étroit avec des animaux vivants ou morts, ainsi que d'éviter de manipuler de la viande crue ou insuffisamment cuite, et de consommer de la viande de brousse. Les voyageurs qui ont des activités sexuelles à l'étranger devraient utiliser des préservatifs pour éviter de contracter les infections transmissibles sexuellement courantes et la MVE.

Les personnes qui se rendent dans une région touchée par la MVE pour rendre visite à des amis ou à des membres de leur famille devraient faire preuve de plus de prudence que les touristes ou les voyageurs d'affaires typiques puisqu'elles demeureront dans des maisons pendant une période plus longue et qu'elles pourraient consommer des aliments locaux qui poseraient un risque de transmission de la MVE. En plus des mesures préventives suggérées aux touristes et aux voyageurs d'affaires, il est conseillé à ces voyageurs d'être prudents en cas d'exposition à des amis et à des parents malades dans un milieu familial et d'être conscients et de respecter les pratiques d'inhumation sécuritaires. Des recommandations de nature plus complexe pour la prestation de soins à un membre de la famille dans une région touchée par la MVE sont disponibles auprès de l'OMSNote de bas de page 30. Cependant, dans une région touchée par la MVE, les cas de fièvre ou de maladie clinique grave dans un foyer local où un voyageur pourrait être exposé devraient être signalés aux autorités de santé locales. Par ailleurs, les recommandations de ces autorités devraient être suivies, et la responsabilité des soins devrait être rapidement transférée à une installation de soins de santé dans un tel scénario.  Si un voyageur résidait dans le foyer ou qu'il était en contact étroit avec la personne malade, ou a assisté ou participé à un processus d'inhumation, le voyageur sera probablement considéré comme un contact d'un cas suspecté, et il devrait suivre les instructions fournies à l'échelle locale pour la gestion appropriée des contacts.

Un vaccin expérimental (rVSV-ZEBOV-GP, de la société Merck) a terminé des essais expérimentaux de stade précoceNote de bas de page 31  et a été utilisé pour des travailleurs humanitaires et des contacts lors d'une épidémie de MVE en RDCNote de bas de page 32. À titre de mesure de gestion de l'éclosion, un vaccin peut être donné aux travailleurs humanitaires affectés dans une région touchée par une éclosion de MVE (aux fins de la prestation de soins, aux contacts des personnes atteintes de MVE, y compris aux contacts des personnes décédées) ou à ceux qui peuvent être engagés dans des inhumations sécuritaires et aux travailleurs de première ligne dans les régions touchées ou les régions où le risque de propagation est élevéNote de bas de page 13. Toutefois, le vaccin rVSV-ZEBOV-GP n'est ni homologué ni commercialisé au Canada, et il n'est donc pas disponible pour la grande majorité des voyageurs à l'heure actuelle. Jusqu'à ce que le vaccin ne soit plus considéré comme expérimental, les personnes vaccinées devront tout de même se soumettre aux mêmes mesures de surveillance et de contrôle que celles qui n'ont pas été vaccinées.

Voyageurs de retour

Le risque de propagation et de transmission ultérieure de la MVE en dehors des zones touchées peut être atténué par la mise en œuvre de mesures efficaces de contrôle à la sortie. De telles mesures sont habituellement mises en place dans le but de repérer les personnes symptomatiques ou celles qui sont à risques d'avoir été exposées à un cas de MVE. Elles peuvent être mises en œuvre dans un pays touché (p. ex., entre les régions où il y a une transmission active et celles où aucune transmission n'a été documentée), ainsi qu'aux points d'entrée et de sortie « internationaux » (p. ex., les aéroports, les ports, les postes frontaliers terrestres, etc.)Note de bas de page 9.

Les mesures de contrôle à l'entrée, comme les relevés de la température, peuvent être mises en œuvre dans certains pays, mais elles ne se sont pas révélées efficacesNote de bas de page 12Note de bas de page 33.

Dans le cadre de la pratique habituelle, le personnel de l'Agence des services frontaliers du Canada procèdent au dépistage des passagers malades, conformément à la Loi sur la mise en quarantaineNote de bas de page 34, et renvoient les voyageurs symptomatiques à un agent de quarantaine pour une évaluation de leur état de santé. En vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, au moment de leur arrivée au Canada, tous les voyageurs qui ne se sentent pas bien doivent informer un agent des services frontaliers du Canada s'ils sont atteints ou pensent être atteints d'une maladie transmissible, ou s'ils ont été en contact avec une personne atteinte d'une telle maladie.

Évaluation du risque d'exposition des voyageurs

On considère qu'un voyageur n'a eu « aucune exposition connue » au virus Ebola :

  • s'il n'a pas eu de contact direct avec un cas de MVE symptomatique ou ses liquides corporels ou matériaux contaminés; ou
  • même s'il a interagi avec une personne asymptomatique qui a prodigué des soins ou qui vit dans le même foyer qu'un cas de MVE.

Chacun des éléments suivants serait considéré comme une exposition à faible risque au virus Ebola :

  • contact direct avec un cas de MVE symptomatique (c.-à-d. répondant à une définition de cas confirmé, probable ou soupçonné), ses liquides corporels, sa dépouille ou toute autre source connue du virus Ebola alors que les précautions recommandées pour la PCI sont respectées et qu'il n'y a pas eu de manquement connu à ces précautions; ou
  • cohabitation avec un cas de MVE symptomatique, mais sans contact direct avec le cas ou ses liquides corporels (p. ex., par l'intermédiaire des surfaces contaminées); ou
  • interactions occasionnelles seulement avec un cas de MVE sans contact direct avec ce cas ou ses liquides corporels. Partager un espace comportant des places assises dans un moyen de transport collectif ou être assis dans la même salle d'attente sont des interactions occasionnelles.

Chacun des éléments suivants serait considéré comme une exposition à risque élevé au virus EbolaNote de bas de page 4Note de bas de page 23 :

  • contact direct avec un cas de MVE symptomatique, ses liquides corporels, sa dépouille ou toute autre source connue du virus Ebola sans que les précautions recommandées pour la prévention et le contrôle des infections (PCI) soient prises ou en raison d'un manquement à ces précautions (28); ou
  • contact sexuel non protégé avec une personne infectée ou une personne qui se rétablit de la MVE. Le virus peut persister pendant des mois dans le sperme des hommes infectés et peut-être dans les sécrétions vaginales des femmes infectéesNote de bas de page 23.

Les travailleurs de la santé et de l'aide humanitaire sont considérés différemment en termes d'évaluation de leur risque d'exposition par d'autres voyageurs. En raison de la nature de leur risque potentiel d'exposition, à leur arrivée au Canada, les travailleurs de la santé et de l'aide humanitaire devraient:

  • s'identifier à l'autorité de santé publique appropriée le premier jour ouvrable suivant leur arrivée, même s'ils n'ont pas d'exposition ou un faible risque d'exposition;
  • s'identifier à l'agent des services frontaliers du Canada ou à l'agent de quarantaine à l'aéroport, s'ils présentent un risque élevé d'exposition ou s'ils présentent des symptômes compatibles avec la MVE.

Il est à noter que les voyageurs symptomatiques ou présentant un risque élevé d'exposition sont peu susceptibles de se présenter à un point d'entrée au Canada, car les zones touchées par la MVE s'efforceront rapidement d'assurer le dépistage à la sortie. Cependant, au début d'une épidémie, il est possible que les voyageurs pourraient quitter une zone touchée par la MVE par un moyen de transport public, soit en raison de dépistage inadéquates, soit en raison de la nature inconnue de l'exposition.

Recommandations pour le contrôle et la surveillance des voyageurs en provenance des régions touchées par la MVE

1. Voyageurs en provenance d'une région touchée par la MVE sans exposition connue

  • Les voyageurs sans symptômes qui rentrent au pays devraient être invités à consulter le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada pour obtenir de plus amples renseignements sur la MVENote de bas de page 35 et les mesures à prendre s'ils développent des symptômes dans les 21 jours suivant leur retour au Canada.
  • Il est recommandé que ces voyageurs suivent les recommandations de la catégorie 1 concernant la surveillance et la surveillance fournies dans le tableau 1.

Les médecins qui voient des voyageurs avec des symptômes et sans exposition connue devraient contacter leur autorité de santé publique appropriée pour obtenir des conseils supplémentaires.

2. Voyageurs en provenance d'une région touchée par la MVE qui ont été exposés à un faible risque et qui sont asymptomatiques

À leur arrivée au Canada, il est recommandé que ces voyageurs :

  • S'identifient auprès de l'autorité de santé publique appropriée le premier jour ouvrable suivant leur arrivée au Canada pour obtenir des conseils sur les mesures à prendre s'ils développent des symptômes compatibles à la MVE au cours de la période d'incubation potentielle;
  • Suivre les recommandations de la catégorie 2 concernant la surveillance et la surveillance fournies dans le tableau 1 pour le reste de la période de 21 jours suivant la dernière exposition potentielle à la MVE.

3. Voyageurs en provenance d'une région touchée par la MVE qui ont été exposés à un risque élevé et qui sont asymptomatiques

Dans le cas où un voyageur apprend qu'il est très exposé à un risque pendant son transit vers le Canada, il est recommandé que ces voyageurs :

  • S'identifient auprès d'un agent de l'Agence des services frontaliers du Canada, qui avisera un agent de quarantaine afin qu'il effectue une évaluation des risques individuels et détermine les mesures à prendre pour venir en aide au voyageur et protéger son entourage;
  • Suivre les recommandations de la catégorie 3 concernant la surveillance et la surveillance fournies dans le tableau 1 pour le reste de la période de 21 jours suivant la dernière exposition potentielle à la MVE.

Dans le cas où un voyageur apprend son risque élevé d'exposition après son arrivée au Canada, il est recommandé que ces voyageurs:

  • S'identifier auprès d'une autorité de santé publique appropriée qui: effectuera une évaluation individuelle des risques et déterminera les actions qui seront nécessaires pour soutenir le voyageur et protéger son entourage.
    • La surveillance de la santé publique par l'autorité de la santé publique inclura la surveillance des symptômes de la MVE, y compris le fait que le voyageur vérifie et documente sa température orale deux fois par jour.
  • Suivre les recommandations de la catégorie 3 concernant la surveillance et la surveillance fournies dans le tableau 1 pour le reste de la période de 21 jours suivant la dernière exposition potentielle à la MVE.

Les travailleurs humanitaires devraient suivre les conseils fournis par leur organisation en plus des conseils fournis dans ce document.

4. Voyageurs en provenance d'une région touchée par la MVE qui présentent des symptômes compatibles à la MVE

Si à son arrivée au point d'entrée au Canada un voyageur en provenance d'une région touchée par la MVE présente des symptômes compatibles à la maladie, il est recommandé que ce voyageur devrait :

  • S'identifier auprès d'un agent des services frontaliers du Canada qui communiquera avec un agent de quarantaine. Conformément à la Loi sur la quarantaineNote de bas de page 34 , l'agent de quarantaine procédera immédiatement à une évaluation de la santé et prendra les dispositions nécessaires (y compris l'émission des ordonnances nécessaires) pour le suivi médical et / ou l'autorité de la santé publique appropriée.
  • Suivre les recommandations de la catégorie 4 concernant la surveillance et la surveillance fournies dans le tableau 1 pour le reste de la période de 21 jours suivant la dernière exposition potentielle à la MVE.

Si une fois au Canada, un voyageur en provenance d'une région touchée par la MVE présente des symptômes compatibles à la maladie pendant la période de 21 jours suivant sa dernière exposition possible à la MVE, il est recommandé que ce voyageur devrait :

  • S'isoler immédiatement (en maintenant une distance minimale de deux mètres et en évitant tout contact physique);
  • Se laver les mains, surtout après avoir vomi ou être allé aux toilettes;
  • S'assurer que personne n'entre en contact avec son sang ou ses liquides corporels (p. ex., urine, matières fécales, vomissements, salive, sueur et sperme) ou avec quoi que ce soit qui pourrait avoir été en contact avec son sang ou ses liquides corporels (p. ex., draps, vêtements, siège de toilette, produits de soins corporels). Se reporter au document intitulé Mesures de gestion des déchets associés à la maladie à virus Ebola à domicile ou dans d'autres environnements Note de bas de page 36 pour obtenir des conseils sur la gestion des déchets associés à la MVE.
  • Suivre les instructions fournies par l'autorité en santé publique appropriée.
    • Les voyageurs qui n'ont pas communiqué avec l'autorité de santé publique appropriée devraient le faire par téléphone immédiatement afin de recevoir des instructions.

Si les symptômes du voyageur nécessitent une intervention médicale immédiate, l'autorité de santé publique appropriée devrait suivre les recommandations ci-dessous pour s'assurer que tous les services médicaux paramédicaux / urgences et les fournisseurs de soins de santé que le patient pourrait interagir avec sont prêts à prendre les précautions appropriées. L'autorité en santé publique :

  • Fera en sorte que le voyageur fasse l'objet d'une évaluation médicale dans un établissement de soins actifs (où des mesures de prévention et de contrôle des infections appropriées soient mises en place) afin de confirmer ou d'infirmer la présence de la maladie;
  • Recommandera au voyageur de ne pas se rendre à l'établissement de soins actifs en transports publics (autobus, train, taxi). La personne doit être transportée à l'hôpital par ambulance, à moins que l'autorité de santé publique appropriée n'autorise son déplacement à bord du véhicule d'un particulier;
  • S'assurera que les ambulanciers ou le personnel d'urgence (s'il y a lieu) et l'établissement de soins actifs concerné soient informés à l'avance de la présence de symptômes possiblement liés à la MVE afin que des mesures de prévention et de contrôle des infections appropriées soient mises en place lors du transport et avant l'arrivée du patient.
Tableau 1 : Contrôle et surveillance des voyageurs arrivant des zones touchées par une éclosion de la maladie à virus Ebola (MVE)
Catégories de risques Catégorie 1 : voyageurs asymptomatiques sans exposition connueNote de bas de page 1 Catégorie 2 : voyageurs asymptomatiques présentant un risque faible Note de bas de page 2 Catégorie 3 : voyageurs asymptomatiques présentant un risque élevé d'expositionNote de bas de page 3 Catégorie 4 : voyageurs qui présentent DES symptômes compatibles à la MVENote de bas de page 4
Mesures proposées
Mesures à prendre à l'arrivée au Canada
  • Les voyageurs devraient s'identifier auprès de l'autorité de santé publique appropriée le premier jour ouvrable suivant leur arrivée au Canada pour obtenir des conseils sur les mesures à prendre s'ils développent des symptômes compatibles à la MVE au cours de la période d'incubation potentielle.
  • Les voyageurs devraient s'identifier à un agent des services frontaliers du Canada qui communiquera avec un agent de quarantaine.
  • Un agent de quarantaine procédera à une évaluation immédiate des risques et déterminera les mesures à prendre.
  • Les voyageurs devraient s'identifier à un agent des services frontaliers du Canada qui communiquera avec un agent de quarantaine.
  • Un agent de quarantaine procédera à une évaluation de la santé immédiate et prendra les dispositions nécessaires aux fins du suivi médical ou du suivi de la Santé publique.
Directives opérationnelles (pendant le reste de la période de 21 jours depuis la dernière exposition potentielle)
Poursuite du voyage au Canada autorisée? Oui Oui À déterminer suite à l'évaluation des agents de quarantaine ou un médécin hygiéniste. Non
Suivi Non
  • Les voyageurs devraient faire de l'autosurveillance immédiate des symptômes de la MVENote de bas de page 6
  • Surveillance immédiate des symptômes de la MVE par l'autorité de santé publiqueNote de bas de page 6
  • Oui (à l'hôpital, puis selon le risque d'exposition si la MVE est exclue au moment de l'évaluation).
Planification d'urgence Non applicable

Les voyageurs devraient :

  • se préparer à s'isoler immédiatement soi-même, et communiquent avec l'autorité de santé publique appropriée s'ils développent des symptômes compatibles à ceux de la MVENote de bas de page 7
  • déclarer toute intention de se déplacer aux autorités de santé publique appropriée, afin d'obtenir les coordonnées de l'autorité de santé publique appropriée du lieu de destination.

Les voyageurs devraient :

  • se préparer à s'isoler immédiatement soi-même, et communiquent avec l'autorité de santé publique appropriée s'ils développent des symptômes compatibles à ceux de la MVENote de bas de page 7
  • demeurer près d'un établissement de soins actifs appropriés (si possible, à moins d'une heure de route)
  • déclarer toute intention de se déplacer aux autorités de santé publique appropriée, afin d'obtenir les coordonnées de l'autorité de santé publique appropriée du lieu de destination.
Non applicable
Présence au travailNote de bas de page 5 Oui Oui (après évaluation par les autorités de santé publique) Non Non (jusqu'à ce que le risque de MVE soit écarté)
Sortie dans les endroits publicsNote de bas de page 5 Oui Oui (après évaluation par les autorités de santé publique) Non  Non (jusqu'à ce que le risque de MVE soit écarté)
Utilisation de moyens de transport en communNote de bas de page 5 Oui Oui (après évaluation par les autorités de santé publique) Non Non (jusqu'à ce que le risque de MVE soit écarté)
Autres mesures de précaution Non applicable

Les voyageurs devraient :

  • éviter (dans la mesure du possible) les médicaments connus pour réduire la fièvre si un médicament de ce type doit absolument être pris, en aviser l'autorité de santé publique
  • informer tous les professionnels de la santé, y compris le personnel ambulancier, qu'ils côtoient de leur exposition possible à la MVE
  • repousser les visites médicales et les procédures non urgentes (p. ex., les visites chez le dentiste et les analyses sanguines non urgentes)
  • ne pas donner de sang ou tout autre liquide ou tissu corporel
  • maintenir de bonnes pratiques d'hygiène respiratoire et se lavent les mains régulièrementNote de bas de page 10

Les voyageurs devraient :

  • éviter (dans la mesure du possible) les médicaments connus pour réduire la fièvre si un médicament de ce type doit absolument être pris, en aviser l'autorité de santé publique
  • informer tous les professionnels de la santé, y compris le personnel ambulancier, qu'ils côtoient de leur exposition possible à la MVE
  • repousser les visites médicales et les procédures non urgentes (p. ex., les visites chez le dentiste et les analyses sanguines non urgentes)
  • ne pas donner de sang ou tout autre liquide ou tissu corporel
  • s'abstenir de tout contact sexuel ou adopter des pratiques sexuelles sans risque pendant 21 jours
  • limiter davantage les contacts avec les autres (p. ex., quarantaine) si approprié à la suite de l'évaluation individuelle des risques par l'autorité de santé publique
  • maintenir de bonnes pratiques d'hygiène respiratoire et se lavent les mains régulièrementNote de bas de page 10

Les travailleurs humanitaires doivent :

  • suivre les conseils fournis par leur organisation en plus des conseils fournis dans ce document
Non applicable

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Personne n'ayant eu aucun contact direct avec un cas de MVE symptomatique ou leurs liquides corporels; ou pouvant avoir interagi avec une personne asymptomatique qui a prodigué des soins ou qui vit dans le même ménage qu'un cas de MVE.

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Note de bas de page 2

Personne ayant été en contact direct avec un cas de MVE symptomatique (c'est-à-dire répondant à une définition de cas confirmé, probable ou soupçonné), leurs liquides corporels, leur dépouille ou toute autre source connue de virus Ebola en prenant les précautions recommandées par le PCI; ou en raison d'une violation des précautions; ou vivant dans le même ménage, mais sans contact direct avec un cas de MVE symptomatique ou avec leurs liquides corporels (p. ex., à travers des surfaces contaminées); ou ayant seulement des interactions occasionnelles et aucun contact direct avec un cas de MVE ou leurs liquides corporels. Partager un espace avec des places assises dans un moyen de transport public ou être assis dans la même salle d'attente sont des interactions occasionnelles.

Retour à la référence de la note de bas de page 2

Note de bas de page 3

Personne ayant été en contact direct avec un cas de MVE symptomatique (c'est-à-dire répondant à une définition de cas confirmé, probable ou soupçonné), leurs liquides corporels, leur dépouille ou toute autre source connue de virus Ebola sans prendre les précautions recommandées par le PCI; ou en raison d'une violation des précautions; ou ayant eu un contact sexuel non protégé avec un cas de MVE en phase aiguë ou en phase de convalescence

Retour à la référence de la note de bas de page 3

Note de bas de page 4

Symptômes d'Ebola au point d'entrée

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Note de bas de page 5

L'évaluation pourrait se faire au cas par cas. Par exemple, on pourrait envisager de faire du jogging ou du vélo en milieu non urbain. Il faut éviter de participer à un rassemblement communautaire ou religieux. On pourrait envisager de rester à la maison avec la famille; il ne devrait pas être permis de visiter la famille ailleurs. Le principe directeur est que l'autorité de santé publique appropriée doit être en mesure de s'assurer, ainsi que le grand public, que les objectifs d'isolement sont atteints de façon soutenue tout au long de la période de 21 jours.

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Note de bas de page 6

La surveillance comprend la vérification et la documentation de température à l'aide d'un thermomètre oral deux fois par jour. Faire référence au formulaire de consignation de la température pour les contacts du virus Ebola (pdf).

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Note de bas de page 7

L'auto-isolation inclut le maintien d'une distance de 2 mètres minimale de deux mètres et en évitant tout contact physique avec d'autres personnes.

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Note de bas de page 8

L'autorité de santé publique indiquera si un établissement de soins actifs approprié qui a été identifié dans la zone à cet effet, où des mesures appropriées de prévention et de contrôle des infections peuvent être mises en œuvre.

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Note de bas de page 9

Des médicaments qui peuvent réduire la fièvre (p. ex., acétaminophène, ibuprofène, acide acétylsalicylique), devraient être évité car ils pourraient masquer les premiers symptômes de MVE. Si un médicament de ce type doit absolument être pris, en aviser l'autorité de santé publique.

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Note de bas de page 10

Faire référence aux recommandations concernant de bonnes pratiques d'hygiène pour le lavage des mains pour plus d'information.

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Traitement de la MVE

L'Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie Canada (AMMI Canada), la Société canadienne des soins intensifs et l'Association canadienne des médecins d'urgence ont publié des lignes directrices conjointes en matière de soins aux patients atteints de MVE présumée et confirméeNote de bas de page 37Note de bas de page 38. Les patients atteints de MVE confirmée au Canada seront traités dans un centre de traitement de la MVE désigné, conformément aux protocoles fédéraux et provinciaux.

Remerciements

Cette déclaration a été élaborée par le Groupe de travail sur le virus Ebola composé d'Andrea K. Boggild, Michael D. Libman, Anne E. McCarthy, Jeffrey Pernica, Maryanne Crockett, Jennifer Geduld et Elspeth Payne (secrétariat du CCMTMV) et approuvée par le CCMTMV.

Le CCMTMV souhaite remercier Jill Sciberras, Thomas Piggott et Nicole Pachal pour leur contribution à la déclaration.

Membres du CCMTMV : McCarthy A (Chair), Acharya A, Boggild A, Bui Y, Crockett M, Greenaway C, Libman M, and Vaughan S.

Membres de liaison : Angelo K (United States Centers for Disease Control and Prevention),  Audcent T (Canadian Paediatric Society) and Pernica J (Association of Medical Microbiology and Infectious Disease Canada).

Membres d'office : Marion D (Canadian Forces Health Services Centre, Department of National Defence), McDonald P (Bureau of Medical Sciences, Health Canada), Rossi C (Medical Intelligence, Department of National Defence) and Schofield S (Pest Management Entomology, Department of National Defence).

Conflits d'intérêts

Aucun déclaré.

Références

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