Chapitre 1 : Introduction aux recommandations canadiennes pour la prévention et le traitement du paludisme

Dernière révision complète du chapitre : juin 2026

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Préambule

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) donne à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des conseils courants et à jour de nature médicale, scientifique et de santé publique concernant les maladies tropicales infectieuses et les risques pour la santé associés aux voyages internationaux. L'ASPC reconnaît que les conseils et les recommandations figurant dans cette déclaration reposent sur la pratique médicale et les connaissances scientifiques les plus récentes et les diffuse dans le but d'informer les voyageurs ainsi que les professionnels de la santé qui sont appelés à leur prodiguer des soins.

Les personnes qui administrent ou utilisent des médicaments, des vaccins ou d'autres produits devraient bien connaître la monographie des produits ainsi que toute autre norme ou instruction approuvée concernant leur usage. Les recommandations relatives à l'usage des produits et les autres renseignements présentés ici peuvent différer de ceux figurant dans les monographies ou dans toute autre norme ou tout autre mode d'emploi approuvé pertinent qui a été établi par les fabricants autorisés. Rappelons que l'approbation demandée par les fabricants pour leurs produits, avec démonstration de leur innocuité et de leur efficacité à l'appui, ne s'applique qu'aux utilisations conformes à la monographie de produit ou à une autre norme ou un autre mode d'emploi approuvé.

Introduction

Le paludisme est une infection parasitaire courante et potentiellement mortelle chez l'être humain. Il s'agit d'une maladie protozoaire transmise par la piqûre d'un moustique femelle infecté du genre Anopheles. Dans de rares cas, la transmission peut se faire lors d'une transfusion de sangRéférence 1Référence 2, de la transplantation d'organes solidesRéférence 2 ou du partage d'aiguilles, ou encore de la mère au fœtusRéférence 3. Cinq espèces principales du genre Plasmodium sont responsables des infections paludéennes chez l'être humain. À l'échelle mondiale, Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax causent la plupart des cas, tandis que Plasmodium ovale et Plasmodium malariae entraînent une faible charge de morbidité. La cinquième espèce, Plasmodium knowlesi, est un parasite zoonotique que l'on trouve principalement en Asie du Sud-Est. L'incidence clinique chez l'être humain des infections zoonotiques à Plasmodium cynomolgi et Plasmodium simium identifiées par analyse moléculaire n'est pas encore bien établieRéférence 4Référence 5.

Les manifestations cliniques du paludisme dépendent de l'âge et de l'état immunitaire de l'hôte. L'éventail des effets cliniques va de la parasitémie asymptomatique au paludisme non compliqué et au paludisme grave et potentiellement mortel. La maladie se caractérise par des symptômes non spécifiques, notamment des myalgies, de la fatigue, des maux de tête, des douleurs abdominales et un malaise, suivis d'une fièvre hectique et de frissons. Des nausées, des vomissements et une jaunisse sont aussi couramment observés. La fièvre non différenciée est le plus souvent causée par le paludisme dans les régions où la maladie est endémique. Les fièvres tierces ou périodiques décrites dans la littérature sont observées moins fréquemment chez les voyageurs au Canada en raison du recours précoce aux services de santé et d'un traitement rapide Référence 6.

Les symptômes du paludisme n'étant pas spécifiques, un diagnostic définitif n'est pas possible sans un test parasitologique, qui peut consister en un examen microscopique de frottis sanguin, un test de détection d'antigène (test de diagnostic rapide) ou un test moléculaire. Pour de plus amples renseignements sur le diagnostic du paludisme, voir Paludisme : Chapitre 6.

Les infections causées par P. falciparum présentent le taux de mortalité le plus élevé; toutefois, P. vivax et P. knowlesi peuvent aussi être à l'origine de formes graves de la maladie. La plupart des décès dus au paludisme peuvent être évités. En effet, ils sont souvent attribuables à des retards dans le diagnostic et le traitementRéférence 7Référence 8.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 282 millions de cas de paludisme sont survenus dans le monde en 2024, ce qui représente 9 millions de cas de plus qu'en 2023. Cinq pays comptaient près de la moitié des cas de paludisme dans le monde : le Nigéria (24,3 %), la République démocratique du Congo (12,5 %), l'Ouganda (4,7 %), l'Éthiopie (4,4 %) et le Mozambique (3,6 %). En 2024, on estime que le paludisme a causé 610 000 décès à l'échelle mondiale, dont plus de la moitié ont été enregistrés dans quatre pays : le Nigéria (30,3 %), la République démocratique du Congo (11,1 %), le Niger (5,8 %) et la République-Unie de Tanzanie (4,3 %)Référence 8.

Les Objectifs de développement durable (ODD) visent à mettre fin aux épidémies de paludisme d'ici 2030. Pour atteindre cet objectif, la Stratégie technique mondiale contre le paludisme (STM), adoptée par les États membres de l'OMS en 2015, propose de réduire la mortalité et l'incidence du paludisme d'au moins 90 %, d'éliminer le paludisme dans au moins 35 pays où il est transmis et de prévenir la réapparition du paludisme dans tous les pays qui en sont exempts d'ici 2030Référence 9. La figure 1 montre les progrès réalisés à l'échelle mondiale, entre 2000 et 2024, pour éliminer le paludisme. Bien que de nombreux pays aient réussi à réduire considérablement l'incidence et la mortalité liés au paludisme depuis 2015, l'incidence de la maladie a augmenté à l'échelle mondiale. Les principaux défis à relever pour lutter contre le paludisme et l'éliminer comprennent l'émergence et la propagation en Afrique d'une résistance partielle à l'artémisinine, la diminution de la sensibilité des tests de diagnostic rapide, l'établissement d'espèces de moustiques envahissantes dans des milieux urbains en Afrique et la résistance généralisée des moustiques aux insecticidesRéférence 8Référence 10.

Figure 1 : Pays et régions qui présentaient des cas indigènes de paludisme en 2000 et leur statut en 2024Note de bas de page aNote de bas de page b
Figure 1

L'OMS considère que les pays et les régions qui ne recensent aucun cas indigène pendant au moins trois années consécutives ont éliminé le paludisme. En 2024, la Malaisie n'a déclaré aucun cas indigène causé par des espèces Plasmodium chez l'humain pour la septième année consécutive, l'Arabie saoudite n'en a déclaré aucun pour la quatrième année consécutive et le Bhoutan n'en a déclaré aucun pour la troisième année consécutive, ce qui signifie la fin de l'épidémie de paludisme sur leur territoire respectif. Le Timor-Leste et le Suriname ont tous deux été certifiés exempts de paludisme en 2025. Par ailleurs, bien qu'elle ait connu une recrudescence des cas en 2002, la Géorgie n'a déclaré aucun cas indigène en 2015 et a été certifiée exempte de paludisme en 2025Référence 8.

Figure 1 : Description textuelle

Régions présentant un ou plusieurs cas indigènes :

Région africaine de l’OMS

  • Angola
  • Bénin
  • Botswana
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Cameroun
  • République centrafricaine
  • Tchad
  • Comores
  • Congo
  • Côte d’Ivoire
  • République démocratique du Congo
  • Guinée équatoriale
  • Érythrée
  • Eswatini
  • Éthiopie
  • Gabon
  • Gambie
  • Ghana
  • Guinée
  • Guinée-Bissau
  • Kenya
  • Libéria
  • Madagascar
  • Malawi
  • Mali
  • Mauritanie
  • Mozambique
  • Namibie
  • Niger
  • Nigéria
  • Rwanda
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Sénégal
  • Sierra Leone
  • Afrique du Sud
  • Soudan du Sud
  • Togo
  • Ouganda
  • République-Unie de Tanzanie
  • Zambie
  • Zimbabwe

Région des Amériques de l’OMS

  • Bolivie
  • Brésil
  • Colombie
  • Costa Rica
  • République dominicaine
  • Équateur
  • Guyane française
  • Guatemala
  • Guyane
  • Haïti
  • Honduras
  • Mexique
  • Nicaragua
  • Panama
  • Pérou
  • Vénézuéla

Région de la Méditerranée orientale de l’OMS

  • Afghanistan
  • Djibouti
  • Iran
  • Pakistan
  • Somalie
  • Soudan
  • Yémen

Région de l’Asie du Sud-Est de l’OMS

  • Bangladesh
  • Corée du Nord
  • Inde
  • Myanmar
  • Népal
  • Thaïlande

Région du Pacifique occidental de l’OMS

  • Cambodge
  • Indonésie
  • République démocratique populaire lao
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Philippines
  • Corée du Sud
  • Îles Salomon
  • Vanuatu
  • Vietnam

Régions exemptes de cas indigènes (> 3 ans) en 2024

  • Bhoutan
  • Irak
  • Malaisie
  • Oman
  • Arabie saoudite
  • Türkiye

Régions certifiées exemptes de paludisme après 2000

  • Algérie
  • Argentine
  • Arménie
  • Azerbaïdjan
  • Bélize
  • Cap-Vert
  • Chine
  • Égypte
  • El Salvador
  • Géorgie
  • Kirghizistan
  • Maldives
  • Maroc
  • Paraguay
  • Sri Lanka
  • Suriname
  • République arabe syrienne
  • Tadjikistan
  • Timor-Leste
  • Turkménistan
  • Émirats arabes unis
  • Ouzbékistan

Régions exemptes de paludismeNote de bas de page b

Région africaine de l’OMS

  • Lesotho
  • Maurice
  • Seychelles

Région des Amériques de l’OMS

  • Antigua-et-Barbuda
  • Bahamas
  • Barbade
  • Canada
  • Chili
  • Cuba
  • Dominique
  • Grenade
  • Jamaïque
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Sainte-Lucie
  • Saint-Vincent-et-les Grenadines
  • Trinité-et-Tobago
  • États-Unis d’Amérique
  • Uruguay

Région de la Méditerranée orientale de l’OMS

  • Bahreïn
  • Jordanie
  • Koweït
  • Liban
  • Libye
  • Qatar
  • Tunisie

Région européenne de l’OMS

  • Albanie
  • Andorre
  • Autriche
  • Bélarus
  • Belgique
  • Bosnie-Herzégovine
  • Bulgarie
  • Croatie
  • Chypre
  • Tchéquie
  • Danemark
  • Estonie
  • Finlande
  • France
  • La Réunion
  • Allemagne
  • Grèce
  • Hongrie
  • Islande
  • Irlande
  • Israël
  • Italie
  • Kazakhstan
  • Lettonie
  • Lituanie
  • Luxembourg
  • Malte
  • Monaco
  • Monténégro
  • Moldavie
  • Pays-Bas
  • Macédoine du Nord
  • Norvège
  • Pologne
  • Portugal
  • Roumanie
  • Russie
  • Saint-Marin
  • Serbie
  • Slovaquie
  • Slovénie
  • Espagne
  • Suède
  • Suisse
  • Ukraine
  • Royaume-Uni

Région du Pacifique occidental de l’OMS

  • Australie
  • Brunéi Darussalam
  • Îles Cook
  • Fidji
  • Japon
  • Kiribati
  • Îles Marshall
  • Micronésie
  • Mongolie
  • Nauru
  • Nouvelle-Zélande
  • Nioué
  • Palaos
  • Samoa
  • Singapour
  • Tonga
  • Tuvalu

Au Canada, où l'on n'observe actuellement aucune transmission indigène soutenue, presque tous les cas de paludisme sont diagnostiqués chez des voyageurs revenant ou entrant au Canada en provenance de destinations où le paludisme est endémique. Bien qu'à l'heure actuelle, le paludisme demeure très largement associé aux voyages, les changements environnementaux comme la hausse des températures et les fluctuations des régimes de précipitations pourraient, au fil du temps, favoriser la transmission locale par les moustiques du genre Anopheles dans certaines régionsRéférence 11. Une surveillance continue des cas liés aux voyages est donc essentielle, tant pour orienter les stratégies de prévention chez les voyageurs que pour déceler les premiers signes de changements en ce qui concerne le risque de transmission au Canada.

Le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO) est un système de surveillance passive coordonné par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Il est utilisé pour surveiller plus de 40 maladies infectieuses à déclaration obligatoire à l'échelle nationale et constitue la source unique la plus ancienne pour estimer le nombre total de cas de paludisme au Canada. Il faut toutefois signaler deux limites importantes en ce qui concerne les données sur le paludisme figurant dans le SCSMDO :

  1. La déclaration est volontaire et les données fournies sont incomplètes à l'échelle nationale. La déclaration des cas par les provinces et les territoires au gouvernement fédéral est volontaire. En 2018, l'Ontario – qui avait toujours enregistré la plus grande proportion de cas de paludisme au Canada – a retiré le paludisme de sa liste de maladies à déclaration obligatoire. Par conséquent, les données du SCSMDO concernant le nombre de cas de paludisme à l'échelle nationale ne comprennent plus les données pour l'Ontario depuis 2018.
  2. Seuls les diagnostics de paludisme correspondant à la définition de cas du SCSMDO sont déclarés. Seuls les cas de paludisme confirmés par un examen microscopique de frottis sanguin sont comptabilisés dans le SCSMDO, ce qui exclut les cas identifiés par des tests moléculaires. Il est important de noter que le SCSMDO ne vérifie pas directement ces renseignements et qu'il s'en remet aux provinces et aux territoires pour s'assurer que les cas déclarés correspondent à la définition de cas.

Par conséquent, le nombre réel de cas de paludisme au Canada est supérieur au nombre de cas déclarés par le SCSMDO. De plus, l'ensemble de données ne comprend pas certains renseignements complémentaires importants, comme les antécédents de voyage et les détails cliniques.

Pour compléter les données du SCSMDO et combler certaines lacunes relevées dans les renseignements épidémiologiques et cliniques, l'ASPC tire également parti des données du Réseau canadien sur le paludisme (RCP) et du réseau CanTravNet (en anglais seulement). Le RCP est le fruit d'une collaboration entre l'ASPC et le Programme d'accès spécial de Santé Canada, lequel maintient, dans les principaux centres médicaux partout au pays, des stocks d'artésunate et de quinine administrés par voie intraveineuse; ces médicaments servent à traiter les cas de paludisme grave. L'ensemble de données du RCP fournit donc une bonne estimation du nombre de cas de paludisme grave au Canada, y compris en Ontario. CanTravNet, quant à lui, contient des données sur les diagnostics de paludisme – quelle que soit la gravité de la maladie – enregistrés dans ses différents sites sentinelles. Le nombre de membres du réseau CanTravNet a évolué au fil du temps, mais, en 2023, il comprenait des hôpitaux de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario et du Québec.

De 2014 à 2023, 4 332 cas de paludisme confirmés en laboratoire ont été déclarés au SCSMDO, avec une médiane de 437 cas par an. Au cours de cette période, le nombre annuel de cas a atteint un sommet de 611 en 2016 pour ensuite chuter à 185 en 2020 – une baisse qui a coïncidé avec la perturbation des voyages internationaux causée par la pandémie de COVID-19. L'analyse des données selon l'âge et le sexe révèle que le paludisme était le plus souvent diagnostiqué chez les hommes de 20 à 39 ans (23,7 %, 1 028), suivis des hommes de 40 à 59 ans (20,0 %, 866). En général, les hommes étaient plus nombreux que les femmes à avoir reçu un diagnostic de paludisme, le ratio global hommes-femmes étant de 1,7:1. Cette tendance a également été observée dans l'ensemble de données du réseau CanTravNet et a été signalée ailleurs dans la littératureRéférence 12Référence 13Référence 14. Les enfants de moins de 5 ans représentaient 4,8 % (209) des cas de paludisme recensés dans le SCSMDO. Ce groupe d'âge est plus susceptible de présenter une forme grave de la maladieRéférence 15Référence 16, et représentait 7,4 % des cas de paludisme grave ou compliqué au cours de la même période dans le RCP (75/1 013). Les personnes âgées étaient également plus susceptibles de développer une forme grave du paludisme, le groupe des personnes de 60 ans et plus représentant 11,0 % (111) des cas dans le RCP comparativement à 7,4 % (322) dans le SCSMDO, ce qui concorde avec les résultats publiés dans la littératureRéférence 15Référence 17.

Le RCP et le réseau CanTravNet contiennent tous deux des données sur les espèces en cause, ainsi que des renseignements sur le motif du voyage du patient et le pays où la maladie a été contractée. La comparaison de ces deux ensembles de données peut aider à déterminer si les cas de paludisme grave présentent des caractéristiques distinctes par rapport à l'ensemble des cas de paludisme déclarés au Canada. De 2014 à 2023, un total de 912 cas de paludisme ont été déclarés au réseau CanTravNet. Parmi les cas pour lesquels l'espèce de Plasmodium était connue, P. falciparum représentait 77,0 % (629/817) des infections, suivi de P. vivax (10,9 %, 89), de P. ovale (10,5 %, 86) et de P. malariae (2,4 %, 20); on comptait également 7 cas d'infections mixtes causées par au moins deux espèces de Plasmodium. Au cours de la même période, un total de 1 013 cas de patients ayant reçu un diagnostic de paludisme grave ou compliqué ont été signalés au RCP. Toujours parmi les cas pour lesquels l'espèce de Plasmodium était connue, P. falciparum représentait 96,5 % (719/745) des infections graves, une proportion nettement plus élevée que celle observée dans le réseau CanTravNet et conforme aux tendances mondiales en ce qui concerne les cas de paludisme graveRéférence 18. On recense un faible nombre de cas graves qui étaient infectés par P. vivax ou d'autres espèces de Plasmodium, dont 11 cas d'infections mixtes.

Lorsque le motif du voyage était connu, la raison la plus fréquemment déclarée était un voyage pour rendre visite à des amis ou à des parents (50,0 % dans le réseau CanTravNet et 57,5 % dans le RCP); cela comprend les résidents canadiens qui reviennent au Canada après avoir un voyage à l'étranger, ainsi que les ressortissants étrangers qui visitent le Canada depuis leur pays d'origine. L'immigration (20,0 % dans le réseau CanTravNet et 18,4 % dans le RCP) et les voyages d'affaires (9,6 % dans le réseau CanTravNet et 9,4 % dans le RCP) étaient respectivement les deuxième et troisième motifs de voyage les plus fréquents. À l'inverse de la population générale de voyageurs canadiens à l'étranger, dont la majorité voyage pour les loisirs (66,3 % selon l'Enquête nationale sur les voyages de 2023)Référence 19, moins d'une personne atteinte de paludisme sur dix a déclaré avoir voyagé pour des vacances (8,8 % dans CanTravNet et 5,5 % dans le RCP).

Parmi les cas pour lesquels la région ou le pays d'exposition était connu, le lieu d'acquisition de la maladie était l'Afrique dans la majorité des cas (90,7 % dans le réseau CanTravNet et 96,4 % dans le RCP); cette constatation est conforme aux tendances mondiales observées pour le paludisme, selon lesquelles 94 % de tous les cas de paludisme dans le monde en 2024 ont été enregistrés dans la région africaine de l'OMSRéférence 8. Par ailleurs, les données du réseau CanTravNet et du RCP indiquent que plus de 50 % des cas provenaient de huit pays d'Afrique : le Nigéria, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, l'Ouganda, la Guinée, le Ghana et la République-Unie de Tanzanie.

Bien que les données de surveillance du paludisme au Canada présentent certaines limites, les données du SCSMDO, du RCP et de CanTravNet montrent que le paludisme demeure préoccupant pour les voyageurs canadiens, avec plus de 400 cas diagnostiqués chaque année. Le risque d'infection n'est pas uniforme, les cas étant plus nombreux chez les hommes jeunes et d'âge moyen, ainsi que chez les personnes qui voyagent pour visiter des amis ou des parents, surtout dans les pays africains où la maladie est fortement endémique, comme le Nigéria. Selon les données du RCP, plus de 100 cas de paludisme signalés chaque année au Canada progresseront vers une forme grave de la maladie; ces cas représentent une urgence médicale qui peut entraîner la mort en l'absence de traitement. Ensemble, ces éléments soulignent la nécessité de fournir aux voyageurs et aux professionnels de la santé canadiens des conseils à jour et fondés sur des données probantes aux fins de la prévention, du diagnostic et du traitement du paludisme.

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Cette carte se veut une aide visuelle seulement; voir l'annexe 1 pour des recommandations propres aux pays. Reproduit avec la permission de l'OMS, 2025.

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Note de bas de page b

Certains des pays dits « exempts de paludisme » dans la figure 1 ont signalé des cas de paludisme importés avec une transmission locale très limitée dans le passé.

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2026-06-22