Pour les professionnels de la santé : infections à entérovirus non poliomyélitique

Trouvez des renseignements détaillés sur les infections à entérovirus non poliomyélitique, leurs manifestations cliniques, leur diagnostic et leur traitement.

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Ce que doivent savoir les professionnels de la santé à propos de l'entérovirus non poliomyélitique

Les entérovirus non poliomyélitiques sont des virus à acide ribonucléique (ARN) trouvés communément partout dans le monde.

L'infection est habituellement asymptomatique ou associée à une maladie non spécifique bénigne, mais on voit aussi des manifestations plus graves, surtout chez les enfants.

Le syndrome pieds-mains-bouche (SPMB), ou stomatite vésiculeuse avec exanthème, est une maladie infantile courante causée par une infection à entérovirus non poliomyélitique, comme :

  • les virus Coxsackie A16 (CV-16), CV-A4, CV-A5, CV-A9, CV-A10, CV-B2 et CV-B5;
  • l'entérovirus 71 (EV-A71).

Le SPMB est le plus souvent causé par les virus CV-A16 et EV-A71.

De vastes éclosions de SPMB liées aux virus CV-A16 et EV-A71 ont été documentées. Des éclosions de SPMB causées par CV-A16 n'ont jamais été associées à des complications importantes ou à des décès.

Certaines éclosions de SPMB causées par le virus EV-A71 ont été associées à :

  • de graves complications neurologiques;
  • une forte mortalité.

D'autres éclosions ont donné lieu à :

  • un nombre relativement moins élevé de complications;
  • peu de décès.

Manifestations cliniques

Voici certaines manifestations de l'entérovirus non poliomyélitique :

  • exanthème;
  • herpangine;
  • conjonctivite;
  • encéphalite;
  • méningite à liquide clair;
  • paralysie flasque aiguë;
  • problèmes respiratoires aigus;
  • myopéricardite.

L'infection à EV-A71 peut provoquer des complications sans produire de SPMB cliniquement évident.

Le SPMB touche d'ordinaire les enfants de 11 ans et moins.

Voici les manifestations typiques du SPMB :

  • fièvre;
  • lésions buccales qui consistent en des vésicules s'ulcérant rapidement sur :
    • la muqueuse buccale,
    • la langue,
    • le palais,
    • les gencives;
  • éruptions cutanées sur les mains, les pieds et les fesses qui prennent la forme de :
    • lésions papulovésiculeuses sur la paume des mains, sur les doigts et sur la plante des pieds (qui persistent généralement de 7 à 10 jours);
  • lésions maculopapuleuses sur les fesses;
  • malaise;
  • mal de gorge;
  • vomissement;
  • diarrhée.

La maladie est considérée comme bénigne et se résorbe spontanément.

Toutefois, il peut y avoir des complications, surtout lorsque la maladie est causée par une infection à EV-A71.

Les complications comprennent :

  • encéphalite;
  • méningite à liquide clair;
  • paralysie flasque aiguë;
  • œdème pulmonaire;
  • hémorragie;
  • myocardite.

La majorité des décès des suites du SPMB sont causés par :

  • un œdème pulmonaire;
  • une hémorragie.

Diagnostic

Un diagnostic de laboratoire est rarement nécessaire pour les cas simples.

Dans les cas complexes, le diagnostic peut être posé en isolant le virus :

  • par culture d'échantillons des voies respiratoires supérieures ou des selles;
  • à partir d'échantillons de liquide céphalorachidien, de biopsies ou de lésions cutanées.

Des techniques moléculaires et de culture virale peuvent être utilisées, notamment :

  • la réaction en chaîne de la polymérase (PCR);
  • le séquençage.

Cependant, les cultures destinées à obtenir un isolat viral constituent la méthode de choix pour le typage précis de la souche virale.

Une augmentation de quatre fois du titre d'anticorps neutralisants dans les échantillons de sang durant la phase active de la maladie et la convalescence peut être un signe d'infection récente.

Toutefois, cette démarche est souvent difficile dans la pratique, car la séroconversion des patients peut avoir déjà commencé lorsque les symptômes se manifestent.

Traitement

Il n'existe aucun produit antiviral de traitement ou de prophylaxie spécifique contre l'infection à entérovirus.

Le traitement, qui vise à offrir un soutien, est axé sur la prise en charge des complications.

L'administration intraveineuse d'immunoglobulines peut s'avérer utile pour prévenir des affections graves chez les patients atteints :

  • d'un déficit immunitaire;
  • d'une maladie présentant un danger de mort.

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