Le point sur l’éclosion de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo 

Figure 1
Carte - Équivalent textuel

Cette carte montre le nombre de cas de maladie à virus Ebola dans les zones de santé touchées du district de l'Équateur en République Démocratique du Congo (selon le rapport publié par l'Organisation mondiale de la Santé le 5 juin 2018). On compte 56 cas au total, dont 25 (cinq décès) dans la zone de santé d'Iboko, 26 (17 décès) dans la zone de santé de Bikoro et cinq (trois décès) dans la zone de santé de Wangata.

Le 8 mai 2018, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que la République démocratique du Congo (RDC) avait déclaré une nouvelle éclosion de maladie à virus Ebola (MVE). C'est la neuvième éclosion de MVE en RDC depuis la découverte du virus en 1976. Bien que le risque de propagation à l'échelle internationale reste faible, les développements survenus dans le cadre de cette éclosion, y compris la présence d'un cas confirmé à Mbandaka, un grand centre urbain de la RDC, ont augmenté ce risque. L'emplacement de Mbandaka, qui se trouve près de grandes rivières nationales et internationales, routes et routes aériennes internationales, a augmenté le risque de propagation dans la RDC et ailleurs dans le monde, ce qui a incité l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à considérer le risque pour la santé publique comme étant très élevé à l'échelle nationale en RDC et élevé à l'échelle régionale (c.-à-d. en RDC et dans les pays avoisinants).

Le gouvernement du Canada surveille de près l'éclosion et évalue continuellement les risques, tout en prodiguant des conseils sur les mesures de protection individuelle aux Canadiens qui voyagent et travaillent en RDC. Parallèlement, les autorités canadiennes travaillent avec leurs partenaires internationaux pour surveiller l'évolution de la situation et les opérations de confinement de la maladie, qui sont coordonnées par le ministère de la Santé de la RDC avec le soutien des organismes des Nations Unies et d'autres intervenants internationaux.

Causes

La maladie à virus Ebola (MVE) est une maladie virale rare mais grave (le taux de mortalité chez les humains varie entre 25 et 90 %). Bien que le bassin naturel du virus se trouve chez les animaux, les humains peuvent être infectés par contact avec le sang, les organes, les fluides corporels ou d'autres sécrétions d'animaux infectés.  Une fois présente chez les humains, la MVE se propage principalement de personne à personne par contact étroit avec les fluides ou les sécrétions des personnes infectées. On n'a fait état d'aucune transmission par contact occasionnel ou par voie aérienne.‎

Vaccination

La vaccination est l'un des mécanismes de prévention et de lutte contre l'infection employés dans le cadre de cette éclosion de maladie à virus Ebola. Un vaccin contre la MVE appelé rVSV-ZEBOV, qui a été mis au point par des chercheurs du Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'Agence de la santé publique du Canada, est administré dans le cadre des mesures de santé publique prises en réponse à cette éclosion.

Les essais de vaccination réalisés avec le rVSV-ZEBOV en Guinée en 2015 ont montré que le vaccin était bien toléré et fournissait une excellente protection contre l'infection par le virus Ebola chez l'être humain. Lorsqu'il est administré, le vaccin induit une réponse immunitaire contre le virus Ebola, mais il ne contient pas de virus Ebola vivant. Par conséquent, il n'existe aucun risque de contracter la MVE à partir du vaccin.

Bien que le vaccin rVSV-ZEBOV n'ait pas encore été homologué par les organismes de réglementation, des études indiquent que le vaccin est très efficace pour prévenir l'infection à virus Ebola lorsqu'il est utilisé avant et immédiatement après l'exposition au virus. En 2017, le Groupe stratégique consultatif d'experts de l'OMS (SAGE) sur la vaccination a recommandé que le vaccin rVSV-ZEBOV soit déployé rapidement en cas d'éclosion de maladie à virus Ebola, et qu'il soit offert après avoir obtenu le consentement éclairé de la personne, dans le respect des bonnes pratiques cliniques.

Le 21 mai 2018, le gouvernement de la RDC, avec l'appui de l'OMS, de Médecins Sans Frontières (MSF) et d'autres partenaires internationaux, a lancé une campagne de vaccination en anneau par le vaccin rVSV-ZEBOV pour freiner la propagation de la maladie dans les régions à risque élevé. Un programme de vaccination en anneau vise à vacciner toutes les personnes qui ont été en contact avec des cas confirmés, ainsi que les contacts de ces contacts. On crée ainsi un large anneau de confinement autour de chaque cas confirmé. À ce jour, environ 8 000 doses du vaccin rVSV-ZEBOV ont été envoyées en RDC pour contenir et contribuer à enrayer l'éclosion actuelle de maladie à virus Ebola. L'OMS a indiqué que d'autres doses pourront être déployées.

Les stratégies de vaccination en anneau aident à administrer le vaccin en priorité aux personnes qui présentent le plus grand risque d'infection dans les zones à risque élevé, où des cas confirmés en laboratoire et des chaînes de transmission ont été détectés grâce à des activités de surveillance renforcée. En conséquence, le vaccin a d'abord été utilisé principalement dans les trois localités de la RDC où des cas ont été confirmés en laboratoire. Les contacts sont définis comme les personnes qui, au cours des 21 derniers jours, ont vécu avec un patient, lui ont rendu visite ou ont reçu sa visite avant ou après que ses symptômes soient apparus, ou qui ont été en contact physique étroit avec le corps du patient, ses liquides corporels, son linge ou ses vêtements. La zone de vaccination en anneau n'est pas une zone géographique, mais plutôt un anneau des contacts sociaux (à la maison, au travail ou à l'école) avec le patient pendant ou après sa maladie ou son décès.

En dehors de la campagne de vaccination en anneau, la vaccination est également offerte, sur une base volontaire, à certains fournisseurs de soins de santé et d'autres intervenants qui présentent un risque élevé d'exposition au virus. Les personnes admissibles à l'administration du vaccin comprennent : 1) les personnes ayant été en contact avec un cas confirmé de MVE (mort ou vivant); 2) les travailleurs de première ligne ou de la santé dans une région touchée (zone sanitaire); et 3) les travailleurs de première ligne ou de la santé dans les régions qui présentent un risque immédiat de propagation de l'éclosion. À l'heure actuelle, le vaccin n'est pas recommandé chez les enfants de moins de 6 ans ou chez les femmes enceintes ou qui allaitent. De même, en raison de la disponibilité limitée du vaccin et du faible risque qui peut être atténué par des mesures de protection individuelle, le vaccin n'est pas offert ou recommandé aux voyageurs et aux autres Canadiens qui vivent ou travaillent en RDC.

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