Virus respiratoire syncytial (VRS) : Pour les professionnels de la santé
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- Renseignements clés
- Transmission
- Manifestations cliniques
- Diagnostic
- Traitement
- Prévention et contrôle
- Surveillance
Renseignements clés
Le VRS est un virus à ARN enveloppé. Il cause des épidémies saisonnières de maladies respiratoires dans des pays du monde entier. Au Canada, l’activité du VRS est généralement élevée de la fin de l’automne au début du printemps. La saison du VRS varie en ce qui concerne la période et la durée, selon les régions du pays.
Le VRS est une maladie courante et la cause la plus fréquente de maladie des voies respiratoires inférieures chez les jeunes enfants du monde entier. La plupart des enfants seront infectés par le VRS avant l’âge de 2 ans.
Des réinfections par le VRS peuvent se produire tout au long de la vie, et les infections répétées sont souvent moins graves à l’âge adulte. L’état de santé ou l’âge avancé augmentent le risque de développer une forme grave de la maladie.
Une infection primaire par le VRS peut se manifester sous la forme d’une :
- affection des voies respiratoires supérieures
- affection des voies respiratoires inférieures
- pneumonie
- bronchiolite
- trachéobronchite
Le risque de conséquences graves de l’infection par le VRS est plus élevé chez les groupes suivants :
- Nourrissons et jeunes enfants de moins de 2 ans
- Nourrissons nécessitant un transport complexe pour recevoir un traitement contre une infection grave au VRS et/ou dont le risque de contracter une infection grave au VRS est lié à des déterminants sociaux et structurels établis en matière de santé, tels que ceux éprouvés par certaines communautés des Premières Nations, inuites ou métisses
- Enfants atteints d’une maladie pulmonaire chronique, d’une maladie cardiaque congénitale, de troubles neuromusculaires ou ayant un système immunitaire affaibli
- Adultes atteints d’une maladie pulmonaire ou cardiaque chronique ou ayant un système immunitaire affaibli
- Adultes plus âgés
Dans les cas graves, le VRS nécessite une hospitalisation et peut être mortel. Parmi les enfants, les taux d’hospitalisation sont les plus élevés chez ceux de moins de 1 an, et plus particulièrement au cours des 6 premiers mois de vie. Parmi les adultes, le taux d’hospitalisation est plus élevé chez ceux qui sont très âgés et ceux qui souffrent de certaines maladies chroniques.
Transmission
Les humains sont la seule source d’infection. La transmission du VRS se fait par gouttelettes respiratoires contenant le virus et par contact avec des surfaces contaminées. Une personne est contagieuse pendant environ 8 jours en moyenne, avec un intervalle de 1 à 21 jours. La période d’incubation est parfois plus longue chez certains nourrissons et chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Manifestations cliniques
La période d’incubation du VRS varie de 2 à 8 jours. Les présentations cliniques les plus fréquentes peuvent inclure les suivantes :
- Rhinorrhée
- Toux
- Éternuements
- Maux de tête
- Fatigue
- Fièvre
- Respiration sifflante
- Pharyngite
- Bronchiolite
Chez les nourrissons, les seuls symptômes potentiels du VRS seraient :
- une diminution de l’activité
- la difficulté respiratoire
- la difficulté à s’alimenter
- l’irritabilité
Les infections graves provoquées par le VRS sont plus fréquentes chez les :
- nourrissons et les jeunes enfants
- personnes immunodéprimées
- personnes âgées atteintes de certaines maladies chroniques, telles que :
- l’asthme
- le diabète
- les maladies cardiovasculaires
- la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC)
Diagnostic
Dans la plupart des cas externes, le diagnostic est clinique, et aucun test particulier en laboratoire n’est effectué. Une personne admise à l’hôpital fait souvent l’objet d’un test de dépistage du VRS à l’aide d’un prélèvement nasopharyngé.
Traitement
Il n’existe aucun traitement antiviral contre le VRS. La plupart des enfants et des adultes en bonne santé se rétabliront par eux-mêmes en 1 à 2 semaines. La plupart des traitements contre le VRS consistent à traiter les symptômes et à fournir des soins de soutien.
Des médicaments en vente libre, comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène, peuvent être administrés pour soulager les symptômes associés au VRS, comme la fièvre. Il est fortement recommandé de boire beaucoup de liquides et de se reposer adéquatement.
Les personnes atteintes d’un VRS grave peuvent devoir être hospitalisées pour recevoir de l’oxygène et des soins de soutien.
Prévention et contrôle
Immunisation
L’immunisation est le moyen le plus efficace de prévenir la transmission du VRS.
Il existe 3 produits de vaccination approuvés pour prévenir la maladie causée par le VRS chez les nourrissons.
- Le palivizumab/Synagis (AstraZeneca) est un anticorps monoclonal disponible au Canada depuis des décennies et est administré tous les mois aux nourrissons à haut risque de maladie grave due au VRS
- Ce produit pourrait être progressivement retiré du marché dans la plupart des juridictions
- Le nirsévimab/Beyfortus (Sanofi) est un anticorps monoclonal plus récent, et 1 dose protège les nourrissons durant leur première saison du VRS, ainsi que les enfants à haut risque durant leur deuxième saison du VRS, pour toute la durée de la saison
- RSVpreF/Abrysvo (Pfizer) est un vaccin qui est administré pendant la grossesse pour prévenir le VRS chez les nourrissons
Ces produits ne peuvent pas être utilisés pour traiter les nourrissons qui ont déjà une maladie causée par le VRS. Il est rare que plus d'un produit soit nécessaire pour protéger un nourrisson contre le VRS. On ignore si la vaccination pendant la grossesse protège la personne enceinte contre le VRS en même temps que le nourrisson.
Tous les produits indiqués ci-dessus sont des produits d’immunisation passive, ce qui signifie que les nourrissons sont protégés soit en recevant directement un anticorps monoclonal (palivizumab ou nirsévimab), soit par transfert transplacentaire d’anticorps pendant la grossesse (RSVpreF).
Trois vaccins sont approuvés pour prévenir les formes graves du VRS chez les personnes âgées de 60 ans et plus. L’un d’entre eux (RSVPreF3) est également approuvé pour prévenir le VRS grave chez les personnes âgées de 50 à 59 ans qui présentent un risque élevé.
- RSVpreF/Abrysvo (Pfizer)
- RSVPreF3/Arexvy (GSK)
- mResvia/mRNA-1345 (Moderna)
Pour en savoir plus :
- Vaccins contre le virus respiratoire syncytial (VRS) : Guide canadien d’immunisation
- Déclarations sur le virus respiratoire syncytial : Comité consultatif national de l'immunisation
- Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les milieux de soins
Mesures de protection individuelle
Les fournisseurs de soins de santé sont également invités à encourager l’utilisation de mesures de protection individuelle afin de réduire le risque de contracter ou de propager le VRS et d’autres maladies infectieuses respiratoires, telles que la grippe et la COVID-19. Entre autres :
- Rester chez soi en cas de maladie ou d’infection
- Porter un masque bien conçu et bien ajusté lorsque cela est approprié
- Améliorer la ventilation intérieure lorsque cela est possible
- Se laver les mains régulièrement
- Se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse ou éternue
- Nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces et les objets fréquemment touchés
Surveillance
ÉpiGrippe+ surveillance
ÉpiGrippe+ est le système national de surveillance du Canada qui fait le suivi de la propagation des virus respiratoires, comme ceux :
- du VRS
- de la grippe
- de la COVID-19
- d’autres virus respiratoires
Le système de surveillance ÉpiGrippe+ a un tableau de bord interactif. Ce tableau de bord technique donne un aperçu des principales tendances de l’activité des virus respiratoires.
Affichage du tableau de bord interactif
Pour en savoir plus :
Surveillance internationale
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose de données actuelles sur l’activité respiratoire internationale.
FluNet de l'Organisation mondiale de la Santé (en anglais seulement)