Maladies chroniques et blessures au Canada

Volume 33 · numéro 1 · décembre 2012

Note de synthèse
Le diabète au Canada : perspective de santé publique sur les faits et chiffres

C. Pelletier, M. Sc.; S. Dai, M.D., Ph. D.; K. C. Roberts, M. Sc.; A. Bienek, M.G.S.S.; J. Onysko, M.A.; L. Pelletier, M.D., M.H.P.

Rattachement des auteurs :

Division de la surveillance et du contrôle des maladies chroniques, Centre de prévention des maladies chroniques, Agenc e de la santé publique du Canada, Ottawa (Ontario), Canada

Correspondance : Catherine Pelletier, Centre de prévention des maladies chroniques, Agence de la santé publique du Canada, 785, avenue Carling, I.A. 6806A, Ottawa (Ontario) K1A 0K9; tél. : 613-946-6954; téléc. : 613-941-2057; courriel : catherine.pelletier@phac-aspc.gc.ca

Introduction

Le diabète au Canada : perspective de santé publique sur les faits et chiffres est le premier rapport détaillé sur le diabète publié par l'Agence de la santé publique du Canada. Ce rapport vise à aider les professionnels et les organisations de santé publique à mettre au point des politiques et des programmes de prévention et de gestion du diabète et de ses complications qui soient efficaces et qui se fondent sur des données probantes.

Le rapport, élaboré en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, l'Association canadienne du diabète, la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile, l'INCA, Santé Canada et le milieu universitaire, utilise des données tirées des enquêtes nationales sur la santé et des statistiques de l'état civil, ainsi que des données administratives populationnelles provenant du Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC). Le SCSMC renferme, pour la première fois, des données qui concernent l'ensemble des 10 provinces et des 3 territoires canadiens.

À l'aide des données du SCSMC sur les cas de diabète diagnostiqué chez les Canadiens âgés d'un an ou plus, Le diabète au Canada présente les taux de prévalence et d'incidence du diabète au Canada de l'exercice 2008/2009, ainsi que les tendances nationales depuis 1998/1999 jusqu'à celui-ciNote de bas du tableau * . De plus, le rapport identifie les sous-populations à risque plus élevé et présente les façons de réduire le risque de développer la maladie et ses complications, ainsi que des estimations du coût économique. En outre, il renferme des sections portant sur des populations spécifiques, en particulier les enfants et les adolescents, et les populations autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis).

Faits saillants

Prévalence et incidence

Près de 2,4 millions de Canadiens (6,8 %) vivaient avec le diabète diagnostiqué en 2008/2009. De plus, selon des données provenant de tests sanguins, on estime que 450 000 Canadiens auraient alors été atteints de diabète non diagnostiqué.

La prévalence standardisée selon l'âge du diabète diagnostiqué a augmenté de 70 % depuis 1998/1999. La prévalence observée a toujours été plus élevée chez les hommes que chez les femmes, et a connu une hausse chez tous les groupes d'âge, en particulier chez les groupes des 35 à 39 ans et des 40 à 44 ans, où les proportions ont doublé. Selon les projections, on estime que 3,7 millions de Canadiens seront atteints du diabète d'ici 2018/2019.

Plus de 200 000 Canadiens (6,3 cas incidents pour 1 000 personnes) ont été nouvellement diagnostiqués rien qu'en 2008/2009 (6,8 cas incidents pour 1 000 hommes, 5,7 cas incidents pour 1 000 femmes), et près de la moitié faisaient partie du groupe des 45 à 64 ans. L'incidence standardisée selon l'âge du diabète chez les Canadiens est demeurée relativement stable entre 1998/1999 et 2008/2009.

Diabète chez les enfants et les jeunes

En 2008/2009, plus de 3 000 cas incidents des deux types de diabète ont été signalés chez les Canadiens âgés de 1 à 19 ans. Le diabète de type 1 demeure la forme de diabète la plus fréquente chez les enfants et les adolescents, mais, depuis une vingtaine d'années, le diabète de type 2 est à la hausse chez les jeunes à l'échelle mondiale.

Diabète chez les populations autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis)

La prévalence standardisée selon l'âge du diabète était de 17,2 % chez les membres des Premières Nations vivant dans des réserves, de 10,3 % chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve et de 7,3 % chez les Métis, tandis que la prévalence du diabète chez les populations inuites était comparable à celle observée dans la population générale au Canada. Les Autochtones reçoivent généralement un diagnostic à un âge plus précoce que les non-Autochtones, et on observe plus fréquemment chez eux des complications associées au diabète. Par ailleurs, les femmes autochtones connaissent des taux de diabète gestation-nel supérieurs à ceux des femmes non autochtones.

Comorbidités, complications, utilisation des services de santé et fardeau économique

En 2009-2010, 36,5 % des adultes canadiens atteints de diabète ont affirmé être atteints d'au moins deux autres maladies chroniques graves (hypertension artérielle, maladies du cœur, maladie pulmonaire obstructive chronique, troubles de l'humeur ou arthrite). Les personnes atteintes de diabète sont au moins trois fois plus susceptibles que les personnes non diabétiques d'être hospitalisées avec un diagnostic de maladie cardiovasculaire, 12 fois plus susceptibles avec un diagnostic d'insuffisance rénale terminale et près de 20 fois plus susceptibles avec une amputation non traumatique d'un membre inférieur.

En 2008/2009, les membres de la population adulte active de 20 à 49 ans atteints de diabète ont consulté un médecin de famille deux fois plus souvent que ceux qui n'en étaient pas atteints et ont consulté des spécialistes de deux à trois fois plus souvent. On estime que les coûts annuels en soins de santé par habitant sont de trois à quatre fois plus élevés chez les personnes atteintes de diabète que chez les personnes qui n'en sont pas atteintes.

Mortalité

Le diabète en soi n'est généralement pas la cause directe du décès, mais les complications qui y sont associées le sont. Cette réalité se reflète par une diminution notable de l'espérance de vie ainsi que de l'espérance de vie en bonne santé. Plus du quart (29,9 %) des personnes décédées en 2008/2009 étaient atteintes de diabète. Dans tous les groupes d'âge, les personnes atteintes de diabète présentaient des taux de mortalité au moins deux fois plus élevés que les personnes qui n'en étaient pas atteintes.

Prévention

Les facteurs sociaux, économiques, environnementaux et génétiques ainsi que ceux liés au mode de vie ont tous un effet significatif sur la répartition du diabète de type 2 dans la population canadienne. Le vieillissement, l'obésité, l'inactivité physique, l'origine ethnique et des antécédents familiaux de diabète (ou de diabète gestationnel) sont tous des facteurs de risque importants.

Les adultes qui sont obèses sont de deux à quatre fois plus susceptibles de développer le diabète de type 2. En 2007-2009, d'après la mesure de l'indice de masse corporelle, 23,9 % des adultes âgés de 18 ans ou plus étaient obèses. En 2009-2010, près de la moitié (47,4 %) des Canadiens âgés de 12 ans ou plus ont affirmé qu'ils étaient physiquement inactifs (d'après l'indice des loisirs et du transport). Au cours de la même période, plus de la moitié (55,9 %) des Canadiens âgés de 12 ans ou plus ont affirmé qu'ils mangeaient des légumes et des fruits moins de 5 fois par jour, ce qui constitue un indicateur utilisé comme mesure indirecte d'un régime alimentaire nuisible pour la santé.

Les facteurs de risque favorisant le diabète de type 1 ne sont pas encore bien compris. Il ressort d'études qu'une prédisposition génétique serait en cause, de même que certains facteurs environnementaux déclenchant la réaction auto-immune.

Résumé

Bien que l'incidence globale du diabète soit stable depuis environ dix ans, la prévalence du diabète continue d'augmenter de façon constante, de sorte qu'un nombre toujours plus important de Canadiens sont atteints de diabète. Avec le vieillissement de la population et l'augmentation du taux d'obésité, on s'attend à ce que le nombre de cas de diabète augmente encore. Cependant, la pratique d'activité physique de même que l'atteinte et le maintien d'un poids santé peuvent aider les Canadiens à réduire leur risque de développer la maladie.

Pour les personnes atteintes de diabète, l'autogestion par la modification des habitudes de vie et la prise de médicaments antidiabétiques oraux constituent également des éléments essentiels de la prise en charge globale de la maladie. Pour prévenir ou atténuer les complications associées à la maladie, la glycémie, le taux de cholestérol, la pression artérielle, la fonction rénale et la santé des yeux doivent être surveillés régulièrement.

La version intégrale du rapport est disponible sur le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada


*Des conventions précises sont employées afin d'établir une distinction entre différentes périodes de référence utilisées par les diverses sources de données. La section suivante du rapport offre de plus amples renseignements sur ces conventions, les périodes de référence et les sources de données: http://www.phac-aspc.gc.ca/cd-mc/publications/diabetes-diabete/facts-figures-faits-chiffres-2011/
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