Essai randomisé mesurant l'efficacité des modifications apportées au tableau de la valeur nutritive sur la compréhension et l'utilisation de l'information nutritionnelle par les adolescents et les jeunes adultes - PSPMC: Volume 35-10, décembre 2015

Volume 35 · numéro 10 · décembre 2015

Essai randomisé mesurant l'efficacité des modifications apportées au tableau de la valeur nutritive sur la compréhension et l'utilisation de l'information nutritionnelle par les adolescents et les jeunes adultes au Canada

E. Hobin, PhD Note de bas de page a ; J. Sacco, PhD Note de bas de page a ; L. Vanderlee, BSc Note de bas de page b ; C. M. White, MSc Note de bas de page b ; F. Zuo, MHP Note de bas de page a ; J. Sheeshka, PhD Note de bas de page c ; G. McVey, PhD Note de bas de page d ; M. Fodor O'Brien, MSc Note de bas de page a ; D. Hammond, PhD Note de bas de page b 

https://doi.org/10.24095/hpcdp.35.10.01f

Cet article a fait l'objet d'une évaluation par les pairs.

Rattachement des auteurs :

Correspondance : Erin Hobin, Santé publique Ontario, 480 University Avenue, suite 300, Toronto (Ontario) M5G 1V2; tél. : 647-260-7198; courriel : Erin.Hobin@oahpp.ca

Résumé

Introduction : Compte tenu des changements proposés à l'étiquetage nutritionnel au Canada et de la rareté des travaux de recherche portant sur la compréhension et l'utilisation des tableaux de la valeur nutritive (tVN) chez les adolescents et les jeunes adultes, notre objectif consistait à réaliser un essai expérimental pour déterminer si les modifications apportées au tVN permettaient d'améliorer efficacement la façon dont les jeunes Canadiens interprètent, comparent et manipulent, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle figurant dans le tVN de denrées préemballées.

Méthodologie : Une enquête en ligne a été menée auprès d'un échantillon de consommateurs composé de 2 010 Canadiens âgés de 16 à 24 ans. Nous avons réparti les participants de façon aléatoire en six groupes d'étude, et nous avons présenté à chacun des groupes deux des six tVN définis comme conditions expérimentales, selon un plan factoriel 2 × 3 : portion de référence (tVN actuel et portions de référence normalisées pour tous les produits similaires) × pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) (tVN actuel, ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé » et ajout d'un code de couleurs). L'enquête comprenait sept tâches consistant à interpréter, comparer et manipuler, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle figurant dans les tVN. Des modèles de régression de Poisson modifiés ont été élaborés pour chacun des trois résultats.

Résultats : La capacité à comparer deux produits similaires s'est révélée significativement meilleure quand le tVN incluait une portion de référence normalisée (p ≤ 0,001 dans tous les cas). L'ajout de descripteurs ou d'un code de couleurs indiquant, sur le tVN, le % VQ pour les calories et les nutriments a amélioré de façon significative la capacité des participants à interpréter correctement l'information à propos de ce % VQ (p ≤ 0,001 dans tous les cas). Le fait de présenter aux participants des portions de référence normalisées et des descripteurs du % VQ a eu un effet modeste sur leur capacité à manipuler, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle pour calculer la valeur nutritive de plusieurs portions d'un produit (ratio relatif = 1,19; intervalle de confiance à 95 % : 1,04 à 1,37).

Conclusion : La normalisation des portions de référence et l'ajout d'information sur l'interprétation du % VQ dans le tVN ont permis aux jeunes Canadiens de mieux comprendre et utiliser l'information nutritionnelle. Il faut néanmoins faire preuve de prudence avant de généraliser les résultats de l'enquête à l'ensemble des jeunes Canadiens en raison de l'échantillonnage de la population à l'étude. D'autres travaux de recherche sont nécessaires afin de reproduire cette étude au Canada avec un échantillon plus hétérogène, et en utilisant un éventail de produits alimentaires et de catégories d'aliments.

Mots-clés : adolescents, jeunes adultes, politique nutritionnelle, étiquetage des aliments

Principales constatations

  • Notre étude fournit des données probantes préliminaires, jusqu'à présent inexistantes au Canada, à l'appui de l'efficacité des modifications apportées au tableau de la valeur nutritive (tVN) pour permettre aux consommateurs de comprendre et d'utiliser l'information nutritionnelle.
  • Les résultats laissent penser que la normalisation des portions de référence et l'utilisation de descripteurs ou d'un code de couleurs pour interpréter le pourcentage de valeur quotidienne (% VQ) dans le tVN aident les jeunes Canadiens à interpréter, à comparer et à manipuler, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle. Il faut néanmoins faire preuve de prudence avant de généraliser les résultats de l'enquête à l'ensemble des jeunes Canadiens en raison de l'échantillonnage de la population à l'étude.
  • Les résultats peuvent être utilisés pour étayer l'analyse en cours sur les changements proposés au tVN.

Introduction

La mauvaise alimentation figure parmi les principaux facteurs de risque de maladie chronique et de décès prématuré au CanadaNote de bas de page 1. Un apport très élevé en calories, en gras saturés et en sodium est associé à un risque accru d'obésité, de diabète sucré et de maladies cardiaquesNote de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 4. Les maladies d'origine nutritionnelle, comme l'obésité et le diabète, sont de plus en plus courantes chez les adolescents et les jeunes adultes, au Canada comme à l'échelle internationaleNote de bas de page 5,Note de bas de page 6,Note de bas de page 7,Note de bas de page 8. L'adolescence et le début de l'âge adulte sont des stades dynamiques dans le développement humain associés à une plus grande autonomie, à des responsabilités accrues en matière d'achat et de préparation des aliments ainsi qu'à l'adoption d'habitudes alimentaires susceptibles d'être maintenues à long terme et de demeurer relativement stables tout au long de la vieNote de bas de page 9,Note de bas de page 10,Note de bas de page 11. C'est pourquoi des interventions axées sur la population dans le domaine de la nutrition devraient aider à l'adoption de saines habitudes chez les jeunes au Canada.

L'un des moyens de favoriser des choix alimentaires plus sains et éclairés consiste à fournir une information nutritionnelle claire et exacte. L'étiquetage nutritionnel obligatoire sur les aliments préemballés a été mis en œuvre en 2005 au Canada afin que les consommateurs puissent comparer les valeurs nutritionnelles des aliments et faire des choix éclairésNote de bas de page 12. En vertu de cette réglementation, le tableau de la valeur nutritive (tVN) doit figurer sur l'étiquette de la plupart des aliments préemballés. Le tVN renseigne, pour une portion, sur le nombre de calories et sur la teneur en 13 nutriments ainsi que sur le pourcentage associé à chaque élément en fonction des recommandations en matière d'apports nutritionnels pour un adulte consommant 2 000 calories par jour (pourcentage de la valeur quotidienne [% VQ]).

Le tVN représente la principale source d'information nutritionnelle au Canada : davantage de Canadiens déclarent utiliser l'information nutritionnelle figurant sur l'étiquette des produits préemballés, comparativement à toute autre source, devant Internet, les diététiciens et les médias de masseNote de bas de page 13. De plus, les consommateurs canadiens ont indiqué préférer le tVN aux autres systèmes d'étiquetage nutritionnel des emballages lors d'une évaluation fondée sur les critères suivants : appréciation, caractère utile, crédibilité et influence sur les décisions d'achatNote de bas de page 14. Ces résultats sont conformes à ceux d'une grande quantité de travaux de recherche à l'échelle internationale selon lesquels les étiquettes obligatoires figurant sur les produits alimentaires ont une vaste portée et constituent des outils éducatifs valables et durables en matière de santéNote de bas de page 15.

Bien que le tVN soit largement utilisé, des recherches récentes ont mis en évidence diverses limites touchant sa compréhension et son utilisation par la population canadienne adulteNote de bas de page 16. D'abord, même si la majorité des adultes au Canada affirment que l'information fournie par le tVN est importante, ils trouvent difficile de comparer l'information nutritionnelle d'aliments similaires lorsque les portions de référence figurant dans le tVN des produits ne sont pas les mêmes. Bien que l'Agence canadienne d'inspection des aliments définisse des intervalles précis pour l'établissement de la portion de référence (dites « portions déterminées ») des différentes catégories d'aliments, c'est en définitive aux fabricants de produits alimentaires d'établir la portion de référence qui figurera dans le tVNNote de bas de page 17. Étant donné que les informations sur la valeur nutritive indiquées dans le tVN sont basées sur la portion de référence, l'utilisation d'une portion de référence uniformisée serait susceptible d'aider les consommateurs à comparer les teneurs en nutriments d'aliments similaires.

En outre, la plupart des adultes au Canada ne réussissent pas à comprendre ou à utiliser le % VQ figurant dans le tVNNote de bas de page 16. Alors que ce % VQ a pour objet de faciliter les comparaisons entre différents aliments et d'aider les consommateurs à déterminer si un aliment a une faible teneur ou une teneur élevée en un nutriment donnéNote de bas de page 18, près du tiers des adultes canadiens ne comprennent pas qu'il peut les aider à comparer des aliments, et 74 % sont incapables de l'interpréter pour déterminer si l'apport en un nutriment donné d'un aliment est élevé ou faibleNote de bas de page 16. D'après certaines étudesNote de bas de page 15,Note de bas de page 19, l'ajout de descripteurs simples (« faible », « moyen » ou « élevé ») ou d'un code de couleurs indiquant le % VQ dans le tVN pourrait contribuer à améliorer la compréhension et par conséquent l'utilisation de l'information nutritionnelle. On prend également en considération ce type de formats de présentation de l'information nutritionnelle pour en faciliter l'interprétation dans des travaux d'examen des systèmes d'étiquetage nutritionnel des emballagesNote de bas de page 20.

À notre connaissance, il n'existe au Canada aucune étude publiée portant sur la compréhension et l'utilisation du tVN des aliments préemballés chez les adolescents et les jeunes adultes. Les rares études menées auprès des adolescents à l'échelle internationale laissent penser que la compréhension et l'utilisation des étiquettes nutritionnelles au sein de ce groupe est faibleNote de bas de page 19,Note de bas de page 21. La révision de la réglementation en matière d'étiquetage nutritionnel actuellement engagée au Canada constitue une occasion d'élaborer des exigences d'étiquetage permettant aux consommateurs de faire des choix plus sains en matière d'alimentationNote de bas de page 22. L'objectif de notre étude consistait à comparer, au moyen d'un essai expérimental, l'efficacité de tVN modifiés par rapport au tVN actuel en ce qui concerne la compréhension et l'utilisation de l'information nutritionnelle chez les adolescents et les jeunes adultes. Au nombre des modifications du tVN mises à l'essai figuraient la normalisation des portions de référence et l'ajout aux % VQ d'information visant à faciliter l'interprétation (descripteurs simples ou code de couleurs). Ces modifications ont été sélectionnées parce que l'affichage dans le tVN de portions de référence inégales d'un produit à l'autre et les difficultés d'interprétation du % VQ ont été reconnus comme des obstacles importants à la compréhension et à l'utilisation du tVN au sein de la population adulte canadienneNote de bas de page 16. Plus particulièrement, nous avons examiné les répercussions de ces modifications du tVN sur la capacité des participants à interpréter, à comparer et à manipuler, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle figurant sur les produits préemballés.

Méthodologie

Participants et recrutement

En août 2014, une enquête en ligne a été menée à l'échelle du Canada auprès de 2 010 participants âgés de 16 à 24 ans. Les participants ont été recrutés parmi les membres d'un panel national de consommateurs en ligne établi par Nielson, une entreprise spécialisée dans les études de marché (Nielsen :http://www.nielsen.com/ca/fr.html). Les membres du panel ont été recrutés au moyen de publicités en ligne et grâce aux médias sociaux, à des courriels ciblés, à des offres d'inscription conjointe et à du recrutement téléphonique. Dans le cadre de notre étude, un échantillon aléatoire de panélistes de Nielsen a reçu par courriel une invitation à remplir un questionnaire d'enquête. On a recruté un nombre égal d'hommes et de femmes ainsi qu'un nombre égal d'adolescents (16 à 18 ans) et de jeunes adultes (19 à 24 ans). Les participants résidant dans les territoires ont été exclus du cadre d'échantillonnage.

Les participants ayant rempli le questionnaire d'enquête ont reçu une rémunération d'environ 2 $ à 3 $. Les questionnaires étaient disponibles en anglais seulement, et tous les participants ont donné leur consententement. Le Bureau de l'éthique en recherche de l'Université de Waterloo a donné son approbation à cette étude.

Plan d'étude

Nous avons utilisé un plan expérimental faisant appel à la comparaison de groupes pour évaluer la compréhension et l'utilisation des formats modifiés du tVN par rapport à ceux du tVN actuellement en vigueur au Canada. Nous avons réparti les participants de façon aléatoire entre les groupes, chacun obéissant à l'une des six conditions d'étiquetage à l'étude (figure 1), selon un plan factoriel 2 × 3 : portion de référence (tVN actuel ou portions de référence normalisées pour tous les produits similaires) × pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) (tVN actuel, descripteurs « faible/moyen/élevé » ou code de couleurs). Chacun des groupes devait examiner simultanément les images illustrant deux marques fictives d'emballage de craquelins modifié de façon systématique. Les portions de référence normalisées ont été établies en fonction des recommandations du Guide alimentaire canadien. La catégorisation du % VN répondait aux critères des documents éducatifs en ligneNote de bas de page 18 selon lesquels un apport de 5 % VQ ou moins en un nutriment correspond à un « faible » apport ou au code vert, un apport de 6 % à 14 % VQ en un nutriment correspond à un apport « moyen » ou au code jaune et un apport de 15 % VQ ou plus en un nutriment correspond à un apport « élevé » ou au code rouge. Bien que la normalisation des portions de référence ait une incidence sur tous les nutriments figurant dans le tVN, les outils additionnels d'interprétation (descripteurs simples ou code de couleurs) ont été appliqués uniquement aux calories et aux nutriments dits « négatifs » (c'est-à-dire les lipides totaux, les gras saturés et le sodium), car les consommateurs consultent le tVN pour vérifier la teneur en nutriments négatifs plus fréquemment que pour les nutriments positifsNote de bas de page 23, et parce qu'il existe des données probantes plus solides à l'appui des associations entre les nutriments négatifs et le risque accru de maladieNote de bas de page 20.

FIGURE 1 Six conditions associées au tableau de la valeur nutritive

Figure 1
Équivalent textuel - Figure 1

Figure 1 : Six conditions associées au tableau de la valeur nutritive

La figure 1 illustre les six conditions d'étiquetage à l'étude, selon un plan factoriel 2 × 3 : portion de référence (tVN actuel ou portions de référence normalisées pour tous les produits similaires) × pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) (tVN actuel, descripteurs « faible/moyen/élevé » ou code de couleurs). Les portions de référence normalisées ont été établies en fonction des recommandations du Guide alimentaire canadien. La catégorisation du % VN répondait aux critères des documents éducatifs en ligne selon lesquels un apport de 5 % VQ ou moins en un nutriment correspond à un « faible » apport ou au code vert, un apport de 6 % à 14 % VQ en un nutriment correspond à un apport « moyen » ou au code jaune et un apport de 15 % VQ ou plus en un nutriment correspond à un apport « élevé » ou au code rouge. Bien que la normalisation des portions de référence ait une incidence sur tous les nutriments figurant dans le tVN, les outils additionnels d'interprétation (descripteurs simples ou code de couleurs) ont été appliqués uniquement aux calories et aux nutriments dits « négatifs » (c'est-à-dire les lipides totaux, les gras saturés et le sodium), car les consommateurs consultent le tVN pour vérifier la teneur en nutriments négatifs plus fréquemment que pour les nutriments positifs, et parce qu'il existe des données probantes plus solides à l'appui des associations entre les nutriments négatifs et le risque accru de maladie.

Les valeurs nutritionnelles figurant dans le tVN étaient similaires à celles trouvées sur des emballages de craquelins du commerce, mais elles ont été modifiées de façon à ce qu'une option renferme un apport élevé (15 % ou plus de la VQ) ou modéré (6 % à 14 % de la VQ) en sodium, et que l'autre option renferme un faible apport (5 % ou moins de la VQ) en sodium par portion, d'après les valeurs nutritionnelles de référence selon lesquelles 1 500 mg/jour est considéré comme un apport suffisantNote de bas de page 24. Les apports en sodium utilisés dans les six conditions expérimentales ont été équilibrés de manière à ce que, pour la moitié des participants, ce soit la première boîte de craquelins qui corresponde au produit ayant une faible teneur en sodium et que, pour l'autre moitié des participants, ce soit la seconde.

Les craquelins ont été choisis pour cette étude parce qu'il s'agit d'une collation très répandue qui plaît à un large éventail de consommateurs et que, du point de vue nutritif, c'est un choix considéré ni comme très bon ni comme très mauvais pour la santé. Les tVN paraissaient sur des images de boîtes de craquelins portant des noms commerciaux fictifs et présentant un poids uniforme de 225 g. Les boîtes de craquelins étaient affichées à l'écran sous forme d'images en deux dimensions avec des vues du devant et du côté de l'emballage, pour permettre aux participants de voir l'information sur le produit, notamment la marque, le poids du produit et le tVN. Les boîtes demeuraient affichées à l'écran jusqu'à ce que le participant ait terminé de répondre au questionnaire.

Mesures relatives à l'enquête

Caractéristiques sociodémographiques et comportements à l'égard de la nutrition. Nous avons sélectionné des variables sociodémographiques (sexe, âge, région, niveau de scolarité « secondaire ou moins », « collégial ou études universitaires inachevées » ou « diplôme universitaire »), la situation vis-à-vis de l'emploi et l'origine ethnique. En outre, nous avons demandé aux participants d'évaluer la qualité de leur alimentation et de préciser leur objectif relatif à leur poids ainsi que leurs responsabilités en matière d'achat et de préparation des aliments.

Pour caractériser les objectifs personnels relatifs au poids, nous avons demandé aux participants s'ils essayaient de perdre du poids, de prendre du poids, de maintenir leur poids ou s'ils n'avaient pas d'objectif relativement à leur poids. Cette question du sondage a été inspirée de l'étude National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) dans laquelle on demandait aux participants s'ils aimeraient avoir un poids supérieur ou inférieur à leur poids actuel ou s'ils aimeraient maintenir leur poids actuelNote de bas de page 25.

Nous avons enquêté sur les responsabilités des participants en matière d'achat et de préparation des aliments en leur demandant de préciser leur rôle selon les catégories suivantes : « principal responsable de l'achat des aliments », « principal responsable de la préparation des repas », « principal responsable de l'achat des aliments et de la préparation des repas » et « n'assume pas ces responsabilités ».

Enfin, comme dans d'autres études, nous avons évalué les connaissances des participants en ce qui concerne l'apport calorique recommandé, en leur demandant : « en moyenne, combien de calories est-il recommandé de consommer chaque jour pour un adulte [homme/femme] en santé qui a un niveau d'activité physique modéré et qui souhaite conserver un poids santé? »Note de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28. Les réponses numériques (entre 0 et 100 000) ont été jugées correctes si elles rentraient dans l'intervalle de 1 500 à 3 000 calories par jour (d'après les recommandations de Santé Canada en ce qui concerne les besoins énergétiques quotidiens des jeunes adultes en fonction de divers niveaux d'activité physique)Note de bas de page 29.

Mesure des résultats

Nous avons utilisé un questionnaire d'enquête en ligne pour évaluer la capacité des participants à interpréter, à comparer et à manipuler, sur le plan mathématique, l'information nutritionnelle présente dans le tVN. L'enquête comprenait sept tâches exigeant des participants qu'ils comprennent et qu'ils utilisent l'information du tVN paraissant sur les emballages de produits. Les sept tâches ont été élaborées à l'aide d'un outil employé dans une étude commandée par Santé CanadaNote de bas de page 16 et réalisée par Mackison et ses collaborateursNote de bas de page 30. Cet outil a permis de vérifier la validité et la fiabilité des tâches effectuées pour évaluer dans quelle mesure les consommateurs comprenaient et utilisaient l'information nutritionnelle figurant sur les étiquettes des produits et quelles étaient leurs perceptions à cet égard.

Interprétation de l'information sur le % VQ dans les tVN. Nous avons utilisé deux tâches pour évaluer la capacité des participants à interpréter l'information sur le % VQ. Nous avons d'abord demandé aux participants d'examiner une boîte de craquelins et de répondre à la question : « Ce produit contient-il une quantité de sodium élevée, modérée ou faible? » Nous leur avons ensuite demandé : « La quantité totale de lipides contenue dans une portion de ce produit est-elle élevée, modérée ou faible? »

Comparaison de l'information figurant dans les deux tVN. Nous avons utilisé trois tâches pour évaluer la capacité des participants à comparer l'information nutritionnelle figurant dans les deux tVN. Nous avons d'abord demandé aux participants de comparer les produits A et B et leur avons posé la question : « Quel produit est le meilleur choix pour une personne qui souhaite réduire son risque d'hypertension en diminuant sa consommation de sodium? » Nous leur avons ensuite demandé : « Quel produit est le meilleur choix pour une personne qui souhaite consommer moins de calories? » Enfin, nous leur avons demandé : « Ces deux produits ont ils des teneurs en sodium comparables? » Les choix de réponse étaient « les deux ont une teneur élevée en sodium », « les deux ont une faible teneur en sodium », « le produit A a une faible teneur en sodium et le produit B a une teneur élevée en sodium », « le produit A a une teneur élevée en sodium et le produit B a une faible teneur en sodium », « le produit A a une faible teneur en sodium et le produit B a une teneur modérée en sodium » et « le produit A a une teneur modérée en sodium et le produit B a une faible teneur en sodium ».

Manipulation mathématique de l'information nutritionnelle dans les tVN. Nous avons utilisé deux tâches pour examiner la capacité des participants à effectuer la manipulation mathématique de l'information nutritionnelle figurant dans le tVN. Nous avons d'abord posé la question suivante aux participants : « Si vous consommiez la moitié de cette boîte, quel est le % VQ des lipides totaux que vous consommeriez? » Nous leur avons ensuite demandé : « Combien de portions devriez vous manger pour combler vos besoins en fibres d'une journée? »

Analyse des données

Nous avons utilisé des tests du chi carré pour déterminer s'il existait des différences liées aux caractéristiques des participants soumis aux différentes conditions associées au tVN et des différences liées à la proportion de participants ayant répondu correctement aux questions de l'enquête pour chacune des sept tâches liées à ces conditions. Nous avons ensuite élaboré des modèles de régression de Poisson distincts à l'aide des scores combinés obtenus pour les tâches associées aux trois résultats, soit interpréter (2 éléments), comparer (3 éléments) et manipuler mathématiquement (2 éléments) l'information, afin de déterminer le nombre de réponses correctes pour chaque condition expérimentale par rapport à la condition témoin. Nous avons examiné les associations entre les covariables sélectionnées (niveau de scolarité, origine ethnique, situation vis-à-vis de l'emploi, région, objectif relatif au poids, responsabilité de l'achat des aliments et de la préparation des repas, connaissance des recommandations relatives aux calories et qualité perçue de l'alimentation) et chacun des trois résultats à l'aide de modèles incluant l'effet principal (condition), et nous avons ajusté les résultats selon l'âge et le sexe. Les covariables ayant une valeur p inférieure à 0,2 ou modifiant le coefficient bêta de l'effet principal par plus de 20 % ont été incluses dans le modèle final. Les analyses ont été effectuées au moyen du logiciel SAS 9.3 (Cary, Caroline du Nord, États-Unis).

Résultats

Les caractéristiques des participants sont présentées dans le tableau 1. Aucune différence significative (associée à p < 0,05) n'a été observée entre les conditions expérimentales associées au tVN en ce qui concerne les caractéristiques sociodémographiques et les comportements à l'égard de la nutrition, à l'exception de la connaissance des recommandations relatives aux calories, ce qui témoigne d'une répartition aléatoire adéquate.

TABLEAU 1 Caractéristiques des participants par condition expérimentale associée au tableau de la valeur nutritive
Caractéristique Ensemble des participants
(n = 2 010)
tVN actuel
(témoin)
(n = 336)
Portion de référence normalisée
(n = 335)
Ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ
(n = 336)
Portion de référence normalisée + ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ
(n = 334)
Ajout d'un code de couleurs au % VQ
(n = 335)
Portion de référence normalisée +
ajout d'un code de couleurs au % VQ
(n = 334)
Chi carré Valeur de p
% (n) % (n) % (n) % (n) % (n) % (n) % (n)
Âge (ans)
Abréviations : tVN, tableau de la valeur nutritive; % VQ, pourcentage de la valeur quotidienne. NFt, nutrition facts table; % DV, percent daily value. Remarques : Les totaux ne correspondent pas nécessairement à la taille de l'échantillon final, en raison des valeurs manquantes pour certains participants. Dans chaque cas, les valeurs manquantes représentent moins de 3 % de l'échantillon total. Les chiffres ayant été arrondis, la somme des pourcentages peut ne pas être de 100 %.
16 à 18 50,0 (1 004) 53,9 (181) 49,0 (164) 52,7 (177) 46,7 (156) 49,9 (168) 48,2 (161) 5,0 0,42
19 à 24 50,1 (1 006) 46,1 (155) 51,0 (171) 47,3 (159) 53,3 (178) 50,2 (167) 51,8 (173)    
Sexe
Femme 50,2 (1 008) 43,5 (146) 52,2 (175) 50,3 (169) 52,4 (175) 52,2 (175) 50,3 (168) 7,9 0,16
Homme 49,9 (1 002) 56,6 (190) 47,8 (160) 49,7 (167) 47,6 (159) 47,8 (160) 49,7 (166)    
Niveau de scolarité
Faible
(secondaire ou moins)
56,7 (1 139) 54,8 (184) 56,7 (190) 56,9 (191) 58,7 (196) 56,4 (189) 56,6 (189) 2,3 0,99
Moyen
(collégial ou études universitaires inachevées)
31,0 (624) 32,4 (109) 31,0 (104){-X~2~X-} 29,8 (100) 29,3 (98) 32,5 (109) 31,1 (104)    
Élevé
(diplôme universitaire)
12,3 (247) 12,8 (43) 12,2 (41) 13,4 (45) 12,0 (40) 11,0 (37) 12,3 (41)    
Origine ethnique
Blanc 58,4 (1 174) 55,4 (186) 59,4 (199) 59,5 (200) 57,2 (191) 57,3 (192) 61,7 (206) 3,4 0,63
Autre 41,6 (836) 44,6 (150) 40,6 (136) 40,5 (136) 42,8 (143) 42,7 (143) 38,3 (128)    
Région
Atlantique 8,8 (173) 8,2 (27) 11,6 (38) 10,3 (34) 7,3 (24) 7,3 (24) 7,9 (26) 19,8 0,18
Ouest 42,5 (838) 43,8 (144) 45,3 (148) 41,5 (137) 43,2 (142) 38,5 (127) 42,6 (140)    
Ontario 42,5 (839) 40,1 (132) 37,0 (121) 43,6 (144) 44,1 (145) 45,5 (150) 44,7 (147)    
Québec 6,3 (124) 7,9 (26) 6,1 (20) 4,6 (15) 5,5 (18) 8,8 (29) 4,9 (16)    
Emploi
Temps plein 24,1 (474) 22,3 (73) 24,8 (81) 22,5 (74) 25,6 (84) 23,2 (76) 26,4 (86) 16,8 0,67
Temps partiel 32,9 (646) 31,2 (102) 34,3 (112) 33,7 (111) 30,2 (99) 33,3 (109) 34,7 (113)    
Sans emploi (à la recherche d'un emploi) 13,2 (260) 13,5 (44) 10,7 (35) 14,3 (47) 14,6 (48) 14,4 (47) 12,0 (39)    
Sans emploi (ne recherchant pas d'emploi, dont étudiants à temps plein) 28,5 (559) 30,6 (100) 28,1 (92) 28,6 (94) 29,3 (96) 28,1 (92) 26,1 (85)    
Incapable de travailler 1,3 (25) 2,5 (8) 2,1 (7) 0,91 (3) 0,3 (1) 0,92 (3) 0,92 (3)    
Responsabilité de l'achat des aliments et de la préparation des repas dans le ménage
Principal responsable de l'achat des aliments pour le ménage 6,4 (126) 5,8 (19) 6,4 (21) 5,4 (18) 7,9 (26) 6,4 (21) 6,5 (21) 19,2 0,20
Principal responsable de la préparation des repas pour le ménage 7,4 (145) 4,6 (15) 8,5 (21) 8,8 (29) 7,6 (25) 8,2 (27) 6,5 (21)    
Principal responsable de l'achat des aliments et de la préparation des repas pour le ménage 16,2 (320) 20,5 (67) 17,3 (57) 18,1 (60) 12,2 (40) 16,4 (54) 12,9 (42)    
N'assume pas ces responsabilités 70,0 (1 379) 69,1 (226) 67,8 (223) 67,7 (224) 72,3 (238) 69 (227) 74,2 (241)    
Connaissance des recommandations relatives aux calories
Compréhension adéquate de l'apport recommandé en calories 60,0 (1 194) 60,2 (200) 62,4 (206) 63,8 (213) 51,7 (171) 60,0 (197) 62,7 (207) 13,5 0,02
Compréhension erronée de l'apport recommandé en calories 40,0 (797) 39,8 (132) 37,6 (124) 36,2 (121) 48,3 (160) 41,0 (137) 37,3 (123)    
Qualité de l'alimentation (autoévaluée)
Mauvaise ou passable 38,1 (766) 38,7 (130) 36,4 (122) 39,6 (133) 40,4 (135) 36,1 (121) 37,4 (125) 3,6 0,97
Bonne 34,9 (702) 34,8 (117) 35,8 (120) 35,1 (118) 31,4 (105) 36,4 (122) 35,9 (120)    
Très bonne ou excellente 27,0 (542) 26,5 (89) 27,8 (93) 25,3 (85) 28,1 (94) 27,5 (92) 26,7 (89)    
Objectif personnel relatif au poids
Prendre du poids 15,6 (310) 16,6 (55) 15,2 (50) 12,4 (41) 12,7 (42) 17,4 (58) 19,6 (64) 22,2 0,10
Perdre du poids 40,3 (799) 35,1 (116) 40,0 (132) 42,2 (140) 43,7 (145) 43,8 (146) 36,7 (120)    
Maintenir son poids 23,5 (467) 23,3 (77) 25,8 (85) 24,7 (82) 21,7 (72) 22,2 (74) 23,6 (77)    
Pas d'objectif relatif au poids 20,6 (409) 25,1 (83) 19,1 (63) 20,8 (69) 22,0 (73) 16,5 (55) 20,2 (66)    

Interprétation de l'information sur le % VQ dans les tVN

Dans les deux premières tâches d'interprétation, la capacité à interpréter correctement l'information sur la teneur en sodium des deux produits a été améliorée de façon significative dans quatre conditions dans lesquelles le tVN était modifié (ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé », portion de référence normalisée + ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé », ajout d'un code de couleurs au % VQ, portion de référence normalisée + ajout d'un code de couleurs au % VQ; p < 0,005 dans tous les cas) comparativement à la condition témoin (tableau 2). Les participants étaient plus nombreux à interpréter correctement l'information sur les lipides totaux dans l'ensemble des cinq conditions expérimentales où le tVN était modifié par rapport aux participants de la condition témoin (p ≤ 0,001 dans tous les cas; tableau 2).

TABLEAU 2 Répartition des participants par condition expérimentale associée au tableau de la valeur nutritive (N = 2 010)
tVN actuel
(témoin)
(n = 336)
Portion de référence normalisée
(n = 335)
Ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ
(n = 336)
Portion de référence normalisée + ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ
(n = 334)
Ajout d'un code de couleurs au % VQ
(n = 335)
Portion de référence normalisée +
ajout d'un code de couleurs au % VQ
(n = 334)
% n % n p % n p % n p % n p % n p
Interprétation
Abréviations : tVN, tableau de la valeur nutritive; % VQ, pourcentage de la valeur quotidienne. Remarque : Des tests du chi carré ont servi à déterminer l'existence de différences significatives dans le nombre de réponses correctes entre chaque condition expérimentale et la condition témoin.
1. Ce produit contient-il une quantité de sodium élevée, modérée ou faible? 43,8 (147) 37,6 (126) 0,11 57,7 (194) < 0,001 68 (227) < 0,001 55,5 (186) 0,002 54,8 (183) 0,004
2. La quantité totale de lipides contenue dans une portion de ce produit est-elle élevée, modérée ou faible? 34,2 (115) 47,5 (159) < 0,001 72,0 (242) < 0,001 70,4 (235) < 0,001 67,5 (226) < 0,001 71,0 (237) < 0,001
Comparaison
1. Quel produit est le meilleur choix pour une personne qui souhaite réduire son risque d'hypertension en diminuant sa consommation de sodium? 63,7 (214) 68,4 (229) 0,20 79,8 (268) < 0,001 72,2 (241) 0,02 74,3 (249) 0,003 76,7 (256) < 0,001
2. Quel produit est le meilleur choix pour une personne qui souhaite manger moins de calories? 25,0 (84) 54,6 (183) < 0,001 21,4 (72) 0,27 56,6 (189) < 0,001 24,2 (81) 0,81 57,2 (191) < 0,001
3. Ces deux produits ont-ils des teneurs en sodium comparables? 28,0 (94) 39,7 (133) 0,001 19,1 (64) 0,006 57,8 (193) < 0,001 23,6 (79) 0,19 57,8 (193) < 0,001
Manipulation mathématique
1. Si vous consommiez la moitié de cette boîte, quel serait le % VQ des lipides totaux que vous consommeriez? 10,4 (35) 18,5 (62) 0,003 9,8 (33) 0,80 19,2 (64) 0,001 9,9 (33) 0,81 16,8 (56) 0,02
2. Combien de portions devriez-vous manger pour combler vos besoins en fibres d'une journée? 56,6 (190) 56,1 (188) 0,91 60,7 (204) 0,27 57,5 (192) 0,81 57,3 (192) 0,84 59,9 (200) 0,38

Comme l'illustre le tableau 3, le modèle de régression de Poisson modifié et ajusté indique que la capacité à interpréter correctement l'information a été améliorée de façon significative dans les conditions incluant l'ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé » (RR = 1,67; IC à 95 % : 1,48 à 1,89), la portion de référence normalisée + l'ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé » (RR = 1,80; IC à 95 % : 1,60 à 2,03), l'ajout d'un code de couleurs au % VQ (RR = 1,61; IC à 95 % : 1,42 à 1,82) et la portion de référence normalisée + l'ajout d'un code de couleurs au % VQ (RR = 1,63; IC à 95 % : 1,44 à 1,84). En revanche, la condition incluant la portion de référence normalisée n'a pas amélioré de façon significative la capacité des participants à interpréter correctement l'information figurant dans le tVN (p = 0,14; tableau 3).

TABLEAU 3 Résultats des modèles de Poisson modifiés évaluant la capacité des participants à interpréter, à comparer et à manipuler, sur le plan mathématique, l'information figurant dans les tableaux de la valeur nutritive associés à chacune des conditions expérimentales par rapport au tableau de la valeur nutritive actuel (condition témoin)
Portion de référence normalisée Ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ Portion de référence normalisée + ajout des descripteurs « faible/moyen/ élevé » au % VQ Ajout d'un code de couleurs au % VQ Portion de référence normalisée +
ajout d'un code de couleurs au % VQ
RR (IC à 95 %) RR (IC à 95 %) RR (IC à 95 %) RR (IC à 95 %) RR (IC à 95 %)

Abréviations : % VQ, pourcentage de la valeur quotidienne; RR, ratio relatif; IC à 95 %, intervalle de confiance à 95 %.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Ajusté selon l'âge, le sexe, le niveau de scolarité, l'origine ethnique, la région, l'objectif relatif au poids, les responsabilités en matière d'achat et de préparation des aliments et la connaissance des recommandations relatives aux calories.

Retour à la référence de la note de bas de page a

Note de bas de page 2

Ajusté selon l'âge, le sexe, l'emploi, la région, l'objectif relatif au poids, les responsabilités en matière d'achat et de préparation des aliments, la qualité autoévaluée de l'alimentation et la connaissance des recommandations relatives aux calories.

Retour à la référence de la note de bas de page b

Note de bas de page 3

Ajusté selon l'âge, le sexe, le niveau de scolarité, l'emploi, l'origine ethnique, la région, l'objectif relatif au poids, les responsabilités en matière d'achat et de préparation des aliments, la qualité autoévaluée de l'alimentation et la connaissance des recommandations relatives aux calories.

Retour à la référence de la note de bas de page c

InterprétationTableau 3 - Note a 1,11 (0,97 à 1,27) 1,67 (1,48 à 1,89) 1,80 (1,60 à 2,03) 1,61 (1,42 à 1,82) 1,63 (1,44 à 1,84)
ComparaisonTableau 3 - Note b 1,41 (1,24 à 1,59) 1,03 (0,92 à 1,15) 1,60 (1,53 à 1,80) 1,02 (0,91 à 1,15) 1,64 (1,46 à 1,83)
ManipulationTableau 3 - Note c 1,14 (0,99 à 1,31) 1,04 (0,91 à 1,19) 1,19 (1,04 à 1,37) 1,03 (0,90 à 1,18) 1,13 (0,99 à 1,29)

Comparaison de l'information figurant dans les deux tVN

Pour la première des trois tâches de comparaison, par rapport à la condition témoin, un nombre significativement supérieur de participants ont comparé correctement les deux tVN et déterminé le produit le plus faible en sodium dans toutes les cas où le tVN était modifié, à l'exception de la condition incluant uniquement la portion de référence normalisée (p ≤ 0,02 dans tous les cas; tableau 2).

En ce qui concerne la deuxième tâche de comparaison, les participants ont déterminé avec exactitude, dans une proportion significativement supérieure, le produit contenant le moins de calories dans les conditions du tVN incluant la portion de référence normalisée (p < 0,001), la portion de référence normalisée + l'ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé » (p < 0,001) et la portion de référence normalisée + l'ajout d'un code de couleurs au % VQ (p < 0,001).

Enfin, pour la troisième tâche de comparaison, par rapport à la condition témoin, un nombre significativement supérieur de participants ont comparé correctement la teneur en sodium des deux produits dans trois conditions relatives au tVN, soit lorsque les tVN incluaient la portion de référence normalisée (p = 0,001), la portion de référence normalisée + l'ajout des descripteurs « faible/moyen/élevé » au % VQ (p < 0,001) et la portion de référence normalisée + l'ajout d'un code de couleurs au % VQ (p < 0,001). Les participants ont été nettement moins nombreux à comparer avec exactitude l'information relative au sodium lorsque les descripteurs « faible/moyen/élevé » étaient indiqués (p = 0,006).

Selon le modèle de régression de Poisson modifié et ajusté, la capacité des participants à comparer correctement les deux tVN a été améliorée de façon significative dans les conditions où le tVN incluait la portion de référence normalisée seule (RR = 1,41; IC à 95 % : 1,24 à 1,59) ou combinée aux descripteurs « faible/moyen/élevé » (RR = 1,60; IC à 95 % : 1,53 à 1,80) ou à un code de couleurs (RR = 1,64; IC à 95 % : 1,46 à 1,83), comparativement aux participants de la condition témoin (tableau 3).

Manipulation mathématique de l'information nutritionnelle dans les tVN

Globalement, la capacité des participants à manipuler, du point de vue mathématique, l'information relative aux lipides totaux était faible, ne dépassant pas 20 % dans l'ensemble des conditions. Cependant, l'exactitude était supérieure de façon significative dans trois conditions associées au tVN (portion de référence normalisée, portion de référence normalisée + descripteurs « faible/moyen/élevé », portion comparativement à la condition témoin (tableau 2). Plus de la moitié des participants ont pu manipuler correctede référence normalisée + ajout d'un code de couleurs au % VQ; p < 0,05 dans tous les cas),ment, du point de vue mathématique, l'information relative aux fibres dans l'ensemble des cinq conditions expérimentales, de même que dans la condition témoin. Toutefois, globalement, aucune condition n'a eu d'effet perceptible (p = 0,79).

Les résultats du modèle de régression de Poisson modifié et ajusté indiquent que les tVN qui comprenaient une portion de référence normalisée et des descripteurs « faible/moyen/élevé » amélioraient de façon modeste mais significative la capacité des participants à manipuler correctement l'information nutritionnelle du point de vue mathématique par rapport au tVN témoin (RR = 1,19; IC à 95 % : 1,04 à 1,37; tableau 3). Aucune autre modalité d'étiquetage n'a permis d'améliorer de façon significative la capacité des participants à manipuler mathématiquement l'information fournie dans les tVN.

Analyse

Cette étude est l'une des premières études évaluées par les pairs au Canada à se pencher sur les effets de modifications apportées au tVN sur le plan de la compréhension et de l'utilisation de l'information nutritionnelle par les jeunes. Il s'agit en outre de l'une des premières études empiriques à l'échelle internationale menées auprès des jeunesNote de bas de page 19,Note de bas de page 21. Nos résultats révèlent que la normalisation des portions de référence et l'inclusion de descripteurs simples ou de code de couleurs permettant d'interpréter le % VQ dans le tVN augmentent la capacité des adolescents et des jeunes adultes à interpréter, à comparer et à manipuler, d'un point de vue mathématique, l'information nutritionnelle.

L'emploi de portions de référence normalisées dans les tVN a permis d'améliorer grandement la capacité des jeunes à comparer deux aliments similaires. Des données probantes antérieures semblent indiquer que l'absence d'uniformité entre les portions qui figurent dans les tVN d'un produit à l'autre peut orienter les perceptions et les intentions d'achat en faveur du produit dont la portion de référence est la plus petite, indépendamment de sa supériorité du point de vue nutritionnelNote de bas de page 31. Le fait d'exiger des fabricants qu'ils utilisent des portions de référence normalisées pour des produits similaires pourrait être une stratégie prometteuse, qui faciliterait la compréhension et la bonne utilisation de l'étiquetage nutritionnel des aliments.

L'ajout de descripteurs ou de codes de couleurs à côté des calories et de la teneur en nutriments dans les tVN a eu un effet déterminant sur la capacité des jeunes à interpréter correctement l'information relative au % VQ. Ces observations rejoignent les résultats d'études et de rapports d'experts qui se sont intéressés aux systèmes d'étiquetage des aliments sur les emballagesNote de bas de page 32. Les descripteurs ou les codes de couleurs sont des outils d'interprétation susceptibles d'aider les consommateurs à décoder l'information nutritionnelle complexe présentée sous forme numérique, en limitant les connaissances nécessaires relatives à l'alimentation, les efforts cognitifs et le temps d'analyse requis. Des experts ont souligné à quel point il était important de trouver des stratégies permettant de communiquer une information nutritionnelle complexe sous une forme intelligible pour les consommateurs, plutôt que de recourir exclusivement aux données numériques (kilocalories, grammes, milligrammes et pourcentages)Note de bas de page 33. Notre étude ayant mis à l'essai des outils d'interprétation portant exclusivement sur les teneurs en calories et en nutriments négatifs, d'autres recherches sont à mener afin de définir les modalités d'application de cette approche aux nutriments positifs.

Conformément aux résultats d'une autre rechercheNote de bas de page 34, bon nombre de participants ont eu de la difficulté à manipuler l'information nutritionnelle afin de calculer la teneur en nutriments de plusieurs portions, en particulier lorsque la tâche exigeait des opérations mathématiques complexes et la compréhension de l'information sur le % VQ. L'inclusion de portions de référence normalisées et de descripteurs simples dans les tVN a permis d'améliorer la capacité des participants à manipuler mathématiquement l'information nutritionnelle, en particulier au cours de la tâche impliquant d'additionner plusieurs portions d'un produit et d'évaluer le % VQ correspondant à la somme. Cependant, cet effet a été modeste, et la majorité des participants ont tout de même été incapables de manipuler et d'utiliser correctement l'information numérique présentée sur les étiquettes. L'une des explications à la difficulté générale que pose la manipulation de l'information nutritionnelle pourrait notamment provenir du fait que ce type de tâche requiert, outre des connaissances en nutrition et des habiletés mathématiques, un temps, une motivation et des efforts considérables. Afin de faciliter et d'accélérer la consultation de l'information nutritionnelle, les auteurs d'autres études ont proposé l'ajout d'une deuxième colonne au tVN où seraient indiqués les nutriments et les calories contenus dans l'emballage au completNote de bas de page 35. Cette modification pourrait aider les consommateurs à évaluer le profil nutritionnel des produits qui contiennent plusieurs portions. Cependant, Roberto et KhandpurNote de bas de page 36 ont fait remarquer que l'ajout de renseignements supplémentaires pourrait rendre les étiquettes plus complexes. D'autres recherches sont à mener pour comparer les étiquettes à deux colonnes et à une colonne aux formats de présentation simplifiés incluant moins d'information, dont une indication dans le tVN du nombre total de portions par emballage.

Points forts et limites

Notre étude comporte plusieurs limites. Tout d'abord, nous n'avons pas utilisé de technique d'échantillonnage probabiliste pour sélectionner un échantillon représentatif de jeunes Canadiens. L'échantillon était plutôt transversal, fournissant un groupe hétérogène de participants à l'échelle du Canada en vue de leur répartition aléatoire dans les diverses conditions associées au tVN. Des recherches antérieures ont montré que des niveaux de revenus et d'études supérieurs étaient généralement associés à de meilleures performances dans les tâches relatives à l'étiquetage nutritionnelNote de bas de page 19. Or plus de 76 % des jeunes adultes (de 19 à 24 ans) de notre échantillon avaient un niveau de scolarité supérieur aux études secondaires. Compte tenu de la piètre performance aux tâches dans notre échantillon où le niveau de scolarité était très élevé, on peut supposer que les consommateurs dans leur ensemble seraient encore moins aptes à comprendre et à utiliser l'information relative aux portions de référence et au % VQ. Bien que nos constatations soient susceptibles de s'appliquer aux autres Canadiens du même groupe d'âge, d'autres recherches sont requises afin de vérifier si les résultats seraient similaires pour certains sous-groupes de jeunes non visés par cette étude, notamment les locuteurs d'autres langues que l'anglais et les personnes peu susceptibles d'être recrutées ou de participer à une recherche en ligne. Afin de mieux simuler une situation réelle, les tVN ont été affichés sur deux boîtes de craquelins de marques hypothétiques. Les craquelins conviennent à la réalisation d'essais sur différents formats de présentation de l'information nutritionnelle, étant donné les variations nutritives qu'ils présentent, et aussi parce que du point de vue nutritif, c'est un choix considéré ni comme très bon ni comme très mauvais pour la santé. De nombreuses études utilisent une seule denrée préemballée dans le cadre d'essais sur différents formats de présentation de l'information nutritionnelle et appliquent les résultats de façon généralisée à d'autres produits alimentairesNote de bas de page 16,Note de bas de page 36,Note de bas de page 37,Note de bas de page 38. ll est cependant recommandé de reproduire cette étude en utilisant d'autres produits alimentaires et d'autres catégories d'aliments, puisque les résultats pourraient varier. Enfin, même si notre étude a utilisé une méthode classique d'évaluation d'un matériel et de concepts de communication avant leur mise en œuvre, aucune étude expérimentale menée en ligne ne peut reproduire une véritable expérience d'achat. Les recherches futures devraient viser à évaluer l'efficacité des modifications apportées aux tVN quant aux choix d'aliments et aux comportements alimentaires dans des conditions fidèles à la réalité.

Conclusion

Les spécialistes du milieu universitaire comme ceux des organismes de santé ont recommandé des améliorations à l'étiquetage nutritionnel, dont la normalisation des portions de référence et l'ajout de mentions facilitant l'interprétation du % VQ, changements que les consommateurs souhaitent égalementNote de bas de page 22,Note de bas de page 39,Note de bas de page 40. D'éventuelles modifications de l'étiquetage nutritionnel sont en cours d'examen au Canada, notamment la normalisation des portions de référence au sein des catégories de produits similaires et l'ajout d'explications sur ce qu'est un faible et un grand % VQNote de bas de page 22. Notre recherche donne à penser que ces deux modifications pourraient aider les jeunes Canadiens à bien interpréter l'information qui figure dans le tVN lorsqu'ils choisissent des aliments, comparent des produits similaires et manipulent sur le plan mathématique des données numériques pour déterminer le contenu nutritionnel de plusieurs portions d'un produit.

Nos constatations fournissent des données probantes préliminaires qui montrent que l'on peut aider le consommateur à comprendre et à utiliser l'information nutritionnelle en apportant certaines modifications au tVN. Des recherches supplémentaires sont à mener pour préciser si les modifications apportées au tVN favorisent un choix alimentaire éclairé pour d'autres catégories d'aliments et chez les adultes des autres tranches d'âge au Canada.

Remerciements

Cette étude a été financée par la Fondation canadienne de la recherche en diététique.

Références

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