Synthèse des données probantes – Associations entre les caractéristiques de l’environnement bâti du quartier et la marche chez les adultes canadiens : une revue systématisée de la littérature

Brenlea Farkas, M. Sc. Rattachement de l'auteur 1; Daniel J. Wagner, M. Sc. Rattachement de l'auteur 1; Alberto Nettel-Aguirre, Ph. D. Rattachement de l'auteur 1, Rattachement de l'auteur 2, Rattachement de l'auteur 3; Christine Friedenreich, Ph. D. Rattachement de l'auteur 1, Rattachement de l'auteur 4, Rattachement de l'auteur 5; Gavin R. McCormack, Ph. D. Rattachement de l'auteur 1

https://doi.org/10.24095/hpcdp.39.1.01f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Correspondance : Gavin McCormack, Département des sciences de la santé communautaire, École de médecine Cumming, Université de Calgary, 3280 Hospital Drive N.-O., Calgary (Alberta)  T2N 4Z6; tél. : 403-220-8193; courriel : gmccorma@ucalgary.ca.

Résumé

Introduction. Les données récentes semblent indiquer que l’environnement bâti peut faciliter comme décourager l’activité physique. Les revues de la littérature disponibles ont en général comme limite de ne pas être spécifiques à un pays. Nous avons effectué une revue systématisée des études quantitatives qui analysent les associations, mesurées objectivement, entre l’environnement bâti et la marche chez les adultes canadiens.

Méthodologie. Nous avons effectué une recherche dans cinq bases de données scientifiques pour sélectionner les études évaluées par les pairs et publiées jusqu’au 31 décembre 2016 ayant analysé l’association entre l’environnement bâti (mesuré objectivement grâce à des vérifications et à un système d’information géographique [SIG]) et l’activité physique chez un échantillon d’adultes canadiens. Deux chercheurs ont effectué les recherches dans les bases de données, ont filtré les articles par titre et résumé, ont revu l’intégralité des textes sélectionnés et en ont extrait les données.

Résultats. Parmi les 4 140 articles recensés, 25 respectaient nos critères d’inclusion. La plupart des études contenaient des données sur une seule province canadienne. Toutes les études sauf deux étaient transversales. La plupart des études disposaient d’information autodéclarée sur la marche comme mode de déplacement et la marche sans but spécifié. Le potentiel piétonnier global et l’occupation des sols ont été systématiquement associés à la marche comme mode de déplacement, alors que la proximité de la destination a été associée à la marche sans but spécifié.

Conclusion. Les résultats de notre revue de littérature suggèrent que l’environnement bâti possède un fort potentiel susceptible d’encourager la marche chez les adultes. Ce sont surtout le potentiel piétonnier global, l’occupation des sols et la proximité de la destination qui sont importants, si l’on se fie à leur association à la marche comme mode de déplacement et à la marche sans but spécifié.

Mots‑clés : environnement bâti, marche, piéton, quartier, activité physique, potentiel piétonnier, transport, loisirs

Points saillants

  • Dans les études canadiennes examinant l’association entre l’environnement bâti mesuré objectivement et la marche, la marche récréative est moins souvent étudiée que la marche comme mode de déplacement et que la marche sans but spécifié.
  • Le potentiel piétonnier mesuré objectivement, une occupation des sols variée et la proximité de la destination sont associés à la pratique de la marche chez les adultes canadiens.
  • Dans les quartiers canadiens, les caractéristiques de l’environnement bâti mesurées objectivement sont associées plus régulièrement à la marche comme mode de déplacement qu’à la marche récréative.
  • Toutes les études canadiennes examinant l’association entre l’environnement bâti mesuré objectivement et la marche sont transversales, à l’exception de deux études longitudinales.

Introduction

La marche est une activité physique populaire qui n'exige ni habileté, ni compétence ou équipement spécial et dont le coût est minime. En contribuant à l'augmentation du niveau d'activité physique, la marche aide à réduire le risque de problèmes de santé chroniques, en particulier les maladies cardiovasculairesNote de bas de page 1, le diabèteNote de bas de page 1, l'hypertension Note de bas de page 2, la dépressionNote de bas de page 3, le cancerNote de bas de page 4 Note de bas de page 5 et l'obésitéNote de bas de page 6 Note de bas de page 7. Le traitement et la gestion des problèmes de santé chroniques résultant d'un manque d'activité physique pèsent lourd financièrement sur les systèmes de santé au CanadaNote de bas de page 7 Note de bas de page 8 Note de bas de page 9 et ailleurs. Malgré les bienfaits reconnus de l'activité physique pour la santéNote de bas de page 10 Note de bas de page 11, de nombreux adultes canadiens ne sont pas assez actifsNote de bas de page 12. Créer des environnements bâtis de quartier qui encouragent l'activité physique pourrait contribuer à augmenter l'activité physique de la population et, en conséquence, diminuer le fardeau financier des problèmes de santé chroniques au Canada.

L'environnement bâti est constitué de toutes les caractéristiques de l'environnement physique qui ont été planifiées, construites ou modifiées par les humainsNote de bas de page 13. D'après les données des revues systématiques de la littérature, l'environnement bâti du quartier serait associé à l'activité physiqueNote de bas de page 14 Note de bas de page 15 Note de bas de page 16. Les résultats de ces études suggèrent aussi que cet environnement encourage plus la marche que d'autres activités physiques et que les liens avec l'environnement bâti sont variables en fonction du but de la marche (marche comme mode de déplacement, marche récréative, marche avec son chien, etc.)Note de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 17. Les études ont fait état d'une association systématique entre une occupation mixte des sols, la variété et la proximité des destinations, la densité résidentielle ou de population, la connectivité des rues et les accès pour piétons et enfin les niveaux globaux de potentiel piétonnier et de marche Note de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 18 Note de bas de page 19 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21 Note de bas de page 22. Cependant, nous ne savons pas s'il existe un lien entre ces résultats et le lieu (ville ou pays) où l'étude a été menée.

Jusqu'à présent, les revues systématiques qui ont exploré le lien entre l'environnement bâti et l'activité physique ont de manière générale combinédes résultats d'études réalisées dans plusieurs contextes géographiques Note de bas de page 14 Note de bas de page 19 Note de bas de page 21. Les résultats de ces revues de littérature se basent surtout sur des études menées en Australie, en Europe et aux États-Unis. Or leurs résultats ne semblent pas généralisables à d'autres lieux. Comme la fréquence de l'activité physique diffère d'un pays à l'autre Note de bas de page 23 Note de bas de page 24 Note de bas de page 25, nous pouvons aussi prévoir que certaines caractéristiques bâties ont des effets différents sur l'activité physique selon le lieu et le contexte géographique. Pucher et BuehlerNote de bas de page 25 ont ainsi constaté que les Canadiens font plus de cyclisme que les Américains et ont conclu que cela est dû à des différences dans l'environnement bâti (densité résidentielle ou de population et variété d'occupation des sols, conditions de cyclisme plus sécuritaires et infrastructures dédiées au cyclisme), aux différences de revenus, aux coûts entraînés par la possession d'une voiture et aux programmes de formation des cyclistes. Si Sugiyama et ses collaborateursNote de bas de page 26 ont fait état d'associations systématiques entre plusieurs caractéristiques bâties (données autodéclarées) et la marche dans 12 pays, ils ont également noté que la relation entre l'esthétique (donnée autodéclarée) du quartier et la marche récréative variait selon les pays. Cerin et ses collaborateursNote de bas de page 27 ont constaté que les associations entre l'esthétique du quartier (donnée autodéclarée), la connectivité des rues et l'activité physique mesurée objectivement variaient aussi selon les pays. De plus, Ding et ses collaborateursNote de bas de page 28 ont constaté des différences d'un pays à l'autre entre la densité résidentielle ou de population, la proximité de transports en commun, les aménagements cyclables, la sécurité en matière de criminalité (données autodéclarées) et la probabilité de respecter les recommandations en matière d'activité physique. Ces résultats suggèrent qu'il faut prendre en considération le pays d'où proviennent les données, surtout si on veut les utiliser pour orienter les politiques et les pratiques urbaines locales.

Étant donné que les associations entre l'environnement bâti et l'activité physique sont vraisemblablement spécifiques à chaque pays, il semble utile de recenser l'information et de formuler des recommandations susceptibles d'aider à orienter la planification territoriale et les politiques urbaines et de transport local. La grande importance accordée aux mesures autodéclarées de l'environnement bâtiNote de bas de page 16 Note de bas de page 19 Note de bas de page 22 dans certaines études constitue par ailleurs une source de préoccupation, car les mesures autodéclarées et les mesures objectives des caractéristiques d'un environnement bâti ne correspondent pas toujoursNote de bas de page 29 Note de bas de page 30. Dans ce contexte, le but de notre étude était d'effectuer une revue systématisée des études quantitatives qui évaluent les associations entre l'environnement bâti mesuré objectivement et la marche en fonction de divers objectifs chez les adultes canadiens.

Méthodologie

Stratégie de recherche

Les lignes directrices PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analysis)Note de bas de page 31 ont guidé la méthodologie utilisée dans cette recherche. Étant donné que nous n'avons pas inclus tous les éléments d'une revue systématique, en particulier l'évaluation quantitative de la validité interne de chaque étude, notre revue est dite systématisée Note de bas de page 32. Pour avoir accès à la littérature pertinente, nous avons interrogé cinq bases de données utilisées dans plusieurs revues antérieures sur le sujetNote de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 19 : MEDLINE, Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature (CINAHL), SPORTDiscus, Transport Research International Documentation (TRID) et Environment Complete. Notre recherche globale des articles évalués par les pairs publiés jusqu'au 31 décembre 2016 a inclus toutes les études pertinentes ayant examiné l'association entre l'environnement bâti et tous les types d'activité physique, donc pas uniquement la marche.

Conformément aux recommandations sur les meilleures pratiques de revue systématique d'études d'observation, nous avons utilisé une approche normalisée pour sélectionner les études potentiellement pertinentes Note de bas de page 18. Notre recherche dans les bases de données s'est faite en trois points : (1) choisir des termes pertinents liés à l'environnement bâti et faire une première recherche booléenne avec « ou » pour répartir (recherche par vedette-matière) et cartographier (recherche par mot-clé) les vedettes-matière médicales « built environment, » « urban design, » « urban form » ou « neighbourhood » ou « landscape architecture » [environnement bâti, aménagement urbain, forme urbaine ou quartier ou architecture paysagère]; (2) choisir des termes pertinents liés à l'activité physique et faire une deuxième recherche booléenne avec « ou » pour répartir et cartographier les termes « physical activity, » « recreation, » « leisure, » « transportation, » « physical exertion, » « exercise, » « walking, » « cycling » ou « jogging » [activité physique, récréation, loisir, transport, effort physique, exercice, marche, cyclisme ou jogging] et (3) sélectionner les études en contexte canadien en faisant une dernière recherche booléenne avec « ou » pour répartir et cartographier les vedettes-matière médicales et avec les mots-clés Canada, Canadien, Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Saskatchewan ou Yukon. Ces trois chaînes de recherche ont ensuite été combinées au moyen de l'opérateur booléen « et » pour obtenir toutes les combinaisons possibles.

Outre ces recherches dans les bases de données, nous avons dépouillé les bibliographies des revues de littérature pertinentes et tous les articles jugés admissibles pour une revue générale.

Sélection des études

Une chercheure (BF) a filtré les titres des 4 140 résumés recensés pour exclure les articles non pertinents. Parmi ceux recensés, 796 ont dans un premier temps été examinés. Les résumés portant sur l'association entre l'environnement bâti et l'activité physique ont été sélectionnés pour un examen de l'intégralité du texte. Les articles dont le résumé n'était pas clair ont aussi été soumis à un examen intégral. Un échantillon aléatoire de 270 résumés ont été doublement filtrés (par BF et DW) pour estimer la concordance des sélectionneurs sur l'inclusion des études (pourcentage de concordance globale : 87,0 %) et valider les critères d'inclusion. Les deux chercheurs ont ensuite examiné chacun la moitié des 526 résumés restants (soit 263). Les revues de littérature, les commentaires, les résumés et les actes de congrès ainsi que les études pilotes sélectionnés aux stades de l'examen du résumé ou de l'intégralité du texte ont été exclus de la revue.

Les articles ont été retenus s'ils respectaient nos critères d'inclusion en lien avec le type de recherche (quantitative), la population étudiée (adultes canadiens âgés de 18 ans ou plus), les conditions (caractéristiques bâties mesurées objectivement et liées à la destination ou à l'occupation des sols, densité résidentielle ou de population, aménagements ou infrastructures pour piétons, connectivité des rues ou accès pour piétons, sécurité routière ou personnelle, esthétique, type de quartier ou potentiel piétonnier du quartier) et le résultat (toute activité physique autodéclarée ou mesurée objectivement comme la marche, la course, le cyclisme, les sports et toutes les mesures globales de l'activité physique, comme l'activité physique modérée à vigoureuse). Le critère d'inclusion final pour la revue était que l'étude devait avoir fait état d'une association entre une mesure objective de l'environnement bâti et l'activité physique. Pour l'examen de l'intégralité du texte, la concordance entre sélectionneurs s'est révélée correcte (pourcentage de concordance globale : 87,0 %). Les articles d'études qui mesuraient des caractéristiques bâties uniquement autodéclarées ont été exclus de la revue.

Extraction des données

Pour chaque article sélectionné, les deux chercheurs (BF et DW) ont extrait l'information sur les auteurs (nom et année de publication), le type de recherche (transversale, longitudinale, expérientielle), le type d'échantillon (échantillon aléatoire ou non et taille), le lieu de la collecte des données, les caractéristiques de l'échantillon (caractéristiques démographiques et socioéconomiques), les résultats sur le plan de l'activité physique, les caractéristiques de l'environnement bâti, les associations estimées entre ces caractéristiques et les résultats sur le plan de l'activité physique et, s'il y avait lieu, les facteurs de confusion pour lesquels un ajustement avait été fait dans l'analyse. Dans la mesure du possible, nous avons extrait aussi le modèle final ou les estimations de l'association entre environnement bâti et activité physique les plus (ou pleinement) ajustées pour tenir compte des covariables. Les associations estimées entre chaque caractéristique de l'environnement bâti et les résultats sur le plan de l'activité physique ont été codées comme suit : soit nulle pour les associations non significatives, soit positive ou négative, pour les associations significatives en fonction de la direction de l'association. Les statistiques purement descriptives qui ne comportaient pas de tests (inférentiels) de signification statistique n'ont pas été extraites ni synthétisées dans cette revue.

Nous avons extrait toute l'information disponible sur la pratique ou la fréquence d'une activité physique, en particulier le respect de recommandations ou de directives en matière d'activité physique (p. ex.faire 150 minutes d'activité physique modérée à vigoureuse par semaine Note de bas de page 33 ou le nombre recommandé de pas par jour), sa fréquence (p. ex. le nombre de déplacements à pied par semaine), sa durée et son intensité (p. ex. le nombre de pas par jour ou la dépense d'énergie). Pour nous aider à extraire et à synthétiser les renseignements sur les caractéristiques de l'environnement bâtiNote de bas de page 34, nous avons utilisé un cadre qui classe les caractéristiques de l'environnement bâti que l'on peut associer à la marche en quatre grandes catégories : fonctionnalité, sécurité, esthétique et destination. Ces catégories ont été utilisées dans diverses revues de littérature antérieuresNote de bas de page 35 Note de bas de page 36 Note de bas de page 37 Note de bas de page 38:

  • Les éléments liés à la fonctionnalité sont les caractéristiques comme le potentiel piétonnier global (p. ex. indices synthétiques, Walk Score [indice de proximité à pied]) et le type de quartier (p. ex. urbain, suburbain, issu du nouvel urbanisme), la connectivité piétonnière et des rues (p. ex. la densité des intersections, la structure du réseau de rues) et la densité résidentielle ou de population.
  • Les éléments liés à la destination sont les caractéristiques comme l'occupation des sols et sa variété, la proximité de destinations récréatives ou liées au transport et leur qualité.
  • Les éléments liés à la sécurité sont les mesures liées à la circulation routière (p. ex. vitesse, volume) et la sécurité personnelle ou en lien avec la criminalité (p. ex. des signes de désordre ou d'incivilité).
  • Les éléments liés à l'esthétique sont les mesures des caractéristiques bâties considérées comme attrayantes, intéressantes ou liées au confort (p. ex. jardins et pelouses bien entretenus, architecture, monuments, plans d'eau).

Nous avons rangé chaque association entre l'environnement bâti et la marche dans une seule de ces catégories, même si nous sommes conscients que certaines caractéristiques bâties peuvent être rangées dans plus d'une catégorie. Par exemple, la présence d'un parc peut être rangée dans la catégorie de l'esthétique ou dans celle de la destination. Pour choisir la catégorie la plus appropriée, nous avons considéré la dimension de la caractéristique bâtie qui avait été évaluée. Par exemple, un parc décrit comme un élément d'une occupation variée des sols a été classé dans la catégorie de la destinationNote de bas de page 39, tandis qu'un parc décrit du point de vue de son attrait ou de son esthétique a été classé dans la catégorie esthétiqueNote de bas de page 40.

Synthèse et analyse

Lorsque c'était possible, nous avons rassemblé des statistiques descriptives (comptes et fréquences) et nous avons rédigé une description visant à synthétiser les forces et les limites méthodologiques de chaque étude ainsi que les associations entre les caractéristiques bâties et la marche. Nous avons classé les associations entre l'environnement bâti et la marche par catégorie (fonction, destination, sécurité, esthétique) et par résultat quant à la marche (c.-à-d. participation, fréquence, pratique d'activité physique suffisante, durée et intensité). Nous présentons nos constatations d'ensemble sous forme de tableaux et de graphiques. Étant donné l'hétérogénéité des types d'étude, des environnements bâtis et des variables associées à la marche ainsi que des procédures statistiques employées, nous ne sommes pas en mesure de présenter une méta-analyse des résultats de notre recherche.

Résultats

Recensement des études

Notre recherche initiale a fourni 4 140 études (figure 1). Après étape du filtrage par titre et résumé, 157 articles ont été examinés intégralement, dont 55 respectant nos critères d'inclusion. Trente de ces 55 études, qui examinaient l'activité physique et pas seulement la marche (p. ex. toute activité physique, activité physique modérée à intense, cyclisme et combinaison de marche et de cyclisme), ont été exclues, ce qui a réduit à 25 le nombre final d'études satisfaisant à tous nos critères d'inclusion (tableau 1).

Figure 1. Détails de la sélection des études pour la revue de la littérature
Figure 1
Figure 1 - Text Equivalent

Cette figure illustre les détails de la sélection des études incluses dans la revue de la littérature.

Dans la phase de repérage, les études ont été identifiées dans MEDLIN (n = 2271), CINAHL (n = 133), SPORTDiscus (n = 328), TRID (n = 57) et Environment Complete (n = 1588), pour un total de 4377études repérées dans les bases de données. 47 études ont été repérées dans d’autres sources. Les doublons ont été éliminés (n = 284), laissant 4140 études.

Dans la phase de filtrage, 3344 études ont été exclues par filtrage du titre, ce qui a laissé 796 études à être filtrées. Le filtrage a mené à l’exclusion de 639 études.

Dans la phase d’admissibilité, les 157 articles entiers restants ont été évalués pour admissibilité. 102 articles entiers ont été exclus, pour les raisons suivantes : pas une étude originale (n = 7), pas une étude observationnelle (n = 7), caractéristique bâtie autre que l’exposition (n = 24), caractéristique bâtie non mesurée objectivement (n = 26), activité physique non présente dans les résultats étudiés (n = 21), échantillon autre que des adultes canadiens (n = 11), et doublons (n = 6).

Dans la phase d’inclusion, 55 études ont été incluses dans la revue finale.

Dans la phase « inclusion : marche », 30 articles entiers ont été exclus parce qu’ils étudiaient une activité physique autre que la marche. Un total de 25 études ont par conséquent été incluses dans la revue finale.

Tableau 1. Résumé des caractéristiques de l'étude et des caractéristiques de la population pour les 25 études incluses
Étude Type Province Taille de l'échantillon Groupe d'âge (ans) Femmes (%) Caractéristiques de l'environnement bâti Note de tableau a Type de marcheNote de tableau a
Chiu et coll. (2015)Note de bas de page 53 Transversale Ont. 106 337 20+ 51,2 Potentiel piétonnier (2005-2008) Marche comme mode de déplacement (1996, 1997, 2001, 2003, 2005, 2007, 2008)
Chudyk et coll. (2015)Note de bas de page 48 Transversale C.-B. 150 70 à 79 66 Potentiel piétonnier Marche comme mode de déplacement
Craig et coll. (2002)Note de bas de page 41 Transversale Ont., Qc, Alb. 10 983 N. I. N. I. Potentiel piétonnier (1999-2000) Marche comme mode de déplacement (1996)
Frank et coll. (2015)Note de bas de page 42 Transversale C.-B., Ont. 2 748 25+ 58,2 Potentiel piétonnier (2011) Marche récréative, marche comme mode de déplacement (2011)
Gauvin et coll. (2008)Note de bas de page 54 Transversale Qc 2 614 44 à 65+ 61,1 Proximité de destination, connectivité, sécurité personnelle Marche récréative, marche sans but spécifié (2005)
Gauvin et coll. (2012)Note de bas de page 50 Cohorte Qc 521 67 à 84 53,4 Proximité de destination Marche sans but spécifié (2006)
Hajna et coll. (2015)Note de bas de page 43 Transversale Toutes (sauf le Nunavut) 2 949 18+ 51,4 Walk Score et potentiel piétonnier (2006, 2009, 2015) Marche sans but spécifié, marche comme mode de déplacement (2007-2009)
Hajna et coll. (2016)Note de bas de page 60 Transversale Qc 201 18+ 48,1 Walk Score et potentiel piétonnier (2006, 2008, 2009) Marche sans but spécifié (2006-2008)
Hirsch et coll. (2016)Note de bas de page 49 Transversale C.-B. 77 65 à 80+ 66,2 Occupation des sols, proximité de destination (2013) Marche sans but spécifié (2012)
Jack et coll. (2014)Note de bas de page 55 Transversale Alb. 1 875 18 à 60+ 62,2 Potentiel piétonnier Marche récréative, marche comme mode de déplacement (2007-2008)
Manaugh et coll. (2011)Note de bas de page 59 Transversale Qc 17 394 N. I. N. I. Walk Score et potentiel piétonnier Marche comme mode de déplacement (2003)
McCormack et coll. (2012)Note de bas de page 17 Transversale Alb. 4 034 18+ 59,7 Potentiel piétonnier Marche récréative, marche comme mode de déplacement (2007-2008)
McCormack et coll. (2011)Note de bas de page 62 Transversale Alb. 506 18+ 64,2 Potentiel piétonnier, proximité de destination Marche récréative (2007-2008)
Miranda-Moreno et coll. (2013)Note de bas de page 51 Transversale Qc N. I.Note de tableau b N. I. N. I. Occupation des sols Marche sans but spécifié (2010-2011)
Miranda-Moreno et coll. (2011)Note de bas de page 52 Transversale Qc N. I.Note de tableau b N. I. N. I. Connectivité, densité de population, occupation des sols, proximité de destination Marche sans but spécifié (2011)
Moniruzzaman et coll. (2015)Note de bas de page 58 Transversale Qc 13 127 55+ N. I. Densité de population, occupation des sols, proximité de destination (2009) Marche comme mode de déplacement (2008)
Oliver et coll. (2011)Note de bas de page 61 Transversale C.-B. 1 602 19+ 61,8 Occupation des sols Marche récréative, marche comme mode de déplacement (2006)
Oliver et coll. (2007)Note de bas de page 63 Transversale C.-B. 1 311 20 à 60 61,4 Occupation des sols (2006) Marche récréative, marche comme mode de déplacement (2006)
Riva et coll. (2009)Note de bas de page 57 Transversale Qc 2 923 45 à 65+ 61,8 Potentiel piétonnier Marche récréative, marche comme mode de déplacement, marche sans but spécifié (2005)
Schopflocher et coll. (2014)Note de bas de page 40 Transversale Alb. 2 042 N. I. N. I. Connectivité, occupation des sols, proximité de destination, esthétique, sécurité personnelle, sécurité routière (2008) Marche récréative, marche comme mode de déplacement, marche sans but spécifié (2010)
Thielman et coll. (2015)Note de bas de page 44 Transversale Toutes 151 318 12 à 65+ 48,4 Walk Score (2012, 2014) Marche comme mode de déplacement (2007-2012)
Toohey et coll. (2013)Note de bas de page 56 Transversale Alb. 884 50+ 60,1 Potentiel piétonnier, densité de population, esthétique (2006) Marche sans but spécifié (2007)
Wasfi et coll. (2013)Note de bas de page 46 Transversale Qc 6 913 18+ 57 Connectivité, occupation des sols, densité de population (2006) Marche comme mode de déplacement (2003)
Wasfi et coll. (2016)Note de bas de page 45 Cohorte Toutes (sauf les territoires) 2 976 18 à 55 52 Walk Score (2012) Marche comme mode de déplacement (1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006)
Winters et coll. (2015)Note de bas de page 47 Transversale C.-B. 1 309 65+ 55 Walk Score (2013) Marche sans but spécifié (2008-2009)

Abréviations : Alb., Alberta; C.-B., Colombie-Britannique; N. I., non indiqué; Ont., Ontario; Qc, Québec; Toutes, toutes les provinces et tous les territoires.

Remarque : Le Walk Score est une mesure qui se traduit par « indice de proximité à pied ».

Notes de bas de page

Note de tableau - 1

Les dates de collecte des données sont entre parenthèses. Une absence de mention de date de collecte correspond à une date non précisée ou une date peu claire.

Retour à la référence de la note de tableau a

Les études incluent les comptes de piétons.

Retour à la référence de la note de tableau b

Synthèse des caractéristiques des études

Échantillons

Les études incluses ont été publiées entre 2002 et 2016, et plus de 80 % (n = 21) d'entre elles l'ont été en 2011 ou plus tard. La plupart des études ont été réalisées dans une seule province (n = 20),deux études ont utilisé des données provenant de plusieurs provinces Note de bas de page 41 Note de bas de page 42 et trois études des données nationalesNote de bas de page 43 Note de bas de page 44Note de bas de page 45. Le Québec s'est révélé le lieu le plus souvent étudié (n = 13), suivi par l'Alberta et la Colombie-Britannique (n = 9) puis l'Ontario (n = 6). Trois études disposaient de données sur la Saskatchewan, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard ou le Nouveau-Brunswick. Aucune étude n'avait été menée spécifiquement dans les trois territoires (Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et Yukon), mais certaines données provenant des territoires étaient incluses dans les deux études utilisant des données nationales Note de bas de page 43 Note de bas de page 44. Dans les 11 études mentionnant l'âge moyen, celui-ci variait entre 33,6 ansNote de bas de page 46 et 75 ansNote de bas de page 47. Six échantillons incluaient seulement des adultes âgés (50 ans et plus). Parmi les études mentionnant le taux de réponse, celui-ci variait entre 8 % Note de bas de page 48 et 74 %Note de bas de page 47. La taille des échantillons variait entre n = 77Note de bas de page 49 et n = 151 318Note de bas de page 44. La plupart des études (20) avaient utilisé un échantillonnage aléatoire simple, trois études un échantillonnage stratifiéNote de bas de page 45 Note de bas de page 49 Note de bas de page 50 et deux avaient exploité des données de comptage automatiséNote de bas de page 51 Note de bas de page 52.

Type d'étude

La plupart des études étaient de type transversal (n = 23). Deux études longitudinales ont été incluses. L'une, menée par Gauvin et coll. Note de bas de page 50, portait sur les changements dans l'environnement bâti et la marche chez les adultes âgés sur une période de trois ans. Dans l'autre, Wasfi et coll.Note de bas de page 45 ont examiné comment le relogement résidentiel (p. ex. déménager dans un quartier ayant un Walk Score plus bas ou plus élevé) était associé à la durée de la marche comme mode de déplacement. Ils ont étudié la durée de la marche comme mode de déplacement et le quartier de résidence sur 12 ansNote de bas de page 45. Parmi les 14 études qui indiquaient les dates de la collecte des données, dix études présentent des données sur la marche et l'environnement bâti qui ont été recueillies sur trois ans maximum.Note de bas de page 40Note de bas de page 41Note de bas de page 42, Note de bas de page 44, Note de bas de page 46, Note de bas de page 49, Note de bas de page 56, Note de bas de page 58, Note de bas de page 60, Note de bas de page 63

Mesure de la marche

La marche a été mesurée le plus souvent par autodéclaration (n = 22). Cinq études ont mesuré la marche au moyen du Questionnaire international sur les activités physiques (IPAQ), qui porte sur l'activité physique dans les sept derniers joursNote de bas de page 40 Note de bas de page 54 Note de bas de page 55 Note de bas de page 56 Note de bas de page 57; deux études ont utilisé le Questionnaire sur l'activité physique de quartier (NPAQ), qui porte sur l'activité physique pratiquée dans le quartier au cours d'une semaine normaleNote de bas de page 17 Note de bas de page 42. D'autres études ont utilisé des donnéessur la marche de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes Note de bas de page 44 Note de bas de page 47 Note de bas de page 53, du recensement du CanadaNote de bas de page 41 et de l'Enquête nationale sur la santé de la populationNote de bas de page 45 Note de bas de page 53. Six études portaient sur la marche (voyages à pied) rapportée dans des journaux de voyageNote de bas de page 40 Note de bas de page 46 Note de bas de page 48 Note de bas de page 49 Note de bas de page 58 Note de bas de page 59. Trois études ont mesuré la marche grâce à des autodéclarations et à des accéléromètresNote de bas de page 40 Note de bas de page 43 Note de bas de page 49; une étude a mesuré le nombre de pas par jour avec un podomètreNote de bas de page 60 et enfin deux études ont vérifié l'activité pédestre avec des compteurs automatisésNote de bas de page 51 Note de bas de page 52. La marche au cours des sept derniers jours a été celle qui a été le plus souvent évaluée (n = 16), mais la marche du jour précédent a été également utilisée (n = 3), ainsi que celle des 14 derniers jours (n = 1) et celle des trois derniers mois (n = 3).

Concernant le but de la marche, 17 études traitaient de la marche comme mode de déplacement, 10, de la marche sans but spécifié et 9, de la marche récréative. Les 25 études recensées ont évalué les associations entre l'environnement bâti et la marche seule, et 4 études ont aussi évalué les associations entre l'environnement bâti et d'autres catégories d'activité physique comme les loisirsNote de bas de page 44 Note de bas de page 49 Note de bas de page 53 et l'activité physique modérée à vigoureuseNote de bas de page 61.

Mesure de l'environnement bâti

Les caractéristiques de l'environnement bâti mesurées objectivement et liées à la marche étaient le potentiel piétonnier ou l'indice global de l'environnement bâti (n = 15), la proximité ou la densité des destinations (n = 8), l'occupation des sols (n = 7), la connectivité piétonnière et des rues (n = 4), la densité de population (n = 4), l'esthétique (n = 2), la sécurité personnelle (n = 2) et la sécurité routière (n = 1). Les caractéristiques de l'environnement bâti ont été évaluées principalement avec un SIG (n = 21), mais quatre études ont aussi collecté desdonnées sur l'environnement bâti au moyen de sondages dans la rue Note de bas de page 40 Note de bas de page 41 Note de bas de page 54 Note de bas de page 60. Huit études ont inclus le Walk Score, alors que 10 études ont utilisé leurs propres indices de potentiel piétonnier.

Les quartiers, régions ou lieux géographiques servant à évaluer les caractéristiques de l'environnement bâti ont été habituellement délimités suivant le secteur de recensement (n = 3), le code postal (n = 5) ou des zones tampons de 400 à 1600 m ou des zones d'accès pédestre (PedShed) ou des polygones (n = 17) dans lesquels se trouvait l'adresse de résidence du participant. Si les zones tampons en réseau de type linéaire (n = 10) et les zones tampons en réseau circulaire (n = 6) ont souvent été utilisées, 2 études ont utilisé des zones tampons en polygoneNote de bas de page 43 Note de bas de page 60 et une étude acréé un quadrillage de 805 m × 805 m pour délimiter un quartier Note de bas de page 40. Les zones tampons ont été créées le plus souvent autour du centre de la zone du code postal ou du secteur de recensement géocodé du participant (n = 11) ou autour du centre de son adresse de résidence complète géocodée (n = 3).

Ajustement pour les facteurs de confusion

Parmi les 25 études incluses, seules 3 études transversales ont réalisé un ajustement statistique pour tenir compte de la libre sélection du quartier de résidence (c.-à-d. les préférences, attitudes ou comportements d'une personne à l'égard de la marche ayant influencé sa décision de s'installer dans un quartier donné)Note de bas de page 17 Note de bas de page 42 Note de bas de page 55. Ces études ont mesuré la libre sélection du quartier de résidence grâce à des questionnaires dans lesquels les participants mentionnaient l'importance des caractéristiques bâties dans leur décision de déménager dans leur quartier actuel. Six études ont fait un ajustement pour la durée de résidence dans l'environnement (c.-à-d. dans le quartier)Note de bas de page 17 Note de bas de page 45 Note de bas de page 50 Note de bas de page 54 Note de bas de page 55 Note de bas de page 56. Toutes les études sauf trois ont fait un ajustement pour les caractéristiques sociodémographiques (âge, sexe, état matrimonial, possession d'une voiture et nombre de personnes àcharge, etc.) et socioéconomiques (revenu, niveau de scolarité, etc.) Note de bas de page 48 Note de bas de page 51 Note de bas de page 52. Certaines études ont fait un ajustement pour la santé et le poids autodéclarés (n = 13), le tabagisme ou des comportements relatifs à l'activité physique (n = 6), le climat ou la saisonnalité (n = 6) et d'autres caractéristiques environnementales (comme le caractère urbain) (n = 5).

Associations entre l'environnement bâti et la marche

Caractéristiques liées à la fonctionnalité

Aperçu

Vingt étudesNote de bas de page 17 Note de bas de page 40 Note de bas de page 41 Note de bas de page 42 Note de bas de page 43 Note de bas de page 44 Note de bas de page 45 Note de bas de page 46 Note de bas de page 47 Note de bas de page 48 Note de bas de page 52 Note de bas de page 53 Note de bas de page 54 Note de bas de page 55 Note de bas de page 56 Note de bas de page 57 Note de bas de page 58 Note de bas de page 59 Note de bas de page 60 Note de bas de page 62 ont mentionné 144 associations entre caractéristiques liées à la fonctionnalité et marche (tableau 2). Les caractéristiques liées à la fonctionnalité les plus étudiées étaient le potentiel piétonnier (15 études; 116 associations), la connectivité (4 études; 20 associations) et la densité de population (4 études; 8 associations). Parmi les 144 associations entre caractéristiques liées à la fonctionnalité et marche qui ont été évaluées, 86 (59,7 %) étaient nulles, 54 (37,5 %) étaient positives et 4 (2,8 %) étaient négatives.

Tableau 2. Résumé des associations entre les caractéristiques liées à la fonctionnalité et la marcheTableau 2 - Note de bas de page a, Tableau 2 - Note de bas de page b, Tableau 2 - Note de bas de page c
Caractéristiques Marche comme mode de déplacement Marche récréative Marche sans but spécifié Total
Nulle + Nulle + Nulle + Nulle +
Pratique
Potentiel piétonnier global 0 5 25 0 12 0 0 0 0 0 17 25
Connectivité 0 0 0 0 0 0 0 0 3 0 0 3
Densité de population 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1
Sous-total 0 5 25 0 12 0 0 0 4 0 17 29
Durée
Potentiel piétonnier global 0 8 10 0 4 0 0 0 0 0 12 10
Sous-total 0 8 10 0 4 0 0 0 0 0 12 10
Pratique d'une activité physique suffisante
Potentiel piétonnier global 0 1 1 0 2 0 0 3 5 0 6 6
Connectivité 0 0 0 0 2 0 0 2 0 0 4 0
Densité de population 0 0 0 0 0 0 0 4 0 0 4 0
Sous-total 0 1 1 0 4 0 0 9 5 0 14 6
Fréquence
Potentiel piétonnier global 0 4 3 1 7 0 0 6 0 1 17 3
Densité de population 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0
Sous-total 0 6 3 1 7 0 0 6 0 1 19 3
Intensité
Potentiel piétonnier global 0 0 4 0 0 0 3 10 2 3 10 6
Connectivité 0 5 0 0 4 0 0 4 0 0 13 0
Densité de population 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0
Sous-total 0 6 4 0 4 0 3 14 2 3 24 6
Total 0 26 43 1 31 0 3 29 11 4 86 54

Notes de bas de page

Note de tableau - 2

Représentatif de 144 associations rapportées dans 20 études.

Retour à la référence de la note de tableau a

Les valeurs des cellules sont les nombres d'associations statistiquement significatives positives, nulles ou statistiquement significatives négatives.

Retour à la référence de la note de tableau b

Association statistiquement significative négative (-), nulle ou statistiquement significative positive (+).

Retour à la référence de la note de tableau c

La marche comme mode de déplacement

La marche comme mode de déplacement a été le résultat relatif à la marche le plus examiné (14 études). Parmi les 69 associations évaluées entre les caractéristiques liées à la fonctionnalité et la marche comme mode de déplacement, 43 (62 %) étaient positives, 26 (38 %) étaient nulles et aucune n'était négative (tableau 2). En matière de caractéristiques liées à la fonctionnalité, la marche comme mode de déplacement a été associée au potentiel piétonnier global. Plus précisément, diverses associations positives ont été constatées entre des caractéristiques liées à la fonctionnalité et la pratique de la marche comme mode de déplacement (n = 25), la durée (n = 10), l'intensité (n = 4), la fréquence (n = 3) et la pratique d'une activité physique suffisante (n = 1).

La marche récréative

Sept études ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la fonctionnalité et marche récréative. Parmi les 32 associations évaluées, 31 (97 %) étaient nulles et 1 (3 %) était négative (tableau 2). Ces études ont évalué les associations entre les caractéristiques liées à la fonctionnalité et la pratique de la marche récréative (n = 12), la fréquence (n = 8), la durée (n = 4), l'intensité (n = 4) et la pratique d'une activité physique suffisante grâce à la marche (n = 4). Toutes les études examinant les associations entre les caractéristiques liées à la fonctionnalité et la marche récréative ont recueilli leurs données au moyen des questionnaires IPAQ (n = 5) ou NPAQ (n = 2).

La marche sans but spécifié

Huit études ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la fonctionnalité et marche sans but spécifié. Parmi les 43 associations évaluées, 29 (67 %) étaient nulles, 11 (26 %) étaient positives et 3 (7 %) étaient négatives (tableau 2). Le potentiel piétonnier s'est révélé positivement associé à la pratique d'une activité physique suffisante grâce à la marche (n = 5) et à l'intensité de la marche (n = 2), alors que la connectivité piétonnière et des rues (n = 3) ainsi que la densité de population (n = 1) étaient positivement associés à la pratique de la marche. Les trois associations rapportées entre le potentiel piétonnier et l'intensité de la marche étaient toutes négatives.

Caractéristiques de l'environnement bâti liées à la destination

Aperçu

Onze étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 46 Note de bas de page 49 Note de bas de page 50 Note de bas de page 51 Note de bas de page 52 Note de bas de page 54 Note de bas de page 58 Note de bas de page 61 Note de bas de page 62 Note de bas de page 63 ont rapporté 98 associations entre caractéristiques de l'environnement bâti liées à la destination et marche (tableau 3). La caractéristique examinée la plus fréquente était l'occupation des sols (38 associations). Trente-et-une associations ont été rapportées entre la proximité de la destination et la marche. Parmi les 98 associations évaluées, 69 (70 %) étaient nulles, 23 (24 %) étaient positives et 6 (6 %) étaient négatives. Les associations négatives ont été répertoriées dans les 4 études ayant recueilli des données autodéclarées sur la marche à l'aide d'un questionnaire. Sur les 6 études qui exploraient l'association entre la proximité de la destination et la marche, 5 ciblaient les adultes de 44 ans ou plus.

Tableau 3. Résumé des associations entre les caractéristiques liées à la destination et la marcheTableau 3 - Note de bas de page a, Tableau 3 - Note de bas de page b, Tableau 3 - Note de bas de page c, Tableau 3 - Note de bas de page d
Caractéristiques Marche comme mode de déplacement Marche récréative Marche sans but spécifié Total
Nulle + Nulle + Nulle + Nulle +
Pratique
Occupation des sols 3 16 9 1 14 3 0 0 2 4 30 14
Proximité de destination 0 0 1 1 0 0 0 0 3 1 0 4
Sous-total 3 16 10 2 14 3 0 0 5 5 30 18
Pratique d'une activité physique suffisante
Occupation des sols 0 0 0 0 0 0 0 4 0 0 4 0
Proximité de destination 0 0 0 0 2 0 0 5 1 0 7 1
Sous-total 0 0 0 0 2 0 0 9 1 0 11 1
Fréquence
Occupation des sols 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0
Proximité de destination 1 4 2 0 1 0 0 2 1 1 7 3
Sous-total 1 5 2 0 1 0 0 2 1 1 8 3
Intensité
Occupation des sols 0 3 0 0 2 0 0 5 1 0 10 1
Proximité de destination 0 2 0 0 2 0 0 6 0 0 10 0
Sous-total 0 5 0 0 4 0 0 11 1 0 20 1
Total 4 26 12 2 21 3 0 22 8 6 69 23

Notes de bas de page

Note de tableau - 3

Représentatif de 98 associations rapportées dans 11 études.

Retour à la référence de la note de tableau a

Les valeurs des cellules correspondent au nombre d'associations statistiquement significatives positives, nulles ou satistiquement négatives.

Retour à la référence de la note de tableau b

Association statistiquement significative négative (-), nulle ou statistiquement significative positive (+).

Retour à la référence de la note de tableau c

Les associations entre les caractéristiques de l'environnement bâti liées à la destination et la durée de la marche n'ont pas été examinées.

Retour à la référence de la note de tableau d

La marche comme mode de déplacement

La marche comme mode de déplacement est le résultat lié à la marche qui a été le plus examiné (n = 6 études). Parmi les 42 associations évaluées, 12 (29 %) étaient positives, 26 (62 %) étaient nulles et 4 (10 %) étaient négatives (tableau 3). En matière de caractéristiques liées à la destination, la marche comme mode de déplacement était associée à l'occupation des sols et à la proximité de la destination. Plus précisément, des associations positives ont été trouvées entre les caractéristiques liées à la fonctionnalité et la pratique de la marche comme mode de déplacement (n = 10) et sa fréquence (n = 2).

La marche récréative

Cinq études ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la destination et marche récréative. Parmi les 26 associations évaluées, 3 (12 %) étaient positives, 21 (81 %) étaient nulles et 2 (8 %) étaient négatives (tableau 3). Plus précisément, des associations ont été trouvées entre les caractéristiques liées à la destination et la pratique de la marche récréative (n = 19), l'intensité (n = 4), l'activité physique suffisante grâce à la marche (n = 2) et la fréquence (n = 1). Des associations positives ont été décelées également entre l'occupation des sols et la marche récréative (n = 3).

La marche sans but spécifié

Six études ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la destination et marche sans but spécifié. Parmi les 30 associations évaluées, 8 (27 %) étaient positives et 22 (73 %) étaient nulles (tableau 3). La proximité de la destination s'est révélée positivement associée à la pratique de la marche sans but spécifié (n = 3), à l'activité physique suffisante grâce à la marche (n = 1), à la fréquence (n = 1) et à l'intensité (n = 1), et l'occupation des sols a été associée aussi à la pratique de la marche sans but spécifié (n = 2).

Caractéristiques de l'environnement bâti liées à la sécurité

Aperçu

Deux étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 54 ont fait état de 16 associations entre caractéristiques liées à la sécurité et marche (tableau 4). Les caractéristiques liées à la sécurité examinées étaient la sécurité personnelle (n = 10) et la sécurité routière (n = 6). Parmi les 16 associations évaluées, 2 étaient positives et 14 étaient nulles.

Tableau 4. Résumé des associations entre les caractéristiques liées à la sécurité et la marcheTableau 4 - Note de bas de page a, Tableau 4 - Note de bas de page b, Tableau 4 - Note de bas de page c, Tableau 4 - Note de bas de page d
Caractéristiques Marche comme mode de déplacement Marche récréative Marche sans but spécifié Total
Nulle + Nulle + Nulle + Nulle +
Pratique d'une activité physique suffisante
Sécurité personnelle 0 0 0 0 2 0 0 2 0 0 4 0
Sous-total 0 0 0 0 2 0 0 2 0 0 4 0
Intensité
Sécurité personnelle 0 1 1 0 2 0 0 1 1 0 4 2
Sécurité routière 0 2 0 0 2 0 0 2 0 0 6 0
Sous-total 0 3 1 0 4 0 0 3 1 0 10 2
Total 0 3 1 0 6 0 0 5 1 0 14 2

Notes de bas de page

Note de tableau - 4

Représentatif de 16 associations rapportées dans 2 études.

Retour à la référence de la note de tableau a

Les valeurs des cellules correspondent au nombre d'associations statistiquement significatives positives, nulles ou statistiquement significatives négatives.

Retour à la référence de la note de tableau b

Association statistiquement significative négative (-), nulle ou statistiquement significative positive (+).

Retour à la référence de la note de tableau c

Les associations entre la sécurité et la pratique, la durée et la fréquence de la marche n'ont pas été examinées.

Retour à la référence de la note de tableau d

La marche comme mode de déplacement

La marche comme mode de déplacement était le résultat relatif à la marche le moins présent (n = 4) (tableau 4). Parmi les 4 associations évaluées, 1 était positive et 3 étaient nulles. Une association positive a été trouvée entre la sécurité personnelle et l'intensité de la marche comme mode de déplacement.

La marche récréative

Deux étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 54 ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la sécurité et marche récréative. Les 6 associations évaluées étaient nulles (tableau 4). Des études ont évalué les associations entre les caractéristiques liées à la sécurité et l'intensité de la marche récréative (n = 4) et l'activité physique suffisante grâce à la marche récréative (n = 2).

La marche sans but spécifié

Deux étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 54 ont évalué les associations entre caractéristiques liées à la sécurité et marche sans but spécifié. Parmi les 6 associations évaluées, 5 étaient nulles et 1 était positive (tableau 4). La sécurité personnelle était positivement associée à l'intensité de la marche sans but spécifié. Des études ont évalué les associations entre les caractéristiques liées à la sécurité et l'intensité de la marche sans but spécifié (n = 4) et l'activité physique suffisante grâce à la marche sans but spécifié (n = 2).

Caractéristiques esthétiques de l'environnement bâti

Aperçu

Deux étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 56 ont rapporté 10 associations entre caractéristiques esthétiques de l'environnement bâti et marche (tableau 5). Parmi les 10 associations évaluées, 1 (10 %) était positive et 9 (90 %) étaient nulles.

Tableau 5. Résumé des associations entre les caractéristiques esthétiques et la marcheTableau 5 - Note de bas de page a, Tableau 5 - Note de bas de page b, Tableau 5 - Note de bas de page c, Tableau 5 - Note de bas de page d
Caractéristiques Marche comme mode de déplacement Marche récréative Marche sans but spécifié Total
Nulle + Nulle + Nulle + Nulle +
Pratique d'une activité physique suffisante
Esthétique 0 0 0 0 0 0 0 4 0 0 4 0
Sous-total 0 0 0 0 0 0 0 4 0 0 4 0
Intensité
Esthétique 0 2 0 0 1 1 0 2 0 0 5 1
Sous-total 0 2 0 0 1 1 0 2 0 0 5 1
Total 0 2 0 0 1 1 0 6 0 0 9 1

Notes de bas de page

Note de bas de page 5

Représentatif de 10 associations rapportées dans 2 études.

Retour à la référence de la note de bas de page a

Les valeurs des cellules correspondent au nombre d'associations statistiquement significatives positives, nulles ou statistiquement significatives négatives.

Retour à la référence de la note de bas de page b

Association statistiquement significative négative (-), nulle ou statistiquement significative positive (+).

Retour à la référence de la note de bas de page c

Les associations entre l'esthétique et la pratique, la durée et la fréquence de la marche n'ont pas été examinées.

Retour à la référence de la note de bas de page d

La marche comme mode de déplacement

Une étudeNote de bas de page 40 a examiné l'association entre caractéristiques esthétiques et marche comme mode de déplacement, et les deux associations évaluées étaient nulles (tableau 5).

La marche récréative

Une étudeNote de bas de page 40 a examiné l'association entre caractéristiques esthétiques et marche récréative. Sur les 2 associations évaluées, 1 était positive et 1 était nulle (tableau 5).

La marche sans but spécifié

Deux étudesNote de bas de page 40 Note de bas de page 56 ont évalué l'association entre caractéristiques esthétiques et marche sans but spécifié. Les 6 associations évaluées étaient nulles (tableau 5). Les associations évaluées étaient entre les caractéristiques esthétiques et l'activité physique suffisante grâce à la marche sans but spécifié (n = 4) et son intensité (n = 2).

Analyse

Nous avons réalisé la première revue de littérature portant sur la relation entre des mesures objectives de l'environnement bâti et l'activité physique (la marche) en contexte canadien. Si l'on se fie aux tendances observées dans les dates de publication des études recensées, cette relation est un domaine de recherche émergent au Canada. Bien que les résultats soient à ce jour prometteurs, les données demeurent insuffisantes, surtout concernant les régions rurales et les territoires (Territoires du Nord-Ouest, Nunavut et Yukon). De plus, toutes les études sauf deux étaient de type transversal, ce qui laisse à penser que les données destinées à mesurer l'association entre l'environnement bâti et l'activité physique sont encore préliminaires et exploratoires, et ce qui empêche de déduire des résultats de notre revue une relation de cause à effet. Les études canadiennes disponibles ont rarement fait état d'ajustements pour le libre choix de lieu de résidence, ce qui peut mener à une surestimation de l'association entre l'environnement bâti et la marche. Comme d'autres revues le laissaient présagerNote de bas de page 14 Note de bas de page 21, la plupart des études que nous avons sélectionnées ont utilisé des mesures autodéclarées de l'activité physique, mesuré l'environnement bâti avec des SIC plutôt qu'avec des sondages de rue ou se sont fondées sur des données publiques sur le potentiel piétonnier (Walk Score). Nos résultats, à l'instar de ceux d'autres revues Note de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 19 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21, nous amènent à penser que l'environnement bâti du quartier est associé chez les adultes à la marche, particulièrement à la marche comme mode de déplacement, et que certaines caractéristiques bâties peuvent être plus susceptibles que d'autres d'encourager certains types de marche.

Conformément aux résultats d'autres revuesNote de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21, nous avons relevé une association spécifique entre le potentiel piétonnier global du quartier (p. ex. Walk Score) et la marche comme mode de déplacement. En particulier, nous avons constaté qu'un potentiel piétonnier de quartier plus élevé était associé positivement à la pratique, à la durée, à la fréquence et à l'intensité de la marche comme mode de déplacement. Ces résultats sont importants, car le transport actif, dont la marche est partie constituante, est inversement associé au surpoids et à l'obésitéNote de bas de page 64 et positivement associé à une diminution de la prévalence de diabète de type 2Note de bas de page 65 et des risques de maladies cardiovasculairesNote de bas de page 66 chez les adultes. L'importance de l'occupation des sols et de sa variété lorsqu'il s'agit d'encourager la marche auprès de la population adulte a déjà été observéeNote de bas de page 14 Note de bas de page 16. D'après les résultats de notre revue de littérature, l'occupation des sols (en particulier une variété dans ses usages) est importante pour encourager la pratique de tous les types de marche. La proximité de la destination a été associée à la fréquence de la marche comme mode de déplacement ainsi qu'à la pratique et à la fréquence de la marche sans but spécifié. L'augmentation du potentiel piétonnier global des quartiers, de la variété dans l'occupation des sols et de la proximité des destinations serait donc susceptible d'augmenter les niveaux d'activité physique des adultes canadiens, donc d'améliorer la santé de la population.

À la différence d'autres étudesNote de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 20, nous avons constaté que l'association entre la connectivité ou la densité de population et la marche n'étaient pas significatives, mais très peu d'associations ont été faites entre ces caractéristiques bâties et la marche. Parmi les quelques études ayant examiné l'association entre la marche et la connectivité Note de bas de page 40 Note de bas de page 46 Note de bas de page 52 Note de bas de page 54 ou la densité de populationNote de bas de page 46 Note de bas de page 52 Note de bas de page 56 Note de bas de page 58, une seule a fait état d'associations positives entre ces caractéristiques et la marche sans but spécifié, mesurée par des compteurs de piétons automatisésNote de bas de page 52. De futures études de ces associations en contexte canadien pourraient nous aider à déterminer si l'amélioration de la connectivité et l'augmentation de la densité de population permettraient davantage aux quartiers d'encourager l'activité physique. Ces études pourraient également permettre de mieux comprendre en quoi cette association peut être différente au Canada par rapport à d'autres pays.

Peu d'études incluses dans notre revue de littérature traitaient de la marche récréative, en comparaison des études ciblant la marche comme mode de déplacement ou la marche sans but spécifié. Notre revue n'a pas permis de déterminer dans quelle mesure il s'agit d'une absence de publications (biais de publication) concernant les associations non significatives ou négatives entre l'environnement bâti et la marche récréative. Les résultats des études évaluant l'association entre l'environnement bâti et la marche récréative sont contrastés. D'après notre étude, il y a cependant globalement moins de stabilité dans les associations entre l'environnement bâti et la marche récréative que dans celles entrel'environnement bâti et la marche comme mode de déplacement Note de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21. Il est possible que les mesures de l'environnement bâti incluses dans les études recensées soient mieux adaptées à la marche comme mode de déplacement. Manaugh et coll.Note de bas de page 59 ont relevé de petites différences, mais non négligeables, dans l'ampleur des associations entre les déplacements à pied non liés au travail et le potentiel piétonnier, et ces différences étaient relatives au but du déplacement, au sous-groupe de population étudié et à la définition du potentiel piétonnier utilisée. D'après des données recensées dans notre revue de littérature, certaines caractéristiques bâties, en particulier l'occupation des sols et l'esthétique, sont positivement associées à la pratique et à l'intensité de la marche récréative. Davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer quelles caractéristiques bâties encourageraient la marche récréative (par opposition à la marche comme mode de déplacement) et quel type de population elles encourageraient.

Aucune étude canadienne n'a mentionné d'association significative entre la sécurité ou les caractéristiques esthétiques de l'environnement bâti et la marche. En outre, la sécurité et l'esthétique étaient les caractéristiques de l'environnement bâti les moins examinées dans notre revue de littérature, ce qui provient sans doute de notre critère sur les mesures objectives de l'environnement bâti. Si la sécurité routière et la sécurité personnelle sont mesurables objectivement (par exemple par des statistiques sur les crimes et les accidents ou la présence d'incivilités), la perception qu'ont les gens de leur sécurité influence probablement leur décision de marcher, et ces perceptions peuvent ne pas correspondre à la sécurité réelle d'un quartierNote de bas de page 67. De plus, les études évaluant la sécurité en utilisant les statistiques à leur disposition sont susceptibles de passer à côté de certaines caractéristiques bâties à échelle fine (graffitis, accessoires pour la consommation de drogues, ordures) associées au sentiment de sécurité, et qui pourraient être mieux étudiées par dessondages de rue, méthode peu utilisée dans les études recensées Note de bas de page 40 Note de bas de page 41 Note de bas de page 54 Note de bas de page 60.

Certaines données suggérant que les comportements liés à l'activité physique sont variables d'un pays à l'autre, il était important d'examiner dans quelle mesure l'environnement bâti est associé à la marche en contexte canadien. Les résultats de notre revue vont dans le même sens que ceux d'autres revues systématiques de données relatives aux États-Unis, à l'Australie et à l'EuropeNote de bas de page 14 Note de bas de page 21. Les études sont souvent de type transversal et les mesures de la marche se font surtout par autodéclaration Note de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21. Une revue de McCormack et coll.Note de bas de page 14 a révélé que s'il existait de grandes variations dans la manière de rendre opératoire le concept d'environnement bâti, les SIG tendaient à être la technique la plus utilisée dans les études intégrant des mesures objectives de l'environnement bâti, ce qui correspond à nos résultats. Une uniformité des techniques de mesure de l'environnement bâti et de la marche dans les études fournirait une meilleure compréhension de cette association et permettrait de réunir et de synthétiser les résultats dans une méta-analyse.

Plusieurs limites dans cette revue de littérature sont à relever. Du fait de ressources limitées, nous n'avons pu réaliser de revue systématique complète (double contrôle à toutes les étapes de la recherche et évaluation de la validité). Néanmoins, des précautions ont été prises pour garantir la rigueur scientifique de notre travail. En raison de la grande diversité des caractéristiques de l'environnement bâti définies et mesurées dans les études, nous avons choisi d'utiliser un cadre théoriqueNote de bas de page 34 classant les caractéristiques en quatre catégories (fonctionnalité, sécurité, esthétique, destination), même si certaines caractéristiques bâties sont susceptibles de relever de plusieurs de ces catégories. Du fait du petit nombre d'études canadiennes disponibles, nous n'avons pas pu stratifier nos résultats à des échelles géographiques plus fines (provinces et villes). Cet examen plus fin sera possible quand nous disposerons d'assez d'études canadiennes sur la relation entre l'environnement bâti et l'activité physique. Par ailleurs, notre revue incluait seulement les études ayant effectué des analyses statistiques de l'association entre l'environnement bâti et la marche. Plusieurs études canadiennes ont ainsi été exclues en dépit de leur contribution importante à ce domaine de recherche, soit parce que la nature ou l'importance des associations entre l'environnement bâti et la marche n'étaient pas clairement décrites, soit parce que ces études utilisaient une méthodologie différente Note de bas de page 68 Note de bas de page 69 Note de bas de page 70 Note de bas de page 71. La prépondérance des études transversales dans notre revue fait que nous n'avons pas pu réaliser d'inférences de causalité. Comme cela a été mentionné dans plusieurs étudesNote de bas de page 14 Note de bas de page 16 Note de bas de page 21 Note de bas de page 22, nous avons besoin de données provenant de recherches à la conception plus rigoureuse (naturelle et quasi expérimentale). Enfin, si notre étude ciblait les associations entre l'environnement bâti et la marche, celui-ci est susceptible d'être corrélé à d'autres types d'activité physique (en particulier le cyclisme, les activités de loisir ou une activité modérée à vigoureuseNote de bas de page 14 Note de bas de page 20 Note de bas de page 21).

Conclusion

Les données dont nous disposons en contexte canadien nous invitent à penser que l'environnement bâti d'un quartier est associé à la marche et, en particulier, à la marche comme mode de déplacement. Améliorer le potentiel piétonnier des quartiers, l'occupation des sols et la proximité des destinations pourrait permettre ou encourager des niveaux plus élevés de marche comme mode de déplacement, et donc contribuer à de meilleurs résultats en matière de santé chez les adultes canadiens. Nous avons besoin d'autres études sur la relation entre l'environnement bâti et la marche en milieu non urbain et dans les territoires. En outre, nous avons besoin d'études conçues pour évaluer la relation causale entre l'environnement bâti et la marche ou d'autres activités physiques afin de mieux guider les choix de planification et les politiques urbaines et de transport au Canada.

Remerciements

Les auteurs aimeraient remercier Dre Karen Tang pour son aide à la recherche de littérature. Brenlea Farkas est titulaire d'une bourse d'études supérieures de la Reine Elizabeth II. Gavin McCormack est titulaire d'une bourse de nouveau chercheur (MSH-130162) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Christine Friedenreich est titulaire d'une bourse de chercheure principale en santé d'Alberta Innovates Health Solutions et occupe la chaire de recherche sur le cancer du sein du Week-end pour vaincre les cancers féminins de l'Alberta Cancer Foundation.

Conflits d'intérêts

Les auteurs déclarent n'avoir aucun conflit d'intérêts.

Contributions des auteurs et avis

BF, DW et GM ont conçu l'étude. BF et DW ont réalisé la recherche dans les bases de données, la sélection des articles et l'extraction des données. Tous les auteurs ont contribué à l'interprétation des résultats. BF, GM et DW ont rédigé l'article. Tous les auteurs ont lu et approuvé le manuscrit final.

Les conclusions présentées dans ce manuscrit sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position des organismes auxquels ils sont affiliés.

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