Recherche quantitative originale – Utiliser l’âge de la première consommation d’alcool pour prédire la consommation d’alcool, la consommation excessive d’alcool et le mélange d’alcool et de boissons énergisantes chez les élèves de 12e année en Ontario dans le cadre du projet COMPASS

Simone D. Holligan, Ph. D.Rattachement d'auteur 1Rattachement d'auteur 2; Katelyn Battista, Ph. D.Rattachement d'auteur 2; Margaret de Groh, Ph. D.Rattachement d'auteur 1; Ying Jiang, M.D.Rattachement d'auteur 1; Scott T. Leatherdale, Ph. D.Rattachement d'auteur 2

https://doi.org/10.24095/hpcdp.39.11.02f

Cet article a fait l'objet d'une évaluation par les pairs.

Rattachement des auteurs :

Rattachement d'auteur 1

Agence de la santé publique du Canada, Ottawa (Ontario), Canada

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Rattachement d'auteur 2

École de la santé publique et des systèmes de santé, Université de Waterloo, Waterloo (Ontario), Canada

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Correspondance : Simone D. Holligan, 200, University Avenue Ouest, Waterloo (Ontario)  N2L 3G1; tél. : 519-888-4567; courriel : sholligan@uwaterloo.ca

Résumé

Introduction. Cette étude vise à examiner l'incidence de l'âge de la première consommation d'alcool sur la consommation actuelle d'alcool et les comportements connexes chez un large échantillon de jeunes Canadiens.

Méthodologie. Cette étude descriptive et analytique a été réalisée auprès d'élèves de 12e année de l'Ontario ayant participé à l'étude de référence COMPASS de 2012 à 2017. Nous avons eu recours à la modélisation par équations d'estimation généralisées (EEG) pour établir le lien entre l'âge de la première consommation d'alcool chez les répondants et la probabilité d'une consommation ou d'une absence de consommation d'alcool, d'une consommation excessive d'alcool et du mélange d'alcool et de boissons énergisantes.

Résultats. Les élèves ayant indiqué avoir consommé de l'alcool pour la première fois entre 13 et 14 ans étaient plus susceptibles de déclarer consommer de l'alcool plutôt que de ne pas en consommer (RC = 2,80, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 2,26 à 3,45) et étaient plus susceptibles de déclarer consommer de l'alcool de façon excessive plutôt que de ne pas en consommer de façon excessive (RC = 3,22, IC à 95 % : 2,45 à 4,25) comparativement aux élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus. Les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 8 ans ou moins étaient plus susceptibles de déclarer consommer de l'alcool plutôt que de ne pas en consommer (RC = 3,54, IC à IC à 95 % : 2,83 à 4,43), avoir une consommation excessive d'alcool (RC = 3,99, IC à IC à 95 % : 2,97 à 5,37) et mélanger alcool et boissons énergisantes (RC = 2,26, IC à IC à 95 % : 1,23 à 4,14) comparativement aux élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 18 ans ou plus.

Conclusion. La consommation d'alcool pendant les premières années de l'adolescence permet de prédire la consommation d'alcool, la consommation excessive d'alcool ainsi que la tendance à mélanger alcool et boissons énergisantes lorsque les élèves arrivent en 12e année. Ces résultats soulignent le besoin de déployer de nouveaux efforts de prévention de la consommation d'alcool.

Mots-clés : jeune, alcool, initiation, première consommation d'alcool, consommation excessive d'alcool, santé publique

Points saillants

  • La prévalence de la consommation d'alcool chez les élèves de 12e année se situait entre 45 % et 53 % pendant les six années d'étude.
  • Les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool entre 13 et 14 ans étaient près de trois fois plus susceptibles de consommer de l'alcool et trois fois plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive en 12e année que les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 18 ans ou plus.
  • Les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 8 ans ou moins étaient près de 3,5 fois plus susceptibles de consommer de l'alcool et 4 fois plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive en 12e année que les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 18 ans ou plus.

Introduction

On sait que la consommation d'alcool chez les adolescents a une incidence négative sur leur développement mental et physiqueNote de bas de page 1 et que la consommation d'alcool par les pairs et les parents est l'un des principaux facteurs d'influence d'un tel comportementNote de bas de page 2. L'âge légal minimum pour consommer de l'alcool a été fixé à 18 ans en Alberta, au Québec et au Manitoba et à 19 ans dans les autres provinces et territoires du Canada. On sait que plusieurs facteurs psychosociaux (en particulier les changements pubertaires, la vulnérabilité émotionnelle et la tendance à rechercher des sensations fortes) encouragent la consommation d'alcool chez les adolescents entrant à l'école secondaireNote de bas de page 2Note de bas de page 3. Au moyen de données du supplément sur la santé mentale de l'Enquête sur la santé en Ontario, DeWit et ses collèguesNote de bas de page 4 ont prouvé l'existence d'un lien entre un âge précoce lors de la première consommation d'alcool et le développement d'un problème permanent d'abus d'alcool et de dépendance à l'alcool 10 ans après la première consommation. Les analyses de survie démontrent que les répondants ayant consommé de l'alcool pour la première fois entre 13 et 14 ans étaient plus susceptibles de développer un problème d'abus d'alcool que les élèves ayant commencé à consommer de l'alcool à 19 ans ou plusNote de bas de page 4. Les répondants ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 11 ou 12 ans étaient 9 fois plus susceptibles de développer une dépendance à l'alcool que ceux ayant commencé à consommer de l'alcool à 19 ans ou plusNote de bas de page 4.

La consommation excessive d'alcool, soit la consommation de cinq boissons alcoolisées ou plus en une même occasionNote de bas de page 5, a été associée à un plus faible rendement scolaire et à divers autres comportements à risque, en particulier le tabagisme et la consommation de drogues illicitesNote de bas de page 6. D'après les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, parmi les jeunes de 12 à 17 ans, 4,2 % (n = 94 300) ont déclaré avoir consommé de l'alcool de façon excessive en 2017 et 3,4 % (n = 77 100) en 2018Note de bas de page 7. Les données de l'Enquête sur les comportements à risque des jeunes (Youth Risk Behaviour Survey) indiquent également que, outre que les taux de consommation excessive d'alcool sont similaires chez les filles et les garçons, ces taux augmentent avec l'âge et le niveau scolaireNote de bas de page 6. La consommation excessive d'alcool à l'adolescence permet également de prédire une consommation excessive d'alcool au début de l'âge adulte. Les données de la National Longitudinal Survey of Youth indiquent que la consommation excessive d'alcool entre 17 et 20 ans doublait le risque relatif de consommation excessive d'alcool à 30 et 31 ans chez les hommes et le triplait chez les femmesNote de bas de page 8. Le mélange d'alcool et de boissons énergisantes a également été associé à une consommation d'alcool accrue par occasionNote de bas de page 9, et est considéré comme un indicateur fort de la tendance à prendre des risques chez les jeunesNote de bas de page 10. D'autres études ont fait état de liens entre la consommation d'alcool au début de l'adolescence et les blessures liées à l'alcoolNote de bas de page 11 et la probabilité accrue de dépendance à l'alcool plus tard dans la vieNote de bas de page 12.

D'autres indicateurs de l'état de santé sont liés à la consommation d'alcool à un âge précoce. D'après les résultats du premier cycle de l'étude de référence COMPASS, les élèves qui fumaient étaient 61 % plus susceptibles de consommer de l'alcool et étaient deux fois plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive, tandis que les élèves qui consommaient de la marijuana étaient dix fois plus susceptibles de consommer de l'alcool et douze fois plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessiveNote de bas de page 13. Les élèves physiquement actifs (selon les lignes directrices de Santé Canada) étaient également 29 % plus susceptibles de consommer de l'alcool et 35 % plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive, ce qui suggère une forte influence de la culture sportive dans les écoles sur les comportements de consommation d'alcool chez les jeunesNote de bas de page 13. Aucune différence entre les garçons et les filles n'a été relevée en matière de probabilité de consommer de l'alcool et de consommation excessive d'alcoolNote de bas de page 13. En matière de résilience, on peut regrouper les ressources de protection contre la consommation excessive d'alcool chez les jeunes en divers facteurs, en particulier la force des relations interpersonnellesNote de bas de page 14 et la structure scolaireNote de bas de page 15.

Notre étude visait à en apprendre davantage sur les jeunes qui consomment de l'alcool, particulièrement sur les facteurs de prédiction de la consommation d'alcool et sur les comportements connexes dans le cadre des politiques en vigueur. À notre connaissance, cet article est le premier du genre à analyser si l'âge de la première consommation d'alcool permet de prédire les tendances en matière de consommation d'alcool, de consommation excessive d'alcool et de mélange d'alcool et de boissons énergisantes au sein d'un vaste échantillon de jeunes Canadiens.

Méthodologie

Description de l'étude

L'étude de référence COMPASS est une étude de cohorte prospective (2012 à 2021) conçue pour recueillir des données auprès d'un échantillon de commodité d'écoles secondaires canadiennes et d'élèves de la 9e à la 12e année fréquentant ces écoles. Des évaluations annuelles sont réalisées auprès des élèves pour mesurer leur sentiment d'appartenance à l'école ainsi que leurs taux de consommation d'alcool, de marijuana et de tabac, d'obésité, d'intimidation, de rendement scolaire et de santé mentale, au moyen du questionnaire COMPASS destiné aux élèves, décrit ailleursNote de bas de page 16. Pour obtenir plus de détails au sujet de l'étude de référence COMPASS, notamment sur l'échantillonnage, sur la collecte de données et sur le processus de couplage des données, consulter le site. Les approbations en matière d'éthique pour cette étude ont été obtenues auprès du Bureau d'éthique de la recherche de l'Université Waterloo (BER 17264) et des commissions scolaires concernées.

Échantillon

Dans le cadre de notre enquête, nous avons utilisé les données sur les élèves de 12e année de l'Ontario de la première (2012) à la sixième (2017) année de l'étude de référence COMPASS. Les critères d'inclusion ont été les suivants : toutes les commissions scolaires anglophones comptant des écoles secondaires avec des classes de la 9e à la 12e année et ayant une population d'au moins 100 élèves ou plus par niveau, écoles avec des classes standards, utilisation autorisée de protocoles d'information active et de consentement parental passifNote de bas de page 16. Nous avons communiqué avec toutes les commissions répondant à ces critères d'inclusion.

Au total, 5 699 élèves de 12e année (provenant de 43 écoles) pendant la première année, 9 370 (provenant de 79 écoles) pendant la deuxième année, 8 322 (provenant de 78 écoles) pendant la troisième année; 8 046 (provenant de 72 écoles) pendant la quatrième année, 7 146 (provenant de 68 écoles) pendant la cinquième année et 6 505 (provenant de 61 écoles) pendant la sixième année ont participé à l'étude. Le taux de participation à l'étude pour chacune des années a varié entre 78 % et 82 %. L'absence de participation était principalement attribuable à l'absentéisme ou à une période libre prévue au moment de l'étude. Les élèves au sujet desquels des données n'ont pas été recueillies pour l'une des variables ont été exclus, ce qui a produit un échantillon final de 4 813 élèves de 12e année pendant la première année, 7 749 pendant la deuxième année, 6 736 pendant la troisième année, 6 470 pendant la quatrième année, 5 685 pendant la cinquième année et 5 389 pendant la sixième année.

Mesures

Dans le questionnaire destiné aux élèves COMPASS, on a posé des questions au sujet des caractéristiques individuelles, des comportements relatifs à la consommation d'alcool et des facteurs de risque. Pour évaluer le genre, les élèves ont été invités à répondre à la question suivante : « Es-tu une fille ou un garçon? ». Pour évaluer l'ethnicité, les élèves ont été invités à répondre à la question suivante : « Comment te décrirais-tu? ». Les réponses ont été regroupées comme suit : « Blanc » pour « Blanc » et « Non-Blanc » pour « Noir », « Asiatique », « Autochtone hors réserve », « Latino‑Américain/Hispanique » ou « Autre/Mixte ». Comme cela a été expliqué ailleursNote de bas de page 15, pour évaluer le sentiment d'appartenance à l'école, on a utilisé une échelle à six points, les élèves ayant à déclarer dans quelle mesure ils étaient d'accord avec les énoncés suivants : « Je me sens proche des autres à l'école », « Je suis heureux de fréquenter mon école », « J'ai le sentiment d'appartenir à mon école », « J'ai l'impression que les enseignants de mon école sont justes envers moi », « Je me sens en sécurité à l'école  » et « C'est important pour moi d'avoir de bonnes notes ». Les scores ont varié entre 6 et 24, les résultats plus élevés correspondant à un plus fort sentiment d'appartenance à l'école. Le coefficient de fiabilité alpha de Cronbach pour cette mesure est de 0,83.

Pour évaluer l'âge de la première consommation d'alcool, on a demandé aux élèves « À quel âge as-tu consommé (bu) de l'alcool pour la première fois, c'est-à-dire plus qu'une gorgée? » Les réponses ont été regroupées comme suit : 8 ans ou moins; 9-10 ans, 11-12 ans, 13-14 ans, 15-16 ans, 17 ans et 18 ans ou plus. Pour évaluer la consommation d'alcool, on a demandé aux élèves « Au cours des 12 derniers mois, combien de fois as-tu consommé plus qu'une gorgée d'alcool ? ». Les réponses ont été regroupées en trois catégories : « consomme [actuellement] » (pour « une fois par mois », « de deux à trois fois par mois », « une fois par semaine », « de deux à trois fois par semaine », « de quatre à six fois par semaine » et « chaque jour »), «  ne consomme pas » (pour « je n'ai pas consommé d'alcool au cours des 12 derniers mois » ou « moins d'une fois par mois ») et « n'a jamais consommé » (pour « je n'ai jamais bu d'alcool »). Afin d'évaluer les comportements de consommation excessive d'alcool, on a posé aux élèves la question « Au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence as-tu bu 5 consommations ou plus d'alcool à une même occasion? » Les réponses ont été regroupées en : « consomme [actuellement] » (pour « une fois par mois », « de deux à trois fois par mois », « une fois par mois », «  de deux à cinq fois par semaine » et « chaque jour ou presque chaque jour »), « ne consomme pas » (pour « je n'ai pas bu 5 consommations ou plus d'alcool dans une même occasion au cours des 12 derniers mois » et « moins d'une fois par mois ») et « jamais » (pour « je n'ai jamais fait ça »). Pour évaluer si les élèves mélangeaient alcool et boissons énergisantes, on leur a posé la question : « Au cours des 12 derniers mois, as-tu consommé de l'alcool mélangé ou prémélangé à une boisson énergisante (comme Red Bull, Rock Star, Monster ou une autre marque) ?  » Les réponses ont été regroupées en « consomme [actuellement] » (pour « oui »), « ne consomme pas » (pour « je n'ai pas fait ça au cours des 12 derniers mois ») et « jamais » (pour « je n'ai jamais fait ça »).

Pour évaluer le tabagisme, on a posé aux élèves la question: « Au cours des 30 derniers jours, combien de jours as-tu fumé au moins une cigarette? » Les réponses allaient de « jamais » à « 30 jours (chaque jour) » et ont été regroupées en deux catégories, « fumeur » pour les réponses allant de 1 à 30 jours et « non-fumeur » pour la réponse « 0 jour ». Pour évaluer la consommation de marijuana, on a posé aux élèves la question : « Au cours des 12 derniers mois, combien de fois as-tu consommé de la marijuana ou du cannabis? » Les réponses ont été regroupées en trois catégories, « consomme [actuellement] » (pour « une fois par mois », « de deux à trois fois par mois », « une fois par semaine », « de deux à trois fois par semaine », « de quatre à six fois par semaine » et « chaque jour »), « ne consomme pas » (pour « j'ai déjà consommé de la marijuana, mais pas au cours des 12 derniers mois » et « moins d'une fois par mois ») et « jamais » (pour « je n'ai jamais consommé de marijuana »). Pour évaluer les niveaux d'activité physique, les élèves ont été invités à indiquer pendant combien de minutes ils avaient participé à des activités physiques intenses ou modérées au cours des sept derniers jours. Selon les Directives en matière de mouvements sur 24 heures de la Société canadienne de physiologie de l'exercice, les élèves ayant participé à des activités physiques intenses ou modérées pendant au moins 60 minutes chaque jour au cours des sept derniers jours relèvent de la catégorie « respecte les directives sur l'activité physique » tandis que les élèves ayant participé à des activités physiques pendant moins de 60 minutes au cours des sept derniers jours relèvent de la catégorie « ne respecte pas les directives sur l'activité physique ».

Analyses statistiques

Nous avons utilisé des statistiques descriptives pour illustrer la distribution des variables de l'étude. Une régression logistique marginale s'appuyant sur des modèles d'équations d'estimation généralisées (EEG) a ensuite servi à déterminer si, chez les élèves consommant de l'alcool, l'âge de la première consommation d'alcool avait une incidence ou non sur la consommation d'alcool, sur la consommation excessive d'alcool et sur le mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois. Les modèles complets ont été adaptés à chaque résultat. Tous les modèles ont inclus le genre (fille ou garçon), l'ethnicité (blanc ou non blanc), le sentiment d'appartenance à l'école, l'année de collecte des donnée, le tabagisme, la consommation de marijuana ainsi que le niveau d'activité physique et ont également tenu compte du groupement par école.

Nous avons adapté les modèles d'EEG au moyen de la procédure SAS PROC GEE, avec une distribution binomiale et une fonction de lien logit. Tous les modèles reposent sur une structure de corrélation interchangeable fondée sur les résultats des premières analyses. Nous avons utilisé des estimations empiriques de l'erreur type pour calculer les intervalles de confiance et les statistiques de test. Les analyses ont été réalisées au moyen du logiciel statistique SAS, version 9.4 (SAS Institute Inc., Cary, Caroline du Nord, États-Unis).

Résultats

Profils des répondants

Comme l'illustre le tableau 1, l'âge le plus fréquemment déclaré pour la première consommation d'alcool était de 15 à 16 ans, les proportions variant entre 31,0 % et 34,0 % selon les années. Une moyenne de 24,5 % d'élèves de 12e année a déclaré comme âge de la première consommation d'alcool 13 ou 14 ans et une moyenne de 4,5 % a déclaré comme âge de la première consommation d'alcool 8 ans ou moins. Parmi les élèves de 12e année, le taux de prévalence de la consommation d'alcool variait entre 45,0 % et 53,0 % selon les années (figure 1). Le taux de prévalence de la consommation d'alcool a légèrement augmenté en 2013 (p = 0,003), puis a diminué de façon constante de 2013 à 2017 (p < 0,001). Comme l'indiquent le tableau 2 et la figure 2, le taux de prévalence de la consommation excessive courante d'alcool variait entre 29,0 % et 38,0 % p<0,05). Le taux de prévalence du mélange d'alcool et de boissons énergisantes était à son maximum en 2012 (26,0 %) puis a diminué de façon constante au fil des années pour atteindre 17,0 % en 2017 (p < 0,001) (tableau 2 et figure 3). Les élèves ont fait état d'un sentiment d'appartenance à l'école variant entre 18,0 (± 3,5) et 18,3 (± 3,5) selon les années (tableau 1).

Tableau 1. Profil des élèves de 12e année de l'Ontario ayant participé à l'étude de référence COMPASS de 2012 à 2017
Caractéristiques 2012 2013 2014 2015 2016 2017
N = 4 813 N = 7 749 N = 6 736 N = 6 470 N = 5 685 N = 5 389
n % n % n % n % n % n %
Genre Filles 2 430 50 3 916 51 3 477 52 3 251 50 2 938 52 2 727 51
Garçons 2 383 50 3 833 49 3 259 48 3 219 50 2 747 48 2 662 49
Ethnicité Blanc 3 844 80 6 237 80 5 392 80 5 021 78 4 437 78 4 085 76
Non blancTableau 1 Note de bas de page a 969 20 1 512 20 1 344 20 1 449 22 1 248 22 1 304 24
Âge à la première consommation d'alcool 8 ans et moins 217 5 329 4 324 5 300 5 238 4 222 4
9-10 ans 107 2 235 3 152 2 173 3 140 2 121 2
11-12 ans 307 6 451 6 371 6 357 6 335 6 249 5
13-14 ans 1 252 26 1 978 26 1 664 25 1 535 24 1 319 23 1 251 23
15-16 ans 1 545 32 2 639 34 2 217 33 2 059 32 1 747 31 1 754 33
17 ans 218 5 367 5 329 5 327 5 290 5 269 5
18 ans et plus 47 1 55 1 48 1 67 1 61 1 59 1
Seulement une gorgée/jamais 1 120 23 1 695 22 1 631 24 1 652 26 1 555 27 1 464 27
Consommation d'alcool au cours des 12 derniers mois Consomme 2 455 51 4 102 53 3 323 49 3 155 49 2 669 47 2 449 45
Ne consomme pas 1 803 37 2 676 35 2 422 36 2 247 35 2 019 36 2 007 37
N'a jamais consommé 555 12 971 13 991 15 1 068 17 997 18 933 17
Consommation excessive d'alcool au cours des 12 derniers mois Consomme 1 783 37 2 940 38 2 359 35 2 189 34 1 830 32 1 584 29
Ne consomme pas 1 488 31 2 372 31 2 087 31 2 005 31 1 715 30 1 720 32
N'a jamais consommé 1 542 32 2 437 31 2 290 34 2 276 35 2 140 38 2 085 39
Mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois Consomme 1 270 26 1 817 23 1 437 21 1 290 20 971 17 907 17
Ne consomme pas 446 9 814 11 634 9 556 9 451 8 358 7
N'a jamais consommé 3 097 64 5 118 66 4 665 69 4 624 71 4 263 75 4 130 77
Tabagisme Fumeur 695 14 1 188 15 1 002 15 1 059 16 885 16 759 14
Non-fumeur 4 118 86 6 561 85 5 734 85 5 411 84 4 800 84 4 630 86
Consommation de marijuana Consomme 1 084 23 1 772 23 1 557 23 1 488 23 1 308 23 1 307 24
Ne consomme pas 1 162 24 1 850 24 1 541 23 1 480 23 1 256 22 1 262 23
N'a jamais consommé 2 567 53 4 127 53 3 638 54 3 502 54 3 121 55 2 820 52
Conformité aux directives en matière d'activité physique Oui 2 142 45 3 458 45 3 039 45 2 992 46 2 601 46 2 193 41
Non 2 671 55 4 291 55 3 697 55 3 478 54 3 084 54 3 196 59
Sentiment d'appartenance à l'écoleTableau 1 Note de bas de page b Moyenne (ET) 18,3 (3,2) 18,2 (3,3) 18,2 (3,5) 18,3 (3,5) 18,0 (3,5) 18,0 (3,6)
Tableau 1 Note de bas de page a

Noir, Asiatique, Autochtone hors réserve, Latino-Américain/Hispanique et Autre/Mixte.

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Tableau 1 Note de bas de page b

Résultats variant entre 6 et 24, les scores les plus élevés indiquant un plus fort sentiment d'appartenance à l'école.

Tableau 1 Retour à la référence de la note de bas de page b

Figure 1. Prévalence de la consommation d'alcool chez les élèves de 12e année de l'Ontario dans le cadre de l'étude de référence COMPASS, 2012-2017

Figure 1

Équivalent textuel
Consommation d'alcool au cours des 12 derniers mois 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Consomme 51 % 53 % 49 % 49 % 47 % 45 %
Ne consomme pas 37 % 35 % 36 % 35 % 36 % 37 %
N'a jamais consommé 12 % 13 % 15 % 17 % 18 % 17 %
Tableau 2. Prévalence de la consommation d'alcool, de la consommation excessive d'alcool et du mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois chez les élèves de 12e année de l'Ontario dans le cadre de l'étude de référence COMPASS, 2012-2017
Caractéristiques 2012
(%)
2013
(%)
Valeur pTableau 2 Note de bas de page a 2014
(%)
Valeur pTableau 2 Note de bas de page a 2015
(%)
Valeur pTableau 2 Note de bas de page a 2016
(%)
Valeur pTableau 2 Note de bas de page a 2017
(%)
Valeur pTableau 2 Note de bas de page a
Consommation d'alcool au cours des 12 derniers mois Consomme 51 53 0,003 49 < 0,001 49 < 0,001 47 < 0,001 45 < 0,001
Ne consomme pas 37 35 36 35 36 37
N'a jamais consommé 12 13 15 17 18 17
Consommation excessive d'alcool au cours des 12 derniers mois Consomme 37 38 0,592 35 0,040 34 < 0,001 32 < 0,001 29 < 0,001
Ne consomme pas 31 31 31 31 30 32
N'a jamais consommé 32 31 34 35 38 39
Mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois Consomme 26 23 < 0,001 21 < 0,001 20 < 0,001 17 < 0,001 17 < 0,001
Ne consomme pas 9 11 9 9 8 7
N'a jamais consommé 64 66 69 71 75 77
Tableau 2 Note de bas de page a

La valeur p est utilisée pour déterminer l'écart avec la valeur de référence de 2012.

Tableau 2 Retour à la référence de la note de bas de page a

Figure 2. Prévalence de la consommation d'alcool de façon excessive chez les élèves de 12e année de l'Ontario dans le cadre de l'étude de référence COMPASS, 2012-2017

Figure 2

Équivalent textuel
Consommation excessive d'alcool au cours des 12 derniers mois 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Consomme 37 % 38 % 35 % 34 % 32 % 29 %
Ne consomme pas 31 % 31 % 31 % 31 % 30 % 32 %
N'a jamais consommé 32 % 31 % 34 % 35 % 38 % 39 %

Figure 3. Prévalence du mélange d'alcool et de boissons énergisantes chez les élèves de 12e année de l'Ontario dans le cadre de l'étude de référence COMPASS, 2012-2017

Figure 3

Équivalent textuel
Mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Consomme 26 % 23 % 21 % 20 % 17 % 17 %
Ne consomme pas 9 % 11 % 9 % 9 % 8 % 7 %
N'a jamais consommé 64 % 66 % 69 % 71 % 75 % 77 %

Consommation d'alcool

Comparativement aux élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus, les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 13 ou 14 ans (rapport de cotes [RC] 2,80, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 2,26 à 3,45), à 11 ou 12 ans (RC 2,86, IC à 95 % : 2,29 à 3,56) et à 8 ans ou moins (RC 3,54, IC à 95 % : 2,83 à 4,43) étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool que de ne plus en consommer (tableau 3). Pour chaque augmentation d'une unité du sentiment d'appartenance à l'école, une augmentation connexe de 5 % de la probabilité de consommer de l'alcool plutôt que de ne pas en consommer (RC 1,05, IC à 95 % : 1,04 à 1,06) a été observée. Les garçons étaient plus susceptibles que les filles de déclarer consommer de l'alcool plutôt que de ne pas en consommer (RC 1,20, IC à 95 % : 1,12 à 1,28).

Tableau 3. Modèles EEG de régression logistique marginale examinant l'influence de l'âge de la première consommation d'alcool sur la consommation d'alcool, la consommation excessive d'alcool et le mélange d'alcool et de boissons énergisantes au cours des 12 derniers mois chez les élèves de 12e année de l'Ontario dans le cadre de l'étude de référence COMPASS, 2012-2017
Caractéristiques Consommation d'alcool par rapport à non-consommationTableau 3 Note de bas de page a
(n = 27 725)
Consommation excessive d'alcool par rapport à non-consommationTableau 3 Note de bas de page a
(n = 24 072)
Mélange d'alcool et de boissons énergisantes par rapport à non-consommationTableau 3 Note de bas de page a
(n = 10 506)
RC IC à 95 % RC IC à 95 % RC IC à 95 %
Inférieur Supérieur Inférieur Supérieur Inférieur Supérieur
Genre Filles
Garçons 1,20 1,12 1,28 1,32 1,24 1,40 1,25 1,13 1,39
Ethnicité Blanc
Non blanc 0,81 0,75 0,88 0,94 0,84 1,05 1,15 1,02 1,29
Année de collecte 2012
2013 1,04 0,91 1,17 0,99 0,87 1,14 0,74 0,63 0,87
2014 0,89 0,80 0,99 0,87 0,77 0,99 0,74 0,63 0,87
2015 0,90 0,80 1,00 0,82 0,71 0,94 0,72 0,61 0,85
2016 0,89 0,79 0,99 0,81 0,71 0,93 0,68 0,58 0,80
2017 0,80 0,69 0,93 0,68 0,60 0,78 0,80 0,66 0,96
Âge de la première consommation d'alcool ≥ 18 ans
≤ 8 ans 3,54 2,83 4,43 3,99 2,97 5,37 2,26 1,23 4,14
9-10 ans 2,81 2,15 3,67 3,36 2,49 4,54 1,39 0,75 2,59
11-12 ans 2,86 2,29 3,56 2,96 2,27 3,87 1,73 0,97 3,10
13-14 ans 2,80 2,26 3,45 3,22 2,45 4,25 1,51 0,85 2,68
15-16 ans 1,69 1,39 2,06 1,97 1,51 2,55 1,43 0,80 2,53
17 ans 0,73 0,60 0,90 0,93 0,69 1,27 1,48 0,81 2,69
État de fumeur Non-fumeur
Fumeur 2,15 1,93 2,39 2,37 2,15 2,60 1,57 1,41 1,76
Consommation de marijuana Jamais
Ne consomme pas 1,90 1,76 2,05 2,01 1,89 2,14 1,13 1,01 1,27
Consomme 3,83 3,49 4,21 4,12 3,80 4,48 1,54 1,37 1,73
Respect des directives d'activité physique Non
Oui 1,31 1,24 1,39 1,38 1,30 1,46 1,06 0,96 1,16
Sentiment d'appartenance à l'écoleTableau 3 Note de bas de page b 1,05 1,04 1,06 1,03 1,02 1,04 0,99 0,98 1,00

Abréviations : EEG, équation d'estimation généralisée; RC, rapport de cotes.

Remarque : Les catégories de références sont « filles », « blanc », « 2012 », « 18 ans ou plus », « non-fumeur », « n'a jamais consommé » et « non ».

Tableau 3 Note de bas de page a

Les élèves n'ayant jamais consommé ont été exclus.

Tableau 3 Retour à la référence de la note de bas de page a

Tableau 3 Note de bas de page b

Les scores variaient entre 6 et 24, les résultats les plus élevés indiquant un sentiment plus fort d'appartenance à l'école.

Tableau 3 Retour à la référence de la note de bas de page b

Consommation excessive d'alcool

Comme l'illustre le tableau 3, comparativement aux élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus, les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à l'âge de 16 ans ou moins étaient plus susceptibles de déclarer consommer de l'alcool de façon excessive que de ne pas en consommer (15 et 16 ans, RC = 1,97, IC à 95 % : 1,51 à 2,55; 13 et 14 ans, RC = 3,22, IC à 95 % : 2,45 à 4,25; 11 et 12 ans, RC = 2,96, IC à 95 % : 2,27 à 3,87; 9 et 10 ans, RC = 3,36, IC à 95 % : 2,49 à 4,54; 8 ans ou moins, RC = 3,99, IC à 95 % : 2,97 à 5,37). Les garçons étaient plus susceptibles de déclarer consommer de l'alcool de façon excessive plutôt que de ne pas en consommer comparativement aux filles (RC = 1,32, IC à 95 % : 1,24 à 1,40). Pour chaque augmentation d'une unité du sentiment d'appartenance à l'école, une augmentation de 3 % de la probabilité de consommation excessive d'alcool (RC = 1,03, IC à 95 % : 1,02 à 1,04) a été observée. Les élèves étaient moins susceptibles de déclarer une consommation excessive d'alcool de 2015 à 2017 comparativement à l'année de référence, 2012 (2015, RC = 0,82, IC à 95 %: 0,71 à 0.94; 2016, RC = 0,81, IC à 95 % : 0,71 à 0,93; 2017, RC = 0,68, IC à 95 % : 0,60 à 0,78).

Mélange d'alcool et de boissons énergisantes

Comparativement aux élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus, les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 8 ans ou moins étaient deux fois plus susceptibles de mélanger alcool et boissons énergisantes que ne pas consommer d'alcool (RC = 2,26, IC à 95 % : 1,23 à 4,14) (tableau 3). Les garçons étaient plus susceptibles que les filles de déclarer mélanger de l'alcool et des boissons énergisantes (RC = 1,25, IC à 95 % : 1,13 à 1,39). Les élèves non blancs étaient plus susceptibles de déclarer ne pas mélanger alcool et boissons énergisantes comparativement aux élèves blancs (RC = 1,15, IC à 95 % : 1,02 à 1,29). Le sentiment d'appartenance à l'école n'avait pas d'influence sur la probabilité de mélanger ou non alcool et boissons énergisantes. Les élèves étaient moins susceptibles de déclarer mélanger alcool et boissons énergisantes entre 2013 et 2017 que l'année de référence 2012 (2013, RC = 0,74 et IC à 95 % : 0,63 à 0,87; 2014, RC = 0,74 et IC à 95 % : 0,63 à 0,87; 2015, RC = 0,72 et IC à 95 % : 0,61 à 0,85; 2016, RC = 0,68 et IC à 95 % : 0,58 à 0,80; 2017, RC = 0,80 et IC à 95 % : 0,66 à 0,96) (tableau 3).

Autres indicateurs de risque

Les élèves ayant déclaré fumer étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool que de pas en consommer (RC = 2,15, IC à 95 % : 1,93 à 2,39), d'avoir une consommation excessive d'alcool plutôt que de ne pas en consommer (RC = 2,37, IC à 95 % : 2,15 à 2,60) et de mélanger alcool et boissons énergisantes plutôt que de ne pas consommer d'alcool (RC = 1,57, IC à 95 % : 1,41 à 1,76) comparativement aux élèves non-fumeurs. Les élèves consommant de la marijuana étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool que ne pas en consommer (RC = 3,83, IC à 95 % : 3,49 à 4,21), d'avoir une consommation excessive que de ne pas consommer d'alcool (RC = 4,12, IC à 95 % : 3,80 à 4,48) et de mélanger alcool et boissons énergisantes que de ne pas consommer d'alcool (RC = 1,54, IC à 95 % : 1,37 à 1,73) comparativement aux élèves n'ayant jamais consommé de la marijuana. Les élèves physiquement actifs étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool que de ne pas en consommer (RC = 1,31, IC à 95 % : 1,24 à 1,39) et d'avoir une consommation excessive que de ne pas consommer d'alcool (RC = 1,38, IC à 95 % : 1,30 à 1,46) comparativement aux élèves relativement inactifs.

Analyse

Notre étude indique des liens entre l'âge de la première consommation d'alcool et la consommation d'alcool et les comportements connexes chez un grand échantillon d'élèves de 12e année de l'Ontario. Les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 13 ou 14 ans étaient presque trois fois plus susceptibles de consommer de l'alcool et plus de trois fois plus susceptibles d'avoir une consommation excessive d'alcool comparativement aux élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus. Les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 8 ans ou moins étaient 3,5 fois plus susceptibles de consommer de l'alcool, près de 4 fois plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive et plus de 2 fois plus susceptibles de mélanger alcool et boissons énergisantes que les élèves ayant déclaré avoir consommé de l'alcool pour la première fois à 18 ans ou plus. Comme cela a été montré ailleursNote de bas de page 4, les élèves plus jeunes sont, en fonction du moment de leur première consommation d'alcool, plus susceptibles d'afficher des tendances à la consommation d'alcool et une mésadaptation lors de leur passage à l'âge adulte. Bien que Miller et ses collèguesNote de bas de page 6 aient fait état de taux de consommation excessive d'alcool similaires chez les filles et les garçons fréquentant l'école secondaire, les résultats de notre étude indiquent que les garçons de 12e année étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool de façon excessive et de mélanger alcool et boissons énergisantes que les filles. Comme des travaux précédents l'ont montréNote de bas de page 13, les étudiants fumant, consommant de la marijuana et actifs physiquement étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool, de consommer de l'alcool de façon excessive et de mélanger alcool et boissons énergisantes. De plus, un plus fort sentiment d'appartenance à l'école chez ces élèves de 12e année augmentait la probabilité de consommer de l'alcool et d'avoir une consommation excessive d'alcool, ce qui indique une influence possible des réseaux de pairs buvant de l'alcool dans les environnements scolairesNote de bas de page 2. Notre étude indique également que les élèves de 12e année actifs physiquement et les élèves de 12e année ayant un fort sentiment d'appartenance à l'école étaient plus susceptibles de consommer de l'alcool et de consommer de l'alcool de façon excessive. Bien que les modélisations de résilience aient montré des liens entre les mesures du sentiment d'appartenance à l'école et les comportements relatifs à la consommation d'alcool chez les jeunesNote de bas de page 6Note de bas de page 17Note de bas de page 18, nous avançons l'hypothèse que les associations de ce type suivent un modèle de relation non linéaire en forme de U. Un fort sentiment d'appartenance à l'école peut relever d'autres facteurs, par exemple une participation aux activités sportives scolairesNote de bas de page 19, qui a été associée à une probabilité accrue de consommation d'alcoolNote de bas de page 13Note de bas de page 15.

La prévalence de la consommation d'alcool était relativement élevée au sein de l'échantillon d'élèves de 12e année, avec des taux de plus de 45 % pendant les années visées. La prévalence de la consommation excessive d'alcool chez ces élèves était relativement élevée, avec des taux fluctuant entre 29 % et 38 % pendant les années visées. Une faible diminution des taux de consommation excessive d'alcool entre 2012 et 2017 est sans doute attribuable à une augmentation relative du nombre d'élèves ayant déclaré n'avoir jamais consommé d'alcool de façon excessive, étant donné que la proportion d'élèves déclarant ne pas consommer d'alcool de façon excessive est demeurée stable. Bien qu'on ne puisse leur attribuer une nature évaluative, les diminutions des taux de consommation excessive d'alcool sont parallèles aux changements de politiques municipales relatives à l'alcool de Santé publique OntarioNote de bas de page 20 ainsi qu'à l'accent mis sur les blessures liées à l'alcool relevées par l'équipe du projet local de collaboration axé sur l'alcoolNote de bas de page 21.

On considère que la tendance à mélanger alcool et boissons énergisantes est un marqueur de comportements à risqueNote de bas de page 10. Une méta-analyse indique que les consommateurs qui combinent alcool et boissons énergisantes plutôt que de consommer uniquement de l'alcool sont plus susceptibles de consommer davantage d'alcool lors d'une même occasionNote de bas de page 9. La réglementation de Santé Canada visant les fabricants d'aliments et de produits naturels stipule que l'étiquetage des boissons énergisantes doit indiquer que le produit n'est pas recommandé pour les enfants et qu'il ne doit pas être mélangé avec de l'alcool. L'industrie avait jusqu'en décembre 2013 pour se conformer à cette exigence d'étiquetage. La prévalence de la tendance à mélanger alcool et boissons énergisantes chez les élèves de 12e année était inférieure à 30 % en 2012 et a diminué de façon constante au cours des années suivantes. Seules des expériences en milieu réel permettraient de déterminer si ce déclin est attribuable à cette politique, mais une diminution de près de 10 % de la prévalence sur six ans est prometteuse pour les futures stratégies intersectorielles de prévention et pour les programmes de renoncementNote de bas de page 22.

Forces et limites

Notre étude repose sur un large échantillon d'élèves de 12e année tiré d'un échantillon de commodité d'écoles de la province de l'Ontario. L'étude COMPASS est une étude de cohorte prospective (de 2012 à 2021) dans le cadre de laquelle des données ont été recueillies auprès d'un échantillon de commodité d'écoles secondaires et d'élèves de la 9e à la 12e année fréquentant ces écoles. L'étude COMPASS utilise un processus d'échantillonnage raisonné pour recruter les écoles participantes de différentes zones géographiquesNote de bas de page 16. Bien que cette approche puisse avoir une incidence sur la validité externe, les données sont comparables à celles d'autres études d'envergure sur la prévalence de la consommation d'alcool et de la consommation excessive d'alcool chez les jeunes Canadiens, comme l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (2009-2010), l'Enquête de surveillance canadienne de la consommation d'alcool et de droguesNote de bas de page 23 et l'Enquête canadienne sur le tabac, l'alcool et les drogues chez les élèvesNote de bas de page 24. Les données du questionnaire destiné aux élèves de l'étude de référence COMPASS étaient autodéclarées et, bien qu'un biais puisse s'être produit en raison de l'autodéclaration, cette méthode offre une représentation émique des comportements en matière de santé des élèves. La procédure de collecte de donnée limite également le biais lié à la désirabilité sociale par l'utilisation d'une approche d'information active et de consentement passif, qui est utile pour protéger la confidentialité et minimiser la sous-déclarationNote de bas de page 25. Bien que la conception transversale répétée de notre étude tienne compte des changements au sein de l'échantillon au fil du temps, l'interprétation des résultats pourrait n'être pertinente que pour une proportion d'élèves de 12e année.

Conclusion

Une forte prévalence de la consommation d'alcool a été observée chez les élèves de 12e année en Ontario, prévalence accompagnée d'une relative stabilité pendant les six ans de l'étude. Les taux de consommation excessive d'alcool ont atteint un sommet puis ont légèrement diminué au fil des années tandis que le taux de mélange d'alcool et de boissons énergisantes a généralement diminué au fil des années. Un âge à la première consommation d'alcool de 14 ans ou moins a pemis de prédire la consommation d'alcool chez les élèves de 12e année. Un âge à la première consommation d'alcool de 16 ans ou moins a permis de prédire une consommation excessive d'alcool tandis qu'un âge à la première consommation de 12 ans ou moins a permis de prédire un mélange d'alcool et de boissons énergisantes chez les élèves de 12e année. Les conclusions de l'étude soulignent le besoin d'adopter de nouvelles approches en matière de prévention de la consommation d'alcool et d'élaborer des programmes de renoncement visant spécifiquement les jeunes.

Remerciements

L'étude de référence COMPASS a été appuyée par une subvention transitoire de l'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) dans le cadre de l'attribution du financement prioritaire « Interventions pour prévenir ou traiter l'obésité » (OOP-110788; subvention accordée à S. Leatherdale) et par une subvention de fonctionnement de l'Institut de la santé publique et des populations (ISPP) des IRSC (MOP-114875; subvention accordée à S. Leatherdale). Le Dr Leatherdale est titulaire d'une chaire de recherche appliquée en santé publique financée par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) en partenariat avec les IRSC. La Dre Holligan a reçu le soutien de l'Agence de la santé publique du Canada par l'entremise du programme des bourses de recherche scientifique du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG).

Conflits d'intérêts

Les auteurs déclarent n'avoir aucun conflit d'intérêts en ce qui concerne ces travaux.

Contributions des auteurs et avis

SH a conçu l'étude et rédigé l'article. KB a analysé les données. SL a élaboré l'étude et recueilli les données. Tous les auteurs ont contribué à l'interprétation des résultats et aux premières versions de l'article et ont approuvé la version finale du manuscrit.

Le contenu de cet article ainsi que les opinions qui y sont exprimées n'engagent que les auteurs; elles ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.

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Note de bas de page 24

Gouvernement du Canada. L'Enquête canadienne sur le tabac, l'alcool et les drogues chez les élèves: tableaux détaillés de 2016-2017 [Internet]. Tableau 14. Consommation au cours des 12 derniers mois et âge moyen de la première consommation d'alcool et de cannabis, selon le sexe, Canada, 2016-2017. Ottawa (Ont.) : Gouvernement du Canada. 2018 [consultation en novembre 2018]. En ligne à : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/enquete-canadienne-tabac-alcool-et-drogues-eleves/2016-2017-tableaux-supplementaires.html#t14

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Note de bas de page 25

Thompson-Haile A, Bredin C, Leatherdale ST. Rationale for using active-information passive-consent permission protocol in COMPASS. Waterloo (Ont.) : University of Waterloo and Canadian Institutes of Health Research. Compass Technical Report Series. 2013;1(6). 10 p.

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