Notes d’allocution de l’honorable Scott Brison président du Conseil du Trésor au Sommet des DPI 

Discours

Musée canadien de la nature
26 juin 2017
Ottawa

Bonjour. Je suis ravi d’être parmi vous. Je dois vous dire cependant que je sais que David Usher sera ici plus tard ce matin. Je me sens un peu comme Cheap Trick assurant la première partie d’un spectacle des Rolling Stones.

Et vous savez que, il y a quelques mois, Alex Benay s’est joint à notre équipe en tant que dirigeant principal de l’information.

C’est l’occasion pour nous tous de parler de l’avenir et de donner le ton au gouvernement numérique pour le gouvernement du Canada. On a une fonction publique de classe mondiale, et je sais que vous, ainsi que les représentants de cette fonction publique avec qui je collabore étroitement de façon soutenue, réalisent de grandes choses.

Je vois le programme intéressant de ce sommet, et cela m’encourage. Je sais que beaucoup d’entre vous, les DPI, sont venus avec quelques étoiles montantes de leur ministère, qui seront et, en fait, qui deviennent les futurs leaders de la TI et du numérique.

C’est notre travail, en tant que dirigeants gouvernementaux, de responsabiliser les employés du gouvernement et de les inciter à bousculer le statu quo, à innover, à essayer de nouvelles choses et à examiner chaque problème avec un regard neuf.

Je crois qu’on doit remplacer une culture d’aversion pour le risque par une culture d’expérimentation au sein du gouvernement. Notre communauté des DPI traverse une période palpitante alors qu’on saisit les occasions et qu’on s’attaque aux défis dans tous les domaines : l’apprentissage machine, la chaîne de blocs, l’analytique du Web invisible ou l’infonuagique. Je suis emballé par ce que vous faites ici aujourd’hui et la possibilité de ce qu’on peut et doit faire ensemble pour fournir d’excellents services numériques aux Canadiens.

J’aimerais donc souligner l’importance fondamentale de cette communauté, grâce à laquelle on peut répondre aux besoins des Canadiens en matière de services numériques.

Parfois, lorsque je rencontre mes collègues et que je leur parle des services et de la TI numériques, ils sont sceptiques, peut-être craintifs. Ils me posent des questions du genre « Pensez-vous vraiment qu’on peut passer au numérique? » Et ma réponse est la suivante : « C’est un peu comme demander "Pensez-vous vraiment qu’on peut faire cet exercice de respiration" »? Parce que, que vous travailliez dans le privé ou au gouvernement, vous passez au numérique ou vous êtes mort. On ne peut être un gouvernement de « Blockbuster » servant des citoyens abonnés à Netflix. Si une entreprise ne réussit pas à passer au numérique, elle ne sera plus en activité. Si un gouvernement ne réussit pas à passer au numérique, il sera déconnecté des besoins de ses citoyens. Notre importance pour les citoyens sera compromise si nous ne pouvons pas fournir des services numériques gouvernementaux de classe mondiale.

Les Canadiens se demandent pourquoi ils ne peuvent obtenir la même qualité de service de leur gouvernement que celle à laquelle ils s’attendent d’Amazon lorsqu’ils y achètent un produit.

Lorsque les personnes âgées utilisent des technologies dont le gouvernement ne peut suivre le rythme, nous avons un problème. Et les personnes âgées en profitent pleinement. C’est incroyable, au cours des 5 dernières années, ils sont passés des services bancaires en ligne à Facebook et à FaceTime avec leurs petits-enfants. En fait, l’une des choses dont je me souviens est l’importance de l’interaction avec les citoyens dans les bureaux traditionnels, en personne, et l’interaction au téléphone. C’est important. Évidemment, on doit maintenir des communications solides au téléphone et en personne avec nos citoyens, mais rappelons-nous qu’un volume important de notre demande de services téléphoniques découle de la frustration de citoyens à l’égard de services numériques désastreux. Ils ne peuvent trouver un site Web ancien et maladroit ou ne peuvent naviguer dans ce site.

Il est donc absolument essentiel que nous améliorions notre stratégie au chapitre des services numériques. Et cette stratégie comprend deux étapes : il faut d’abord renforcer la communauté de la TI actuelle, dont fait partie bon nombre d’entre vous ici présents. Et il faut ensuite vous offrir de l’aide afin de créer l’impulsion nécessaire pour vraiment accélérer nos progrès en matière de services et de gouvernement numériques dans leur ensemble.

L’importance de cette initiative explique pourquoi le Budget 2017 comprenait des fonds pour la création du Service numérique à l’échelle du Canada, qui modernisera la façon dont le gouvernement du Canada conçoit et fournit les services numériques.

Le Service numérique à l’échelle du Canada n’a pas trait à la TI, il s’agit de services, de services gouvernementaux axés sur l’utilisateur, et il consiste à reconnaître que les services doivent être au cœur des priorités du gouvernement.

Nous pensons que le Service numérique à l’échelle du Canada peut devenir un aimant et un carrefour pour le talent numérique dans l’ensemble du gouvernement, et, pour le talent externe aussi.

Tel est le modèle prometteur qui est aujourd’hui en cours au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Australie, et ici au Canada, en Ontario.

Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé quelques membres de notre équipe numérique à Londres. On a rencontré certains chefs de file, les pionniers des services numériques du gouvernement du Royaume-Uni. En fait, j’ai même suivi un cours à la U.K. Digital Academy. Il s’agit du cours « Hands-on Digital for Leaders », où on vous enseigne juste assez de notions pour être dangereux. J’étais en fait le seul ministre à suivre le cours; aucun des ministres britanniques ne l’avait suivi. Mais, à la fin du cours, j’avais une meilleure compréhension du sujet et je veux en faire plus. Je veux amener un plus grand nombre de ministres à le suivre. On veut établir notre propre académie numérique ici, au Canada. Je fais cela parce que je reconnais que je dois faire mieux. On ne sera pas le premier service numérique gouvernemental dans le monde, mais on doit être le meilleur!

Le Service numérique à l’échelle du Canada sera un partenaire pour les ministères dans le cadre de cette initiative. On va amplifier et reproduire les foyers d’innovation, résoudre des problèmes communs à l’échelle du gouvernement et appuyer les priorités en matière de services avec la capacité d’appoint.

Le moment est venu.

En réponse aux échecs des projets de TI de grande visibilité, d’autres gouvernements se sont mobilisés. Au Royaume-Uni en 2010, lorsque Francis Maude et Mike Bracken ont lancé le Government Digital Service (GDS, services numériques gouvernementaux) du Royaume-Uni, c’était en réponse à l’échec d’un projet.

Aux États-Unis en 2013, le gouvernement a lancé le site HealthCare.gov. Ce jour-là, 4,7 millions d’Américains ont essayé de s’inscrire au site et seules 6 personnes ont réussi à le faire. Il s’est avéré que Healthcare.gov a été la meilleure chose qui ne soit jamais arrivée à la TI du gouvernement américain. Cela a amené l’administration Obama à revoir l’ordre de priorité des activités de prestation numérique et a donné lieu à la création des U.S. Government Digital Services (services numériques du gouvernement des États-Unis), le groupe 18F.

Dernièrement, j’ai passé du temps avec Tobi Lütke de Shopify et on a parlé de quelques-uns des gros problèmes qu’on cherche à régler pour le moment en ce qui a trait à la TI du gouvernement. Certaines leçons apprises et certaines idées pour l’avenir. On a parlé de Phénix. Il m’a dit qu’on devait considérer la crise provoquée par Phénix comme une possibilité, un tournant pour la TI du gouvernement du Canada. Il a déclaré qu’il fallait toujours savoir tirer profit d’une crise et c’est ce qu’on fera.

Parmi les leçons retenues, on sait maintenant qu’on aurait dû savoir dès le début que le gouvernement ne devrait pas considérer la transformation de la TI comme une occasion de réduire les coûts, que les systèmes existants doivent être maintenus pendant qu’on prend le temps de mener à bien la transformation. Fait plus fondamental, cela signifie intégrer la réflexion numérique axée sur l’utilisateur à tout ce que nous faisons, de l’étape de la formulation des politiques à la mise en œuvre.

Je vais être très clair. Le Service numérique à l’échelle du Canada n’est pas une sorte de solution miracle qui va tout arranger. C’est un petit groupe qui vise à aider, mais on doit cerner des gains immédiats, quelques démonstrations de ce qu’on est capable de faire. On discute actuellement avec IRC au sujet du renouvellement de passeports.

Il y a aussi la possibilité de concevoir une application pour l’immigration. C’est un projet qui intéresse Toby Lutke personnellement puisqu’il est venu s’établir au Canada et a bâti une importante entreprise de TI ici. Au fait, 50 % des demandes d’AIPRP du gouvernement canadien proviennent de personnes qui vérifient leur demande d’immigration. C’est inacceptable, et la conception d’une application d’immigration reflétera non seulement nos valeurs en tant que pays d’immigration, mais rendra aussi le processus d’immigration, de devenir citoyen canadien, plus convivial et reflétera aussi le dynamisme de notre pays. Le Service numérique à l’échelle du Canada ne va pas tout régler, mais c’est un signal clair du nouvel ordre de priorité qu’accorde notre gouvernement à ses services numériques.

Un autre signal clair est le fait que nous reconnaissons l’importance d’une communauté de DPI solide et outillée. Je vais vous répéter ce que j’ai dit à Alex Benay : je veux que vous fassiez des remises en question, que vous fassiez bouger les choses. Quand Alex le fera, je le soutiendrai. Quand vous le ferez, on vous soutiendra. On veut que vous changiez le cours des choses. On veut que vous preniez des risques. On devrait utiliser le terme « prise de risque de façon intelligente ». C’est lorsque vous prenez des risques qui sont efficaces. Je veux que vous tiriez des leçons non seulement des réussites obtenues lorsque vous prenez un risque mais aussi des échecs, parce qu’on peut apprendre ensemble de ces échecs. On veut inciter les gens à essayer de nouvelles choses et à accepter de prendre véritablement des risques, au sein du gouvernement du Canada.

Mais, ce sont les gens présents dans cette salle qui peuvent affecter notre façon de travailler, notre façon de devenir les meilleurs.

C’est pourquoi nous allons nous concentrer sur vous, puisqu’on travaille tous ensemble pour améliorer notre jeu, afin de donner le meilleur de nous-mêmes pour ce qui est d’intégrer la réflexion numérique agile à tout ce que fait le gouvernement.

On va changer notre façon de travailler.

Prenons l’approvisionnement en TI, par exemple.

Les processus traditionnels d’approvisionnement en cascade prenaient tellement de temps que lorsqu’on obtenait l’information demandée, celle-ci était déjà désuète.

Il est grand temps de recourir à l’approvisionnement numérique moderne et agile. Et je sais qu’à Services publics et Approvisionnement Canada et dans l’ensemble de notre gouvernement, ainsi qu’à Services partagés Canada, on s’efforce de passer à l’approvisionnement numérique agile.

Par le passé, on procédait à l’approvisionnement en cascade à l’ancienne. On rédigeait des demandes de propositions de 200 pages où on disait aux fournisseurs ce qu’on pensait avoir besoin. Les fournisseurs répondaient avec une grande quantité de propositions dans lesquelles ils nous disaient ce qu’ils pensaient pouvoir faire.

On contractait alors un mariage aveuglément et, après deux ans, cela ressemblait à une union malheureuse; personne n’était heureux, les deux parties avaient fait une présentation erronée de leurs capacités. Mais, on restait ensemble pour le bien de l’infrastructure de la TI ou à cause d’un mauvais contrat.

Des services numériques agiles, ça veut dire moins de mariages à l’aveuglette et plus de fréquentations à long terme. Moins de blabla et plus d’actions concrètes. Moins de demandes de propositions de 200 pages et plus de travail sur des prototypes, plus de marathons de programmation, plus de concours, plus de codes sources libres. Nous devons être agiles et toujours considérer les utilisateurs comme des clients.

Des services numériques agiles, ça veut dire mobiliser les citoyens en tant que clients, en tant qu’utilisateurs, à chaque étape. Ils nous aideront à définir de meilleurs services pour les Canadiens. Les services numériques agiles nous permettent de faire croître notre secteur de la technologie au gouvernement, créant ainsi de bons emplois novateurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du gouvernement.

Je voudrais maintenant parler de cybersécurité. Comme de récents événements continuent de le démontrer, la cybersécurité est tout à fait essentielle. Elle peut nous permettre de favoriser les services numériques plutôt qu’y nuire. Et il est tout à fait essentiel qu’au Canada, nous soyons au fait de l’excellent travail qui se fait déjà dans les secteurs public et privés, et que nous renforcions la cybersécurité. Les citoyens et les entreprises du Canada doivent avoir confiance que l’information qu’ils nous confient est protégée.

La cybersécurité et la protection de la vie privée sont les priorités absolues de tous les services numériques gouvernementaux. Il ne faut pas les percevoir comme des obstacles au progrès, mais plutôt comme une partie importante du progrès.

Il importe que nous adoptions l’infonuagique, tout en abordant les préoccupations en matière de cybersécurité. Alors que nous adoptons l’infonuagique, nous pouvons aborder les questions de sécurité et nous pouvons le faire en assurant un équilibre entre l’importance de la sécurité et l’excellence des services numériques. Voilà un des défis de notre époque, mais je sais que nous pouvons le relever.

En ce qui concerne les communications mobiles, de nos jours, la vie des Canadiens tourne autour de leur téléphone. Les appareils mobiles ont transformé la façon dont les gens communiquent, collaborent, socialisent et partagent l’information. Les Canadiens veulent accéder aux services au moyen d’applis, pas de sites Web désuets et difficiles à utiliser.

Donc, les Canadiens, où qu’ils se trouvent, doivent avoir accès à nos services en ligne.

Les partenariats sont un autre facteur qui est essentiel au succès.

Les partenaires, avec leurs perspectives différentes, jouent un rôle clé dans l’échange d’idées qui aide la créativité. C’est le même principe qui motive la quête du gouvernement actuel pour une meilleure diversité dans la fonction publique.

La diversité est importante pour faciliter cette pollinisation croisée. Nous devons travailler davantage de façon ouverte, afin d’être plus exposé à d’autres points de vue et perspectives.

Les marathons de programmation que nous organisons, dont les équipes sont intégrées, constituent un bon exemple. Les équipes sont formées de leaders provenant du secteur privé et du milieu universitaire, et nous aurons l’occasion d’apprendre de leurs expériences. Nous présenterons les meilleures idées et je suis très intéressé de voir ce que vous proposez.

Le défi, pour notre gouvernement, pour moi, en tant que ministre, et pour vous qui participez à ce sommet, est de contribuer à rendre les services gouvernementaux plus novateurs, plus efficaces et plus adaptés aux besoins de la population.

Dans chaque domaine que nous examinons, nous devons remettre en question les idées reçues, penser de manière expérimentale et nous mesurer constamment à notre objectif ultime : offrir de meilleurs services aux Canadiens.

Nous devons attirer des gens comme vous dans notre mission visant à rendre le gouvernement numérique.

Nous ne pouvons pas vous donner des options d’achat comme Shopify ou Amazon, bien sûr, mais nous pouvons vous offrir quelque chose de beaucoup plus important — l’occasion de laisser votre marque sur un plus grand tableau, de bâtir meilleur Canada.

Travaillons ensemble à cette fin — bâtir la fonction publique la plus numérique, dynamique et diversifiée de tous les temps, pour mieux servir les Canadiens.

Je vous remercie et je vous souhaite un excellent sommet.


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