Épisode 25 : Comment fonctionnent les visites?
Le maintien de relations positives avec la famille, les amis et les soutiens communautaires joue un rôle important durant l’incarcération.
Les visites aident les personnes incarcérées à rester en contact avec leurs proches, favorisent le bien‑être émotionnel et les aident à se préparer à une réinsertion sécuritaire et réussie dans la collectivité. Elles peuvent avoir lieu en personne, par vidéoconférence ou dans le cadre de visites familiales privées.
Dans cet épisode, nous discutons avec une agente de libération conditionnelle ainsi qu’un détenu qui nous expliquent comment fonctionne les visites, les types de visites et les mesures en place pour assurer la sécurité et le respect de toutes les personnes impliquées.
Les procédures en lien avec les visites, les horaires et certains processus opérationnels peuvent varier d’un établissement à l’autre selon les exigences opérationnelles et de sécurité. Les renseignements fournis dans le cadre de cette conversation reflètent les pratiques propres à cet établissement et peuvent différer de celles en vigueur dans d’autres établissements.
Durée : 19 minutes et 51 secondes
Publié : 23 juillet 2026
Animatrice : Kirstan Gagnon
Invités :
- Esther, agente de libération conditionnelle, Établissement Drummond
- Un détenu de l’Établissement Drummond
Transcription
Véronique : Le maintien de relations positives avec la famille, les amis et les soutiens communautaires joue un rôle important durant l'incarcération. En prison, les visites peuvent avoir lieu en personne, par vidéoconférence ou dans le cadre de visites familiales privées. Elles aident les personnes incarcérées à rester en contact avec leurs proches, favorisent le bien être émotionnel et les aident à se préparer à une réinsertion sociale réussie dans la collectivité.
Véronique : Je suis votre animatrice Véronique Rioux et bienvenue à un nouvel épisode d'Au-delà des prisons.
Dans cet épisode, nous discutons avec Esther, une agente de libération conditionnelle, qui nous explique comment fonctionnent les visites, les types de visites disponibles et les mesures en place pour assurer la sécurité et le respect de toutes les personnes impliquées. Nous discutons aussi avec un détenu qui nous parle de son expérience avec les visites.
Véronique : Donc merci d'être avec nous et d'avoir accepté de venir nous parler de votre expérience. Vous êtes incarcéré ici à l'établissement Drummond. Ça fait combien de temps que vous êtes ici ?
Détenu : Ça va faire exactement sept mois.
Véronique : Puis est-ce que vous recevez de la visite pendant que vous êtes ici ?
Détenu : Ouais mon épouse elle vient me visiter.
Véronique : Puis est-ce qu’elle vient vous visiter fréquemment ? À quelle fréquence vous avez de la visite ?
Détenu : Ça varie entre les 6 à 8 semaines.
Véronique : Pour elle, elle doit se déplacer des longues distances pour venir vous visiter?
Détenu : Ouais c'est 3 h venir et 3 h retour faque ça fait 6 h par journée.
Véronique : Est-ce qu’elle vient vous visiter dans les visites régulières ? Ou est-ce qu’elle se déplace pour venir visiter dans les unités de familiales privées où vous pouvez passer plus de temps ensemble ?
Détenu : Elle fait les 2, des fois elle vient me visiter pendant genre 2h30.
Véronique : OK
Détenu : Ouais elle s'ennuie beaucoup.
Véronique : oui puis c'est beaucoup de déplacements pour elle aussi là quand qu'elle doit venir.
Détenu : Exact.
Véronique : Donc vous avez accès à la salle, à la grande salle pendant une période de 2h30, c'est ça ?
Détenu : Ouais, ça varie de 12h35 jusqu'à 15h15 si je me souviens bien.
Véronique : Vous avez aussi l'opportunité de la recevoir dans les unités familiales privées. Vous avez un 72 h. À quoi ressemblent vos journées quand vous vous reconnectez pour un 72 h ?
Détenu : On cuisine beaucoup, on regarde la télévision, on joue aux jeux de société.
Véronique : OK puis est-ce que vous faites, c'est ça. Vous commandez la nourriture à l'avance ?
Détenu : Ouais, faut tout prévoir ça d'avance. Puis au téléphone, faut que ma conjointe, elle vérifie sur le site IGA Drummondville.
Véronique : OK.
Détenu : faut tout préparer ça d'avance. Planifier les prix, les coûts.
Véronique : Parce que vous devez comme budgéter dans le fond, parce que vous devez payer pour la nourriture, donc vous faites comme un petit budget pour ces visites.
Détenu : Exact, on planifie nos déjeuners, nos dîners, nos soupers, nos collations, les desserts, toutes ces choses-là.
Véronique : Donc vous jouez aux jeux de société, vous cuisinez beaucoup ensemble. Est-ce que vous avez comme du temps à l'extérieur, est-ce que vous pouvez aller prendre des marches par exemple ?
Détenu : On peut pas. Tu sais, il y a une petite cour où on peut sortir, mais c'est vraiment petit la cour, on peut pas sortir à l'extérieur de ça. La clôture elle est barrée avec un cadenas disons.
Véronique : OK, puis d'avoir l'opportunité de faire ça avec elle mettons, ça vous donne comme un sentiment de normalité aussi j'imagine. Dans le fond, c'est comme si vous étiez à la maison?
Détenu : Ouais, des fois je te dirais que jusqu'à temps que, parce qu'on a des visites des gardiens à des heures fixes, ils viennent de vérifier si tout se passe bien, mais, entre-temps je dirais qu'on oublie qu'on est en prison un peu.
Véronique : Puis donc vous parliez que vous aviez des visites des gardiens pendant la journée, donc ils passent à des heures régulières pour s'assurer que tout va bien.
Détenu : Exact ouais.
Véronique : Puis est-ce que vous avez un moyen de communication avec les officiers pendant vos visites ?
Détenu : Ouais, on a un téléphone à l'intérieur qu'on décroche ça l'appel direct avec le gardien là, j'imagine, dans un local. Je peux pas vous dire exactement où.
Véronique : Donc si par exemple un visiteur aurait une préoccupation, on aurait un contact direct avec les officiers.
Entre ces visites-là, vous avez des moyens de rester en contact à votre épouse ? J'imagine le téléphone?
Détenu : le téléphone ou bien dans les visites régulières.
Véronique : Est-ce que vous avez accès à des appels téléphoniques régulièrement ?
Détenu : Oui on a, je pense que c'est 1 h par jour qu'on peut appeler. On peut appeler différentes personnes, tout dépendant les numéros enregistrés qu'on a enregistrés dans notre registre téléphonique.
Véronique : Qu'est-ce que ça représente pour vous de pouvoir maintenir ce lien-là pendant votre incarcération ?
Détenu : Ça représente beaucoup de choses parce que on vient que, bien tu sais, on a un cheminement depuis le provincial jusqu'à arriver jusqu'à les visites familiales, mais ça peut durer un an. Comme je viens de voir quelqu'un que ça faisait 2 ans, qui avait pas eu de contact, faque ça représente beaucoup. Je dirais que
Véronique : sur votre moral j'imagine.
Détenu : Oh ça, ça change l'humeur, je vous dirais, ça nous aide à passer au travers. On attend rien que ça la prochaine visite je vous dirais,
Véronique : ça vous motive à aller de l'avant ?
Détenu : Exactement.
Véronique : Puis vous parlez d'autres personnes là que vous avez rencontré, qui avait pas eu de contact pendant 2 ans. Est-ce que vous voyez une différence au niveau du moral de ces personnes-là ? Puis est-ce qu’entre vous, vous essayez de vous encourager ou d'essayer de pallier un petit peu à ça ?
Détenu : Oui oui, quand qu'on voit quelqu'un revenir on demande tout le temps comment ça s'est passé, puis on voit la différence au début quand la personne elle s'en va là, puis quand qu'elle revient tu vois que le moral il est là, le sourire là.
Véronique : oui donc pour vous, en regardant vers l'avant pour votre libération, le plan c'est de retourner vivre avec votre femme. Donc comme on disait ce sentiment de normalité là, de faire un petit budget, de vivre un peu la vie quotidienne, ça vous donne un peu d'espoir là.
Détenu : Ouais, on les compte. Je te dis, et quand que je vais finir […], quand on pourrait être possible d'être éligible à une libération, mais on sait qu'il en reste tant de visite, disons.
Véronique : un gros merci
Détenu : ça fait plaisir.
Véronique : Voici notre conversation avec Esther, une agente de libération conditionnelle, qui nous explique comment fonctionnent les visites, les types de visites disponibles et les mesures en place pour assurer la sécurité et le respect de toutes les personnes impliquées.
Donc bonjour Esther et merci d'être avec nous. Pouvez-vous nous parler un peu brièvement de votre rôle ici à l'établissement ?
Esther : Ben le rôle de l'agente de libération conditionnelle, en fait, c'est que dès le jour un de la sentence du délinquant, on le prépare déjà à sa future remise en liberté. Il y a des agents de libération conditionnelle en établissement puis en collectivité. Donc moi qui est en établissement, c'est de les accompagner dans les objectifs qu'ils doivent atteindre avant de pouvoir se mériter une libération. Faque on travaille entre autres à l'évaluation du risque. On va faire des recommandations à la Commission sur s'ils sont prêts à être libérés ou non. Puis on accompagne aussi le délinquant, là, on fait, on a un grand volet intervention pour les aider dans leur démarche de réinsertion sociale.
Véronique : Donc vous êtes une ressource importante pour les détenus pour les aider vers la réinsertion sociale. Une autre source qui est très importante, c'est leur réseau de soutien à l'extérieur. Donc ça fait partie de leur réseau, dans le fond, pour les aider, une fois qu'ils vont être en libération conditionnelle ou une fois qu'ils vont être libérés, d'avoir une libération qui réussit. Pourquoi c'est important pour un détenu d'avoir, de maintenir ces liens là pendant qu'ils sont incarcérés?
Esther : bien en fait je dirais que c'est vraiment essentiel. Effectivement, la famille en fait, je dirais dans un premier temps pour leur bien-être général, le soutien moral qui vient des familles, il y a rien qui égale ce soutien-là, même s'il y a des intervenants sur place, veut veut pas, les personnes significatives, c'est important dans nos vies.
Je dirais que c'est souvent un facteur de motivation particulièrement important parce que ils veulent pas décevoir leur famille, parce qu'ils veulent obtenir des libérations le plus rapidement possible pour se rapprocher d'eux. Ils vont maintenir des bons comportements, ils vont s'impliquer dans les objectifs qui sont attendus d'eux. Faque c'est sûr que quand qu'ils ont une famille, c'est particulièrement soutenant dans, même dans leur insertion sociale, même s'ils sont à l'intérieur des murs, c'est tout de suite que le travail s'enclenche.
Je dirais aussi que parfois, ça leur fait du bien d'avoir un contact, peut-être, avec la normalité en collectivité. Des fois, d'avoir des contacts avec leurs proches, ça peut aussi les maintenir à jour, si je peux dire, que ce soit au niveau des technologies ou, peut-être, au niveau de savoir, parce que, eux ils ont des télévisions, faque ils voient les médias, mais peut être des fois d'avoir l'opinion plus dans leur famille de ce qui se passe en société, ça maintient un certain lien, je dirais, avec la collectivité.
C'est aussi une cible d'intervention. Tu sais, des fois, à titre d'exemple, il y en a qui vont avoir à travailler leurs habiletés de communication ou à améliorer la manière qu’il résout leurs problèmes. Puis, c'est vraiment quand qu'ils peuvent appliquer ce qu'ils apprennent dans des situations concrètes de la vie. Donc entre autres quand ils parlent avec leurs proches, que ça devient particulièrement pertinent ces intervention- là. Faque voilà.
Puis sinon bien il y a, il y a tout le côté de mise en liberté aussi, tu sais. Quand qu'ils vont sortir, ils vont avoir besoin, ils vont avoir des besoins de base, que ce soit d'avoir un endroit où aller vivre, d'avoir un transport le jour de la libération. Mais, tu sais, aussi le soutien moral, le stress que ça peut engendrer de sortir. Mais quand on a des proches pour nous soutenir, c'est sûr que c'est vraiment aidant.
Véronique : J'imagine que les proches, ils peuvent voir aussi un peu l'évolution du comportement de la personne qui est incarcérée. Donc au fur et à mesure des visites, puis comme vous disiez, ils mettent en pratique dans le fond ce qu'ils apprennent dans leur programme, tout ça. La communication, peut-être la gestion d'émotions, toutes ces choses-là. Donc ça doit être aussi un facteur important pour les proches de voir cette évolution-là chez la personne.
Esther : Exact même des fois ça peut arriver qu'à l'inverse les proches se rendent compte que il y a pas l'air de bien aller. Faque, tu sais, des fois peut être que le délinquant sera pas à l'aise de le dire aux intervenants en établissement, mais ils vont en parler à leurs membres de la famille. Ça arrive des fois que la famille va nous appeler puis dire on aimerait ça que vous vous soyez particulièrement vigilant. Il semble pas bien aller faque tu sais, nous aussi ça nous permet d'avoir un contact, d'assurer des bonnes interventions, de cibler les bonnes interventions.
Véronique : Je pense que c'est une composante vraiment importante, surtout au niveau de la santé mentale comme vous dites, si le détenu est pas à l'aise de parler à un professionnel de la santé, mais d'avoir un peu ses yeux puis ses oreilles là pour justement avoir les interventions nécessaires pour l'aider pendant son incarcération pour pouvoir l'aider à adresser les enjeux qu'il vit
Esther : exact, même particulièrement quand qu'ils vont être en collectivité encore sous surveillance. Là, à ce moment-là, le contact entre le Service et les familles est encore plus étroit. Il y a des contacts réguliers avec les membres de la famille en collectivité.
Véronique : Donc il y a plusieurs façons que les détenus peuvent rester en contact avec leur famille. Donc bien sûr, on parlait des visites. C'est quoi les différentes options qui s'offrent aux détenus pour rester en contact avec leurs proches, avec leurs amis, avec leurs familles pendant qu'ils sont incarcérés ?
Esther : C'est sûr qu'il y a les appels téléphoniques, mais il y a aussi les visites régulières. Les visites régulières, c'est dans une grande salle où ce qu'il y a plusieurs tables, plusieurs visites qui se passent en même temps. Il y a les visites sans contact à travers une vitre.
Véronique : Qu'est ce qui ferait qu'un détenu aurait une visite sans contact versus une visite avec contact ? Donc si on peut juste décrire la visite sans contact, c'est ce qu'on voit un peu dans les films, là où est-ce qu'il y a, il y a des téléphones avec un plexiglass qui sépare le visiteur du détenu, c'est ça ?
Esther : Exact. Généralement, ils ont toujours accès à des visites régulières, à moins qu'on ait des préoccupations sécuritaires. Par exemple pour X raisons, la personne qui visite a côté positif à l’ion scan, l’ion scan c'est ce qui détecte les drogues ou si on il y a une évaluation qui est faite ensuite une fois ça c'est un exemple en fait là. Il peut y avoir d'autres situations, mais là si malgré l'évaluation on a encore des questions au niveau sécuritaire, on va plutôt autoriser une visite sans contact.
Véronique : Donc vous prévenez pas le détenu de voir son visiteur, mais vous, dans le fond, vous les autoriser à se voir, mais sans contact, dans le fond, pour pas qu'il y ait un échange, par exemple, si vous soupçonnez qu'il y ait de la drogue sur la personne.
Esther : C'est exact. Puis finalement, la dernière façon, c'est les visites familiales privées, communément appelé les roulottes, parce qu’ils vont vraiment être avec leur famille pendant 3 jours de temps.
Véronique : Puis pour les visites régulières là dans la grande salle que vous parliez, c'est quoi la fréquence à laquelle un détenu peut avoir pour recevoir de la visite ?
Esther : Il y a pas de fréquence, c'est selon les disponibilités des places, puis en fonction de l'horaire des visites
Véronique : OK puis l'horaire de visite ça a l'air de quoi, est-ce que c'est à tous les jours, c'est le soir, la fin de semaine?
Esther : Ce pas tous les jours. Je crois que du mercredi au vendredi de soir puis les fins de semaine, là c'est plus large, il y en a de jours et de soir.
Véronique : Donc un détenu pourrait avoir de la visite 3 fois pendant la semaine ?
Esther : Tout à fait.
Véronique : OK. Donc dans les visites familiales privées, c'est une période de 72 h qu'ils peuvent recevoir. C'est la famille proche, c'est ça ? Donc conjoint, conjointe, enfant?
Esther : oui, conjoint, enfant, parents, membres de la fratrie, frère et sœur.
Véronique : Puis combien de personnes en même temps peuvent visiter dans l'unité de visite familiale privée?
Esther : C'est un maximum de 5 personnes.
Véronique : plus le détenu, donc 6 personnes en même temps. Puis dans le fond, tantôt, vous vous faisiez référence aux mots roulottes. C'est ce qu'on voit aussi beaucoup dans les films. Ça ressemble à quoi exactement ces installations-là ?
Esther : Ça ressemble à un appartement avec cuisine, salon à aire ouverte, puis il y a des chambres, une salle de bain. Et puis il y a aussi une cour extérieure qui est adjacent à cet appartement-là.
Véronique : Donc c'est les détenus et leurs familles qui sont responsables de cuisiner pendant qu'ils sont là.
Esther : Oui exact puis la nourriture, est-ce que c'est les visiteurs qui l'apportent ? Est-ce que c'est les détenus qui l’achètent ? Ça fonctionne comment ?
Esther : En fait, le détenu va faire sa commande, puis c'est le Service qui va s'occuper de commander les produits dans une épicerie locale.
Véronique : OK.
Esther : Puis toute l'épicerie va être mis dans l'unité avant l'arrivée des visiteurs.
Véronique : OK. Puis qui paye pour cette épicerie-là ? est-ce que c'est les détenus?
Esther : Les détenus, les ressources.
Véronique : OK puis, est-ce qu’ils peuvent apporter des items personnels avec eux ?
Esther : Oui oui les visiteurs arrivent avec, tu sais, leurs valises, là. Ils peuvent amener des choses.
Véronique : Puis il y a une liste de choses qu'ils peuvent pas apporter. Donc pour la sécurité de l'établissement évidemment. Puis est-ce qu'on fouille, dans le fond, les visiteurs avant leur entrée pour s'assurer qu'il y a pas d'objets justement qui peut nuire à la sécurité.
Esther : Oui, il y a plusieurs manières de fouiller, il y a le rayon X, il y a les chiens détecteurs, il y a l’ion scan comme je l'ai nommé plus tôt. Faque oui, les bagages sont fouillés avant leur arrivée.
Véronique : Puis à quoi ressemble une journée typique, dans le fond, sont là, ils arrivent, ils sont là pour 72 h, ça ressemble à quoi les journées là pour les détenus puis leur famille dans ces unités-là?
Esther : Mais je pense que c'est différent pour chaque famille, chacun instaure leur routine. J'ai un détenu qui me partage que lui, il joue à des jeux vidéos avec sa conjointe, pas mal à la majorité du temps, mais que aussi souvent ils s'amènent un livre, ils lisent ensemble. Puis dans le fond, ce qu’il me partageait, c'est que pour eux c'est aussi un milieu plus relax, plus calme, une pause de, tu sais, de l'environnement de la prison qui bouge plus, où ils partagent toutes les milieux communs avec d'autres.
Véronique : Finalement, il doit y avoir des détenus qui ont peu ou pas de visites ou de cercles de soutien. Comment vous palliez à ça ? Parce qu'on parlait que c'est important pour assurer une réinsertion sociale qui réussit. Est-ce que vous travaillez avec des organismes communautaires pour faire le pont un peu entre l'établissement puis la communauté, leur donner des ressources, leur donner des points de repère quand qu'ils retournent en communauté ?
Esther : Si je peux dire comme l'expression on va jamais les retourner sur l'asphalte, c'est à dire que c'est sûr qu'on va préparer à l'avance une sortie. Un délinquant qui a pas de ressources ou qui a pas de famille pour le soutenir. On va planifier à l'avance une place pour le libérer, que ce soit un dépannage dans une maison de transition ou via un organisme d'hébergement. C'est sûr que on va faire notre possible, puis on va leur fournir une liste d'organismes communautaires qui peuvent les aider au niveau de se nourrir ou, tu sais, pour combler leurs besoins de base. S’ils ont des besoins spécifiques sur le plan psychologique, c'est sûr qu'il y a un pont qui est fait. S'il y avait des suivis en établissement, on va s'arranger pour que le suivi se poursuive en collectivité.
Véronique : Puis quand ils sont en établissement, vous disiez tantôt que ça aide en général à leur bien-être d'avoir de la visite pour ceux qui en ont peu ou pas, est-ce qu'il y a des ressources à l'intérieur des murs pour les aider dans le fond à combler ce manque, ce vide-là?
Esther : Mais c'est sûr que on a des bénévoles qui viennent en établissement, on a les agents de programme sociaux souvent qui vont organiser des activités. Puis on a aussi l'aumônier qui est souvent une personne significative pour plusieurs détenus ici.
Véronique : Super mais merci ça nous donne un bon aperçu là de comment ça fonctionne les visites en prison, puis le maintien dans le fond des relations avec les proches. Bien merci beaucoup pour votre temps.
Esther : Merci
Véronique : C'est tout pour l'épisode d'aujourd'hui. Cette production est une réalisation du Service correctionnel du Canada et je suis votre animatrice, Véronique Rioux. Merci d'avoir été à l'écoute.
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